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Combien possèdent ceux qui gouvernent? La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de publier les déclarations patrimoniales de 30 membres du gouvernement de Sébastien Lecornu, ce qui permet de comparer leurs situations. Entre ministre endetté mais propriétaire, ancienne ministre qui mise sur l’immobilier et collègue aux comptes plus modestes, les écarts de patrimoine sont importants.
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00:00Maintenant la politique ou plutôt l'argent, l'argent des politiques, on va parler du patrimoine des ministres.
00:05Vous le savez peut-être, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique vient de rendre publiques les
00:09déclarations,
00:10les fameuses déclarations de patrimoine des membres du gouvernement, le corps nu, maison, appartement, assurance vie, action et même les
00:17bijoux.
00:18On saura absolument tout, tout est passé au crime, mais est-ce de la transparence ou du voyeurisme ?
00:22Pour en parler ce soir, j'accueille un juge, une responsable politique et un économiste.
00:28Le juge, c'est vous, Éric Alphen. Bonsoir, l'homme qui a fait trembler, j'allais dire, le monde politique
00:34pendant des années.
00:35Ancien juge anticorruption, cofondateur également de l'association Anticorps. Bonsoir, soyez le bienvenu.
00:39La ministre, c'est vous, Sabrina Roubach. Bonsoir, ministre déléguée à l'enseignement, à la formation professionnelle et à l
00:45'apprentissage.
00:46On n'a pas trouvé votre déclaration de patrimoine ?
00:48Ça sort le 26, j'ai été nommée le 26.
00:51Ah, vous n'avez pas encore été épluchée par la Haute Autorité ?
00:53Non, c'est de moi.
00:54Bon, vous n'avez rien à cacher, ça va ?
00:55Non, ça va, c'est tout va bien, j'espère.
00:57Et l'économiste, c'est vous, Nicolas Bouzou. Bonsoir, économiste et fondateur du cabinet Asterès.
01:03Je salue également Daniel Cohn-Bendit qui est avec nous ce soir et qu'on retrouvera dans quelques instants.
01:07D'abord, ces déclarations de patrimoine, Raphaël Grabli, vous les avez épluchées, vous aussi.
01:14On va en donner quelques-uns des éléments.
01:16D'abord, les billes qui ont le plus gros patrimoine, je précise qu'on parle bien de patrimoine, pas de
01:20revenu.
01:21Exactement, de patrimoine et même de patrimoine net, c'est-à-dire en enlevant les dettes en haut
01:27de la pyramide, on retrouve Serge Papin, le ministre des PME, un ancien patron de système U avec 8,5
01:34millions de patrimoine,
01:35essentiellement via ses sociétés d'investissement.
01:38Monique Barbu à la seconde place, ministre de la Transition écologique, 5,5 millions d'euros de patrimoine, il y
01:45a de l'immobilier, des assurances-vie.
01:46Et puis, en troisième position, Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, 4,5 millions de patrimoine, de l
01:54'immobilier, des produits financiers
01:56et aussi un compte courant au CIC qui est bien fourni, 430 000 euros sur son compte courant.
02:01Il est plus fourni que celui de Sébastien Lecornu, le Premier ministre, qui est, lui, dans le rouge sur un
02:06de ses comptes courants
02:07avec un découvert de 559 euros à la Bred, mais le patrimoine total du Premier ministre, il s'affiche ici,
02:14480 000 euros.
02:15– Sébastien Lecornu, ça c'est donc son patrimoine. Si on compare avec les Français, ça donne quoi ? C
02:22'est davantage, je suppose ?
02:23– Exactement, et de façon générale, en fait, près de la moitié des ministres sont millionnaires
02:28avec un patrimoine moyen de 1,5 million d'euros. Pour vous donner un ordre d'idée, c'est 10
02:34fois le patrimoine médian des Français
02:36qui s'affiche, 148 000 euros. Ça veut dire que la moitié des Français ont davantage que ça et l
02:41'autre moitié a moins que ça.
02:43– Le chiffre qu'on voit, c'est celui qui coupe la population française en deux, la moitié a plus,
02:46la moitié a moins.
02:48On a fait les plus riches qui sont ceux qui ont le plus petit patrimoine ou le moins gros patrimoine.
02:53– Effectivement, tout est relatif. Marina Ferrari, la ministre des Sports, 350 000 euros de patrimoine
02:58et donc deux ministres seulement qui sont moins riches que la majorité des Français.
03:04Éléonore Carrois, la ministre de la Francophonie, 135 000 euros de patrimoine
03:08et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice avec 78 000 euros de patrimoine.
03:14– Il y a quelques surprises aussi.
03:16– Quelques-unes, notamment concernant Monique Barbu, la ministre de la Transition écologique
03:20dont on parlait il y a quelques secondes, qui a pourtant des actions Airbus ou Zara
03:25et les documents précisent même qu'elle a un diamant de 30 000 euros.
03:28Et puis on apprend aussi l'existence de risques de conflits d'intérêts pour la moitié des ministres.
03:34À titre d'exemple, Serge Papin ne peut rien décider concernant Auchan.
03:39Il en était président non-exécutif jusqu'en 2025.
03:43Idem pour Jean-Noël Barreau, le ministre des Affaires étrangères
03:46qui ne peut pas s'occuper d'affaires liées à Uber
03:49puisque sa sœur travaille à la communication du gérant américain.
03:53– Éric Alphen, monsieur le juge, est-ce que c'est bien qu'on sache tout ça ?
03:56– Alors d'abord quelques précisions, je ne suis plus juge parce que je suis à la retraite.
04:00– Oui, j'ai dit ancien, non je ne l'ai pas dit.
04:01– Non, deuxièmement, maintenant je suis président d'honneur d'une autre association anticorruption
04:06qui s'appelle AC Anticorruption, et donc Plus d'Anticor.
04:09– C'est horrifié.
04:10– Pour répondre à votre question.
04:12– Est-ce que c'est bien de tout savoir ?
04:13– D'abord, le fondement de ça, ce n'est pas que vous en parliez aujourd'hui,
04:18c'est qu'on soit sûr que tout est régulier dans la vie financière
04:24de ceux qui sont aujourd'hui ministres.
04:26Donc ce n'est pas pour déballer d'abord, c'est pour vérifier, pour contrôler.
04:30L'important, c'est l'éthique, l'important c'est la confiance.
04:34– Parce qu'au début, avant la haute autorité, il y a eu l'affaire Cahuzac,
04:37et c'est pour ça qu'elle est arrivée.
04:38– C'est né avec l'affaire Cahuzac, et au moment où Cahuzac a juré
04:42devant les députés à l'Assemblée nationale…
04:44– Les yeux dans les yeux.
04:44– Les yeux dans les yeux, qu'il n'avait pas de compte à l'étranger,
04:47et que finalement c'est ça qui a plus choqué les Français
04:51que le fait même qu'il avait un compte à l'étranger,
04:53on s'est dit, on va créer quelque chose.
04:55Donc on a créé, c'est François Hollande, la haute autorité
04:59pour la transparence de la vie publique,
05:01qui a pour mission donc de s'assurer que tout est normal.
05:05Donc c'est le premier point quand même.
05:06Je ne voudrais pas qu'on ne dévie que sur ce que certains ont appelé,
05:10vous tout à l'heure, le voyeurisme.
05:11D'abord, ce qui compte, c'est de vérifier.
05:14Vérifier d'une part le patrimoine, mais vérifier aussi les intérêts éventuels.
05:20Les conflits d'intérêts, c'est extrêmement gênant.
05:23Un ministre dont la sœur travaille dans l'entreprise.
05:24Parce que les gens peuvent se dire, le ministre a fait ça,
05:26il a pris telle décision, parce qu'en fait, le beau-frère ou la belle-sœur,
05:29ils ont des intérêts dans telle ou telle société.
05:31Donc ça, c'est primordial.
05:33Et d'ailleurs, je trouve, j'ai été surpris du nombre important de ministres
05:38qui sont liés, si je puis dire, par des conflits d'intérêts.
05:42Moi, je trouve ça gênant et je trouve qu'on aurait pu s'en apercevoir
05:45ou poser la question avant leur nomination et non pas après.
05:49Donc ça, c'est le premier point.
05:50Je vous redonne la parole dans un instant.
05:51Je fais un premier tour de table, si vous permettez.
05:53Nicolas Bouzou, est-ce qu'il y a des choses dans ce qu'on vient de voir qui vous choquent
05:56?
05:56Est-ce que c'est bien que des ministres aient 5, 6, 7 millions de patrimoine ?
06:00Est-ce que vous trouvez que c'est scandaleux ?
06:01Est-ce que vous trouvez qu'on ne devrait pas publier tout ça ?
06:03Alors, ce qui me choque déjà, c'est que ce soit rendu public.
06:05C'est-à-dire que je comprends parfaitement que les ministres doivent faire une déclaration
06:10auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
06:13Et je comprends parfaitement ce qui s'est passé après l'affaire Cahuzac.
06:16Mais je ne comprends absolument pas que vous et moi, nous sachions que tel ministre a un diamant,
06:21que tel ministre a tant sur tel type d'assurance vie.
06:24Je pense que fatalement, ça mène au voyeurisme.
06:27et je ne vois pas ce que ça apporte.
06:30La deuxième chose, alors c'est toujours très difficile de s'opposer à un juge,
06:34mais je vais le faire.
06:35Mais c'est possible.
06:36Non, non, non, oui, mais bon.
06:38Mais c'est possible.
06:38Je vais le faire quand même d'autant plus que...
06:39Je vous apporte ça des oranges.
06:40Non, non, mais...
06:41Oui.
06:42Non, mais c'est possible.
06:43Je fais un diagnostic qui est l'inverse de...
06:45J'ai regardé, du coup, quand même, puisque vous m'avez fait l'honneur de m'inviter,
06:48ces déclarations de patrimoine.
06:50Moi, je trouve, au contraire, et en tant qu'économiste, ça m'a presque choqué,
06:53mais quand vous regardez le patrimoine de nos ministres,
06:55ils n'ont quasiment aucune action d'entreprise.
06:57Je veux dire, c'est de l'immobilier, c'est du livret A, c'est de l'assurance vie.
07:01Et à part quelques-uns qui, heureusement, savent un peu ce que c'est
07:05qu'investir dans une entreprise, j'ai été très frappé par ça.
07:08Et vous me permettrez même de faire un lien avec, comment dire,
07:14la faiblesse de la considération que nous avons en France pour l'entreprise
07:19avec ce que j'ai vu, quoi.
07:20C'est-à-dire qu'au fond, on a de l'argent.
07:22Alors, c'est vrai qu'il investit dans l'immobilier, très bien,
07:24c'est très bien de se loger.
07:25Mais on a de l'argent, voilà, qui est investi sur une épargne qui dort.
07:30Eh bien, moi, je pense que, voilà, c'est aussi quelque chose dont on peut s'inquiéter.
07:35Sabrina Roubach, il faut le faire.
07:36Il faut continuer, remplir ses déclarations.
07:39Il faut publier.
07:40Oui.
07:40Il faut publier.
07:41Alors, plusieurs choses.
07:43Il manquait peut-être un mot dans l'explication d'Éric Alphède, c'est la probité.
07:50C'est en fait l'éthique, la probité.
07:52Non, mais quand je dis éthique et probité, je les mets toujours ensemble.
07:56La réalité, c'est que je vois les débats.
08:00Déjà, tu ne fais pas de la politique pour devenir riche.
08:03La preuve.
08:04Ah bah, dites pas de ça, il y a des patrimoines plus élevés.
08:08Ils ont pu gagner ça avant, en vérité, ou n'importe quoi.
08:10Oui, mais là, je vois bien aussi les attaques, c'est-à-dire, vous montrez le Premier ministre.
08:18J'ai vu passer tout à l'heure sur les réseaux un Premier ministre ou des ministres et d'autres
08:22qui ont un compte haut débit.
08:25Je précise qu'on a essayé de faire ça honnêtement, Raphaël l'a dit rapidement, mais je le redis tout
08:28à l'heure.
08:28Pour tout le patrimoine immobilier, on a enlevé le crédit immobilier en cours.
08:33Oui, on enlève, moi aussi.
08:33Parce qu'on peut avoir un patrimoine.
08:35Moi, j'ai pris le patrimoine net à chaque fois.
08:37Allez-y, je vous en prie.
08:37Je vais vous dire plusieurs choses.
08:39Un, l'engagement en politique fait que tu t'exposes et que moi, par exemple, je suis une chef d
08:46'entreprise, je n'ai pas besoin de la politique pour vivre.
08:48C'est-à-dire, je pense que ça, c'est toujours un bon préalable de dire qu'il ne faut
08:53pas décourager ceux qui ont envie de s'engager parce qu'ils auraient peur d'être sous les feux des
08:57critiques ou que leur patrimoine soit exposé.
08:59Ce que dit Nicolas Bouzou n'est pas faux.
09:02N'est pas faux parce que ça met aussi, parfois, selon le patrimoine, des gens en danger.
09:06Regardez ce qui se passe sur les entrepreneurs dans la crypto.
09:09Enfin, je fais le parallèle volontairement.
09:12Non, ce n'est pas anodin.
09:15On a des enfants, on a des familles, mais encore une fois, moi, je suis favorable à ce que ce
09:20soit exposé.
09:21Vous n'avez pas le choix en même temps.
09:21Non, mais quand je suis favorable, demain, on me poserait la question, on me demanderait de voter la loi, je
09:25voterais la même.
09:26Donc, moi, je n'ai pas de sujet avec ça.
09:28À la fois, on parle de vie bâtie des années et des années avant d'arriver en politique.
09:34Parce que les patrimoines qu'on voit, Monique Barbu, on ne peut pas dire qu'elle ait fait sa carrière
09:39en politique.
09:40Elle a fait présidente du WWF.
09:42Oui, tout à fait, mais elle n'était pas ministre, elle n'a pas été députée, elle n'a pas
09:45été conseiller et journal.
09:46À contrario, est-ce qu'on s'inquiète pour Gérald Darmanin ?
09:48Rappelez-moi le patrimoine, Raphaël.
09:49– 78 000 euros net.
09:51– Qui a été élue pendant une grande partie de sa vie.
09:54– C'est ce que je dis ? Non, mais parce que vous n'avez pas écouté ce que j
09:56'ai dit au départ.
09:57– Allez-y.
09:57– En fait, la réalité de la vie politique, c'est qu'on a passé, et tant mieux,
10:02parce qu'encore une fois, il ne faut pas que ce soit le montant des indemnités
10:06qui soit, entre guillemets, attractif pour attirer des profils en politique.
10:11Il nous faut bien des députés, il nous faut bien des gens qui s'engagent, des élus locaux,
10:16il nous faut bien des ministres, il nous faut bien un gouvernement,
10:17un premier ministre, un président de la République.
10:20Ce que je dis, c'est qu'on affiche la vie de gens qui ont construit ça des années et
10:25des années.
10:26Alors quand c'est trop haut, on fait le procès.
10:28– Quand c'est trop bas, c'est des paniers percés.
10:32– Et à la fin, in fine, ce qu'il faut retenir, c'est ce pourquoi on s'engage en
10:36politique.
10:37Ce n'est pas pour venir sur les plateaux polémiquer ou discuter du montant, on va dire,
10:44des patrimoines des uns et des autres.
10:46Mais de l'autre côté, ça ne vous a pas échappé que parfois les gens,
10:50même sur certaines élections, et pour certains partis, quel que soit le parti,
10:54mais pour tous les partis, on ne va pas dire certains partis, tous les partis,
10:57les gens votent pour vous que vous soyez mis en examen ou pas.
11:00Ça n'a jamais été, je vais vous dire.
11:02– On s'intéresse davantage au patrimoine qu'au casier judiciaire.
11:06– Mais regardez, globalement, quand vous voyez par exemple le RN,
11:11qui est, il me semble bien, ils sont mis en examen,
11:15et il y a encore un jugement, enfin un jugement, et un tribunal qui arrive.
11:18– Et ça n'empêche pas Marine Le Pen d'être largement en tête des intentions de vote.
11:21– Ce que je veux dire, c'est que je pense qu'on se trompe, selon moi,
11:24de débat, pourquoi est-ce qu'on s'engage en politique,
11:27et pourquoi est-ce que les gens votent pour vous ou pas ?
11:30– Daniel Cohn-Bendit avec nous, bonsoir Daniel.
11:34Est-ce que c'est une bonne chose de demander aux responsables politiques
11:38de donner leur déclaration de patrimoine,
11:41et est-ce que c'est une bonne chose de le publier ?
11:43– Alors il y a deux choses, moi j'ai été que député,
11:46alors parce qu'on demande la haute autorité,
11:48aussi on doit faire des déclarations en tant que député.
11:52– En fait, moi ce que j'ai compris, c'est qu'on veut vérifier,
11:55parce qu'on doit faire une déclaration avant, au début et à la fin,
12:00pour savoir si pendant la période où vous avez exercé un mandat,
12:05vous vous êtes enrichi au-delà de ce qui était vraisemblable.
12:09– Ça c'est une chose, ça va dans la direction du juge Alphen,
12:13de dire, il faut qu'il y ait un contrôle.
12:16Maintenant, je suis tout à fait d'accord avec Nicolas Bouzou,
12:19pourquoi publier tout ça ?
12:21C'est-à-dire la vox populi.
12:24Alors évidemment, on trouve que,
12:26si vous avez été un responsable d'Auchan,
12:29et bien vous n'êtes pas au chôme du.
12:31C'est pas une surprise qu'il ait autant d'argent.
12:34Si vous avez été quelqu'un qui a travaillé dans une entreprise,
12:38vous avez beaucoup d'argent.
12:39Mais ce qui est aussi un peu inquiétant,
12:42c'est qu'on suscite avec ce rendu public,
12:48une animosité.
12:50Personne ne frique quand Dembélé,
12:54il gagne un million et demi par mois !
12:58– Et c'est l'amateur de foot qui dit ça.
13:00– Donc, ben oui, je veux dire, il y a quelque chose...
13:05On peut parler de ce que gagne Dembélé, Zidane,
13:09et tout ça, et tout ça.
13:10Et que le public, il s'en fout royalement.
13:14Si Dembélé fait de la France de gagner la Coupe du Monde,
13:18et bien qu'il va gagner 3 millions par mois,
13:20les gens s'en foutent complètement.
13:22– Mais Eric Alphen pourrait peut-être vous dire,
13:24Dembélé, il ne vote pas les lois.
13:26On lui demande beaucoup de mettre des lignes de ballon d'or,
13:28mais pas de faire des lois.
13:30– Est-ce que, parce que vous avez de l'argent,
13:33vous votez des mauvaises lois ?
13:35Est-ce que c'est lié à ça ?
13:37Est-ce que, je veux dire, il faut quand même...
13:39On peut être honnête et avoir de l'argent,
13:42on peut être malhonnête et avoir de l'argent,
13:45on peut être honnête et ne pas avoir d'argent,
13:48et malhonnête et avoir de...
13:50– On va faire répondre l'ancien juge Eric Alphen
13:52et l'actuel ministre Sabrina...
13:54– Non mais d'abord, je suis désolé pour Daniel Claude-Maldite,
13:57mais comparaison n'est pas raison.
13:59Je veux dire, un footballeur, il gagne de l'argent
14:01parce qu'il donne du plaisir à des gens qui viennent le voir.
14:04Un homme ou une femme politique, ils n'ont pas la même mission.
14:06– Non, ça va l'avoir.
14:07– Ils ont pour mission de faire fonctionner le pays et l'État.
14:10Donc on ne demande pas la même chose.
14:12Après, qu'on ait un patrimoine de 8 millions, de 1 million,
14:14ce n'est pas tellement le problème.
14:15Le problème, c'est qu'on soit honnête.
14:18C'est ce que j'appelais l'éthique tout à l'heure.
14:19Et la propriété, c'est la même chose.
14:21C'est-à-dire qu'il faut tout simplement inspirer confiance.
14:24On parlait des associations anticorruption tout à l'heure.
14:26Pourquoi il y a ces associations anticorruption ?
14:28Parce qu'effectivement, trop souvent, le citoyen se dit
14:32« Je préfère voter pour quelqu'un qui a peut-être déjà été condamné,
14:36mais par contre, il va bien s'occuper de moi,
14:38il va réagir quand je vais lui demander
14:42de s'occuper de ma famille ou de mon problème, etc. »
14:45Ces associations, elles ont pour mission justement
14:47d'éclairer le citoyen et de lui dire « Faites attention ».
14:51Par ailleurs, pour réagir à ce qui a été dit tout à l'heure,
14:53on peut très bien, je suis désolé,
14:55on peut très bien vouloir faire de la politique
14:57en comptant sur le salaire de la politique
14:59et sans avoir autre chose.
15:00Heureusement qu'il y a des gens qui sont un peu plus pauvres
15:03qui s'engagent en politique.
15:04Et ce n'est pas forcément parce qu'on n'a pas d'action
15:08d'une société multinationale
15:10que pour autant, on est mauvais politique.
15:13On est politique avant tout
15:15parce qu'on veut mettre son talent
15:17et ses compétences
15:19dans l'intérêt de ses concitoyens.
15:22Et c'est ça, il faut restaurer
15:24la confiance aux politiques,
15:26il faut donner envie aux gens
15:28de donner de leur temps
15:29et de leurs compétences au profit de tous.
15:32– Éric Alphène, c'est pour régler leurs problèmes.
15:34C'est pour régler leurs problèmes.
15:36– Je vous laisse la bande
15:37et Nicolas Bouzouk n'a pas l'air tout à fait d'accord.
15:39– Très court, vous savez,
15:41quand vous le savez mieux que moi,
15:43vous arrivez aux responsabilités,
15:44vous avez beaucoup de sollicitations,
15:46vous le savez mieux que moi.
15:47Et tous ceux qui ont exercé
15:49de grandes responsabilités
15:50le savent mieux que moi.
15:51Les gens, quand ils viennent vous voir,
15:5390%, moi je me suis amusée à regarder,
15:56quand j'ai amusé,
15:57c'est j'ai fait un travail d'études
15:59de regarder ce pour quoi on le sollicitait.
16:03Parcoursup, un logement, un travail.
16:05Vous savez que 90% des sollicitations que j'avais
16:08n'étaient pas des passe-droits.
16:09C'était juste une méconnaissance des droits
16:11et souvent les problèmes se réglaient tout seuls
16:13et on pensait qu'on était intervenus
16:14pour débloquer une situation.
16:16Où est-ce que vous mettez le curseur
16:17sur un passe-droit ?
16:19Enfin moi je sais le faire,
16:20mais quand les gens vous sollicitent les mêmes,
16:23c'est les mêmes gens qui votent,
16:24on est d'accord,
16:25c'est les mêmes gens qui nous choisissent ou pas.
16:28Et souvent, je vous dis,
16:29j'ai souvent été frappé
16:32parce que ça m'a intéressé.
16:33C'est quoi le service qu'on me demande ?
16:35Puisqu'à Marseille, c'est comme ça qu'on appelle ça.
16:37Où est-ce que vous mettez le curseur
16:39sur le clientélisme ou pas ?
16:42Vous aidez une famille qui est dans votre circo,
16:43qui en a besoin, vous le faites.
16:45Parce que c'est votre mission.
16:47C'est pourquoi tu t'es engagé en politique,
16:49que tu as accepté de prendre des coups
16:51et c'est d'une cruauté absolue,
16:53même de moins voir tes enfants.
16:56Et de te dire, à un moment donné,
16:58on va venir vous faire le procès de...
16:59Vous comprenez ?
17:01Alors, attendez, pardon, Sabrina Roche,
17:02on s'est un tout petit peu éloigné.
17:03Je vous ai écouté vraiment,
17:04parce que c'est intéressant,
17:05mais Nicolas Bouzou voulait réagir aussi.
17:06Oui, parce qu'en fait,
17:08il y a deux sujets.
17:10Le sujet, moi, ce que je remets en cause,
17:11ce n'est pas qu'il y ait des vérifications,
17:12mais bien évidemment, ce n'est pas ça.
17:14C'est que tout ceci soit rendu public.
17:16Et là, on n'est pas du tout en train de donner envie
17:18aux gens de faire de la politique.
17:19Mais qui veut faire de la politique ?
17:21Qui veut voir son patrimoine
17:24étalé, commenté sur les plateaux de télé.
17:25Je peux rajouter quelque chose ?
17:26Dans ces déclarations,
17:27vous avez les marques de voitures, etc.
17:29Et puis juste, en 15 secondes,
17:31je pense que derrière,
17:32il y a un peu un sujet qui consiste à dire,
17:33au fond, ce serait pas mal
17:34si les politiques avaient à peu près
17:36le même patrimoine que les Français.
17:38150 000 euros.
17:39Je ne vois pas au nom de quoi.
17:41Moi, je vais vous dire,
17:42à titre personnel,
17:44j'aime la réussite.
17:45J'aime les gens qui ont réussi.
17:47Quand on vous connaît, on le sait.
17:48Ils comptent financièrement.
17:49Et je trouve qu'il n'y en a pas.
17:51Et ce sera le mot de la fin,
17:52si vous voulez bien.
17:53Mais puisque j'ai la ministre
17:55de l'enseignement,
17:55de la formation professionnelle
17:56et de l'apprentissage sur mon plateau,
17:58je voudrais vous faire réagir
17:58à ce que disent nos confrères d'RTL aujourd'hui
18:01qui va intéresser tous les parents
18:03d'un adolescent
18:04et sans doute pas mal d'adolescents.
18:05Ça concerne les stages de seconde
18:07et de troisième.
18:08Les stages qui font qu'on a la joie
18:10d'accueillir dans nos entreprises
18:11des hordes d'adolescents passionnés.
18:13Évidemment, il paraît que vous voulez
18:14tout réaménager, tout changer.
18:16Il y a déjà une pensée.
18:17Merci.
18:18On a 30 secondes.
18:19Allez, droit au but.
18:20Non, droit au but.
18:21Non, mais je parle du petit de vendredi.
18:23Le petit Calvin qui est mort, lui,
18:25dans une entreprise en stage.
18:27Donc, c'est à ses parents
18:28et à sa famille
18:29et à toute la communauté éducative
18:31que j'ai mes premières pensées.
18:32De l'autre côté, oui,
18:34moi, je suis une chef d'entreprise.
18:35Je sais à quel point
18:36c'est compliqué d'avoir la responsabilité
18:38d'autres enfants
18:39qui ne sont pas les vôtres
18:40et tout le monde n'est pas structuré.
18:42Et je dis, et je dis,
18:43recevoir un enfant, un jeune en stage
18:46que ce soit troisième, seconde
18:48ou même plus tard sur le lycée pro.
18:50Et donc, l'idée, c'est que ce soit plus obligatoire,
18:52qu'il puisse rester.
18:53Non, non, c'est pas ça que je dis.
18:53Non, je pense, non, je pense
18:55qu'il faut peut-être mieux accompagner
18:58les entreprises qui reçoivent des jeunes.
19:00Quand tu reçois un jeune,
19:01moi, je suis une maman,
19:01ma fille, elle a 16 ans.
19:02Enfin, vous m'excusez,
19:03là, c'est plus la ministre qui parle.
19:04C'est vraiment...
19:05On en a à la maison aussi.
19:06Voilà, exactement.
19:07Mais vous, pareil,
19:08quand vous êtes journaliste,
19:08vous posez des questions très importantes
19:10qui sont la responsabilité
19:12de recevoir un jeune en entreprise.
19:14Ce n'est pas rien.
19:15Et donc, je vais accompagner
19:16dans la discussion et la concertation.
19:17Et c'est mon job.
19:18J'avais oublié à quel point
19:19vous n'êtes pas facile à couper.
19:20Merci beaucoup.
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