00:00Je le salue, bonsoir Jean-Marie Bockel.
00:01Bonsoir.
00:01Ancien ministre, ancien sénateur, ancien maire de Mulhouse,
00:05vous avez perdu votre fils qui était engagé lui aussi dans l'armée,
00:08c'était au Mali en 2019.
00:11Ce coup de fil, ce moment-là, c'est quelque chose qu'on oublie, je suppose, jamais.
00:15Jamais.
00:16Moi aussi, bien sûr, je m'incline et je salue son engagement.
00:21Je pense beaucoup, évidemment, aux familles, à ses proches.
00:26Et c'est vrai que c'est un moment extrêmement dur.
00:31Je dois dire que la personne qui l'annonce, pour moi, c'était un major, un sous-officier.
00:37Elle l'a fait avec beaucoup de délicatesse.
00:41Il l'appelait d'ailleurs chez Mavelfi, qui avait aussi eu ce choc terrible.
00:49Et dans ces moments-là, oui, l'armée est une grande famille.
00:54Comme toute institution, elle a ses qualités, ses défauts, il y a des personnalités diverses.
01:00Mais c'est une grande famille.
01:02Et dans ces moments-là, bien sûr, il y a les mots, il faut des mots du plus haut niveau
01:09de l'État.
01:09Le chef de l'État, les chefs militaires, les camarades, les amis.
01:14Mais le plus important, si je pense à ce que j'ai vécu, ce n'est pas tellement les mots.
01:21C'est une forme de présence, d'empathie.
01:24Et on n'est pas seul.
01:26On a en face de soi des gens qui comprennent, qui ne jugent pas.
01:31Voilà, tout ça.
01:32Et après, évidemment, il y a la question du sens, quoi.
01:39Le fait de rappeler qu'ils sont morts pour la France, que ça n'est pas rien.
01:42Emmanuel Macron a parlé tout à l'heure de sacrifice.
01:45On voit...
01:47Est-ce que ce sont des choses dont vous aviez parlé avec votre fils, dont on voit l'image à
01:53l'antenne, M. Bockel ?
01:54Est-ce que ce sont des choses dont on parle facilement, quand on est père d'un soldat ?
01:58Le risque, le danger de revenir blessé un jour, ou pire encore ?
02:03Ou est-ce que c'est une sorte de non-dit ?
02:05On le sait, mais on préfère ne pas en parler.
02:07Les deux.
02:07C'est-à-dire qu'en fait, on en parle, ils nous en parlaient assez facilement.
02:15Et en riant, en disant, voilà, j'ai fait la photo, qu'on fait toujours au cas où.
02:23Et on pense, lui comme nous...
02:25Ça, c'est la photo qu'on fait au cas où on disparaît ?
02:27Devant le drapeau français ?
02:28Oui.
02:29Et il pensait, en disant cela, lui comme nous, en l'écoutant.
02:34Oui, enfin, ça n'arrivera pas.
02:35Enfin, en tout cas, on l'espère.
02:38Voilà.
02:39Donc, on en parlait, bien entendu.
02:42Et on l'avait à l'esprit.
02:44Moi-même, mon épouse, donc sa maman, on avait des contacts téléphoniques.
02:49Donc, parfois, il nous disait, là, il avait une expression humoristique aussi,
02:59pour dire que pendant quelques jours, il n'y aurait pas de nouvelles.
03:01Oui.
03:02OK.
03:02OK.
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