- il y a 15 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:01Bonsoir à tous, merci de votre fidélité. Un deuxième militaire français de la finule est mort après avoir été blessé
00:07dans cette embuscade samedi attribuée au Hezbollah.
00:11Le caporal-chef Anissa Girardin du 132e régiment d'infanterie sitôt technique de Suippe dans la Marne a succombé à
00:18ses blessures.
00:19Écoutez la réaction de la ministre des armées, Catherine Vautrin.
00:22C'est malheureusement le regret d'informer l'Assemblée nationale du décès du caporal-chef Anissa Girardin du 132e régiment
00:31d'infanterie sitôt technique de Suippe.
00:34Le caporal-chef Anissa Girardin est mort pour la France puisque c'est l'une des victimes de l'embuscade
00:40du Hezbollah qui a eu lieu samedi matin.
00:43Nous déplorions déjà une première victime auquel la France rendra hommage demain à Montauban.
00:48C'est donc malheureusement le second soldat que la France perd cette semaine dans ce contexte.
00:56Et nous venons avec les parlementaires de tenir une minute de silence en la mémoire de ce caporal-chef Girardin.
01:06Nous retrouvons notre envoyé spécial au Liban, Nicolas Kouadou.
01:10Bonsoir Nicolas, vous êtes à Beyrouth. Il faut rappeler les circonstances de cette embuscade samedi.
01:18Bonsoir, oui absolument. C'était samedi donc 18 avril.
01:21Une mission qui était menée par des soldats français de la Finule dans le sud du Liban.
01:26Une mission de reconnaissance, de déminage.
01:27L'objectif c'était de dégager un autre poste de la Finule qui était isolé dans le sud du Liban.
01:34Dans ce sud dont on parle beaucoup où se déroule l'essentiel des combats entre l'armée israélienne et les
01:40combattants du Hezbollah.
01:41Lorsque ces soldats français ont commencé leur mission, ils ont été pris par des tirs d'individus.
01:48Des tirs très nourris, à très courte distance, extrêmement violents.
01:52Florian Montorio est mort presque directement en ayant des impacts directs.
01:57Et on savait qu'il y avait deux blessés très graves lors de cette attaque qui avaient été soignés quelques
02:02jours ici à Beyrouth
02:03et qui avaient été rapatriés hier à Paris pour être soignés.
02:09On apprend donc aujourd'hui la mort d'Anissé Girardin, le caporal-chef qui faisait partie de cette mission.
02:16Alors très rapidement, Emmanuel Macron avait communiqué lors de la mort de Florian Montorio
02:20en imputant cette attaque à un groupe non étatique.
02:22On l'espèce très probablement le Hezbollah.
02:24C'est les termes qu'il avait utilisés.
02:26Le Hezbollah, de son côté, avait très rapidement publié un communiqué
02:29pour nier toute implication dans la mort du soldat français, des soldats français.
02:34D'ailleurs, maintenant, il y a bien évidemment des enquêtes qui sont en cours sur le terrain
02:38pour déterminer les circonstances exactes de ce qu'il s'est passé
02:41et bien évidemment établir les responsabilités.
02:43Une enquête menée par l'armée libanaise avec l'appui de l'État libanais.
02:47Évidemment, une autre enquête indépendante menée par la Finule dans le sud-Liban.
02:51– Merci Nicolas Kouadou en direct de Beyrouth.
02:56Ulysse Gosset, le caporal-chef, venait d'être rapatrié.
03:00Il avait été donc, comme le rappelait Nicolas, gravement blessé par les combattants sans doute du Hezbollah.
03:05Il a rapatrié hier et malheureusement, il est mort ce matin des suites de ses blessures.
03:09– Oui, c'est un coup dur pour la France et pour la Finule
03:13qui, depuis le début de son engagement en 1978, a perdu près de 345 soldats,
03:18dont plusieurs Français, évidemment, certains ayant été blessés également.
03:23Donc c'est un coup dur dans ce moment parce qu'effectivement, le Liban traverse une crise grave.
03:28Le sud du pays est maintenant quasiment occupé sur une bande de 8 à 10 kilomètres au nord d'Israël.
03:34Et bon, il y a un cessez-le-feu qui est fragile.
03:38Mais ce décès rappelle la dangerosité de l'engagement de la Finule et la fragilité du cessez-le-feu.
03:45Alors que, vous savez, des négociations doivent intervenir entre Israël et le Liban à Washington.
03:50Donc, pour la France, évidemment, la question est posée, c'est que faire ?
03:55– Quelle réaction ?
03:56– Quelle réaction ?
03:57Le président de la République, lorsque le sergent Montorio avait été tué dans cette embuscade
04:03qui s'est produite au sud-Liban, dans une opération de déminage
04:09qui consistait à libérer un chemin entre deux positions de la Finule isolée,
04:13le président avait dit, un, c'est le Hezbollah.
04:16Et il l'a redit hier, lorsqu'il a accueilli le Premier ministre du Liban à l'Élysée.
04:20Et deux, nous exigeons une enquête pour que justice soit faite.
04:24C'est la formule qu'il a utilisée hier soir.
04:26– Que justice soit faite.
04:26– Que justice soit faite.
04:28Ça veut dire quoi ?
04:28Ça veut dire qu'il faut que d'abord, les autorités libanaises et l'armée libanaise
04:33enquêtent suffisamment pour identifier ceux qui ont été à l'origine de ces deux décès,
04:38et donc de l'embuscade.
04:40Il faut que le Hezbollah soit, d'une certaine manière, associé à cette enquête
04:45pour que non seulement on connaisse les noms, mais qu'on les arrête
04:48et qu'on les traduise en justice.
04:51Alors ça paraît extrêmement difficile dans le contexte actuel.
04:54En même temps, il y a déjà eu des précédents.
04:56Il y a eu un soldat de la Finule irlandais qui a été tué.
05:00Les auteurs du meurtre ont été arrêtés et condamnés,
05:03dont un a condamné à la prison à perpétuité.
05:07Donc l'enquête est possible, techniquement.
05:09Il faut une coopération, entre guillemets, avec le Hezbollah pour que ça fonctionne.
05:13Or, le Hezbollah est en situation, évidemment, où d'abord il a condamné le cessez-le-feu,
05:17où il est toujours au cœur des incidents qui se produisent malgré le cessez-le-feu au sud du Liban.
05:23Donc ça rend les choses extrêmement difficiles.
05:25De son côté, le Premier ministre libanais, hier, a répété qu'il était lui aussi déterminé
05:31à ce que l'enquête aboutisse.
05:34Mais bon, dans le contexte actuel, si vous voulez, la France est obligée de tenir bon,
05:39si j'ose dire, parce que si la finule s'en allait ou si la France s'en allait,
05:42ce serait un signal, évidemment, extrêmement négatif
05:47et qui fragiliserait encore plus le Liban,
05:49qui a besoin d'être soutenu plutôt que d'être abandonné.
05:52Guillaume Daré, c'est le président de la République
05:55qui a annoncé la mort de notre soldat, mort pour la France,
05:59dit Emmanuel Macron.
06:00Absolument. Et effectivement, cette position qui est délicate pour le chef de l'État,
06:02on le disait, puisqu'il l'avait rappelé dès le début du conflit,
06:05la France n'est ni prévenue ni impliquée dans cette guerre, ce n'est pas notre guerre.
06:08Il l'a redit à de multiples reprises depuis le début du conflit.
06:11Et en même temps, effectivement, ce conflit qui n'est pas le nôtre,
06:14mais qui, pour l'instant, a provoqué la mort de trois soldats français,
06:16parce qu'il y a ces deux soldats au Liban,
06:18mais il y a également un soldat français qui avait été tué en Irak il y a quelques semaines.
06:23Au début de la guerre.
06:23Et ça pose effectivement la question aussi de la riposte ou non des soldats français dans cette guerre,
06:28où nous ne sommes pas des belligérants.
06:30Il y a quelques instants, il y a eu plusieurs réactions politiques.
06:32Jordan Bardella, le président du RN, évoque, je cite,
06:35« une tragédie pour notre pays ».
06:36Et il ajoute, « ces crimes de guerre ne devront pas rester impunis ».
06:40Alors, qu'est-ce que cela dit de ce qu'il souhaiterait
06:42si le Rassemblement national était au pouvoir,
06:45ou en tout cas ce qu'il souhaiterait de l'armée française ?
06:47On lui demandera, bien sûr, bientôt.
06:49Autre réaction importante, celle de Jean-Luc Mélenchon.
06:52« La France doit autoriser la riposte de ses militaires
06:56quand ils sont pris pour cible, quel que soit l'agresseur ».
07:00Donc, effectivement, il y a toujours cette question de la riposte
07:03dans un contexte qui est évidemment compliqué,
07:05puisque nous ne sommes pas belligérants à ce contexte.
07:06– Ça, c'est autorisé, ça s'appelle la légitime défense.
07:10– Colonel Lefebvre.
07:11– C'est déjà autorisé aujourd'hui.
07:12– Un soldat de la Finule a le droit de se défendre, de répliquer s'il est attaqué ?
07:17– Bien sûr, bien sûr.
07:18Il n'a pas le mandat pour être agressif, pour avoir une attitude offensive.
07:23Mais dans tous les cas, si lui-même est en danger ou un de ses camarades est en danger,
07:29il a le droit d'ouvrir le feu dans les règles de la légitime défense.
07:34– Mais on voit, c'est toute la difficulté quand même,
07:35quand on est membre, quand on est casque bleu,
07:37quand on est membre de la Finule,
07:40quand on a un mandat de l'ONU, on est entre deux feux.
07:45Et malheureusement, on a l'impression que ces soldats sont là,
07:47surtout pour prendre des balles perdues.
07:49Alors il faudra voir précisément ce que dit l'enquête,
07:52pourquoi ils ont été visés et tués, nos deux soldats.
07:55Mais c'est terrible en fait, cette position.
07:57– Dans les circonstances de cette embuscade,
08:00apparemment le premier soldat français, Florian Montorio,
08:07a été abattu le premier.
08:10Et le second, son réflexe a été de lui porter secours,
08:15plutôt que de tirer vers l'endroit d'où venait le feu.
08:20Et il a été blessé, il est décédé de ses blessures,
08:25suite à cet acte héroïque qui l'a poussé à essayer de sauver son camarade.
08:32– Nous avons donc deux héros, selon vous ?
08:34– Tout à fait.
08:35– Et quand vous, en tant que militaire,
08:37vous apprenez la mort d'un soldat français,
08:40dans une guerre qui n'est pas la nôtre,
08:42puisque cette guerre en Iran, on n'y participe pas,
08:45on est là pour aider nos alliés à s'en protéger,
08:49on a d'ailleurs aidé les pays du Golfe,
08:52mais ce n'est pas notre guerre, on n'y participe pas,
08:54on n'était même pas informés, comme le rappelait Ulysse Gosset.
08:58Quelle est votre réaction ?
08:59– Alors tout d'abord, je voudrais faire la part des choses.
09:01Il ne s'agit pas de la guerre en Iran,
09:04il s'agit de…
09:06– La guerre au Liban.
09:07– La guerre au Liban.
09:08– Qui n'est pas non plus notre guerre.
09:10– Elle est indépendante d'une certaine manière de la guerre au Liban
09:13qui est menée en coalition par Israël et les États-Unis d'Amérique.
09:18La guerre, la nouvelle offensive au sud-Liban menée par Israël
09:23a été décidée unilatéralement par le président Netanyahou, par Israël.
09:32Les États-Unis d'Amérique ne sont pas partis à ce conflit-là.
09:36Donc les deux militaires français qui sont tombés au combat
09:43et le président a raison de le préciser, ils sont morts pour la France
09:48parce que tout soldat français qui combat,
09:51même si c'est sous le mandat des Nations Unies,
09:56meurt pour la France.
09:58Ils étaient dans le cadre d'une résolution des États-Unis
10:02qui date de presque une cinquantaine d'années
10:04et qui est une mission d'interposition.
10:08C'est-à-dire, il faut rappeler ce que c'est que le cadre d'une mission d'interposition,
10:13c'est qu'à l'origine, les partis en conflit,
10:17c'est-à-dire Israël et le Liban,
10:20plus exactement le Hezbollah au sein du Liban,
10:26étaient d'accord pour arrêter les combats
10:29et pour qu'une force de l'ONU soit là
10:32pour vérifier l'application du cessez-le-feu.
10:35– Alors le président libanais, le président Aoun a réagi
10:39en tout d'abord renouvelant sa condamnation
10:41de ce qui s'est passé samedi, l'embuscade.
10:43Il réitère aussi ses condoléances à l'État français
10:45et à la direction de la finule.
10:49– Oui, alors…
10:50– Mais alors maintenant, c'est aussi, pardon,
10:51on met au président libanais de mener l'enquête.
10:54Enfin, c'est service, puisqu'on est dans un État qui se veut souverain,
10:58c'est à lui aussi de retrouver les auteurs de ce crime de guerre.
11:02– Oui, et c'est important, même si le mandat de la finule
11:06autorise la légitime défense,
11:08c'est important quand même que ce mandat soit renforcé dans le contexte.
11:11C'est-à-dire que ça mérite évidemment une décision des Nations Unies
11:15qui doit être saisie.
11:16– Oui, il faut rappeler que la finule achève son engagement au Liban
11:21à la fin de l'année, donc ce n'est pas vraiment le bon moment
11:24pour obtenir une redéfinition du mandat.
11:26Mais si la guerre continue et si l'offensive israélienne se poursuit,
11:30si le cessez-le-feu est rompu,
11:32les casques de la finule vont se retrouver à nouveau exposées en première ligne.
11:36Donc il faut un renforcement de ses moyens, c'est clair,
11:39un renforcement de son mandat si c'est possible.
11:41Et ce que peut faire la France, en dehors de pousser le gouvernement libanais
11:45à enquêter, c'est-à-dire concrètement à ce que l'armée libanaise enquête
11:48et qu'elle prenne contact avec le Hezbollah, avec lequel elle est en contact,
11:52et que le Hezbollah fasse son enquête interne pour aboutir à un résultat,
11:56et que ceux qui ont tiré, ceux qui ont tendu l'embuscade soient traduits en justice,
12:02il va falloir une véritable pression des autorités.
12:05– Et qui croit ? Qui croit sincèrement qu'on va retrouver ceux qui ont fait ça ?
12:10Puisque le Hezbollah lui-même dément avoir participé au tir,
12:14on sait très bien que c'est très compliqué,
12:16le Hezbollah c'est un État dans l'État,
12:18on sait aussi la faiblesse de l'armée libanaise pour tout simplement faire régner l'ordre,
12:22désarmer les combattants du Hezbollah.
12:24C'est pour ça que j'ai envie de vous poser la question,
12:27c'est est-ce que la France doit être un peu plus offensive ?
12:30– On a des soldats sur place, on a des liens particuliers avec le Liban,
12:34dans la lutte contre le Hezbollah,
12:36sachant que le Hezbollah aurait donc tué deux de nos soldats.
12:40– Le mandat qu'on a donné à ces forces n'est absolument pas adapté à la situation actuelle.
12:47Nous sommes dans une situation de guerre,
12:49ce n'est pas le mandat, il y a un colonel Loulard,
12:51de façon parfaitement claire,
12:53à partir du moment où vous rentrez dans la guerre,
12:56on aurait dû retirer immédiatement les soldats de la finule.
12:59– Il fallait retirer la finule ?
13:00– Oui, ce n'était plus son mandat.
13:02Son mandat, ce n'était pas d'être entre deux feux.
13:06– Avec le risque, effectivement, on le voit.
13:07– C'est avec l'appui, vous l'avez très bien dit, des deux parties.
13:10C'est avec l'appui des deux parties,
13:11à partir du moment où il y en a un qui part en guerre,
13:14le mandat ne peut plus être exercé.
13:15– Alors qui devait décider de ça ?
13:17Qui aurait dû dire, attendez, puisque la guerre est déclarée…
13:20– Je pense que les Nations Unies ont disposé la question tout de suite.
13:23– Ce n'est pas la première guerre que traverse le Liban
13:25et que traverse la finule, puisque je rappelle, son mandat date de 1978.
13:31Et depuis, il y en a eu, des invasions israéliennes, des occupations…
13:34– Non, mais là, vraiment, elle est entre deux feux.
13:35– Elle est depuis le 2 mars, c'est vrai, mais elle était avant ou auparavant.
13:42Retirer la finule du Liban, ça peut être une décision…
13:44– Oui, mais est-ce qu'on n'expose pas nos soldats ?
13:46– Et on le voit, malheureusement, est-ce qu'il s'est passé ?
13:48– C'est évidemment une possibilité, c'est-à-dire que les Nations Unies
13:52peuvent décider le retrait avant-terme de la finule,
13:55mais ça serait une rupture de l'engagement des Nations Unies,
13:58puisque cette force, elle est là, quand il y a une guerre ou quand il y a des combats,
14:01c'est sa mission…
14:02– La question, à quoi sert-on ? Parce qu'on ne peut pas intervenir,
14:05parce qu'on n'a pas le mandat pour, on ne peut pas désarmer le Hezbollah,
14:10et finalement, on livre nos soldats, finalement, à ces combats,
14:17sans pouvoir répliquer ?
14:18– Le mandat initial était partagé par les deux parties.
14:22À partir du moment où un rend le mandat, parce qu'il a rendu le mandat,
14:27on ne peut plus l'exercer.
14:28– Mais on a aussi Israël, qui est très critique sur la finule,
14:31qui n'a jamais cru à la mission de la finule,
14:33qui reproche, il vient d'avoir reçu aussi l'ambassadeur d'Israël à Paris,
14:37qui disait « la finule ne fait pas son job », etc.
14:38Donc, on a à la fois Israël, qui dit que la finule, ça ne sert à rien,
14:42et le Hezbollah, qui vise la finule.
14:44C'est une situation intenable.
14:45– Israël, très certainement, préférait qu'il n'y ait pas de finule du tout,
14:47parce que la finule, ce sont des yeux et des oreilles,
14:50et c'est quand même une force d'interposition.
14:52Ce que pose ce double meurtre contre les soldats français,
14:56c'est la situation que va faire la France après la fin du mandat.
15:01Est-ce qu'il faut une nouvelle force internationale,
15:03avec un nouveau mandat, dans un Liban,
15:07qui est dirigé par un président et un Premier ministre,
15:09qui essayent de désarmer le Hezbollah ?
15:11– Est-ce qu'il faut aider au désarmement ?
15:13– Évidemment, et d'ailleurs, le paradoxe de toute cette tragédie,
15:17c'est que lorsque la guerre a éclaté entre les États-Unis et Israël,
15:24et l'Iran, il y avait une conférence à Paris
15:27qui était destinée à donner plus de moyens au gouvernement libanais,
15:30justement pour désarmer.
15:32Et donc, cette conférence a dû être reportée,
15:35s'inédiée compte tenu de la guerre.
15:37D'accord ?
15:38C'était prévu avant le 28 février.
15:40Elle devait avoir lieu quelques jours après le début de la guerre.
15:43Donc ça, ça a été le premier problème.
15:44Aujourd'hui, évidemment, le problème est terrible,
15:47parce que les soldats sont exposés,
15:49ils sont au milieu des combats,
15:52et en particulier dans cette zone
15:53qui sépare la frontière israélienne,
15:56et ce que les Israéliens appellent maintenant la ligne jaune.
15:59C'est une zone qui est occupée,
16:00et les Libanais se demandent
16:02si elle ne va pas être tout simplement annexée,
16:05comme c'est déjà le cas dans le Golan.
16:07Donc si vous voulez, partir, non,
16:09parce que ça serait, encore une fois, un abandon.
16:12Mais si on reste sur place, redéfinir la mission.
16:14Mais si on reste sur place, il faut plus de moyens.
16:15Et je rappelle que la France a quand même envoyé,
16:17depuis le début de la guerre,
16:18de nouveaux moyens blindés, des véhicules blindés,
16:20pour donner plus de moyens militaires à l'armée,
16:23aux forces armées libanaises.
16:23Le plus grand contingent, c'est le contingent français.
16:26C'est l'un des...
16:26Mais c'est pas le seul, vous savez, il y a des...
16:28Il y a 600 et quelques pays,
16:31mais il y a 10 000 combattants au total.
16:33Donc c'est l'un des grands contingents d'un des grands pays.
16:38Mais il y a des Indonésiens, il y a des Italiens, etc.
16:41Donc si vous voulez, en plus, si vous voulez,
16:42la France, si elle signait le signal du départ,
16:46si elle donnait le signal du départ,
16:48ce serait une catastrophe pour toute la finule.
16:50Donc ce n'est pas une bonne solution.
16:52En tout cas, c'est difficile,
16:54parce que, évidemment, ça engage nos soldats à faire face
16:57à des embuscades et à d'autres tragédies.
17:00La question de la responsabilité, effectivement,
17:02de ce qu'ils ont commis, ça, est posé à nouveau.
17:04Et c'est Marine Le Pen, à l'instant, qui dit qu'il faut, je cite,
17:05« punir les responsables de ces actes,
17:07qui s'en prennent à des forces d'interposition et de maintien de la paix,
17:10et que ça s'impose à ses yeux comme une exigence fondamentale. »
17:14Les oppositions pourraient demander un débat, justement,
17:18sur la mission de la France au sein de la finule.
17:21Comment peut-on aider le Liban ?
17:23– Oui, c'est aussi, effectivement, on l'a vu lors des précédents conflits,
17:25aussi, à l'Assemblée nationale.
17:27La limite de ça, c'est souvent que c'est un débat sans vote, effectivement,
17:31et que ça n'engage pas véritablement le gouvernement.
17:34Mais aux yeux de la représentation nationale, effectivement,
17:36la question se pose, on l'a vu ces dernières semaines,
17:38lorsqu'un débat a eu lieu, justement, sur cette crise au Moyen-Yen-Orient,
17:41lors des précédents conflits, également, ça a eu lieu,
17:44mais sur la place centrale de la finule, effectivement, ça pourrait être poussé.
17:47Et on va voir si ce n'est pas quelque chose qui va être de plus en plus prégnant
17:50dans les prochains jours, parce qu'on le voit,
17:51quand on voit la réaction de Jordan Bardella, de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen,
17:54il y a quand même cette logique de se dire, finalement, effectivement,
17:57les soldats français sont entre deux feux,
17:59ça fait trois victimes d'une guerre qui n'est pas la nôtre,
18:01aux yeux du président de la République, donc…
18:03– Des crimes qui, pour l'instant, sont impunis.
18:04– Absolument, comment les punir, comment répliquer,
18:06faut-il répliquer davantage ?
18:08– Effectivement, c'est quelque chose qui se pose à la représentation nationale,
18:11et pardonnez-moi, c'est aussi des questions
18:13qui vont se poser dans la prochaine élection présidentielle,
18:15parce que ça ne sera peut-être pas déterminant,
18:18mais l'international sera présent dans cette campagne.
18:21Là, on parle du Moyen-Orient, il y a quelques semaines,
18:23c'était le Groenland, il y a eu la question sur d'autres sujets,
18:26évidemment, du Venezuela, le prochain, la prochaine présidente de la République,
18:30dans cette campagne, on va lui dire,
18:31qu'est-ce que vous allez faire au Liban si vous êtes président de la République,
18:34si vous êtes président de la République ?
18:35Vous retirez les soldats, vous ne les retirez pas ?
18:37Cette question internationale, elle va être dans la campagne présidentielle.
18:40– Un précédent historique, il y a eu en 1983,
18:42un attentat contre l'immeuble du Dracar.
18:45– Bien sûr.
18:45– Bilan, 58 morts français.
18:47Qu'est-ce qu'a fait la France ?
18:49Elle a condamné, elle a demandé aux autorités locales d'agir,
18:56mais quelques jours, quelques semaines plus tard,
18:58il y a eu une riposte, il y a eu une frappe
19:00contre un camp d'entraînement et un camp du Hezbollah.
19:06– Voilà, donc la riposte, elle est possible.
19:08– Elle peut être militaire.
19:09– Mais attendez, ce n'était pas du tout le même contrat.
19:11– Non, mais ce n'est pas du tout.
19:13– On peut avoir…
19:14– La force de sécurité de Beyrouth qui a été mise en place,
19:17c'était un contrat tout à fait différent,
19:19c'était la défense de Beyrouth.
19:21– Oui.
19:21– Ce n'est pas pareil.
19:22– Donc on pouvait attaquer.
19:23– Bien sûr, et d'ailleurs, moi, comme pilote,
19:25j'ai jeté quelques bombes autour de Beyrouth.
19:28– Ah bon ?
19:28– Vous avez participé à cette force ?
19:29– Bien sûr, pour faire taire l'artillerie qui pilonnait Beyrouth.
19:33On avait parfaitement le droit de le faire.
19:35– Parce que là…
19:35– Ce n'était pas un mandat des Nations Unies.
19:38– C'est-à-dire que là, les soldats la finus
19:40ne pourraient pas décider de s'attaquer
19:42à une position du Hezbollah pour y poster.
19:45– Et il faudrait redéfinir le mandat ?
19:47– Complètement.
19:48– Mais vous pensez que ce serait une bonne idée
19:49de rendre, si je veux dire, ce mandat plus offensif ?
19:51– Alors, moi, je pense que oui.
19:52Alors, est-ce que les Nations Unies,
19:53parce que c'est quand même eux qui sont,
19:55je veux dire, le maître d'œuvre,
19:56est-ce qu'ils sont capables de gérer une situation
19:59comme celle-là ?
19:59Je ne suis pas certain,
20:00parce qu'ils n'ont pas été faits pour ça.
20:02C'est quand même…
20:04– Oui, mais la France a un lien très particulier
20:06avec le Liban.
20:07Et d'ailleurs, Emmanuel Macron ne cesse de le rappeler.
20:08Est-ce que la France, sans les Nations Unies,
20:10l'armée française pourrait mener une mission plus offensive ?
20:14– Alors ça, c'est autre chose.
20:15Ça, c'est complètement sorti de ce contexte.
20:18Là, on est au sein des Nations Unies.
20:20Si maintenant, la France intervient personnellement pour…
20:23D'abord, il faut que son mandat soit clair aussi,
20:25vis-à-vis des intervenants.
20:26– Alors, donc ça, c'est bien sûr le fait majeur
20:29de cette fin d'après-midi,
20:30la mort de ce deuxième militaire français de la Finule
20:33qui avait été gravement blessé samedi dernier au Liban Sud
20:36dans une embuscade attribuée au Hezbollah.
20:40Il avait été d'ailleurs rapatrié hier.
20:43Il est mort ce matin.
20:44– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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