00:00C'est ce regain de tension dans le détroit d'Ormuz.
00:03Trois navires ont été visés par l'Iran dans ce détroit, dont deux ont été saisis.
00:08Nous retrouvons à Abu Dhabi pour BFMTV, Igor Saheri.
00:12Bonsoir Igor.
00:13Alors on a l'impression qu'aujourd'hui, c'est l'Iran qui règne en maître.
00:21Oui, comme une réponse aux deux navires battant pavillons iraniens
00:25saisis par les forces maritimes américaines dimanche et il y a quelques jours maintenant.
00:33Effectivement, ce matin, deux navires, deux immenses porte-conteneurs
00:37qui stationnaient dans le golfe Persique depuis le début de la guerre, chargés,
00:42ont pris la direction du détroit d'Ormuz pour tenter de le franchir
00:47lorsqu'ils ont été stoppés nets dans les eaux iraniennes,
00:51en tout cas au large des eaux iraniennes dans le golfe d'Omane
00:54par des vedettes de la marine, des gardiens de la Révolution.
00:59Ces deux navires-là ont essuyé des tirs, notamment un qui aurait pu provoquer des victimes
01:06puisque c'est la passerelle qui a été visée, non pas des conteneurs ou la coque,
01:10mais bien la passerelle.
01:11Donc il y avait peut-être une intention de tuer.
01:14Ils ont été arraisonnés, immobilisés et saisis par les gardiens de la Révolution.
01:19On ne sait pas à l'heure actuelle où est-ce qu'ils sont précisément.
01:22Si l'équipage a été récupéré ou arrêté, on ne sait pas si les gardiens de la Révolution sont sur
01:29les deux navires.
01:30En tout cas, ces navires-là étaient partis de l'Inde, faisaient escale dans le golfe Persique,
01:34notamment dans des ports d'Abu Dhabi et de Dubaï, avant de repartir pour les États-Unis.
01:39Et l'autre devait s'arrêter en Méditerranée.
01:41D'après les gardiens de la Révolution, il n'avait pas demandé l'autorisation.
01:45Il avait même violé à plusieurs reprises cette autorisation-là
01:48et mettait en danger la sécurité maritime d'après, encore une fois, les gardiens de la Révolution.
01:53Et puis un troisième, il s'appelle l'Euphoria.
01:55Lui aussi a réussi à passer le Détroit.
01:57Il a essuyé également des tirs, mais il a pu repartir.
02:00Il est actuellement dans le golfe d'Omane.
02:02Donc trois navires pris pour cible par les gardiens de la Révolution.
02:05Deux ont été saisis sans qu'on connaisse encore véritablement leur avenir.
02:09– Merci Igor.
02:12Mika, comment on peut expliquer que tout d'un coup,
02:14les gardiens de la Révolution s'en prennent ainsi à trois navires aujourd'hui ?
02:18– Avant de répondre à votre question, je voudrais juste m'incliner, si vous voulez bien,
02:21devant la mémoire et le sacrifice de nos compatriotes Montorio et Girardin.
02:25Et je pense qu'on pense tous à eux.
02:28– Et à leur famille.
02:29– Absolument.
02:30Le deuxième élément, c'est donc pour répondre à votre question très directement.
02:34Là, évidemment, il y a quelque chose qui a changé, bien sûr, hier soir,
02:37avec la position de Donald Trump.
02:39qui a encore une fois repoussé son cessez-le-feu de manière s'inédiée, sans discuter.
02:45Et là, l'enjeu pour les Iraniens, c'est de véritablement montrer qu'ils sont d'abord, eux, à la
02:50manœuvre,
02:50que ce sont eux qui effectivement ont les cartes, que ce sont eux qui contrôlent la situation.
02:54Et là, ce qui est intéressant, c'est qu'on a effectivement trois navires,
02:57mais deux très particuliers ici, qui sont armés par MSC.
03:02Alors armés, ici, je parle évidemment de navires porte-conteneurs commerciaux, bien sûr.
03:06Et MSC, c'est pas n'importe qui, c'est le deuxième armateur mondial, c'est un armateur suisse.
03:11Et de fait, ce sont des conteneurs ici qui voulaient sortir du Détroit depuis un certain moment.
03:17Et là, ce qu'on peut se poser comme question, c'est pourquoi eux ?
03:20– Alors le MSC Francesca, vous faites référence à celui-ci, selon les gardiens de la Révolution,
03:26il appartenrait au régime sioniste, entre guillemets, c'est leur vocabulaire, donc une référence à Israël.
03:33– Exactement. Alors ils n'ont pas dit qu'il appartenait, mais qu'il était lié au régime sioniste.
03:37Ici, la distinction, je la fais parce qu'effectivement, on entend régulièrement,
03:41le commandement naval des gardiens de la Révolution, parler de lien avec le régime sioniste,
03:45donc avec Israël, dans la logique où, en fait, s'ils arrivent à trouver,
03:49ne serait-ce que le moindre, tout petit lien, même indirect,
03:52ou de deuxième ou troisième degré, avec effectivement Israël,
03:55ils vont mettre cet élément-là en avant.
03:57On ne retrouve pas la même chose sur l'Épaminondas,
04:00qui est un navire qui a été armé pour le compte de MSC,
04:03mais qui est un navire détenu par une société grecque.
04:07Pour l'Euphoria, c'est encore autre chose.
04:10– L'Euphoria, il a été visé par des tirs, c'est-à-dire quand même qu'on a notamment
04:14visé la passerelle, alors heureusement, l'équipage est sain et sauf,
04:17il y a eu des dégâts.
04:18– Et ce n'est pas le premier, et ce ne sera sans doute pas le dernier,
04:21c'est-à-dire qu'ici, cet événement-là est un épiphénomène
04:24dans le mouvement de guerre, bien sûr, qu'on connaît,
04:27et dans les négociations qu'on connaît,
04:29et qui pourrait reprendre en Pakistan peut-être dès vendredi,
04:32en tout cas, comme le dit par exemple le New York Post.
04:34L'enjeu ici, c'est qu'effectivement, non seulement l'Euphoria a pu se sécuriser,
04:39finalement, en allant jusque dans les eaux Oumanaises,
04:41et là, et proche des côtes Oumanaises, selon Marine Trafic,
04:43– Les deux autres ont été saisis.
04:44– Mais les deux autres, effectivement, ont été saisis.
04:46– Alors, ils sont où quand on saisit des bateaux ?
04:48– Et pour le coup, il y a deux solutions,
04:50soit le bateau, on peut le remorquer, effectivement,
04:52ou il peut aller lui-même jusqu'au port local,
04:55donc là, en l'occurrence, côté iranien,
04:56soit vous allez l'inspecter et le maintenir en mer
04:59pour essayer, effectivement, de voir ce qu'il y a sur le bateau.
05:02– Mais la question, c'est pourquoi les Américains ont laissé faire ?
05:05– Je pense qu'ils ont dû être surpris.
05:08– Ils ne s'y attendaient pas ?
05:08– Ils ne s'y attendaient probablement pas à ce que ça puisse se passer.
05:11– Parce que Donald Trump ne cesse de répéter
05:14que c'est lui qui contrôle le détroit d'Hormuz.
05:16– Mais non.
05:16– Et que la marine iranienne n'existe plus,
05:21qu'elle ait été détruite.
05:22– Il faut peut-être regarder la carte et l'endroit
05:24où ça s'est passé, parce qu'on est pratiquement
05:26à l'ouvert du détroit, c'est-à-dire que
05:30c'est jusque-là que les passes d'Aran peuvent louer,
05:33parce qu'après, les Américains arrivent très vite.
05:35Donc, ils ont réussi à faire ça, vraiment,
05:37dans les dernières nautiques.
05:37– Parce que les Américains ne bloquent pas dans le détroit lui-même,
05:41ils bloquent à l'âge, trop large, soit à 500 km de l'âge.
05:45– Oui, ils peuvent agir à partir de la mer.
05:47Et là, ils ont profité du fait qu'ils étaient encore dans le détroit,
05:50où les Américains n'ont pas vraiment envie de rentrer, je pense,
05:53pour terminer l'opération.
05:54– C'est une humiliation, quand même, pour le blocus américain ?
05:58– Non, on ne peut pas dire ça, parce que…
06:00– Ça donne quand même…
06:01– Dans le narratif, depuis hier,
06:06ça indique, est-ce que ce n'est pas l'Iran qui a repris la main ?
06:09– Non, non, non, non, je ne pense pas du tout.
06:10Non, non, non, puis quand on voit comment les choses se sont passées,
06:13on peut même s'interroger sur qui a commandité tout ça.
06:17On s'aperçoit quand même que les passes d'Aran
06:19commencent à prendre une place importante dans le dispositif politique,
06:24qu'ils n'ont peut-être rien demandé à personne,
06:25et qu'ils ont mené l'opération seuls.
06:28parce qu'on ne sait pas très bien qu'ils peuvent être derrière cette affaire.
06:32– Ici, la flotte américaine est à plus de 400 km de cet endroit-là, premièrement.
06:36– D'accord.
06:36– Et deuxièmement, le détroit d'Hormuz, ici, agit,
06:39ou pourrait agir comme une forme d'embuscade, si vous voulez.
06:41Si, effectivement, des destroyers américains
06:43venaient au secours de l'un de ces navires,
06:45de fait, ils seraient eux-mêmes, évidemment, en difficulté.
06:48– La conséquence, c'est que le trafic va s'arrêter.
06:50Déjà, il a du mal à fonctionner.
06:52– Alors ici, ce qui est très clair, c'est que, comme je vous le disais,
06:54ce n'est pas la première fois qu'on a des tirs contre ces navires-là.
06:56Il y a eu des tirs contre un navire de CMACGM français.
06:59Il y a eu des tirs contre un navire britannique.
07:02Et il y a eu un tir particulier, qui, moi, m'intéresse beaucoup,
07:04contre le Sandmar Harald.
07:06Le Sandmar Harald, qui est un navire indien,
07:08qui, il y a quatre jours, avait été ciblé, là aussi, par des tirs,
07:11et qui, de fait, ce Sandmar Harald pensait pouvoir naviguer dans le détroit d'Hormuz
07:16en ayant réglé absolument toute la paperasse,
07:18si vous me permettez l'expression, imposée par les passes d'Aran,
07:21c'est-à-dire le paiement de la taxe illégale,
07:24il faut le rappeler, qu'ils imposent actuellement,
07:26et d'autres éléments comme ceux-là.
07:28Et ce qui est très intéressant, c'est de voir que le capitaine a montré patte blanche,
07:32et finalement, les passes d'Aran lui ont dit très clairement,
07:34mais en fait, vous avez payé en crypto-monnaie pour passer,
07:37vous avez un certificat, ok, on le voit,
07:39mais ce n'est pas nous qui l'avons donné.
07:41Et ça, il y a effectivement, par exemple, à une société grecque,
07:44Marisq, spécialisée dans la question de la gestion des risques en mer
07:48pour les différents armateurs et navigants,
07:50qui a émis un certain nombre d'alertes aujourd'hui et les jours précédents,
07:54en disant, attention, il y a des arnaques au paiement des droits de passage
07:59imposés par les passes d'Aran en crypto-monnaie,
08:01et de fait, ça peut vous amener à une situation comme celle-là.
08:03– Colonel Lefebvre, ce qui s'est passé avec ces trois navires
08:07visés par le régime de Téhéran,
08:10alors on ne sait plus vraiment qui gouverne,
08:11mais a priori plutôt les gardiens de la Révolution maintenant,
08:13c'est un message adressé aux Américains,
08:16parce que pour l'instant, c'est Donald Trump qui a dit
08:19le cessez-le-feu, on le prolonge, s'il n'est dit,
08:21on négociera quand on pourra négocier,
08:24il fallait aussi rappeler que le régime est toujours là
08:27et qu'il veut aussi montrer qu'il n'est pas dominé.
08:31– Bien sûr, Donald Trump a répondu à ce contrôle du détroit d'Hormuz
08:40par les Iraniens, parce que concrètement,
08:43c'est bien eux qui contrôlent le détroit d'Hormuz,
08:46par un blocus qui est au large.
08:49Donc les Iraniens laissent passer les bateaux
08:53qu'ils veulent bien laisser passer, c'est un petit robinet,
08:56et au large, il y a un deuxième robinet, celui des Américains
09:00qui veulent empêcher de passer tous les bateaux
09:04qui profitent à l'économie de l'Iran.
09:08C'est bien pour montrer que ceux qui ont le premier robinet,
09:14la main en premier, ce sont les Iraniens
09:17et ce ne sont pas les Américains.
09:18– Sous-titrage FR 2021
09:19– Sous-titrage FR 2021
09:19– Sous-titrage FR 2021
09:19– Sous-titrage FR 2021
09:19– Sous-titrage FR 2021
Commentaires