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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Alors l'autre information aujourd'hui c'est ce regain de tension dans le détroit d'Hormuz avec trois navires
00:04qui ont été visés par l'Iran dans ce détroit
00:07dont deux qui ont été saisis, il y a eu des tirs échangés, ça a été confirmé à la fois
00:12par les agences maritimes et les gardiens de la révolution
00:14qui revendiquent ce qu'ils ont fait. Une façon, Igor Saheri, bonsoir, vous êtes à Abu Dhabi pour BFMTV, d
00:21'imposer une certaine détermination
00:23et peut-être de donner l'impression que les maîtres du détroit d'Hormuz ce sont bien les Iraniens.
00:31On est clairement dans un bras de fer à la veille d'éventuelles négociations puisqu'on ne sait toujours pas
00:36s'il y en aura pour éviter un retour de la guerre.
00:39C'est aussi une réponse aux deux navires battant pavillons iraniens saisis par les forces maritimes américaines entre dimanche et
00:49aujourd'hui.
00:50C'est clairement aussi une réponse. Effectivement, ce matin, dans le golfe Persique, il y avait deux navires porte-conteneurs
00:57immenses
00:58et chargés de marchandises diverses et variées qui attendaient, qui stationnaient au mouillage depuis le début de la guerre
01:05et qui ont pris la direction du détroit d'Hormuz pour le franchir après autorisation du régime de Téhéran.
01:11C'est en tout cas ce qu'ont dit les commandants de bord dans un communiqué.
01:14Sauf qu'après avoir passé le détroit dans les eaux iraniennes, dans le golfe d'Omane, des vedettes de la
01:23marine, des guerres de la révolution,
01:24les ont attaquées, ont tirées notamment sur la passerelle de l'un de ces deux navires.
01:30Donc clairement, potentiellement pour tuer des gens. Ils n'ont pas tiré dans la coque ou dans un conteneur.
01:35Ils ont tiré sur la passerelle. Ce n'est pas anodin. Et aujourd'hui, ils sont au mouillage dans ces
01:41eaux iraniennes
01:41et ont été saisis par le régime de Téhéran. Alors d'après Téhéran, ils n'ont pas donné l'autorisation.
01:48C'est bien pour d'autres raisons. Écoutez justement le communiqué des gardiens de la révolution,
01:53lu par une présentatrice à la télé iranienne d'État.
01:58Les forces navales du corps des gardiens de la révolution islamique ont déclaré que dans le cadre
02:03de leur surveillance intelligente du détroit d'Hormuz, elles avaient intercepté plus tôt dans la journée
02:09deux navires identifiés comme étant le MSC Francesca qui serait lié à Israël et les Paminondas
02:15qu'elles ont qualifiés de navires non conformes. Selon le communiqué, les navires tentaient de quitter le détroit
02:22sans autorisation, avaient commis des violations répétées, perturbés les systèmes d'aide à la navigation
02:28et mis en danger la sécurité maritime.
02:33Et un troisième navire, porte-conteneur aussi, a connu lui un autre scénario.
02:38Il a essuyé des tirs également par la marine des gardiens de la révolution, à peu près au même endroit,
02:44sauf que lui a pu repartir et a pris la direction du sud de Golfe d'Omane.
02:48On ne sait pas quelle destination il prend. En tout cas, il n'a pas été saisi par Téhéran.
02:53– Merci Igor Saheri avec Morgane Dumont en direct d'Abu Dhabi, Jean-Louis Bourlange.
02:58Démonstration de force côté iranien, les maîtres d'Hormuz, ce sont nous, ce sont les gardiens de la révolution.
03:06– Je ne peux pas apprécier la situation, le rapport de force militaire, ça demande des compétences qui ne sont
03:12pas les miennes.
03:12Mais je crois que le problème est extrêmement clair. Nous avons un système dans lequel les Américains ont compris
03:20que le bombardement systématique de l'Iran ne conduisait à rien. Ils ont choisi le blocus.
03:29Les Iraniens font la même chose. En d'autres termes, les Iraniens prennent leur propre population en otage,
03:36puisque le blocus conduit effectivement à des situations très très difficiles sur le plan humanitaire au sein de l'Iran.
03:43Et les Américains ont pris la planète, le monde économique en otage.
03:47Qu'est-ce qui va ? Qu'est-ce qui peut surgir de cela ?
03:50C'est une course d'endurance absolument épouvantable.
03:53Et il ne peut surgir évidemment qu'une négociation,
03:57ce que les protagonistes pour l'instant ne semblent pas prêts à envisager, en tout cas dans ces résultats.
04:05C'est une situation... Depuis le début, nous voyons que les Américains et les Israéliens ont engagé contre l'Iran
04:13une guerre qui ne peut pas déboucher sur les objectifs politiques qui s'assignaient.
04:20Donc maintenant, il faut savoir, il faut se mettre autour de nez.
04:23Comme disait Napoléon vis-à-vis des Vendéens, il va falloir causer.
04:27Et causer, ça veut dire que chacun fait un effort.
04:31Or, pour l'instant, les positions sont extrêmement lointaines.
04:35C'est un jeu absolument dérisoire.
04:38Mais les Américains jouent un rôle quand même tout à fait.
04:41Parce qu'il suffirait qu'on pourrait avoir comme décélération
04:46le double abandon du blocage.
04:49Ce qui serait équilibré.
04:51C'est la condition que va imposer l'Iran.
04:53À des négociations.
04:55Mais pour l'instant, chacun est enfermé dans ses positions.
04:58Et on ne voit pas sur les sujets essentiels, notamment le nucléaire,
05:04comment on peut arriver à quelque chose qui soit acceptable par les deux.
05:10C'est terrible ce qui se passe.
05:12C'est quelque chose qui provoque, à mon avis, deux conséquences.
05:16Une mise en cause générale de l'économie mondiale
05:20et un affaiblissement structurel des puissances occidentales
05:24face à leurs adversaires.
05:28C'est très, très mauvais.
05:30Amiral, en tout cas, on voit bien que tout ramène dans ce conflit au détroit d'Ormuz.
05:36C'est vraiment le point le plus important.
05:39Même peut-être dans l'éventualité d'une reprise du dialogue
05:44entre Iraniens et Américains.
05:46Oui, on voit finalement...
05:48Et d'ailleurs, les Américains, ils ne cessent de dire qu'ils contrôlent la zone.
05:53Bon, là, visiblement, pas dans ces cas-là de ces trois navires saisis.
05:57Oui, leur zone commence au large du golfe de Mans.
06:02Donc plus loin.
06:02Ils ne vont pas dans l'Iran.
06:03Ils sont quoi ? Ils sont à 400, 450 kilomètres
06:06de là où les Iraniens ont intercepté ces trois navires ?
06:09Ils sont loin, mais ils ont une parfaite connaissance de la situation tactique.
06:12Ils connaissent exactement le cheminement des bateaux.
06:15Il n'y a aucun problème de ce côté-là, mais ils ne sont pas dans le gap.
06:18Parce qu'il est certain que dans le golfe d'Arabot-Persic,
06:20ils seraient dans une situation délicate.
06:22Parce qu'il reste ces vedettes des passes d'Aran
06:25qui peuvent être embêtantes.
06:30Donc ils sont loin.
06:32Ils ont une bonne connaissance du trafic maritime.
06:38Et on peut penser que, finalement, la problématique du détroit d'Orbouz
06:45est peut-être plus intéressante que les bombardements
06:48que les Américains ont effectués sur l'Iran.
06:51C'est-à-dire plus efficace que les bombardements ?
06:52Plus efficace.
06:53Et peut-être que c'est là où, véritablement, on avance.
06:57C'est-à-dire que c'est vraiment là où on va peut-être traiter la question.
07:00Parce que, finalement, les Iraniens ont peut-être beaucoup souffert.
07:03Mais pas suffisamment pour dire, OK, on négocie.
07:06Alors qu'avec le détroit d'Orbouz, je pense qu'ils y sont prêts.
07:09Oui ?
07:10Peut-être juste pour ajouter, pour appuyer sur cette idée
07:13que les Iraniens contrôlent les choses dans le détroit d'Orbouz,
07:15c'est que le troisième navire qui a été attaqué, visiblement,
07:17n'a pas été au niveau de la pointe que l'on voit là,
07:19mais un peu plus à l'est.
07:20Il venait a priori d'un port émiratique qui s'appelle Hortfakan,
07:24qui est donc situé un peu à l'est.
07:25Et donc, en fait, normalement, ces ports-là,
07:27comme le port de Fougera, sont relativement accessibles
07:29et le chemin ne passe pas par les côtes iraniennes.
07:32Donc, il y a même une projection de force au-delà, en fait,
07:35en quelque sorte, des eaux territoriales iraniennes
07:36pour dire véritablement que tous les navires qui s'engagent,
07:39en fait, dans le golfe Persique, désormais,
07:41sont sous la menace des Iraniens.
07:42Oui, c'est un message très clair qui a été envoyé.
07:44Complètement.
07:44Alors, il y a aussi peut-être de la corruption.
07:46Peut-être que...
07:46Parce qu'il y a un des navires, le navire qui battait pavillon libérien,
07:50qui affirme avoir été informé qu'il avait la permission
07:54de traverser détroit d'Orbouz.
07:55On peut imaginer aussi que quelqu'un du régime lui donnait l'autorisation.
07:59Il paye en crypto-monnaie, si j'ai bien compris.
08:02Mais, en fait, la personne en question garde pour lui l'argent
08:05et ne prévient pas les autres.
08:06Alors, ça peut être ça.
08:08C'est-à-dire qu'il y a vraiment une autorisation,
08:09mais l'autorisation n'a pas été donnée.
08:11Ça peut être ça.
08:12Mais le scénario aussi de simplement tendre un piège à ces navires
08:15pour les capturer est tout aussi crédible, pour le coup.
08:17Alors, on va partir aux États-Unis retrouver Laurence Haïm
08:21parce qu'autre information, Donald Trump, toujours dans sa façon de faire,
08:28dans une communication toujours incroyable,
08:30a envoyé un SMS à un de nos confrères américains
08:34pour dire que les négociations pourraient reprendre vendredi au Pakistan.
08:40Alors, Laurence, est-ce qu'on en sait plus ?
08:44Vous savez, la communication de Donald Trump, elle est très simple.
08:48C'est le communicateur en chef.
08:50C'est ce qui se dit à Washington.
08:51Et c'est aussi, sérieusement, lui qui maîtrise le tempo
08:54de tout ce qui se dit autour de cette guerre.
08:57On a couvert, avec Doreen Jarnias, qui m'accompagne ici à Washington,
09:01depuis trois semaines, la Maison-Blanche, le département d'État.
09:04Et on n'a jamais vu cela.
09:06En tout cas, moi, avec la petite expérience que j'ai,
09:08je n'ai jamais vu dans une crise une telle communication.
09:12C'est-à-dire, c'est le silence au Pentagone.
09:14Il n'y a pas de briefing.
09:15C'est le silence au département d'État.
09:16Il n'y a pas de briefing.
09:17C'est le silence à la Maison-Blanche.
09:19Et Donald Trump fait des coups de téléphone de moins d'une minute
09:22avec quelques journalistes.
09:23Et ensuite, il envoie maintenant, et ça, c'est la nouveauté du jour,
09:27des SMS à nos confrères du New York Post
09:28en disant qu'il est plutôt positif
09:31et que les négociations au Pakistan pourraient reprendre,
09:36sans doute vendredi.
09:37C'est ce que, par SMS, il dit « it's possible »,
09:41c'est possible, en signant « DT »,
09:44Donald Trump, qui est la signature qu'il affectionne
09:47lorsqu'il parle à des gens.
09:49Donc, le New York Post a eu ce SMS.
09:52C'est toute l'information qu'on a.
09:54Donald Trump reste, sinon, totalement invisible.
09:57On ne sait pas non plus ce que fait le vice-président J.D. Vance.
10:01Est-ce que c'est lui qui va continuer à aller au Pakistan ?
10:04On sait simplement que, d'après le vice-président Marco Rubio,
10:09le secrétaire d'État, quelques conseillers qui commencent quand même à parler,
10:12hier après-midi, à l'intérieur du bureau Oval,
10:15eh bien, Donald Trump trouvait que les Iraniens restaient très divisés.
10:20– Merci, Laurence.
10:22C'est quand même incroyable ce qui se passe.
10:23Parce que, bien sûr, les Iraniens ont tout de suite réagi
10:26en expliquant qu'ils n'avaient actuellement aucune intention
10:28de négocier avec les États-Unis vendredi.
10:30Il n'y a pas de plan.
10:31Alors, peut-être, effectivement, qu'il y a des divisions au sein du pouvoir iranien.
10:34C'est toujours très compliqué de savoir ce qui s'y passe,
10:36par définition, parce que personne n'est sur place.
10:39Jean-Louis Bourlange, m'enfin, on a l'impression que c'est un deal sans fin.
10:42En tout cas, si on renégociait à partir de vendredi,
10:45les Iraniens auraient gagné une semaine par rapport à la fin du cessez-le-feu.
10:49– Comment, de la part du président des États-Unis,
10:51comment parler autant et donner si peu de messages crédibles ?
10:55C'est un problème.
10:57– Ça peut être une stratégie.
10:59– Oui, je pense que c'est une grande confusion.
11:01Hier, ils bombardaient tout, enfin, avant-hier.
11:04Hier, ils ne bombardaient plus rien.
11:06– Et là, maintenant, ils parlent d'un deal vendredi.
11:08– Il y a une chose auxquelles il ne faut pas accorder le moindre crédit,
11:11c'est le rapport avec le temps du président.
11:15L'Ukraine devait être réglée en 24 heures.
11:19Dans cette affaire, on est passé d'ultimatum transgressé en ultimatum transgressé.
11:25En revanche, moi, je crois que le seul problème, c'est un problème de fond,
11:29c'est-à-dire est-ce qu'ils peuvent régler ?
11:32Moi, il me semble, mais vu de ma fenêtre qui n'a rien à voir,
11:36il me semble que l'approche serait de dissocier un cessez-le-feu
11:43et un cessez-le-blocage, qui est une forme de...
11:45Parce que l'embargo, c'est une feu, le blocage, le blocus, c'est une forme de guerre.
11:51Cessez-le-feu des deux côtés, c'est-à-dire libérer les trois dormus
11:57et libérer le golfe d'Aumont, puisque c'est les deux choses
12:00que contrôlent les Iraniens d'un côté et les Américains de l'autre,
12:05et s'engager sur cette base, sur une négociation qui peut être
12:09qu'une négociation de longue haleine.
12:12Quand on voit ce qu'avait été la négociation sur le JCPOE,
12:17quand on voit la complexité des dossiers, les trois dossiers,
12:21les balistiques, les proxys et surtout le nucléaire,
12:27on voit bien qu'il faut prendre du temps.
12:29Donc est-ce qu'on veut continuer à se situer sur la crête de la lutte
12:34avec ce double blocus qui est une catastrophe
12:37et pour la population iranienne et pour le monde ?
12:41– Oui, mais si les deux lèvent le blocus, chacun lève son blocus,
12:45ils perdent une arme importante quand même.
12:47– Ça dépend, pour M. Trump, ça lui éviterait quand même
12:53de se mettre à dos avec l'ensemble de la planète.
12:56Quand vous voyez la situation…
12:57– Mais il a besoin quand même de dire qu'il a gagné.
12:59– La situation, les menaces alimentaires qui pèsent sur l'ensemble des pays,
13:03sur l'Inde, sur l'Afrique, quand vous voyez le risque vraiment
13:08de crise économique, est-ce que le monde pardonnerait à M. Trump
13:14de l'avoir plongé…
13:16– D'avoir fait le chaos économique.
13:17– Dans un chaos, et quant aux Iraniens, je ne sais pas s'ils peuvent tenir,
13:22en tout cas ils ont des dirigeants qui leur imposent n'importe quelle souffrance,
13:29est-ce que ça peut tenir ?
13:31En tout cas, il me semble qu'un accord pourrait être présenté comme équilibré…
13:39– Donc on lève les blocus et ensuite on prend le temps de négocier sur le nucléaire.
13:42– Là encore c'est du haut de ma fenêtre et je négocie.
13:45Je suis plutôt plus rationnel que ceux qui sont en face.
13:48– En tout cas, les Iraniens pour l'instant gagnent du temps et ils l'obtiennent ce temps
13:50puisque Trump ne cesse de repousser ses ultimatums.
13:55– Il n'y a pas de position.
13:56– Voilà, chaque camp reste persuadé qu'il peut gagner sur la longueur.
13:58Les Américains restent persuadés que le blocus imposé en merdoman
14:01va faire que les Iraniens vont craquer économiquement
14:04et les Iraniens, eux, pensent que Donald Trump n'a pas les moyens
14:08de rester très longtemps sur cette position puisqu'effectivement,
14:11il y a des impacts économiques mondiaux et notamment d'inflation aux États-Unis.
14:14Donc en fait, les deux jouent vraiment la menthe,
14:15c'est une espèce de guerre des nerfs et c'est vraiment difficile aujourd'hui
14:18de savoir lequel des deux va craquer en premier.
14:20– Merci, voilà ce qu'on pouvait dire sur la situation
14:23en ce 54e jour de guerre.
14:26– Merci.
14:26– Merci.
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