00:00On est désormais à un an de l'élection présidentielle et le Rassemblement National est toujours loin devant dans les
00:05sondages,
00:06loin devant 35%, entre 35 et 38%.
00:09Mais comme à chaque fois, le RN peine à trouver des banques qui acceptent de financer cette campagne.
00:15Oui Romain, au fond la question c'est, qu'est-ce qu'un parti comme les autres ?
00:18Un parti dont le président peut faire la une de Paris Match comme beaucoup d'autres hommes politiques, ça c
00:22'est bon.
00:22Un parti qui peut rencontrer les patrons, les dirigeants d'entreprises et parler de la vie économique du pays, ça
00:27c'est bon.
00:27En revanche, effectivement, il y a un domaine dans lequel le RN ne semble toujours pas considéré comme un parti
00:34comme les autres,
00:35c'est les financements bancaires, on le sait, ils sont très importants pour financer une campagne,
00:39y compris bien en amont pour permettre déjà d'envisager le déploiement, des meetings, des rassemblements,
00:45des coûts qui vont permettre aux candidats ou à la candidate du RN de se faire connaître et de se
00:51rapprocher des électeurs tout au long de l'année qui vient.
00:53Et précisément, Jordan Bardella a expliqué à Laurence Ferrari hier sur ce plateau que c'est très difficile à nouveau.
01:00Il dit, nous sommes en train de rechercher un établissement bancaire, bien sûr, et on le sait, le RN a
01:04toujours eu des difficultés.
01:06Pendant longtemps, il était même le seul parti, dit Jordan Bardella, auquel les banques refusaient de prêter.
01:10Eh bien, ça n'a pas changé.
01:11Paul Lobaché, mon confrère au Figaro, a mené l'enquête.
01:14Il a parlé à Kevin Feiffer, qui est le trésorier du parti, qui dit, pour l'instant, on a déjà
01:18des retours négatifs sur nos demandes de prêts bancaires.
01:21Et il dit que ça sera difficile pour l'instant, a priori, de signer avec une banque française.
01:26Parmi les banques qui ont refusé de financer le RN, on trouve, la Société Générale ou encore la Banque Postale,
01:31qui disent, non, non, mais nous, on ne fait plus de politique du tout, c'est terminé.
01:34En attendant, pour l'instant, le Ration National n'a toujours pas son prêt.
01:37Emmanuel Macron, en 2017, avait promis de régler ce problème, mais rien n'a été fait.
01:41C'était une excellente idée, elle avait été soufflée par François Béroud, c'est une idée qui vient du Modem,
01:46l'idée d'une banque de la démocratie qui permettrait justement, là où les établissements bancaires sont parfois frileux,
01:51pour des raisons idéologiques évidentes, eh bien, de financer tous les partis,
01:55en disant, ce n'est pas une banque qui finance plus un parti qu'un autre, mais qui permet à
01:57tous les partis politiques de faire jeu égal.
02:00C'est une promesse non tenue qui, au cimetière de toutes celles enterrées par Emmanuel Macron,
02:05figure en première position dans les allées consacrées à celles de la première année de quinquennat.
02:09Alors, c'est vrai que François Béroud avait porté cette idée quand il était à la chancellerie,
02:12puis ensuite, on le sait, il n'était pas resté très longtemps.
02:15Finalement, on avait créé un poste extrêmement bureaucratique et manifestement inefficace de médiateur,
02:20quelqu'un qui fait le pouls entre les banques et les partis.
02:22Bon, ça ne sent pas marcher beaucoup.
02:24François Béroud, qui a été Premier ministre entre-temps, avait promis notamment une proposition de loi
02:28qui serait ensuite soutenue par ses députés et qui devait être discutée à partir de l'automne.
02:32Mais enfin, on sait l'histoire qui a suivi.
02:34En attendant, les partis politiques comme le Ration National attendent toujours une solution efficace.
02:39Merci beaucoup, Paul Sujit.
02:40Bon, ça pose un problème démocratique.
02:43Un problème démocratique considérable.
02:44Et on sait que pour l'ERN, c'est le double piège,
02:46parce qu'après, s'il va se financer auprès de banques étrangères,
02:49d'abord, on va lui dire, oui, mais vous êtes un parti souverainiste,
02:51qu'est-ce que vous allez faire avec des financeurs étrangers ?
02:52Et d'autre part, on a vu aussi, avec la guerre en Russie,
02:55que les emprunts russes lui avaient beaucoup coûté électoralement,
02:57parce qu'ils avaient été attaqués là-dessus.
03:04Merci.
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