00:00L'invité d'RTL Soir.
00:03Il s'agit de Marc Sanchez, le secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE.
00:08Bonsoir.
00:10Bonsoir.
00:10Merci d'être en direct dans RTL Soir pour réagir, je dirais, à chaud aux annonces du Premier ministre
00:15sur les aides pour les gros consommateurs de carburant, notamment Christophe Bourrou.
00:21Tout d'abord, on en rappelle l'essentiel de ces mesures annoncées il y a trois quarts d'heure environ.
00:26Alors, les aides déjà en place pour trois professions, à savoir les pêcheurs, agriculteurs et transporteurs, seront prolongées en mai.
00:32Pour les transporteurs, ils garderont une aide de 20 centimes par litre.
00:36Pour les pêcheurs, l'aide va passer jusqu'à 35 centimes et les agriculteurs verront leur soutien.
00:41Multiplié par 4, autour de 15 centimes le litre.
00:44Nouveauté, le secteur du BTP entre aussi dans le dispositif avec une aide de 20 centimes par litre.
00:50En ce qui concerne les taxis et VTC, rien n'est encore tranché.
00:54Autre nouveauté, une aide de 20 centimes est prévue pour les gros rouleurs, les travailleurs modestes,
00:59comme les aides-soignants, les accompagnants à domicile, a indiqué le Premier ministre,
01:03sans aller plus loin dans les détails qui seront dévoilés cette semaine.
01:07Mesure qui devrait concerner environ 3 millions de Français.
01:10Voilà, et j'imagine qu'il faudra sans doute justifier des kilomètres parcourus, on peut le penser.
01:16Oui, on peut le penser.
01:17Les gros rouleurs, c'est-à-dire environ 20 000 kilomètres par an certainement.
01:20Très bien, merci beaucoup en tout cas.
01:23Marc Sanchez, secrétaire général du syndicat des indépendants et TPE.
01:27Est-ce que c'est suffisant selon vous pour les entreprises et les artisans que vous représentez ?
01:34Pour répondre directement à votre question, je vous dirais que non, ce n'est pas suffisant,
01:39puisque on constate quand même une augmentation du prix au litre de l'ordre de 60 centimes.
01:44Alors, c'est une avancée par petits pas.
01:47Contraintes budgétaires obligent, bien évidemment.
01:50Mais ça reste encore, selon nous, effectivement, relativement sectorisé.
01:55Même si, effectivement, il y a des secteurs qui subissent beaucoup plus la crise énergétique que d'autres.
01:59Mais dans nos TPE de proximité, effectivement, il y a des points de difficultés importants
02:06qui ne sont pas traités par les annonces qu'a faites aujourd'hui le Premier ministre.
02:10Lesquelles, par exemple ?
02:12Je pense aux restaurateurs, par exemple, aux boulangers, qui ont des consommations,
02:16alors pas forcément sur le pétrole, mais sur tout ce qui concerne le gaz, l'électricité, etc.
02:23Où là, les dispositifs ne sont pas mis en place.
02:25En tout cas, on n'a pas d'annonce.
02:28Alors, même si on peut se féliciter, par ailleurs, effectivement, de l'ouverture des aides au niveau du secteur du
02:34BTP,
02:35qui, effectivement, est en grande difficulté par rapport à ça.
02:37Là, on le rappelle, pour le BTP, c'est le GNR, ce qu'on appelle le rouge.
02:44Dès le mois de mai, environ 20 centimes par litre.
02:47Ça, c'est quand même important ?
02:49C'est mieux que les 4 centimes qui nous étaient octroyés précédemment.
02:53Donc, oui, c'est une évolution.
02:55Tout ça n'enlève pas, au final, à mon sens, et au sens d'ailleurs de beaucoup de chefs d
02:59'entreprise,
03:00la possibilité qui aurait été beaucoup plus efficace d'une baisse directe du prix au litre.
03:04Alors, pas forcément en réunions sur les taxes, mais par exemple, en travaillant sur la commission Économie et Énergie,
03:12qui était un prélèvement qui était fait sur les distributeurs,
03:14qui était de l'ordre de 10 à 15 centimes d'euros par litre,
03:19et qui aurait pu être mis en suspens pendant le temps de la crise.
03:22Ça aurait permis, effectivement, d'avoir une baisse à la pompe directe pour l'ensemble des consommateurs et des utilisateurs,
03:29et par la même occasion, de ne pas non plus obéir le budget de l'État.
03:32Mais bon, le gouvernement n'a pas voulu choisir cette voie.
03:35Il persiste dans, effectivement, les aides catégorielles.
03:38On peut le saluer...
03:39Pour des raisons budgétaires que l'on connaît.
03:43Mais sur la proposition que nous faisons concernant la commission sur les économies d'énergie,
03:50en fait, elle ne revient pas à l'État, elle est payée par les distributeurs.
03:53Donc, on peut très bien considérer à ce stade qu'on aurait pu mettre en suspens pendant quelques mois
03:59le financement de la transition écologique, pour pouvoir, effectivement, apporter à nos entreprises
04:04et aux consommateurs aussi la possibilité d'avoir un gain immédiat dans leur budget.
04:10Ce qui n'est pas le cas de ces aides.
04:11Il faut bien considérer que dans les trésors de nos entreprises,
04:14il y a un élément déclaratif, qu'il va falloir qu'on connaisse,
04:17et vous n'êtes remboursés que le mois suivant.
04:19Voilà, il y a un décalage.
04:21En ce qui concerne les distributeurs, le Premier ministre a annoncé qu'il allait demander de la transparence
04:25sur les marges qu'ils font.
04:29Ah ben oui, il est dans son rôle là-dessus, effectivement, il faut qu'il y ait un contrôle.
04:32Mais ce n'est pas ça, globalement, dans l'immédiateté et l'urgence de la situation,
04:35qui va faire en sorte que ça va soulager le budget énergie de nos entreprises
04:39et de nos indépendants de manière générale.
04:41Est-ce que vous avez des retours, justement, sur toutes ces entreprises,
04:46ces très petites entreprises, les artisans que vous représentez ?
04:50Est-ce qu'il y en a qui, aujourd'hui, sont en très grande difficulté
04:55et risquent de mettre la clé sous la porte, en raison de ces prix des carburants ?
04:59Alors, oui, très clairement, ça commence à arriver,
05:03pour notamment les secteurs que j'ai cités précédemment.
05:06Mais les secteurs aussi, je pense aux boulangers, notamment,
05:09ou à certaines entreprises de la restauration.
05:12Alors, ce n'est pas l'élément qui va faire qu'elles vont fermer,
05:14mais c'est l'accumulation de ces éléments, dont celui-ci,
05:17qui font qu'aujourd'hui, effectivement,
05:18elles peuvent se trouver dans une situation où elles vont arrêter leur activité
05:22ou bien, peut-être, effectivement,
05:24qu'elles vont tomber dans le cadre d'une procédure de liquidation judiciaire.
05:28C'est tout à fait possible et envisageable.
05:30Merci beaucoup, Marc Sanchez,
05:32secrétaire général du syndicat des indépendants et des TPE,
05:35si je veux résumer.
05:37C'est toujours ça de pris, mais on est loin du compte.
05:40Alors, autre réaction qui va peut-être être plus positive,
05:43si j'en crois en tout cas ce qui a été annoncé,
05:45parce que l'enveloppe de 20 millions d'euros pour les agriculteurs
05:49est de 4 centimes par litre,
05:51elle va être largement augmentée,
05:53puisque l'aide va passer à 15 centimes par litre.
05:56Ça veut dire 4 fois plus.
06:00C'est ça, Yannick Fialy, bonsoir.
06:03Oui, bonsoir.
06:05Président de la commission économie à la FNSEA, je précise.
06:09Oui, 4 fois plus par litre.
06:13Alors, effectivement, si vous faites un calcul,
06:15c'est 4 fois plus que ce qui était prévu,
06:17les 4 centimes qui a de remboursement au mois d'avril,
06:19donc ça fera 15 centimes au mois de mai.
06:21C'est un début, mais nous, on a des coûts supplémentaires du gazole
06:25qui est à peu près de 60-65 centimes de plus par litre.
06:28Donc, vous voyez que ça prend en partie.
06:30Donc, il faudra trouver d'autres solutions.
06:31Il y aura certainement une réouverture des négaux commerciales
06:34pour la vente de nos produits,
06:35parce qu'il faudra que cette partie inflation qu'on a en amont de l'agriculture,
06:39à la fois sur l'exploitation, mais aussi sur l'agroalimentaire,
06:42soit répercutée sur le prix des consommateurs.
06:43D'autant plus que les annonces du Premier ministre ne concernent que le gazole.
06:46Et on a quand même tout un flou sur les intrants et ce qu'on appelle les engrais,
06:50et là, avec des hausses très fortes,
06:52et notamment une impasse au niveau de la Commission européenne
06:54qui n'a pas pris en considération, je dirais,
06:57cette hausse des prix des engrais suite au conflit du Moyen-Orient.
07:01Et en plus, rajoute une taxe supplémentaire,
07:05une taxe sur les carbones à l'entrée des frontières,
07:07qui vient pénaliser encore plus les agriculteurs français et européens.
07:10Oui, alors vous rappelez que les agriculteurs sont doublement pénalisés,
07:13à la fois, effectivement, par les carburants,
07:14et par l'augmentation très forte du prix des engrais,
07:19qui passe également par le détroit d'Ormouz, en partie.
07:24Sur les engrais, vous demandez une aide de l'État particulière ?
07:29On souhaitait surtout que l'État mette toute son énergie et sa force
07:33pour ne pas avoir cette taxe supplémentaire au niveau européen.
07:36Le MACF qui faisait à peu près une taxe de 50 à 80 euros la tonne d'engrais,
07:41ce qui est inadmissible,
07:42dans un moment où tous les continents aident leurs agriculteurs
07:44à avoir accès aux engrais,
07:46parce que derrière, c'est la souveraineté alimentaire qui est posée.
07:49Et le continent européen serait le seul à mettre une taxe supplémentaire.
07:52Donc, vous voyez le fossé qui va se creuser
07:54entre les agriculteurs européens et les agriculteurs du reste de la planète.
07:57Et en même temps, cette Commission européenne
07:59veut signer des accords de libre-échange avec le Mercosur,
08:01avec l'Australie,
08:02donc faire entrer des produits alimentaires.
08:03Donc, c'est là qu'il y a une incohérence.
08:05Je pense qu'à travers ce conflit au Moyen-Orient,
08:08plus le conflit qu'il y a eu en Ukraine,
08:09la Commission européenne doit réorienter sa volonté
08:12d'avoir une agriculture plus forte, plus souveraine,
08:15parce que c'est la garantie que l'ensemble des consommateurs français et européens
08:18ait de l'alimentation dans leur assiette
08:20produit par des agriculteurs français et européens.
08:22En tout cas, il y a quand même des agriculteurs
08:24qui vont pousser un petit ouvre de soulagement ce soir
08:27ou on est encore très loin du compte, Yannick Philippe ?
08:31Alors, je pense que 15 centimes, c'est déjà un plus.
08:34On sera très regardant sur l'ensemble des marges
08:36qui sont faites par aussi les distributeurs.
08:38Il ne faut pas que ces 15 centimes soient captés
08:40par un certain nombre de distributeurs de gazole.
08:43Donc, c'est déjà un plus qui donnera un plus pour nos trésoreries
08:47dans un moment où je pense que tout le monde se pose la question
08:50à quand ce conflit va se terminer, parce que nos économies qui sont fragiles
08:54ne peuvent pas supporter cette hausse de l'énergie assez forte.
08:57Et puis, on voit bien un budget de l'État qui est assez serré aujourd'hui
09:01et qui est en incapacité de pouvoir passer cette crise.
09:04Et ça pose des vraies questions.
09:05Et c'est pour ça qu'on en revient à la souveraineté alimentaire dans nos pays.
09:08Effectivement. Merci beaucoup, Yannick Fialip.
09:10Et ça pose un certain nombre de questions.
09:14Cette faible marge budgétaire du gouvernement.
09:17Et ça sera d'ailleurs le thème du débat lié à la guerre.
09:20Un milliard en moyenne tous les dix jours, c'est ce qu'elle coûte cette guerre.
09:23Va-t-elle vider les caisses ?
09:25Qui va payer pour l'éviter ?
09:27Ce sera le débat dont on refait le monde tout à l'heure à partir de 19h15.
09:31Mais d'ici là, on va retrouver dans un instant
09:33nos petits chroniqueurs d'RTL avec les faux ours de Florian,
09:38le pilote réformeur d'Emma et le piano à 4 mains de Sophie.
09:41A tout de suite.
09:45Le matin.
09:47Le midi.
09:49Le soir.
09:51C'est...
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