00:00Vous venez donc de suivre en direct sur RTL l'intervention exceptionnelle du Premier Ministre.
00:08Tout d'abord, on revient sur l'effet, ce qu'il a annoncé, Pauline Thievneau.
00:13Oui, alors il a annoncé des mesures complémentaires à sa copie initiale.
00:18Pour le budget de 2026. Il y aura un budget, il l'a rappelé, il y aura un budget pour la France.
00:24Oui, absolument, il l'a martelé.
00:26Et donc, pour trouver un compromis en clair, arracher un accord de non-censure, il a annoncé une batterie de mesures.
00:32Je vous en cite quelques-unes.
00:33La prime d'activité, il veut la réformer pour 3 millions de ménages, ce serait 50 euros de plus par mois.
00:40Il a annoncé également la création d'une allocation sociale unifiée, la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu
00:46pour éviter toute augmentation des impôts à cause de l'inflation.
00:49On peut citer aussi la promesse de ne pas donner de coups de rabot sur les APL ou sur les allocations pour les personnes en situation de handicap.
00:57Voilà, ça c'est pour les dépenses.
01:00Il promet aussi plus 400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux au rayon du logement.
01:05Pour les économies, il compte réduire la dépense dans les ministères.
01:09Elle sera inférieure à celle de l'année dernière.
01:12Il promet aussi une réforme de l'État.
01:14Bref, tout ça ressemble à une grande opération de séduction des socialistes.
01:18Voilà, avec seuls quelques ministères qui verront leur budget augmenter, évidemment l'armée,
01:23mais également l'éducation nationale, la recherche et la transition écologique.
01:27Benjamin Morel, vous avez assisté, comme nous en écoutant RTL, à cette intervention du Premier ministre,
01:33qui ressemblait quand même un peu à un discours de politique générale.
01:35Oui, alors un mini discours de politique générale en 15 minutes,
01:38mais en effet on a un Premier ministre qui est venu devant les Français
01:41et qui a donné les grandes lignes de son action, de son budget,
01:45et qui a essayé d'en justifier le fondement.
01:47Il y a deux éléments qui sont assez intéressants.
01:49D'abord, il épeint tout le monde sauf le RN et la FI,
01:51considérant que c'est eux qui bloquent le budget.
01:53Ce n'est pas vraiment eux qui bloquent le budget, on savait d'entrée qu'ils ne le voteraient pas.
01:56Donc si jamais le budget ne passe pas, ce n'est pas parce que la FI et le RN ne le votent pas,
01:59c'est parce qu'entre ces deux groupes qui sont d'opposition en effet radical,
02:03on n'arrive pas à se mettre d'accord.
02:05Donc il y a une volonté de ménager tout le monde
02:07et de faire porter sur ceux qui, par définition,
02:11ne rentreront pas dans une combinaison d'alliances,
02:13l'ensemble de la culpabilité du blocage.
02:15L'autre élément, c'est que, et on l'évoquait un peu avant l'intervention,
02:19on n'a aucun discours de la méthode.
02:21On n'a pas de méthode.
02:21Ce qui montre que pour l'instant, la méthode est bloquante.
02:24Parce qu'il dit qu'il y aura un budget.
02:25Mais il y aura un budget comment ? De quelle manière ?
02:28Et quand ?
02:28C'est-à-dire qu'il dit également qu'il ne renonce pas au compromis à la discussion.
02:32Donc il dit également que, malgré les blocages,
02:35il continue à y avoir des discussions.
02:37Le fait est qu'à cette heure-ci,
02:38ce que veut probablement dire cette intervention,
02:40c'est que les discussions n'ont pas encore abouti quant au commun,
02:44quant au savoir si on aura des ordonnances,
02:47si on aura un 49 à une à trois,
02:49ou si on aura une très improbable reprise des discussions sur le budget.
02:53Parce qu'aujourd'hui, ces débats parlementaires,
02:55ils sont arrêtés, ils sont suspendus.
02:57Tout est gelé jusqu'à mardi.
02:58Mardi, on aura probablement le fin mot de l'histoire.
03:02Parce qu'à partir de mardi,
03:03on va très vite arriver au vote de la première partie.
03:05Et donc à partir de là,
03:06si le gouvernement ne dégaine pas le 49 à une à trois
03:09et qu'il y a rejet du texte,
03:10là, on rentre encore un peu plus dans la crise.
03:14Donc pour cette raison-là,
03:15cette méthode, elle va devoir être trouvée.
03:17Force est de constater que ce soir,
03:19elle n'est pas encore évidente.
03:20Il a annoncé un certain nombre de mesures,
03:23comme l'augmentation de la prime d'activité,
03:27qui représenterait environ 50 euros par mois
03:29pour 3 millions de foyers.
03:31le barème sur de l'impôt qui est dégelé, en fait.
03:38Est-ce que ce sont des mesures qui sont, d'après vous,
03:42qui sont suffisantes pour que les socialistes,
03:45on va avoir Jérôme Gage dans un instant,
03:47mais les socialistes ne le censurent pas ?
03:50Parce que de toute façon, il y aura à un moment un vote.
03:53Il y aura de toute façon, quoi qu'il arrive, une motion de censure.
03:56S'il y a un 49 à une à trois,
03:57la motion de censure sera déposée consécutivement au 49 à une à trois.
04:00Si ça passe par voie d'ordonnance,
04:02vous aurez une motion de censure qui sera déposée dans l'heure
04:05pour tenter d'être votée avant le Conseil des ministres
04:08qui appliquera les ordonnances.
04:09Donc, quoi qu'il arrive, il y aura une motion de censure.
04:12Et cette motion de censure,
04:13elle ne dépendra pas seulement du groupe socialiste,
04:16elle dépendra du fait qu'il y ait moins de 23 socialistes
04:19qui votent la motion de censure.
04:21Parce qu'il faut bien comprendre qu'il suffit d'un tiers
04:24du groupe socialiste derrière la censure
04:26pour que le gouvernement tombe.
04:28Donc, il ne faut pas seulement convaincre Olivier Faure.
04:29Il faut convaincre une immense majorité du groupe.
04:32Et ça, évidemment, c'est complexe.
04:34Ce qui était annoncé ici, c'est un peu de sucré.
04:36Mais le gros sucré pour les socialistes,
04:37il était déjà dans le PLFSS.
04:38C'était la suspension de la réforme des retraites.
04:40Là, on est sur des éléments
04:41qui ne sont peut-être pas des éléments tout à fait suffisants,
04:44clairement, pour voter le texte.
04:45De là à ne pas censurer,
04:47on verra dans quelques jours.
04:48On va peut-être en avoir une idée tout de suite
04:50avec Jérôme Gage,
04:51donc député socialiste de l'Essonne.
04:53Bonsoir Jérôme Gage.
04:55Bonsoir.
04:55Merci de réagir à chaud.
04:58De ce que vous avez entendu,
05:00est-ce qu'il y a le compte à vos yeux
05:01pour ne pas censurer M. Lecornu ?
05:05Il y a le compte pour regarder
05:07ce qu'il va mettre en œuvre concrètement.
05:10Mais moi, j'ai l'honnêteté.
05:12J'essaye de toujours être fidèle
05:14des principes qu'on défend.
05:15d'entendre que ce qu'il a dit là
05:17répond à des demandes
05:19que nous avions formulées
05:20depuis le début du processus budgétaire.
05:23Benjamin Morel vient de le rappeler.
05:24Nous, notre préoccupation,
05:26c'est la justice sociale
05:27et pour la financer de la justice fiscale.
05:30Quand on a un Premier ministre
05:31qui reconnaît que son budget initial
05:33qui envisageait de baisser la prime d'activité
05:36était une erreur
05:37et que non seulement il ne va pas baisser
05:39cette prime d'activité,
05:40mais il reconnaît même que pour donner
05:41plus de pouvoir d'achat,
05:43il faut augmenter cette prime d'activité
05:44et ce n'est pas rien,
05:4650 à 60 euros
05:47pour des gens qui sont en dessous du SMIC
05:49ou au niveau du SMIC chaque mois.
05:50Donc, je ne vais pas vous dire
05:52« Ah là là, ce n'est pas suffisant. »
05:53Non, ça correspond à ce que nous demandions.
05:55Donc, je préfère un Premier ministre
05:57qui met sur la table
05:58en bout de processus
06:01des éléments qui sont de nature
06:02à avoir un budget acceptable.
06:05Je reste dans l'opposition.
06:07Je ne suis pas dans la majorité.
06:08Mais je préfère un Premier ministre
06:09qui dit
06:10« Il faut augmenter la prime d'activité. »
06:12Je préfère un Premier ministre
06:13qui dit
06:14« Il faut le repas à 1 euro
06:15dans les restaurants universitaires. »
06:17Vous savez,
06:18c'était une proposition de loi socialiste
06:20présentée par ma collègue
06:21Fatiak Eloua Hachi
06:22qui a été adoptée
06:23à l'Assemblée nationale
06:24mais pas encore au Sénat.
06:25Et quand j'ai le gouvernement
06:26qui reprend une proposition
06:27qui a été votée
06:28à l'Assemblée nationale
06:29et qui est défendue
06:29par les socialistes
06:30qui est du pouvoir d'achat concret
06:31pour éviter la précarité étudiante,
06:33je me dis
06:34« C'est intéressant
06:34quand il n'y a pas d'augmentation
06:36de l'impôt sur le revenu
06:37parce qu'il n'y aura pas
06:38de gel du barème. »
06:39Je me dis
06:40« On va préserver les classes moyennes. »
06:41Et qu'en face,
06:42il dit
06:42« Il faudra
06:43de la justice fiscale. »
06:46Je reprends ces expressions.
06:47Il dit
06:47qu'il faudra
06:47que chacun prenne sa juste part.
06:49Bon,
06:49écoutez,
06:50j'entends des éléments
06:51qui sont de nature
06:53sinon à construire le compromis.
06:55Et il n'est
06:55plus tout à fait là
06:56parce que la réalité,
06:57c'est que
06:57j'aurais préféré
06:58qu'on fasse comme sur le budget
06:59de la Sécu.
07:00Moi,
07:00j'étais un des négociateurs
07:01du budget de la Sécu.
07:02On a réussi
07:02à le voter au bout.
07:03On n'en est plus là.
07:05On n'en est plus là.
07:06À vous entendre,
07:07il a repris un peu d'oxygène
07:09le Premier ministre.
07:11Il doit sourire
07:12en vous entendant là.
07:14Non mais attendez,
07:14moi je m'en fiche
07:15de l'oxygène
07:16de Sébastien Lecornu.
07:18Moi,
07:18je cherche juste
07:18qu'il n'y ait pas un budget
07:20juste pour avoir un budget.
07:21C'est pour ça
07:21que l'hypothèse des ordonnances
07:22c'était vraiment n'importe quoi.
07:23Et je ne sais pas,
07:24j'espère que tout ça
07:25est morné.
07:25Donc,
07:26vous vous plaidez
07:2749-3
07:27et pas les ordonnances.
07:29Moi,
07:29je ne plaide rien du tout.
07:32Il prendra ses responsabilités.
07:34Il n'a pas été
07:35possible de construire
07:36un compromis
07:37dans l'hémicycle.
07:38Il a désigné
07:38les responsables.
07:39Ceux qui bloquent
07:40à tout moment.
07:41Ceux de son propre camp
07:42en sauvé LR
07:43qui n'ont pas été
07:44très facilitateurs.
07:45Et d'autres
07:45qui n'ont pas osé
07:46prendre leurs responsabilités.
07:48Nous,
07:48on a joué le jeu
07:49depuis le début
07:49du compromis
07:50parce qu'on cherche
07:52à protéger les Français
07:53et que si on avait
07:54le statu quo,
07:55par exemple,
07:55via des ordonnances,
07:56ce serait un budget
07:56qui serait très problématique
07:58pour les Français.
07:59Donc nous,
07:59on ne demande rien.
08:00On prendra ses responsabilités.
08:01Nous,
08:01on juge sur le fond
08:02si les mesures
08:03qui l'a égrené ce soir
08:04se retrouvent
08:05dans le budget final
08:07qui sera adopté
08:08d'une manière
08:08ou d'une autre.
08:09Écoutez,
08:10ce n'est pas idéal
08:12mais ça va
08:13dans la bonne direction.
08:13Eh bien,
08:14c'est dit,
08:14Jérôme Gage.
08:15Et on retiendra
08:16ses propos,
08:17ses paroles.
08:17Ça va dans la bonne direction.
08:19Jérôme Gage
08:20du Parti Socialiste,
08:21de l'Essonne,
08:22ça nous donne quand même
08:22quelques indications
08:23quand même
08:24sur ce qui pourrait
08:25être l'attitude du PS
08:26dans les prochains jours.
08:27Merci beaucoup.
08:28Une courte pause
08:29dans un instant
08:29le journal de 19h.
08:31Et merci à Benjamin Morel.
08:33Vincent Parizeau
08:34RTL Soir
08:37RTL Soir
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