Des heures décisives : Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure. Regardez la position de Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne. Regardez L'invité de RTL Soir avec Vincent Parizot du 16 janvier 2026.
00:00Vous venez donc de suivre en direct sur RTL l'intervention exceptionnelle du Premier Ministre.
00:08Tout d'abord, on revient sur l'effet, ce qu'il a annoncé, Pauline Thievneau.
00:13Oui, alors il a annoncé des mesures complémentaires à sa copie initiale.
00:18Pour le budget de 2026. Il y aura un budget, il l'a rappelé, il y aura un budget pour la France.
00:24Oui, absolument, il l'a martelé.
00:26Et donc, pour trouver un compromis en clair, arracher un accord de non-censure, il a annoncé une batterie de mesures.
00:32Je vous en cite quelques-unes.
00:33La prime d'activité, il veut la réformer pour 3 millions de ménages, ce serait 50 euros de plus par mois.
00:40Il a annoncé également la création d'une allocation sociale unifiée, la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu
00:46pour éviter toute augmentation des impôts à cause de l'inflation.
00:49On peut citer aussi la promesse de ne pas donner de coups de rabot sur les APL ou sur les allocations pour les personnes en situation de handicap.
00:57Voilà, ça c'est pour les dépenses.
01:00Il promet aussi plus 400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux au rayon du logement.
01:05Pour les économies, il compte réduire la dépense dans les ministères.
01:09Elle sera inférieure à celle de l'année dernière.
01:12Il promet aussi une réforme de l'État.
01:14Bref, tout ça ressemble à une grande opération de séduction des socialistes.
01:18Voilà, avec seuls quelques ministères qui verront leur budget augmenter, évidemment l'armée,
01:23mais également l'éducation nationale, la recherche et la transition écologique.
01:27Benjamin Morel, vous avez assisté, comme nous en écoutant RTL, à cette intervention du Premier ministre,
01:33qui ressemblait quand même un peu à un discours de politique générale.
01:35Oui, alors un mini discours de politique générale en 15 minutes,
01:38mais en effet on a un Premier ministre qui est venu devant les Français
01:41et qui a donné les grandes lignes de son action, de son budget,
01:45et qui a essayé d'en justifier le fondement.
01:47Il y a deux éléments qui sont assez intéressants.
01:49D'abord, il épeint tout le monde sauf le RN et la FI,
01:51considérant que c'est eux qui bloquent le budget.
01:53Ce n'est pas vraiment eux qui bloquent le budget, on savait d'entrée qu'ils ne le voteraient pas.
01:56Donc si jamais le budget ne passe pas, ce n'est pas parce que la FI et le RN ne le votent pas,
01:59c'est parce qu'entre ces deux groupes qui sont d'opposition en effet radical,
02:03on n'arrive pas à se mettre d'accord.
02:05Donc il y a une volonté de ménager tout le monde
02:07et de faire porter sur ceux qui, par définition,
02:11ne rentreront pas dans une combinaison d'alliances,
02:13l'ensemble de la culpabilité du blocage.
02:15L'autre élément, c'est que, et on l'évoquait un peu avant l'intervention,
02:19on n'a aucun discours de la méthode.
02:21On n'a pas de méthode.
02:21Ce qui montre que pour l'instant, la méthode est bloquante.
02:24Parce qu'il dit qu'il y aura un budget.
02:25Mais il y aura un budget comment ? De quelle manière ?
02:28Et quand ?
02:28C'est-à-dire qu'il dit également qu'il ne renonce pas au compromis à la discussion.
02:32Donc il dit également que, malgré les blocages,
02:35il continue à y avoir des discussions.
02:37Le fait est qu'à cette heure-ci,
02:38ce que veut probablement dire cette intervention,
02:40c'est que les discussions n'ont pas encore abouti quant au commun,
02:44quant au savoir si on aura des ordonnances,
02:47si on aura un 49 à une à trois,
02:49ou si on aura une très improbable reprise des discussions sur le budget.
02:53Parce qu'aujourd'hui, ces débats parlementaires,
02:55ils sont arrêtés, ils sont suspendus.
02:57Tout est gelé jusqu'à mardi.
02:58Mardi, on aura probablement le fin mot de l'histoire.
03:02Parce qu'à partir de mardi,
03:03on va très vite arriver au vote de la première partie.
03:05Et donc à partir de là,
03:06si le gouvernement ne dégaine pas le 49 à une à trois
03:09et qu'il y a rejet du texte,
03:10là, on rentre encore un peu plus dans la crise.
03:14Donc pour cette raison-là,
03:15cette méthode, elle va devoir être trouvée.
03:17Force est de constater que ce soir,
03:19elle n'est pas encore évidente.
03:20Il a annoncé un certain nombre de mesures,
03:23comme l'augmentation de la prime d'activité,
03:27qui représenterait environ 50 euros par mois
03:29pour 3 millions de foyers.
03:31le barème sur de l'impôt qui est dégelé, en fait.
03:38Est-ce que ce sont des mesures qui sont, d'après vous,
03:42qui sont suffisantes pour que les socialistes,
03:45on va avoir Jérôme Gage dans un instant,
03:47mais les socialistes ne le censurent pas ?
03:50Parce que de toute façon, il y aura à un moment un vote.
03:53Il y aura de toute façon, quoi qu'il arrive, une motion de censure.
03:56S'il y a un 49 à une à trois,
03:57la motion de censure sera déposée consécutivement au 49 à une à trois.
04:00Si ça passe par voie d'ordonnance,
04:02vous aurez une motion de censure qui sera déposée dans l'heure
04:05pour tenter d'être votée avant le Conseil des ministres
04:08qui appliquera les ordonnances.
04:09Donc, quoi qu'il arrive, il y aura une motion de censure.
04:12Et cette motion de censure,
04:13elle ne dépendra pas seulement du groupe socialiste,
04:16elle dépendra du fait qu'il y ait moins de 23 socialistes
04:19qui votent la motion de censure.
04:21Parce qu'il faut bien comprendre qu'il suffit d'un tiers
04:24du groupe socialiste derrière la censure
04:26pour que le gouvernement tombe.
04:28Donc, il ne faut pas seulement convaincre Olivier Faure.
04:29Il faut convaincre une immense majorité du groupe.
04:32Et ça, évidemment, c'est complexe.
04:34Ce qui était annoncé ici, c'est un peu de sucré.
04:36Mais le gros sucré pour les socialistes,
04:37il était déjà dans le PLFSS.
04:38C'était la suspension de la réforme des retraites.
04:40Là, on est sur des éléments
04:41qui ne sont peut-être pas des éléments tout à fait suffisants,
04:44clairement, pour voter le texte.
04:45De là à ne pas censurer,
04:47on verra dans quelques jours.
04:48On va peut-être en avoir une idée tout de suite
04:50avec Jérôme Gage,
04:51donc député socialiste de l'Essonne.
04:53Bonsoir Jérôme Gage.
04:55Bonsoir.
04:55Merci de réagir à chaud.
04:58De ce que vous avez entendu,
05:00est-ce qu'il y a le compte à vos yeux
05:01pour ne pas censurer M. Lecornu ?
05:05Il y a le compte pour regarder
05:07ce qu'il va mettre en œuvre concrètement.
05:10Mais moi, j'ai l'honnêteté.
05:12J'essaye de toujours être fidèle
05:14des principes qu'on défend.
05:15d'entendre que ce qu'il a dit là
05:17répond à des demandes
05:19que nous avions formulées
05:20depuis le début du processus budgétaire.
05:23Benjamin Morel vient de le rappeler.
05:24Nous, notre préoccupation,
05:26c'est la justice sociale
05:27et pour la financer de la justice fiscale.
05:30Quand on a un Premier ministre
05:31qui reconnaît que son budget initial
05:33qui envisageait de baisser la prime d'activité
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