Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 minutes
Alerte sur les finances publiques : les aides contre le carburant cher seront-elles victimes de la lutte contre les déficits ? Quelles mesures d'économies prévoit Bercy ? Le ministre de l'Economie Roland Lescure pilote ce mardi un comité d'alerte sur ce dossier, il est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 21 avril 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Avec des comptes dans le rouge, l'Etat est-il condamné à l'impuissance face à la crise des carbures
00:07en pire ?
00:07Au lieu d'aider les Français, les entreprises, va-t-il leur demander davantage d'efforts en pleine guerre au
00:12Moyen-Orient ?
00:13Un comité d'alerte des finances publiques se tient dans un peu plus d'une heure.
00:17Bonjour Roland Lescure, ministre de l'économie et des finances, merci d'être avec nous ce matin sur RTL.
00:22Il va falloir en trouver combien ? Combien de milliards d'euros allez-vous devoir économiser en urgence ?
00:27Écoutez-moi, je rentre de Washington où j'ai rencontré l'ensemble de mes homologues mondiaux.
00:32On a beaucoup échangé notamment avec les ministres du Golfe.
00:34Cette crise, elle est encore extrêmement incertaine dans son déroulement, dans son impact économique et donc dans son impact sur
00:41les finances publiques.
00:42Donc l'idée de ce comité d'alerte, on ne change pas une méthode qui a réussi l'année dernière,
00:46qui nous a permis d'atterrir sur un déficit public inférieur à celui qu'on attendait, c'est de piloter
00:50au plus près.
00:51Donc on examine l'impact potentiel de la crise.
00:54A ce stade, il est encore très large.
00:56On parle de 4 à 6 milliards d'euros d'impact potentiel.
00:59Et on regarde ce qu'on peut faire en face en termes de ce que j'appellerais mesure de précaution.
01:04Je ne vais pas vous en donner une dette d'arrivée ce matin parce que j'en garde la primeur.
01:07Nous en gardons la primeur pour les parlementaires.
01:09On rencontre des parlementaires à 9h, c'est la moindre des choses.
01:11Mais voilà l'ordre de grandeur que je vous donne.
01:13Donc 4 à 6 milliards, vous confirmez ces chiffres-là ?
01:16Ça, c'est l'ordre de grandeur à ce stade du coût de la crise.
01:19Donc tel qu'on peut l'estimer, ça a un impact notamment sur le coût de la dette qui est
01:25en hausse parce que les taux d'intérêt ont monté.
01:27Là, on est autour de 3 milliards 6.
01:293 milliards 6 à peu près.
01:30Et d'autres coûts dont d'ailleurs les mesures de soutien.
01:33Je suis en mesure de vous annoncer, le Premier ministre s'y était engagé, à ce qu'on travaille sur
01:38des mesures de soutien pour le mois de mai.
01:40Il nous réunit...
01:41Le prolongement des mesures qui sont déjà en cours, on va y revenir peut-être.
01:44Voilà, on avait des mesures de soutien au mois d'avril et on va poursuivre ça au mois de mai.
01:49Juste, vous nous avez dit on ne va pas changer une méthode qui marche.
01:51Il y a déjà eu des comités d'alerte comme ça sur les finances publiques.
01:54A chaque fois, ça s'était accompagné de mesures d'économie de l'ordre de 5 milliards.
01:58Ça veut dire qu'il faut s'attendre à ce que ces mesures soient aussi annoncées aujourd'hui ?
02:02C'est ça que vous allez dire aux parlementaires ?
02:03À ce stade, on est dans une logique de précaution.
02:06Les mots comptent, c'est-à-dire qu'on ne va rien annuler.
02:08Mais on peut être amené à prendre des mesures de précaution.
02:11Dans le langage technique, ça s'appelle du gel.
02:13C'est-à-dire qu'on gèle des dépenses, qu'on peut ensuite dégeler si ça va mieux.
02:17Donc on va mettre en place des mesures de précaution.
02:19Et c'est ce qu'on va annoncer effectivement aujourd'hui aux parlementaires.
02:21Vous dites un ordre de grandeur de 4 à 6 milliards.
02:23On a bien compris qu'on n'aurait pas le chiffre précis.
02:25On est au 53ème jour de guerre aujourd'hui au Moyen-Orient.
02:29L'issue ne semble pas se dessiner dans l'immédiat.
02:33Ça veut dire que si ça dure, ce chiffre risque de grimper aussi ?
02:37Écoutez, aujourd'hui, on l'annonce, on l'avait déjà rendu public la semaine dernière,
02:42on revoit la baisse de nos prix de croissance de 1% à 0,9%.
02:45Donc une révision relativement modeste.
02:47Elle est en phase avec tout ce que j'ai entendu à Washington la semaine dernière,
02:50c'est-à-dire une économie mondiale plutôt résiliente en entrée de crise,
02:54mais qui prend un ralentissement.
02:55Les risques autour de ça, ils sont dans les deux sens.
02:58Mais il faut reconnaître que si le conflit dure, s'il s'intensifie,
03:02on est plutôt dans une accalmie depuis quelques jours.
03:04Vous savez que les prix à la pompe, ils ont baissé de 20 centimes par rapport au plus haut pour
03:08le gasoil.
03:08On avait monté de 70.
03:10Donc ça donne à peu près une idée d'ailleurs de là où on en est vis-à-vis de
03:13la crise.
03:13Ça fait toujours plus 50.
03:16Et donc c'est moins élevé qu'il y a 15 jours.
03:20Très bien.
03:21Mais il faut que ça se poursuive.
03:22Et pour ça, il faut que la crise se calme.
03:24Et donc vous dites un gel des dépenses pour l'instant.
03:26Ça veut dire aussi peut-être supprimer des lignes de crédit.
03:30Il y a déjà des propositions qui fleurissent de part et d'autre.
03:33À gauche, l'insoumis Ricoquerel vous conseille plutôt d'augmenter les impôts
03:37avec peut-être une taxe exceptionnelle sur ceux qui ont tiré profit de cette crise pétrolière.
03:43À droite, Philippe Juvin est l'air rapporteur général du budget.
03:46L'insouis des pistes d'économie, par exemple, en disant
03:50on a une démographie qui baisse, moins d'élèves à venir.
03:53Est-ce qu'il ne faut pas, par exemple, supprimer un certain nombre de postes d'enseignants ?
03:56Et c'est exactement l'objet de ce comité d'alerte.
03:59Éric Coquerel et Philippe Juvin seront là.
04:01On est là pour les écouter.
04:03On est là pour débattre.
04:04Et ensuite, on fera des annonces.
04:06Il y a déjà des pistes que vous écartez, non ?
04:08Pas d'augmentation d'impôts.
04:09C'est toujours vrai aujourd'hui ?
04:10C'est toujours la ligne du gouvernement ?
04:11Parce que, au point de vue impôts, on est quand même champion du monde.
04:13Donc, il n'y en aura pas d'autres.
04:14Donc, on pourrait imaginer les augmenter davantage.
04:16Il y a un sujet autour d'un éventuel prélément exceptionnel.
04:19On n'en est pas là sur des entreprises ou des secteurs
04:22qui auraient profité particulièrement de cette crise.
04:25Cette porte-là n'est pas fermée ?
04:26On ne la ferme pas.
04:27On a demandé à la Commission européenne de travailler là-dessus.
04:29On verra s'il y a des bonnes idées qui courent.
04:31Il ne faut pas se leurrer.
04:32On n'est pas un pays producteur de pétrole.
04:35Cette crise, c'est essentiellement un transfert de ceux qui importent du pétrole
04:41au profit de ceux qui en exportent.
04:43On n'en exporte pas.
04:44Donc, on ne va pas avoir une ardoise magique qui va nous permettre d'effacer les effets de la crise
04:50comme ça.
04:51Mais, on ne s'interdit rien, évidemment, dans le cadre du débat budgétaire.
04:55Ce sera à l'automne.
04:56Mais, en attendant, imaginez qu'on va régler le problème de la crise iranienne
04:59par un prélèvement supplémentaire.
05:01Je pense que c'est se mettre le doigt dans l'œil.
05:03Ce n'est pas la première fois que les insoumis nous demandent d'augmenter les impôts.
05:06Ce n'est pas la première fois que vous refusez non plus.
05:08Exactement.
05:08Bon, on est dans Pavlov.
05:10Ils nous demandent d'augmenter les impôts.
05:11Nous, on dit non.
05:12J'imagine que ce débat va se poursuivre une fois de plus.
05:15Vous nous l'avez dit un petit peu tout à l'heure.
05:16Le gouvernement entend prolonger les mesures de soutien qui ont déjà été annoncées
05:21et qui sont entrées en vigueur, d'ailleurs, cette semaine, pour le secteur routier.
05:26D'euros, si on compte secteur routier, agriculteur, pêcheur, tout ça sera prolongé en mai ?
05:30Alors, on a une réunion avec le Premier ministre.
05:32Il nous a demandé de lui faire des propositions pour le mois de mai.
05:34A la fois sur le prolongement éventuel de ces mesures et peut-être sur d'autres idées.
05:38Ça veut dire que d'autres secteurs pourraient être aidés à leur tour ?
05:41On peut, on peut.
05:42Le Premier ministre a dit, notamment, il s'intéressait, j'allais dire, de près au sort des gros rouleurs
05:45qui sont en première ligne face à cette crise.
05:47Qu'est-ce que vous appelez les gros rouleurs ?
05:48Que les gens qui nous entendent comprennent ce matin s'ils sont concernés ou pas ?
05:51Des gens qui utilisent leur véhicule dans le cadre professionnel
05:54et qui, du coup, se retrouvent face à des hausses de prix.
05:58Donc, les commerciaux, les infirmières libérales, par exemple ?
06:00Écoutez, on va annoncer ça.
06:03Le Premier ministre va les annoncer en fin de journée.
06:05Réunion à 16h30 pour lui présenter nos idées.
06:07Il va arbitrer, comme on dit, et les annoncer dans la foulée.
06:10Donc, on attend des annonces ce soir de Sébastien Lecornu.
06:13Et on suivra ça, évidemment, sur RTL pour en connaître le détail.
06:18Votre collègue, David Amiel, ministre du Budget, l'a dit,
06:21il faudra de toute manière tout compenser à l'euro près.
06:25Le surplus généré par cette TVA liée à la hausse du prix du carburant
06:30va suffire à absorber tout ça ?
06:32Non.
06:33Là encore, il n'y a pas de recette magique.
06:35On a eu l'occasion de le dire sur le mois de mars.
06:36Et là aussi, tout à l'heure, devant les parlementaires,
06:38on va actualiser les chiffres sur les deux premières semaines du mois d'avril.
06:41Ce qu'on gagne un petit peu d'un côté, du côté de la TVA,
06:44on le perd ailleurs.
06:46Donc, on est vraiment dans une logique où l'État,
06:48on a dit à peu près 4 milliards d'euros directs d'impact sur les frais d'endettement,
06:53ne s'enrichit pas sur la crise.
06:54Donc, ceux qui nous font croire qu'on peut baisser la TVA,
06:58gagner de l'argent, aider les Français,
07:00là encore, ils se mettent le doigt dans l'œil et ils mentent aux Français.
07:03Il faut être rigoureux face à cette crise.
07:06J'ai entendu ici ou là, j'ai même entendu un de vos auditeurs tout à l'heure dire
07:09« Faites comme en Espagne ».
07:10C'est ça, c'est Nicolas dans le journal de 7h qui disait « Baisser la TVA ».
07:134 milliards d'euros.
07:144 milliards d'euros, rien que pour baisser la TVA,
07:16sans doute plus si on la baisse jusqu'au niveau de 5% dont parlait votre auditeur.
07:21Ce qu'on comprend, c'est que ce que nos voisins sont capables de faire aujourd'hui,
07:24la France ne peut pas le faire et c'est la conséquence de mauvaise gestion des années précédentes.
07:27Non, vous savez combien était l'inflation en décembre en Espagne ?
07:30Plus de 2%.
07:30Chez nous, elle était de 0,7%.
07:32Mais la croissance était aussi nettement supérieure à la France.
07:34On se retrouve aujourd'hui, face à un pouvoir d'achat espagnol, beaucoup plus éreinté par la crise.
07:41Et donc, ils prennent des mesures beaucoup plus importantes.
07:43Moi, je préfère être dans un pays où l'inflation est modérée,
07:46où on compte l'euro public de manière parcimonieuse pour éviter d'avoir à rembourser demain.
07:51C'est la chance de la France, si je puis dire, d'avoir une inflation plus contenue qu'ailleurs.
07:55En Espagne, on était au-delà de 2,5 en décembre, on était en dessous de 1 en France.
07:59Les Français comme Nicolas, qui vous demande un coup de main pour les aider à faire le plein,
08:05vous entendent depuis quelques semaines répondre électrification.
08:08Oui, et c'est essentiel parce qu'au fond, j'allais dire, il faut profiter de cette crise
08:13pour faire en 2026 ce qu'ont fait nos prédécesseurs dans les années 70.
08:17Profiter pour changer la France en profondeur électrifiée.
08:20Oui, alors vous avez annoncé notamment ce nouveau leasing social,
08:24c'est cette offre de voitures électriques à loyer modéré à partir de juillet.
08:28Maud Bréjon a parlé de 50 000 véhicules, 50 000.
08:32C'est peu juste pour donner un ordre de grandeur,
08:33il y a à peu près 40 millions de voitures particulières dans le pays.
08:37Ça va suffire à amorcer une révolution ?
08:39Non, aujourd'hui, il y a 25% des véhicules vendus en France,
08:42un peu plus même sur le dernier mois, qui sont électriques.
08:45Donc on va bien au-delà.
08:46Mais sur les personnes qui en ont le plus besoin,
08:48et qui ne peuvent pas aujourd'hui se payer un véhicule électrique,
08:50on en place le leasing social.
08:51Il y en a déjà 100 000.
08:53C'est pour les ménages qui gagnent 2 200 euros au maximum en moyenne par mois.
08:56Exactement. Alors on a eu 50 000 nouveaux véhicules électriques en 2024,
09:0150 000 en 25, 50 000 en 26,
09:04plus 50 000, là encore, destinés directement à des rouleurs.
09:08Le vrai sujet aujourd'hui, c'est souvent les bornes électriques.
09:11On nous dit, il n'y a pas assez de bornes.
09:12Ce que je peux vous annoncer aujourd'hui,
09:14c'est grâce à la Caisse de dépôt et consignation,
09:16on va multiplier les bornes électriques dans les copropriétés.
09:19Les maisons individuelles, c'est facile,
09:20vous mangez une borne dans votre garage, il n'y a pas de problème.
09:23Dans les copropriétés, c'est souvent la contrainte.
09:24Combien ?
09:25Aujourd'hui, on a un peu plus de 100 000 bornes
09:28qui représentent à peu près 400 000 places de parking.
09:31On va passer à 1,7 million.
09:32Donc 1,2 million de places de parking électriques dans les copropriétés,
09:36en plus, d'ici 2035, c'est énorme.
09:39Et ça, c'est financé avec la Caisse de dépôt ?
09:42La Caisse de dépôt qui finance, je dirais, les investissements.
09:47Il ne faut pas oublier que derrière, on s'y retrouve.
09:50On y gagne.
09:51Je pense que l'année 2026,
09:52quand on regardera avec du recul,
09:55sera l'année où la France a pris le virage du tout électrique.
09:58Et on en sera fiers,
09:59comme on peut être fiers aujourd'hui,
10:00du virage du tout nucléaire qui a été pris dans les années 70.
10:02On a compté sur RTL pour regarder ça
10:05et jauger de cette année 2026.
10:07Merci Roland Lescure.
10:08On va surveiller les annonces de Sébastien.
Commentaires

Recommandations