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  • il y a 8 mois
Donald Trump a menacé huit pays dont la France de surtaxer leurs exportations à partir du 1er février, en guise de réponse au déploiement de militaires européens au Groenland. Lui dénonce un "chantage" et se dit prêt à l'escalade. Que peut la France face à Trump ? Le ministre de l'Economie Roland Lescure est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 22 janvier 2026.

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Transcription
00:01Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le ministre de l'économie et des finances, Roland Lescure est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL, Roland Lescure.
00:07Je vous remercie à vous de m'inviter.
00:09Le monde va décidément très vite avec Donald Trump, on l'évoquait avec François.
00:12On se couche hier soir, c'est quasiment la guerre au Groenland.
00:14On se réveille ce matin, on apprend qu'il a trouvé un cadre sur un accord sur le Groenland
00:18et qu'il lève ses menaces de droits de douane.
00:20Vous connaissez, vous les tenants et les aboutissants de l'accord dont il parle ou pas ?
00:23Non, pas le détail.
00:24Ce que je sais en revanche, c'est que suite à des réactions extrêmement fermes,
00:29notamment des Européens, notamment de la France,
00:30par la voix du Président de la République à Davos avant-hier,
00:34il y a un début de recul.
00:35Alors on est le 22 janvier.
00:36Vous y croyez ?
00:37On est le 22 janvier, le 1er février c'est dans 9 jours,
00:40comme vous le dites, il peut se passer beaucoup de choses en 9 jours.
00:42On va se coucher et se réveiller 9 fois pour reprendre notre expression.
00:46Mais en tout cas, il y a eu une réaction très forte.
00:49De l'Europe d'abord, de la France, de l'Allemagne et de quelques autres.
00:52Du Canada, François Langlais en parlait,
00:54le Premier ministre du Canadien était très ferme.
00:56Et je pense que cette fermeté a commencé à convaincre le Président américain
01:01qu'il fallait trouver d'autres voies et moyens que la force.
01:04Il a dit qu'on n'utiliserait pas la force.
01:06Et que les tarifs commerciaux, il a dit.
01:08Voyons si ça se confirme.
01:11Vous êtes rassuré, soulagé, sceptique.
01:14Quel est votre état d'esprit ?
01:15Vigilant.
01:16C'est un premier bon signe qui va dans la bonne direction.
01:21C'est au fond ce qu'on cherchait.
01:22Le mot magique des 48 dernières heures, c'était la désescalade.
01:27Là, on désescalade.
01:29On ne se sent pas en confiance totale quand vous l'écoutez.
01:31C'était intéressant la chronique de François Langlais.
01:33C'est toujours intéressant.
01:35Toujours, mais particulièrement.
01:37La caractéristique première du Président des Etats-Unis, c'est l'imprévisibilité.
01:41Donc, ce n'est pas très bon pour les affaires.
01:43Et moi, j'ai échangé avec des grands investisseurs internationaux
01:46qui confirment ce que disait François Langlais.
01:47C'est qu'aujourd'hui, on se diversifie, y compris d'ailleurs en allant en Europe.
01:50Parce qu'en Europe, on n'est peut-être pas assez vite, on n'est peut-être pas assez fort.
01:53Mais au moins, on est prévisible.
01:54Et ça, c'est une bonne chose.
01:56L'imprévisibilité, ce n'est pas bon pour les affaires.
01:58Ce n'est pas très bon non plus pour la géopolitique.
02:00En fait, il y a deux sujets.
02:01Il y a les droits de douane qu'il voulait imposer aux pays qui lui résistent sur le Groenland.
02:04C'est ceux-là qui étaient prévus pour le 1er février et qui semblent être sur pause depuis quelques heures.
02:08Mais il y a aussi ceux qui voulaient nous imposer à nous, la France,
02:11car on ne veut pas rentrer dans son Conseil de la paix.
02:12En l'occurrence, il a évoqué comme ça 200% sur le champagne et le vin français.
02:17Est-ce que cette menace-là, vous la prenez au sérieux ?
02:19Est-ce qu'elle existe toujours ce matin ?
02:21Alors, il faut toujours prendre les menaces au sérieux.
02:23Il faut être extrêmement ferme sur notre capacité à répondre.
02:26Ce serait quoi la réponse ?
02:27Non mais, on n'en met pas là.
02:28Aujourd'hui, vous l'avez dit aujourd'hui, on est dans une menace assez vague.
02:32Il n'y a pas de date, il n'y a pas etc.
02:33C'était à l'occasion, j'allais dire, d'un dégagement sur le Conseil de la paix.
02:37L'élément important de ce Conseil de la paix,
02:39c'est que nous considérons que l'Organisation des Nations Unies,
02:42c'est le Conseil de la paix.
02:43Et qu'une alternative n'est pas la bonne manière.
02:45En gros, il crée son ONU privé, il faut payer un milliard pour rentrer dans le Conseil de la paix,
02:48et la France a dit non, on n'ira pas.
02:49Mais si la France était la seule,
02:52le Royaume-Uni n'a pas l'air très enclin à rejoindre.
02:55Le Canada non plus.
02:57Si l'Europe, une fois de plus, apparaît unie,
03:00là encore, je pense qu'on aura de l'impact.
03:02Mais moi, pardon, ce n'est pas au ministre des Affaires étrangères
03:04que je m'adresse au ministre de l'économie, Roland Lescure.
03:06Alors, si effectivement il y a ses droits de douane, parce qu'il est capable de tout, Donald Trump,
03:09est-ce que le gouvernement viendra en aide au secteur concerné, par exemple en France ?
03:12On l'a fait, en tout cas, quand la Chine a mis des droits de douane sur le cognac,
03:16on les a aidés d'abord à négocier des meilleurs accords, évidemment.
03:19Mais ce qu'il faut surtout, c'est éviter que ça ait lieu.
03:22On l'a vu depuis une semaine.
03:24Ça veut dire quoi ? Il faut se coucher sur le Conseil de la paix ou il faut tenir bon ?
03:27En tout cas, ce que montrent ces derniers jours,
03:29c'est qu'il vaut mieux être ferme et dissuadé
03:32qu'être mou et se coucher, pour reprendre votre expression.
03:35Non, il faut... On est arrivé à un stade,
03:38et je pense que s'il y a une leçon de Davos
03:40dont le slogan, c'était « Le dialogue, ça paye »,
03:43la réalité, c'est que la fermeté, aujourd'hui,
03:45dans un monde où la loi du plus fort a tendance, parfois, à s'imposer,
03:49c'est important.
03:50Ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de dialoguer,
03:52ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de s'engager.
03:55Le Président de la République souhaite réunir un G7.
03:56Moi, je réunis un G7 Finance la semaine prochaine.
04:00Ce sera la semaine prochaine, on est en train de fixer la date,
04:01sans doute en milieu de semaine.
04:03C'est important qu'on continue à se parler,
04:05mais en étant à la fois franc, sincère et ferme.
04:08Bon, autre très gros dossier sur votre bureau de ministre de l'Économie,
04:10le budget qu'a donc pris l'autoroute du 49.3.
04:13Est-ce qu'il faut vraiment se contenter d'un budget
04:15qui mécontente tout le monde ?
04:16Non, je vous trouve sévère.
04:25Non, c'est factuel.
04:27D'abord, l'alternative, ce n'est pas de budget.
04:29Et ça, je peux vous dire, personne n'en veut,
04:31mis à part les Insoumis et les Rassemblements Nationales que vous avez mentionnés.
04:35Il y a aujourd'hui une majorité de parlementaires à l'Assemblée Nationale
04:38qui ont l'air, on verra dans les dix jours qui viennent si ça se matérialise,
04:42d'être prêts à accepter ce budget et à ne pas censurer le gouvernement.
04:45Donc, ça prouve qu'il ne satisfait pleinement peut-être personne,
04:49mais au moins, on est prêt à le faire passer.
04:51En tout cas, il ne plaît pas aux entreprises.
04:53On parlait de l'instabilité et du risque d'instabilité au niveau international.
04:56C'est vrai aussi en France.
04:57Il faut dire que vous avez trouvé votre vache à l'air avec les entreprises encore.
04:59La surtaxe sur les bénéfices des 300 plus grandes entreprises françaises,
05:03elle devait être de 4 milliards dans la copie initiale au mois d'octobre.
05:05Elle est de 8 milliards ? 8 milliards ?
05:07Ce que je peux vous dire, c'est qu'en 2025,
05:09on avait prévu à peu près 8 milliards.
05:11Je vous annonce qu'on aura à peu près 8 milliards de recettes.
05:14et que ça n'a pas empêché la croissance d'être au rendez-vous
05:16et l'investissement d'être au rendez-vous.
05:17Là, ce sera encore 8 milliards en 2026 ?
05:19À peu près, ce sera un peu moins.
05:21On sera plutôt un peu au-delà de 7,
05:23en partie parce qu'on a exonéré
05:24ce qu'on appelle les entreprises de taille intermédiaire.
05:277,3.
05:287,3 milliards ?
05:297,3 milliards.
05:30L'année prochaine, on est un peu en dessous de 8 l'année dernière,
05:33ce qui était exactement ce qu'on avait prévu.
05:35Sauf que Roland...
05:36Non mais attendez, j'insiste.
05:38J'insiste, excusez-moi.
05:39Allez-y.
05:39On est dans un budget 2026
05:41où on ne touche pas au pacte d'Utreil.
05:44On ne touche pas au crédit d'impôt recherche.
05:45On ne touche pas au crédit d'impôt industrie verte.
05:47On ne touche pas à l'impôt de 99% des entreprises.
05:51Et oui, on met à contribution
05:53les 300 plus grandes entreprises
05:54qui gagnent de l'argent.
05:56Oui, pardon.
05:57C'est pour assurer la transmission de l'entreprise familiale.
05:59J'entends tout ça.
06:00On accompagne le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent.
06:03On préserve des retraités.
06:04Est-ce qu'on peut vous faire confiance ?
06:05L'an dernier, promis juré,
06:06cette fameuse surtaxe sur les grandes entreprises,
06:08c'était pour un an, pas plus.
06:10On pourrait dire pareil politiquement
06:11de la non-utilisation du 49-3.
06:13Non, non, non, on ne le fera pas.
06:14Vous êtes comme Trump, en fait.
06:16Vos promesses,
06:17elles se périment très vite, non ?
06:19Non, moi je vous trouve là encore
06:20extrêmement sévères.
06:22On est arrivé à un stade...
06:23La CVAE,
06:24cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
06:25Ça touche les PME.
06:27Promis, promis, promis.
06:28Trois fois promis.
06:29Ça allait baisser.
06:30Ce n'est pas le cas.
06:31Non, c'était dans le budget.
06:32Il a fallu faire un compromis.
06:34Moi, le ministre de l'économie et des finances,
06:36si on pouvait ne pas taxer les entreprises,
06:38avoir un budget en dessous de 3%
06:40et une croissance à 2,
06:41il en serait très heureux.
06:42Ce sera combien le budget là ?
06:43La réalité aujourd'hui,
06:45c'est qu'on était à 5-4 l'année dernière
06:47et la bonne nouvelle,
06:47c'est qu'on le confirme
06:48et qu'on sera à 5 l'année prochaine.
06:50La dernière fois que vous êtes venu,
06:51vous avez dit,
06:52il ne faut pas aller au-delà de 4.7.
06:53Non, j'ai dit,
06:54il ne faut pas aller au-delà de 5.
06:55On était...
06:56On visait 4-7,
06:57pas au-delà de 5.
06:57Alors là-dessus,
06:58reprenez mes déclarations.
07:00Je pense que j'ai été...
07:01La dernière fois et l'avant-dernière fois.
07:03J'ai été constant et cohérent
07:04depuis que j'ai été nommé.
07:05Peut-être que vous l'accordez.
07:05Deux, il faut partager les efforts
07:07entre hausses d'impôts
07:10et baisses des dépenses.
07:11On fait à peu près moitié-moitié.
07:13Trois, il faut préserver la croissance
07:15et je pense qu'on le fera.
07:16La croissance a été bonne l'année dernière.
07:18Alors déjà, l'année dernière,
07:20on était à 0.7,
07:21on va sans doute finir à 0.9.
07:22Donc on a eu de bonnes nouvelles.
07:24Pour l'année prochaine,
07:25on est à 1.
07:27On peut faire mieux ?
07:28On apparaît ça optimiste il y a trois mois.
07:30Tout le monde nous a rejoint en tout cas.
07:31Donc on verra.
07:32Moi, je ne préfère pas raser gratis
07:34ou promettre la lune.
07:35Mais pour l'instant,
07:36du côté de la croissance,
07:37ça tient et ça tient mieux qu'ailleurs.
07:39Mieux qu'en Allemagne,
07:39mieux qu'en Italie,
07:40mieux qu'en Europe.
07:41Donc ça ne va pas si mal.
07:42Il y a un sentiment d'injustice fiscale
07:43dans le pays, Roland Esquerre.
07:44Votre prédécesseur au ministère de l'économie,
07:46Eric Lombard, a dit il y a quelques jours
07:47que des milliers de contribuables
07:49parmi les plus fortunés,
07:50il ne parle pas des milliardaires,
07:51on parle des plus fortunés,
07:52ont un revenu fiscal de référence de zéro
07:54et ne payent aucun impôt sur le revenu.
07:56Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?
07:58Moi, j'ai cherché les notes qui diraient ça.
07:59Je ne les ai pas troubées.
08:00Ce qui est vrai, en revanche,
08:02et on le sait,
08:03et c'est en partie pour ça
08:04qu'on a mis en place
08:05la contribution différentielle
08:06sur les hauts revenus,
08:07qu'on voulait mettre en place
08:08une taxe holding au sein du budget,
08:11c'est qu'il y a des contribuables
08:12qui gagnent très très bien leur vie
08:14et qui, pour des raisons d'optimisation fiscale,
08:17ne payent pas autant d'impôts en pourcentage
08:19que la plupart des Français.
08:21Et ça, il faut qu'on le corrige.
08:22Ça, ça va se corriger ?
08:23On a commencé à le faire
08:24à ce qu'on appelle
08:24la contribution différentielle sur les hauts revenus.
08:26On avait mis en place une taxe holding
08:28qui est essentiellement aujourd'hui
08:31concentrée sur ce qu'on appelle
08:32les biens somptuaires,
08:33c'est-à-dire les voitures de luxe,
08:34les bateaux, les châteaux, etc.
08:36Mais on a commencé à le faire.
08:37Et je pense que ce travail,
08:38il va falloir continuer à le faire
08:40parce que vous avez raison.
08:41La justice fiscale, aujourd'hui,
08:44c'est au fond la condition sine qua non
08:46de la volonté,
08:48l'acceptation fiscale
08:49de tous les Françaises et les Français.
08:50J'ai une dernière question.
08:51La Banque de France a proposé
08:52de baisser le taux du livret A
08:53à 1,5% au 1er février.
08:55Vous nous confirmez
08:56qu'en tant que ministre de l'économie,
08:56vous allez suivre cette recommandation ?
08:57Alors, je l'ai annoncé, en fait.
08:59Donc, effectivement,
08:59je l'ai annoncé.
09:00On sera à 1,5%.
09:01On était à peu près
09:02à deux fois au-dessus
09:04il y a un an,
09:043,4%.
09:05Bon, la bonne nouvelle,
09:07c'est que la raison
09:08pour laquelle on baisse
09:08les taux d'intérêt,
09:09c'est que l'inflation a baissé.
09:11On a gagné le combat
09:12contre l'inflation.
09:13La bonne nouvelle,
09:13c'est que les Français,
09:14depuis 2015,
09:15ont retiré plus d'argent
09:16de leur livret A
09:17qu'ils n'en ont placé.
09:18On appelle ça la décollecte.
09:19Elle vous inquiète,
09:20cette décollecte ?
09:20Non, parce que,
09:21d'abord, elle est logique.
09:22Les taux d'intérêt baissent.
09:23Elle n'est pas massive,
09:24mais elle est importante.
09:25Et deux, ça veut dire
09:26que les Françaises et les Français,
09:27j'espère en tout cas,
09:28sont prêts à remettre
09:30de l'argent dans l'économie,
09:32à consommer.
09:33On a un taux d'épargne
09:34extrêmement élevé
09:35en France aujourd'hui.
09:36Si la confiance revient
09:38et le budget,
09:39ça sert aussi à ça.
09:40Redonner confiance à tout le monde.
09:41C'est pour la descendre
09:41en dessous de 1,5%
09:43ou vous vous ferez,
09:43pour le coup,
09:44vous direz,
09:44non, il ne faut pas trop baisser après ?
09:45Non, écoutez,
09:46on verra ce que les taux d'intérêt donnent
09:48et ce que l'inflation donne.
09:501,5% aujourd'hui,
09:51c'est très bas.
09:52On verra ce qui se passe
09:53dans les six mois qui viennent,
09:54mais a priori,
09:55pour l'instant,
09:55on reste là.
09:56Merci beaucoup.
09:57Merci à vous.
09:57Vous avez le point.
09:58Le 15 décembre,
09:59vous étiez dans ce studio face à moi
10:00et vous avez dit 5%.
10:01Voilà, on a vérifié en régie.
10:02Merci beaucoup.

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