00:00On a beaucoup de divergences politiques, mais il y a un point convergent, c'est la lutte contre le mépris.
00:05Effectivement, vous avez toujours été méprisé, méprisé parce que vous n'étiez pas dans une case, méprisé parce que vous
00:10étiez en autoproduction, méprisé parce que vous étiez soi-disant inclassable.
00:15Et le problème qu'on subit une bonne partie des responsables politiques, économiques, culturels dans notre pays, c'est le
00:24mépris.
00:24Le mépris de classe, le mépris des idées, le mépris de notre capacité à transformer les choses.
00:30Et on est devenu un pays méprisant et nous mourrons à cause de ce mépris.
00:34Et le mépris, c'est quoi ? C'est notre incapacité à se remettre en question.
00:38On a 4 000 milliards de dettes.
00:39On est incapable d'assurer notre état de providence pour les 20 prochaines années.
00:44On est incapable de bien appréhender le virage de l'intelligence artificielle pour pouvoir financer justement notre état de providence
00:51pour un état protecteur,
00:52que ce soit sur les questions de santé, sur les questions en direction des collectivités territoriales, sur les questions de
00:57sécurité, sur les questions d'éducation,
01:00et également sur les questions de sécurité.
01:02Mais vous estimez qu'on a méprisé une partie de la population du peuple et une partie de la jeunesse
01:08qui est dans la rue ?
01:08– C'est du mépris aujourd'hui par rapport à eux, même si vous estimez peut-être qu'une partie
01:12de leur revendication,
01:13que c'est très protéiforme, mais ce qu'aujourd'hui, c'est le retour en boomerang du mépris.
01:17– Mais vous savez, les scores que font incroyables du Rassemblement national, c'est ça aussi, c'est le produit
01:25de ça.
01:25Quand on disait aux petites gens, vous votez pour des fachos, vous êtes des fachos, comment tu veux bien le
01:32prendre ?
01:33Enfin, c'est un truc insupportable. On peut ne pas être d'accord et ne pas s'envoyer des insultes
01:39à la figure et des qualificatifs qui te discréditent.
01:43Moi, je l'ai vécu, je ne le supporte pas, mais il y a tout un tas de gens. Chez
01:47moi, dans le Sud, on est loin de chez vous,
01:50mais dans le Sud, il y a beaucoup de maires qui sont très à droite, même s'ils ne sont
01:53pas au Rassemblement national,
01:55qui se sont fait traiter de tous les noms d'oiseaux, c'était une chose. Mais leur électorat se faisait
01:59traiter comme ça.
02:00Ce n'est pas parce que tu penses que la sécurité, il faut mettre des gens en prison, que tu
02:06es un fachos méprisable.
02:08Et ça, je pense que c'est un truc dont on ne mesure pas à quel point ça a fait
02:13des dégâts.
02:14Ensuite, moi, je pense que l'intérêt des maires, c'est qu'on peut, à un moment donné, vous savez
02:19l'intérêt de discuter avec les maires,
02:20moi, ça m'est arrivé, y compris avec des maires avec qui j'avais encore plus de désaccords,
02:23parce que je ne crois pas qu'on en ait tant que ça sur un certain nombre de sujets, il
02:26faudrait le regarder.
02:28Vous savez, moi, je voyais qu'on mettait la même réalité derrière le même mot.
02:33Vous voyez ce que je veux dire ? Quand on parle d'une cantine scolaire, on sait ce que c
02:36'est vous et moi,
02:37et on sait que tu ne changes pas les cantines comme ça toutes les cinq minutes,
02:40que ça coûte un million ou un million et demi pour la mettre en état, et que tu ne fais
02:43pas ce que tu veux.
02:44Que la gratuité d'un certain nombre de choses, c'est bien quelqu'un qui va la payer.
02:47Ce que je pense, c'est que les maires, c'est le terreau, peut-être, du renouveau de ce pays.
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