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00:06Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Wouze Vous Décideur, l'émission qui valorise les entreprises qui oeuvrent pour
00:11l'excellence en France.
00:13Sur ce plateau, vous le savez, je reçois des hommes et des femmes, entrepreneurs audacieux, des dirigeants qui osent, qui
00:18innovent, qui réussissent, qui font bouger la France.
00:21Et aujourd'hui, celui qui réussit, qui ose et qui fait bouger la France, c'est Jean-Yves Berton. Bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Merci beaucoup d'être avec nous dans Wouze Vous Décideur. Bienvenue.
00:29On parle de biotechnologie avec vous. Vous êtes le patron de Green Tech, qui est un pionnier depuis 1992, qui
00:35est basé à Clermont-Ferrand,
00:37qui développe des ingrédients actifs de haute technologie qui sont issus du monde végétal, du monde marin, du monde microbien.
00:43Et vous proposez des solutions naturelles et durables dans différents champs, comme la cosmétique, la pharmacie, l'agronomie.
00:52Vous innovez également dans le traitement écologique des eaux, la préservation des sols, qui est un très, très grand sujet
00:58d'actualité et d'avenir.
01:00Alors, quel était votre moteur, votre ambition quand vous avez créé Green Tech en 1992 ?
01:0692, c'est loin, en 2026.
01:09Comment avez-vous évolué et comment vous vous définiriez aujourd'hui ?
01:13Alors, en 1992, on ne parlait pas beaucoup des biotechnologies.
01:18Bon, tout le monde connaît le vin, la bière, les fromages, etc.
01:22Mais l'industrie de la biotech, c'était très peu.
01:26Il y avait un petit peu d'interféron, je crois, et voilà, ça s'arrêtait là.
01:30Sortant d'un doctorat de biologie, ayant travaillé dans trois entreprises différentes,
01:36un peu de chimie, un peu d'agronomie, un peu de matériel aussi pour la fermentation, les fermenteurs,
01:44je me suis dit, c'est le moment de lancer, en fait, de lancer différentes applications des biotechnologies
01:49dans tous les domaines que vous devenez cités.
01:52Et alors, on a commencé par des contrats avec l'industrie pharmaceutique.
01:55Il y avait un avantage, d'ailleurs, c'était que c'était du contrat de recherche,
01:58donc qui était payé à 50% en avance, ce qui permettait de mettre un petit peu de beurre dans
02:01les épinards
02:02et puis de poursuivre, en fait, les investissements, les développements, l'innovation.
02:07Et puis, ensuite, sont arrivés les micro-organismes avec la création d'une filiale de Green Tech
02:14qui s'appelle Green Cell, puis les algues et Green Sea, etc.
02:18Oui, alors justement, en fait, il y a plusieurs filiales.
02:21Est-ce qu'on peut dire un mot sur chacune d'elles ?
02:23Et surtout, pourquoi vous avez choisi quelle a été la stratégie, finalement,
02:25de tout regrouper sous la marque unique Green Tech ?
02:29Alors, la marque Green Tech, Green Tech, c'est un nom qui sonne bien.
02:32Ça devient d'ailleurs un nom commun aujourd'hui.
02:34C'est vrai.
02:35Donc, c'est bien.
02:37C'est toujours, ça me surprend toujours quand j'écoute à la télé ou à la radio.
02:41Green Tech, tiens, on parle de nous.
02:42Non, mais on parle de Green Tech en général.
02:44C'était malin.
02:45Oui, donc ça sonne bien.
02:47Et aussi, ça permet de concentrer, en fait, toutes les demandes sur Green Tech.
02:53Et ensuite, en interne, on va dispatcher en fonction des sujets.
02:56Il y a des sujets microbiens, des sujets algos.
02:59Et puis aussi, dans les applications, chaque société a un peu sa spécialité.
03:04Et on utilise, entre guillemets, chaque société comme outil, en fait,
03:09et pour servir toutes les demandes, le marché qui demande, dans un espèce de cercle vertueux.
03:16Vous évoquez souvent, c'est normal, c'est un de vos sujets de prédilection,
03:20la pollution des nappes phréatiques, la toxicité des pesticides.
03:24Alors, ça, c'est un vaste sujet, qui est aussi un sujet politique en France et en Europe.
03:29Quel est l'état de nos sols agricoles aujourd'hui ?
03:32Quel est votre diagnostic, Jean-Yves Berton ?
03:35Alors, c'est un sujet, effectivement.
03:38L'État, l'Europe s'en préoccupent.
03:42Et jusqu'à maintenant, les choses ne se concrétisent pas beaucoup.
03:47On a malheureusement un confrère qui vient de déposer le bilan, par exemple.
03:51Nous, ça va encore, heureusement.
03:54Mais c'est vrai qu'il faut se battre.
03:55Et heureusement qu'on a l'export.
03:57Nos sols sont quand même, oui, en sale état.
04:00Il suffit de regarder les courbes, en fait, d'utilisation des engrais chimiques et des pesticides.
04:05Et bien qu'il y ait des déclarations politiques en disant, il faut changer, il faut arrêter,
04:09il y a des solutions alternatives.
04:11Donc, c'est bien de le dire et de le savoir.
04:13Ça veut dire quoi, des sols en sale état ?
04:16Alors, en sale état, ça veut dire qu'on a perdu la vie du sol.
04:20Le sol, le sol est un milieu vivant.
04:22Tout le monde connaît les tops, tout le monde connaît les vers de terre, un petit peu moins les micro
04:26-organismes.
04:27Mais dans un gramme de sol, il y a des centaines de millions de bactéries et de champignons.
04:37Donc, c'est énorme.
04:38Et tout ça vit ensemble, tout ça travaille, mange comme nous, se nourrissent.
04:43Ils vont dégrader la matière organique et permettre à la plante d'absorber ces éléments qui sont digérés,
04:50donc biodisponibles pour la plante et pouvoir assurer sa croissance et son développement.
04:54Comment préserver nos sols ?
04:57Alors, comment préserver les sols ?
04:59En retrouvant justement cet équilibre, les anciens parlaient de la jachère.
05:05Et la jachère, ça permet justement au sol de se reposer, de se reconstituer à travers l'apport de les
05:12micro-organismes
05:13qui vont apporter beaucoup de choses au sol.
05:15Ils vont aussi synthétiser des phyto-hormones qui sont bénéfiques à la plante.
05:19Alors, j'en veux un exemple, une anecdote assez...
05:21Enfin, c'est plus qu'une anecdote, c'est une réalité.
05:24On parle beaucoup du...
05:25Tout le monde râle contre le Brésil et l'agriculture au Brésil,
05:30avec les importations de bœufs aux hormones, etc., etc.
05:33J'ai visité une ferme de 50 000 hectares.
05:37Moi, je viens de Clermont-Ferrand.
05:39Quand on a une ferme de 80 hectares, on est déjà...
05:41C'est déjà une grande ferme, oui.
05:43En Bosse, ils ont 400 hectares.
05:45C'est très gros.
05:46Au Brésil, c'est 50 000 hectares.
05:4850 000 hectares de soja.
05:50Soja, c'est soja, soja.
05:52Et ils font du soja depuis 25 ans, sur la même parcelle.
05:56Donc là, on ne parle même plus de jachère.
05:57Alors forcément, ils apportent un peu d'engrais.
06:00Chimique.
06:01Mais ils ont aussi...
06:04Le propriétaire m'emmène dans son laboratoire.
06:07Et c'est un mini green cell.
06:08C'est-à-dire qu'il a un fermenteur qui produit des bactéries.
06:11Et il me dit, j'apporte chaque année des bactéries.
06:13Sinon, je suis foutu et c'est pas.
06:15Ça ne marchera plus.
06:16Et donc, si vous avez des souches, je veux bien les utiliser, etc.
06:21Bon, j'ai gardé les souches parce que je n'allais pas les vendre longtemps.
06:24Je les garde pour le marché français, s'il veut bien.
06:26Mais on exporte aussi beaucoup au Maghreb, on exporte en Afrique, on exporte au Moyen-Orient,
06:33qui, en compris eux aussi, ont un milieu très fragile.
06:36Je parle du Moyen-Orient, c'est du sable et pas beaucoup d'eau.
06:39Et donc, ils ont besoin de matière organique.
06:41Ils ont besoin de préserver leur environnement.
06:44Ils sont très sensibles à l'environnement, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas chez nous.
06:47Oui, l'export, ça représente près de 60% de votre chiffre d'affaires.
06:53Structurer le sol, améliorer les rendements, tout en réduisant la chimie.
06:58C'est ça, le cercle vertueux.
07:00Comment vos produits à base de micro-organismes permettent-ils ça ?
07:05Ils permettent parce que c'est un milieu qui fonctionne depuis des millions d'années,
07:10où il y a les micro-organismes.
07:11C'est quand même les micro-organismes qui sont arrivés en premier sur Terre,
07:14notamment les micro-algues et puis d'autres micro-organismes.
07:16Et tout ça vient en osmose et vont travailler avec les plantes qui, elles,
07:22les racines vont excréter aussi des éléments qui vont permettre de nourrir les micro-organismes.
07:27Le sol nourrit les micro-organismes.
07:29Les micro-organismes se multiplient, meurent, créent de la biomasse par elles-mêmes,
07:34fixent aussi le gaz carbonique.
07:36On parle beaucoup du carbone en ce moment et de l'effet néfaste de trop de gaz carbonique dans l
07:43'air.
07:43Les bactéries vont fixer ce carbone.
07:45C'est aussi un avantage et un intérêt de les multiplier.
07:49Ils vont structurer le sol parce qu'ils vont digérer cette matière organique.
07:53On aura un sol qui sera moins compacté, qui va être beaucoup plus léger,
07:57qui va absorber l'eau et retenir l'eau suffisamment et relarguer cette eau.
08:02On parle d'eau liée, on parle d'eau libre.
08:07Cette structure du sol est très importante pour l'eau, cette eau qui va nourrir bien entendu les plantes,
08:12les plantes qui vont se développer et notamment leur système racinaire grâce à un sol qui est beaucoup plus léger,
08:18d'autant plus que les bactéries vont produire des phyto-hormones, notamment des cytokinines,
08:24qui facilitent la croissance et la division cellulaire pour les racines.
08:27Et donc, vous avez des racines qui se débloquent, qui vont aller chercher l'eau,
08:31qui vont aller chercher les nutriments et avoir de meilleurs rendements.
08:33Une fois traité par vos procédés, l'eau peut-elle être réutilisée pour préserver finalement les réserves d'eau potable
08:42?
08:42Oui, absolument.
08:43On a d'autres micro-organismes.
08:45Sur l'agronomie, on a plusieurs cocktails, plusieurs bio-fertilisants,
08:49suivant que ce sont des plantes racines, des maraîchages, des grandes cultures, des arbres fruitiers.
08:54Mais on a aussi des cocktails pour traiter l'eau et suivant la pollution de l'eau.
08:58Alors, il y a l'eau domestique, celle de Paris, c'est la même qu'à Clermont-Ferrand ou qu
09:02'à Tombouctou, globalement.
09:03Et donc, on a ces micro-organismes qui vont digérer.
09:06On a des cocktails de micro-organismes qui vont aussi dépolluer pour les sites industriels.
09:11Une des plus grandes usines chimiques utilise notre procédé, etc.
09:16Juste un mot sur l'utilisation de votre technologie dans la pharmacie, la cosmétique.
09:21Oui. Alors, je parle beaucoup d'agronomie et d'environnement,
09:26mais la plus grosse partie de notre chiffre d'affaires est réalisée avec la cosmétique.
09:32La pharmacie n'arrive pas loin derrière, mais surtout, c'est la cosmétique.
09:36Et on travaille avec tous les grands noms mondiaux de la cosmétique.
09:39Mais donnez-moi un exemple.
09:40On travaille avec tous les grands...
09:42Non, mais pas un exemple de marque, un exemple de produit qu'ils utilisent.
09:45Est-ce qu'on peut se mettre de certaines grandes marques, des crèmes sur le visage ?
09:49Bien sûr. Alors, on a, ce qui n'a rien à voir avec vous, des antirides et des...
09:57Comme tout le monde.
09:59Je vais parler d'hydratation.
10:00À un certain moment.
10:01D'hydratation, mais aussi des raffermissants tissulaires.
10:06Aussi.
10:06Des anticernes, des...
10:09Qu'est-ce qu'on a encore ?
10:11Anti-inflammatoires, enfin anti-rougeurs, parce qu'on ne parle pas d'inflammation dans la cosmétique,
10:15puisque c'est des termes médicaux.
10:17Médicaux, oui.
10:17Mais voilà, toutes les rougeurs, la sensibilité.
10:21Plus de 80% des femmes disent « j'ai la peau sensible ».
10:24Donc voilà, c'est très important d'avoir.
10:26On a un actif qui présente un effet reverse, des applications avec un effet reverse pour le vieillissement de la
10:33peau.
10:34On prend une peau de 50 ans, 52 ans exactement, on lui applique le produit et il a exactement la
10:43peau à la même caractéristique que la peau de 25 ans.
10:47Donc c'est quand même assez...
10:49Parce qu'on parle toujours de la cosmétique.
10:50Enfin ça, ça s'appelle un miracle.
10:51Voilà, on parle toujours de la cosmétique en disant « oui, ça c'est du marketing, etc. »
10:57Mais vous savez que toutes les marques cosmétiques doivent prouver ce qu'elles annoncent.
11:01Et elles sont très surveillées là-dessus.
11:02Donc elles demandent à leurs fournisseurs de montrer que leurs actifs, on parle d'actifs pour les molécules actives,
11:09leurs actifs sont réellement actifs et montrent bien une différence.
11:13Et les marques, forcément, sont sollicitées beaucoup par des confrères, etc.
11:19On est tous, voilà, allés chercher les grandes marques.
11:22Forcément, ils vont faire un choix sur la meilleure activité, le meilleur discours, bien sûr, mais la meilleure activité aussi.
11:28J'imagine que l'ambition de Green Tech, parmi d'autres, c'est de construire un monde plus durable.
11:34Vous serez où dans dix ans ?
11:36Oui, alors, on peut décrire en fait un cercle vertueux en partant de l'agronomie, puisqu'il faut se nourrir.
11:42Donc on va partir de l'agronomie.
11:43Donc le sol, on va nourrir le sol qui va nourrir la plante et avoir des bonnes productions végétales.
11:49Si on a des bonnes productions végétales, on va bien se nourrir.
11:52Donc on a cet aspect pharma issu de la nourriture, mais surtout aussi, forcément, on a quelques pathologies.
11:59Et on va travailler à partir de végétaux et dans les médicaments.
12:04Il y a 30% des médicaments qui contiennent des plantes.
12:08Je parle des vrais médicaments, ceux qui sont sur ordonnance, etc.
12:12Donc nous, on fournit tous ces clients.
12:15Alors pas tous, mais une partie.
12:17Si on est en bonne santé, on va avoir une jolie peau.
12:20Donc on rejoint la cosmétique avec nos actifs.
12:22On va avoir des déchets.
12:24Donc c'est l'environnement avec le traitement des eaux usées qui pourra former, suite au traitement avec les micro
12:30-organismes, de l'eau grise.
12:31Cette eau grise pourrait être utilisée pour l'irrigation et elle ne s'en tira pas mauvais.
12:36L'irrigation des espaces verts des villes, des parterres fleuris, mais aussi, pourquoi pas, des toilettes, etc.
12:44Là où on n'a pas besoin de le boire.
12:45Et puis, on a aussi investi dans une société qui fait du bioplastique à partir d'algues.
12:51À partir d'algues ?
12:53Oui, à partir d'algues.
12:54Dans ce rendez-vous, vous vous décidez, on valorise vraiment l'excellence, l'excellence française.
13:01À quel point, de ce point de vue-là, êtes-vous une entreprise française ?
13:04Qu'est-ce que ça signifie pour vous ?
13:05Et surtout, comment le dirigeant que vous êtes mobilise-t-il ses équipes au quotidien pour tendre vers cette excellence
13:11?
13:12Alors, on a chez nous, depuis le début, on a trois piliers.
13:19La réactivité, la flexibilité et l'innovation.
13:23L'innovation, c'est très important.
13:25Je parle de cosmétiques, vous voyez les publicités à la télé, ça va très vite.
13:29Il faut continuellement innover, à la fois techniquement sur les produits, mais aussi dans les concepts.
13:35On vient de lancer, il y a déjà deux, trois ans, le concept de la longévité.
13:40Donc, au lieu de parler d'anti-âge, on parle de longévité, c'est-à-dire préserver.
13:43Là aussi, on est dans la préservation, préservation de la jeunesse.
13:46Et donc, tout ça, il faut le motiver, en fait.
13:52Mais les personnes qui sont chez nous sont très motivées, très impliquées, très engagées.
13:56L'engagement est important, c'est une notion aussi très importante chez nous.
14:00Et les deux piliers du développement de Green Tech ont été l'innovation et l'international.
14:05On exporte depuis le début.
14:08Donc, aujourd'hui, c'est 60%.
14:10On a une filiale à l'étranger.
14:13Et voilà, ça continue.
14:15On va peut-être ouvrir un autre bureau prochainement.
14:18Où ?
14:19Alors, c'est soit l'Italie, soit l'Angleterre, ce qui n'est pas la même chose.
14:23Voilà, j'ai discuté avec mon voisin, qui a une filiale d'avion tout à l'heure,
14:27qui a une filiale en Angleterre.
14:29Et je lui ai posé des questions.
14:31Comment sont les Anglais ?
14:33Pas très facile, Mathilde.
14:35Jean-Yves Verton, merci beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui dans Ouzou, Décideur.
14:40Merci à vous pour votre fidélité.
14:42Je rappelle que vous pouvez retrouver cette émission ainsi que toutes les autres en replay sur Ouzou.fr
14:48et bien sûr sur LesEchos.fr.
14:51À très vite pour un nouveau rendez-vous de Ouzou, Décideur.
14:54À bientôt.
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