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La flambée des cours du pétrole, conséquence de la guerre en Iran, relance les débats sur la fixation du prix du litre d’essence, qui est réparti entre différents coûts et taxes en France.

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00:00Est-ce que la flambée des prix des carburants dues à la guerre en Iran est une manne financière pour
00:05l'État ?
00:05Rien que sur le mois de mars 2026, l'augmentation des prix à la pompe a rapporté 270 millions d
00:11'euros supplémentaires selon l'exécutif.
00:14Pour certains, le gouvernement chercherait à remplir ses caisses sur le dos des conducteurs.
00:18Mais selon l'exécutif, cette hausse a engendré de grandes dépenses qui ne sont pas compensées par les taxes sur
00:24les carburants.
00:25Alors, pour savoir qui dit vrai, il faut d'abord savoir ce que contient le prix des carburants en France.
00:30D'abord, il y a bien sûr le coût de la matière première, donc du pétrole.
00:33Si on prend comme exemple un litre de gasoil à 1,62€, ça représente environ 50 centimes d'euros.
00:40Viennent s'y ajouter les coûts de distribution, 22 centimes, et enfin les taxes, qui représentent 56% du prix
00:47payé par le consommateur, près de 90 centimes.
00:50Elles sont principalement réparties en deux taxes différentes.
00:53D'abord, l'accise sur les produits pétroliers.
00:56Anciennement appelée TICPE, une taxe fixe spécifique aux produits pétroliers qui dépend du volume, du nombre de litres vendus.
01:04En 2024, elle a tout de même rapporté 15,4 milliards d'euros, faisant d'elle la quatrième recette fiscale
01:11de l'État.
01:12Ensuite, il y a la TVA.
01:14Ça, on connaît.
01:14C'est la taxe sur la valeur ajoutée de 20% qu'on retrouve sur la plupart des produits de
01:19consommation.
01:20Plus le carburant coûte cher, plus la TVA rapporte à l'État.
01:23Surtout qu'elle est prélevée deux fois.
01:25D'abord sur le coût des matières premières et de la distribution, mais aussi sur l'accise.
01:29En gros, une taxe qui vient taxer une autre taxe.
01:32Mais du coup, on peut se demander ce que la guerre en Iran, et donc l'augmentation des prix, a
01:37changé.
01:38On a essayé de démêler tout ça, avec Noam Oussat et Pauline Moyer, journaliste décodeur du Monde.
01:43Alors, on a eu affaire, en fait, à une précipitation des automobilistes début mars à la pompe.
01:49Il y a eu vraiment un pic assez exceptionnel de consommation, parce que, tout simplement, les automobilistes ont su qu
01:56'avec cette guerre-là, il allait y avoir des problèmes au niveau des prix.
01:59De nombreux automobilistes ont anticipé que les prix allaient continuer d'augmenter, et donc qu'il fallait faire le plein
02:04le plus tôt possible.
02:05En mars 2026, les Français ont donc acheté plus de carburant, à un prix plus élevé.
02:11Il y a donc eu une hausse des recettes de l'État.
02:13Mais pour l'exécutif, ça ne serait pas vraiment un si bon plan que ça.
02:17Le gouvernement estime que la guerre en Iran aurait coûté 430 millions d'euros de plus à l'État au
02:22mois de mars.
02:23Et ce, à cause de plusieurs dépenses.
02:25Déjà, il y a 60 millions d'euros qui partent dans le chèque énergie.
02:30Donc ça, c'est un dispositif qui va permettre de donner environ 153 euros par foyer, pour en tout cas
02:36les foyers les plus précaires.
02:37Il y a aussi 70 millions d'euros qui partent dans les aides.
02:41Donc là, c'est plutôt pour les corps de métier un peu plus en tension.
02:44On pense aux transporteurs routiers ou aux pêcheurs, par exemple.
02:47Il y a 300 millions d'euros qui sont en lien avec la hausse mondiale des intérêts de la dette.
02:54Sur l'année 2026, le gouvernement a calculé qu'il y avait 3,6 milliards d'euros de surcoût par
03:03rapport à ces intérêts.
03:05Reste que, malgré ces dépenses en plus, les recettes de l'État ont augmenté grâce à la crise.
03:10Sébastien Lecornu, il a évoqué le fait que peut-être ces surplus qu'a obtenu le gouvernement, ces 270 millions
03:16d'euros,
03:16on pourrait les réinvestir pour électrifier l'économie.
03:19Les économistes qu'on a interrogés, ils trouvent ça assez aberrant en vrai.
03:23Parce que 270 millions d'euros, ça représente moins de 1% des recettes mensuelles de l'État.
03:29Donc les économistes estiment ça autour de 40 milliards d'euros.
03:32Donc forcément, quand on fait le parallèle, c'est très peu.
03:35Musique
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