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Retrouvez notre soirée spéciale "Guerre en Iran", présentée par Alice Darfeuille, sur BVMTV ce mardi 14 avril 2026.
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00:00C'est tout de suite, c'est Alice Darfeuil. Bonsoir Alice.
00:03C'est moi Julie, bonsoir Julie et bonsoir à tous.
00:06Les nerfs de Donald Trump vont-ils résister à l'épreuve du détroit d'Hormuz ?
00:11Et qu'en est-il de l'économie mondiale ?
00:13Plus de 24 heures après l'entrée en vigueur du blocus maritime,
00:18l'armée américaine a dressé un premier bilan de ce blocus, chiffre à l'appui.
00:23Alors qu'en est-il ce soir ? Est-il vraiment efficace ? Est-il vraiment en vigueur ?
00:27On va en parler avec les invités sur ce plateau qui vont venir avec moi s'installer tout de suite.
00:32On sera évidemment aussi avec les équipes de BFM TV sur le terrain, un peu partout dans la région.
00:38Ulysse Gosset est avec nous ce soir. Bonsoir Ulysse.
00:41Bonsoir Alice.
00:42Ravi de vous retrouver. Nous accueillons également le vice-amiral Michel Olagaraï,
00:47ancien directeur du Centre des Hautes Études Militaires. Bonsoir.
00:50Bonsoir.
00:50Nicolas Tenzer. Bonsoir.
00:52Enseignant géostratégie à Sciences Po, Sergei Jileneuve est resté avec nous sur ce plateau.
00:57Marie-Laure Buisson. Bonsoir.
00:58Bonsoir.
00:59Auteur de Espionne, colonel de la Réserve Citoyenne. Bonsoir à vous.
01:02Et bonsoir Omayoun Falakchahi.
01:05Bonsoir.
01:05Bienvenue.
01:05Vous êtes responsable analyse pétrolière chez Kepler.
01:08Et c'est grâce à vous notamment que l'on peut suivre en direct, carte à l'appui,
01:13ce qui se passe, le trafic dans ce détroit d'Hormuz.
01:16Vous nous direz justement quel regard vous portez sur la situation.
01:19Mais allons tout de suite à Abu Dhabi, où nous attend donc, c'est Boris Karlamov pour BFM TV.
01:25Six interceptions de navires américains.
01:28C'est donc le chiffre du soir donné, Boris, par l'armée américaine.
01:36Absolument, Ali.
01:37C'est aucun navire n'a passé le blocus depuis son entrée en vigueur.
01:42Annonce donc du commandement central américain au Moyen-Orient.
01:45Six navires ont été forcés à faire demi-tour et à réintégrer un port iranien sur le golfe d'Omada.
01:51Alors, il y a une petite nuance à prendre en compte ce soir.
01:54Si aucun navire n'a pu franchir ce blocus, il y en a certains qui, eux, ont pu franchir le
02:00détroit d'Hormuz.
02:01Puisqu'au moins dix navires ont pu passer le détroit d'Hormuz depuis l'entrée en vigueur de ce blocus.
02:07Parmi eux, certains qui ne respectent pas les directives américaines.
02:11C'est-à-dire de ne pas venir ou de ne pas être à destination d'un port iranien.
02:16Il y a par exemple le Christiana, ce vraquier battant pavillon libérien qui a emprunté le détroit
02:22après avoir déchargé du maïs dans le port iranien de Bandar Imam Khomeini.
02:27Passant donc près de l'île iranienne de l'Araq, c'est tout au nord du détroit d'Hormuz, côté
02:33iranien.
02:34Et il se trouve désormais au large des côtes émiraties dans le golfe d'Omane.
02:39Il y a des bateaux que l'on voit sur les sites du suivi de trafic maritime.
02:43Et puis les autres, ceux qui ont coupé leur transpondeur.
02:47Cette balise qui permet de suivre tous ces navires.
02:50Sans nul doute pour se faire plus discret à l'approche des navires américains
02:55qui sont déployés dans le golfe d'Omane.
02:58Car il existe un risque d'arraisonnement pour tous ces navires.
03:03Donc au moins 10 navires qui ont franchi depuis 24 heures le détroit d'Hormuz.
03:07Mais aucun navire n'est allé au contact du blocus.
03:11Et aucun d'entre eux n'a donc dépassé les navires de guerre américains déployés dans la région.
03:16– Merci beaucoup Boris Karlamoff et Margot Sef qui est avec vous sur place.
03:22Vice-amiral Michel Olagaraï, il faut expliquer ce soir à ceux qui nous regardent
03:26la nuance entre la possibilité de traverser le détroit d'Hormuz
03:32sans braver le blocus maritime américain.
03:35Comment l'expliquer ?
03:36– Parce qu'il y a deux conditions à la, c'est-à-dire que l'Iran conditionne le passage
03:41à Hormuz,
03:42la pointe entre Oman et l'Iran, à ses propres conditions.
03:46Et puis les Américains ont établi beaucoup plus loin,
03:49à peu près au niveau de la frontière entre Iran et Pakistan jusqu'à rejoindre Oman,
03:54une ligne que ne franchissent que les gens,
03:56que les bâtiments qui satisfont aux conditions établies par le président Trump.
04:00C'est-à-dire qu'ils ne vont pas braver ou n'importe quoi, ils vont voir.
04:04Les Américains leur disent, d'où venez-vous cher ami ?
04:07Avec quoi ? Ah non, vous ne le faisiez pas aux conditions.
04:13Et donc vous revenez, vous repartez en arrière.
04:15Alors certains d'entre eux qui viennent de ports iraniens
04:18vont à nouveau dans des ports iraniens, mais après avoir passé à Hormuz.
04:22Certains peuvent très bien repasser à Hormuz dans l'autre sens,
04:24s'il n'y a pas d'autre solution.
04:25Et puis d'autres peuvent repartir sur des ports qui sont plutôt en Oman ou aux Émirats arabes unis.
04:32En particulier, il y a un bâtiment dont on parle depuis ce matin,
04:34qui est le Rich Surrey, qui lui est un bâtiment de la flotte Phantom,
04:39donc sous sanction américaine, puisqu'il travaillait pour les Russes, pour les pétroles,
04:44que vous connaissez bien mon cher Gershneuf.
04:46Et puis il a chargé quand même du méthanol aux Émirats,
04:51c'est-à-dire des alliés des États-Unis.
04:53Donc on pouvait se demander, et il appartient bien sûr à une société chinoise,
04:58ce qui complique encore l'affaire.
04:59Donc c'était un exemple tout à fait passionnant.
05:01Donc ce bâtiment-là a franchi Hormuz, parce que les Iraniens l'ont laissé passer.
05:05Et puis maintenant, il semble tourner en rond.
05:08Alors, Ulisse Cossé, tout à l'heure, disait qu'il faisait de la dentelle,
05:11c'est-à-dire qu'il tourne, on ne sait pas trop où il va.
05:14Moi j'ai trouvé...
05:15Mais lui, en l'occurrence, n'est pas passé au-delà du blocus maritime américain.
05:18Les Américains l'ont pas laissé passer.
05:19Donc il est entre cette zone, entre le passage du Détroit et le blocus maritime américain.
05:24Ce qui arrivera certainement à peu près à tous les bâtiments
05:26qui seront refoulés par les Américains, qui ne les laisseront pas passer.
05:29Donc ils ne vont pas les arraisonner, ils ne vont pas aller à bord
05:32et puis les dérouter vers un port dans lequel ils seraient jugés,
05:35enfin leur situation est examinée de plus près.
05:37Comme nous faisons, nous, en France, lorsque nous interceptons un bâtiment
05:40de la flotte fantôme russe.
05:42On l'accompagne à Toulon et puis après on le livre à la justice française
05:47qui en fait ce qu'elle doit faire.
05:49Mais alors que là, pas du tout.
05:50Donc lorsqu'on nous parle ce soir de 10 navires interceptés,
05:53c'était les chiffres que donnait Boris Kerlamov,
05:55ça veut dire, on parle de 10 navires qui ont fait demi-tour ?
05:57Oui, tout à fait, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas été interceptés.
05:59On leur a dit, bonjour chers amis, d'où venez-vous, que faites-vous ?
06:02On ne vous laisse pas passer, donc ils repartent.
06:04Mais on ne leur dit pas forcément, vous allez amarrer là,
06:07on va mettre une zone de surveillance en place autour de vous.
06:10Non, parce que ce serait une charge considérable.
06:12La charge de surveillance et de détection est déjà considérable.
06:16La charge en permanence d'aller contrôler ces bâtiments-là
06:20va être considérable, surtout si elle s'étale dans la durée.
06:24Donc les 15 bâtiments américains dont on parle sont limite suffisants.
06:27D'ailleurs, c'est peut-être pour cette raison que Trump,
06:30il y a quelque temps, a dit, on aimerait bien que des alliés viennent
06:33et s'ils ne viennent pas, on leur en voudra.
06:35Puis après coup, il a dit, bien sûr, nous n'en avons pas besoin.
06:37Il en a besoin, parce que la permanence à la mer,
06:40c'est quelque chose d'extrêmement coûteux, coûteux en personnel,
06:43coûteux en matériel.
06:44Regardez, le Ford, qui avait établi une permanence à la mer
06:47depuis les Caraïbes, etc., était obligé de repartir
06:49parce qu'il avait des problèmes mécaniques.
06:51Donc c'est très difficile à entretenir une flotte à la mer
06:54aussi loin des États-Unis, quelle que soit la force et l'économie d'un pays.
06:58C'est compliqué, c'est difficile et c'est coûteux.
07:00Donc c'est un demi-blocus, finalement, dans le sens où il empêche,
07:03effectivement, il intercepte certains bateaux,
07:05mais il n'assure pas le service après-vente, on est bien d'accord.
07:09Est-ce que c'est beaucoup, d'ailleurs, en 24 heures ?
07:11Il bloque le passage, c'est tout.
07:12Il ne s'en occupe pas.
07:12Après, il dit, vous faites ce que vous voulez,
07:14mais moi, je ne vous laisse pas passer, c'est tout.
07:15C'est beaucoup, 10 en 24 heures, 10 navires interceptés ?
07:18Écoutez, quand on voit le nombre de bâtiments qui transitaient,
07:21mais vous le savez sans doute mieux que moi à l'époque,
07:23ce n'est pas grand-chose par rapport au trafic qu'il y avait auparavant,
07:26puisqu'il était entre 100 et 200 bâtiments par jour qui passaient.
07:28Alors, précisément, Oma Youn Falakchahi,
07:33vous êtes, je rappelle, responsable d'analyse pétrolière chez Kepler.
07:36C'est grâce à vous qu'on peut s'appuyer sur ces cartes
07:38du trafic en temps réel dans le détroit d'Hormuz.
07:41Vous, quel regard vous portez sur ce blocus ?
07:43Est-ce que vous observez, depuis 24 heures, une agitation particulière ?
07:47Comment vous interprétez ces mouvements ?
07:49En effet, ce qui a été dit est vrai.
07:52On voit quelques bateaux qui ont passé le détroit d'Hormuz,
07:55mais le vrai blocus, en fait, il est un peu plus loin,
07:58il est situé entre le golfe d'Omane et la mer d'Arabie.
08:00Donc, c'est à peu près 400 kilomètres après le détroit d'Hormuz.
08:04On a vu le Richistari, en l'occurrence,
08:06qui est rentré dans le golfe d'Omane, repartir vers le golfe Persique.
08:09D'ailleurs, une petite note, petite anecdote,
08:12il n'est très probablement pas question de méthanol Emirati.
08:16C'est probablement une falsification des signaux
08:19qui renvoient ce bateau.
08:21En plus, c'est un bateau sanctionné,
08:23donc très improbable qu'il ait chargé aux Émirats.
08:26Et d'ailleurs, les Émirats ne produisent pas de méthanol, ou très peu.
08:29Donc, petite note, probablement, c'était du méthanol iranien.
08:32Mais c'est courant, ça ?
08:33Alors, je lisais que ce Richistari,
08:35il était sous pavillon du Malawi en 2025.
08:38Ensuite, avant, il était sous pavillon hongkongais.
08:41C'est-à-dire qu'on peut changer de pavillon,
08:43on peut changer de nom,
08:44on peut aussi jouer sur ce qu'on transporte.
08:45C'est courant, ça, dans le trafic maritime ?
08:49Oui, absolument.
08:50Alors, changer de pavillon, c'est relativement simple.
08:53Vous avez souvent des business derrière ces bateaux-là,
08:58qui sont parfois dans des paradis fiscaux, relativement opaques.
09:01Donc, c'est assez simple de changer la nationalité d'un bateau.
09:05Dans le même trajet ?
09:06Ça peut se faire dans le même trajet ?
09:08Ça peut se faire dans le même trajet, oui.
09:09Par exemple, un bateau au Venezuela,
09:10qui avait essayé de fuir le blocus à l'époque américain,
09:14au début d'année, autour du Venezuela,
09:16avait changé son pavillon pour le pavillon russe.
09:18C'est le bateau russe.
09:19Oui.
09:20Enfin, il n'a pas eu le pavillon russe.
09:21Et malgré ça, il n'a pas réussi vraiment à sortir du blocus américain.
09:25Donc, en effet, on voit des bateaux sortir du Détroit,
09:28enfin, du Golfe Persique.
09:29Deux d'entre eux, dont le Richistari, ont fait demi-tour,
09:32retournent vers le Golfe.
09:33Il y en a un autre qui a arrimé plutôt vers le port de Sohar,
09:36le Golfe d'Oman, qui transporte, je crois, du nafta iranien.
09:40Et puis, le reste, on a trois, quatre vraquets qui sont passés.
09:44Il faut expliquer peut-être ce que c'est des vraquets.
09:47C'est des produits pas liquides, solides.
09:51En anglais, on dit dry bulk.
09:52C'est des produits agricoles.
09:54Ça peut être des minerais, de fer, des métaux.
09:57Donc, en l'occurrence, c'est plutôt des produits agricoles.
09:59Mais vous, quand vous voyez cette carte-là,
10:01avec tous ces petits points qu'on voit depuis maintenant un mois,
10:05bloqués quasiment, un mois bloqués dans ce détroit d'Hormuz.
10:08Vous dites quoi ? Mais on court à la catastrophe ?
10:12Si on regarde la situation, il y a très peu de transits non sanctionnés,
10:16jusque-là, de produits non iraniens.
10:19Ce qui sortait, c'était principalement des produits iraniens,
10:21notamment du pétrole.
10:23En l'occurrence, on est dans une situation
10:25où les pays de la région ont été obligés de réduire leur production
10:30parce que, tout simplement, ils n'ont plus les moyens d'exporter ce pétrole.
10:33En tout cas, pas autant qu'avant.
10:35L'Arabie Saoudite, les Émirats ont chacun un oléodic
10:38qui leur permet de contourner le détroit d'Hormuz.
10:40Mais pas dans la...
10:41En termes de volume, on est très loin de ce qui peut être fait via le détroit.
10:45Donc, on a une perte de production très importante
10:47de l'ordre de 12 millions de barils par jour,
10:49ce qui représente 12% de la demande mondiale, à peu près.
10:52Donc, en cumulé, on est déjà en perte de 400 millions de barils.
10:56Ce qui est équivalent à ce que l'Agence internationale de l'énergie
10:59a décidé de déstocker en début mars.
11:01Donc, 400 millions de barils.
11:02Donc, on est déjà, en fait, à ce point-là.
11:0412 millions de barils, ce qui représente 12% de la consommation.
11:09Juste pour revenir sur ces deux navires
11:11qui ont réussi à traverser le détroit
11:13en allant, comment dire, se frotter au blocus maritime américain.
11:17Vous disiez tout à l'heure, ils font de la dentelle,
11:20ils font des allers-retours.
11:22Ça veut dire quoi, en fait ?
11:23Qu'ils sont en train de jouer avec les nerfs des soldats américains ?
11:28Non, non, ils ne jouent pas avec les nerfs.
11:29Qu'est-ce qu'ils font ? Pourquoi ?
11:30Ils se demandent ce qu'ils vont faire, mais surtout, ça a valeur de test.
11:32C'est-à-dire que les premiers bâtiments,
11:34les 10 premiers bâtiments vont tester la volonté des Américains.
11:38Manifestement, les Iraniens laissent passer,
11:39bon, ça se passe, enfin, tous ceux qui leur sont favorables, bien sûr.
11:43Mais là, il allait falloir voir,
11:46quand même, ce blocus n'est établi que depuis hier.
11:49Ça ne fait pas longtemps.
11:50Donc, il fallait bien voir ce que,
11:52la façon dont ils seraient appliqués.
11:54Eh bien, il est apparemment strictement appliqué.
11:58Et si demain, ils s'approchent un peu plus ?
11:59Mais les nerfs américains sont très solides.
12:01Vous n'en faites pas.
12:03Mais ça peut durer combien de temps, ce jeu du chat et la souris ?
12:07Alors, c'est tout le problème.
12:08Simplement, nous assistons à une chose,
12:10c'est que nous ne sommes plus en état de guerre chaude.
12:12Il n'y a plus d'échange de missiles.
12:14Donc, cela même est déjà extrêmement important et positif.
12:18Cela veut sans doute dire,
12:20mais Ulisse Gosset vous le confirmera peut-être
12:23ou le dira mieux que moi,
12:25ça veut peut-être dire qu'il y a des négociations
12:27qui continuent en sous-main
12:28pour éventuellement réémerger ensuite.
12:31Parce que si on ne se tape pas dessus,
12:33ça veut dire qu'on se parle.
12:35Alors ça, ce qui est sûr, c'est qu'effectivement,
12:37tous les experts sur ce plateau,
12:39et notamment Ulisse Gosset,
12:41expliquent depuis plusieurs heures maintenant
12:42que ce qui se passe dans ce détroit d'Hormuz
12:45et le blocus maritime
12:46doit servir à influencer ce qui va se passer
12:49pendant les négociations.
12:51Juste quand même un mot sur la situation
12:53dans le détroit d'Hormuz.
12:54Et après, on parlera évidemment de l'impact sur les négociations.
12:57Mais on parle de 10 000 soldats américains,
12:59plus d'une dizaine de navires de guerre
13:00et des dizaines d'avions mobilisés
13:02dans le cadre de ce blocus.
13:03Est-ce que ce sont des moyens considérables ?
13:06Ah oui, quand même, c'est très important.
13:08Oui, il y a plusieurs destroyers.
13:10Je parle sous le contrôle de l'amiral, naturellement,
13:13mais je pense qu'il y a également,
13:15on peut imaginer qu'il y a au moins
13:17un sous-marin nucléaire d'attaque
13:19et un sous-marin nucléaire lanceur d'engin.
13:22Probablement...
13:23D'ailleurs, les Américains ont, comment dirais-je,
13:28modifié certains de leurs SNLE,
13:29sous-marin nucléaire lanceur d'engin,
13:31en les dotant de Tomahawk, récemment.
13:35Donc, on peut imaginer...
13:37Oui, bien sûr, il y a des destroyers,
13:38il y a tout ce qu'il faut là pour bloquer.
13:40Mais je reviens sur ce que disait monsieur tout à l'heure.
13:42Je regardais cette image et vous disiez,
13:44Alice, qu'est-ce que ça évoque ?
13:46En fait, il y a quelques jours,
13:48Fatih Birol, qui est le directeur exécutif
13:50de l'Agence internationale de l'énergie,
13:52a dit, écoutez, cette crise est gravissime
13:55et j'en veux pour preuve que
13:57lors du premier choc pétrolier en 1973
14:00et ensuite lors du deuxième choc en 1979,
14:03nous autres, de la communauté mondiale,
14:05nous perdions 5 millions de barils jour.
14:08Et lui a dit, aujourd'hui, nous perdons 13 millions.
14:10Alors, vous, vous dites 12,
14:11mais lui a dit 13 millions de barils jour.
14:13Donc, c'est dire l'ampleur de la crise,
14:15c'est dire à quel point c'est important
14:16et à quel point, effectivement,
14:18les Américains ont décidé qu'il fallait en finir.
14:20Et donc, l'Iran a pris en otage Hormuz.
14:23Eh bien, les Américains prennent en otage maintenant l'Iran.
14:26– Dernière question sur ces deux navires
14:29qui se rapprochent petit à petit
14:33de ce blocus maritime américain
14:35tout en restant malgré tout à distance.
14:37Pourquoi ces deux-là n'ont pas été traités
14:39de la même manière que les dix autres
14:42qui sont considérés comme navires
14:44ayant été interceptés ?
14:45Parce qu'eux ont décidé de rester dans cette zone
14:48et ils attendent des ordres
14:49de ceux qui les dirigent ?
14:51– Ils savaient apparemment que leur situation
14:53était bien pire que celle que j'imaginais
14:55puisque vous avez confirmé
14:57qu'ils ne venaient pas d'Abou Dhabi.
14:58Ce qui aurait mis un peu d'intérêt, si vous voulez.
15:02Là, manifestement, ils savaient qu'ils ne cochaient.
15:03Ils cochaient absolument toutes les cases négatives.
15:05Donc, ce n'était pas la peine d'aller vers le blocus.
15:08Donc, pour l'instant,
15:09ils attendent peut-être une intervention chinoise
15:11car quand même, ce bâtiment appartient à la Chine.
15:15Et la Chine joue un rôle d'abord éminent
15:17que vous pourrez souligner
15:18parce que quand même dépend grandement
15:20du pétrole du golfe arabo-persique.
15:23Mais ensuite, la Chine a des négociations aussi
15:26en permanence avec les États-Unis.
15:28Et pas qu'avec les États-Unis
15:29puisqu'il y a une attractivité nouvelle de la Chine.
15:32Dernièrement, Lavrov y était ces derniers jours.
15:34Bin Zayed des Émirats y était.
15:37Le Premier ministre espagnol y était.
15:39Mertz y est passé très rapidement.
15:41Et Carnet aussi.
15:42Donc, si vous voulez, il y a une nouvelle attractivité de la Chine
15:46qui lui permet d'être beaucoup plus solide
15:48du point de vue diplomatique.
15:50Et ça, c'est extrêmement important
15:51parce que la Chine, elle travaille sur la durée
15:53même si elle est affectée du point de vue économique, effectivement.
15:56Surtout que le président américain et Xi Jinping
15:59sont censés se voir d'ici un mois.
16:00Mais ce que vous nous dites, donc...
16:01Non. J'ai pris le pari ici.
16:02Je crois qu'avec les écossais
16:03que ce serait, à mon avis, reporté encore.
16:05Vous vous dites que ce serait reporté
16:06parce que le rendez-vous doit avoir lieu
16:08mais il n'a pas été reporté.
16:09Non, non, non.
16:10Je vous soutiens.
16:10Je vous soutiens.
16:11On a deux amis pour dire que ce serait...
16:13On a trois.
16:14Donc ça n'aura pas lieu.
16:15Donc ça n'aura pas lieu.
16:16Ce sera repoussé.
16:17Plus tard.
16:17Si ça aura lieu.
16:19Ça aura lieu.
16:20Oui, oui.
16:20Mais plus tard.
16:21Mais en tout cas, vous dites
16:22faire un blocus maritime,
16:24ça ne veut pas forcément dire
16:25forcer les bateaux à faire demi-tour
16:27puisqu'il y a encore ces deux navires.
16:29Mais s'ils sont d'accord,
16:30s'ils satisfont aux conditions
16:33qu'a émises le président Trump,
16:35ils passeront.
16:35mais il faut vraiment qu'ils montrent
16:37pattes blanches dans tous les domaines.
16:39On apprend,
16:40Ulysse Gossier,
16:41on sera dans un instant avec Laurent Saïm
16:43pour voir ce qui se dit du côté de Washington
16:44sur ce blocus maritime,
16:47que le gouvernement américain annonce
16:48qu'il ne prolongera pas
16:49l'allègement des sanctions
16:51sur le pétrole iranien.
16:53Ce n'est pas anodin
16:54que cette annonce intervienne maintenant,
16:55j'imagine.
16:56Alors, c'est effectivement une nouvelle
16:58très importante
16:58parce qu'il faut rappeler que
17:00depuis le début de la guerre,
17:02l'Iran avait suspendu
17:03les sanctions contre les navires
17:05transportant du pétrole russe.
17:06C'était une façon de contribuer
17:08à assécher la Russie.
17:10Et il avait donc suspendu ses sanctions,
17:12ce qui était une très bonne nouvelle
17:13pour Poutine,
17:13qui globalement a enrichi la Russie
17:15depuis le début de la guerre
17:16et en a tiré un profit non négligeable.
17:18Donc, le fait qu'il renonce
17:21à les prolonger,
17:22c'est un geste destiné
17:23à Vladimir Poutine
17:25pour lui dire,
17:26alors quel message envoie-t-il ?
17:28Vous savez que Poutine
17:29avait proposé d'être un médiateur
17:31dans la crise iranienne.
17:34Finalement, cette proposition
17:35n'a pas fait long feu
17:37et on voit que les négociations
17:38vont peut-être reprendre
17:39à Islamabad.
17:40Trump a dit d'ici deux jours,
17:42c'est-à-dire peut-être
17:43à partir de jeudi.
17:44Donc, bon,
17:45c'est une forme de camouflet
17:48à Poutine
17:49et qui va satisfaire les Européens
17:51qui étaient scandalisés
17:52par le fait qu'il n'y ait plus
17:53de sanctions contre la Russie
17:54alors que la guerre continue
17:55en Ukraine.
17:56On va aller retrouver
17:57Laurence Saïm
17:58du côté de Washington.
17:59Laurence, bonsoir.
18:01Qu'est-ce qui se dit
18:01à Washington ce soir
18:03plus de 24 heures
18:04après l'entrée en vigueur
18:05de ce blocus maritime américain ?
18:07Est-ce que vous pensez d'ailleurs
18:08qu'on doit s'attendre
18:09à des points d'étape réguliers
18:11comme c'était le cas
18:13par exemple au moment
18:14des frappes
18:14qui étaient menées sur l'Iran ?
18:18Alors, écoutez,
18:18on est ici au département d'État
18:20et on a vraiment l'impression
18:21qu'aujourd'hui,
18:22c'est l'heure de la diplomatie.
18:24Le vice-président de G.D. Vance,
18:25lui, a décidé
18:26qu'il allait aller
18:27au cœur de l'Amérique
18:28pour aller faire un meeting
18:30avec la veuve de Charlie Kirk
18:32qui a été assassinée
18:34il y a quelques mois
18:35où on l'avait suivi sur BFM.
18:37Mais ici, au département d'État,
18:38Marco Rubio,
18:39depuis ce matin,
18:39a reçu aussi
18:41l'ambassadeur d'Israël
18:43aux États-Unis
18:44ainsi que l'ambassadeur
18:46libanais aux États-Unis
18:47pour commencer
18:48des négociations
18:50entre Libanais et Israéliens
18:51sous l'égide des Américains.
18:52Ce n'était pas arrivé
18:53depuis des dizaines d'années.
18:56Pour les Américains,
18:56c'est un signe très positif.
18:58On note aussi
18:59que lorsque vous pénétrez
19:00le cœur du pouvoir américain
19:02dans les gens qui font
19:03et pas simplement
19:04les déclarations
19:05de Donald Trump,
19:06on observe une communication
19:08complètement différente,
19:09une communication de silence.
19:10C'est compliqué
19:11d'avoir des informations,
19:12de savoir ce qui se passe
19:14vraiment derrière la porte.
19:16On a attendu Marco Rubio
19:17avec Doreen Jarnias
19:18ici au département d'État.
19:19Il était tout à l'heure
19:21avec le ministre égyptien
19:22des Affaires étrangères
19:23et lorsqu'il est apparu
19:24devant nous,
19:25il est resté exactement
19:26devant les caméras
19:279 secondes et demie
19:29en refusant
19:30de répondre
19:31à toute question.
19:32Donc vous avez deux choses,
19:33une communication
19:33assez trumpiste
19:36qui se passe
19:37à la Maison-Blanche
19:38avec, on l'a décrit
19:39sur BFM,
19:40des opérations
19:41de communication
19:41destinées au public
19:42américain
19:43et puis le silence
19:44et c'est ça qui marque
19:45dans cette crise,
19:46le silence des Américains
19:47avec des négociations
19:48qui se portent fermées.
19:50Pour le moment,
19:51l'information à retenir,
19:52c'est donc négociations
19:53avec pas mal d'optimisme
19:55entre Israéliens
19:56et Libanais
19:56aux États-Unis.
19:58Les Israéliens
19:59ne veulent absolument pas
20:01que le Hezbollah
20:02fasse partie
20:02des négociations
20:03alors que les Libanais
20:05veulent,
20:06disent-ils,
20:07un cessez-le-feu
20:07qui va durer
20:09sur le terrain
20:10Libanais
20:11et les Américains
20:12qui refusent de communiquer
20:13en disant simplement
20:15être très optimistes.
20:16Merci beaucoup Laurence Haïm
20:18du côté de Washington.
20:21Ce qu'on voit donc,
20:22c'est que plus de 24 heures
20:24après l'entrée en vigueur
20:24de ce blocus maritime,
20:27la situation est sous contrôle
20:29mais il y a quand même
20:30une tension extrême.
20:31Une tension extrême aussi,
20:33vice-amirale,
20:33parce que les Iraniens
20:34sont pour l'instant
20:36sur la retenue.
20:37C'est ça aussi
20:38qui explique
20:38que ça ne dégénère pas.
20:40Parce que les deux
20:40sont sur la retenue.
20:41C'est une autre façon
20:43de faire la guerre
20:43mais qui est une façon
20:44de faire la guerre,
20:45j'allais dire,
20:46polissée.
20:46C'est une guerre froide
20:47navale qui commence ?
20:50Oui, c'est une guerre.
20:51Ça prend place,
20:52vous savez,
20:52les guerres hybrides,
20:53on a tellement galvaudé
20:54le terme.
20:55La guerre,
20:56c'est sous tous ses aspects,
20:57c'est économique,
20:58c'est financier,
20:59c'est digital,
21:01c'est la continuation
21:03de la guerre
21:04par d'autres moyens
21:05comme dirait l'autre.
21:06Qu'est-ce qui pourrait faire
21:07que ça dégénère ?
21:09On parle beaucoup
21:09ces dernières heures
21:11d'arraisonnement.
21:12C'est quoi exactement
21:13un arraisonnement
21:14et qu'est-ce qui impliquerait
21:15une prise de contact
21:16entre un navire militaire
21:18américain
21:19et un navire militaire
21:20sous pavillon ?
21:22Alors là,
21:22il ne s'agit plus
21:22d'arraisonnement.
21:24S'il y a contact
21:24et incident,
21:25ça,
21:25ce serait un incident
21:26important.
21:27Ça ne veut pas dire
21:28que ça s'arrêterait
21:29parce que,
21:30vous savez,
21:30il y a des logiques.
21:32Il y a des logiques.
21:32Si les deux belligérants
21:34considèrent que c'est
21:35un incident passager
21:36dû à une maladresse
21:37ou autre,
21:38il y a peut-être
21:39un téléphone rouge,
21:39enfin,
21:39je n'en sais rien,
21:40peut-être par les pakistanais,
21:42mais enfin,
21:42il y a toujours des canaux
21:43pour se parler
21:44et pour déminer l'affaire.
21:46Souvenez-vous
21:46que pendant très longtemps,
21:47entre Washington et Moscou,
21:49il y avait le téléphone rouge
21:50pour dire,
21:51bon,
21:52ce missile,
21:52ce n'est pas moi
21:52qui l'ai envoyé
21:53ou je n'ai pas fait exprès
21:54ou n'importe quoi.
21:55Donc,
21:55pour l'instant,
21:56il ne pourrait y avoir
21:57qu'une bavure,
21:59mais qui pourrait peut-être
22:01être maîtrisée,
22:02sauf si elle est
22:02d'ampleur importante.
22:04Sauf si un missile
22:05touchait à un bâtiment
22:06de guerre américain,
22:07là,
22:07je vous garantis
22:09si vous voulez.
22:10Mais on voit là
22:11l'arraisonnement d'un avion,
22:12les scénarios possibles
22:13qui dit arraisonnement
22:14ne veut pas dire non plus
22:15scénario catastrophe.
22:17Arraisonner,
22:17c'est prendre le contrôle
22:19du bâtiment
22:20et l'emmener quelque part
22:21pour qu'il soit jugé,
22:22pour que son cas
22:22soit examiné.
22:23Pour l'instant,
22:24et nous appelons ça
22:25la visite,
22:26c'est-à-dire que
22:26si le bâtiment
22:28n'obtempère pas,
22:29on envoie à bord
22:29des forces
22:30pour vérifier
22:31si ce qu'il dit
22:32est exact
22:32et si ça n'est pas exact,
22:34je pense que les Américains
22:36ramèneront leurs forces
22:37et diraient au bâtiment
22:37vous repartez
22:38d'où vous venez.
22:39C'est tout.
22:39Arraisonner,
22:40c'est vraiment
22:40prendre le contrôle
22:41du bâtiment.
22:42C'est complètement différent.
22:43Donc, interception
22:44il y a eu aujourd'hui
22:45mais pas arraisonnement.
22:46On dira interrogation.
22:48On interroge le bâtiment,
22:49on dit d'où êtes-vous,
22:51que faites-vous,
22:51d'où venez-vous,
22:52on vérifie.
22:53Si on a des doutes,
22:54on va à bord,
22:55on vérifie,
22:55on fait des prélèvements,
22:57enfin,
22:58tout ce genre de choses.
22:59Mais il n'y a aucun acte,
23:01j'allais dire,
23:02de vivre force,
23:04sauf aller à bord.
23:05Alors, aller à bord,
23:06déjà,
23:06dans les eaux internationales,
23:08ce n'est pas très très bien vu.
23:09Il existe quand même,
23:11même si je pense
23:12que le droit international
23:13pour l'instant
23:13n'existe plus
23:14puisque les principales nations
23:16du Conseil de sécurité
23:17le bafouent allègrement,
23:18il existe quand même
23:20une espèce de référence
23:21et on sent bien
23:23que beaucoup de pays
23:24aimeraient que ce droit international
23:26reprenne toute sa place.
23:27D'ailleurs,
23:28si par hasard
23:28il y avait négociation ou autre,
23:30il ne serait pas mauvais
23:31ou s'il y avait des forces
23:33de pays occidentaux
23:34ou autres
23:34qui se déployaient
23:35pour éventuellement
23:36sécuriser cette région-là,
23:38il serait bon
23:39et je pense qu'elles le demanderont
23:40que ce soit sous le mandat de l'ONU.
23:41C'est-à-dire que l'ONU
23:42pourrait éventuellement
23:43renaître de ses cendres.
23:44Pour qu'il y ait un cadre
23:46juridique international.
23:47Qui paraît nécessaire
23:48mais je pense que
23:49pour les commerciaux
23:50et Dieu sait si c'est important,
23:52c'est capital aussi.
23:54Nicolas Tenzer,
23:55quel regard vous portez
23:56sur ce qui se passe ce soir ?
23:57On était ensemble hier soir,
23:59on ne se quitte plus.
24:01C'est toujours un plaisir.
24:04Et vous me disiez,
24:06vous incitiez sur le fait
24:07que ce blocus maritime
24:08servait surtout
24:09à influencer les négociations
24:11et à tordre le bras
24:12aux Iraniens.
24:13Mais quand même,
24:13ce qu'on voit ce soir,
24:15c'est qu'il est quand même
24:16en vigueur
24:17et il a un effet ce blocus.
24:18Il a un effet.
24:19Alors d'abord,
24:19oui bien sûr,
24:20il a un effet immédiat.
24:21En même temps,
24:22on ne peut pas dire
24:24que le blocus,
24:25en tout cas côté américain,
24:27puisse durer extrêmement longtemps.
24:29Pour les raisons d'ailleurs
24:30que l'amiral Lagara
24:31a parfaitement décrites
24:32tout à l'heure,
24:33c'est-à-dire qu'on n'imagine pas
24:34que ça dure
24:35pendant un mois,
24:36deux mois.
24:36On est nécessairement aujourd'hui,
24:38en tout cas côté américain,
24:40dans un dispositif
24:41qui est un dispositif passager
24:43où les États-Unis
24:44essayent de montrer leur force,
24:46dire voilà,
24:46nous tenons,
24:47nous allons arrêter
24:48de bombarder l'Iran,
24:49mais nous tenons effectivement,
24:51nous exerçons
24:52un moyen de pression.
24:53Est-ce que cette pression
24:54est crédible ?
24:55Est-ce qu'elle peut tenir
24:55pendant longtemps ?
24:56Ça,
24:57c'est une autre interrogation.
24:58Deuxièmement,
24:59aujourd'hui,
24:59nous avons quand même
25:00tous les signaux,
25:01malgré,
25:02vous savez,
25:02les pas de deux,
25:03les allers-retours,
25:05Vance qui dit finalement
25:06que les négociations
25:07c'est terminé,
25:08on voit effectivement
25:09aujourd'hui,
25:09on a un renouveau,
25:10effectivement,
25:11annoncé par Trump,
25:13une nouvelle reprise
25:14probable des négociations.
25:16Mais des négociations,
25:17pour moi,
25:18ça reste,
25:19je dirais,
25:19une évidence,
25:20en position de faiblesse
25:22du côté américain.
25:23c'est aussi cette réalité-là.
25:25C'est-à-dire que les Américains,
25:26d'un côté,
25:27ils montrent une force,
25:28mais une force finalement
25:29qui est limitée et faible,
25:30et de l'autre côté,
25:31les Iraniens le savent,
25:33les Américains souhaitent
25:34arrêter la guerre
25:35par tous les moyens.
25:37Et ça,
25:38je pense que les Iraniens
25:39peuvent très précisément
25:40se jouer aujourd'hui.
25:41Un dernier tour de table
25:43avant de partir en pause.
25:44Quelques secondes,
25:45vous aviez entendu parler,
25:46vous, Serguez,
25:47de ce fameux bateau
25:49qui s'appelle
25:49Rich Stary,
25:51ce navire fantôme russe.
25:53C'est un navire fantôme russe.
25:55Vous savez,
25:56il y a des milliers
25:56de navires fantômes
25:58qui circulent.
25:59Mais c'est pour ça,
25:59je vous demande
25:59si vous avez bien entendu
26:00parler de celui-là,
26:01en particulier.
26:02Celui-là,
26:02je ne suis pas
26:03un spécialiste maritime,
26:04je connais le nom,
26:06je sais qu'il a été
26:07arraisonné.
26:08On voit son parcours,
26:09la regardez.
26:09Oui,
26:10je sais qu'il a essayé
26:12de transporter
26:13une cargaison
26:14soi-disant
26:15qui provenait
26:16d'en face
26:19des pays du Golfe.
26:21De Chargiant.
26:23De Chargiant.
26:24Oui,
26:25c'est ça.
26:25Et donc,
26:26en réalité,
26:27notre ami nous a dit
26:28que peut-être,
26:29c'est faux,
26:30c'est peut-être
26:31le chargement iranien
26:33qui est comporté,
26:34mais c'est un des navires.
26:36Je me demande
26:37si,
26:38parce que souvent,
26:39les navires fantômes,
26:40c'est les navires poubelles aussi.
26:42Je ne sais pas
26:43si c'est le cas
26:44de celui-là.
26:45c'était les vieux navires
26:47qui étaient rachetés
26:48par centaines
26:49par les Russes
26:50quand on leur interdit
26:52en fait d'exporter eux-mêmes.
26:55Et donc,
26:56peut-être,
26:56ils se sont dit
26:57allez,
26:58on va risquer celui-là
26:59parce que finalement,
27:00même s'il coule,
27:01s'il lui arrive quelque chose,
27:03finalement,
27:03ce ne serait pas peut-être
27:04une grande perte.
27:05Parce qu'on n'est même pas sûr
27:06de ce qu'ils transportent.
27:07Mais ça,
27:08c'est fou quand même,
27:08non ?
27:09Qu'on ne soit pas sûr
27:10de ce qu'ils transportent.
27:11Peut-être un mot...
27:12J'aime bien le mot fou
27:13parce qu'après tout
27:14ce qu'on a vécu,
27:15vous trouvez
27:16quelque chose
27:17encore de fou.
27:18Oui.
27:18Ou par exemple,
27:19le fait qu'on ne sache toujours pas
27:20si ce détroit
27:21est vraiment miné ou pas.
27:22C'est quelque chose
27:23qui m'échappe.
27:24Comment c'est possible
27:25qu'il y ait autant
27:26d'incertitudes parfois
27:27autour de ces navires,
27:28ce qu'ils transportent,
27:29d'où ils viennent ?
27:30C'est vraiment
27:31un monde parallèle.
27:31Tout simplement
27:32parce qu'à cause
27:32des sanctions,
27:34ces navires ont en fait
27:36développé une certaine expertise
27:37dans le fait
27:38de cacher leur activité
27:39jusqu'à un certain degré.
27:40Et justement,
27:41c'est là où des entreprises
27:42comme la nôtre
27:42entrent en jeu
27:43et notre objectif,
27:45l'un de nos objectifs,
27:46ce n'est pas uniquement le seul,
27:47mais c'est vraiment
27:47de créer de la transparence
27:48sur les marchés.
27:50Donc on a toute une équipe
27:51qui est dédiée
27:51à vraiment vérifier
27:54d'où est-ce que
27:54les bateaux sont partis,
27:55quand est-ce qu'ils sont partis,
27:56qu'est-ce qu'ils ont chargé.
27:57Donc en général,
27:59on arrive avec l'historique
28:00des bateaux,
28:01on voit, évidemment,
28:02on sait quel type
28:03de bateau c'est,
28:03quel type de produit
28:04il peut contenir
28:06et transporter.
28:07Et on connaît en fait
28:08avec l'historique
28:09de ces voyages,
28:10en général,
28:11d'où est-ce qu'ils partent.
28:12Et souvent,
28:12ce sont les mêmes bateaux
28:13qui font les mêmes trajets,
28:14Iran, Chine,
28:15Russie, Inde,
28:16Russie, Chine.
28:16Et qui changent simplement
28:17d'apparence,
28:18de pavillons,
28:19c'est ça ?
28:20Mais ce sont souvent
28:20les mêmes navires,
28:21en fait, réutilisés.
28:23Et quelle est votre intuition ?
28:25À quoi il faut qu'ils se préparent
28:26ces militaires américains
28:28qui assurent ce blocus maritime
28:29à en voir débarquer
28:31des dizaines d'autres
28:32chaque jour,
28:33des bateaux de ce type ?
28:34Je pense que pas vraiment
28:35parce que le blocus
28:37est en place.
28:37On voit déjà
28:38les premiers bateaux
28:39faire demi-tour.
28:40Je crois même
28:40que pour la symbolique,
28:42les Iraniens vont même
28:42peut-être totalement stopper
28:44le fait d'envoyer des bateaux
28:46pour éviter en fait
28:47l'humiliation
28:48de voir les bateaux
28:48faire demi-tour.
28:49C'est d'ailleurs
28:49ce qu'ils ont sous-entendu
28:50aujourd'hui.
28:51Oui, j'ai une question
28:51pour le spécialiste
28:52du monde pétrolier.
28:53Aujourd'hui,
28:54le patron de Total a dit
28:55si je dois payer
28:56une compensation,
28:57c'est le terme employé,
28:58eh bien je le ferai
28:59parce que je dois
29:00assurer le trafic.
29:01Qu'est-ce qu'on en dit
29:02dans les milieux pétroliers ?
29:03Est-ce qu'on dit
29:03que c'est possible,
29:04impossible, scandaleux ?
29:05C'est intéressant
29:06qu'il ait dit ça
29:06parce que jusque maintenant,
29:07ce qui a été dit
29:08par les grands patrons
29:09des boîtes pétroliens,
29:11c'était de ne pas du tout
29:11prendre part
29:12à quelques rançons
29:14au paiement
29:15vis-à-vis des Iraniens.
29:16Les acheteurs ont été
29:17beaucoup plus relax
29:18par rapport à ça,
29:19notamment les Indiens,
29:20ce qui dépend évidemment
29:21tout de suite directement
29:22du pétrole brut.
29:24Mais c'est intéressant
29:24que vous dites ça
29:25parce que jusque-là,
29:26en tout cas,
29:26les grands patrons
29:26des grandes sociétés exportatrices
29:31pour les pays
29:32qui disent pas question ?
29:34Pour les acheteurs,
29:35les Asiatiques,
29:35ils sont dans des situations
29:36tellement critiques,
29:37je dirais,
29:38que c'est acceptable.
29:39Et d'ailleurs,
29:39ça a été fait jusque-là.
29:41Et pour les exportateurs
29:42et notamment les pays
29:43de la région,
29:43l'Arabie Saoudite,
29:44les Émirats,
29:45je pense que c'est hors de question.
29:47Ils ne font pas ça
29:47parce qu'ils perdraient
29:48totalement leur pouvoir
29:49d'influence dans le secteur.
29:50Donc tout dépend
29:50là où on se place.
29:51Et vous, votre intuition,
29:52c'est que c'est de la folie
29:53de dire ça ou pas ?
29:54De dire que ?
29:55De dire ce qu'il a dit,
29:56qu'il valait mieux un péage
29:57plutôt qu'un détroit fermé.
29:59Oui, je pense qu'il est allé
30:00un peu trop loin
30:01dans ce qu'il a dit.
30:02À mon avis,
30:02ils ne vont pas le faire.
30:03Ils ne le font pas.
30:04Merci d'avoir été avec nous.
30:06En tout cas, merci.
30:07Merci au pouillard.
30:08On se retrouve
30:09dans quelques secondes.
30:10On va accueillir
30:10le général Philippe Sidos,
30:12ancien chef du bureau
30:13de liaison de la Finule
30:14qui sera notre invité.
30:14A tout de suite.
30:21Bonsoir.
30:2221h42, évidemment,
30:23cette édition spéciale
30:24se poursuit.
30:25Nous continuons à parler
30:26du conflit au Moyen-Orient
30:28et plus particulièrement
30:29ce soir de la situation
30:31dans le détroit d'Hormuz.
30:33On est plus de 24 heures
30:34après l'entrée en vigueur
30:36du blocus maritime américain
30:39dans ce détroit.
30:39Mais faut-il d'ailleurs
30:40parler réellement d'un blocus
30:42ou plutôt d'un barrage filtrant ?
30:44On se faisait la remarque
30:46sur ce plateau
30:46juste avant de reprendre l'antenne.
30:48Bonsoir Philippe Géli.
30:49Bonsoir Alice.
30:49Bienvenue sur ce plateau
30:50et bonsoir à vous,
30:51général Philippe Sidos.
30:53Bonsoir.
30:53Ravie de vous retrouver,
30:54ancien chef du bureau
30:55de liaison de la Finule.
30:58Si on devait dresser ce soir
31:00un bilan,
31:01un premier point d'étape
31:03de ce barrage filtrant américain
31:05ou blocus,
31:06dix navires interceptés,
31:07c'est beaucoup ou pas ?
31:08Interceptés,
31:08ils ont fait demi-tour.
31:10C'est-à-dire qu'ils ont écouté
31:11la radio.
31:11Ils ont écouté les Américains
31:12qui leur ont dit
31:13ne venez pas par ici.
31:14Go away.
31:15Go away, exactement.
31:16Ils ont compris.
31:17Donc la première étape,
31:18elle a fonctionné.
31:19La première étape du blocus,
31:21oui, elle a fonctionné.
31:22C'est-à-dire qu'ils ne sont pas venus,
31:23en aucun cas,
31:23venus se frotter aux Américains.
31:24Ça fonctionne comme ça,
31:25par radio.
31:26Dans un premier temps.
31:27Là, ça s'est passé comme ça.
31:27Ça s'est passé comme ça
31:28pour l'instant, effectivement.
31:30Mais donc ça veut dire quand même
31:31que, ça prouve quand même
31:32que ces navires américains,
31:35ces soldats américains
31:35ont commencé à observer,
31:38chercher,
31:39trier,
31:40repérer.
31:40Exactement,
31:41à trier, repérer.
31:42Parce que,
31:43alors,
31:43quel type de bateau
31:44les Américains veulent interdire ?
31:46Alors en fait,
31:46je fais ça à partir
31:47de toutes les déclarations,
31:48les dernières déclarations.
31:49Trump a déclaré,
31:50dans un premier temps,
31:51je bloque le détroit d'Hormuz.
31:52Après,
31:53je bloque les ports iraniens.
31:54Après,
31:55je bloque les...
31:57C'était avant ou après ?
31:59Les bateaux
32:01qui vont rapporter de l'argent
32:03aux gardiens de la Révolution.
32:04Qu'est-ce qui va rapporter
32:05de l'argent aux gardiens
32:06de la Révolution ?
32:06Les bateaux,
32:07les tanqueurs
32:08qui transportent du pétrole.
32:10qui va être vendu
32:11donc à l'extérieur,
32:12aux Chinois,
32:12aux Indiens,
32:13aux Pakistanais,
32:14aux Japonais peut-être,
32:15enfin,
32:15tous les pays
32:16qu'on a besoin en Asie.
32:18Donc,
32:18en fait,
32:19l'objectif simplifié,
32:21la synthèse,
32:21c'est de se dire,
32:22il va bloquer les bateaux
32:23qui transportent du pétrole
32:24qui va être vendu
32:25pour rapporter
32:26aux gardiens de la Révolution.
32:27Voilà.
32:28Et j'ai vu également
32:29que les bateaux
32:31qui pouvaient rentrer
32:32dans les ports iraniens,
32:33on peut supposer
32:34que ce soit des tanqueurs vides,
32:36mais il avait précisé,
32:38quelque part,
32:38que ça ne concernait pas
32:40tout ce qui est apporté
32:41de l'alimentation,
32:42des choses comme ça.
32:43C'est-à-dire qu'on ne cherche pas
32:45à affamer la population.
32:46Vous voyez,
32:47c'est vraiment...
32:49On ne touche pas
32:49aux bateaux humanitaires,
32:50c'est ça que vous voulez dire.
32:51aux bateaux à caractère
32:53vie économique normale.
32:54Alors,
32:54je peux imaginer quand même aisément
32:56que s'il y a des tanqueurs
32:57qui viennent,
33:00imaginons,
33:00j'ose dire,
33:01de Chine,
33:02on pourra s'inquiéter
33:03de savoir un peu
33:03ce qu'ils transportent.
33:04C'est-ce qu'ils transportent
33:05des armes,
33:06des composants électroniques
33:07qui pourraient servir
33:07à la guerre.
33:08Ça, c'est possible.
33:09Là,
33:09il pourrait y avoir
33:10une prudence
33:10sur ce domaine-là.
33:11Mais est-ce qu'il peut y avoir
33:12des navires
33:13qui partent des côtes iraniennes
33:15et qui ne transportent pas
33:18quelque chose de problématique
33:19que les Américains
33:20laisseraient passer ?
33:22Alors...
33:22Ça paraît très peu probable.
33:24Qu'est-ce qu'ils transporteraient ?
33:26Voilà,
33:26la question est là.
33:27Qu'est-ce que l'Iran exporte
33:28à part du pétrole
33:29dans l'immédiat ?
33:29Je vous avoue,
33:30je ne sais pas trop.
33:31À ce stade,
33:32on ne sait pas trop.
33:33On ne sait pas trop.
33:33Voilà.
33:34Quelle est la distinction
33:35faite ce soir
33:36entre ces dix navires
33:37qui ont fait demi-tour
33:39et ces deux autres
33:41qui font visiblement
33:42de la dentelle
33:43autour de ce blocus
33:45maritime américain ?
33:46Expliquez-nous là
33:47ce qui se joue.
33:47Je n'ai pas...
33:49Deux, en fait.
33:50Deux ont réussi
33:51à traverser ce détroit d'Ormouse
33:53en se rapprochant
33:54du blocus maritime américain.
33:56Les dix autres
33:57ont fait demi-tour.
33:58Les dix autres sont raisonnables.
33:59Je ne sais pas pourquoi.
34:00L'armateur est raisonnable
34:01ou le pavillon est raisonnable.
34:03Et les deux autres,
34:05soit ils n'ont pas reçu
34:05des consignes claires,
34:06soit ils essaient de tricher.
34:08Ce matin,
34:08je regardais comme tout le monde
34:09maintenant
34:11ce marine trafic.
34:12Je regardais
34:13et il y a des bateaux
34:13qui disparaissent.
34:14D'un coup,
34:15vous les regardez,
34:15ils ne s'y sont plus.
34:16Il y en avait deux
34:17qui se suivaient ce matin,
34:18deux pétroliers
34:18qui remontaient
34:21vers l'île de l'Arak
34:23et il y en a un
34:24qui a disparu.
34:24Ils coupent leur transpondeur,
34:26c'est ça ?
34:26Ils coupent leur transpondeur.
34:27Et puis j'en ai vu passer un
34:28qui passait par le couloir,
34:30par le chenal
34:31demandé par les Irakiens,
34:33les Iraniens, pardon.
34:34Ça va relativement vite
34:35d'ailleurs.
34:36La matinée,
34:36vous passez
34:37et il allait en destination
34:39des Émirats arabes unis.
34:40Donc là,
34:40vous voyez,
34:41ça correspondait.
34:42Mais là,
34:42c'était une cargaison
34:43de bitume,
34:44je crois.
34:46Donc on voit quand même
34:47qu'il y a des mouvements.
34:48Oui, il y a des mouvements.
34:49Ces deux navires
34:50dont je vous parlais
34:50qui ont réussi
34:51à se rapprocher du blocus,
34:53on m'a confirmé
34:53à l'oreillette
34:54qu'ils ont bien fait
34:55demi-tour,
34:56mais en fait,
34:56ils ont fait des rondes.
34:57Donc il y a quand même
34:58une tension extrême
34:59sur place
35:00qui n'existait pas avant.
35:01Il y a une tension extrême,
35:03bien sûr.
35:04Oui,
35:05quand vous avez
35:05l'US Navy en face de vous,
35:08la blague est connue,
35:08vous ne discutez pas trop.
35:10Il pèse un peu lourd
35:11quand même dans l'affaire.
35:12Et puis aussi,
35:13il est tout à fait possible
35:14que ces deux bateaux
35:15ont hésité
35:15parce qu'il y a un port iranien
35:17qui n'est pas très très loin
35:18de la frontière pakistanaise
35:20et qui,
35:21quand on regarde
35:22sur Marine Trafic,
35:23il y a plein de bateaux
35:24autour
35:24qui sont en stationnement,
35:27qui attendent.
35:28C'est un port
35:28qui a un certain nombre
35:29de quais.
35:30C'est un port intéressant
35:31quand on regarde
35:31sur Google Earth.
35:32Vous voyez,
35:33c'est l'espionnage facile
35:35du citoyen normal.
35:37Et on voit
35:37qu'il y a
35:38des grosses cuves
35:39de pétrole.
35:40Vous voyez,
35:40c'est vraiment un port
35:41qui,
35:42a priori,
35:43reçoit un oléoduc.
35:45Et alors,
35:45bon,
35:46après,
35:46il faut essayer
35:47de croiser les renseignements.
35:48Ce n'est pas toujours évident.
35:49Mais j'ai vu
35:49qu'il y avait un oléoduc
35:50qui allait vers la Caspiègne.
35:52Vous voyez,
35:52c'est assez intéressant aussi.
35:53Donc ces deux bateaux,
35:54ils ont peut-être hésité.
35:55Ils se sont dit,
35:55tiens,
35:55est-ce qu'on ne va pas essayer
35:57par les eaux territoriales
35:58d'aller jusqu'à ce port-là ?
35:59Et puis un jour,
36:00ils profitaient d'une occasion.
36:01Et puis ils n'ont même pas essayé.
36:02Ils se sont remontés.
36:03Donc si ça se trouve,
36:04peut-être qu'au travers
36:04de cette crise,
36:06eh bien,
36:07certains vont trouver
36:08d'autres voies de passage
36:09pour imaginer d'autres choses.
36:12Je me souviens encore
36:12de Thierry Breton
36:13qui disait sur ce plateau
36:14et ça m'avait marqué,
36:16oui, bon,
36:16il y a la crise
36:17du Détroit d'Hormuz,
36:17mais le Détroit d'Hormuz
36:18est en train de vivre
36:19ses dernières heures de gloire.
36:21Intéressant.
36:22Exactement.
36:22Parce qu'en fait,
36:23on est tous localisés,
36:24voilà,
36:24la carte,
36:24c'est le Détroit d'Hormuz.
36:25Il faudrait reculer,
36:27il faudrait prendre
36:28la carte de l'Iran
36:28et puis la carte
36:29de tous les pays frontaliers
36:30et puis il faudrait prendre
36:31la carte des Oléoducs,
36:33il faudrait prendre
36:33la carte des routes
36:34et la carte des chemins de fer.
36:36Et là,
36:37on verrait que
36:38c'est un peu différent.
36:40De mémoire,
36:41parce que j'étais dans la zone,
36:42il y en est Oléoduc
36:43qui va de Chine
36:43vers la mer Caspienne.
36:45Comme les Chinois
36:47ne produisent pas de pétrole,
36:48c'est plutôt le pétrole
36:49de la mer Caspienne
36:50qui remonte.
36:51Donc là,
36:51il y a un Oléoduc iranien
36:53qui va de ce port,
36:55Chabar,
36:56vers la mer Caspienne.
36:57Bon,
36:58dans la mer Caspienne,
36:59vous avez,
37:00et puis dans toute cette zone,
37:01vous avez quand même
37:02des pays
37:03qui appartiennent
37:04à une...
37:04Alors,
37:05c'est une alliance,
37:06un forum
37:08militaire économique
37:09qui s'appelle
37:10l'Organisation de coopération
37:11de Shanghai.
37:11Alors,
37:12c'est pas connu,
37:12mais dedans,
37:13vous avez l'Inde,
37:14le Pakistan,
37:15l'Iran,
37:15le Kazakhstan,
37:17enfin,
37:17plein de pays d'Asie centrale,
37:18la Chine,
37:19voilà.
37:19Et tous ces pays-là,
37:20à l'origine,
37:21se sont regroupés
37:21pour lutter contre le terrorisme,
37:23en fait,
37:23les mouvements
37:25d'insurrection interne,
37:26et puis après,
37:27ça s'est développé
37:27au niveau économique.
37:28Alors,
37:29c'est pas bruyant,
37:30mais ils se connaissent.
37:31Ils se connaissent,
37:32ils coopèrent
37:32quand ça sert
37:33leurs intérêts,
37:34et peut-être qu'ils vont
37:35faire preuve
37:35de créativité.
37:37Mais si on rezoom
37:38sur ce détroit d'Hormuz,
37:40finalement,
37:40est-ce que ce blocus maritime,
37:41à mesure qu'il sera prolongé,
37:43ne va pas être
37:43de plus en plus compliqué
37:45à gérer ?
37:46Parce qu'on va faire faire
37:47demi-tour à, allez,
37:4810, 20 bateaux,
37:50mais à un moment donné,
37:51est-ce qu'il ne va pas falloir
37:52les mettre quelque part,
37:53dans une zone,
37:54assurer une sécurité,
37:56une espèce de surveillance ?
37:58Je veux dire,
37:58dans ces cas-là,
37:59on bascule dans autre chose,
38:00une campagne coûteuse,
38:02compliquée.
38:03Alors,
38:03les bateaux,
38:04quand on voit,
38:04effectivement,
38:05quand on a la carte,
38:06il y a déjà énormément
38:07de bateaux.
38:07Donc,
38:08ils arrivent tous
38:08à se mettre dans des ports
38:09ou à rester au large,
38:11en panne,
38:12sans bouger.
38:12Mais par contre,
38:13c'est plutôt au niveau
38:14de la pression entre les deux.
38:16Bon,
38:16les Iraniens,
38:17ils ne vont pas gagner d'argent
38:18pendant un certain temps,
38:19très bien,
38:20mais en fait,
38:21le vrai problème,
38:21c'est quand même
38:24cette petite respiration,
38:26cette bouffée d'air de pétrole
38:27qui allait vers les Indiens,
38:28vers les Chinois,
38:29potentiellement les Japonais,
38:30on ne sait pas trop d'ailleurs
38:30où tous ces bateaux allaient.
38:32et puis cette mini-crise économique
38:36quand même,
38:36qui a quand même fait monter
38:37le prix du pétrole.
38:39Enfin bon,
38:40ce blocus américain,
38:41finalement,
38:41au bout d'un moment,
38:42est plus gênant
38:43pour le monde occidental
38:45que pour les Iraniens.
38:46Donc,
38:47c'est plus une épreuve
38:48de force économique
38:49que navale.
38:50Oui,
38:51je pense.
38:52Parce que
38:54la marine de guerre iranienne,
38:56ce qu'il en reste,
38:56ces petites vedettes
38:57dont on parle,
38:58quand on regarde bien
38:59les bateaux américains,
39:01ils sont prévus
39:02pour lutter contre ça.
39:03Ils sont prévus
39:04pour lutter contre les essaims
39:05de petits bateaux,
39:07drones,
39:08bateaux suicides,
39:08etc.
39:09Ils ont les équipements
39:10pour lutter contre ça.
39:11Mais ils n'ont que ces petites vedettes
39:13pour entraver la navigation,
39:14les Iraniens,
39:15dans la région ?
39:15Ce serait pour entraver
39:16la navigation des bateaux civils.
39:18Mais s'ils devaient affronter
39:19les bateaux militaires,
39:20alors déjà,
39:20ce serait à nouveau une escalade.
39:22Puis comme on a parlé
39:23de négociations
39:23à partir de jeudi,
39:25je pense que ce n'est pas le moment.
39:26Donc,
39:27ce qu'on voit,
39:28c'est qu'en fait,
39:29finalement,
39:31chaque camp
39:32est plutôt
39:33sur la retenue.
39:34C'est-à-dire que
39:35les Iraniens ne bougent pas,
39:37les Américains mettent en place
39:38ce blocus,
39:39mais on n'est pas non plus...
39:40Ça se passe
39:42à peu près bien.
39:43Est-ce que ça doit être
39:44interprété,
39:44Philippe Géli,
39:45comme un avant-goût
39:47des futures négociations ?
39:49En fait,
39:49est-ce qu'on est en train
39:50de deviner
39:51comment les uns
39:52et les autres,
39:52dans quel état d'esprit,
39:53ils sont finalement
39:54à l'approche
39:54de ce deuxième rang de négociations ?
39:56L'état d'esprit,
39:57c'est peut-être beaucoup dire.
39:59C'est vrai que c'est un petit,
40:01relativement petit théâtre
40:02de géostratégie.
40:05La plupart des bateaux
40:06doivent se poser la question
40:08de savoir s'ils vont défier
40:09le blocus américain,
40:11mais les Américains,
40:12eux aussi,
40:12peuvent se poser la question
40:14de savoir
40:14est-ce que ça vaut le coup
40:15de tirer sur un bateau chinois
40:18ou une cible de cet ordre-là.
40:20Et pour Trump,
40:22je pense qu'il a réussi
40:25à inverser la pression
40:27qu'il avait sur lui,
40:28qui était la pression du temps,
40:30tant que les bombardements
40:31se poursuivaient,
40:32il ne voulait pas être
40:33dans une guerre trop longue,
40:35indéfinie,
40:36ils étaient à court de munitions,
40:37etc.
40:37Et puis maintenant,
40:38il arrête les combats
40:39et ce n'est pas lui
40:40qui est pressé.
40:42Il va essayer
40:43de faire en sorte
40:44que l'impatience
40:45soit du côté des Iraniens.
40:47C'est une campagne
40:48d'endurance
40:49qui débute
40:49dans ce détroit d'Ornouse.
40:51Là, effectivement,
40:53Trump,
40:53la marine américaine
40:54a repris la main.
40:55Elle montre
40:56qu'elle est dissuasive
40:57et que personne
40:58ne va venir oser l'affronter.
41:00Ça, c'est déjà pas mal.
41:01C'est déjà un bon point.
41:02Et effectivement,
41:03là, c'est une question
41:03de patience.
41:04C'est un petit peu
41:04une garde de nerfs.
41:05Qui est-ce qui va craquer
41:06le premier ?
41:07Bon, je crois que
41:08le président Trump,
41:09on n'a pas grand-chose
41:09à faire de l'économie mondiale.
41:11Il l'a dit et redit.
41:12On parle des élections
41:13demi-mandats.
41:14Il a également dit
41:15qu'il n'en avait rien à faire
41:16parce que, de toute façon,
41:17tous les présidents,
41:17bon ou pas bon,
41:18ils perdent les élections
41:19de mi-mandat.
41:20C'est ce qu'il a dit,
41:20en tout cas.
41:21Donc, lui,
41:22il est un peu sûr de lui
41:23dans cette affaire-là.
41:24Et à la limite,
41:24il est relativement calme,
41:25j'ai l'impression,
41:26puisqu'on a eu un tweet
41:27très agressif
41:28depuis deux jours,
41:29à part la dernière image
41:31un peu mystique.
41:33Mais n'a-t-il pas sous-estimé
41:35les conséquences économiques
41:36que ça pouvait avoir
41:37aussi sur son pays ?
41:38Ça, on va en parler
41:39dans un instant.
41:39Mais juste pour comprendre
41:41aussi exactement
41:41ce qui se joue militairement
41:43dans ce détroit,
41:44vous nous disiez tout à l'heure,
41:45on n'est pas du tout encore
41:46dans le stade de l'interception.
41:48On parle de bateaux
41:49qui ont fait demi-tour
41:50parce qu'ils ont reçu
41:51un message radio.
41:53À quel moment
41:54on pourrait basculer
41:55dans l'étape d'après ?
41:58C'est-à-dire où il faudrait
41:59que malgré tout,
42:01ces militaires
42:01sur ces navires américains,
42:03ils se déplacent.
42:04Qu'est-ce qui pourrait
42:05provoquer ça ?
42:06Qu'un bateau décide
42:08de continuer sa route.
42:09Et de s'approcher.
42:10Et s'approcher.
42:11Et d'aller tester
42:12le dispositif.
42:13Alors là,
42:15qui oserait ?
42:16Quelqu'un qui veut
42:17créer vraiment
42:17un gros incident.
42:19Je ne pense pas
42:20que ce soit
42:20le pavillon du Panama,
42:22j'ai vu Madagascar,
42:23plein de petits pays
42:24comme ça.
42:24Je pense que ces gens-là
42:25ne vont pas insister.
42:27C'est vrai que c'est
42:27très compliqué,
42:28les flottes de la marine
42:29marchande
42:29entre le pavillon,
42:30la cargaison,
42:31les équipages.
42:32Bon, c'est compliqué.
42:32Il y a quand même
42:33quelques bateaux
42:33qui ont des pavillons nationaux.
42:35Alors, est-ce qu'un grand pays
42:37aurait envie
42:38d'aller se frotter
42:39à la marine américaine ?
42:40S'il va se frotter
42:40à la marine américaine,
42:41là, on est dans
42:42un challenge diplomatique
42:43lourd.
42:44Parce que,
42:45imaginons,
42:46scénario cauchemar,
42:48un bateau chinois.
42:49Là, c'est le plus flagrant.
42:51Ou indien.
42:51Ça revient à peu près
42:52au même.
42:53Qui se dit,
42:53moi, j'ai besoin
42:54de mon pétrole,
42:54j'ai besoin
42:55de mes 400 000 tonnes.
42:57Le blocus américain,
42:59je ne veux pas.
43:00Mais là,
43:01il y a une grosse décision politique
43:02qui a été prise
43:02au plus haut niveau
43:03pour dire,
43:03je vais vers l'affrontement.
43:05Et effectivement,
43:06si un bateau
43:08a sur sa proupe
43:10ou sa poux
43:11un bateau chinois,
43:12un drapeau chinois,
43:15bon,
43:15là,
43:16ça veut dire
43:16qu'un drapeau américain
43:18viendrait contre
43:18un drapeau chinois.
43:19Là, on va un peu loin.
43:20Là, on va beaucoup plus loin.
43:21Et dans ces moments-là,
43:22côté américain,
43:23quelles sont les règles
43:24d'engagement ?
43:25À partir de quel moment
43:26on réagit ?
43:27À mon avis,
43:28rapidement,
43:29ce serait,
43:29on laisse passer,
43:30parce que,
43:31est-ce que les États-Unis
43:32ont envie
43:32d'aborder un bateau
43:34qui bat pavillon chinois
43:36quand le président Trump
43:37doit bientôt
43:38aller en Chine ?
43:39Est-ce que le président Trump
43:40a envie
43:42de frotter
43:43un bateau indien
43:44alors que c'est quand même
43:46une puissance géopolitique ?
43:48Là, je ne pense pas.
43:49Là, il serait obligé
43:49de céder.
43:50Mais il faudrait quand même,
43:51oui, pourquoi pas ?
43:52Là, ça voudrait dire
43:53que les Chinois
43:53ou les Indiens
43:53ont envie de s'affirmer
43:54par rapport aux États-Unis.
43:56Donc, on en est toujours
43:56à la même grande question.
43:58Est-ce que les Américains
43:59sont susceptibles
44:00d'assumer
44:01une interception
44:02d'un navire
44:05sous pavillon chinois
44:06ou indien ?
44:07Et cette réponse-là,
44:09on ne l'a pas
44:10parce que ça ne s'est pas
44:11encore produit.
44:11On dit 10 000 soldats américains,
44:13plus d'une dizaine
44:14de navires de guerre
44:15et des dizaines d'avions
44:16mobilisés dans le cadre
44:17de ce blocus.
44:18Ça ressemble à quoi,
44:19concrètement ?
44:20Les soldats,
44:21ils sont où ?
44:21Les navires,
44:22ils sont en plusieurs lignes ?
44:24Comment c'est ?
44:25Non, je pense qu'ils naviguent.
44:26Ils naviguent ?
44:27Oui, je pense qu'ils naviguent,
44:28bien sûr.
44:28Ils ne restent pas immobiles,
44:30ils ont quand même
44:30un grand espace.
44:32Mais c'est vrai
44:32qu'on ne sait pas.
44:33Il n'y a personne
44:34qui ne le sait.
44:34Ils ne sont pas
44:35sur marine trafic.
44:36Non.
44:36Donc, on ne peut pas voir.
44:37On a du mage
44:38à supposer.
44:39On suppose.
44:40Et puis, on a eu
44:40ces deux bateaux,
44:41ces deux destroyers
44:42qui ont fait leur excursion
44:43samedi.
44:43C'est quand même intéressant.
44:45Ça veut dire qu'il y en a deux
44:45qui sont partis
44:46et puis à un moment,
44:48on les a imaginés
44:49dans le port de Bahreïn.
44:50C'est marrant.
44:51C'est quand même assez amusant.
44:52On a dit
44:52qu'ils sont partis,
44:54revenus.
44:54En fait,
44:54on n'a aucune trace.
44:56Sauf, pendant quelques heures
44:57sur marine trafic,
44:58on en a vu un
44:59du côté du Golfe Persique.
45:01Ce qui est intéressant,
45:02c'est ce flou
45:02qui entoure
45:04ce détroit d'Ornouse
45:05et notamment aussi
45:06ce qui se passe sous l'eau.
45:07Ces fameuses mines,
45:10il y en a-t-il ou pas ?
45:11On ne sait toujours pas exactement.
45:13En tout cas,
45:14ce que vous nous disiez,
45:15parce que vous préparez
45:16à chaque fois évidemment
45:18ces émissions,
45:18vous nous disiez
45:19qu'il y a des bateaux,
45:20des mineurs américains
45:22et ce serait une information
45:23quand même importante
45:25qui sont en route
45:26vers ce détroit d'Ornouse.
45:27Vers l'Ouest,
45:27oui, j'ai trouvé.
45:28Alors qu'on les pensait
45:31totalement désossés,
45:32ces bateaux.
45:33Ils sont à la fois désossés
45:34mais remplacés.
45:35Attention.
45:36Expliquez-nous.
45:36C'est-à-dire que c'est des bateaux
45:38avec une silhouette
45:39un peu classique.
45:40On les voit là,
45:40regardez.
45:41Ce sont ces bateaux-là.
45:43Voilà.
45:45Je ne trouve pas ça
45:45très impressionnant.
45:46On dirait presque
45:47des chalutiers.
45:48Oui, c'est quand même
45:49un gros bateau.
45:49Non mais c'est vrai.
45:50C'est une jolie silhouette.
45:51Je trouve que par rapport
45:52à ce qu'on voit beaucoup...
45:55C'est longtemps que je ne suis pas
45:56allée à la pêche.
45:57Non mais vous n'êtes pas d'accord ?
45:59Ce ne sont pas les bateaux
46:00les plus impressionnants.
46:01Non, pas du tout.
46:01Pourtant, on parle quand même
46:02de déminage.
46:02Oui, oui, tout à fait.
46:05Alors de près,
46:05c'est un peu plus impressionnant.
46:06Ok, je retire.
46:07Vous voyez, regardez,
46:08on voit passer l'image.
46:09On voit qu'à la poupe,
46:12il ne faut pas que je fasse
46:13attention, à la poupe,
46:14à l'arrière,
46:15vous avez un système
46:16pour mettre un sonar à l'eau.
46:18Vous voyez ?
46:18Donc le sonar va aller
46:19au fond de l'eau,
46:20va examiner les fonds,
46:22etc.,
46:22voir s'il y a des mines.
46:23Oui, oui,
46:24ce n'est pas un bateau
46:26avec des canons,
46:27avec des avions,
46:27enfin une silhouette
46:28impressionnante.
46:29Bon, il est quand même
46:30relativement esthétique.
46:32Il y a des plongeurs.
46:32Mais ça veut dire
46:32qu'ils vont déminer
46:35malgré le doute
46:36qui entoure
46:36la présence de mines.
46:37Parce qu'il faut,
46:38de toute façon,
46:38à un moment donné,
46:39s'ils veulent rétablir
46:40le trafic dans ce détroit
46:41d'Ormous,
46:41il faut que les Américains
46:42puissent dire
46:43on a déminé.
46:44C'est ça ?
46:45Oui, exactement.
46:46Alors, j'ai un petit peu
46:47regardé tout ce qu'ils avaient
46:48comme système de déminage.
46:49Bon, c'est assez impressionnant
46:50quand même.
46:51Ça, on croit que non.
46:52Parce qu'effectivement,
46:53on avait parlé de ces bateaux,
46:54la petite classe Avenger
46:55qui était repartie vers le Japon.
46:57Et puis là,
46:57on a découvert
46:58qu'ils étaient à l'eau
47:00le 8 avril à Singapour
47:01et que le 10 avril,
47:02ils se dirigeaient vers l'ouest.
47:03Mais en fait,
47:04ces bateaux-là
47:05devaient être remplacés
47:06par des bateaux
47:07un peu avec une silhouette
47:08futuriste
47:10qui s'appellent des LCS,
47:11des Littoral Combat Ship.
47:13Alors ça,
47:13c'est un concept
47:13assez impressionnant.
47:16Alors, c'est des bateaux
47:16qui peuvent faire
47:17de la lutte anti-sous-marine,
47:19de la lutte anti-bateau,
47:21anti-surface
47:22et de la lutte anti-sous-marine.
47:23Sous-marine.
47:24Et en fait,
47:25ils mettent des modules.
47:26C'est-à-dire qu'ils changent
47:27les modules
47:28à l'intérieur du bateau
47:29et le bateau
47:30devient anti-sous-marin,
47:31anti-mine
47:32ou anti-surface.
47:33Alors après,
47:34c'est relativement compliqué
47:34à faire.
47:35Ils ont une silhouette
47:36très futuriste.
47:37Ils sont des catamarans.
47:38Des monstres quand même,
47:39attention.
47:40Et ils en ont trois
47:42dans la zone.
47:43Et là,
47:44d'après les informations
47:45qu'on trouve
47:45sur les blocs
47:47qui s'intéressent
47:48à la marine américaine,
47:49ils sont dans la zone.
47:50Ils s'avancent vers l'ouest.
47:51Et eux,
47:52ils ont une capacité sous-marine.
47:53Et j'ai également découvert
47:54qu'ils avaient un système
47:56qui s'appelait
47:58Remote Counter,
47:59enfin RCS,
48:00enfin un truc comme ça,
48:02qui peut s'adapter
48:03sur des destroyers.
48:04C'est-à-dire que les deux destroyers
48:05qu'on a vus
48:05la semaine dernière
48:08pourraient être équipés
48:09d'un système
48:11qui va à l'eau,
48:11donc,
48:12bien sûr,
48:13avec des techniciens
48:13qui maîtrisent ce domaine-là,
48:15qui va à l'eau.
48:16Et c'est ainsi
48:16un robot sous-marin
48:18anti-mine.
48:19Alors,
48:20il se trouve que
48:22le système
48:23doit correspondre
48:24à un bateau
48:24et que
48:25ce n'était pas le nom
48:25des deux bateaux
48:26qui sont passés.
48:27D'accord.
48:27Mais bon,
48:28ils sont de la source ouverte,
48:29les Américains font leur guerre à eux,
48:30on ne sait pas.
48:31Mais vous voyez,
48:32ces bateaux,
48:33a priori,
48:33ne sont pas,
48:34bien sûr,
48:34des bateaux
48:35anti-mine,
48:36de chasseurs de mine,
48:38mais les Américains
48:39ont prévu
48:39d'équiper des destroyers
48:42avec ces équipements.
48:43Et lorsqu'ils sont passés
48:44le week-end dernier,
48:44je m'en souviens très bien,
48:46ils étaient passés
48:47dans le cadre
48:47d'une opération
48:48de déminage.
48:49C'est tel quel
48:50que ça avait été indiqué.
48:52C'est comme donner ce nom.
48:53Alors,
48:53on se dit,
48:53mais non,
48:54mais non,
48:54ils y sont allés.
48:55Et puis donc,
48:56là,
48:56en creusant un petit peu,
48:57vous découvrez
48:58qu'il y a un système
48:59qui peut être adapté
49:00sur des destroyers comme ça.
49:02Alors,
49:02ils en ont
49:04beaucoup
49:04de destroyers.
49:05Mais Philippe Géli
49:06disait tout à l'heure,
49:07mais est-ce que c'est
49:08vraiment nécessaire
49:09de déminer ?
49:11Par précaution.
49:13Par précaution.
49:14Non,
49:14mais les mines dérivantes,
49:16elles sont difficiles
49:17à trouver
49:17et c'est le plus dangereux.
49:19Et puis,
49:19évidemment,
49:19on ne peut pas
49:20les...
49:20Il n'y a pas de cartes.
49:21Et les mines à orins
49:22qui sont accrochées
49:24au fond,
49:24pour les chasser,
49:26il faut des...
49:26La première vertu
49:27de ces bateaux,
49:28c'est qu'ils sont
49:28extrêmement silencieux.
49:30C'est-à-dire qu'ils peuvent
49:30passer au-dessus
49:31d'une mine
49:33qui exploserait
49:34au passage
49:34de n'importe quel destroyer,
49:35mais qui n'explose pas
49:36parce que ces bateaux
49:37sont conçus
49:39en général en Kevlar
49:41et ils sont
49:42conçus pour être
49:43extrêmement silencieux.
49:44Il se trouve que
49:44j'ai fait des reportages
49:45sur des bateaux comme ça.
49:46Je vois que vous
49:47maîtrisez les mines.
49:48Oui,
49:49après la guerre du Golfe,
49:50les Français,
49:51les Belges
49:52et les Néerlandais
49:53qui ont la même flotte
49:54coordonnée
49:55et c'est la tonne
49:56navigante la plus chère
49:57du monde,
49:5850 mètres,
49:5850 millions d'euros
50:00et on battait
50:01à plate couture
50:02les Américains
50:02pour déminer
50:03le châtel arabe
50:04au sud de l'Irak.
50:06On faisait sauter
50:08dix fois plus de mines
50:09que les Américains.
50:10Il y avait un domaine
50:11où on était
50:12a priori meilleurs.
50:13Il y a aussi
50:13les mines Ventouse.
50:15Alors là,
50:15c'est encore une autre histoire
50:16parce que là,
50:17il faut des plongeurs
50:19pour aller disposer
50:21la mine sous la coque.
50:22C'est quand même
50:22assez artisanal ça.
50:24Oui,
50:24c'est artisanal.
50:25Là,
50:25on remonte
50:25à la Deuxième Guerre mondiale.
50:27Mais c'est radical.
50:29Oui,
50:30alors après,
50:30il faut que la charge,
50:32la charge au rime puissante.
50:33Vous savez,
50:33vous pouvez faire
50:34un trou dans un bateau.
50:35Le dernier bateau américain
50:36qui a eu des problèmes
50:37avec ce genre de choses,
50:38c'était l'USS Cole.
50:40C'était à l'époque
50:41d'Al-Qaïda.
50:42Bon,
50:42ils n'avaient pas pris
50:42trop de précautions.
50:44Et il y a un petit bateau
50:45suicide qui l'a abordé.
50:46Ça fait un énorme trou
50:47où il n'a pas coulé
50:48parce qu'il y a plein
50:48de compartiments,
50:49ça ne coule pas.
50:50Mais le trou était gigantesque.
50:51C'était dans le port d'Aden.
50:52Oui,
50:53le temps de Ben Laden,
50:53voilà.
50:54Oui,
50:54parce qu'en fait,
50:54l'idée,
50:55ce n'est pas de neutraliser
50:57totalement ces bateaux
50:58lorsqu'ils sont visés
50:59par des mines,
51:00mais c'est de neutraliser
51:01la mission,
51:02en fait.
51:02C'est ça ?
51:03C'est plutôt...
51:04Mais neutraliser la mission,
51:06bon...
51:06L'entraver,
51:07je veux dire.
51:07Oui,
51:08l'entraver.
51:08Les plongeurs iraniens
51:09qui vont poser des mines.
51:11Bon,
51:11là,
51:11déjà,
51:11les bateaux sont en haute mer.
51:12Les bateaux américains
51:13sont en haute mer.
51:14Déjà,
51:14le problème est réglé.
51:16Donc,
51:16à mon avis,
51:16ça,
51:17c'est un problème
51:17qu'il faut écarter.
51:19Mais,
51:20non,
51:20il y a tout le reste des mines.
51:21Mais le problème,
51:22c'est qu'on a plein
51:23d'informations contradictoires.
51:24Il y aurait 27 mines.
51:25Les Iraniens,
51:26samedi,
51:27on dit,
51:27on a perdu nos mines.
51:27On ne sait pas où elles sont.
51:29Peu importe.
51:29On est dans le bluff.
51:30On est dans l'imaginaire.
51:31Mais la question,
51:32c'est que,
51:33potentiellement,
51:34s'il y en a,
51:34il faudra quand même y aller.
51:36Et puis,
51:36la précaution de base
51:39au niveau militaire,
51:40c'est qu'on fait toujours...
51:41On se couvre toujours.
51:43Comme je vous le disais,
51:43puis même,
51:43les systèmes d'observation,
51:45vous le pouvez avoir
51:46sur hélicoptère.
51:48Vous avez...
51:48Alors,
51:48il y a un système
51:49relativement ancien.
51:50Vous avez un câble
51:51et l'hélicoptère
51:52a un sonar dans l'eau.
51:53Vous voyez ?
51:55Et puis,
51:55il y a des systèmes
51:56où il n'y a rien du tout
51:57et l'hélicoptère passe
51:58avec des sonars,
51:59avec des systèmes lasers.
52:01Enfin,
52:01il y a des choses
52:01absolument extraordinaires.
52:03Donc,
52:03tout ça peut être utilisé.
52:05Donc,
52:06par précaution.
52:07De toute façon,
52:08on ne peut pas laisser place
52:09aux doutes.
52:10Ce qu'on sait,
52:10c'est que ce blocus maritime,
52:11le blocus maritime,
52:12c'est une stratégie
52:14déjà éprouvée,
52:15mais qui demande du temps.
52:17Qui en a le plus,
52:18selon vous ?
52:19Ah !
52:20La volonté qui est dans la tête.
52:22Bon,
52:22les Iraniens ont démontré
52:23qu'ils avaient de la patience
52:24et qu'ils pouvaient souffrir.
52:26Bon.
52:26Là,
52:26ils ne vont pas gagner d'argent.
52:27Ils ne vont pas gagner d'argent.
52:28Et effectivement,
52:29la patience,
52:29par contre,
52:30là,
52:30oui.
52:31Si toutes ces fuites
52:34de pétroliers
52:35qui passaient
52:36un peu fantômes,
52:38qui allaient vers la Chine,
52:39l'Inde,
52:39ou peut-être le Japon,
52:40on n'en sait rien d'ailleurs,
52:43là,
52:43les Chinois,
52:44quand même,
52:44commencent peut-être
52:45à être embêtés.
52:46En fait,
52:46l'idée peut-être aussi,
52:47ça apparaît
52:47dans la presse américaine,
52:50l'idée de Trump,
52:51aussi,
52:52ce serait de faire
52:53un blocus
52:54pour que les Chinois
52:55interviennent
52:56auprès des Iraniens
52:57pour leur dire,
52:58bon,
52:58maintenant,
52:58ça suffit,
52:59moi,
52:59j'ai besoin de mon pétrole.
53:00Il y a cette idée-là aussi.
53:01Que ce sont les Chinois
53:02qui,
53:02au bout d'un moment,
53:03vont dire...
53:04Eux,
53:04ils perdent de patience.
53:06Fin de partie.
53:07Mais ce qu'on voit,
53:08quand même,
53:08c'est à quel point,
53:09en attendant,
53:11ce blocus maritime
53:12fait monter encore d'un cran
53:13la tension dans cette région
53:14sur une échelle de 1 à 10.
53:16Ah,
53:17moi,
53:17je crois que c'est une tension
53:19parce qu'on s'inquiétait
53:20beaucoup,
53:20effectivement,
53:21mais là,
53:21on a eu la démonstration
53:22que les bateaux faisaient
53:23demi-tour,
53:23donc les bateaux américains,
53:24on ne sait pas trop
53:25où ils sont,
53:25mais je pense qu'il y en a,
53:26bon,
53:26là,
53:27peut-être la majorité
53:27de la flotte,
53:28le porte-avions,
53:29le porte-hélicoptères
53:29restent assez loin,
53:31mais il y a peut-être
53:31des destroyers qui montent,
53:33qui vont voir,
53:34qui,
53:35avec des dispositifs
53:35anti-mines,
53:36commencent à observer,
53:38à regarder,
53:39à préparer des passages,
53:41tout à fait possibles,
53:45des destroyers américains,
53:46des bâtiments de guerre,
53:47donc là,
53:47ils laissent faire,
53:48je pense qu'ils laissent faire
53:49les bateaux,
53:50ils testent également,
53:51ils testent la détermination
53:52des armateurs,
53:55des capitaines,
53:55des armateurs,
53:56et puis des décideurs
53:57qui sont au-dessus,
53:57pour voir,
53:58et là,
53:58ils ont eu un exemple
53:59aujourd'hui,
54:00ils ont vu que,
54:01bon,
54:01il y en a qui disent,
54:01ok,
54:01on n'insiste pas,
54:02il y en a qui hésitent,
54:03et puis qui n'hésitent plus du tout,
54:05ils rentrent à la maison.
54:05Et ce qui va être intéressant,
54:07c'est de voir si chaque jour,
54:10le degré d'intransigeance
54:13évolue ou pas,
54:14Marie-Laure Dusson ?
54:15Oui,
54:15ce que je voulais dire,
54:16c'est juste pour réagir
54:17par rapport à ce que disait
54:17mon voisin,
54:19pour que peut-être
54:20nos téléspectateurs
54:21comprennent bien,
54:22en fait,
54:23les mines,
54:24puisque vous parliez
54:24effectivement de bateaux,
54:26de bateaux silencieux,
54:28qui passent très silencieux,
54:29parce qu'en fait,
54:30il s'agit de mines à influence,
54:32il y a des mines à influence
54:33magnétique,
54:34c'est-à-dire qu'elles se mettent,
54:36elles explosent
54:37quand elles peuvent se,
54:39quand elles peuvent,
54:41comme un aimant,
54:42se mettre sur la coque
54:43d'un bateau,
54:44raison pour laquelle,
54:45d'ailleurs,
54:45certains bateaux ont des coques
54:46de verre,
54:48en fibre de verre,
54:49ou bien sont en aluminium,
54:51ou alors,
54:52c'est parce qu'elles sont
54:54à influence acoustique,
54:56c'est-à-dire qu'en effet,
54:56quand elles entendent
54:57un certain bruit,
54:58elles se mettent à exploser.
54:59Mais ce que je voulais dire,
55:00par rapport à ce que disait
55:01le général,
55:02c'est qu'en effet,
55:04les Américains vont envoyer
55:06des chasseurs de mines,
55:07mais ça prend un temps fou
55:08pour arriver,
55:09ces bateaux,
55:10pour qu'ils arrivent sur zone,
55:11ça prend beaucoup de temps,
55:12il faut quand même reconnaître
55:13que nous autres Français,
55:14par exemple,
55:15nous avons,
55:15et notamment,
55:16je pensais à ce que disait
55:16l'autre jour sur ce plateau
55:18l'amiral Maltaire,
55:20nous avons des drones
55:23qui sont des drones
55:24des mineurs,
55:25et qui peuvent être
55:27transportables par avion,
55:29et arriver à une vitesse
55:31incroyable sur le théâtre
55:32des opérations,
55:33ils sont mis à l'eau,
55:34c'est un drone,
55:35en fait,
55:36il y a trois drones
55:37en un seul,
55:37un premier drone qui part,
55:39qui repère ce qu'il y a,
55:40si on voit qu'il y a
55:41quelque chose de suspect,
55:42il y a un deuxième drone
55:44qui s'en va
55:44et qui va qualifier
55:46ce qu'on a vu
55:46et qui est suspect,
55:47et le troisième
55:48qui va aller faire
55:49exploser la mine,
55:50donc c'est quand même,
55:52si vous voulez,
55:52il y a plusieurs façons
55:53de régler ce problème
55:54de mine,
55:55Et donc qu'est-ce que vous voulez
55:55dire ?
55:56Vous dites qu'il faudrait
55:57que les Français
55:58soient mobilisés ?
56:00Moi ce que je dis,
56:00c'est que les Français
56:01nous sommes très très forts,
56:01alors je ne sais pas
56:02si on doit être mobilisés,
56:03en tout cas,
56:04pour notre industrie,
56:05je le souhaite en tout cas,
56:06mais nous autres Français,
56:07il y a Thalès,
56:08il y a Exel,
56:09nous sommes très forts
56:09dans ce domaine,
56:10les Belges sont très forts
56:11dans ce domaine,
56:12les Néerlandais,
56:13comme le disait tout à l'heure
56:14Philippe Jéry,
56:14ils sont très forts
56:15dans ce domaine.
56:16Mais est-ce qu'il est envisageable
56:17selon vous
56:17que les Américains
56:18aient fait appel
56:20à ces entreprises françaises
56:21dont vous parlez ?
56:22Je ne pense pas,
56:22en revanche,
56:23les pays du Golfe,
56:23j'en suis à peu près sûre,
56:24oui.
56:25Vous disiez,
56:25vous d'ailleurs...
56:26Les Américains ont pareil,
56:27je vous avoue
56:27que j'ai regardé ça,
56:28les équipements...
56:28On est même drones que nous ?
56:30Ils ont exactement
56:30le même principe.
56:31Vous venez d'expliquer
56:32un système américain.
56:33C'est vrai,
56:34mais ça prend des...
56:35Oui,
56:36mais vous parliez
56:37de ces navires antimines,
56:40ils mettent des...
56:41On voit le temps
56:43que ça prend
56:43pour venir du Japon,
56:45des États-Unis,
56:46parce que nous,
56:46on déploie quand même
56:47des armements extraordinaires.
56:48Y aura-t-il
56:49des entreprises françaises
56:51qui vont entrer
56:52dans la partie ?
56:53Y aura-t-il des navettes ?
56:54Non,
56:54des vedettes françaises
56:56dans ce détrois d'Harmouz ?
56:57Vous,
56:58vous me disiez,
56:58il y a quelques jours,
56:59ce n'est pas du tout impossible.
57:00On en parle juste après la pub.
57:02Vous me direz évidemment
57:02que vous en pensez.
57:03On marque une petite pause
57:04et on se retrouve
57:05pour cette édition spéciale
57:06dans quelques secondes.
57:07A tout de suite.
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