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  • il y a 11 heures
Retrouvez notre soirée spéciale "Guerre en Iran", présentée par Alice Darfeuille, sur BVMTV ce lundi 13 avril 2026.

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Transcription
00:00Merci beaucoup Laurent Saïm et merci à Doreen Jarnias et à tout à l'heure puisqu'on va évidemment vous
00:04retrouver régulièrement sur place.
00:07Bonsoir Elsa Vidal, bonsoir Jérôme Klech, bonsoir Général Serge Cholet, bienvenue sur ce plateau, bonsoir Lovarinelle
00:14et bonsoir à vous Bruno Fulini, spécialiste du renseignement et auteur de La classe secret du renseignement.
00:20Très beau livre que j'ai eu l'occasion de feuilleter.
00:23Bienvenue sur ce plateau avant de retrouver dans un instant le Général Jean-Paul Paloméros.
00:26Un tour de table, que se passe-t-il ce soir exactement Jérôme Klech dans ce détroit d'Hormuz ?
00:32Quelles sont les consignes qui ont été données aux soldats américains, aux marins américains ?
00:37L'idée en substance c'est de faire en sorte de bloquer les bateaux qui ne seraient pas reconnus comme
00:44des bateaux amis.
00:45Donc vraisemblablement on peut le penser, des bateaux qui iraient vers la Russie ou plus exactement vers la Chine ou
00:52d'autres pour alimenter en pétrole.
00:54Voilà, c'est ça quand même l'idée principale.
00:56Et donc l'enjeu c'est de mettre en place un blocus, donc en clair d'être capable d'identifier,
01:03de détecter, d'identifier, d'arraisonner,
01:05pourquoi pas de faire un tir de semence et puis ultimement de couler.
01:09C'est ça la gradation éventuellement des engagements possibles,
01:12selon des règles que je viens d'indiquer mais qui sont quand même assez sommaires, il faudrait regarder le détail.
01:17Et toute la difficulté c'est d'être suffisamment prêt pour pouvoir avoir un quadrillage assez important,
01:22mais sans pour autant se faire engager par des tirs de drones ou des tirs de missiles iraniens,
01:28et suffisamment loin pour justement être suffisamment à couvert.
01:32Toute la question c'est si un bateau marchand ou un pétrolier chinois devait essayer de passer et de forcer
01:38le blocus,
01:40si de surcroît il était escorté, mais même là j'allais dire ça pose problème,
01:43est-ce que véritablement les Américains vont engager un bateau, un pétrolier chinois, au risque d'une escalade ?
01:49C'est ça la grande question Général Chollet, et c'est ça qui fera que ce blocus maritime entrera réellement
01:56en vigueur,
01:57c'est si les Américains vont assumer une interception d'un bateau chinois par exemple.
02:02Notamment, et on constate que la Costco, qui est l'équivalent de CMACGM en Chine,
02:08a renoncé au départ ou à l'arrivée, je ne sais pas dans quel sens c'était, de cinq de
02:15ces bâtiments.
02:17Ça veut dire qu'à l'heure actuelle, les Chinois n'ont pas encore l'intention,
02:21je dis encore, l'intention de vérifier jusqu'où les Américains iront.
02:26Je me permettrais juste de préciser un point.
02:28Mais pourquoi on parle de blocus et pas finalement de barrage filtrant ?
02:32Puisqu'il y a quand même des bateaux qui pèsent, Donald Trump l'a dit lui-même,
02:3534 bateaux sont passés ces dernières 24 heures. Il n'est pas fermé ce détroit ?
02:39On peut parler de blocus ?
02:41Juste, je laisse terminer le Général.
02:43Non, non, non, vas-y mon Général.
02:44On peut partager le bateau sans problème.
02:48Mais qu'est-ce que c'est qu'un blocus ?
02:50C'est une action de force, c'est un acte de guerre,
02:52ou en tout cas une action qui était qualifiée de force armée
02:57pour contrôler les arrivées et les sorties d'un pays.
03:02Vous avez l'équivalent terrestre qui s'appelle le siège
03:05et vous avez l'équivalent aérien et maritime qui s'appelle un blocus.
03:08Après, vous avez même des obligations vis-à-vis de la Convention de la Haie
03:12ou de la Charte des Nations Unies,
03:13celles de pouvoir laisser passer des bateaux ou des avions
03:17qui apportent par exemple ce qui est utile
03:22et en tout cas ce qui répond du droit humanitaire.
03:24Donc un blocus ne veut pas dire que c'est complètement étanche.
03:27Ça veut dire qu'on a le contrôle et on laisse passer, sortir
03:30ceux que l'on souhaite laisser passer.
03:33Et à ce propos, je voudrais préciser une chose
03:36que les téléspectateurs pourraient peut-être apprécier
03:39pour expliquer comment on va faire la maritime picture,
03:42ce que les Américains appellent la situation navale.
03:45Vous avez sur les bateaux qui accompagnent le porte-avions par exemple
03:49des radars qui vont détecter, surveiller, détecter, classifier,
03:56dire bon, méchant ou suspect et ensuite identifier
04:01pour éventuellement ensuite les intercepter tous les bateaux.
04:05Les gros comme les petits.
04:07Vous avez ces radars depuis les bateaux,
04:09vous avez des radars qui sont sur des avions,
04:12les AWACS, les Hawkeye de la marine américaine.
04:16Et vous avez aussi les satellites.
04:18Donc vous avez la possibilité, et les Américains en tout cas ont la capacité,
04:22d'avoir l'image la plus précise,
04:25et bien plus précise que celle qu'on peut avoir sur nos smartphones,
04:29en allant cliquer sur telle application.
04:32Et eux sauront lesquels sont chinois, russes, iraniens, comoriens ou autre chose.
04:37Mais là se pose la difficulté que les marins connaissent tous,
04:40c'est que derrière ces pavillons de complaisance,
04:43on ne sait pas qui est le destinataire final,
04:45qui est le propriétaire, qui est l'armateur, qui est l'assureur.
04:49Donc ils auront l'image précise de tout ce qui flotte,
04:52voire peut-être même ce qui est en dessous de l'eau.
04:54Mais derrière, ils seront peut-être obligés d'aller au contact.
04:57Et c'est à ce moment-là qu'il y a des règles d'engagement qui sont très précises,
05:00qui vous disent, on fait des fouilles, on va à bord, on fouille, on ne fouille pas,
05:05on n'arrisonne, on n'arrisonne pas, et on intercepte.
05:08Et puis comme disait Jérôme tout à l'heure, ultime étape, on peut détruire.
05:12Mais là franchement, il faudrait qu'il y ait un acte violent,
05:16un acte délibéré par exemple d'aller au contact.
05:18Une question, avant de retrouver Jean-Paul Paloméros,
05:21on se demandait, question importante des prochaines heures,
05:24c'est si effectivement les Américains vont assumer une interception.
05:27Autre question, que se passe-t-il si une vedette iranienne débarque ?
05:32Alors la vedette iranienne, Trump a déjà répondu.
05:35Il a dit que si elle sortait, il tirerait dessus,
05:37ce qui serait donc la fin de la trêve.
05:40Mais cela dit, ces vedettes, elles sont peu nombreuses.
05:44On les voit mal l'intérêt d'une action de ce type
05:47qui est vouée à l'échec par rapport à la première flotte mondiale.
05:51Le vrai danger est ailleurs.
05:52Le vrai danger, effectivement, le général l'a évoqué,
05:55c'est un navire neutre ou un navire chinois
05:58qui serait arraisonné par les Américains.
06:02Ou à l'inverse, que les Américains laisseraient passer
06:04en disant, non mais là c'est trop gros,
06:06ce qui serait un énorme signe de faiblesse.
06:08C'est là que la partie va se jouer.
06:09Ce n'est pas du tout un combat naval
06:11avec le peu qui reste de la marine iranienne.
06:15Bonsoir Général Jean-Paul Paloméros,
06:16ancien chef d'état-major de l'armée de l'air
06:19et ancien commandant allié de l'OTAN.
06:21Merci d'être avec nous dans cette édition spéciale.
06:24Quand on voit ce qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait,
06:27vous, comment vous qualifieriez la situation ce soir
06:30dans le détroit d'Hormuz ?
06:31Est-ce que vous parleriez, effectivement, de blocus maritime ?
06:37Non, non, non, je parlerais de présence active,
06:42peut-être d'un barrage filtrant,
06:44mais faut-il encore voir jusqu'à quel point il est filtrant.
06:47Parce que je pense que deux bateaux,
06:50que qu'ils soient, ça ne suffit pas pour vraiment
06:52instaurer un blocus.
06:54On voit, ça a été dit, pas besoin de le répéter,
06:57qu'il y a quand même un certain nombre de bateaux qui passent.
06:59Jusqu'à quel point il y a une qualification de ces bateaux,
07:02j'en suis pas sûr.
07:03En fait, pour moi, là, l'idée, c'est de donner au moins l'impression,
07:10c'est l'illusion que Donald Trump et donc les Américains
07:14sont en train de regagner cette bataille d'Hormuz
07:16qu'ils ont perdue au départ.
07:18Ils l'ont perdue parce qu'ils ne l'ont pas menée.
07:20Ils n'ont pas considéré comme Hormuz,
07:22c'était un défi stratégique et un centre de gravité de cette guerre.
07:28mal leur en appris parce que ça l'est.
07:30Et ils essayent de rattraper ça pour, avec la présence,
07:34au moins dire, à côté, ici, ça ne bouge pas.
07:36Maintenant, si demain, les passes d'Aran,
07:38pour une raison ou pour une autre,
07:40s'en reprennent aux bateaux pétroliers qui passent,
07:44ils auront toujours la même liberté d'action
07:46parce qu'ils peuvent engager leurs moyens.
07:51Ça n'a pas changé de la distance, en distance,
07:55que ce soit les drones, les missiles, les volets, etc.
07:57Donc, la question, elle est toujours la même,
08:00c'est quelle confiance peut-on donner,
08:04peut donner la coalition, peut donner les Américains,
08:07aux armateurs, aux affrêteurs, aux assureurs
08:13et aux équipages des bateaux qui attendent pour passer ?
08:16C'est la vraie question.
08:19Alors maintenant, s'il y en a quelques-uns qui passent
08:20pendant ce cessez-le-feu, tant mieux.
08:22Mais à tout moment, ça peut éclater,
08:26pour une raison, pour l'instant, ce n'est pas le cas, tant mieux.
08:30Mais ce qu'il faut mettre aussi en perspective,
08:32c'est les autres centres de gravité qui, eux,
08:35c'est interactif, si vous voulez, c'est-à-dire,
08:37on ne peut pas isoler un élément d'un autre.
08:40Par exemple.
08:40Est-ce que vous diriez quand même que ce blocus maritime
08:44ou ce barrage filtrant a du sens militairement
08:47ou il n'a que du sens pour impacter les négociations en cours
08:52qui continuent de manière souterraine ?
08:56Non, il a du sens, mais dans le sens présence active.
09:00On avance tout doucement, comme jeu d'échecs,
09:03on avancerait ses pions, si vous voulez.
09:06Mais il y a une limite à cette avance.
09:08C'est la limite du franchissement des Trois-Dormous
09:10pour assurer, en quelque sorte, le service de bout en bout.
09:13Ce n'est pas le cas.
09:15Donc on s'en contente.
09:17Il y a un moment de respiration,
09:19mais ce n'est qu'un moment de respiration.
09:21Parce qu'on sent bien que les deux parties,
09:24voire les trois parties avec Israël,
09:25plus les États-Unis du Golfe,
09:27ont besoin de cette respiration aujourd'hui.
09:29Et dernier élément, peut-être,
09:31d'encadrement de l'ensemble,
09:34la bataille contre la dissuasion conventionnelle des Iraniens,
09:38c'est-à-dire leurs missiles balistiques,
09:41elle n'a pas été gagnée.
09:42Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le renseignement américain.
09:44La bataille souterraine, en quelque sorte,
09:47ça aussi, on a peut-être mésestimé.
09:49Et on parle souvent de la transparence du champ de bataille.
09:51Là, ce n'est pas transparent du tout.
09:53Moyennant quoi, on fait des évaluations qui sont erronées.
09:57Donc ça, ça reste la grande menace.
09:59Et puis, vous avez déjà parlé du nucléaire,
10:01je n'y reviendrai pas.
10:03Sur les navires, Jean-Paul Paloméros,
10:05qui sont déployés autour de ce D3,
10:06on parle de 17 navires déployés dans la région
10:09pour assurer, mettre en passe ce Bocuse.
10:12On est d'accord que ces navires étaient d'ores et déjà sur place.
10:16Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas eu
10:17une amplification des forces.
10:19Là, on l'espace de 24 heures pour assurer ce blocus.
10:22Tout était déjà sur place.
10:24Oui, il y a peut-être eu quand même des règles.
10:27J'imagine des règles d'engagement qui ont été un petit peu renforcées.
10:29C'est nécessaire parce qu'à tout moment,
10:31ils peuvent être attaqués.
10:32Ça aussi, il faut le prendre en compte.
10:33Ça veut dire quoi, les règles d'engagement renforcées,
10:36Jean-Paul Paloméros ?
10:37Ça veut dire que si un objet, un drone, ou en tout cas une action est considérée
10:49comme ayant une intention hostile, par exemple un bâtiment,
10:52un vaisseau qui se dirige vers le bateau américain,
10:56les Américains considèrent que c'est une intention hostile
10:59et que les règles d'engagement leur permettent de considérer
11:02qu'ils sont en état de légitime défense.
11:04Ça, c'est une règle d'engagement renforcée.
11:06Ça s'applique très souvent.
11:08Les Américains l'appliquent plus souvent que les autres.
11:10Parce que l'intention hostile, c'est toujours difficile à identifier vraiment.
11:14Donc il vaut mieux tirer le premier que de se faire tirer, si vous voulez.
11:18Ça veut dire qu'ils n'hésiteront pas ?
11:20Non, ils n'ont pas intérêt à résister.
11:23Il y a des exemples fameux dans l'histoire
11:25où certains ont hésité et ils l'ont payé de leur doule.
11:29– C'était quand le dernier grand blocus
11:33comme celui que nous vend aujourd'hui le président américain ?
11:38– Wow, alors là, vous me posez une colle.
11:40Il s'est passé des choses à Cuba, c'est sûr,
11:43mais c'était dans un cadre très stratégique.
11:45Pas le sentiment qu'il y ait eu récemment de blocus de cette forme.
11:51C'était plus dynamique.
11:53Il y a peut-être des gens plus compétents que moi pour en parler.
11:56– Vous êtes sûrement le plus compétent,
11:58mais c'est vrai que ce n'était pas une question comme ça facile
12:01et pas facile d'y répondre tout de suite.
12:02Mais deux autres sujets sur lesquels j'aimerais vous entendre.
12:05L'implication de la France dans ce qui est en train de se jouer
12:08dans le détroit d'Hormuz, on en parle dans un instant,
12:10mais d'abord aussi l'opération de déminage
12:12dont nous a parlé le président américain.
12:15Pourquoi on n'arrive pas à savoir, du moins à dire officiellement,
12:19si oui ou non ce détroit d'Hormuz a été miné par les Iraniens ?
12:24– Je crois que connaissant un peu mieux maintenant le président Trump,
12:29il va surenchérir et surenchérir.
12:32Il n'a aucune idée de savoir s'il y a une mine ou non
12:34dans le détroit d'Hormuz, à mon avis.
12:36Et s'il y en avait, ça a été dit aussi fort justement,
12:39parce qu'on en aurait vu les effets.
12:42Donc personne n'avait vraiment intérêt à miner le détroit d'Hormuz
12:46jusqu'à présent.
12:46Ça peut venir, pourquoi pas, on ne sait pas ce qui va se passer
12:50évidemment à la fin de ce cessez-le-feu.
12:53Donc ça me paraît un peu exagéré, parce qu'évidemment le pass d'Aran,
12:58c'était tout à fait évident, n'ont pas intérêt à miner un détroit
13:01qui leur sert quand même de ligne de vie.
13:03C'est de là qu'ils tirent leurs ressources, faut-il, peut-on l'oublier ?
13:08Dernière question sur le rôle de la France.
13:10Donald Trump ne cesse de sous-entendre, sans vraiment donner de détails,
13:14le fait que d'autres pays vont venir avec lui assurer ce blocus maritime
13:20ou participer à ces opérations de déminage.
13:23Ce n'est pas extrêmement clair.
13:24Et puis dans le même temps, on apprend que la France et le Royaume-Uni
13:27vont s'organiser dans les prochains jours une conférence
13:29pour contribuer, organiser une contribution à une mission
13:34multinationale pacifique pour la liberté de navigation
13:37dans le détroit d'Hormuz.
13:38En clair, est-ce que ça veut dire que dans quelques semaines,
13:41il y aura très probablement des vedettes françaises
13:44dans ce détroit d'Hormuz ?
13:47Écoutez, il faut remettre ce débat en perspective
13:50de l'irritation profonde de Donald Trump vis-à-vis de ses alliés.
13:57Ne l'oublions pas, parce que ça va, je ne sais pas si ça va s'amplifier,
14:01mais ça va durer.
14:03Il y a un sommet de l'OTAN qui est prévu au mois de juillet,
14:06je crois que c'est à Ankara, jusqu'où va-t-il aller.
14:10Donc mon sentiment, c'est qu'on aurait sans doute intérêt à être présent
14:15sous une forme ou sous une autre, non pas pour faire simplement plaisir
14:19à Donald Trump, mais pour commencer à organiser ce que pourrait être
14:24la gestion du détroit d'Hormuz dans l'avenir.
14:26On aura bien du mal à sortir, me semble-t-il, les passes d'Harente
14:30de cette équation ?
14:32Eh bien, il va falloir la négocier.
14:34Et ça, ça fait partie, peut-être pas des négociations immédiates,
14:38mais ça doit venir très vite, parce qu'il faut le rétablir,
14:42cette circulation, c'est vital, tout le monde l'a dit,
14:45les hydrocarbures, le gaz, les engrais.
14:48Enfin, on n'imaginait même pas l'importance stratégique du détroit d'Hormuz.
14:54Et malgré tout, il n'en parlait pas au début de la guerre.
14:57Vous voyez, on peut passer à côté des événements, parfois c'est surprenant.
15:01Mais je crois que si une coalition se monte pour assurer la sécurité
15:06du détroit d'Hormuz, il faut qu'on en soit, bien sûr,
15:08et on en serait, et définir des règles qui permettront
15:13de normaliser tout ça.
15:14Mais ça ne peut pas venir en pleine guerre, c'est certain.
15:17Merci beaucoup, Général Jean-Paul Paloméros, d'avoir été avec nous.
15:21On continue évidemment ce tour de table.
15:23Ce qu'on entend, Elsa Vidal, lorsque le Général Jean-Paul Paloméros
15:27dit que, malgré tout, les règles d'engagement des soldats américains
15:30dans la région vont changer.
15:32Ça veut dire qu'on parle de blocus ou de barrages filtrants,
15:36on entre quand même potentiellement dans cette zone,
15:38dans une escalade incontrôlée.
15:41Il y a toujours ce risque, plus les belligérants se rapprochent
15:46sur le terrain matériel, et en l'occurrence dans le détroit d'Hormuz,
15:50il y a toujours ce risque de dérapage.
15:53Mais je pense qu'il faut le comprendre sur l'arrière-fond,
15:56qui est celui de négociations qui vont sans doute reprendre
16:00de manière rapide.
16:02D'une part, le président Donald Trump y faisait référence aujourd'hui
16:05en disant que les Iraniens souhaitaient un accord
16:07et avaient repris contact avec lui.
16:09D'autre part, les autorités iraniennes,
16:11quand elles regrettaient finalement l'échec des négociations,
16:16parlaient d'un premier round,
16:18ce qui laisse entendre qu'il y en aura d'autres derrière.
16:20Et donc, oui, c'est un coup de pression supplémentaire
16:23qui vise à savoir aussi, à évaluer plutôt,
16:25la détermination des deux parties prenantes,
16:28jusqu'où sont-elles prêtes à avoir mal.
16:31Général, on est bien d'accord que les navires,
16:33les 15 navires américains déployés dans cette région,
16:36ils sont pour l'instant à distance de ces fameuses côtes iraniennes.
16:40Pas question de s'approcher.
16:42Selon toute vraisemblance.
16:43Selon toute vraisemblance, ils n'ont pas de raison de s'approcher.
16:46Une fois qu'ils ont établi, comme je le disais précédemment,
16:48cette maritime picture, quand ils ont la situation navale.
16:52Après, il faut bien voir que ces navires,
16:54ils ne sont pas ensemble.
16:55Ils sont dispersés sur une vaste surface.
16:59Et à ce moment-là, vous avez détecté, identifié,
17:04classifié comme hostile ou suspect ou autre chose un bateau.
17:07Il y a peut-être un bâtiment qui est plus près,
17:10qui va l'approcher, où on va envoyer un hélicoptère,
17:13où on va envoyer un avion.
17:15Et puis, on va améliorer, encore une fois, la classification
17:18jusqu'à dire, celui-là, il est hostile et on l'arrête.
17:21Regardez les moyens, la Général.
17:22Il n'y a pas besoin d'y être.
17:24Et je voudrais revenir sur les règles d'engagement.
17:27Et si vous me permettez un témoignage.
17:29Je ne suis pas marin, mais j'ai vécu, moi,
17:31une attaque par des vedettes rapides iraniennes.
17:34Quand je commandais les opérations,
17:35les éléments français en Irak et en Syrie,
17:38contre Daesh, il y avait une frégate française
17:41qui était dans le détroit, en tout cas dans le Golfe,
17:48et qui faisait partie du dispositif.
17:50Donc, j'étais allé les visiter,
17:51ce qu'on appelle le Battlefield Circulation.
17:53Vous allez voir les troupes, qu'elles soient au sol,
17:55qu'elles soient sur les bases aériennes ou dans les bateaux,
17:58pour leur expliquer la vision du chef et préciser les directives.
18:02Et à ce moment-là, le Pacha, s'il regarde BFM, il se reconnaîtra.
18:06Le patron de la frégate était...
18:09J'avais fait l'exposé.
18:10On était dans son carré.
18:11Vous savez que les marins parlent du carré pour là où ils mangent,
18:15là où l'armée de terre parle de cercle.
18:16À chacun sa géométrie.
18:18Et à ce moment-là, il m'a dit, désolé, moi, général,
18:20je suis obligé d'interrompre mon déjeuner.
18:22On a une attaque de passe-d'arrant.
18:24Donc, je lui ai dit, attendez, permettez-moi d'y aller.
18:26Là, ce n'était plus ma mission, c'était la sienne.
18:29Et à ce moment-là, sont arrivées une dizaine de vedettes rapides
18:33qui sont venues à proximité de la frégate française
18:37pour lui dire, vous changez la route.
18:40Donc, pour parler de règles d'engagement.
18:42Sa règle d'engagement, à lui, c'était,
18:44tant qu'ils sont à distance, et je ne préciserai pas la distance,
18:47je ne fais rien, mais je continue ma route.
18:50À ce moment-là, on a vu que les vedettes se rapprochaient.
18:53Qu'est-ce qu'il a fait, lui ?
18:54Il a enlevé les protections des mitrailleuses de sabords,
18:59celles qui sont sur le côté, pour montrer aux Iraniens
19:01que cette fois, on n'avait pas franchi un cap.
19:03Et lorsqu'on voyait le blanc des yeux,
19:06c'est comme les cow-boys et les indiens.
19:07On voyait, ils se rapprochaient, ils se rapprochaient,
19:09et ça devenait de moins en moins professionnel.
19:11À ce moment-là, il a mis des hommes derrière les armes.
19:14Et ça s'est arrêté.
19:15Mais il a continué sa route, il n'a pas voulu céder.
19:17Alors, quand on parle de règles d'engagement,
19:19la règle d'engagement, c'était la sienne,
19:21c'était visiblement de ne pas tirer tout de suite.
19:23Les Américains, s'ils renforcent la règle d'engagement,
19:26c'est de dire, on n'attendra pas de voir le blanc de leurs yeux,
19:29on n'attendra pas qu'ils se rapprochent.
19:31Si on va fixer une bulle, une bulle de 10 nautiques,
19:3420 nautiques, 30 nautiques,
19:35à partir de là, s'il y a un bateau non classifié, non identifié,
19:40qui arrive, on tire.
19:41Et actuellement, peut-être que les Américains sont dans une logique
19:44de dire, on ne tire que s'ils approchent à 2 000.
19:48Maintenant, ils vont dire, dès que ça approche de 20 ou 30 000, on tire.
19:51C'est très important, parce que ça raconte parfaitement
19:54ce que sont les règles d'engagement,
19:55et à quel point il peut y avoir plusieurs leviers,
19:58degrés dans les règles d'engagement,
20:00avant, évidemment, qu'on bascule dans l'affrontement.
20:03Il y a ce blocus maritime dont on parle,
20:05et il y a aussi cette opération de déminage.
20:08On nous attend parler, Donald Trump.
20:09On avait le sentiment que les deux étaient intrinsèquement liés,
20:14Bruno Fellini, mais en fait, pas forcément.
20:17On est bien d'accord ?
20:18Alors, en ce qui me concerne, je ne suis pas du tout un spécialiste des mines.
20:21Ce que je peux dire, c'est que...
20:22Vous êtes un spécialiste du renseignement,
20:24et c'est pour ça que je me tourne vers vous.
20:25Parce qu'on n'arrête pas de dire,
20:26on ne sait pas exactement ce qui se passe
20:29en termes de mines dans ce détroit d'Hormuz.
20:31Est-ce que le renseignement américain et français,
20:34et français, parce qu'on est aussi dans la région,
20:36ont les moyens de savoir si, oui ou non, il y a des mines ?
20:39En fait, il y a eu une incertitude sur les mines.
20:40Ce qu'on peut dire avec une certaine certitude,
20:43c'est qu'il y a eu beaucoup de bluffs sur le thème des mines.
20:46C'est-à-dire que la mine, c'est extrêmement dissuasif,
20:49évidemment, non seulement pour les marins,
20:50mais aussi pour les armateurs et pour leurs assureurs.
20:53Donc dire, nous allons mettre des mines,
20:55nous avons mis des mines,
20:57nous avons perdu le contrôle de certaines mines,
20:59c'est évidemment une façon, avec des moyens extrêmement restreints,
21:03d'interrompre le trafic,
21:06de faire peser une menace sur n'importe quel navire civil ou militaire
21:11qui s'aventurerait dans les parages.
21:13C'est là-dessus que ça se joue.
21:14Le doute suffit.
21:15Le doute suffit.
21:16Et puis j'ajouterais que l'intérêt des Iraniens
21:18n'est pas de balancer plein de mines dérivantes
21:22qui rendraient le détroit totalement impraticable.
21:24Ça, c'est, je dirais, vraiment une carte de dernière chance.
21:29C'est beaucoup plus intéressant de dire,
21:31voilà, il y a quelques mines peut-être qui se baladent,
21:34on peut en balancer d'autres.
21:36Il faut...
21:36Après, on voit bien que des navires passent.
21:39Des navires passent.
21:40Il y a des canaux, des chenots qui ont été repérés
21:42dans lesquels la navigation est sûre.
21:45Voilà.
21:45Sauf que les Iraniens disent, nous avons miné une zone
21:48de 1400 mètres carrés environ,
21:50donc ça pourrait être qu'une seule partie de ce détroit d'Ormose.
21:56Mais est-ce que les renseignements américains,
22:00renseignements français, une fois de plus, j'insiste,
22:02ont les moyens de savoir si, oui ou non,
22:04il y a des mines dans cette zone ?
22:06Précisément, l'ensemble des mines qui pourraient exister, non.
22:09On peut repérer des mines, on peut même neutraliser des mines.
22:12Mais avoir une cartographie précise des mines présentes,
22:16non, bien sûr que non.
22:18Justement parce qu'il y a, encore une fois,
22:21je ne suis pas un spécialiste,
22:22mais les mines dérivantes, c'est particulièrement traître.
22:25Donc, en fait, vous les voyez quand le danger est déjà très présent.
22:29Vous les voyez qu'une fois que vous en êtes rapprochés.
22:32Intéressant.
22:33Donc, les renseignements sont impuissants face à cet outil,
22:37en fait, d'une certaine manière.
22:38Alors, ce que les services de renseignement connaissent,
22:41en revanche, c'est les capacités qu'ont les Iraniens
22:44de mouiller des mines, de lancer des mines.
22:46Et ces capacités-là, aujourd'hui, elles sont assez restreintes.
22:50Mais la présence effective et l'emplacement exact,
22:54à ce stade, ça me paraît totalement illusoire
22:57de dire qu'on sait où sont les mines.
22:58Sinon, on les ferait sauter.
23:00Mais il faut vraiment ne pas se laisser hypnotiser
23:03par cette question des mines.
23:05Ça fait partie de tous ces bluffs qui jouent un rôle dans cette guerre
23:09et dans les négociations qui ont lieu, malgré tout, plus ou moins en coulisses.
23:12Lorsqu'on parle d'ambiguïté stratégique, ça en fait partie.
23:16Bien sûr.
23:16Alors, que se passera-t-il si les choses tournent mal ?
23:20Ce qui est sûr, c'est que toute la journée,
23:21on a assisté à des déclarations guerrières de part et d'autre
23:24sur ce détroit d'Hormuz.
23:26Écoutez ce message qui a été lu à la télévision iranienne,
23:30message des gardiens de la révolution,
23:33sur la manière dont ils envisagent la suite.
23:37Les forces armées de la République islamique d'Iran
23:39déclarent clairement et fermement
23:41que la sécurité des ports du golfe Persique et de la mer d'Oman
23:44est l'affaire de tous ou de personnes.
23:46Si la sécurité de ces ports est menacée,
23:48aucun port ne sera en sécurité.
23:51On va aller retrouver l'un de nos reporters.
23:53C'est Boris Karlamov qui est du côté d'Abu Dhabi.
23:58Bonsoir Boris.
23:59Évidemment, cette déclaration lue à la télévision iranienne,
24:03elle n'est pas passée inaperçue là où vous êtes.
24:09Absolument, Alice, avec un point d'inquiétude
24:11ici aux Émirats arabes unis
24:13qui concernent les infrastructures pétrolières
24:16du port de Fujaira qui se situe à l'est du pays.
24:19C'est un port ultra stratégique
24:21qui a été la cible le mois dernier
24:23de plusieurs attaques de drones iraniens.
24:26Ce port est le seul terminal pétrolier émirati
24:30donnant de l'autre côté du détroit d'Ormuz.
24:34Les prochaines heures ici aux Émirats arabes unis
24:36s'annoncent donc cruciales
24:37alors que cela fait 5 jours qu'aucun missile,
24:40aucun drone iranien n'a été lancé sur ce pays du golfe
24:44et que les habitants d'Abu Dhabi ont repris un semblant de vie.
24:48Ils sont de plus en plus nombreux à se promener sur les bords de mer
24:51ou encore à descendre dans la rue.
24:53Et ce, malgré l'absence de touristes.
24:56Bref, tous espèrent ici que cette période d'accalmie
25:00va perdurer dans le temps malgré les menaces de l'Iran.
25:04Il y a donc les Émirats arabes unis qui sont menacés
25:07mais également par exemple le Qatar.
25:09Le Qatar qui justement appelle ce soir
25:11ne pas utiliser les voies maritimes
25:13comme des moyens de pression
25:15ou encore de chantage.
25:17Merci beaucoup Boris Karlamov
25:19et Margot Sèv.
25:20Si effectivement la situation dégénère
25:22dans ce détroit d'Ormuz,
25:24Jérôme Klesch,
25:25si on bascule à nouveau
25:27dans des affrontements militaires,
25:29les pays du golfe seront les premiers visés par les Iraniens ?
25:32Probablement puisque la riposte militaire cinétique
25:36des Iraniens repose sur les tirs de drones
25:40et les tirs de missiles.
25:41On sait qu'effectivement les pays du golfe
25:43pour eux c'est une façon d'élargir le conflit
25:46avec le succès côté iranien que l'on connaît
25:49parce qu'effectivement le coût est considérable.
25:52Mais j'allais dire, revenons quand même à la réalité,
25:55ce blocus n'aura très probablement pas
25:58vous voyez je me mouille si je puis dire,
26:00ce blocus n'aura très probablement pas
26:02d'impact militaire.
26:04L'idée c'est véritablement de faire pression
26:06dans le cadre des négociations
26:07et on sait aujourd'hui, je cite CNN,
26:10il y a 30 minutes qu'a priori
26:12un deuxième rang de négociations
26:15est véritablement en cours de calage.
26:17A Genève ou à Islamabad on ne sait pas
26:19mais c'est en cours de calage.
26:21Donc les deux parties ont intérêt à négocier
26:22pour des raisons différentes.
26:24Donc vraisemblablement on n'ira pas jusque là.
26:26Si toutefois ce blocus devait vraiment se maintenir
26:29et que ce second rang ne donne rien,
26:31bref que ça s'intire dans le temps,
26:33qui finalement a le plus à gagner
26:35au niveau de l'horloge ?
26:37C'est les Iraniens.
26:38Parce que ce blocus ne pourra avoir,
26:41et c'est d'ailleurs pour ça qu'il l'appelle un blocus,
26:43d'effet sur l'étranglement de l'économie iranienne.
26:46Et donc, parce que c'est ça la conséquence
26:48sur la population,
26:49qu'avec un temps bien supérieur
26:51au temps qu'il faudra pour que
26:52ce blocus ait d'impact sur l'économie mondiale
26:55et éventuellement à travers l'économie mondiale
26:57sur les Chinois,
26:58qui du coup interviendront forcément
27:00d'une façon ou d'une autre,
27:01et probablement pas militairement,
27:02mais plutôt en brandissant l'arme,
27:05par exemple, des métros rares,
27:07des terres rares,
27:07comme ils l'ont fait,
27:08et ça a déjà été fait,
27:10lors des négociations sur les droits de douane.
27:12Ils n'ont pas eu le temps de fermer le robinet
27:13que déjà la question des droits de douane
27:15était en train de se régler.
27:16Donc voyez,
27:17la question de l'affrontement lié à ce blocus,
27:19en réalité,
27:20elle est un peu hypothétique
27:21et sans doute qu'il faut s'en satisfaire.
27:24On continuera à parler des conséquences économiques,
27:27bien sûr,
27:27d'ores et déjà de ce blocus du détroit d'Ormouz.
27:31Nous parlerons aussi de ce qui se dit ce soir
27:32du côté de Téhéran.
27:33On sera sur place
27:34et on accueillera évidemment notre invité,
27:37c'est le général Sidos,
27:39qui sera avec nous pendant de longues minutes
27:42pour essayer de décrypter encore une fois
27:43ce qui se passe dans ce détroit d'Ormouz.
27:46A tout de suite.
27:48Bienvenue dans cette édition spéciale
27:50qui se poursuit.
27:51Évidemment,
27:52je vais quand même saluer
27:52ceux qui viennent de nous rejoindre
27:55en général,
27:55en l'occurrence,
27:56pardon,
27:57général,
27:57je dis trop le mot général en ce moment,
27:59c'est pour ça.
27:59Bertrand Gallichet,
28:01grand reporter spécialiste
28:02des relations internationales.
28:04Bonsoir Bertrand,
28:05ravi de vous retrouver.
28:06Et Amélie Rosy,
28:07qui est éditorialiste économie de BFM TV,
28:09qu'on est ravis de retrouver aussi
28:10puisqu'on va parler ensemble
28:11des conséquences économiques,
28:13évidemment,
28:13de ce blocus maritime
28:15dans le détroit d'Ormouz
28:16qui a commencé.
28:17Il est entré en vigueur
28:18depuis 5 heures,
28:19maintenant près de 5 heures.
28:20C'était 16 heures,
28:21heure française.
28:21Ce qu'on sait,
28:22c'est qu'il y aurait
28:2315 navires de guerre américains
28:25déployés dans la région
28:26pour soutenir cette opération.
28:28Et évidemment,
28:29chaque camp iranien,
28:31américain,
28:31s'accuse de prendre
28:32le contrôle illégalement
28:34de ce détroit
28:35et se menacent de riposte.
28:37On verra lesquels
28:38dans un instant.
28:38Mais allons tout de suite
28:39du côté de Téhéran.
28:41Retrouvez Siavoj Ghazi,
28:42le correspondant de France 24
28:43et RFI sur place.
28:45Qu'est-ce qui se dit
28:46ce soir Siavoj
28:48de ce blocus maritime
28:49américain
28:50entré en vigueur
28:51depuis 16 heures ?
28:54C'est un ton très dur
28:56de la part
28:56des autorités iraniennes
28:57qui dénoncent
29:00cette action
29:01des États-Unis.
29:02Tout d'abord,
29:03pas question
29:04que des navires
29:06de guerre américains
29:06s'approchent
29:07du détroit d'Ormouz.
29:08On sait qu'ils sont
29:08ces navires
29:10stationnés
29:10plutôt en mer d'Arabie
29:12à l'entrée
29:13de la mer de Mans.
29:15Donc,
29:16à part un destroyer
29:18ou deux
29:19qui sont venus
29:20s'aventurer
29:20vers le détroit
29:21d'Ormouz
29:22et qui ont été
29:24visiblement
29:25obligés
29:25de rembourser
29:26le chemin.
29:27Il n'y a pas
29:27d'autres navires
29:29de guerre américains
29:30qui sont venus
29:31dans la région.
29:32L'Iran a affirmé
29:33très clairement
29:33qu'en cas
29:34de tentative
29:35de s'approcher
29:36du détroit d'Ormouz,
29:38il y aura,
29:38donc,
29:39ça sera considéré
29:40par l'Iran
29:41comme une rupture,
29:42une violation
29:43du cessez-le-feu
29:44et donc l'Iran
29:45interviendra
29:46contre ces navires
29:47de guerre.
29:48Il y a donc un risque
29:49de nouveaux
29:50affrontements militaires.
29:52Dans ce cas-là,
29:53la présence
29:54de ces destroyers
29:55ou des navires
29:56de guerre américains
29:57dans cette zone
29:58en mer d'Arabie,
29:59pas loin
30:00des côtes iraniennes
30:01est un risque.
30:01Bien sûr,
30:02parce que l'Iran
30:02peut lancer
30:04des missiles
30:05et donc viser
30:07ces navires
30:08de guerre.
30:09Pour l'instant,
30:11ce n'est pas le cas,
30:12mais s'il y a
30:14une escalade,
30:14ça peut être
30:16une option
30:17pour les Iraniens
30:18et donc
30:19une escalade
30:20supplémentaire
30:21qui peut nous
30:21ramener
30:22dans la guerre.
30:23Par ailleurs,
30:25cela veut dire
30:26qu'avec ce blocus
30:28mis en place
30:29par les Américains,
30:30désormais,
30:31aucun navire
30:32n'est autorisé
30:33à passer
30:33à l'eau détroit
30:34d'Hormuz
30:34puisque l'Iran
30:35a toujours dit
30:35que si l'Iran
30:37n'avait pas
30:37la possibilité
30:38d'exporter
30:39son pétrole
30:40ou d'envoyer
30:42ses navires
30:43commerciaux
30:43à l'étranger
30:44à travers
30:45le détroit
30:45d'Hormuz,
30:46il n'est pas question
30:46que les autres
30:48pays de la région
30:48puissent le faire.
30:50donc on est
30:50dans un statu quo
30:52qui fait que
30:53les 2 ou 3 000
30:54navires commerciaux
30:55qui sont dans
30:55la zone
30:57ne pourront pas
30:57quitter
30:59cette région
31:00tant qu'il n'y aura
31:02pas une solution
31:03politique,
31:03un accord politique
31:04entre les deux parties
31:05qui ne sera trouvé.
31:07Merci beaucoup
31:08Siavosh Ghazi
31:09et regardez
31:10ce qui circule
31:12ces dernières heures
31:12sur les réseaux sociaux,
31:14sur les comptes
31:15pro-iraniens
31:16au sujet
31:16de ce blocus
31:17américain
31:18dans ce détroit
31:18d'Hormuz.
32:04Mec, tu arrives trop tard,
32:06les prix de l'essence
32:07ont déjà grimpé.
32:08Le Varinelle,
32:09un commentaire
32:09sur cette vidéo
32:10générée par
32:11l'intelligence artificielle
32:12qui, je le précise,
32:13n'a à ce stade
32:13pas été reprise
32:15par des comptes
32:16officiels iraniens.
32:17Ce sont des comptes
32:18pro-iraniens
32:19mais il n'y a pas
32:20d'officier iranien
32:21qui a relayé cette vidéo.
32:22Alors, ce n'est pas
32:22la première fois.
32:23Non.
32:24En plus, sur ce graphique
32:25avec les légos,
32:27ils ont la cote.
32:28Il y a un retour
32:28des légos.
32:30À leur dépend,
32:31je crois.
32:33Mais je crois
32:34que ce sont
32:34des messages
32:35pour,
32:36je ne dirais pas
32:37peut-être
32:38de la partie iranienne
32:39mais en tout cas
32:39du soutien,
32:40on va dire ça
32:41comme ça,
32:43des Iraniens
32:44pour monter
32:45un rapport de force
32:46en leur faveur
32:46en disant que
32:47c'est eux qui détiennent
32:48effectivement
32:49la maîtrise du temps.
32:51Et le fait
32:52d'avoir ces bateaux,
32:53ça me fait penser
32:55finalement à cette situation
32:56où pour les Iraniens,
32:58le détroit d'Hormuz
32:58c'est un langage,
32:59c'est un outil,
33:00ce n'est pas un objectif.
33:02Et dès lors,
33:02ils jouent effectivement
33:03sur notre capacité
33:05à absorber
33:06ce poids,
33:08on va dire,
33:09économique,
33:09de stress
33:10seuil de sécurité
33:11sur cette zone
33:11puisqu'il n'y a pas
33:12que l'Occident
33:13mais aussi l'Asie,
33:15il y a l'Afrique
33:15et il y a les États du Golfe
33:16qui ont en plus
33:17des questions économiques
33:18et des questions de sécurité
33:19parce qu'on se dit
33:20qu'effectivement
33:21une fois que,
33:23admettons que
33:25ces négociations
33:26ou plutôt
33:26cette situation
33:27où le seuil
33:28est un peu flou,
33:28on est entre la non-action
33:30et une guerre ouverte,
33:31on ne sait pas
33:32à quel moment
33:32tout cela peut dégénérer
33:34avec ce qu'on disait
33:36d'ailleurs assez clairement,
33:37ce risque de position
33:38et de réponse assez dure
33:40et franche
33:41où en fait
33:42le risque d'accident
33:44sur un bateau,
33:45sur une manière
33:46d'arraisonner
33:47un tanker
33:48pourrait faire
33:49une escalade incontrôlée.
33:50Donc ça,
33:51à mon avis,
33:51c'est encore une fois
33:52une pièce dans le jukebox,
33:54pardon pour l'image,
33:56de la partie iranienne
33:57où en fait
33:57on a deux histoires.
33:58Il y a les Américains
33:59qui disent
34:00mais ne vous inquiétez pas,
34:01en fait,
34:02ils parlent au marché
34:02sur ce blocus.
34:03Écoutez,
34:04je gère,
34:04moi,
34:05je fais un contre-blocus
34:07au blocus iranien
34:09en sachant que les Iraniens
34:10disent qu'ils ne font pas
34:11un blocus,
34:12ils menacent juste
34:13et de l'autre côté,
34:14les Iraniens jouent sur le temps
34:16en disant que finalement,
34:17il dit qu'il a le temps,
34:18c'est nous quand même
34:18qui sommes là
34:19et qui maîtrisons tout cela
34:20sur les questions sécuritaires
34:21et sur les questions du marché.
34:23Donc on voit,
34:23parce qu'en fait,
34:24la vraie clé,
34:24c'est la question du nucléaire.
34:26On y reviendra,
34:26je sais.
34:26On va en parler
34:27mais c'est un point clé,
34:28c'est ce que je retiens
34:29après cette journée
34:30ou ce week-end
34:31de discussion
34:31autour des négociations,
34:34c'est que pour les Iraniens,
34:35ce droit d'enrichir
34:38potentiellement
34:38avec un programme militaire nucléaire
34:42est une question pour eux
34:43qu'ils ne vont pas mettre de côté.
34:45Sauf qu'au-delà
34:46évidemment des déclarations
34:49sur l'essence,
34:49il y a aussi un scénario militaire
34:51qui se dessine dans ce clip.
34:53Non mais je veux dire,
34:54si ça tourne mal
34:55pour les Américains
34:56dans ce détroit d'Hormuz,
34:58comment ça pourrait
34:59se manifester en fait ?
35:01Qu'est-ce qu'on sait exactement
35:02des moyens militaires
35:03des Iraniens
35:04dans cette région ?
35:05Parce que là,
35:05on voit des missiles,
35:06on voit les petites navettes.
35:07C'est ça en fait
35:08ce qui pourrait se passer
35:09si ça tourne mal ?
35:10Alors,
35:12cette vidéo
35:13me rappelle quand même
35:15les notions
35:15d'affrontement.
35:18Ce qu'on appelle en France
35:19dans la doctrine française
35:21le multimilieu,
35:22multichamp.
35:23C'est quoi le multimilieu ?
35:24C'est Terre-Air-Mère.
35:26Donc Terre,
35:26il n'y a rien eu pour l'instant.
35:28Air et mer,
35:28il y a eu un combat
35:29qui pour l'instant
35:30a quand même été largement
35:31en faveur des Américains.
35:33Vous avez aussi
35:34le milieu spatial.
35:36Bon,
35:36il n'y a pas eu de guerre
35:37dans l'espace,
35:38mais il y a de la guerre
35:38depuis l'espace
35:39puisqu'il y a du brouillage GPS.
35:41Il y a quand même
35:42tous les satellites
35:42qui servent
35:43à désigner les objectifs.
35:44Et puis,
35:45il y a le milieu cyber.
35:46Et on imagine
35:48qu'actuellement,
35:48dans l'espace cyber,
35:51ça doit donner un maximum.
35:52Mais bon,
35:52ça,
35:52ça échappe
35:53à nos radars.
35:55Et puis,
35:55ça,
35:56c'est le multimilieu.
35:57Et il y a le multichamp.
35:58Le multichamp,
35:58c'est l'affrontement
36:00dans le spectre électromagnétique.
36:02Ça,
36:03c'est les brouillages
36:03et autres.
36:04Et on l'a vu
36:05notamment
36:06dans l'opération
36:08de sauvetage
36:08du pilote.
36:09Et puis,
36:09il y a le milieu
36:10dit de l'influence
36:11des perceptions.
36:12Et là,
36:13on est typiquement
36:13dans le jeu
36:14de la perception
36:15et de l'influence.
36:16Il s'agit de montrer
36:18à qui,
36:19à la population iranienne,
36:21aux alliés des Iraniens
36:22ou je ne sais pas à qui,
36:23en tout cas,
36:24aussi à la population américaine,
36:25c'est de dire,
36:26nous,
36:27on est à l'aise,
36:28on est tranquille,
36:29on est capable
36:30de vous battre
36:31et ne croyez pas
36:33que ça sera
36:34une partie de plaisir
36:34pour vous.
36:35Donc là,
36:35on est dans le jeu
36:36de l'influence.
36:38On passe un message,
36:39un message de supériorité
36:40des Iraniens
36:41sur le Détroit.
36:42Alors,
36:43comment ça va se manifester
36:44pour répondre
36:45à votre question ?
36:46Il y a,
36:46on les a évoqués
36:47tout à l'heure,
36:48ces vedettes rapides
36:49puisque,
36:50encore une fois,
36:50n'importe quel
36:51petit bateau
36:54qui est actuellement
36:55caché dans un port
36:56ou l'autre
36:56peut être militarisé
36:58et peut servir
36:59d'embarcation suicide
37:00ou pour aller taper
37:03ou tirer
37:03sur un pétrolier
37:05ou autre chose.
37:05Vous avez l'autre menace,
37:07c'est celle
37:08des missiles,
37:09des missiles antinavires.
37:10On l'a déjà évoqué
37:11sur ce plateau.
37:12Ils ont récupéré
37:13il y a quelques années
37:14le missile C-802 chinois,
37:17c'est l'équivalent
37:18du français Exocet
37:19et ils sont capables
37:20jusqu'à 80 kilomètres
37:21de tirer
37:22un missile antinavire.
37:24Il y a aussi
37:24les drones
37:25puisqu'il y a
37:25des pétroliers
37:27qui ont été touchés
37:27par des drones
37:28de Chipshahed
37:29ou autre.
37:30Et puis,
37:30in fine,
37:31mais on a déjà évoqué,
37:32on ne va pas non plus
37:33en rajouter,
37:34c'est la possibilité
37:35de miner.
37:36Jusqu'à présent,
37:37tout laisse à penser
37:39qu'effectivement
37:40c'était du bluff
37:41qui n'ont rien miné
37:42sinon ils se tiraient
37:43eux-mêmes une balle
37:44dans le pied.
37:44Mais s'ils sont acculés
37:46et qu'il n'y a plus
37:46d'autres solutions,
37:47peut-être que cette fois
37:48ils laisseront partir
37:50des mines
37:50pour bloquer définitivement
37:52le détroit.
37:52Donc, vedettes, drones,
37:54missiles et mines,
37:55voilà les moyens
37:56dont ils disposent
37:58potentiellement
37:58dans la région.
37:59Alors,
37:59je disais que ce clip
38:00n'avait pas été relayé
38:01par des comptes officiels.
38:02Il y a quand même
38:03eu des messages
38:04aujourd'hui
38:06par des officiels iraniens
38:07sur cette question
38:08sensible de l'essence,
38:10des prix du carburant.
38:11L'ambassade d'Iran
38:12qui a tout d'abord
38:14fait passer ce message
38:15bloqué le détroit
38:17et notre travail
38:18pas le vôtre.
38:20L'une des ambassades d'Iran
38:21en l'occurrence
38:22au Zimbabwe.
38:23Merci Elsa Vidal.
38:24Et puis,
38:25il y a ce message
38:26absolument lunaire
38:27du président du Parlement
38:28iranien
38:29qui dit
38:30avec une carte
38:31de la Maison Blanche
38:32et en gros
38:33les stations-services
38:33autour de la Maison Blanche
38:35profiter des prix actuels
38:36à la pompe
38:36avec ce soi-disant blocus.
38:38Vous regretterez bientôt
38:39l'essence
38:40à 4 ou 5 dollars
38:41le gallon.
38:43Amélie Rosic.
38:44Est-ce qu'effectivement
38:46le pire est à venir
38:47lorsqu'on parle de carburant ?
38:48C'est extrêmement difficile
38:49à dire
38:50mais je vais rebondir
38:51sur ce que vous disiez
38:52sur la perception
38:52finalement du rapport de force
38:54et en fait
38:55la question économique
38:57et la question
38:58du cours du baril
38:59de pétrole
39:00c'est un peu ça
39:01c'est comment
39:02les marchés
39:02comment la bourse
39:03va percevoir
39:04le rapport de force
39:05qui est en train
39:06de se jouer
39:07parce que
39:08et d'ailleurs
39:08en quelque sorte
39:09les annonces
39:10et les tergiversations
39:11géopolitiques
39:12on peut considérer
39:13que c'est une forme
39:14de manipulation
39:15des marchés
39:16avec ou sans contrôle
39:18ça c'est difficile à dire
39:20parce que
39:21tout simplement
39:21le prix du baril
39:22de pétrole
39:24il se joue
39:25un petit peu
39:25en amont
39:26en fonction
39:26de quelle sera
39:27la situation géopolitique
39:28et des annonces
39:29les marchés
39:30ils vont anticiper
39:31anticiper
39:32sur une raison
39:33très simple
39:34qui est toujours
39:34la même sur un marché
39:35l'offre
39:36et la demande
39:36c'est ça qu'ils vont
39:37anticiper
39:38et c'est pour ça
39:38qu'on voit
39:39des fluctuations
39:40et qu'aujourd'hui
39:41ce matin
39:41le baril de Brent
39:42il a dépassé
39:43à nouveau
39:44les 100 dollars
39:45alors que ces derniers jours
39:46il était autour
39:47de 95 dollars
39:49et donc ça a toujours
39:50cette espèce
39:51de répercussion
39:53ça ne veut pas dire
39:55que ça augmente
39:57et que les conditions
39:58d'approvisionnement
39:59sont réellement rendues
40:01difficiles
40:01c'est ça qu'il faut imaginer
40:02c'est une anticipation
40:04et une perception
40:04de ce qui va se passer
40:06réellement
40:06sur le marché
40:07et ça évidemment
40:08ça a des conséquences
40:09très concrètes
40:09sur ceux qui nous regardent
40:11puisque très vite
40:11c'est l'augmentation
40:13des prix à la pompe
40:14et ça on verra
40:15vous allez nous en parler
40:15dans un instant
40:16mais ce que ça marque
40:18très bien
40:18ce que vous venez
40:19de nous expliquer
40:19Amélie Rosic
40:20c'est qu'en fait
40:21il y a une course
40:21d'endurance
40:22qui commence ce soir
40:23autour de ce détroit
40:24d'Harmouz
40:25Bertrand Gallichet
40:25celui qui tiendra le plus
40:27sur le plan économique
40:28notamment
40:29absolument
40:29et d'ailleurs
40:30si vous êtes un responsable
40:32un décideur iranien
40:33ce soir
40:34au moment où nous parlons
40:35que faites-vous ?
40:36Je vais vous le dire
40:36vous ne faites rien
40:37vous attendez
40:38parce que
40:38c'est la meilleure solution
40:41pour vous
40:41vous n'avez aucun intérêt
40:43à aller taper
40:44des bateaux américains
40:45vous n'avez aucun intérêt
40:46à montrer un acte
40:47d'hostilité
40:48quel qu'il soit
40:49de toute façon
40:49le détroit
40:50est bloqué
40:51donc
40:52par les Iraniens
40:53par les Américains
40:54peu importe
40:55mais
40:56vous savez
40:57la meilleure stratégie
40:59aujourd'hui
40:59pour la diplomatie iranienne
41:01c'est d'attendre
41:02au fond
41:02la réaction
41:03à la fois des marchés
41:04à la fois
41:05du cours du Brent
41:06les marchés financiers
41:08sont impactés également
41:09et surtout
41:10d'attendre
41:10la réaction
41:11des Chinois
41:12des Indiens
41:13des Japonais
41:13des pays asiatiques
41:15qui attendent impatiemment
41:16des livraisons de pétrole
41:17et puis
41:18vous verrez que
41:19les Chinois
41:20ils ne vont pas laisser faire
41:21éternellement
41:22exactement
41:22et donc
41:23la pression
41:24à noter les spectateurs
41:25que
41:25si c'est bloqué
41:27totalement bloqué
41:28ce sont les exportations
41:29de pétrole iranien
41:30notamment
41:30à destination de la Chine
41:31qui sont réellement
41:33impactés
41:34à l'heure où l'on se parle
41:35par ce blocus là
41:36mais les Iraniens
41:37n'ont pas besoin
41:38d'argent à la seconde
41:39ils peuvent attendre
41:40et s'il y a
41:42des impacts
41:43sérieux
41:44et même prolongés
41:45sur l'économie iranienne
41:46c'est la population
41:47qui en souffrira
41:48et je peux vous dire
41:48que les gardiens
41:49de la révolution
41:49n'en ont cure
41:50donc ce qui les intéresse
41:52c'est d'attendre
41:53et c'est une stratégie
41:54tout à fait cohérente
41:55que
41:56notamment
41:57les Chinois
41:58pas seulement
41:58mais notamment
41:59les Chinois
42:00se manifestent
42:01auprès des Américains
42:02pour leur dire
42:03maintenant ça suffit
42:05il faut trouver une solution
42:05il faut laisser passer
42:06notre pétrole
42:07parce qu'on en a besoin
42:08et puis je vous rappelle
42:09que maintenant
42:10nous sommes à un mois
42:11exactement
42:12de la rencontre
42:13Trump-Xi Jinping
42:14à Pékin
42:15et donc
42:17le sablier coule
42:18et Trump
42:19ne pourra pas arriver
42:20dans un mois
42:22face à
42:24son homologue
42:25chinois
42:25en lui disant
42:26écoutez
42:28débrouillez-vous
42:29on ne s'occupe pas
42:29de votre pétrole
42:30très important
42:31parce que ça
42:31il ne peut pas en faire
42:32abstraction de cette rencontre
42:33dans un mois
42:34ça va aussi peut-être
42:35influencer le cours
42:36de ce conflit
42:37mais est-ce qu'il a raison
42:38je ne vais pas vous demander
42:39Amélie Rozig
42:39de valider
42:40la propagande iranienne
42:42mais est-ce qu'il a raison
42:42le président du parlement iranien
42:44de dire
42:44vous allez bientôt
42:45regretter le galon
42:47le galon
42:48à 4 ou 5 dollars
42:50est-ce que
42:51ça donne quoi
42:52là en ce moment
42:52aujourd'hui
42:53à la pompe
42:53alors là
42:55le prix du baril de Brent
42:56a réaugmenté
42:57repassé la barre
42:58des plus de 100 dollars
43:00depuis ce matin
43:01il y a peu de chances
43:02que ça diminue
43:03dans les heures
43:05et les jours à venir
43:06alors que je le rappelle
43:06on avait rediminué
43:08autour de 95 dollars
43:09au moment du cessez-le-feu
43:10exactement
43:11au moment du cessez-le-feu
43:12on avait
43:13en tout cas jusqu'ici
43:14coutume de dire
43:15qu'une augmentation
43:16ou une baisse
43:16de 1 dollar
43:17sur le prix du baril
43:18de pétrole
43:19ça se répercute
43:20dans les 24-48 heures
43:21sur le prix à la pompe
43:23de 1 centime
43:25ça n'a pas été
43:26tout à fait le cas
43:26parce que quand ça
43:27a rebaissé
43:28après l'annonce
43:29du cessez-le-feu
43:30le gouvernement français
43:31par exemple
43:31s'attendait à une baisse
43:32des prix à la pompe
43:33de 5 à 10 centimes
43:34en fait on a vu
43:35une baisse
43:36des prix à la pompe
43:36de 1 centime
43:38donc la réalité
43:39aujourd'hui
43:40est un peu différente
43:41là actuellement
43:42à l'heure où l'on se parle
43:43le sans-plan 95
43:44achète en moyenne
43:45à peine moins de 2 euros
43:47le litre
43:48aujourd'hui en France
43:49le sans-plan 98
43:50à 2 euros
43:50et le gazole
43:51à 2,30 euros
43:52donc si
43:53vous me demandez
43:55est-ce qu'il faut aller
43:56ce soir
43:57faire son plein
43:58pourquoi pas
43:59c'est pas idiot
44:00c'est pas idiot
44:02pourquoi pas
44:02c'est pas idiot
44:03sachant que par ailleurs
44:04la stratégie de la France
44:05ça peut aller mieux
44:06mais ça peut être pire
44:06comme vous le disiez
44:07vous parliez de la population
44:09iranienne
44:10il y a aussi
44:10la population française
44:12les populations européennes
44:13qui doivent continuer
44:14d'utiliser leur voiture
44:15notamment dans les régions
44:16les moins urbanisées
44:18a priori
44:19la France n'a pas
44:20les moyens
44:21de se permettre
44:22d'encaisser cette hausse
44:23comme
44:23il y a eu
44:25cette annonce
44:25de Frédéric Mers
44:27le chancelier allemand
44:28qui explique
44:29qu'il va baisser
44:30les taxes
44:31sur l'essence
44:32enfin sur les carburants
44:34pendant deux mois
44:34ça va coûter
44:35plus d'un milliard
44:36on n'a absolument pas
44:38les moyens de le faire
44:38a priori la France
44:39ne se dirige pas
44:40là-dessus
44:41donc ce sera
44:41aux consommateurs
44:42directement
44:43d'absorber
44:44cette hausse
44:45sachant que
44:45quand bien même
44:46il y aurait des aides publiques
44:47c'est quand même
44:47toujours le contribuable
44:48qui finit par payer à la fin
44:49Bertrand Gallichet
44:50disait à l'instant
44:51moi je serai
44:52un dirigeant iranien
44:53je ne bougerai pas
44:54je ne ferai rien
44:55et côté américain
44:57Trump disait tout à l'heure
44:58on restera aussi longtemps
44:59que nécessaire
45:00ce qui est faux
45:01évidemment
45:01il va vouloir que ça aille vite
45:03à partir de quel moment
45:05on peut considérer
45:06que ce blocus maritime
45:07n'aura aucun effet
45:08et il va s'enliser
45:10en fait
45:10à partir de maintenant
45:11parce que regardez
45:12il y a un signal faible
45:13qui est quand même
45:14à écouter
45:15c'est que le Dow Jones
45:16a clôturé en hausse
45:17et en nette hausse
45:19avec une petite
45:19alors je ne dirais pas
45:20une fusée
45:20quand même
45:21il ne faut pas exagérer
45:21mais une hausse
45:22quand même assez rapide
45:23à la clôture du marché
45:24ce qui indique quand même
45:26quand on met ça
45:27en rapport
45:27avec les infos
45:28qui filtrent de CNN
45:30comme quoi il y aurait
45:31l'organisation
45:32d'un second round
45:33de négociations
45:34on ne sait pas
45:35si c'est à Islamabad
45:36ou à Genève
45:36mais enfin un second round
45:38et qu'on sait que
45:39et les Iraniens
45:39et les Américains
45:40et sans doute
45:41à court terme
45:42plus les Américains
45:43que les Iraniens encore
45:44parce qu'effectivement
45:44les Iraniens pourraient
45:45se permettre de s'asseoir
45:46et d'attendre un moment
45:47et de boire frais
45:48et bien on se dit
45:49qu'effectivement
45:50il y a quand même
45:50trois éléments convergents
45:52qui tendent à montrer
45:53que ce blocus
45:54ça risque de faire
45:55un peu l'effet
45:55d'un soufflet
45:56et de retomber
45:57parce que concrètement
45:58sur le plan militaire
45:59et on le disait
46:00il y a peu de chances
46:01que ça s'embrase
46:01et tant mieux
46:02et sur le plan
46:03de l'efficacité
46:04à court terme
46:05sur l'économie iradienne
46:06assez peu
46:07parce qu'il y a eu
46:07des réserves de fêtes
46:08importantes par les gardiens
46:10de la révolution
46:10et qu'en effet
46:11les répercussions
46:11sur la population
46:12qui pourraient mener
46:14un soulèvement
46:15mais à quel horizon
46:16et de qui
46:16et sachant que la répression
46:18est encore active
46:19on ne voit pas trop
46:19comment ça pourrait
46:20renverser le régime
46:21voilà
46:21et que sur les chinois
46:22plus largement sur l'Asie
46:24mais sur les chinois
46:24en particulier
46:25les répercussions
46:26seront effectivement possibles
46:28et significatives
46:29mais à beaucoup
46:30plus long terme
46:30et les chinois
46:31ont un verrou
46:32qui est celui des terres rares
46:33qui ne manqueront pas
46:34d'actionner
46:34donc vous voyez
46:35ce blocus
46:35il risque de faire pchit
46:36quoi
46:36c'est très intéressant
46:37parce que vous ne cessez
46:38de dire
46:39les chinois
46:39ils ont les terres rares
46:40mais précisément
46:41est-ce que les iraniens
46:42ne sont pas en train
46:43de faire avec ce détroit
46:44d'Hormuz
46:44ce que font les chinois
46:45avec les terres rares
46:46si les iraniens
46:47c'est ce qu'ils font
46:48ils utilisent
46:49une arme
46:50une zone géographique
46:51bien sûr
46:51que les approvisionnements
46:52stratégiques
46:53les flux stratégiques
46:54d'approvisionnement
46:55c'est une forme
46:56de dissuasion conventionnelle
46:58qui déporte
46:58la dissuasion
46:59hors du terrain militaire
47:00le général parlait
47:01à bon droit
47:02de la guerre
47:02multi-domaines
47:03multi-milieux
47:04multi-champs
47:04mais à côté
47:05du multi-milieux
47:06multi-champs
47:06j'allais dire
47:07qui est militaro
47:09militaro
47:10civil
47:10pour les quelques éléments
47:12qui seraient
47:12d'ordre informationnel
47:14vous avez toute la guerre
47:15dans toutes ses dimensions
47:17économiques
47:18psychologiques
47:19culturelles
47:19etc
47:20et dans la guerre économique
47:21il y a d'abord
47:22les approvisionnements stratégiques
47:23et ça c'est véritablement majeur
47:24Amélie Rosic
47:25un dernier mot
47:26sur ce qu'il va falloir suivre
47:27très attentivement
47:29alors vous me disiez
47:29pourquoi pas aller faire son plein
47:31ce soir
47:31c'est pas forcément
47:32une mauvaise idée
47:33à quoi il va falloir être attentif
47:35là dans les heures
47:35et les semaines qui viennent
47:37alors c'est pas attentif
47:38c'est en tout cas
47:39qu'il y a d'autres secteurs
47:40qui sont touchés
47:41et je pense par exemple
47:43le secteur des emballages
47:44plastiques
47:45des cagettes en plastique
47:47ça
47:48il souffre déjà
47:49parce que
47:50la matière première
47:51qui est donc un dérivé
47:52du pétrole
47:53a fortement augmenté
47:55ce matin par exemple
47:56il y avait un reportage
47:56chez le confrère
47:58de RMC
47:59sur une usine
48:00qui a décidé de fermer
48:02pendant une semaine
48:03parce que
48:04un les matières premières
48:05ont doublé
48:05donc c'est beaucoup trop important
48:06pour continuer la production
48:08et parce que
48:08deux le carnet de commandes
48:09se vident parce que
48:11les gens qui commandaient
48:12font autrement
48:13parce que ça coûte trop cher
48:14donc ça c'est une autre conséquence
48:16très concrète
48:17et qui n'est pas prête
48:17de s'arrêter
48:18quand bien même
48:19ce blocus américain
48:21serait officiellement levé
48:23et puis on pense aussi
48:24évidemment
48:25au kérosène
48:26ce qui sert
48:27à faire tourner
48:28à faire voler
48:29les avions
48:30ça aussi c'est des conséquences
48:31très concrètes
48:31en particulier sur
48:32les billets d'avion
48:33le prix de vos billets d'avion
48:35et plus particulièrement
48:36sur les compagnies
48:37low cost
48:38en particulier
48:38ça c'est très concret
48:39et c'est maintenant
48:41c'était important
48:42de rappeler effectivement
48:43d'autres conséquences concrètes
48:45au-delà des prix de l'essence
48:46Bertrand Gallichet
48:48Donald Trump
48:49nous parle du nucléaire
48:50Donald Trump
48:51nous parle du détroit d'Hormuz
48:52mais en fait
48:53son obsession
48:54c'est effectivement
48:56l'économie mondiale
48:57et le fait
48:58que les iraniens
48:59puissent tirer profit
49:01de ce détroit d'Hormuz
49:02ça l'obsède
49:03ça l'agace
49:04ça l'insupporte même
49:05ça s'entend
49:06lorsqu'il en parle
49:06oui mais il a bien compris
49:08qu'il est coincé
49:09dans cette affaire
49:10et qu'il ne pourra pas
49:12indéfiniment
49:13prolonger
49:14ce blocus
49:15qui d'ailleurs
49:16n'est pas encore
49:18complètement avéré
49:19donc c'est d'ores et déjà
49:20un échec vous dites ?
49:21en fait
49:21c'est très mal parti
49:22même si on en est
49:24au tout début
49:25vous savez
49:25il n'y a pas beaucoup
49:26dans l'histoire
49:27d'exemples
49:28de blocus
49:29qui est fonctionné
49:30alors il y a
49:31un exemple très célèbre
49:32qui remonte
49:33à plus de 60 ans
49:34c'est le blocus de Cuba
49:36pendant la crise
49:37des missiles
49:37ça avait duré
49:39en tout et pour tout
49:406 jours
49:41mais les circonstances
49:43étaient complètement différentes
49:44et c'était pour des raisons
49:46purement militaires
49:47il n'y avait pas
49:47d'objectif économique
49:49depuis
49:50il n'y a pas véritablement
49:51à ma connaissance
49:52de circonstances
49:53dans lesquelles
49:54ça avait fonctionné
49:55donc ça peut durer
49:56indéfiniment
49:56sans aucun effet
49:58de levier
49:58pour les Etats-Unis
50:00et c'est la raison
50:00pour laquelle
50:01il y a des indices
50:02qui se multiplient
50:03pour une reprise
50:04des négociations
50:05avec les Iraniens
50:07la question pour Trump
50:08actuellement
50:08c'est de savoir
50:09comment faire avaler
50:11cette nouvelle session
50:13de négociation
50:14à son opinion publique
50:15c'est comment
50:16ne pas perdre la face
50:18et accepter
50:19de repartir
50:21dans un dialogue
50:21avec les Iraniens
50:22sans avoir l'air
50:24de faire trop de concessions
50:25Merci à tous les six
50:26on marque une toute petite pause
50:28et on se retrouve évidemment
50:28pour cette édition spéciale
50:30on accueillera notamment
50:30le général Philippe Sidos
50:32ancien chef du bureau
50:33de liaison
50:34de la Finule
50:36et on retrouvera évidemment
50:37toutes les équipes
50:37de BFM TV
50:38sur le terrain
50:39à tout de suite
50:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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