00:00C'est l'édito politique de Patrick Cohen, bonjour.
00:02Bonjour Florence.
00:03Patrick, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public a achevé ses auditions comme elle les avait commencées, dans des
00:09éclats de voix.
00:10Et surtout sans jamais aborder des questions de fond pourtant brûlantes sur l'avenir des radios et télés en ligne
00:16à l'ère du numérique,
00:17la spécificité du service public, la façon de garantir l'accès à une information fiable ou de concilier pluralisme et
00:23impartialité, un tour de force.
00:25Au lieu de ça, Léa Salamé s'est vue demander pourquoi elle avait invité Xavier Bertrand plutôt que Philippe Devilliers.
00:31C'est idiot, le second va en plus de livres.
00:33La direction de Radio France s'est vue reprocher, je cite, de psychiatriser les électeurs RN à cause d'une
00:38étude qui fait un lien entre la fin des barres tabac et le vote d'extrême droite.
00:41On en a parlé ici.
00:43Pierre Aski a été sommet de s'expliquer sur son passé de lycéen maoïste il y a près de 60
00:48ans.
00:49Pardon Pierre.
00:50Et Patrick Sébastien a pu suggérer que la direction de France Télé avait touché des pots de vin.
00:54Je n'affirme rien, je pose la question.
00:56Affirmation sans preuve, insinuation diffamatoire, question dérisoire, pas seulement orientée mais ouvertement partisane.
01:03Et s'agissant de l'information délibérément interventionniste, dans quelle autre démocratie a-t-on vu un élu dans une
01:10enceinte parlementaire,
01:11indiqué sur différents sujets, ce qu'il faut dire et ne pas dire, en questionnant les choix des journalistes sur
01:17leurs invités et leur contenu ?
01:18Il y a là le précédent dangereux d'une ingérence politique sans doute jamais vue en France depuis l'ORTF.
01:24Est-ce à dire Patrick qu'il n'y avait pas matière à enquêter ?
01:27Bien sûr que si, mais la croisade du rapporteur sciotiste Charles Laloncle ne visait pas à enquêter mais à démanteler.
01:34Il n'a pas instruit, il a démoli, y compris les réputations, en faisant passer les médias publics comme une
01:40vaste gabegie au profit d'une caste de oisifs ou de privilégiés antirènes.
01:45Posture qui a fait de Charles Laloncle en quelques mois une star des médias d'extrême droite et promotion personnelle
01:51dénoncée de façon inattendue.
01:53Hier par le président de la commission, le député horizon Jérémy Patrier-Lettus a ouvert la séance en désinguant celui
01:59qui aura été son voisin de bureau pendant six mois.
02:01Une question vertigineuse s'impose à nous, que sommes-nous prêts, nous les responsables politiques, à sacrifier pour la reconnaissance,
02:09les paillettes, ces accessoires, ces poussières, ces quarts d'heures de gloire, sans doute beaucoup, sans doute trop.
02:16Trop, c'est une façon de dire que le rapporteur a mis la commission à son service.
02:20A-t-il fait tout cela pour devenir le ministre de la culture de Jordan Bardella en 2027 ?
02:25Se demandait Patrier-Lettus lundi sur RTL.
02:27Est-ce qu'il pose question sur le travail du parlement ?
02:29Dans cette histoire, c'est le service public qui était la cible, en vue d'une privatisation ou d'un
02:34démantèlement,
02:35mais c'est l'institution parlementaire qui sort en premier abîmée.
02:39Le dévoiement d'une commission officielle, son détournement à des fins purement partisanes et propagandistes,
02:44la diffusion de fausses nouvelles avec l'estampille de l'Assemblée, ce n'est pas rien.
02:49L'institution devra en tirer les leçons.
02:51L'audiovisuel public également, bien sûr, même si pour l'heure, ni ses audiences, ni son image ne semblent affectées
02:57par l'offensive.
02:58Pour 3 Français sur 4, d'après un sondage via Voice pour les assises du journalisme de Tours qui viennent
03:04de débuter,
03:053 sur 4, les médias de service public sont importants, 36%, et même indispensables, 39%, pour le bon fonctionnement de
03:13la démocratie.
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