00:00Nous vous souhaitons la bienvenue, il est 8h moins 10, Marie Dorcel, les enseignants français font entendre leur grogne.
00:06Actuellement, ils étaient en grève hier partout en France pour faire part de leurs inquiétudes sur la rentrée prochaine.
00:12Écoles fermées, postes supprimés, conditions de travail dégradées, coupes budgétaires.
00:16On fait le point ce matin. Marie maintenant en direct avec notre invitée, c'est la co-secrétaire du syndicat
00:21SNIPP45.
00:22Bonjour Lucille De Wattine.
00:24Bonjour.
00:24Nous sommes le 1er avril, mais vous avez déjà les yeux tournés vers septembre avec de grosses craintes.
00:30Oui, effectivement, on est en pleine instance sur la carte scolaire pour décider des fermetures et ouvertures de classes à
00:39la rentrée.
00:40Et pour le Loiret, c'est 20 postes que l'on doit rendre.
00:44Et donc forcément, le projet n'est pas encore voté, puisque à l'unanimité, on a voté contre.
00:49Donc on a un report là pour jeudi, mais ça se traduit par 47 fermetures de classes pour 16 ouvertures
00:58actuellement.
00:58Et pourquoi est-ce que les syndicats ont refusé de fermer ?
01:01On sait que tous les ans, il y a des ouvertures, des fermetures.
01:03C'est juste les localisations contre lesquelles vous êtes ?
01:07Non, c'est sur le principe.
01:08En fait, on nous dit qu'on ferme parce qu'il y a une chute démographique.
01:12Donc effectivement, elle est bien là, cette chute démographique.
01:14Mais nous, ce qu'on dit, c'est qu'on devrait en profiter justement pour alléger les effectifs,
01:18puisqu'on sait qu'il y a eu énormément de suppressions de postes dans les années 2000,
01:22là où il y avait par contre le baby-boom.
01:25Et qu'en plus de ça, on est dans les moyennes les plus élevées de l'OCDE.
01:28Donc ce serait, entre guillemets, une opportunité pour alléger ces effectifs de classe
01:32et permettre d'avoir de meilleures conditions de travail pour la profession,
01:36qui on sait souffre et il y a un vrai mal-être qui s'est installé,
01:40et les conditions d'apprentissage des élèves.
01:42Oui, parce qu'on sait qu'une classe surchargée, évidemment, ça peut être plus compliqué pour les élèves.
01:46Supprimer des classes, ça veut aussi dire obliger certains enseignants à quitter leur établissement.
01:51On a entendu dans le journal de 7h tout à l'heure l'émotion d'une enseignante dans nos journaux.
01:55Elle dit qu'elle pourrait envisager carrément de changer de métier.
01:58Les profs sont à bout, en fait, c'est ça qu'il faut retenir ?
02:01Oui, c'est ça, il y a un cumul.
02:03Et effectivement, on se retrouve avec des collègues,
02:05comme la règle, c'est le dernier arrivé qui doit trouver une autre école,
02:10puisqu'après, il y a tout un mouvement à faire.
02:14Mais forcément, ça crée une instabilité et puis un découragement,
02:18puisqu'il y a un investissement quand même derrière dans une équipe, dans une école.
02:22Donc forcément, c'est compliqué.
02:26Et on voit en plus qu'il y a un effet un peu yo-yo
02:29où des écoles ferment une année pour ouvrir un ou deux ans après.
02:33Et c'est clairement pas satisfaisant, que ce soit pour les élèves ou pour les collègues.
02:39Est-ce que derrière ces fermetures de classes, il y a aussi déguisé le fait qu'on manque d'enseignants
02:44?
02:45Alors, déguisé, je ne sais pas.
02:50Mais oui, effectivement, là, il y avait le concours hier et avant-hier.
02:54Je ne sais pas combien il y avait de présents sur le nombre d'inscrits.
02:57Mais il y a un vrai sujet de recrutement, c'est certain.
03:02Après, est-ce que c'est pour déguiser ? Je ne sais pas,
03:04puisque malgré les fermetures, on se retrouve à des rentrées
03:07où on a des classes où souvent, il y a des remplaçants
03:10qui sont mis directement dessus dès la rentrée.
03:13Donc, c'est deux sujets qui sont liés.
03:17Et forcément, si on n'améliore pas les conditions de travail,
03:22on n'augmente pas les salaires, puisque ça aussi,
03:24ça compte dans la reconnaissance du métier.
03:28On n'y arrivera pas.
03:29C'est un métier qui n'attire plus forcément, justement,
03:32à cause des conditions de travail, pas forcément du métier en lui-même.
03:35On a beaucoup de jeunes, effectivement, qui arrivent dans les écoles,
03:38qui veulent faire ce métier et qui, au final,
03:41quand ils voient dans quelles conditions on enseigne,
03:45se disent, peut-être, et puis en plus, avec le salaire qu'on a,
03:49peut-être que je vais réfléchir à faire autre chose.
03:52Vous avez le sentiment que l'éducation nationale a été abandonnée
03:55d'un point de vue politique ?
03:57Alors, oui, en quelque sorte,
04:01il y a surtout des choix politiques qui sont faits
04:03et qui ne sont pas à la hauteur d'un service public d'éducation.
04:07En fait, c'est pensé comme quelque chose qui doit être rentable,
04:11qui doit faire du chiffre,
04:13où on doit faire des résultats comme si c'était une entreprise quelconque
04:16alors qu'on travaille avec de l'humain.
04:17Donc, il faut arrêter avec cette politique du chiffre
04:19et revoir ce service public d'éducation
04:22comme un investissement sur l'avenir pour le pays.
04:25Avec plus de moyens, ce que vous réclamez hier
04:27lors de la mobilisation, pour les salaires
04:29et pour recruter, notamment dans les écoles.
04:33Autre sujet très important dont on voudrait parler avec vous ce matin,
04:36celui du harcèlement scolaire.
04:37Un nouveau témoignage de parents d'élèves dans nos journaux ce matin.
04:41Leur enfant est victime dans un collège de Cécy de ce harcèlement scolaire.
04:45On en parle beaucoup. Est-ce qu'on en fait assez ?
04:49Alors, moi je suis plus dans les écoles,
04:51donc ça va être compliqué de retranscrire sur le collège.
04:53Mais dans les écoles, il y a du harcèlement scolaire aussi ?
04:55Oui, oui, bien sûr, il y a effectivement du harcèlement.
04:58Après, c'est peut-être pas géré sur les mêmes niveaux,
05:00c'est pour ça que je dis ça.
05:04La problématique, c'est que, déjà, il y a un défaut de formation,
05:08mais surtout, les collègues ne sont pas satisfaits, globalement,
05:11de la formation qu'on leur propose.
05:12En fait, la formation qu'on nous propose, ça répond à des lubies de ministres,
05:17mais en rien aux besoins des personnels.
05:20Et ça, c'est un gros sujet.
05:22Et on est toujours dans de la réaction.
05:25En plus de ça, il n'y a rien qui est fait sur comment prévenir, comment éviter ça.
05:33Et on en revient sur les conditions d'apprentissage.
05:36Plus on va fusionner d'écoles, plus ça va faire de gros établissements,
05:39plus on va avoir d'éloignements, plus on va avoir des effectifs chargés,
05:42plus l'enseignant va avoir des difficultés à repérer, à prendre le temps.
05:48Et tout ça, ça ne permet pas, effectivement, de prévenir et d'éviter ce genre de situation.
05:53Merci beaucoup, Lucille De Wattin, co-secrétaire du SMPP45,
05:57d'avoir été notre invitée ce matin.
05:58Bonne journée.
05:59Merci.
05:59Merci.
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