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  • il y a 2 jours

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Transcription
00:00Les avocats ont-ils réussi à faire plier le garde des Sceaux ?
00:04Dans sa réforme de la justice criminelle, Gérald Darmanin a revu à la baisse son projet de plaidé coupable
00:09contre lequel ils avaient manifesté le mois dernier.
00:12Reste que tous les problèmes de la justice ne sont pas réglés.
00:16Et on va en faire le point, on va en parler maintenant avec votre invité, Lydie Laès.
00:20Bonjour Antoine Volley.
00:21Bonjour.
00:22Bâtonnier de l'ordre des avocats d'Orléans.
00:24On le disait effectivement, le garde des Sceaux a reculé sur son projet de plaidé coupable
00:29il y a quelques jours dans le cadre de cette réforme de la justice criminelle.
00:34Le texte désormais écarte les crimes sexuels.
00:37Est-ce qu'au final, ça veut dire que vos arguments ont été entendus et que la mobilisation a payé
00:41?
00:41Écoutez, je crois que oui.
00:43Les avocats sont mobilisés contre ce projet, considérant que c'était une justice au rabais,
00:49une justice expéditive, une justice opaque.
00:51Une justice qu'on voulait négocier.
00:53Et comme l'a dit Muriel Robin, à Viole, ça ne se négocie pas, ça se juge.
00:57Et Muriel Robin qui est intervenu effectivement il y a quelques jours sur cela.
01:02Vous vous étiez mobilisé à Orléans.
01:04Maître, vous étiez en grève partielle de certaines audiences.
01:09La grève continuait là encore ?
01:10Alors la grève continue encore à ce jour.
01:12Donc on attend effectivement un petit peu.
01:14On va prendre la température au niveau national demain à l'occasion d'une assemblée générale
01:18de la conférence des bâtonniers et dans la foulée, on verra ce qu'on fait à Orléans,
01:21ce qu'on décline à Orléans.
01:22Mais on va rester vigilants puisque le projet de loi est quand même toujours d'actualité.
01:28Et même s'il a été beaucoup réduit dans sa portée, il faut rester vigilant.
01:33Et vous avez prévu une nouvelle journée de mobilisation le 22, c'est vendredi ?
01:36On parle d'une journée de mobilisation le 22 mai.
01:37Je ne sais pas si elle sera maintenue ou pas.
01:39Mais voilà, pour l'instant, c'était la date qui était annoncée.
01:42Après celle du 13 avril, et vous étiez d'ailleurs aussi, vous, aller manifester les avocats orléanais à Paris.
01:48Tout ça illustre l'engorgement des tribunaux.
01:52Le problème s'accentue ici à Orléans ?
01:55Le problème est prégnant à Orléans depuis de nombreuses années.
01:57Ce n'est pas nouveau.
01:58On n'arrête pas d'alerter sans résultat.
02:03C'est-à-dire qu'on nous annonce des magistrats supplémentaires qu'on ne voit pas venir.
02:06On nous annonce par exemple la création d'un quatrième poste de juge d'instruction depuis plusieurs années.
02:10Mais il n'est toujours pas là.
02:12Donc le problème de la justice, c'est global.
02:15Aussi bien au niveau pénal qu'au niveau civil.
02:18Et ça crée de réelles difficultés.
02:20On est conscient de ces difficultés.
02:21Mais ce n'est pas par des expédiants qu'on pourra les régler.
02:25On illustre ça ce matin dans nos journaux.
02:27Avec cette affaire dont nous parlait François Guéroux dans le journal de 7h.
02:31Cet ancien assureur qui devait être jugé là il y a quelques jours.
02:35Le procès est renvoyé en février de 2027.
02:39Il y a une vingtaine de victimes.
02:40Le préjudice est de plus de 3 millions d'euros.
02:42On se dit, ben voilà quoi.
02:44C'est très très loin cette échéance.
02:46C'est très loin.
02:47Et voilà, encore une fois, en matière pénale c'est le cas.
02:50Un renvoi d'audience c'est plusieurs mois.
02:52Mais voilà, en matière civile, en matière familiale notamment.
02:55Pour avoir une première audience devant un juge, il faut compter 10-12 mois.
02:58Quand il s'agit de contrat de location, c'est la même chose.
03:00Etc.
03:01On est devant une pénurie de magistrats, de greffiers à Orléans.
03:06Avec un besoin de justice qui est toujours plus important.
03:10On a eu il y a deux ans l'installation d'un centre de rétention administratif.
03:14Sans moyens supplémentaires.
03:15C'est 2000 décisions de justice qui doivent être rendues par le tribunal judiciaire.
03:17En plus du reste par an.
03:19Sans réel moyen de plus.
03:21supplémentaires encore une fois.
03:22Et ça devient très difficile pour tout le monde.
03:25Ça tend les relations d'ailleurs entre professionnels de la justice.
03:28C'est-à-dire des relations entre magistrats et avocats.
03:31Bien sûr.
03:32Qui sont de plus en plus conflictuelles.
03:33Qui peuvent être conflictuelles.
03:35Qui peuvent être effectivement tendues.
03:36Qui peuvent, avec de l'incompréhension mutuelle.
03:39Et voilà, tout le monde est un peu en souffrance en fait dans ce système qui est à bout de
03:44souffle on va dire.
03:44Ce manque de moyens humains et matériels qui finalement arrivent à rendre une justice pas satisfaisante.
03:52Ni pour les professionnels du droit, ni pour les justiciens.
03:55C'est ça.
03:56On travaille en mode dégradé depuis des années.
03:57Et on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
04:00Mais il y a une sorte de fatalisme qui s'installe aussi et qui n'est pas acceptable.
04:04Maître, vous êtes à la moitié de votre mandat de bâtonnier.
04:08Vous avez été élu il y a un an.
04:09Il y a un an, vous avez reçu et vous disiez je souhaite développer.
04:12Nous souhaitons développer la médiation, la justice, les procédures à l'amiable.
04:18Où est-ce que vous en êtes ?
04:19Écoutez, on y travaille toujours.
04:21On fait de l'information.
04:23Les tribunaux bien sûr se sont emparés.
04:26Il y a des injonctions de rencontrer un médiateur.
04:28Pour que les personnes effectivement soient informées sur la médiation, sur l'amiable.
04:33On essaye de développer les procédures amiables.
04:35Ce n'est pas facile parce que ce n'est pas dans l'ADN on va dire de nos concitoyens.
04:40Mais je crois que petit à petit il faut effectivement aller vers ça.
04:42Il y a de nombreuses affaires qui peuvent se régler à l'amiable.
04:44Encore une fois, tout ne peut pas se régler non plus à l'amiable.
04:46Il y a aussi un besoin de justice dite par les juges.
04:49Mais il y a de nombreuses choses qui pourraient être réglées à l'amiable sans l'intervention d'un juge.
04:53Il faut s'en emparer.
04:54Il y a toujours un déficit d'avocats sur Orléans.
04:57On se comparait à Tours.
04:58220 en gros ici.
05:00350 à Tours.
05:01C'est ça.
05:02C'est assez inexplicable.
05:04Puisque nous avons des juridictions d'ailleurs qu'il n'y a pas à Tours.
05:07On a le cours d'appel à Orléans.
05:08On a le tribunal administratif.
05:10On a un centre de rétention.
05:11Orléans n'est pas assez attractif.
05:12Orléans n'est pas assez attractif.
05:13On nous le dit sur plein de domaines d'ailleurs.
05:14Dans plein de domaines.
05:16Pas seulement d'un point de vue juridique, judiciaire.
05:20Mais on y travaille.
05:21On a quand même accueilli presque 15 nouveaux avocats l'année dernière.
05:26Donc c'était quand même pour nous une satisfaction, un succès.
05:29On espère que ce sera la même chose cette année.
05:30Et votre projet de mini-crèche pour justement accueillir des jeunes avocats.
05:34Vous disiez si on peut accueillir les enfants.
05:36C'est un plus évidemment.
05:38Ça va se mettre en place ?
05:39C'est pour rendre effectivement le barreau plus attractif.
05:41Elle sera en place, nous l'espérons, pour le mois de septembre.
05:44C'est bien parti.
05:45En tout cas, on a commencé à communiquer sur le sujet.
05:47De façon à ce que les parents, futurs parents, puissent s'inscrire d'ores et déjà pour la rentrée de
05:552026.
05:56Merci beaucoup Antoine Vollet-Bâtonnier.
05:58De l'Ordre des Avocats d'Orléans d'être venu ce matin.
06:00Bonne journée.
06:01Avec plaisir.
06:02Bonne journée à vous.
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