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  • il y a 8 minutes
Thierry Cotillard, président du groupement "Les Mousquetaires", était l'invité du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce lundi 30 mars 2026.

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Transcription
00:03Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Cotillard.
00:07Bonjour.
00:08Merci d'être dans ce studio ce matin pour répondre à mes questions.
00:10Vous êtes le président du groupement Les Mousquetaires, c'est les magasins Intermarché, Bricomarché, Netto.
00:15Quatre semaines de guerre et des conséquences palpables dans la vie des Français.
00:19À la pompe, ça tombe bien, vous êtes distributeur. Dans les rayons, ça tombe bien, vous êtes dans la grande
00:23distrib.
00:24Je voudrais comprendre où en sont les prix.
00:26D'abord, on va commencer par l'essence. Est-ce que ça va baisser ?
00:31Alors, c'est difficile de savoir parce qu'aujourd'hui, à ce matin, on est à 2,01 sur l
00:35'essence, 2,20 sur les gasoils.
00:37Ça aura quand même pris 47 centimes par rapport à l'avant du conflit.
00:43Je n'ai pas envie de faire de pronostics parce qu'en fait, on dépend au jour le jour d
00:47'un marché extrêmement volatil
00:49qui va dépendre bien sûr de ce qui se passe au Moyen-Orient, des frappes sur évidemment les sites pétroliers,
00:55la situation du détroit d'Hormuz et je rajoute évidemment les déclarations de Trump.
01:00Donc, dans tout ça, c'est très compliqué de se projeter.
01:03Ce que je peux vous dire, et on a eu des contrôles, vous avez vu, on a eu 500 stations
01:07qui ont été contrôlées.
01:09Plus que jamais, pour un distributeur comme Intermarché, c'est un produit d'appel.
01:13C'est-à-dire qu'on a toujours fonctionné avec 3, 4 centimes, mes petits confrères sont venus vous l
01:17'expliquer.
01:18Beaucoup d'intermarchés aujourd'hui travaillent à prix coûtant parce que c'est devenu hyper psychologique dans la tête.
01:24À prix coûtant, c'est-à-dire que vous ne vous faites plus de marge ?
01:26Plus de marge.
01:27Parce que vous parlez de ces 500 contrôles, on se souvient quand même qu'au début de la guerre, vous
01:32avez été pointé du doigt.
01:33Il faut quand même le dire.
01:34En tout cas, le gouvernement, moi je me souviens des mots exacts de Sébastien Lecornu, je les ai recherchés,
01:39parce que ça m'avait quand même frappé. Il disait, au moment où il a annoncé ces fameux contrôles,
01:44la guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe.
01:50À ma demande, un plan exceptionnel de contrôle sera réalisé dans les stations-services par la répression des fraudes.
01:56Hausses abusives, ça voulait donc dire qu'il y avait des abuseurs ?
01:59Non mais je ne crois pas, on ne va pas se mentir, je crois que les marges du gouvernement étaient
02:03extrêmement réduites.
02:04C'est-à-dire que vous aviez d'à côté cette volatilité de la matière première.
02:08De l'autre côté, vous avez bien sûr un déficit public record et au milieu de tout ça, une pression
02:13politique.
02:14Donc c'était facile de trouver un bouc émissaire.
02:16Donc moi je suis ravi qu'il soit venu contrôler.
02:18500 contrôles chez nous, chez Carrefour, chez Leclerc.
02:20Et on s'aperçoit que c'est 3-4 centimes.
02:22Et je vous dis, depuis que c'est devenu vraiment en haut de la pile...
02:25Vous avez été le bouc émissaire quand même ?
02:26Ah je pense, oui. Très clairement.
02:28On aurait été sanctionné, on aurait fait la une des journaux si on avait abusé.
02:32N'oubliez pas, mais...
02:33Ça aurait été presque confortable de pouvoir dire que c'était votre faute-droit.
02:35Bien sûr. Or vous savez que quand on a 3-4 centimes de marge, l'État prend plus d'un
02:39euro.
02:39Donc le vrai sujet, c'était de savoir s'ils allaient faire un effort.
02:41On va certainement en parler puisqu'ils ont pris des décisions.
02:44Moi je tiens à vous rappeler, les entrepreneurs chez Intermarset,
02:47ce sont des chefs d'entreprise qui sont des commerçants.
02:50Quel intérêt ils ont à se dépositionner de leurs concurrents pour pouvoir attirer le client ?
02:54Donc non, c'était un mauvais procès.
02:56Et donc les choses ont été rétablies, c'est une bonne chose.
02:58C'était un mauvais procès, il va y avoir des aides, des aides qui vont être ciblées,
03:03notamment sur vraiment les entreprises, ceux qui sont aux premières loges,
03:09qui ont besoin, ce sont les transporteurs, ce sont les agriculteurs, ce sont les pêcheurs.
03:13Mais ça veut aussi dire que les particuliers, ceux qui viennent faire leur course chez vous,
03:18eux n'auront pas d'aide.
03:20Est-ce que vous, vous allez pouvoir faire un geste ?
03:23Le geste, il est de 0,3,4 centimes.
03:25Et je vous le redis, beaucoup de mes confrères qui sont en province en ont pris conscience
03:29et se mettent à zéro à prix coûtant.
03:32C'est déjà notre manière à vous ?
03:34Oui, c'est notre manière de répondre.
03:35On ne l'officialise pas puisque certains ont fait le choix de garder 1 ou 2 centimes.
03:39Donc je ne veux pas non plus faire une annonce de prix coûtant,
03:41avoir les contrôles de la DGCCRF et prendre une amende.
03:44Mais dans la vraie vie, on est pratiquement à zéro.
03:47Et il faut juste espérer que ça ne dure pas très longtemps
03:49parce que les 2-3 centimes, ce n'est pas du résultat.
03:51C'est 2-3 centimes qui servent à payer les charges de l'exploitation.
03:54Donc imaginez que ce matin, je vous annonce sur BFM qu'on se met à prix coûtant.
03:58C'est un exercice qui sera déficitaire parce qu'après, j'ai toutes les charges qui vont arriver.
04:02Donc ça ne tient pas dans le temps et personne ne pourra l'annoncer.
04:04On va voir ce que vous pouvez faire dans les rayons
04:06et si ça aura des conséquences aussi en termes d'inflation.
04:10Un mot encore quand même sur le choix qui a été fait par l'État.
04:12C'est-à-dire qu'au moment où on se peint, le choix a été donc fait d'aides ciblées,
04:16notamment de reports de charges et de quelques aides pour les entreprises les plus en difficulté.
04:21D'autres pays, l'Espagne, l'Italie, l'Australie qu'il a annoncé cette nuit, réduisent les taxes.
04:27L'Australie par exemple a annoncé cette nuit que pour 3 mois,
04:29ils vont diviser par 2 les taxes sur le carburant.
04:32Vous pensez quand même, au vu de ce que vous voyez des consommateurs,
04:35vous êtes aux premières loges de ce que vivent les Français,
04:37que malgré tout, cette question à un moment de baisser les taxes,
04:40elle va finir par se poser ?
04:41Elle va revenir, mais j'ai envie de vous dire, on n'en a pas les moyens.
04:45C'est-à-dire qu'on n'est pas dans la même situation.
04:47Ce qui est terrible en 2026, au moment où je vous parle,
04:49c'est de penser qu'on est derrière l'Italie, l'Espagne,
04:51en termes de déficit, en termes de ratio budgétaire.
04:54Et donc ça fait que je pense que le gouvernement n'a pas ces marges de manœuvre-là.
04:57C'est terrible.
04:58Au moment où il faudrait aider, le quoi qu'il en coûte, on l'a compris, c'est fini.
05:01Donc il faut absolument maintenant pour nos pêcheurs, nos agriculteurs, nos transporteurs,
05:06c'est quoi qu'il arrive, il faut les soutenir.
05:08Et donc les 70 millions qui sont prévus mensuellement,
05:11j'espère que ce sera bien dans la continuité,
05:14et peut-être plus, parce que je pense à des fonctions libérales
05:17comme les infirmiers qui prennent leur voiture,
05:18qui vont faire des centaines de kilomètres.
05:20Si on ne les aide pas, je pense qu'à la fin du mois, ce sera compliqué.
05:23Et évidemment, ça pèsera sur le pouvoir d'achat des pensées.
05:25Moi, j'ai eu plusieurs témoignages sur RMC, je peux le préciser.
05:29Il y a même eu une infirmière la semaine dernière qui nous a appelée
05:31qui a dit qu'elle se mettait en arrêt pour quelques jours,
05:33parce que ça lui coûte d'aller faire sa tournée.
05:35Et ce matin, certains qui disaient, pour certains des gestes,
05:39au lieu de passer trois fois chez un de nos patients,
05:41on n'y passera que deux fois.
05:43La question des conséquences.
05:44Vous parlez notamment là des agriculteurs, des pêcheurs, des transporteurs.
05:49Ça, c'est ceux avec qui vous travaillez en direct.
05:51C'est ceux qui, un, produisent l'alimentation que vous vendez ensuite dans vos rayons,
05:55c'est ceux qui la transportent.
05:57Si pour eux, c'est difficile, ça veut quand même dire qu'à la fin,
06:01dans le rayon, le produit, il va falloir le vendre plus cher.
06:05Il va falloir répercuter.
06:06C'est une bonne question.
06:08J'ai envie de vous dire, là, la méthode qui est prise de traiter le problème à la source,
06:11c'est la bonne méthode.
06:12Mais je pense que l'enveloppe ne suffit pas.
06:14La réalité, je pense que c'est trop court.
06:15Les 70 millions, ce n'est pas assez.
06:17Si on prend l'exemple de l'agriculteur, OK, ça va payer une partie du gasoil.
06:22Mais il va vous dire, l'engrais qui arrive du Détroit d'Ormousse,
06:25qui est en train d'exploser en termes de prix d'achat, va lui coûter plus cher.
06:28Donc ça va venir prendre sur ses marges.
06:30Donc oui, il faut traiter le problème à la source.
06:33Parce que si on ne commence pas par les premiers acteurs de la chaîne alimentaire,
06:37ça arrivera chez l'industriel, qui va venir nous voir dans quelles semaines,
06:40pour nous dire, écoutez, Intermarché Carrefour, Leclerc,
06:43je ne peux pas continuer à vous vendre à ce prix-là.
06:45Quand bien même on s'est mis d'accord, il y a deux mois,
06:47dans le cadre des négociations commerciales.
06:49Donc le vrai risque, c'est que si on ne traite pas à la source
06:51les inflations immédiates directes sur la chaîne alimentaire,
06:54on risque de le retrouver à terme.
06:55Vous êtes en train de faire référence à ces fameuses négociations commerciales.
06:59Elles se sont terminées, et c'est la loi, c'est officiel, au 1er mars.
07:02Normalement, ça veut dire que c'est plié pour un an.
07:05Là, vous avez déjà décidé de vos prix.
07:06Ça protège. Ça protège les Français.
07:08C'est-à-dire qu'ils ne peuvent normalement...
07:09Ce sont des prix qui ont été décidés avant...
07:11Avant la crise.
07:12C'est-à-dire qu'on se met d'accord au 1er mars,
07:14le conflit n'est pas commencé,
07:16les prix sont stabilisés avec l'environnement qu'on connaissait,
07:19et c'est des prix qui vont durer un an.
07:21La seule chose qui est prévue dans la loi française,
07:23c'est des clauses de revoyure.
07:25Mais elles ne vont apparemment pas beaucoup s'exercer.
07:28Donc il y aura une décision politique à prendre,
07:30pas immédiatement, mais probablement en septembre,
07:33si la pression du reste,
07:34si les agriculteurs, les routiers,
07:37et surtout les industriels,
07:38avaient leur compte d'exploitation en danger.
07:40Là, je pense qu'il y aurait une action politique...
07:41Ça, c'est très important ce que vous êtes en train de nous dire.
07:43Il faut repréciser bien les choses pour tous ceux qui nous écoutent
07:45ou qui nous regardent.
07:47Les prix, quand vous les négociez,
07:48que ce soit, je ne sais pas, sur le jambon,
07:51les pâtes, le coca, je ne sais quoi,
07:54vous les négociez effectivement pour un an.
07:56Une fois par an, vous vous réunissez et vous négociez.
07:59C'est à la fois, au fond, ce sont les industriels,
08:02mais qui eux-mêmes ont déjà négocié normalement
08:04avec les agriculteurs ou avec la matière première.
08:07Vous dites, en septembre, on verra,
08:08parce que potentiellement, il y a quand même une option
08:11qui peut être activée.
08:12Si d'ici septembre, les agriculteurs ne s'en sortent pas,
08:14ne peuvent plus vendre le cochon
08:16au prix qu'ils avaient négocié avec ERTA,
08:17ERTA viendra vous voir et vous dira,
08:19écoutez, en fait, je vous avais vendu mon paquet de jambon
08:22à tel prix, je ne peux plus, ça n'est pas possible,
08:25il va falloir qu'on répercute la hausse des prix.
08:28C'est techniquement possible.
08:29Il est possible à ce moment-là que le gouvernement,
08:31mais ce sera une décision politique, vous dise,
08:33vous devez vous rasseoir à la table des négociations.
08:35Pour être très précis, c'est techniquement prévu
08:37dans les clauses de revoyure,
08:38mais je pense qu'on est dans un contexte différent
08:41de ce qu'on a connu en Ukraine.
08:42C'est-à-dire, pendant la guerre d'Ukraine,
08:44vous aviez un problème sur l'énergie,
08:46ce qui est le cas aujourd'hui avec l'essence,
08:48mais on n'a pas un problème sur le coût de l'électricité,
08:50on n'a surtout pas un problème sur les matières premières
08:52comme le blé qui n'arrivait pas d'Ukraine.
08:54Donc les probabilités d'action,
08:57de faire actionner les clauses de revoyure
08:59sont moindres que le contexte de l'Ukraine.
09:00Donc au moment où l'on se parle, vous n'anticipez pas cette clause de revoyure.
09:04Autre question sur, effectivement, les prix dans les rayons.
09:08Est-ce qu'à l'issue de ces négociations,
09:10et dans le contexte actuel où les Français vont devoir
09:12payer plus cher leur plein,
09:14est-ce qu'au moins, on peut s'assurer
09:15que dans les rayons, ce ne soit pas trop cher ?
09:18La crainte, ce serait de se dire que l'inflation alimentaire arrive.
09:21Je vais vous dire l'inverse ce matin.
09:22Je vais vous dire que l'inflation qui arrive,
09:25c'est celle qu'on a obtenue des négociations avec les industriels.
09:29Retenez, 0, 1, ça va être autour de ça.
09:31C'est-à-dire une stabilité ou une légère inflation.
09:34Et dans tout ça, moi ce matin, je suis venu vous dire
09:36qu'on a travaillé aussi des baisses de prix significatives
09:38pour justement compenser le sujet de l'essence.
09:41On va avoir 1 500 produits en baisse,
09:43et on a fait le choix sur 50 produits,
09:44mais des produits qui couvrent des unités de besoin.
09:47Je pense aux pâtes, au jus d'orange,
09:48au fameux jambon que vous venez de citer.
09:50On sera sur des baisses de moins 5 à moins 15%.
09:53Vous nous l'annoncez ce matin ?
09:54Je vous l'annonce ce matin.
09:56Dès aujourd'hui, ça a commencé ce week-end en fait.
09:58On a changé les étiquettes ce week-end,
09:59on a balisé les magasins, mis les affiches,
10:01et c'est parti chez Intermarché.
10:03Tout était prêt.
10:03Et c'était le plan parce qu'on savait que de toute façon,
10:06il y avait aujourd'hui un besoin pour les Français
10:08d'avoir une dépense alimentaire qui soit moindre.
10:12Donc à eux de choisir les bons produits,
10:13mais il y a des produits en baisse.
10:151500 produits en baisse ?
10:161500 produits.
10:1650 produits qui sont quoi ?
10:18Les plus courants ?
10:18Les plus courants, c'est-à-dire qu'on a fait un caddie.
10:20On s'est dit, il faut de l'eau,
10:21il va falloir des pâtes, du jus d'orange pour le petit déjeuner.
10:25Et donc ça, ça couvre les besoins d'une famille normale.
10:27Et ça, c'est dans tous les magasins ?
10:29C'est dans tous les magasins.
10:30Et notre enseigne Netto va faire la même chose en fin de semaine
10:33pour pouvoir répondre à cette attente.
10:35Est-ce que vous voyez un changement
10:36dans le comportement des consommateurs ?
10:38Alors il y a une chose très très intéressante,
10:39c'est qu'on assiste à un phénomène de stockage.
10:42Le stockage, il est sur des familles,
10:44non pas les produits frais,
10:45des produits qui se conservent.
10:46Les pâtes ont fait depuis 15 jours chez l'intermarché plus 7%.
10:50La purée, plus 18 comme le riz.
10:53Et les conserves de poisson, plus 8.
10:54Alors vous allez me poser la question, pourquoi ?
10:56Ça n'est pas par crainte de pénurie,
10:58et je suis là pour vous rassurer,
10:59il n'y aura pas de pénurie.
11:00Mais c'est parce qu'on assiste à un changement
11:02dans les habitudes de consommation,
11:04où, vous venez de le dire,
11:05l'essence a explosé.
11:06Donc on veut faire moins de trajets,
11:08on limite les déplacements.
11:09On veut aller moins souvent au supermarché ?
11:10C'est exactement ça.
11:11Et en venant moins,
11:12quand je viens, je fais le plein,
11:13j'en prends un peu plus,
11:13comme ça au lieu de venir 5 fois dans le mois,
11:16je vais venir 4 fois,
11:17je fais l'économie d'un déplacement.
11:18Donc je pense que la proximité
11:21qu'on peut avoir avec les Français,
11:22avec un intermarché de tous les 18 kilomètres,
11:24va nous ramener des clients,
11:25et les centres commerciaux risquent
11:26d'être un peu en difficulté.
11:27C'est-à-dire qu'on va aller davantage,
11:29vraiment dans...
11:30Au plus près, pour que ça coûte le mois.
11:31Donc éventuellement,
11:32de taille intermédiaire,
11:33voire même de petite taille,
11:35des magasins de petite taille.
11:36En revanche,
11:37les normes pleins
11:38où on doit faire plus de kilomètres,
11:40c'est là-dessus
11:41que vous allez avoir un peu moins de volume ?
11:43On va le vérifier dans les semaines qui viennent,
11:45mais c'est une première tendance.
11:46Et ça, ce que je vous explique,
11:48c'est illustré par les volumes
11:49qu'on a aux stations d'essence
11:51des intermarchés et de la concurrence.
11:52C'est-à-dire que les 4 premiers jours,
11:54on a fait 10 jours de vente,
11:55parce que les gens ont eu peur
11:56d'une inflation qui aille à je sais quel prix.
11:59Là, depuis 15 jours,
12:00on fait moins 20 sur nos stations d'essence.
12:02Donc, ça prouve que les gens
12:03sont dans l'économie des déplacements
12:05pour dépenser moins.
12:06Moins 20% de volume ?
12:07Moins 20% de volume
12:08sur les stations d'essence d'intermarchés.
12:09Donc, les gens utilisent moins
12:11sans qu'ils le peuvent
12:13leur voiture.
12:14La question aussi des pêcheurs
12:16et des agriculteurs
12:16dont on parlait à l'instant.
12:17Et là, je parle plutôt des produits frais
12:19plutôt que des produits
12:20dont vous avez négocié les prix
12:21avec les industriels.
12:23Est-ce qu'il va y avoir des conséquences
12:24sur le prix du poisson ?
12:26Sur le prix de la viande ?
12:28Je peux vous en parler.
12:29On a nos propres bateaux.
12:30On a une quinzaine de bateaux.
12:32On est impacté.
12:33Le kérosane, il a doublé en un mois.
12:36Nous, on a toute la filière.
12:37Donc, c'était un choix intéressant
12:38puisqu'on peut ajuster
12:40nos niveaux de marge.
12:41Donc, on ne répercute pas
12:42à la hausse
12:43qui devrait être la nôtre.
12:45Donc, on est sur
12:46des légères augmentations.
12:47Mais quand vous allez
12:48dans une poissonnerie
12:49qui n'a pas son propre bateau
12:50pour le livrer,
12:51vous avez 2, 3, 4 euros
12:53de hausse au kilo.
12:55Et ça, c'est un vrai danger.
12:56C'est-à-dire que c'est un poison
12:57pour la consommation.
12:57À partir du moment
12:58où les prix sont faux,
12:59on se restreint.
13:00Et c'est la mauvaise dynamique
13:01qui dit déconsommation,
13:03dit justement pour l'État
13:04moins de recettes aussi,
13:06début de la décroissance.
13:07Et c'est vraiment
13:07le danger qui nous guette
13:08et sur lequel il faut
13:09tous lutter.
13:10Et comment on fait
13:11pour lutter contre ça ?
13:12Comment est-ce que
13:14raisonnablement,
13:14chaque famille
13:15qui se retrouve face
13:16à cette question,
13:16qui achetait déjà peut-être
13:17assez peu de poissons,
13:18mais qui là voit le prix,
13:20va en acheter encore moins.
13:21Donc, forcément,
13:22le prix va encore plus monter.
13:23Comment on fait
13:24pour éviter ça ?
13:25Je pense qu'on fait
13:26ce que les Français font
13:27déjà depuis deux ans et demi.
13:28C'est-à-dire qu'après
13:29la crise hyperinflationniste,
13:31on a pris 20%.
13:31Donc, qu'est-ce qui s'est passé ?
13:33Et ça va s'accentuer.
13:34Eh bien, écoutez,
13:35on va aller voir
13:36plusieurs enseignes
13:36pour aller chercher
13:37les bons coups.
13:38Parce qu'il y a toujours
13:39une enseigne,
13:39comme chez nous,
13:40qui va faire 10%
13:41sur le fruit et légumes
13:42le week-end.
13:42Donc, on va se dire,
13:42tiens, je vais aller là
13:43ce week-end,
13:43comme ça, ça va être
13:44moins cher sur le fruit et légumes.
13:45J'achète beaucoup de promos.
13:46Et puis, la tendance
13:47ne va pas s'arrêter
13:48sur la marque de distributeurs.
13:49Ça a été testé
13:50pendant le Covid
13:51et aujourd'hui,
13:51ça augmente,
13:52ça va représenter
13:53chez nous et chez nos concurrents
13:5440% des ventes
13:55parce que c'est un rapport
13:56qualité moins...
13:58Ça veut dire ça,
13:58Thierry Cotillère,
13:59que ce n'est pas seulement
14:00un changement de comportement immédiat,
14:01c'est que c'est un changement
14:02d'habitude.
14:02Structurel.
14:03C'est quelque chose
14:03de très profond.
14:04C'est structurel.
14:04C'est structurel
14:05et on ne reviendra pas en arrière.
14:06Les gens ont fait
14:07ce choix désormais ?
14:08Oui, parce qu'on est
14:09sur une contrainte
14:10de budget alimentaire
14:11qui est serrée,
14:12c'est-à-dire qu'on a
14:13l'obligation de se déplacer,
14:15on paye l'essence,
14:16on a le loyer
14:17et puis on a aussi
14:18une société
14:18qui a fait le choix
14:19de ne pas arrêter
14:20son abonnement Netflix,
14:21donc la variable d'ajustement
14:22en fin de mois
14:23pour 20 millions de Français.
14:24En fait, on va faire
14:24plus attention,
14:25mais ça c'est très intéressant
14:26aussi ce que vous dites,
14:27c'est qu'on va faire
14:27plus attention,
14:28on va plus se priver
14:29sur l'alimentaire
14:30et on n'envisage plus
14:31de se dire
14:32j'ai 20 euros chaque mois,
14:3430 euros, 40 euros
14:35qui tombent dans mes abonnements,
14:36c'est peut-être là-dessus
14:37que je vais rogner.
14:37Oui, et ça doit être,
14:40je dirais,
14:40on a souvent évoqué
14:41la souveraineté alimentaire,
14:43ça doit être
14:44un programme politique,
14:45c'est-à-dire
14:45il ne faut pas le déclarer,
14:46c'est-à-dire si on pense
14:46qu'il faut protéger
14:47la Ferme France,
14:48si on pense que l'alimentation
14:49joue sur notre santé,
14:51il faut que dès l'école,
14:52dès l'éducation,
14:53on réexplique l'importance
14:54d'y allouer un budget
14:56pour sauver une filière,
14:57pour bien se porter
14:58en termes de santé
14:59et puis faire vivre
15:00toute une filière alimentaire.
15:01Vous m'avez dit,
15:02Thierry Cotillard,
15:02au début de cet entretien,
15:07il m'a dit,
15:07oui, mais sauf qu'on n'est pas
15:08du tout dans la même situation,
15:09nous, en gros,
15:11on n'a plus les moyens.
15:12C'est aussi le regard
15:13que vous vous portez
15:14en tant que chef d'entreprise
15:16avec ce réseau
15:18sur tout le territoire français,
15:20vous ressentez ça
15:21qu'en France,
15:22aujourd'hui,
15:22par rapport à nos voisins,
15:23désormais,
15:24on n'a plus les moyens.
15:25Oui, et c'est terrible,
15:26c'est terrible d'imaginer ça,
15:28on s'est vu très fort,
15:28on s'est vu leader de l'Europe
15:30dans cette alliance franco-allemande
15:32et on se dit,
15:32mais on est dégradé,
15:33on est moins bon que les Espagnols.
15:34voire la graisse
15:35qu'on a jugée à un moment
15:36au bord de la banqueroute.
15:39Nous, en tant qu'entrepreneurs,
15:40et je représente aujourd'hui
15:41les entrepreneurs,
15:41j'ai envie de vous dire,
15:42heureusement qu'on croit
15:43au long terme.
15:44Heureusement qu'on croit
15:44que nos points de vente,
15:45on va les transmettre
15:46à nos enfants
15:47parce qu'on va continuer à investir,
15:48on va continuer, évidemment,
15:50à recruter aussi
15:51des collaborateurs,
15:52mais je peux comprendre
15:53la morosité qui est la nôtre
15:54et on en veut un peu aux politiques,
15:56c'est-à-dire qu'on se dit,
15:57mais qu'est-ce que vous avez fait,
15:57qu'est-ce que vous n'avez pas fait,
15:58surtout pour en arriver là
15:59et on attend d'eux une réaction
16:01et notamment, j'espère,
16:02dans les prochains mois.
16:03Vous attendez d'eux une réaction,
16:04vous l'avez dit,
16:04l'enveloppe des 70 millions,
16:05elle vous paraît,
16:06de ce que vous,
16:07vous envoyez autour de vous
16:08avec vos partenaires,
16:09pas à la hauteur.
16:11Est-ce que vous leur en avez voulu
16:12aussi, justement,
16:13de se refaire en quelque sorte
16:16sur votre dos
16:16au début de cette crise ?
16:18Ce n'est pas nouveau, en fait.
16:19Vous savez,
16:20c'est assez simple
16:21d'accuser celui
16:22qui présente la facture.
16:23Nous, on a un inconvénient,
16:24c'est qu'on est en bout de course.
16:25On est celui qui donnant
16:26le ticket de caisse
16:26quand la personne,
16:27elle vient,
16:28que ce soit à la station
16:29ou à la caisse
16:30quand on prend de l'alimentaire.
16:31Donc, on a l'habitude.
16:33Maintenant,
16:33on est prêt à assumer
16:34nos responsabilités
16:35quand il y a des problèmes.
16:37Mais quand c'est une fuite en avant
16:39et une non prise de responsabilité
16:41du gouvernement,
16:42on leur en veut.
16:42Et surtout,
16:44moi, je considère
16:44qu'on doit la transparence
16:46aux Français.
16:46On doit expliquer
16:47qu'on va prendre un euro
16:48et qu'au lieu de 70 centimes,
16:50il y aura une gratte de 30 centimes.
16:51Mais il faut expliquer
16:52qu'en face,
16:52il y a un coût,
16:54évidemment,
16:54lié à des intérêts
16:55qu'augmente pour la dette française
16:56qu'évidemment,
16:57la présence du porte-avions là-bas,
17:00c'est un million.
17:01Donc, il y a des coûts aussi
17:02qui sont liés à la guerre.
17:03Mais cette non-transparence
17:04et puis cette non-prise
17:06en charge
17:07de leurs responsabilités,
17:08nous, évidemment,
17:09en tant que chefs d'entreprise,
17:10ça ne nous va pas.
17:10Un dernier mot
17:11sur l'emploi
17:12et sur l'ambiance globale
17:14justement chez vos salariés.
17:16Est-ce que vous ressentez
17:16une morosité aussi
17:18chez les employés ?
17:19Une inquiétude de l'avenir ?
17:21Il y a une inquiétude.
17:22Une inquiétude.
17:23Et c'est pour ça que le conflit,
17:24on espère qu'on va en sortir
17:26parce qu'en fait,
17:27elle va peser.
17:28C'est toujours la même histoire.
17:29C'est-à-dire,
17:30quand on a un climat anxiogène,
17:32il y a une politique française
17:33qui n'est pas claire
17:34ou un contexte international
17:35comme celui-là.
17:36Le moral des Français
17:37n'est pas bon.
17:38Et quand il n'est pas bon,
17:39j'épargne.
17:39Et quand j'épargne,
17:40je consomme moins.
17:40Et on a des secteurs d'activité.
17:42Je pense à l'équipement de la maison.
17:43On construit moins,
17:45on bricole moins
17:45et ça,
17:46ça pèse sur l'économie.
17:47Merci beaucoup
17:47pour tous ces chiffres
17:48que nous avez donnés ce matin
17:49et pour votre réaction.
17:50Thierry Cotillard,
17:51président du groupement
17:52Les Mousquetaires,
17:53Intermarché,
17:54Bricomarché,
17:54Neto,
17:55vous parliez de la maison.
17:55Merci d'avoir répondu
17:56à mes questions.
17:57Il est 8h46
17:58sur RMC et BFM TV.
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