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Regardez L'angle éco de François Lenglet du 30 mars 2026.

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00:037h38 Langlais Co, François Langlais. Il y a au moins une personne qui est contente du déficit du budget de
00:07l'an dernier, c'est François Bayrou.
00:08L'ex-premier ministre qui s'est réjoui de le voir atterrir à 5,1% ce déficit, soit 0
00:13,3 point de mieux que prévu.
00:15Voyons là le fruit de son travail à Matignon. Bon, François, vous êtes un tout petit peu moins enthousiaste que
00:20l'ex-mère de Pau.
00:21Écoutez, c'est une surprise bienvenue. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue deux choses.
00:25Un, ça ne modifie pas notre place de dernier dans le classement des pays de la zone euro, très probablement.
00:30Et surtout, si on en croit l'INSEE, cette amélioration n'est pas due à une meilleure gestion de la
00:35dépense, mais bien à une envolée des recettes fiscales.
00:37Plus 39 milliards d'euros pour les impôts l'année dernière, c'est-à-dire progression bien plus élevée que
00:43celle de la croissance.
00:44En résumé, la légère amélioration des comptes publics français s'explique une fois de plus par une augmentation d'impôts.
00:51Le mal français que vous dénoncez régulièrement ici, mais quels impôts ont augmenté alors François ?
00:55Taxe sur l'électricité à cause de la fin du bouclier tarifaire, droit de mutation, qu'on appelle, vous savez,
01:00les frais de notaire.
01:01C'est quand on achète un bien immobilier, cotisation sociale à cause de la diminution des allégements.
01:08Et puis, de nouveaux impôts ont été créés, comme la surtaxe sur les grandes entreprises.
01:12Ça rapporte quand même quelques milliards.
01:13Et côté dépenses, qu'est-ce que vous avez vu ?
01:15Ça continue à augmenter, tiré par la progression des dépenses sociales.
01:19Elles aussi avancent plus vite que la croissance de l'économie.
01:22Aussi, leur part dans le PIB, c'est-à-dire dans l'ensemble des richesses produites en France, ne cessent
01:28de grimper.
01:29C'était 56,8% en 2023, 57% en 2024, 57,2% en 2025.
01:37Côté maîtrise de la dépense, le bilan des trois dernières années est donc, j'hésite sur l'adjectif, catastrophique.
01:45Rien n'arrête l'extension de la consommation publique, malgré les diagnostics sévères qui succèdent, la Cour des comptes, l
01:51'Europe, les gouvernements eux-mêmes.
01:53Et franchement, ce n'est pas en 26-27, avant l'élection présidentielle, que ça va s'améliorer.
01:57Jamais des périodes d'économie, les périodes électorales.
02:00On imagine aussi, pour finir le tableau, que la dette a fait un bond.
02:03Oui, oui. Elle a augmenté de 150 milliards l'année dernière.
02:06Elle s'établie à 115,6% du PIB.
02:09Et pour l'essentiel, c'est la hausse de la dette de l'État qui explique ce saut.
02:12En résumé, situation budgétaire française continue de se détériorer, sans perspective d'amélioration significative.
02:19Et au milieu de tout ça, il y a un chiffre qui est particulièrement inquiétant.
02:22C'est le coût de la dette, c'est-à-dire la charge d'intérêt, qui a atteint 64 milliards
02:27l'année dernière,
02:28plus 11% en 2025, après plus 14 en 2024.
02:32En 2025, pour la première fois, le remboursement de la dette, c'est le premier poste de dépense de l
02:37'État,
02:38devant l'éducation nationale, si on enlève les retraites.
02:41C'est-à-dire qu'on paye plus pour rembourser la dette, qu'on donne d'argent au ministère de
02:44l'éducation nationale.
02:44Oui, pour former les jeunes générations.
02:46Oui, c'est la réalité.
02:47Et c'est pas près de diminuer.
02:49Sur le seul mois de mars, la hausse des taux d'intérêt, provoquée par la guerre du Proche-Orient,
02:53on n'y peut rien, coûterait en charge de la dette, si la hausse perdure,
02:57quelques 3 milliards d'euros supplémentaires sur une année,
02:59et plus de 25 milliards sur 9 ans.
03:02Ça, c'est le bilan, donc avec 5,1% de déficit, et on attend 5% pour cette année.
03:06On espère.
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