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  • il y a 3 minutes
Dans son édito du 30/03/2026, Thomas Bonnet revient sur les propos de Gérald Darmanin dans Le Parisien. 

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Transcription
00:00Thomas Bonnet, la France est-elle proche d'une révolte, voire d'une révolution ?
00:03C'est ce que peuvent laisser croire les propos de Gérald Darmanin ce week-end.
00:07Thomas Bonnet, vous revenez ce matin sur cette phrase choc prononcée par le garde des Sceaux
00:12qui sent comme un climat pré-révolutionnaire en France.
00:16Absolument, dans l'éclosion printanière des interviews politiques du week-end,
00:19une phrase a retenu mon attention, elle nous vient de Gérald Darmanin,
00:23interrogé dans les colonnes du Parisien.
00:25« Je trouve, dit-il, qu'il y a chez des électeurs qui ont voté massivement vers les extrêmes,
00:29une sorte de contestation qu'on pourrait comparer à celle des sans-culottes et des soldats de l'an 2.
00:34On n'est pas loin, nous dit Gérald Darmanin, on n'est pas loin d'un sentiment pré-révolutionnaire électoral.
00:41»
00:41Alors, ce n'est pas rien, ce n'est pas anodin qu'un membre du gouvernement parle de sentiment pré
00:46-révolutionnaire,
00:47même s'il prend le soin d'ajouter l'adjectif électoral, comme pour modérer sa propre alerte.
00:51Plus loin dans l'interview, il explique notamment que la paix sociale doit être maintenue
00:55sous peine de connaître des troubles majeurs dans notre pays.
00:58Une contestation, dit Gérald Darmanin.
01:00Thomas Bonnet, pourquoi est-ce que cette déclaration est si importante selon vous ?
01:04D'abord parce que parmi tous les macronistes, Gérald Darmanin est sûrement celui qui a réussi
01:09à garder des capteurs efficaces pour sentir l'humeur du pays.
01:12Quand il affirmait qu'il n'y avait plus de lieu safe en France, au-delà du constat d'échec,
01:16c'était déjà la retranscription fidèle de l'état d'esprit qui règne dans le pays.
01:20Ensuite, Gérald Darmanin parle de cela au terme d'une semaine qui a été marquée
01:24par les actes d'intimidation, d'humiliation, de vengeance lors des passations de pouvoir
01:28dans les mairies.
01:29Et beaucoup de Français, comme beaucoup d'observateurs, ont vu dans ces images
01:32le passage d'un nouveau palier dans la violence politique avec un climat de chaos
01:36savamment instauré par Jean-Luc Mélenchon.
01:39Enfin, Gérald Darmanin parle des sans-culottes et des soldats de l'an 2.
01:43Or, quand on parle des révoltes des soldats de l'an 2, on pense notamment à la guerre
01:48de Vendée.
01:48Et ce n'est donc plus un soulèvement contre le pouvoir dont on parle, mais d'affrontements
01:52entre habitants du même pays, c'est-à-dire une guerre civile.
01:55Alors évidemment, on n'en est pas là, évidemment, bien sûr, mais c'est aussi cette fragmentation
02:00du pays qui est en jeu quand on parle du climat qui règne et de ce sentiment pré-révolutionnaire.
02:05Voilà, on n'en est pas là, vous faites bien de le préciser, mais il y a quand même
02:08de plus en plus de craintes sur l'évolution de la situation et sur les fractures
02:13françaises, comme on dit.
02:14Au fond, la question que beaucoup se posent, c'est celle-là, comment tout ça va finir ?
02:18Et je pense que là, c'est une erreur d'analyse de Gérald Darmanin, c'est d'associer le vote
02:21des extrêmes dans la même catégorie.
02:24Autant les électeurs de la France insoumise sont nombreux à espérer le grand soir, autant
02:28les électeurs du RN sont davantage dans une posture de dégagisme que de révolution.
02:33Le RN, en fait, c'est devenu le parti aujourd'hui réceptacle des frustrations, d'une
02:36certaine colère aussi, mais tout ça s'exprime, j'allais dire, dans le champ républicain
02:39habituel.
02:40Mais la question qui est posée, au fond, c'est celle du bon fonctionnement de notre
02:43démocratie.
02:44Les images de la semaine dernière dans les mairies doivent être un signal d'alerte
02:47très sérieux sur le climat qui pourrait régner en 2027.
02:50Qu'est-ce qui se passera dans nos rues au soir du second tour ? Voilà une question
02:53qu'on est en droit de se poser.
02:54Et là, on parle de démocratie, on parle de cohésion nationale.
02:58Pour finir, je ne sais pas vous dire si nous sommes dans une ère pré-révolutionnaire.
03:01Ce que je vois, comme nombreux d'entre vous, c'est la fragmentation du pays, des
03:06divisions, les vents mauvais que certains soufflent pour tenter de faire partir les
03:09braises.
03:10Ce qu'on peut dire, enfin, c'est qu'en 2017, Emmanuel Macron avait été élu avec la
03:14promesse d'une révolution.
03:15C'était le nom de son livre programmatique.
03:17Eh bien, dix ans plus tard, son ministre le plus fidèle annonce un potentiel grand
03:20soir.
03:21J'y vois le signe d'un échec, mais plus grave encore, le signe d'une détérioration
03:25notable de la situation en France après dix ans, donc, de macronisme.
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