00:00Oui, en ce moment, du côté de la France insoumise, l'idée c'est de dire qu'une France nouvelle
00:03doit prendre la place de l'ancienne.
00:05C'est d'ailleurs assez paradoxal d'affirmer en même temps que la France a toujours été une terre d
00:10'immigration,
00:10tout en appelant à renouveler la population, ce qui sous-entend que finalement elle ne l'avait pas été tant
00:14que ça jusque-là.
00:15En fait, il y a énormément de contradictions dans le discours de LFI.
00:18Par exemple, le nouveau maire de Saint-Denis, Baliba Gayoko, s'oppose à la gentrification de sa ville.
00:23La gentrification, c'est une façon habile pour dire changement de population.
00:27Alors, changement social, certes, mais aussi avec une lecture parfois identitaire.
00:31D'ailleurs, il dit très précisément que tout le monde est le bienvenu à Saint-Denis à une condition,
00:37participer à la communauté de destin et respecter ceux qui ont toujours été là et qui ont fait l'identité
00:43du territoire.
00:44C'est intéressant parce que si vous dites exactement la même chose à l'échelle de la France,
00:48immédiatement vous serez taxé de fascisme par ces mêmes représentants politiques.
00:52En fait, LFI prône la défense de l'identité partout, sauf à l'échelle de la France.
00:56Écoutez, il y a un exemple frappant qui est arrivé ces dernières heures.
00:59C'est le député Antoine Léomant, député de la France Insoumise.
01:01Il parle de la Nouvelle-Calédonie.
01:03Il parle des caldoches et des canaques.
01:05Et il fait une comparaison avec un département de France métropolitaine.
01:09Écoutez ce qu'il disait Antoine Léomant.
01:12C'est comme si, dans le Tarn, il y avait dix habitants
01:15et qu'il y en avait cinq qui arrivaient de l'extérieur avec des armes
01:20et qui imposaient leurs lois par la force.
01:22Ces cinq-là font des enfants et font tellement d'enfants
01:27qu'ils finissent par être plus nombreux que les enfants de ceux qui sont déjà dans le Tarn.
01:32Ils sont arrivés par la force, ils ont fait des enfants
01:35et les voilà plus nombreux que les habitants initiaux du Tarn.
01:38Et ils disent, on va voter.
01:41Et ils gagnent.
01:44Toute ressemblance avec une situation métropolitaine serait fortuite.
01:48Alors soit Antoine Léomant est rattrapé par son passé d'homme de droite,
01:51soit en fait il modifie son idéologie selon les régions du monde où elle s'exerce.
01:55Parce qu'il vient d'où Antoine Léomant ?
01:57Non, il a été en soutien de François Bayrou
01:59et il avoue lui-même qu'il a été plutôt à droite dans sa jeunesse.
02:03Il avoue parce que...
02:04Il avoue parce que c'est mal vu dans son parti, évidemment.
02:07Comment expliquer ce double discours, Thomas Bonnet ?
02:10L'FI et la gauche, plus généralement, a établi elle-même une liste
02:13des identités défendables et celles qui ne le sont pas.
02:16Alors les critères sont mouvants selon les intérêts politiques du moment,
02:19mais il y a une constante.
02:20L'identité occidentale historique doit être déconstruite.
02:22Dès lors, tout ce qui peut la remplacer est plébiscité.
02:25Tant pis si ça implique de flatter la fibre patriotique de telle ou telle identité.
02:30Ça montre aussi que contrairement à certains mondialistes forcenés,
02:33LFI ne défend pas l'idée de l'homme déraciné.
02:35Il faut simplement que ses racines ne soient pas françaises, voire pire, chrétiennes.
02:39D'ailleurs, on a vu le nouveau maire de Creil dire toute sa fierté
02:42de représenter la communauté pakistanaise.
02:44Ça, c'était juste après son élection.
02:46Ça, on a le droit de le faire.
02:47Dire qu'on est attaché à la France telle qu'elle était,
02:50qu'on veut faire perdurer ses traditions et ses valeurs,
02:52ça, c'est inacceptable en revanche.
02:53On comprend en fait que LFI essaye, avec ce discours de contre-colonisation,
02:57de mobiliser l'esprit revanchard parmi les Français issus de l'immigration.
03:00Alors, c'est sans doute efficace à court terme électoralement,
03:03mais tôt ou tard, l'affirmation identitaire refera surface
03:05et placera le parti de Jean-Luc Mélenchon face à l'étendue de ses contradictions.
03:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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