00:03L'actualité en plus, ce matin sponsorisée par une petite musique que vous connaissez forcément,
00:08celle qui accompagne l'agence secret le plus culte de France et le plus absurde par moment.
00:13OSS 117, c'est à la une du numéro 58 de la revue Schnock et vous savez comme on l
00:18'aime ici sur Sud Radio,
00:19donc sur cette petite musique qui a servi de bande-annonce au premier film.
00:23Je suis ravi de vous accueillir. Bonjour Alistair.
00:24Bonjour.
00:25Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes le rédacteur en chef de Schnock.
00:28Pourquoi OSS 117 ? Vous savez que c'est quasiment ma question classique à chaque fois qu'on se voit.
00:32Pourquoi ce héros de cinéma, de littérature géniale en une ?
00:36Alors déjà en fait, les 20 ans de... Je sais, ça ne nous rajeunit pas.
00:40Les 20 ans du premier OSS 117.
00:43Et puis, moi c'est l'occasion de rentrer dans le XXIe siècle qui n'est pas forcément notre siècle
00:51à nous,
00:51qui n'est pas le siècle des Schnocks, encore moins ces jours-ci.
00:54C'est la première fois qu'on fait une couve XXIe siècle, même si évidemment, OSS par définition est un
00:59personnage rétro.
01:00Donc voilà les deux raisons majeures.
01:03Mais l'an dernier, quand quelqu'un m'a dit que ça va faire 20 ans qu'il est sorti,
01:06j'ai fait « waouh ».
01:08Justement cet effet « waouh » que vous venez de très bien faire, est-ce qu'on peut le refaire
01:11?
01:11Un effet « waouh ».
01:12Comment on explique qu'OSS 117 ait acquis ce statut quasiment biblique ?
01:19J'exagère, mais il y a un environnement autour, il y a des répliques cultes, il y a un acteur
01:22culte, on y viendra.
01:24Jean Dujardin qui l'a porté au cinéma magnifiquement et avec un humour assez extraordinaire.
01:28Comment il a acquis ce statut presque de personnage culte ?
01:34Est-ce qu'on peut le dire ?
01:36Alors moi je pense, il y a plein de raisons, mais un des premiers trucs qui me vient en tête,
01:41en fait, c'est l'arrivée de Macron au pouvoir en 2017.
01:44J'ai l'impression que les mêmes, tout ce qui est échangé sur les réseaux sociaux à base de mêmes
01:51d'OSS,
01:53c'est venu après les quelques sorties de Macron.
01:58Alors peut-être qu'en Macron, non, Macron était encore ministre avant qu'il soit président.
02:03J'ai l'impression que c'est là où il y a eu une espèce de deuxième génération d'OSS.
02:08Mais moi je ne l'ai pas vu venir, parce que ce n'est pas vraiment un film de ma
02:10génération.
02:11Moi quand il est sorti, j'avais déjà plus de 30 ans.
02:13C'est un truc qui a été repris par ta génération, j'ai l'impression, plus que la mienne.
02:18Et c'est ça aussi que j'ai vu.
02:19Et Dujardin, le personnage, l'acteur a beaucoup aidé, parce qu'il avait incarné déjà tellement une génération avec Brice
02:25Denis,
02:25qu'il a su faire presque, on va dire, un transfert entre deux générations, entre Brice Denis etOSS, il a
02:30conquis des publics extraordinaires.
02:32Exactement, et ça fait le lien en plus avec et les boomers et les plus jeunes générations.
02:38C'est un personnage transgénérationnel qui le rend totalement schnock.
02:42Alors c'est ça, le côté schnock, j'allais vous poser la question, qu'est-ce qu'il a de
02:45schnock ?
02:46En plus de ce statut culte qu'on vient d'écrire, qu'est-ce qu'il a de schnock au
02:50SS17 ?
02:50Alors déjà quand il sort en 2006, c'est un film qui est rétro, complètement.
02:54On s'inspire beaucoup des années 50, des années 60, et on va y venir, beaucoup de références à du
02:59vieux cinéma.
03:00Il y a des vannes sur René Coty quand même, déjà il faut avoir l'AREF comme on dit.
03:04Notre race à nous.
03:05Oui c'est ça, et tout évidemment, des costumes, au bagnole, à la bouffe, à la blanquette,
03:12tout ça c'est du pré-chnockisme.
03:15Et donc tout ça est remarquablement mis en image par Azan et Vissus,
03:19et par toute l'équipe d'éco, musique, costumes du film.
03:24Et c'est ce qui en fait sa réussite, je ne sais plus de quoi on parlait.
03:27Eh bien non, on parlait du statut schnock justement d'OSS, qu'est-ce qui fait qu'il était si
03:31schnock ?
03:32Vous avez en grande partie répondu, même si vous aviez oublié la question, la réponse n'était pas mal.
03:35Non mais c'était dans, en fait, ils ont repris la série romanesque de Jean-Brusque,
03:40qui avait donné lieu déjà à des films d'André Unebel, notamment M. Fantomas,
03:45qui n'était pas formidable, mais eux en ont fait une comédie parodie,
03:50qui l'a rendu cool, et surtout en respectant à la lettre tous les codes,
03:56lumière, je répète, vestimentaires, musicaux, cinématographiques de l'époque.
04:01Donc il y a un côté nerd, un côté technique, passionné.
04:06Et il y a un charme absolument extraordinaire encore aujourd'hui.
04:08Un charme, une patine assez agréable à regarder,
04:13et hilarante par le côté absurde du personnage, évidemment.
04:17Aujourd'hui, quand on pense à OSS 117, porté par Jean Dujardin,
04:20pour tous ceux qui n'auraient pas encore vu ce qui est un petit bijou de cinéma et de drôlerie,
04:24c'est ça Jean Dujardin dans OSS 117.
04:26Parfait, le temps d'enfiler mon costume colonial.
04:29Blanc, clair, mon costume clair.
04:32Je suis l'arminal à la caméra de Touche, la secrétaire de M. Jefferson.
04:35Quel nom compliqué ?
04:36Hubert Bonnisseur de la Batte.
04:38Ouahed, Jouj, Cléta, Arba, Hamza.
04:40Mais très bien.
04:41T'as vu la quoi ?
04:411, 2, 3, 4, 5.
04:43Ça me sert à rien.
04:45C'est possible que je dois compter jusqu'à 5.
04:47Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleurs pouvoirs ?
04:50Une police secrète, une seule chaîne de télévision,
04:52et dont toute l'information est contrôlée par l'État ?
04:53J'appelle ça la France, mademoiselle.
04:55Et pas n'importe laquelle.
04:56La France du général de Gaulle.
04:58Voilà, et généralement, la plupart des gens qui écoutent ça miment en même temps les répliques tellement elles sont cultes.
05:03C'était donc le Carni d'Espions.
05:05En premier, il y a eu ensuite Rio de Janeiro, et puis il y a eu le dernier Alerte Rouge
05:10en Afrique Noire.
05:11C'est vrai qu'aujourd'hui, et vous le mettez d'ailleurs en une du schnock, du numéro 58,
05:15c'est Jean Dujardin qui a apporté toute cette dimension, toute cette drôlerie,
05:19en grande partie ce statut culte aussi au personnage.
05:22Oui, alors, il porte magnifiquement le texte de Alain et d'Azanavisus aussi,
05:27mais c'est vrai que c'est lui qui est quasiment de tous les plans,
05:30et qui dédramatise tout, et qui, dès qu'il y a une réplique problématique,
05:36alors là on en a entendu qu'ils ne le sont pas, mais il y a des choses plus tendues
05:40dans le film,
05:41son sourire, ses yeux d'abruti, mais il le fait très bien, c'est un jeu,
05:48dédramatise tout, quoi, et ça pourrait continuer des heures comme ça,
05:51on a compris que c'était un débile, et que...
05:55D'ailleurs c'est ce qu'il dit Jean Dujardin, que vous vous interrogez très longuement dans ce numéro,
05:58il dit en effet, parce qu'il y a beaucoup de blagues sur le racisme, sur l'antisémitisme,
06:01sur le colonialisme, qui sont en réalité inscrits dans le personnage qu'il interprète au SS117,
06:06mais lui il le dit, un, l'écriture était cis, l'est pour,
06:08et une fois qu'on a compris qu'avec un regard de sourcil, de yeux, de haussement de tête,
06:13on a compris que le personnage était débile, on lissait ce qu'on aurait pu attaquer avant,
06:16parce qu'on ne peut plus parler de tout ça, et ça fonctionne.
06:19Et ouais, mais cela dit, il dit ça, on a l'impression que c'est paf, mais il faut le
06:22faire quand même,
06:23c'est pas donné à tout le monde, alors je ne citerai pas de nom,
06:26mais dans la bouche d'un autre acteur, ça peut devenir catastrophique.
06:29Totalement.
06:30Mais lui, ça passe crème, comme on dit aujourd'hui,
06:32et c'est balèze, vraiment c'est balèze.
06:36Et c'est aussi la rencontre de trois hommes que vous réunissez aussi dans ce numéro 58,
06:39c'est-à-dire un réalisateur, un scénariste et un acteur,
06:42tous avec des degrés différents quand même,
06:45mais qui ont des souvenirs heureux de ce moment, avec un film heureux.
06:49Je vous vois de l'inné, mais parce qu'ils ont tous une interprétation différente,
06:52mais globalement, ils sont fiers quand même d'avoir produit un tel film et un tel personnage,
06:56d'avoir donné une telle matière, une telle existence.
06:59Oui, ils sont d'autant plus fiers que c'est en effet,
07:02on revient à ce qui est devenu le film avec les années,
07:07qui a marché à l'époque, c'est un million et demi pour le premier,
07:10presque deux millions pour le deuxième,
07:12donc c'est des succès, ce n'est pas des énormes succès, c'est des gros succès,
07:15mais ils ne pensaient peut-être pas que ça allait traverser les années comme ça,
07:19parce que c'est déjà un humour très marqué et très subtil.
07:21Mais il faut rappeler justement, avec tout le travail autour du film,
07:23qu'ils sont nommés à Cannes dans la série comédie,
07:25ce qui est très rare, ce qui prouve qu'en plus de l'humour,
07:28il y a toute une patte, il y a toute une touche derrière,
07:31il y a tout un talent de cinéma.
07:33Ils ne pensaient peut-être pas qu'on allait en parler 20 ans après,
07:37et qu'il y allait avoir sur internet des memes qui allaient être distribués encore,
07:42c'est ça surtout dont ils sont fiers.
07:44Après, comme tous les projets collectifs,
07:46ils ont chacun leur version du truc,
07:48chacun leurs égaux, forcément,
07:49chacun des égaux monstrueux,
07:51et puis une histoire qui ne finit pas comme on voudrait,
07:55il n'y a que Jean,
07:56qui est encore là, dans l'interview,
07:58il parle d'un éventuel numéro 4,
07:59entre en Suisse ou en Russie.
08:04Oui, en Russie, dans l'Union du Berlin.
08:05Parce que lui, il adorerait avoir le OSS 117
08:08qui commence avec l'apogée de la France,
08:11qui rayonne dans l'Empire colonial, on va dire,
08:13et qui, d'un coup, se retrouve basculé dans le Nouveau Monde,
08:16c'est-à-dire post-chute du mur de Berlin, il en rêve.
08:18Ah, ça serait là.
08:19Donc, il y a Jean du Jardin qui est encore en train d'imaginer,
08:22peut-être, un OSS 4,
08:23et donc, c'est lui la force du projet, maintenant.
08:26C'est à lui de réunir tous ses talents.
08:28C'est vraiment incroyable.
08:30Et c'est lui qui incarne.
08:31Et si on veut découvrir tous les éléments,
08:33tous les ingrédients,
08:34toute la recette, finalement, du succès des OSS 117,
08:37c'est dans le numéro 58 du magazine Schnock,
08:39la revue des vieux Schnock de 27 à 87 ans.
08:42Donc, c'est un public large.
08:43Comment est votre blanquette ?
08:44Un petit coup de polish.
08:45On va au Caire, on va donc en Égypte,
08:48on va au Brésil, on va partout.
08:49C'est l'occasion de les redécouvrir.
08:51Tout le monde est interrogé dessus,
08:52et ce numéro est encore plus génial que les autres.
08:54Merci beaucoup, Alistair,
08:55d'être placé ce matin du côté de Sud Radio.
08:57Schnock OSS 117,
08:59comment est votre blanquette ?
09:00Tiens, ça, c'est une bonne question.
09:01Il est 9h29 dans un instant.
09:03Mais comment sont les comptes de la France ?
09:04Ça, c'est une autre version.
09:05C'est l'OSS 117 version économie.
09:07Il est moins marrant.
09:08Voilà, il est moins ironique.
Commentaires