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  • il y a 12 heures
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député PS de Seine-et-Marne, était l'invité de Marc Fauvelle sur BFMTV, ce jeudi 26 mars. 

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Transcription
00:00C'est Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, qui va nous rejoindre.
00:04À présent, Olivier Faure qui est sous le feu des critiques au sein de son parti,
00:08après les alliances nouées lors des élections municipales avec les Insoumis.
00:13Bonsoir Olivier Faure.
00:15Bonsoir Marc-Pauvel.
00:15Soyez le bienvenu. On va en parler des Insoumis.
00:17On va parler de Jean-Luc Mélenchon aussi ce soir.
00:19Vous aimez tellement en parler que c'est difficile d'échapper à un plateau où on n'en parle pas
00:22de lui.
00:23Ce qui m'attriste un peu parce que je pense que la vie politique ne tourne pas autour de lui.
00:26Bon. Une image d'abord, si vous le permettez. Vous étiez ce matin à l'hommage national rendu à Lionel
00:31Jospin.
00:32On a entendu votre réaction déjà ces derniers jours après la disparition de l'ancien Premier ministre socialiste,
00:36l'homme de la gauche plurielle, l'homme des 35 heures.
00:39Mais on a vu ce matin à peu près toute la gauche là-bas, à l'exception de Jean-Luc
00:43Mélenchon
00:43qui a dit qu'il avait été invité un peu trop tard et qu'il n'a pas pu s
00:46'y rendre.
00:46Finalement, c'est le seul endroit aujourd'hui où la gauche peut encore se réunir.
00:52Je ne sais pas pourquoi vous dites ça. Parce que la réalité, c'est que dans ces élections municipales,
00:55je rappelle qu'il n'y a jamais eu autant de maires socialistes depuis les élections de 2008.
01:01Nous avons conquis plus de 123 villes. Nous avons près de 800 maires aujourd'hui qui sont socialistes et estampillés.
01:09D'autres qui sont dans la galaxie, qui sont proches de nous.
01:12Et donc nous avons réussi cet exploit. Pour quelles raisons ?
01:16Parce que nous avons réussi là aussi ce qui n'avait jamais été fait de toute sorte de la gauche.
01:21C'est une alliance dès le premier tour entre socialistes, communistes et écologistes.
01:26Ça n'était jamais arrivé.
01:27Ce n'est pas cette alliance-là qui est critiquée aujourd'hui, y compris par certains de vos alliés ou
01:32ex-alliés au sein du Parti Socialiste.
01:34On va, si vous le permettez Olivier Faure, remonter un peu le fil avec Raphaël Grabli qui nous rejoint.
01:37Non pas des alliances au municipal, mais de vos relations avec Jean-Luc Mélenchon, de ce que vous en dites
01:44depuis plusieurs années.
01:46Bonsoir Raphaël. On remonte en quelle année pour commencer ?
01:49On remonte en 2022. Je me suis arrêté à mai 2022 comme point de départ après la présidentielle catastrophique pour
01:54le PS.
01:55Anne Hidalgo arrive dixième au premier tour.
01:57Vous vous alliez à LFI pour les législatives avec la NUPES.
02:01Les images qu'on voit, c'est le 7 mai 2022 à la convention de la NUPES.
02:05Vous vous affichez auprès de Jean-Luc Mélenchon.
02:07Rapidement, en 2023, les premières tensions apparaissent avec l'affaire Quatennens notamment.
02:13Et puis tout bascule avec les massacres du 7 octobre.
02:15LFI, dans un communiqué, parle d'une offensive armée pour évoquer les attaques du Hamas,
02:20que LFI refuse d'ailleurs de présenter comme organisation terroriste.
02:25Déjà à l'époque, des figures du PS vous demandent de rompre avec LFI.
02:29Après dix jours environ de débat, vous appelez finalement un moratoire sur votre participation à la NUPES,
02:35qui est donc mise en sommeil.
02:37Là, on arrive en 2024, c'est-à-dire le moment de la dissolution.
02:40Oui, donc nouvelle législative et nouvelle alliance avec LFI.
02:43Cette fois, c'est le nouveau front populaire.
02:45Un succès électoral, mais une alliance tout aussi éphémère.
02:49En 2025, vous refusez de censurer d'abord le gouvernement Bérou.
02:53Ensuite, le gouvernement Lecornu.
02:55Nouvelle rupture avec LFI.
02:56Jean-Luc Mélenchon, fin 2025, évoque même dans un tweet un pacte, je cite,
03:02Macron fort et puis la rupture, elle est encore plus forte depuis février suite à la sortie de Jean-Luc
03:08Mélenchon autour du nom Epstein.
03:10Le 7 mars, une semaine avant les municipales, vous évoquez alors des expressions antisémites de Jean-Luc Mélenchon et, je
03:18vous cite,
03:19le franchissement de l'inacceptable.
03:21Comment vous expliquez dans ces conditions, Olivier Faure, autant d'alliances avec les insoumis entre les deux tours ?
03:26D'abord, autant d'alliances, il faut quand même remettre les choses à leur juste proportion.
03:29Il y a 0,6% des candidats qui ont fait alliance au second tour avec la France insoumise.
03:34Autant d'alliances dans les grandes villes, puisqu'il y en a une quinzaine.
03:37Mais la réalité, c'est que vous le savez, pour ce qui concerne les socialistes, il y en a eu
03:40six.
03:41Donc, vous pouvez raconter ce que vous voulez, mais si on revient à cette juste proportion, déjà, on relativise les
03:47choses.
03:48Ensuite, moi, ce que je dis, c'est que je ne suis pas irréconciliable avec l'ensemble de ceux qui
03:54votent insoumis.
03:55Je suis irréconciliable avec leur chef.
03:56Là, ce n'est pas des électeurs avec qui vous avez une alliance, sans des candidats.
03:59Y compris, j'avais mis au défi quiconque de dire en quoi les deux candidats insoumis qui étaient en fait
04:06à Toulouse et à Limoges
04:07avaient tenu des propos qui rejoignaient ceux de Jean-Luc Mélenchon.
04:11Est-ce qu'ils sont antisémites ? Est-ce qu'ils ont pratiqué eux-mêmes une forme de hooliganisation de
04:15la vie politique ?
04:16Est-ce qu'ils sont de dangereux barbares ?
04:18Ou est-ce qu'au contraire, on avait là affaire à des gens qui avaient mené une campagne,
04:22qui avaient recueilli suffisamment de suffrages pour qu'on s'intéresse à ce qu'ils avaient fait ?
04:27Après, ces choix-là, vous le savez, ce ne sont pas des choix qui sont des choix qui sont faits
04:31par la direction de patrouille.
04:32Oui, mais ça, c'est un peu facile.
04:34Vous êtes le patron.
04:36Vous dites, quelques jours avant, il n'y aura pas d'accord national.
04:39Il y a des accords qui sont conclus dans...
04:40Dans plusieurs villes, vous dites, je les comprends, et ensuite, vous nous dites, j'ai laissé faire.
04:44C'est-à-dire qu'à aucun moment, vous ne vous êtes mêlés de ces accords-là.
04:48Vous ne pouvez pas me dire, vous avez dit, il n'y aura pas d'accord national,
04:51et puis ensuite me dire, il y a des accords locaux.
04:52Mais oui, je vous dis qu'il n'y a pas d'accord national.
04:56Pendant la semaine qui a précédé, vous avez entendu un certain nombre de cadres socialistes
05:00qui avait dit, on verra au cas par cas, il y a des fois où ce sera imaginable
05:04parce que la gauche, elle s'est toujours rassemblée sur un second tour.
05:08Ce que je dis, moi, c'est que ma position à moi, elle est effectivement très claire.
05:12Il n'y a aucune possibilité pour un accord national avec la France insoumise.
05:17Si vous voulez la clarté, pour les prochaines échéances, qui sont des échéances présidentielles,
05:30puis législatives, il n'y aura pas d'accord avec national, donc avec la France insoumise.
05:35Et il y aura des accords locaux.
05:37Mais des accords locaux, qu'est-ce que vous racontez ?
05:39Boris Vallaud, l'un de vos opposants qui est en train de...
05:42Enfin, l'un de vos soutiens qui est en train de devenir peut-être l'un de vos opposants au
05:46sein du PS,
05:46dit qu'on ne croira pas la prochaine fois.
05:48On a déjà fait le coup.
05:50Mais moi, ce que je vois, c'est que vous êtes en train de chercher à faire de la France
05:55insoumise
05:56le sujet majeur de la vie politique, alors que...
05:59Enfin, je viens de dire à l'instant...
06:00C'est vous, vous avez dit, il y a quelques jours avant le premier tour,
06:02qui avait dit Jean-Luc Mélenchon qu'il y a des propos antisémites.
06:05Ce n'est pas moi, ils ne sont pas les journalistes.
06:08Mais comment on peut dire ça et s'allier ensuite ?
06:10Ou laisser s'allier ensuite ?
06:11Mais écoutez, je vous ai répondu, je vous dis que ce n'est pas parce que
06:15je conteste le leader de la France insoumise, qui a franchi toutes les lignes
06:19et qui l'a fait de manière répétée, récurrente, et qui s'est rendue en réalité insupportable
06:26à tel point qu'il est devenu un boulet, même pour ses propres candidats.
06:30Ce que je dis, c'est que moi, je ne renie pas le fait qu'il y a des insoumis
06:33qui sont aujourd'hui dans ce mouvement, des gens qui votent pour la France insoumise,
06:39auxquels je veux continuer à parler.
06:40Et je leur dis quoi à ces insoumis ?
06:42Je leur dis, mais vous ne voyez pas que vous êtes avec un plafond de verre
06:45qui descend chaque fois à cause de Jean-Luc Mélenchon ?
06:47Ça ne vous intéresse pas de voir que c'est un boulet qui vous empêche de porter,
06:50y compris votre message ?
06:51C'est ça ce que je leur dis.
06:53Parce que c'est trop.
06:53Enfin, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?
06:54Qu'on dise que désormais, il y a plusieurs millions de femmes et d'hommes dans ce pays
06:58qui sont irratrapables, que désormais, on ne pourrait plus leur parler ?
07:01Ça n'est pas ma position.
07:02Mais, je prends un exemple précis.
07:04Nantes, c'est la numéro 2 du PS.
07:05Johanna Roland, qui fait alliance avec les insoumis, sur sa liste.
07:09Il y a un candidat LFI qui, le 7 octobre, a refusé de condamner l'attaque du Hamas
07:14et qui l'a même justifié.
07:15Mais, attendez, je ne sais pas, je ne connais pas ce monsieur.
07:19L'affaire est sortie dans la presse entre les deux tours.
07:21Elle est forcément arrivée jusqu'à vous.
07:22Non.
07:23Moi, ce que je vous dis...
07:24Non, elle n'est pas arrivée jusqu'à moi.
07:25Non.
07:25Ce que je vous dis...
07:26La résistance n'est pas le terrorisme.
07:27Marc Fauvel, je veux bien venir sur votre plateau, avec plaisir.
07:30Oui.
07:31Mais, quand même.
07:32Enfin, vous avez d'abord eu une affaire qui était l'affaire de Rank.
07:36Qui a duré 15 jours, 3 semaines.
07:38Puis après, on a maintenant l'affaire des alliances.
07:41Avant le premier tour, c'était déjà la question.
07:43C'est devenu la question pendant le second tour.
07:45On est presque une semaine après le second tour.
07:47Et on parle de quoi ?
07:48On parle toujours des insoumis.
07:49Moi, je n'en peux plus.
07:51Je vais vous dire une chose.
07:52Je ne suis pas là pour parler des insoumis.
07:53Si vous voulez qu'on parle des socialistes...
07:54Olivier Faure, si on parle des insoumis, c'est pas parce que ça vient de...
07:58Je vais finir ma phrase.
08:00Juste parce que vous êtes en train de m'expliquer que j'ai une sorte de manie sur les insoumis.
08:03C'est le parti socialiste qui se déchire depuis plusieurs jours.
08:06Je vais finir ma phrase en vous disant que, dans un moment, et c'est valable aussi pour les socialistes
08:09dont vous parlez,
08:11nous sommes dans un moment de crise internationale.
08:13On a aujourd'hui le prix du pétrole qui ne cesse d'augmenter.
08:16Vous avez des gens qui, pendant toute la campagne des municipales, et ça on n'en parle jamais,
08:20qui sont venus nous parler, sur les marchés, dans les portes à portes, partout ailleurs.
08:24J'ai fait deux mois de campagne dans toute la France.
08:26Est-ce que ça vous intéresse de savoir ce que ces gens m'ont dit ?
08:28Est-ce qu'ils m'ont parlé des insoumis ?
08:30Ce qu'ils m'ont dit, Marc Favelle, ils m'ont dit, nous vivons mal.
08:34Nous vivons mal.
08:35Et nous avons des sujets qui sont aussi simples que le logement, le pouvoir d'achat, l'éducation,
08:40les services publics, tous ces sujets-là que personne ne veut traiter.
08:44Alors moi, je veux bien qu'à chaque fois qu'on vient à la télévision ou à la radio,
08:47on nous parle pendant une demi-heure de la France insoumise,
08:49et puis à la fin, on a peut-être une demi-question sur qu'est-ce qu'on fait sur
08:52le pétrole.
08:53– Peut-être qu'on vous en parle, on va parler du pétrole,
08:56peut-être qu'on vous en parle, parce que le bureau national du PS qui a eu lieu il y
08:59a deux jours,
09:00vous n'avez pas parlé des prix du pétrole.
09:02Il a duré six heures, on a parlé, vous avez parlé de la stratégie du PS.
09:05Ce n'est pas moi, ce sont les socialistes qui parlent de ça.
09:07– Si vous voulez qu'on prolonge, j'en prends ces six heures.
09:09– Ah non, on n'aura pas le temps.
09:11– Voilà, on peut les prolonger autant qu'il le faut.
09:13Mais enfin simplement, ce que je vous dis, c'est que quand nous sommes un grand parti politique
09:18qui vient de remporter des élections municipales et que nous passons notre temps
09:23à nous déchirer sur des questions qui sont des questions accessoires en réalité,
09:28parce qu'elles ne visent, et d'ailleurs, vous le savez, ce n'est pas moi qui l'ai décidé,
09:33et ensuite tous les courants ont participé à cette histoire.
09:36Et donc, venir ensuite sur le procès de la direction, c'est tellement cousu de fil blanc.
09:41C'est la première fois…
09:42– Ça veut dire quoi ce que vous dites ?
09:43– Ça veut dire que quoi qu'il arrive…
09:44– Les autres courants qui ont conclu, et c'est vrai que dans certaines villes,
09:48– Olivier, je termine juste ma phrase.
09:50– C'est vrai que dans certaines villes, ce sont des gens qui, aujourd'hui,
09:52vous en font le reproche en interne, au PS, qui ont conclu des accords avec la France insoumise.
09:56Ce que vous dites quoi ? C'est, ils font de la petite politique pour me sortir,
10:00ils veulent ma tête aujourd'hui ?
10:01Il y a eu un appel à la démission lancée par le maire socialiste de Saint-Ouen
10:05qui vous demande de partir.
10:05Boris Vallaud, qui est un peu l'homme qui vous a fait premier secrétaire,
10:09dénonce aujourd'hui vos ambiguïtés.
10:12Vous dites ce soir, je suis premier secrétaire et j'y reste.
10:15– Mais je suis premier secrétaire élu par des militantes et des militants,
10:19à plus de 50%.
10:20Donc, ce mandat-là, je le tiens des militantes et des militants.
10:23Je vois bien qu'à chaque étape, si vous voulez reprendre,
10:27parce qu'on a repris tout à l'heure l'histoire,
10:29mais enfin vous avez des gens qui ont suivi à chaque étape,
10:30il y a même des gens qui jusqu'à…
10:37à François Hollande.
10:39Carole Delga approuve,
10:41François Hollande approuve,
10:42tout le monde approuve.
10:44– Il n'y a pas les phrases antisémites à ce moment-là.
10:46Je reprends les mots du bureau national du PS.
10:49– Oui, il y avait déjà eu l'alerte avec le 7 octobre
10:52et ça n'a pas empêché tous ces gens de dire,
10:55on fait le NFP parce qu'il y avait une menace,
10:57qui était une menace importante,
10:58qui était celle de voir l'extrême droite arriver au pouvoir.
11:00– Alors, vous venez d'éclipser ce qu'a été l'élément majeur de ma journée,
11:08l'hommage à Lionel Jospin.
11:09Qu'a fait Lionel Jospin ?
11:11– Pardon, je vous ai posé la question sur Lionel Jospin,
11:13vous êtes parti sur Jean-Luc Mélenchon.
11:15– Non, franchement…
11:17– Je vous disais, est-ce que c'est un endroit où toute la gauche se parle ?
11:19– Oui, c'est un endroit où toute la gauche se parle encore.
11:23Et ce que je vous dis, c'est que la gauche plurielle,
11:26c'était des gens qui avaient des positions très différentes,
11:28très différentes.
11:29que Lionel Jospin avait su mettre ensemble.
11:31Et puis, à un moment, cette gauche plurielle,
11:34elle s'est fracassée, elle s'est divisée.
11:36Et il y a eu sept candidats de gauche
11:38au premier tour de l'élection présidentielle de 2002.
11:40– Et ça a donné quoi ?
11:40Ça a donné pour la première fois de notre histoire
11:43l'extrême droite au deuxième tour d'une élection présidentielle.
11:45Depuis, c'est arrivé à trois reprises en tout,
11:49Jean-Marie Le Pen y compris.
11:51Et donc, la présence de l'extrême droite est devenue
11:53monnaie courante,
11:55et notre présence, une exception.
11:57Eh bien, je souhaite que nous puissions en finir avec cette exception
12:00et que nous puissions retrouver la capacité à arriver au second tour
12:04d'une élection présidentielle et faire face à l'extrême droite
12:06et la battre parce que je crois que notre pays n'est pas prêt à accepter
12:10Jordan Bardella ou Marine Le Pen à l'Élysée.
12:13– Est-ce que ça veut dire, Olivier Faure, que le Parti Socialiste aura nécessairement,
12:17quel qu'il soit, un candidat à l'élection présidentielle ?
12:19– Je souhaite qu'il y ait un candidat commun de toute la gauche démocratique et écologiste.
12:25Et donc, j'attends que chacun nous dise quels sont les moyens pour y parvenir.
12:28– Ça, c'est la première de la gauche qui est prévue en octobre,
12:31ou pour l'instant, qui réunit pour l'instant les ex-insoumis comme François Ruffin
12:34ou Marine Tondelier pour les écologistes.
12:37Mais ça ne va pas au-delà, ou Clément Thibault.
12:39– C'est vrai ? – Oui.
12:39– Pour l'instant, ça ne va pas au-delà.
12:41Donc, soit il y a des gens qui la rejoignent,
12:43parce que je vois des gens qui disent que c'est une petite primaire.
12:45Mais ceux qui s'indignent que ce soit une petite primaire,
12:48qu'ils y viennent, ce sera une grande primaire.
12:50– Ça, c'est pour Raphaël Luxman ?
12:51– Ça, c'est pour tout le monde, y compris pour moi.
12:54Il faut que tout le monde se range à l'idée simple.
12:56– Pardon, je vais reprononcer son nom,
12:57mais ce n'est pas pour Jean-Luc Mélenchon, cette primaire-là.
12:59– Non, je viens de vous dire, la gauche démocratique et écologiste.
13:02Jean-Luc Mélenchon a déjà dit ce qu'il en était pour lui.
13:09Ceux qui me soutiennent à la présidentielle
13:10qui pourront être soutenus par les insoumis aux législatifs.
13:13Donc, cette affaire, elle est déjà réglée.
13:14La clarté, si vous la voulez, je la fais ce soir, je vous l'ai dit,
13:17et il l'a fait lui-même.
13:18Donc, vous avez en fait là une équation qui est parfaitement résolue.
13:23Donc, maintenant, la question, c'est est-ce que tous les autres
13:26décident chacun par esprit partisan,
13:29par volonté d'égo mal placé,
13:32par incapacité à s'entendre avec les autres ?
13:37Eh bien, dans ces cas-là, on aura la même chose
13:38que le 21 avril 2002, vous aurez pléthore de candidatures
13:42et à la fin, vous aurez en fait la droite et l'extrême droite
13:45qui s'opposeront.
13:45Et donc, nous serons dans une situation, nous avons déjà connu,
13:48une exception catastrophique si l'extrême droite,
13:50en plus à l'issue, devait l'emporter.
13:52– Vous connaissez la phrase de la grand-mère de Martine Aubry
13:55quand c'est « flou, il y a un loup » qu'elle avait dit
13:56il y a très longtemps lors d'un débat télé.
13:58Il y a un flou sur un autre cas au municipal.
14:00Vous allez voir, ça ne concerne pas les insoumis.
14:02C'est le cas de Catherine Trottmann,
14:05élue à Strasbourg après avoir fait alliance avec Horizon.
14:07Vous avez dit, entre les deux tours, au moment où elle a fait alliance,
14:10elle est exclue.
14:11Et une fois qu'elle a été élue, vous avez dit, elle est socialiste.
14:14Est-ce qu'elle est socialiste ou est-ce qu'elle ne l'est pas ?
14:16– J'ai dit qu'elle ne pouvait pas se réclamer
14:18du Parti Socialiste dans l'alliance
14:20qu'elle a conclue avec le Parti Horizon.
14:23Comprenez-moi bien.
14:24Comment voulez-vous justifier le fait que…
14:26– Vous avez dit qu'elle s'est placée en dehors du Parti Socialiste ?
14:28– Oui, absolument.
14:28– C'était avant qu'elle soit élue, et vous avez dit
14:30qu'elle est toujours socialiste après sa victoire ?
14:31– Ce que j'ai dit, c'est qu'on ne peut pas se réclamer
14:35de notre parti politique en faisant en même temps
14:37une alliance avec le Parti Horizon.
14:40Pourquoi ? Horizon, c'est le parti d'Édouard Philippe.
14:42Vous imaginez que si désormais le Parti Socialiste disait
14:45« On peut s'allier avec la droite pour battre une candidate
14:49qui est une candidate écologiste alliée avec des insoumis
14:52comme elle l'avait été pendant tout son mandat. »
14:55Vous imaginez qu'on ne comprend plus très bien où nous sommes.
14:57Vous voulez me demander où je suis ?
14:59Moi, je vous dis, je suis socialiste.
15:01– Et Catherine Trottman, elle est socialiste ?
15:03– Et Catherine Trottman, elle est socialiste.
15:04Je ne peux pas dire le contraire.
15:05– Donc elle ne s'est pas exclue, comme vous l'avez écrit.
15:08– J'ai dit qu'elle ne pouvait pas se réclamer de Parti Socialiste.
15:10Et d'ailleurs, je crois comprendre qu'elle ne s'en réclame plus.
15:12J'ai lu une interview d'elle où elle dit
15:14« Moi, je suis libre et je fais ce que je veux ».
15:16Écoutez, elle était libre, elle est socialiste
15:19parce qu'il y a des gens qui sont socialistes dedans, dehors, etc.
15:22Je ne suis pas celui qui donne l'appellation contrôlée.
15:26En fait, il y a des gens qui appartiennent au Parti Socialiste
15:28et puis il y a des gens qui sont socialistes.
15:29Et Catherine Trottman, à l'évidence, c'est une grande dame.
15:32Elle a fait beaucoup de choses dans sa vie.
15:33Elle s'est battue contre l'extrême droite.
15:34Elle a fait des choses que j'ai approuvées.
15:36J'ai commencé ma vie politique avec elle
15:37et je l'ai appelée longuement au téléphone
15:39la veille de la décision que j'ai prise
15:40en la prévenant, en lui disant
15:42« Catherine, je ne peux pas accepter l'idée
15:44que quelqu'un s'allie avec la droite
15:47pour battre un partenaire de gauche. »
15:49Je crois qu'elle l'avait compris, qu'elle l'a accepté aussi
15:52et elle a fait ensuite son choix,
15:53ce qui est à la fois respectable
15:55et en même temps, vous ne pouvez pas me demander à moi
15:57de me renier sur ce que je crois.
15:59Moi, je ne suis pas allié avec les droits Philippes.
16:01Je ne veux pas avoir l'année prochaine.
16:03Je serai avec celles et ceux
16:05qui se battront contre la droite et contre l'extrême droite.
16:07Vous nous disiez il y a quelques minutes
16:08que les Français, quand vous les croisez,
16:09vous parlent de pouvoir d'achat
16:11et vous parlent aussi, je pense, des prix des carburants
16:14qui ont explosé ces dernières semaines
16:16depuis la guerre au Moyen-Orient.
16:17Le gouvernement prépare un geste pour les gros rouleurs.
16:20On n'en sait pas plus dans les jours qui viennent.
16:22C'est ce qu'annonce le ministre de l'Économie aujourd'hui.
16:24Est-ce que c'est la bonne solution pour vous,
16:26c'est-à-dire une aide ciblée sur ceux qui roulent le plus
16:29ou est-ce que vous estimez qu'il faut une aide plus large,
16:31une sorte de nouveau chéquier pour aider les Français à rouler ?
16:35Non.
16:35Et d'ailleurs, je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises
16:37bien avant le gouvernement.
16:38Non, on ne peut pas avoir une mesure générale.
16:41Si vous avez une mesure générale,
16:42elle est à la fois très coûteuse
16:43et elle est très injuste parce qu'elle permet aussi bien
16:46à celui qui roule en Rolls-Royce
16:48qu'à celui qui roule avec une vieille Twingo,
16:52à l'un comme à l'autre.
16:53On est un peu dans la caricature,
16:54Rolls-Royce et Twingo.
16:55Oui, avec un SUV si vous voulez.
16:57Ce que je veux dire, c'est qu'en fait,
16:59il y a ceux qui ont d'abord un gros réservoir,
17:01ceux qui ont un petit réservoir,
17:02il y a ceux qui ont un gros réservoir
17:03et qui peuvent payer davantage,
17:05et il y a ceux qui ont un tout petit réservoir,
17:07mais pour qui c'est devenu existentiel.
17:09Parce que ça veut dire que pour aller au travail,
17:11pour emmener les enfants faire du sport,
17:13pour aller faire ses courses,
17:15je suis en vue d'une circonscription
17:16que vous connaissez peut-être,
17:17qui est juste au-dessus de Molin,
17:19en fait, dans ce qu'on appelle la ville nouvelle de Sénard,
17:22et où si vous n'avez pas de voiture pour aller travailler,
17:24vous ne pouvez pas faire grand-chose.
17:25Il y a le RER, le RER, le RER, le RER...
17:25Mais ça veut dire que si vous étiez au pouvoir, Olivier Faure,
17:27vous feriez sans doute à peu près la même chose ?
17:29J'ai dit à plusieurs reprises,
17:31j'ai invité le gouvernement à prendre une mesure ciblée,
17:34un chèque qui soit destiné uniquement
17:36à celles et ceux qui sont à la fois de gros rouleurs
17:38et qui sont parmi les plus modestes.
17:39Il ne s'agit pas d'arroser tout le pays
17:42avec des subventions dont nous n'en avons plus les moyens.
17:44Donc effectivement, il faut cibler.
17:46Maintenant, j'attends de voir ce que fera le gouvernement.
17:48Et reconnaissez une chose,
17:50c'est que je ne suis pas sectaire.
17:52Et donc, quand le gouvernement fait quelque chose
17:54qui correspond à ce que je crois juste,
17:58j'approuve.
17:58Quand je suis en désaccord, je le dis aussi.
18:01Voilà, c'est ma philosophie, elle est assez simple.
18:03Je pense qu'il faut travailler pour les Françaises et les Français.
18:04Et justement, arrêter de parler exclusivement avec des étiquettes,
18:08mais de parler aussi ce qu'il est possible de faire pour les Français.
18:11Quand, pour en venir au municipal,
18:13quand dans une ville, on a le choix...
18:15C'est moi.
18:15Oui, c'est moi, mais je ne vous parle pas d'alliance.
18:18Là, je vous dis, quand on a le choix entre un maire
18:20qui dit « je ne veux pas encadrer les loyers,
18:22je ne veux pas faire de loge social,
18:23je préfère payer une amende »,
18:24qui ne veut pas réviser les tarifs à la cantine,
18:27qui ne veut pas faire en sorte que la ville soit plus végétalisée,
18:31eh bien, moi je dis qu'à un moment,
18:32il faut aussi s'occuper de la vie quotidienne des gens
18:34et qu'on ne peut pas exclusivement résumer la vie politique
18:37à quelques alliances.
18:38Moi, j'en ai assez.
18:39Je suis chef de parti, mais je ne suis pas partisan.
18:42Je considère qu'à un moment, il faut d'abord s'intéresser aux gens.
18:45Et c'est comme ça que nous les retrouverons,
18:47parce que l'autre phénomène de cette élection municipale,
18:50dans cette élection qui n'avait jamais,
18:52et qui a toujours été plutôt considérée comme une élection maîtresse,
18:55il y avait la présidentielle et les municipales
18:57où tout le monde se mobilisait.
18:58C'est une élection préférée des Français.
18:59Exactement.
19:00Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui,
19:01on s'aperçoit que, malheureusement,
19:03la tendance est à la baisse de participation,
19:05et de cela, personne ne peut se satisfaire.
19:07C'est une alerte pour tous les politiques,
19:08pour moi, pour les autres.
19:10Il faut que nous retrouvions un autre sens du débat
19:13et que nous arrivions à convaincre
19:15que nous avons encore des possibilités
19:17pour rendre la vie plus belle, plus juste, plus humaine,
19:20et que la politique n'est pas impuissante.
19:22Autrement, nous serons simplement là
19:24à nous écharper sur je ne sais quelle polémique,
19:26et à la fin, nous dégoûtons tout le monde.
19:28Merci Olivier Faure.
19:29Je retiens ce que vous venez de dire.
19:30Je retiens aussi ce que vous avez dit il y a quelques minutes,
19:32c'est-à-dire, je suis premier secrétaire
19:34et je ne compte pas laisser la place aujourd'hui.
19:36C'est ce que vous répondez.
19:37C'est pas ce que j'ai dit comme ça.
19:38Je le traduis dans ma bouche comme ça,
19:40mais je ne compte pas organiser un congrès
19:42pour remettre tout ça aux urnes.
19:44Mais vous imaginez le ridicule de cette histoire.
19:47En fait, nous sommes dans une situation
19:48où nous venons de gagner...
19:49C'était une conclusion que je tentais.
19:51Oui, mais puisque vous me relancez,
19:54je vous dis que quand on a gagné 800 villes,
19:56quand on a Paris-Lyon-Marseille,
19:58qu'on a gagné des villes comme Amiens,
20:00comme Saint-Etienne,
20:02comme Pau,
20:03la ville de l'ancien Premier ministre François Bayrou,
20:06et vous voudriez que nous ouvrions...
20:08Moi, je ne vois rien.
20:09Certains voudraient ouvrir une crise
20:10qui invisibilise ce résultat.
20:13Moi, je crois qu'au contraire,
20:14il faut le valoriser et dire qu'il y a aujourd'hui
20:16une force qui peut battre l'extrême droite l'année prochaine,
20:18c'est ce rassemblement de la gauche,
20:19des écologistes et des communistes.
20:21Merci beaucoup.
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