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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:04On va reparler maintenant de cette affaire criminelle qui relie la France et le Portugal.
00:09Et précisément le département de l'Aveyron avec deux femmes qui ont disparu en fin de semaine dernière.
00:14Elles ont été retrouvées mortes, enterrées au Portugal.
00:18Le suspect principal est un ancien gendarme.
00:21Policier.
00:21Policier, pardon.
00:22Et les deux corps sont son ancienne compagne et l'actuelle.
00:27Alors on va reprendre la chronologie des événements.
00:30Avec vous Pauline Revena, tout démarre dans l'Aveyron vendredi dernier lorsque deux femmes disparaissent.
00:34Vendredi matin, ça commence par une disparition inquiétante.
00:37Il y a quelqu'un qui pousse la porte de la gendarmerie ou du commissariat et qui dit
00:40« Cette femme a disparu avec son enfant de 12 ans ».
00:43Il s'agit de l'ancienne compagne de Cédric Prison, cet ancien policier.
00:47Et il se trouve qu'il n'en était pas à son coup d'essai, Cédric Prison,
00:50puisqu'il y a quelques années il avait déjà soustrait la garde de son enfant,
00:53pris cet enfant qui à l'époque avait 8 ans et ils étaient partis en Espagne.
00:57Ils avaient fini par être retrouvés, l'enfant avait été restitué à son ancienne compagne.
01:01Mais il y a une toile de fond de différents conjugaux.
01:05Là, c'est son ancienne compagne et son enfant de 12 ans.
01:08Et puis sa compagne actuelle est son enfant en bas âge, d'un an et demi, qui disparaît.
01:11Donc c'est une quintupe disparition.
01:13Donc les services d'enquête se mettent évidemment tous au boulot, ça bosse beaucoup.
01:17Et puis finalement, il est contrôlé au Portugal.
01:20On va l'attraper par un contrôle routier.
01:23Ça se passe à Méda, c'est à quelques kilomètres de Porto.
01:27Et cet après-midi, au moment où je vous parle, là, il est en audience.
01:29Il est à son premier interrogatoire devant la justice portugaise.
01:32Mais entre-temps, le corps des deux femmes, de ses deux compagnes, l'ancienne et l'actuelle,
01:36ont été retrouvées enterrées dans un endroit isolé.
01:39Et lui, dans le coffre de sa voiture, qu'est-ce qu'on a retrouvé ?
01:41On a retrouvé une arme longue.
01:43On va peut-être voir la photo.
01:4517 000 euros en liquide, ça veut dire quand même qu'il s'est un petit peu préparé pour cette
01:49cavale organisée.
01:50Des fausses plaques d'immatriculation, des moyens de communication, des tablettes, des téléphones portables.
01:54Et visiblement, des papiers falsifiés aussi.
01:57Parce que lorsqu'il présente des papiers lors de ce contrôle routier,
02:00ça ne correspond pas exactement à ses deux enfants, puisqu'ils sont mineurs
02:04et qu'il n'a pas le droit de les emmener avec lui hors de France.
02:08Mais cet homme de 41 ans était connu pour ses coups d'éclat.
02:11Il disait qu'il était victime d'une erreur judiciaire.
02:14Il voulait récupérer son enfant.
02:17Et des témoins disent, finalement, on pouvait s'y attendre.
02:20On savait qu'il pourrait, effectivement, commettre peut-être un drame.
02:24Oui.
02:25Avant tout, c'est un militant.
02:27C'est un papa militant qui veut récupérer son gamin,
02:31qui va manifester à Rodez devant des bâtiments publics,
02:35qui va se faire entendre, qui va adhérer à une association.
02:39Il n'empêche qu'il y a plein de papas qui font ça.
02:41Et qui, pour autant, ne vont pas passer à l'acte.
02:43On est, je crois que c'est la première fois, en tout cas, en présence d'un double féminicide.
02:47Oui, c'est très rare.
02:48Je crois que c'est la première fois.
02:49Je n'ai pas souvenir d'avoir entendu parler d'un homme qui tuait
02:52et son ex-compagne ou épouse, et son actuelle compagne ou épouse,
02:57les deux en même temps.
02:59Qu'est-ce qui serait le mobile pour la comptagne actuelle ?
03:01Moi, je crois que ce qui serait intéressant, la question que vont se poser peut-être pas les enquêteurs,
03:06mais les psys, c'est à quel moment se situe le pétage de plomb ?
03:09Parce qu'il se sépare de sa première femme, ils ont un enfant qui a 12 ans aujourd'hui,
03:14il rencontre une autre femme avec laquelle il a un enfant d'un an et demi,
03:17il a 42 ans, sa nouvelle femme ou sa nouvelle compagne a 26 ans,
03:21c'est un nouveau bonheur, il reconstruit une vie,
03:24c'est peut-être quelqu'un qui peut l'apaiser, le calmer, lui dire
03:27voilà, ton garçon de 12 ans d'un premier mariage, on va vivre avec lui, on va...
03:31Voilà, donc...
03:32Mais quand ils partent ensemble, le vendredi matin, quel est le projet ?
03:38Ah oui, oui.
03:39Quel est le projet ?
03:39Alors, est-ce qu'il y a eu dispute avec sa nouvelle compagne
03:42et que dans la tête de cet homme, qui a quand même visiblement enduré pas mal de choses
03:47et qui en a sûrement fait endurer lui aussi,
03:49il se dit voilà, ça ne va pas marcher encore une fois,
03:51donc je pars avec celle-ci, notre enfant,
03:53et je vais chercher l'ancienne et notre enfant,
03:55et il part avec elle, mais c'est vrai que le parcours, il est tragique,
03:59ça fait penser au nerf à vif, ces films,
04:03où le type est entêté dans sa folie et son projet mordillé.
04:06C'est quand même quelqu'un de violent, il est condamné, il a demandé son casier,
04:09il est dangereux, il est dangereux.
04:10Il avait été en juin 2021, condamné pour violences conjugales réciproques avec sa compagne.
04:16Alors, il a été condamné pour non-présentation de l'enfance,
04:18c'est la chose dont vous parlez quand il est parti en Espagne,
04:20ça lui a valu neuf mois sous brassée électronique à domicile,
04:22et puis en décembre 23, il a été condamné à 18 mois de prison
04:25avec deux ans de sursis probatoires pour harcèlement sur conjointe.
04:29Donc, il y a un casier quand même.
04:30Il est dangereux, on le sait, il est dangereux, tout le monde le savait.
04:33Mais justement, tout le monde le savait, c'est terrible.
04:35Il y a même un habitant qui le qualifiait de détraqué.
04:38Souvenez-vous de Bruno Garcia en Corse qui tue sa compagne,
04:40on savait qu'il était dangereux, elle est allée déposer plainte,
04:43il l'a tué quand même.
04:44C'est une histoire qui ressemble tellement à tellement d'autres.
04:47On va en parler avec vous, Maître Massia,
04:49mais d'abord, on a notre confrère journaliste à Centre Presse Aveyron,
04:52Mathieu Roaldès, qui est avec nous,
04:54parce que cette affaire, bien évidemment,
04:56elle émeut tout le département,
04:58tout le monde en parle de cette histoire,
04:59et vous l'avez suivi.
05:02Alors oui, bonjour à tous.
05:04Effectivement, c'est une affaire extraordinaire,
05:06comme on l'a dit.
05:08Et surtout, Cédric Prison, en fait, tout le monde le connaît ici,
05:12puisque c'est quelqu'un qui a remué ciel et terre
05:15pour faire parler de son histoire.
05:17Il avait mené une grève de la faim devant le tribunal de Roaldès,
05:19devant la mairie de Villefranche-de-Rouergue,
05:21à côté de là où il habitait.
05:22Et c'est quelqu'un qui s'était entêté dans une obsession
05:26en se disant victime de la justice, de tout le monde,
05:29et qui annonçait plutôt publiquement sur ses réseaux sociaux,
05:32d'ailleurs, qu'un jour, il passerait presque à l'acte.
05:37– Mais vous dites qu'il était connu,
05:39c'est-à-dire qu'on connaissait son caractère violent, impétueux,
05:43mais personne n'a réussi à l'empêcher de nuire, quoi, en fait.
05:48– Non, c'est vrai que personne n'imaginait vraiment cette folie.
05:55En plus, ça faisait un moment qu'il avait disparu
05:57de la circulation depuis 2023.
05:59La dernière fois, on l'avait vu au tribunal.
06:03Il menait une grève de la faim.
06:06Il allait voir un peu tout le monde.
06:07Nous, il nous a contactés, notamment les médias,
06:10pour raconter son histoire.
06:11Et après, on l'avait perdu de vue.
06:13Mais c'est vrai que là, vendredi dernier,
06:15quand on nous a annoncé les premières disparitions
06:17et quand son nom est sorti rapidement,
06:21tout le monde ici, les enquêteurs, se sont dit
06:23« Bon, ça va être grave, on le savait,
06:26puisque c'est un homme qui avait un peu annoncé
06:30ce qu'il allait faire. »
06:31On ne l'imaginait pas dans ces circonstances-là.
06:35– Restez avec nous, parce que je voudrais interroger
06:37Maître Massilia, justement, avocate pénaliste.
06:40On est encore, une fois de plus, en présence d'un homme
06:42qui a été condamné pour violence conjugale,
06:45pour harcèlement, enlèvement d'enfants,
06:47qui est connu, effectivement, pour être complètement
06:50obnubilé par son histoire avec son ex.
06:53Et finalement, on ne peut rien faire pour empêcher le drame.
06:57Ce n'est pas la première fois que ce type de scénario,
06:59même si elle lui a été exceptionnelle,
07:00puisqu'il y a un double féminicide,
07:01puisqu'il tue à la fois son ex et sa compagnie actuelle,
07:03mais enfin, ce n'est pas la première fois
07:05qu'on a ce genre d'individu violent, menaçant, condamné,
07:11et qui malheureusement va passer à l'acte.
07:12Alors peut-être qu'on aurait pu trouver des moyens de l'empêcher.
07:14– Il y a un raté quelque part ou pas ?
07:16– Il suffit de regarder son palmarès judiciaire,
07:20il est condamné.
07:21Et quel est le quantum des peines qui y est prononcé ?
07:25Du sursis ?
07:27– Et un bracelet.
07:29– Bracelet.
07:29– Voilà.
07:30– C'est-à-dire, concrètement, dans la traduction
07:33du commun des mortels, quasiment rien.
07:36Donc on a affaire à une personnalité, semble-t-il,
07:39assez paranoïa, qui est obsédée par le fait d'obtenir
07:44notamment une garde alternée avec ses enfants, etc.
07:46Donc il a quand même une attitude qui est inquiète.
07:49Et il y a deux éléments qui me semblent fondamentaux.
07:51La première chose, c'est qu'il est condamné
07:53pour non-présentation d'enfants.
07:55Il est condamné.
07:57Et pendant deux mois, il aura kidnappé ses enfants.
08:00Et en contrepartie, la justice l'autorise
08:04à exercer un droit de visite médiatisé
08:07quelques heures tous les 15 jours.
08:09Est-ce que, c'est une vraie question,
08:12est-ce que ça ne mérite pas, tout simplement,
08:14la déchéance de l'autorité parentale ?
08:16– Pourquoi la justice hésite parfois à aller jusque-là ?
08:19– Parce que la justice essaye toujours
08:22de privilégier une espèce de consensus,
08:24même s'il est faux, familial,
08:26basé sur les deux parents,
08:28en disant, voilà, il ne peut pas y avoir
08:30un sentiment de surpuissance,
08:31il peut y avoir des accidents de la vie.
08:34Mais très concrètement, ce cas dont on parle,
08:36qui ne fait finalement qu'enrichir une liste de féminicides,
08:40là, ce qui nous interpelle,
08:41c'est le côté un peu spectaculaire,
08:43cette double tragédie.
08:45– Et donc deux enfants qui ont perdu leur mère.
08:46– Deux enfants, dont des orphelins.
08:48Donc la vraie question, c'est,
08:50qu'est-ce qu'on fait lorsqu'on a affaire
08:52à un récidiviste, à quelqu'un dont on sait
08:55qu'il annonce clairement quand même la couleur,
08:57donc il y a un sentiment de vengeance
08:58qu'il habite, qu'il anime en permanence.
09:01Et en contrepartie, on va lui proposer
09:03un droit de visite médiatisé,
09:05qui ne sert strictement à rien,
09:07qui permet de manière très hypocrite
09:09de maintenir un lien dans le cadre d'une association
09:12où vous allez voir votre enfant pendant une heure ou deux.
09:14Donc il y a un sentiment de frustration,
09:16en plus, exacerbé.
09:18Et aujourd'hui, voilà, on assiste à...
09:21Alors là, pour le coup, bien sûr,
09:24il encourt la réclusion criminelle.
09:27Il n'y a pas de suspense.
09:29– Non, la vraie question qui reste,
09:31c'est est-ce que le Portugal va le garder
09:32ou va nous le renvoyer, a priori,
09:34et on en parlait tout à l'heure,
09:35qu'il y a la jurisprudence Marie Trintino,
09:39qui a été jugé à Vilnius.
09:42Et donc là, il n'y a pas beaucoup de raisons
09:45pour que le Portugal nous le renvoie,
09:46puisque les faits ont été commis sur le sol portugais.
09:50Et c'est ce qui est en train de se décider en ce moment.
09:52– Dans tous les cas, les enquêteurs sont allés vite.
09:54– Alors, les enquêteurs sont allés vite,
09:56d'autant plus que ce n'est jamais facile,
09:57parce que, par définition, un enlèvement,
09:59vous n'avez plus rien.
10:00Vous n'avez pas de scène de crime,
10:01vous n'avez pas de corps,
10:02vous n'avez pas d'indice matériel,
10:04tout est parti.
10:04Donc on peut prendre, je dirais,
10:06des mesures préventives a posteriori,
10:07c'est-à-dire qu'on va, par exemple,
10:09mettre la maison sous scellée,
10:11pour voir si on ne retrouve pas les emplois de digital,
10:12si on ne retrouve pas du sang
10:14qui militerait pour un enlèvement violent.
10:18Mais ensuite, les éléments qui permettent aux enquêteurs
10:21de se mettre sur la piste,
10:22c'est, comme on le disait,
10:23c'est-à-dire que c'est l'environnement,
10:25quel peut être le mobile,
10:26quels sont les rapports entre les personnes
10:28qui sont susceptibles d'avoir enlevé
10:29et d'être les victimes de l'enlèvement.
10:31Et ensuite, est-ce qu'il y a eu des actes préparatoires ?
10:34On va rentrer à ce moment-là,
10:35dans tout ce que le suspect potentiel aurait pu faire,
10:40retirer de l'argent,
10:41se procurer des armes,
10:42et ensuite le suivre éventuellement avec la téléphonie.
10:44Il y avait le précédent de l'Espagne.
10:45Mais est-ce que le fait que ce soit un ancien policier,
10:47ça l'a aidé pour partir,
10:50pour les fausses plaques,
10:51pour les faux papiers ?
10:52Ça l'a sans doute facilité un peu,
10:53mais surtout, il l'avait déjà fait.
10:55Il l'avait déjà fait,
10:56puisqu'il l'avait fait en Espagne il y a quelques années.
10:57Donc il savait que les frontières étaient poreuses
10:59et qu'il y avait des possibilités de fuite
11:00entre l'Espagne et le Portugal.
11:01Les enfants ont joué un rôle
11:02dans cette interpellation,
11:03dans cette arrestation ?
11:04Il semble, je crois que...
11:05Il y a deux enfants,
11:06un en bas âge et un peu plus âgé.
11:08Alors s'il y en a un des deux
11:08qui a évidemment pu jouer un rôle,
11:10c'est le grand...
11:11Il a 12 ans, 13 ans, c'est ça.
11:12Il a peut-être parlé aux enquêteurs,
11:14moi je n'ai pas...
11:14C'est-à-dire que le père a été mis en garde à vue
11:17le mardi
11:17et les corps ont été découverts le mercredi.
11:20Je dirais qu'il y a deux options.
11:22La première,
11:22c'est qu'il passe aux aveux
11:23avec des aveux circonstanciés.
11:25Ça ne correspond pas vraiment
11:27au profil de ce monsieur.
11:31L'enfant a 12 ans,
11:32il a très bien pu dire aux enquêteurs
11:34« Écoutez, on est passé par là,
11:36par là, par là. »
11:37Et puis à un moment donné,
11:38papa est parti avec maman
11:40et une autre dame
11:42qu'on connaît ou qu'on ne connaît pas
11:43et il est revenu tout seul.
11:45Ou alors,
11:46ça s'est passé pendant un moment
11:47où on dormait,
11:47mais il est parti très peu de temps,
11:49donc c'est forcément à proximité.
11:51Et à ce moment-là,
11:51c'est des moyens d'enquête classiques.
11:53C'est-à-dire qu'où on y va directement
11:54parce que l'enfant dit
11:55« Les corps sont là »
11:56ou c'est des chiens de recherche
11:58dans un périmètre...
11:59Ou du bornage aussi.
12:00Ou du bornage.
12:01Mais le bornage,
12:03compte tenu de la personnalité,
12:04je pense qu'il a dû quand même
12:05faire très attention.
12:06Vous avez vu le nombre de téléphones
12:07qui ont été saisis dans ce moment.
12:08Si les enfants ont joué un rôle,
12:09en tout cas au moment de son arrestation
12:10à Bédas,
12:11c'est un petit village de 7000 habitants,
12:13200 kilomètres de Porto,
12:14tout près de la frontière espagnole,
12:16s'ils ont joué un rôle,
12:17c'est au moins d'avoir fait
12:18que cet homme n'a pas fait
12:20fort chabrol,
12:21il avait un fusil à pompe
12:23dans son véhicule,
12:24il n'a pas tiré sur les policiers
12:26ou gendarmes portugais
12:27qui l'arrêtaient,
12:27il s'est rendu peut-être aussi
12:28parce qu'il avait ses enfants
12:29dans son pays.
12:30Et les enfants sont sains et saufs.
12:31Johanna Rosenblum est avec nous,
12:33c'est notre psychologue clinicienne.
12:34On voulait avoir votre regard.
12:35Bonsoir Johanna sur cette affaire.
12:37Qu'en pensez-vous ?
12:37Bonsoir.
12:39C'est très intéressant
12:40parce que je sais que
12:41c'est toujours très perturbant
12:43d'entendre ce genre de récit,
12:45et d'autant plus
12:46quand il s'agit d'un double féminicide.
12:48Et en réalité,
12:48dans le déroulé de l'histoire
12:51et ce que l'on peut apprendre
12:52de ce scénario macabre,
12:54il y a tous les scénarios,
12:55tous les critères,
12:56tous les red flags
12:57qu'on a l'habitude de voir
12:58chez ces personnalités
13:00violentes, perverses, masculinistes.
13:02C'est-à-dire que dans la première étape,
13:04c'est d'atteindre sa conjointe
13:06ou son ex-conjointe
13:07au travers de ce qu'on appelle
13:09les violences vicariantes.
13:10C'est-à-dire on va atteindre
13:12sa femme ou son ex-femme
13:15au travers de l'enfant.
13:16On va prendre l'enfant,
13:17le soustraire à sa femme,
13:19ne pas le ramener aux bons horaires,
13:20partir en vacances avec
13:21pendant plusieurs semaines,
13:23harceler moralement
13:24en menaçant de ne plus
13:26rendre l'enfant
13:26ou de faire du mal à l'enfant.
13:28Le but, évidemment,
13:29à ce moment-là,
13:29c'est absolument pas
13:30de récupérer son enfant
13:31ou de récupérer une garde,
13:32c'est d'atteindre sa femme
13:33ou son ex-femme.
13:34Une fois que cette étape
13:35est dépassée,
13:36la seconde étape,
13:37c'est l'inversion
13:37de la culpabilité.
13:38Ça, c'est l'étape classique.
13:40C'est absolument pas
13:41un homme militant
13:43pour les droits de l'enfant
13:43ou les droits des pères
13:46célibataires.
13:46C'est un homme
13:47qui a inversé la culpabilité
13:49en se servant de la justice,
13:50en se montrant
13:52comme un homme coupable,
13:53victime de sa femme
13:54ou de ses ex-femmes.
13:56Il s'est servi
13:56des manifestations
13:57pour dénoncer tout cela
13:59au travers,
14:00souvent,
14:00on utilise l'aliénation parentale.
14:02C'est-à-dire,
14:02cette femme,
14:03elle veut me faire souffrir.
14:04Le but,
14:05ce n'est pas un père
14:07qui veut récupérer ses enfants.
14:08C'est un homme
14:09qui veut posséder sa femme
14:11ou ses ex-femmes.
14:12Et dans tous les féminicides,
14:14il s'agit de ça.
14:15Ce sont des crimes
14:15de possession.
14:16Ce sont des hommes
14:17qui ne supportent pas
14:19la séparation,
14:19qui ne supportent pas
14:21tout ce qu'implique
14:23la séparation,
14:24c'est-à-dire
14:25une garde partagée,
14:26mais aussi une femme
14:27ou une ex-femme
14:27qui va refaire sa vie.
14:29Et je pense que c'est
14:30exactement ce qui s'est passé
14:32ici.
14:33C'est que ce sont deux femmes
14:34qui n'ont pas pu se libérer
14:36du joug de cet homme-là,
14:37qui s'est servi de ses enfants
14:38pour les instrumentaliser.
14:40Et ça s'est soldé
14:40par un féminicide.
14:41On en est à 20,
14:42là,
14:43depuis janvier 2026.
14:44Et à chaque fois,
14:45c'est le même scénario.
14:46Violence vicariante,
14:47inversion de la culpabilité
14:49et passage à l'acte criminel.
14:51Merci,
14:52Johanna Rosanou,
14:52Pauline Revenard.
14:54Rodez communique ce soir
14:55et me confirme
14:56qu'il y a une autre condamnation.
14:57Il avait été condamné
14:58pour violence réciproque
14:59en 2021
15:00sur sa première compagne
15:02à six mois d'emprisonnement
15:03avec sursis.
15:03C'est confirmé.
15:04C'est confirmé,
15:05mais du coup,
15:06ça en fait trois.
15:06Ça en fait trois.
15:07Donc, ça fait beaucoup
15:08et ça rajoute
15:09ce qu'on raconte.
15:10C'est juste pour être totalement content.
15:12Il ne vient pas de nulle part,
15:13cet homme.
15:13Il ne vient pas de nulle part.
15:15On ne peut pas le mettre
15:16derrière les barreaux
15:17de manière préventive.
15:18Mais on peut le condamner
15:19plus durement à chaque fois.
15:20On peut le condamner.
15:21En tout cas,
15:21on a trois mentions.
15:22On peut le condamner
15:23en fonction de sa personnalité,
15:24en fonction des risques encourus,
15:26en fonction des violences
15:27qui ont été commises.
15:29Non, non.
15:29Vraiment, non.
15:30Six mois de prison
15:31avec sursis,
15:31c'est zéro.
15:32Alors, n'oubliez pas,
15:333919,
15:34téléphone,
15:34grand danger
15:35et bracelet anti-rapprochement.
15:37– Sous-titrage ST' 501 –
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