00:00Oui, en réalité, ce qui s'est passé, c'est que les États-Unis ont cru qu'à partir du
00:04moment où ils bloquaient la mer d'Oman,
00:07c'est-à-dire empêchaient que les Iraniens sortent leur pétrole et fassent rentrer des bateaux dans leur port,
00:14à ce moment-là, l'Iran serait obligé de capituler à très brève échéance.
00:20Et visiblement, le calcul, je crois que ça a été évoqué par certains de mes prédécesseurs,
00:25le calcul était excessivement optimiste du point de vue américain,
00:31puisque l'Iran dispose encore d'un certain nombre de rentrées financières qui vont arriver,
00:36parce que notamment tous les bateaux pleins de pétrole qui vont vers la Chine ne sont pas encore là,
00:41et au moins, disons, jusqu'à l'été ou à la fin de l'été, l'Iran ne risque pas
00:46de se retrouver à sec, si vous voulez quitter le calcul.
00:48Et il faut bien voir que chacun joue contre la montre.
00:52Les gardiens de la Révolution essayent de tenir le plus longtemps possible.
00:55C'est ce qu'ils ont réussi à faire cette fois-ci, alors que l'avantage était autrefois à Trump,
01:00parce qu'il y a une échéance du côté américain, qui sont les midterms.
01:03Et donc, plus ça dure, et plus l'Amérique donne le sentiment qu'elle est enferrée,
01:08plus la popularité du président Trump baisse, c'est ce qu'on voit tous les jours dans les sondages,
01:13et ça, c'est particulièrement complexe.
01:16Qui plus est, aujourd'hui...
01:17Les midterms, je le précise, sont au mois de novembre.
01:20C'est ça. Mais le vote ne va pas se décider au début du mois de novembre.
01:26C'est dans tout le trend d'ici là qui n'est pas bon aujourd'hui pour le président américain.
01:32Et ça, c'est ce sur quoi jouent les Iraniens, cette espèce de compétition.
01:37L'autre facteur qui est très important en ce moment, surtout, et qui permet aux Iraniens de reprendre l'initiative,
01:46c'est que le front arabe du Golfe est en train, aujourd'hui, de se fracturer de manière extrêmement importante,
01:55avec notamment, d'un côté, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, qui sont les signataires des accords d'Abraham
02:02avec Israël,
02:03qui s'appuient désormais de plus en plus sur l'aide israélienne, militaire y compris.
02:08On dit, aujourd'hui, que ça n'a pas été confirmé par les Émiratis, mais annoncé par les Israéliens,
02:13que le dôme de fer israélien est déployé aux Émirats.
02:17Les Émirats qui ont été les principales cibles des Iraniens.
02:20Alors que, du côté saoudien, du côté qatarais et surtout du côté de l'Oman, on est plutôt dans une
02:28recherche d'accommodement.
02:30Donc, tout ça, bien sûr, fait le jeu, aujourd'hui, des gardiens de la Révolution,
02:34puisque leurs adversaires sont assez divisés et, finalement, ce qui est assez frappant,
02:43c'est que le terme qui est de nouveau utilisé en Iran pour définir la guerre,
02:48c'est ce qu'a dit le porte-parole des Affaires étrangères tout à l'heure, c'est la guerre
02:52imposée.
02:52Et c'est exactement comme ça que Roménie appelait la guerre que l'Irak avait déclenchée à septembre 80 contre
03:00l'Iran.
03:01Donc, l'idée, c'est de remettre en phase...
03:05De réutiliser ce récit.
03:08Oui, parce que, justement, c'est dans la guerre contre l'Irak que la République islamique a forgé sa cohésion,
03:16si vous voulez.
03:17Puisqu'ils ont transformé un régime islamiste qui n'avait pas, a priori, le soutien de la masse, de la
03:23population,
03:24en une sorte de régime nationaliste qui défendait le pays contre l'invasion étrangère.
03:29Et c'est ça qu'aujourd'hui, le régime iranien est en train d'essayer de rejouer.
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