00:00Le bilan du RN au municipal, bonsoir M. Chenu, votre parti est d'ailleurs assez étonnamment, François Ruffin a rappelé
00:06tout à l'heure toutes les listes gagnées par le RN,
00:08il ne les a pas toutes faites, il a fait plusieurs tout à l'heure, des dizaines de villes gagnées,
00:12les plus grandes, en tout cas Perpignan, Carcassonne, La Seine-sur-Mer,
00:17mais je suis sûr que vous êtes venu vous aussi avec des exemples, mais pas de victoire, là où vous
00:22aviez des espoirs à Marseille, à Toulon, à Nîmes également,
00:25qui étaient des vrais espoirs du RN que vous espériez remporter, même question pour François Ruffin, d'abord quel bilan
00:31vous tirez de ces élections pour le RN ?
00:34– Le moins qu'on puisse dire pour le RN c'est que c'est un sacré succès, parce que
00:37nous avons remporté…
00:40– Pour être honnête, tout le monde dit ça, à part les écologistes, c'est facile de regarder, nous nous
00:44n'avons jamais eu autant de maires RN, ça n'existe pas.
00:47– Soit en pleine.
00:48– Plus proche de 70 aujourd'hui, on ne parle pas des villages évidemment, parce qu'il y a aussi
00:52beaucoup de villages,
00:53la cinquième ville de France en association avec Éric Ciotti, donc ce n'est pas rien, il n'y a
00:58peut-être pas eu Marseille, mais il y a eu Nice, une autre forme de beauté.
01:00– Mais il n'avait pas votre logo sur ces…
01:02– Non mais il avait nos candidats, il avait nos candidats, et je crois que tout le monde sait qu
01:05'Éric Ciotti est notre partenaire,
01:07donc je pense qu'il n'y a jamais eu autant de maires RN, et en particulier, moi j'ai
01:12entendu un certain nombre de vos confrères dire parfois avec un peu de mépris,
01:15c'est la France des sous-préfectures, ils n'ont gagné que des sous-préfectures, d'abord Carcassonne est une
01:19préfecture pour ceux qui pensent que nous n'avons gagné que des sous-préfectures,
01:22mais ça veut dire que nous gérons aujourd'hui je crois un million et demi d'habitants, tout cumulé, un
01:28peu plus même je crois,
01:30donc ce n'est pas rien, et surtout quel mépris, tout ne se passe pas ni à Paris, ni à
01:35Lyon, ni à Marseille.
01:36– Vous avez raison sur ce point ?
01:37– Oui, nous sommes les élus des sous-préfectures, nous sommes les élus des provinces, nous sommes les élus des
01:42Français de la vie réelle.
01:43– Vous avez raison sur ce point, c'est-à-dire l'implantation du RN dans les villages, dans les
01:46petites villes, dans les villes moyennes,
01:48et c'est évidemment dit sans aucun ton péjoratif, vous avez dit les sous-préfectures, mais quand on regarde les
01:52plus grandes villes,
01:54précisément les 280 plus grandes villes de France, ça en fait quand même un certain nombre, il y en a
01:5712 aujourd'hui, 12 seulement,
01:59qui sont dirigées soit par le RN, soit par ses alliés, vous avez cité Éric Ciotti, comment vous l'expliquez
02:04?
02:04– Parce que souvent, sociologiquement, dans les très grandes villes, prenons Paris, Lyon, Marseille est un petit peu à part,
02:11mais on pourra se pencher sur les raisons qui expliquent peut-être notre défaite à Marseille,
02:16mais par exemple Paris et Lyon, pour prendre les plus grandes et peut-être les plus caricaturales,
02:20on a des populations qui sont devenues tellement en sécession des préoccupations des Français,
02:25c'est-à-dire que vous avez d'un côté des préoccupations qui sont celles de Français,
02:31qui sont traitées comme des clientèles électorales, souvent par la gauche, c'est-à-dire…
02:35– Les Marseillais, les Lyonnais, ils font sécession ?
02:37– Oui, et les préoccupations d'autres parties, de ce qu'on appelle en réalité les bobos,
02:42sont tellement éloignées de la vie réelle, il suffit de voir hier Emmanuel Grégoire à vélo dans Paris,
02:48pour se dire que, mon Dieu, mais est-ce qu'à un moment il va atterrir et comprendre
02:52que les préoccupations des Français, ce n'est pas les voix sur berge, etc.
02:55– Après Thierry Mariani, c'est moins de 2% des voix dimanche dernier.
02:58– C'est peut-être des préoccupations de Parisiens, et c'est pour ça que je vous dis qu'il
03:01y a une coupure excessivement forte, très forte,
03:04et d'abord, on devrait y réfléchir dans notre société, entre les habitants des grandes villes
03:08qui n'ont pas les mêmes préoccupations que les habitants des villes moyennes, des petites villes, etc.
03:12– Mais sont-ils pour autant coupés de la réalité ? Pas forcément.
03:15– Ils sont dans un monde un peu parallèle, on va dire, ils sont dans un monde un peu parallèle,
03:19et donc par conséquent, ils ont des votes qui sont un peu en décalage avec des votes de la société.
03:21– Mais je me dis que les habitants de ces villes qui vous entendent ce soir dire,
03:23ils font sécession, ils sont des bobos, ils n'auront peut-être pas envie de voter plus,
03:27peut-être pas envie de voter plus pour l'ERN à la prochaine émission.
03:30– Mais c'est moins possible, parce qu'on a fait des mauvais scores,
03:33donc ils ne peuvent que voter davantage pour nous.
03:35– Mais est-ce qu'on peut, quand on se revendique le premier parti de France,
03:39qu'on est en tête des sondages, se dire on gagnera la présidentielle dans un an,
03:43sans le vote de ces grandes villes, qui représentent tout de même des millions et des millions d'électeurs,
03:47des millions à Paris, Marseille, Lyon.
03:49– Monsieur Fauvel, il suffit de regarder deux choses.
03:51La dernière fois, dernière municipale, Anne Hidalgo est réélue.
03:54Elle va aux présidentielles, elle fait 1,7.
03:56– À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon fait de très mauvais scores aux municipales,
04:00y compris dans les grandes villes.
04:01Je vous rappellerai, le score de la France insoumise à Paris était assez mauvais,
04:04en tout cas moins de 10%, il fait 22% à l'élection présidentielle.
04:07Donc vous voyez, il n'y a pas de logique, ce n'est pas corrélé,
04:11ça ne se passe pas de la même façon, ce n'est pas les mêmes scrutins,
04:13ce n'est pas les mêmes enjeux, ce n'est pas les mêmes candidats,
04:15rien n'est vraiment pareil.
04:17Il y a eu des dimensions personnelles dans les élections municipales,
04:20il y a des dimensions politiques locales, il y a du national qui entre en jeu,
04:24mais on voit bien que ce n'est pas les mêmes dynamiques.
04:26– Sur le cas précis de Nice, cinquième ville de France,
04:30vous considérez aujourd'hui que Nice est tombée dans l'escarcelle du RN,
04:34c'est une ville rassemblement national ?
04:36– Elle est dirigée par Éric Ciotti, partenaire du RN,
04:39dans une majorité dans laquelle il y a des élus rassemblement national.
04:42– Jamais le logo RN n'a été affiché sur ces affiches,
04:45Marine Le Pen et Jordan Bardella ne se sont jamais rendus sur place
04:48durant la campagne, Jordan Bardella est allé à Menton,
04:51et ils se sont affichés ensemble, mais on croit savoir, de bonnes sources,
04:55que ce n'était pas le souhait d'Éric Ciotti de voir sur place
04:59le soutien de Marine Le Pen et Jordan Bardella,
05:01comme si peut-être c'était un moins dans cette campagne.
05:04Vous l'entendez aussi ainsi ?
05:06– Non, je vais vous dire d'abord, les logos RN, par exemple,
05:08puisque vous parlez du Sud, Laure Lavalette,
05:10où Louis Alliot n'ont pas fait figurer le logo du RN,
05:12parce qu'ils ont des personnalités qui sont tellement fortes,
05:15comme Éric Ciotti, qu'elles dépassent l'éclinage.
05:17– Ça ne dit pas autre chose ? Ça ne dit pas aussi le fait que peut-être
05:20le logo RN puisse être un repoussoir ?
05:21– Si tout le monde ne sait pas qu'Éric Ciotti est notre partenaire,
05:24personne ne le sait.
05:25Alors évidemment que nos électeurs Rassemblement National
05:28ont voté des deux mains pour Éric Ciotti,
05:31et évidemment qu'Éric Ciotti en est fier,
05:33puisqu'il a des élus, il avait des candidats
05:35qui sont désormais des élus du RN dans sa majorité.
05:37– Il l'a, Éric Ciotti, reçu un petit coup de pouce,
05:39dans la dernière ligne droite, puisque Bruno Rotaillot,
05:41le président des Républicains, a annoncé qu'il ne soutenait plus
05:45son propre candidat, Christian Estrosi.
05:47Est-ce que vous voulez profiter de votre présence ce soir
05:48sur ce plateau pour remercier chaleureusement Bruno Rotaillot ?
05:52– Non, pas du tout.
05:52Moi, je considère que les LR ne savent plus où ils habitent.
05:55Le problème, c'est que d'un côté, Bruno Rotaillot
05:57donnerait peut-être un petit coup de pouce à Éric Ciotti,
06:00et de l'autre côté, il fait maintenir Martine Vassal à Marseille,
06:04qui amène la ville sur un plateau, j'en parlais tout à l'heure, à la gauche.
06:08À Nîmes, il maintient ses candidats fusionnés avec Horizon au second tour,
06:13livrant la ville aux communistes, les mêmes LR, ce sont les mêmes,
06:16dans la même famille politique, et donc finalement,
06:18on ne comprend rien de ce que veut faire LR.
06:20Nous, on leur a proposé, on leur a tendu la main dans certaines villes,
06:22là où il n'y avait pas, où il n'était pas forcément Macron compatible.
06:25– Elle n'a pas vraiment été prise cette main.
06:26– Exactement.
06:27Donc, ils ont préféré faire élire des communistes,
06:29ils ont préféré faire élire des socialistes dans ces villes-là.
06:31Donc, à un moment, il faut que M. Rotaillot sorte de l'ambiguïté.
06:34Et je vais vous dire, en montrant cette ambiguïté,
06:37en faisant preuve de cette ambiguïté,
06:39ils démontrent, et LR avec,
06:40qu'ils ne sont pas une force d'alternance demain.
06:42– Parce qu'ils ne veulent pas s'allier avec vous ?
06:44– Pas parce qu'ils ne veulent pas s'allier, parce qu'ils ne sont pas clairs,
06:46parce qu'un coup, ils sont avec Macron.
06:48M. Rotaillot, il a été ministre d'Emmanuel Macron,
06:50ce n'est pas nous qui l'avons été.
06:52Ils ont voté le budget, ils n'ont pas empêché, en tous les cas,
06:56ils n'ont pas voté la censure concernant le budget.
06:58Donc, de temps en temps, ils votent le maire censure.
07:01– Pardon, mais vous le saviez, quand Jordan Bardella,
07:02il y a huit jours exactement, a tendu la main.
07:04– Madame Genevard, elle est ministre de l'Agriculture,
07:08et elle accepte le maire Cossure.
07:09Donc, ils sont d'un côté avec Macron,
07:11de l'autre côté, sur le terrain,
07:13ils sont avec des élus divers et variés.
07:17Rotaillot appelle, ou en tous les cas,
07:18ne sous-entend une bienveillance pour Éric Ciotti.
07:22Mais est-ce qu'à un moment,
07:23ils font faire preuve de responsabilité,
07:25et savoir où ils habitent ?
07:26– Mais là, je me dis, vous avez été un peu vexé,
07:28par le fait que la main tendue de Jordan Bardella à la droite
07:31n'ait pas été reprise par ailleurs.
07:32Parce que tout ce que vous décrivez là,
07:34c'était le cas il y a une semaine,
07:35quand Jordan Bardella a pris la parole pour dire sonalèlement,
07:37je tends la main à la droite sincère.
07:39– Et je rajoute, pardonnez-moi juste,
07:41est-ce que vous êtes, vous aussi, dans votre parti,
07:43tout à fait sur la même ligne ?
07:45Jordan Bardella a tendu cette main,
07:47elle l'a dit à plusieurs reprises, d'ailleurs,
07:48durant cette campagne,
07:49Marine Le Pen est sur une ligne tout à fait différente.
07:51– Non, ce n'est pas ça,
07:52nous on est pour l'union des patriotes,
07:53je le redis à chaque fois,
07:54d'ailleurs j'ai l'impression qu'il faut toujours réexpliquer,
07:56et je vais vous montrer que cette union des patriotes,
07:59elle a vocation à attirer à nous,
08:01des gens qui viennent de LR évidemment,
08:03mais regardez, dans le bassin minier,
08:04Liévin, ville historiquement socialiste,
08:07est passée sous les couleurs du Rassemblement National,
08:10le jeune Dani Paiva devient jeune maire Rassemblement National de Liévin,
08:14– À Lens, ça ne fonctionne pas ?
08:15– Mais à part Lens,
08:17toutes les villes du bassin minier autour,
08:18je pourrais en citer un certain nombre,
08:20qui sont des villes moyennes, etc.,
08:22sont toutes passées au Rassemblement National,
08:24donc ça veut dire que les patriotes du Pas-de-Calais,
08:27qui dans le bassin minier ont longtemps voté à gauche,
08:29c'est une évidence,
08:30se mettent à voter Rassemblement National,
08:32et dans le sud,
08:33les patriotes qui viennent probablement plus de LR,
08:36puisque c'était davantage LR,
08:37votent Rassemblement National,
08:38donc on est vraiment le point de rencontre
08:39entre tous les patriotes français.
08:41– Un dernier mot sur Rachida Dati,
08:42qui a reçu la candidate LR à Paris,
08:46qui a reçu dans les derniers jours de campagne,
08:48le soutien de Sarah Knafou,
08:49la candidate de Reconquête qui s'est retirée,
08:51mais aussi de Jordan Bardella,
08:52qui a dit qu'il voterait pour elle à titre personnel
08:54s'il était parisien,
08:55de Marine Le Pen aussi,
08:57est-ce que vous n'êtes pas sûr ?
08:58Ce n'est pas vous qui l'avez fait perdre ?
08:59– Quand on fait le score qu'on a fait à Paris,
09:02je pense qu'évidemment,
09:03il n'y avait pas grand-chose…
09:04– À perdre ?
09:04– Non mais on ne pouvait pas la faire perdre,
09:06je veux dire, on ne pouvait…
09:08– Le soutien que vous lui avez apporté,
09:10lui a peut-être fait perdre les voix,
09:12notamment de Pierre-Yves Bournazel,
09:13dont on voit que les reports sont absolument…
09:15– Je crois que la réalité,
09:16c'est qu'effectivement,
09:17Pierre-Yves Bournazel a été téléguidé par Gabriel Attal,
09:20encore une fois,
09:21pour faire perdre,
09:22ou en tout cas,
09:22pour faire gagner la gauche,
09:23parce que Gabriel Attal,
09:25qui est derrière,
09:25qui manipule un peu comme Tataillé,
09:26vous savez,
09:27la marionnette,
09:27Édouard Philippe,
09:28c'est pareil,
09:28il manipule la marionnette Bournazel,
09:30c'était pour empêcher Rachida Dati,
09:32c'est leur règlement de compte,
09:33et c'est surtout pour faire élire la gauche,
09:35Clément Beaune,
09:36tous les anciens ministres macronistes
09:37ont appelé et ont voté Emmanuel Grégoire,
09:39la réalité,
09:40c'est que Gabriel Attal,
09:41comme Édouard Philippe,
09:42sont des gens qui,
09:43à la fin,
09:43finissent toujours par faire voter à gauche.
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