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François Ruffin, député "Picardie Debout" de la Somme, était l'invité de BFMTV ce lundi 23 mars

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00:00Bonsoir François Ruffin, soyez le bienvenu sur ce plateau.
00:03Quand on regarde le panorama des villes gagnées et des villes perdues par la gauche,
00:08la gauche conserve Paris, Marseille, Lyon, Nantes, je ne vais pas toutes les citer,
00:11j'essaie d'en garder quelques-unes, mais dans plusieurs villes où des alliances
00:14avaient été faites avec les insoumis, la gauche a perdu Clermont, Brest, Hul, Avignon, Limoges, Besançon, Poitiers.
00:21D'abord, quelle leçon vous tirez de ça ?
00:23D'abord, je vais vous dire que je suis content pour ce qui se passe chez moi.
00:26Amiens a basculé à gauche, à l'autre bout de la circonscription, c'est Angelo Tonoli
00:31qui fait aussi basculer la ville à gauche à Abbeville.
00:34On voit que Paris-Lyon-Marseille reste à gauche, c'est un soulagement,
00:39que ma sœur gagne à Grenoble et tant mieux.
00:43Maintenant, vous savez les élections municipales, ce sont des élections en trompe-l'œil,
00:53parce qu'on regarde les grandes métropoles.
00:55Et en vérité, quand on fait ça, on regarde là où la gauche est la plus forte,
00:59parce qu'il y a les quartiers, parce qu'il y a les diplômés,
01:01et on oublie le pays en entier, des gros, gros, gros bouts du pays.
01:06Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui, on a le Rassemblement National et ses alliés
01:10qui, maintenant, ont gagné dans 63 villes de plus de 10 000 habitants.
01:15On a Perpignan, Carcassonne, Casse, Carpentras, Orange, Vierzon, La Flèche, Moissac, Oudin, Orange, Jean-Pastro.
01:21– Sébastien Chenu refera sans doute la même liste dans quelques minutes.
01:24– Et hier soir, on avait un discours présidentiel de Jordan Bardella
01:27qui voit un tapis rouge entre l'élection municipale et l'élection présidentielle.
01:33– Mais vous savez, pardon François Ruffin, que la question des alliances,
01:35elle va se poser à un moment ou à un autre dans l'élection présidentielle qui arrive,
01:39et face à Jordan Bardella ou face à Marine Le Pen.
01:42– Il n'a pas été le seul à faire ce même discours.
01:44– Les alliances avec la France insoumise.
01:46– Il y a eu lui et Édouard Philippe avec l'arté hier.
01:47– Absolument.
01:48– Les alliances.
01:48– C'est-à-dire, je considère comme étant l'extrême droite et l'extrême Macronie, l'extrême argent.
01:53Et donc, que va faire la gauche ?
01:54– La question, je vous la pose.
01:55Aujourd'hui, il y a deux lignes, si je résume.
01:57Il y a celle d'Olivier Faure qui dit désormais, je précise désormais,
02:01Jean-Luc Mélenchon est un boulet pour la gauche.
02:03Et il y a Jean-Luc Mélenchon qui lui répond,
02:05c'est le PS qui nous a entraînés dans sa chute.
02:14– Il y a eu deux boulets, il y en a un qui l'a été par le passé en
02:20la personne de François Hollande
02:22et ça s'est payé en 2017, encore en 2022.
02:27Et il y a l'autre, oui.
02:28– L'autre, c'est qui ?
02:29– Il y a Jean-Luc Mélenchon, je l'ai déjà dit.
02:31Bon, ben voilà.
02:33Mais qui peut être aussi, vous savez, c'est là où la situation est compliquée,
02:36parce qu'il peut être aussi un booster à des endroits.
02:38On le voit en banlieue parisienne, on le voit en banlieue lyonnaise
02:41et que son nom peut être même synonyme de respect.
02:44– Mais pardon, mais ça c'est une réponse de normand, vous n'êtes pas.
02:46– Non, ce n'est pas une réponse de normand.
02:47– Vous dites que c'est un boulet, mais il peut aussi nous faire regarder.
02:49– Ce n'est pas une réponse de normand, M. Favelle.
02:50Moi, je vais vous dire ce que je veux qu'on fasse.
02:53Qu'on donne la voix au peuple de gauche.
02:55Le peuple de gauche, qu'est-ce qu'il veut ?
02:57Les trois quarts des électeurs de gauche, ils veulent une chose,
02:59c'est une candidature commune tranchée par le biais d'une primaire.
03:03C'est le cas pour les trois quarts des électeurs insoumis
03:06comme pour les trois quarts des électeurs socialistes.
03:08Et aujourd'hui, on a deux gauches qui ne veulent pas se réconcilier.
03:12On a deux gauches qui décident de vivre fâchés.
03:14Pourquoi ? Parce qu'ils voient leur petite part de marché
03:17et ils se disent que c'est comme ça qu'ils vont pouvoir les garder.
03:20– Mais faut-il à tout prix les réconcilier, ces deux gauches ?
03:23– En tout cas, pour gagner, je ne parle pas des chefs de parti
03:27qui, de toute façon, ne le veulent pas.
03:29Mais ce que veulent les gens de gauche, c'est qu'il y ait une candidature commune
03:32parce que c'est leur seul chance de gagner.
03:34– Mais ils ne voulaient pas de ces alliances, les électeurs de gauche.
03:36– On demande aux gens de gauche d'avoir un bulletin de vote
03:40et de choisir qui portera leur voix à l'élection présidentielle.
03:44– Mais ça, pardon François Ruffin, mais ça c'est la théorie.
03:46Attendez, je vous interromps juste un instant.
03:47On a un cas concret qui est celui de Toulouse.
03:50Le Parti socialiste s'est rallié derrière le candidat insoumis
03:53qui a perdu hier soir François Picmal.
03:56Entre les deux tours, le candidat insoumis rejoint par le PS,
03:59il perd 3000 voix.
04:00Ça veut dire que des électeurs de centre-gauche ou socialistes
04:03ne sont pas allés voter pour lui.
04:04Quand Jean-Luc Moudinck, le maire sortant qui a été réélu,
04:07en a gagné 30 000.
04:08C'est pas qu'une question de personne.
04:10C'est aussi une question de que feront les électeurs de Jean-Luc Mélenchon
04:13s'il va à la primaire et que c'est vous qui l'a gagné.
04:15Ou si c'est Olivier Faure qui l'a gagné.
04:17– Mais je suis convaincu qu'il y a des figures
04:18qui sont plus rassembleuses que d'autres.
04:19Mais vous savez ce que vous décrivez ?
04:20C'est déjà ce que j'ai vécu lors des élections législatives de 2022
04:25dans ma circonscription de la Somme
04:27et où j'avais à l'époque lancé l'alerte en disant
04:30attention, il y a une diabolisation qui se renverse.
04:32La diabolisation est en train de passer du Rassemblement national
04:35à la France insoumise.
04:36Il y a un piège qui nous est tendu.
04:38Ne sont-on pas à pieds joints dedans ?
04:41Donc je l'ai vécu.
04:42Je sais ce que ça signifie.
04:43Je vois les efforts faits par des candidats remarquables.
04:46François Picmal, professeur de lettres,
04:49engagé pour le droit au logement,
04:50dont on sait qu'il n'est pas un vociférateur.
04:53De la même manière pour Damien Maudet à Limoges.
04:56Et pourtant, à chaque fois, il paye le prix du parti, en vérité.
05:00Il paye le prix de l'étiquette.
05:02Il paye le prix de Jean-Luc Mélenchon.
05:04Il paye le prix de l'étiquette.
05:05Juste parenthèse, François Ruffin, hier soir, chez nos confrères,
05:09vous avez eu ces mots à l'endroit de Clémence Guettet
05:11qui a été beaucoup soulevé.
05:13Vous l'avez traité de petite lieutenant.
05:15Elle vous a répondu en disant qu'elle n'était la lieutenant de personne.
05:17Mais c'est ça aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon ?
05:20Ce n'est pas nouveau.
05:21On voit bien ce qui se passe à la France insoumise.
05:24Ce sont les lieutenants qui sont passés par Sciences Po,
05:30qui ont fait collaborateurs parlementaires,
05:32qui ont tenu les faits, servis de porteur d'eau à Jean-Luc Mélenchon,
05:37qui sont parachutés aujourd'hui dans les meilleures circonscriptions.
05:39Mais vous savez ce que je raconte là ?
05:41Au fond, c'est ce que le Parti Socialiste a pratiqué dans ces belles années
05:45en réservant les meilleurs morceaux pour ses collaborateurs parlementaires.
05:49Voilà comment ça marche.
05:51Je vous écoute depuis tout à l'heure attentivement, François Ruffin.
05:54Vous dites Jean-Luc Mélenchon boulait, même s'il n'est pas tout seul,
05:58mais il est capable aussi d'aller chercher des électorats
06:01à qui la gauche ne parle plus forcément.
06:03On sait que vous avez été proche de lui, que vous vous êtes fâché aujourd'hui,
06:06que vous vous êtes éloigné, que vous n'êtes plus un insoumis.
06:08On a l'impression qu'il y a quelque chose que vous n'osez pas franchir avec lui.
06:11Je l'ai déjà franchi 50 fois, M. Fauvel.
06:16La question n'est pas là.
06:17La question, c'est que veulent les électeurs de gauche ?
06:19Les électeurs de gauche, ils veulent une candidature commune.
06:22Qu'ils soient des électeurs insoumis ou qu'ils soient des électeurs socialistes, dans tous les cas.
06:26Et vous savez, les chefs de parti, les petits marquis de la politique, les apparatchiks,
06:31ils ne veulent surtout pas qu'il y ait une candidature commune.
06:33Ils ne veulent surtout pas qu'on laisse les gens de gauche voter,
06:36parce qu'ils savent qu'à ce moment-là, il y aurait la possibilité d'un rassemblement dont ils ne
06:40veulent pas.
06:41Et on voit le jeu entre Raphaël Glucksmann et François Hollande d'un côté,
06:45et Jean-Luc Mélenchon de l'autre, pour organiser la BACA sur le pont du Titanic.
06:51On est sur le pont du Titanic, et on a les chefs de la gauche, là,
06:55qui sont en train de se bagarrer pour avoir le gouvernail,
06:57pendant qu'on est en train de foncer droit sur l'hibnizberg,
07:00un hibnizberg sur lequel il y a marqué rassemblement national.
07:02Est-ce qu'il ne vaut pas mieux pas de primaire qu'une primaire
07:04où un candidat ne soutiendra pas celui qui gagne à la fin ?
07:09Pardon, je vous pose la question différemment.
07:11Il y a trois semaines, le Parti Socialiste a dit que les propos de Jean-Luc Mélenchon
07:13sur Epstein-Einstein, sur Glucksmann sont intolérables,
07:16relents, complotistes et antisémites.
07:20Est-ce qu'on peut aller débattre à la même table que Jean-Luc Mélenchon,
07:23dont on accuse de propos intolérables et antisémites,
07:27et s'il gagne, le soutenir derrière ?
07:29On efface tout, la politique, c'est ça.
07:31Je vous dis, vous savez, je me souviens,
07:35dans l'histoire du 12 février 1934,
07:38que s'est-il passé le 6 février 1934 ?
07:40La manifestation à Paris des fascistes.
07:42On a des fascistes qui sont en bord de prendre l'Assemblée.
07:45Et six jours plus tard, on a la première réaction de la CGT,
07:48la CGTU, c'est-à-dire des socialistes et des communistes,
07:50qui se détestent à l'époque, mais qui se détestent comme jamais.
07:53Et pourtant, des deux cortèges, par un cri,
07:56unité, unité, unité, et c'est par le bas, c'est par la base,
08:00que se construit le Front Populaire.
08:01Votre ciment, ce sera le RN ?
08:04Le ciment, vous savez, aujourd'hui, ce qui fait le ciment de la gauche,
08:06c'est que si je dis qu'il faut encadrer le prix des loyers,
08:09parce qu'on a un souci, le souci majeur pour les Français,
08:13en termes de pouvoir d'achat,
08:14c'est le logement, qui pèse pour un tiers du budget des ménages,
08:18ça a été multiplié par quatre,
08:19et en vérité, c'est jusqu'au-dessus de 50-60% pour les familles populaires.
08:23Eh bien, ce sujet-là, il est commun à toute la gauche.
08:26Si on vient dire que ce n'est pas juste que dans notre pays,
08:31les plus riches sont ceux qui payent le moins d'impôts,
08:34qui parviennent à y échapper, tout comme les plus multinationales,
08:37tandis que les plus modestes sont ceux qui, en proportion,
08:40payent le plus d'impôts,
08:41qu'un milliardaire paye moins d'impôts que sa secrétaire,
08:44ça fait du ciment de la gauche.
08:45Le ciment de la gauche, il est énorme.
08:47Par contre, on a des chefs de parti qui, aujourd'hui, ont décidé
08:50qu'il fallait se fâcher, qu'il fallait tempêter,
08:53et qu'il fallait se diviser, au fond,
08:54plus sur le ton que sur le fond.
08:56Moi, je viens dire, oui, je prétends qu'il y a des hommes et des femmes,
08:59au milieu de tout ça, de bonne volonté,
09:01et qu'ils parviennent à réconcilier les choses.
09:03Vous savez, et ce n'est pas seulement la gauche qu'il faut rassembler.
09:05Dans l'état de fracture où on est,
09:07c'est la France qu'il s'agit de rassembler derrière.
09:09– Il nous reste une poignée de secondes, c'est Sébastien Chenu,
09:11je disais tout à l'heure, le numéro 2 du Rassemblement National
09:13qui va vous succéder sur ce plateau.
09:15Est-ce que vous souhaitez lui dire quelque chose ?
09:17– Non, moi, je souhaite dire quelque chose.
09:19On a le décès de Lionel Jospin,
09:22qui est une grande figure.
09:24J'adresse mes condoléances, bien sûr,
09:26à sa famille et à ses proches.
09:28C'est ma jeunesse, c'est la vôtre aussi.
09:311995 à l'élection présidentielle, 1997 avec la gauche plurielle
09:37et une gauche plurielle qui fait la CMU,
09:41la couverdure maladie universelle,
09:43qui fait les emplois jeunes, qui fait les 35 heures
09:45et qui montre avec Lionel Jospin
09:49de la probité jusque dans son retrait.
09:51Et enfin, un homme, Premier ministre,
09:55qui arrive à réunir autour de la table,
09:57socialiste, communiste, écologiste,
09:58un homme qui, dans le Conseil des ministres,
10:01a Marie-Georges Buffet, Martine Aubry,
10:04Jean-Mierre Choyernement, Dominique Voinet.
10:06Et ces gens-là ne se battent pas.
10:08– Et qui n'hésitaient pas ces dernières années
10:09à critiquer très fortement Jean-Luc Mélenchon.
10:11– Vous y ramenez tout.
10:12Mais en tout cas, la nécessité aujourd'hui
10:15d'avoir une capacité de dialogue au sein de la gauche
10:19plutôt que de se bagarrer comme des chiffonniers.
10:21– Merci.
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