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  • il y a 12 minutes
La gauche a décidé de faire front commun aux élections municipales dans plusieurs grandes villes, le PS concluant ce lundi 16 mars de nombreux accords avec la France insoumise ou les Écologistes en vue du second tour dimanche. Le dernier délai pour déposer sa liste en préfecture est à 18 heures ce mardi.

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00:00Et on est justement en duplex avec Benoît Payan, le maire sortant de Marseille. Bonsoir, M. Payan.
00:06D'abord, question très simple. Avez-vous négocié, discuté de ce retrait avec M. Delogui ?
00:13Ou est-ce que vous pouvez nous dire ce soir qu'il n'y a eu absolument aucun contact entre
00:16lui et moi ou entre nos équipes ?
00:17Non, écoutez, non. J'ai été constant depuis le début. Je l'ai dit dès dimanche soir. Je l'avais
00:24dit avant le premier tour.
00:26Je m'en tiens à ce que je dis. Je crois que c'est vrai que c'est assez rare
00:29en politique et que ça surprend.
00:31J'ai dit que je ne ferais pas d'accord dans les conditions qui avaient été posées par la France
00:35insoumise.
00:36Il n'y a pas eu d'accord. J'ai déposé ma liste. Et ensuite, vous savez, les gens sont
00:40face à leur conscience.
00:42Marseille n'est pas Paris. Je n'ai pas Rachida Dati en face de moi. Moi, j'ai le Rassemblement
00:46national.
00:47Je n'ai pas une liste macroniste. J'ai les héritiers de Jean-Marie Le Pen qui sont face à
00:54moi.
00:54Et cette ville représente finalement tout l'inverse de ce qu'est le Rassemblement national.
01:00Et le Rassemblement national est aux portes de la ville. Face à ça, j'avais deux choix.
01:05Soit je considérais qu'il fallait dans un couloir la nuit s'arranger et qu'on passait sur tout ce
01:11qui avait pu se passer dans la campagne.
01:12Je vous rappelle que l'objectif de LFI n'était pas de gagner la ville. L'objectif de LFI était
01:17de me faire perdre, de faire perdre la gauche à Marseille.
01:20Mais faire perdre la gauche à Marseille, c'est faire gagner le RN. Et les mots ont du sens.
01:26Et moi, je crois que les mots doivent être, en général, en adéquation avec les actes.
01:31Ce soir, je prends acte de sa décision. Il s'est retiré. Ça m'est arrivé à trois reprises de
01:37me retirer.
01:38D'un mot, Benoît Payan, est-ce qu'à titre personnel, au-delà des désaccords que vous venez de rappeler,
01:42des désaccords politiques avec Sébastien Delogu,
01:44est-ce qu'à titre personnel, vous l'avez remercié pour ce retrait, est-ce que vous le faites ce
01:48soir ?
01:51En fait, il faut saluer les gestes quand ils sont posés. Et c'est un geste républicain qui l'a
01:59fait.
01:59On voit bien que la candidate de la droite, vous aviez tout à l'heure sur votre plateau Jean-François
02:04Copé,
02:05qui explique que lui, qui est censément un grand républicain, n'est pas concerné par l'élection d'Homère-Hérène
02:11à Marseille,
02:11dans la deuxième ville de France. Et que sa candidate, elle, fait comme si...
02:17Elle a fait le même score que M. Delogu, d'ailleurs. Je ne sais pas si vous imaginez, dans la
02:20ville de Jean-Claude Godin,
02:23la dégringolade. Et ça ne me réjouit pas. Je préfère avoir face à moi une droite républicaine que le Rassemblement
02:28national.
02:29Donc je ne sais pas si vous imaginez la dégringolade de la droite à Marseille, mais c'est absolument terrible.
02:35Elle aurait pu, elle aussi, prendre ses responsabilités et se désister, comme il m'est arrivé à moi de le
02:42faire, dans une élection.
02:44Quand on a des adversaires politiques, d'abord on ne quémande pas de place, je crois qu'on ne fait
02:48pas d'accord, pas de tambouille.
02:49Et moi, avec la France insoumise, je n'ai voulu aucun accord, aucune tambouille.
02:53C'est-à-dire, il n'y a pas de « passe-moi le poivre, je te passe le sel
02:56». Les Français ne supportent plus ça.
02:59Il n'y a qu'à regarder le spectacle affligeant que les politiques sont en train de donner pour conserver
03:03des postes.
03:04Or, il faut rester droit dans ses bottes et rester qui on est.
03:08Je n'ai jamais masqué que j'étais un homme de gauche. Je n'ai jamais renié qui j'étais.
03:13Certes, je ne suis plus socialiste, mais je garde mes convictions. Elles ne changeront pas.
03:18Néanmoins, l'enjeu qui est devant nous, Marc Fauvel, dans la deuxième ville de France, c'est de savoir si
03:23le clan Le Pen s'empare de la deuxième ville de France.
03:27Parce que ce serait un séisme, évidemment, pour Marseille, mais aussi pour la France.
03:31Parce que c'est la première marche, c'est la première marche.
03:33Je vous interromps sur cette question parce qu'elle me semble importante, Benoît Payon.
03:35Vous avez dit que l'arrivée du RN à Marseille dans la deuxième ville de France, ce serait une catastrophe.
03:40Une catastrophe. Est-ce que vous êtes en train de jouer un peu sur les peurs ?
03:44On est dans une campagne d'entre-deux-tours. Il faut aussi sonner le rappel des troupes.
03:48Ou est-ce que vous pensez sincèrement que le quotidien des Marseillaises et des Marseillais changerait ?
03:53Et c'est oui en quoi si M. Alizio prenait les clés de l'hôtel de ville dimanche ?
03:57Bien sûr. Bien sûr. Je vais vous le dire très clairement.
04:02Une ville comme Marseille, d'abord, c'est une grande ville.
04:04C'est une ville qui fait deux fois et demi Paris, cinq fois Lyon.
04:06Et c'est une ville qui existe depuis longtemps et qui vit aussi avec des politiques qui sont faites pour
04:13des habitants qui ont des écarts de salaire et de différences qui sont énormes.
04:17C'est la ville la plus inégalitaire de France et c'est contre ça que je me bats au quotidien.
04:21C'est-à-dire les kits scolaires pour tous les enfants de Marseille.
04:24La cantine gratuite pour 15 000 enfants.
04:28Les stages pour pouvoir passer son permis.
04:30C'est des associations culturelles, des théâtres, c'est de l'éducation, c'est de l'éducation populaire, c'est
04:37l'économie, c'est l'attractivité aussi.
04:39Vous imaginez cette ville qui attire 5 millions de touristes par an, dirigée par un maire Rassemblement National ?
04:44C'est une ville qui recrée des emplois.
04:46C'est une ville qui, sur la question de la sécurité, n'a pas besoin d'un maire qui raconte
04:50des absurdités.
04:51J'ai eu, pardonnez-moi, vous n'y êtes pour rien, mais dans le débat sur BFM TV, j'avais
04:56l'impression d'avoir un débat de futurs candidats à la place Beauvau.
05:03Un maire n'a pas les pouvoirs, ni de la chancellerie, ni du ministère de l'Intérieur.
05:08Bien sûr qu'il y a la police municipale, bien sûr que ce sont des sujets qui sont extrêmement importants,
05:12mais j'ai vécu une campagne de caniveau.
05:14Vous savez, moi j'ai vécu une campagne où, au premier tour, j'avais l'héritier direct des nostalgiques du
05:22maréchal Pétain.
05:24Une dame qui cite le maréchal, enfin qui cite Pétain, parce qu'il n'est plus maréchal, il a été
05:29déchu de ce maréchal-là.
05:31Une de ses priorités, ce serait travail famille Patry, qui s'en est expliqué ensuite.
05:35Famille Patry, et quand on lui pose la question, et quand on lui pose la question et qu'on lui
05:38dit « c'est la devise de Pétain », elle dit « oui, oui, bien sûr, ce sont mes valeurs
05:42».
05:42Mais vous imaginez où on en est, là, en fait ?
05:45Question de Guillaume Tabard.
05:47De culture on en est.
05:48Pardon, Guillaume Tabard.
05:50Oui, M. Payon, on vous pose en héros du combat et de la résistance contre le Rassemblement National.
05:55Je vous en prie, M. Tabard, n'exagérons pas.
05:57Et voici donc ma question.
06:00Entre votre élection à la mairie de Marseille il y a 6 ans et aujourd'hui, dans votre ville, le
06:05Rassemblement National, du premier tour de 2020 au premier tour de dimanche dernier, a progressé, je crois, de l'ordre
06:11de 12 ou 13 points entre la liste de M. Ravier et celle de Franck Alizio cette fois-ci.
06:15Est-ce que vous vous dites « peut-être que j'ai raté quelque chose dans ma gestion de ma
06:19ville pour que dans ma ville, le RN progresse autant ».
06:23C'est une très bonne question d'ailleurs.
06:25Et comme vous êtes un très fin analyste, et je me souviens qu'on a assisté ensemble aux obsèques du
06:29pape, et notamment on a pu lire la litanie des saints.
06:32Je ne vais pas vous la faire ce soir, M. Tabard.
06:35Mais si vous observez exactement ce qui s'est passé, d'abord évidemment, nous on est en progression aussi, et
06:41de 14 points.
06:42Mais les 12 points, en fait, qu'il manque à Mme Vassal qui faisait 24 et qui fait 12, ils
06:48sont tout simplement partis chez M. Alizio.
06:50Et donc, je crois que la droite devrait se poser de sérieuses questions.
06:54Moi, je ne m'exonère d'aucune responsabilité.
06:56Et si le RN devait gagner dimanche, je prendrais mes responsabilités, et je le prendrais comme un échec personnel.
07:03Néanmoins, vous savez, quand on singe l'extrême droite, M. Tabard, quand Mme Vassal fait du travail famille, patrie, ou
07:10pas que de ça,
07:11mais quand on récupère les mots de l'extrême droite, quand on dit « je suis moi l'original et
07:16l'extrême droite et la copie »,
07:17quand on dit « je suis maladresse verbale », c'est une drôle de maladresse verbale.
07:24Je pense que quand on veut diriger la deuxième ville de France, c'est des souvenirs lointains,
07:29mais je crois que c'est en sixième qu'on apprend la Deuxième Guerre mondiale.
07:32C'est une drôle de maladresse.
07:34Mais au-delà de ça, les mots du RN, quand on les a et quand on les prend, on fait
07:41le lit du RN.
07:43Quand tous les votes que j'ai subis en Conseil municipal de la part de la droite étaient des votes
07:47identiques, en réalité, à ceux du RN.
07:51Eh bien, on se retrouve d'une candidature qui passe de 24 points en 2020 à 12 points.
07:58Et qu'est-ce qui s'est passé dans le même temps ?
08:00Vous voyez bien que l'extrême droite a naturellement siphonné la droite.
08:04Or, le sujet pour ma ville aujourd'hui, c'est d'éviter ça.
08:08On l'a entendu.
08:09Benoît Payan, tout dernier mot.
08:10BFM TV est prête à organiser un débat à Marseille.
08:14Je rappelle que demain, ce sera le débat parisien, 21h, entre Rachida Dati pour Les Républicains
08:19et Emmanuel Grégoire pour la gauche non-mélenchoniste.
08:23Êtes-vous prêts, vous, à affronter tous les candidats dont vous venez de dire tout le bien que vous pensez
08:28?
08:31Mais aucun problème, je l'ai déjà fait.
08:33Le problème, c'est que vous êtes un certain nombre de chaînes de télévision.
08:36Mais bien sûr, vous êtes un certain nombre de télévision à me le proposer, le service public, BFM, LCI.
08:42Enfin, je ne veux pas faire de publicité pour vos conférences.
08:47Je ne suis pas là pour ça.
08:48C'est fait, pardonnez-moi.
08:49On m'excuse.
08:50Mais c'est oui sur le principe.
08:52Il y aura un rappel à l'ordre de l'ARCOM.
08:54Je ne pense pas pour ça.
08:55Mais en tout cas, on a entendu que c'est oui sur le principe.
08:57Vous êtes d'accord pour un débat d'entre deux tours à Marseille.
09:01Merci beaucoup, Benoît Payon, d'avoir été en direct avec nous ce soir.
09:04Je voudrais...
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