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  • il y a 2 semaines
Céline Alonzo et André Bercoff reçoivent Louis Arnaud, ex otage de la République Islamique d'Iran. Il publie "La Révolution Intérieure" aux éditions Equateurs / Norbert Saada, co producteur d'un ciné concert symphonique en hommage à Brigitte Bardot.


Retrouvez La culture dans tous ses états tous les vendredis avec Céline Alonzo et André Bercoff à partir de 13h.

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##LA_CULTURE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-03-20##

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Transcription
00:00TerreDeFrance.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente
00:07La culture dans tous ses états, André Bercoff, Céline Alonso
00:28Et oui, Bella Tchao sur Sud Radio, ce chant de révolte interprété en persan, André Bercoff, par une jeune Iranienne
00:35sur les réseaux sociaux.
00:36C'était suite à la mort de Masha Amini le 16 septembre 2022 à Téhéran.
00:41Et quelques jours après ce drame, un jeune français, Louis Arnaud, qui était de passage dans cette ville, dans le
00:48cadre d'un tour du monde,
00:50a été enlevé, André, puis emprisonné dans la fameuse prison d'Evine, la plus redoutable du pays, André.
00:57Et dans un livre qui vient de paraître, il raconte l'enfer qu'il a vécu.
01:02Et oui, le titre est très très parlant, Louis Arnaud, le titre de votre livre, La Révolution Intérieure.
01:08Si on s'arrête là, on se dit, tiens, c'est une révolution, effectivement, intérieure de méditation.
01:12Pas du tout ça.
01:14Il y a ça, et il y a ce qu'on appelle la volonté, l'instinct de survie.
01:17Vous le montrez, otage en Iran.
01:19J'ai retrouvé la liberté dans les enfers.
01:22C'est paru aux éditions Les Équateurs, et on vous le recommande vraiment,
01:25parce que c'est un livre, non seulement un témoignage humain, très très très très fort.
01:29Et puis, ce livre est dans une actualité, hélas, hélas, sanglante et énorme,
01:37au temps où il y a des gens qui produisent dans cette douce France,
01:42quand on est à quelques milliers de kilomètres,
01:44où justifient, on essaie de défendre,
01:46quelles que soient, encore une fois, les opinions qu'on peut avoir sur Trump et autres,
01:50et sur l'Amérique, sur Israël, sur l'Occident, sur le Moyen-Orient.
01:57Chacun est libre de ses opinions et de ses choix.
02:00Le problème, c'est que quand des gens, là, avec ce qui se passe,
02:04je rappelle qu'en janvier, il y a eu au moins 30 à 40 000 morts,
02:09le peuple iranien à main nue, massacré par un certain régime,
02:14ce régime de la République islamique d'Iran,
02:16et qu'il y a des gens, je le dis, c'est à titre tout à fait personnel,
02:20et c'est mon avis, qui, effectivement, essaie de justifier cela,
02:24et défendre ce régime des Mollas, des Eatollahs,
02:26qui est là depuis 47 ans,
02:29et qui sévit depuis 47 ans,
02:32sous des prétextes qui sont pour le moins étranges.
02:35Et quand on lit votre livre, effectivement,
02:39Louis Arnaud,
02:40on se dit quand même, il y a quelque chose qui ne va pas,
02:43et ce n'est pas, alors l'Iran n'a pas le monopole,
02:45de la cruauté, le régime.
02:48On sait ce qui s'est passé chez Pol Pot,
02:51au Gamboge,
02:52on sait ce qui s'est passé chez Mao,
02:53ce qui s'est passé chez Staline, Hitler,
02:55que ce soit sous des prétextes de progressisme,
02:58ou de religion,
02:59ou d'exaction théocratie,
03:01malheureusement, les tyrans sont les tyrans,
03:03la cruauté est la cruauté.
03:05Et votre, effectivement, votre livre est un témoignage
03:07tout à fait capital là-dessus.
03:09Et oui, on en parle dans un instant sur Sud Radio,
03:13Louis Arnaud est notre invité.
03:14Un témoignage captivant et profondément humain
03:18à absolument écouter.
03:20Donc, restez avec nous, on vient juste après cette petite pause.
03:24La culture dans tous ses états,
03:27André Bercoff, Céline Alonso.
03:40Et oui, barayez sur Sud Radio,
03:43cette team du mouvement Femme, Vie, Liberté,
03:46qui vous tient à cœur, Louis Arnaud.
03:48Bonjour à vous et merci d'être avec nous sur Sud Radio.
03:51Alors, vous publiez un livre qui m'a bouleversé,
03:55qui s'intitule La Révolution Intérieure,
03:56aux éditions des Équateurs,
03:58dans ce livre, vous racontez l'enfer
04:00que vous avez vécu dans la prison des Vines à Téhéran
04:03pendant près de deux ans.
04:05Racontez-nous dans quelles circonstances
04:07vous avez été enlevé le 28 septembre 2022.
04:12Oui, c'était très inattendu
04:14parce que moi, j'étais consultant à Paris
04:16et j'étais parti faire un tour du monde.
04:20Consultant, dans quoi, juste pour le préciser ?
04:21J'étais consultant pour les grandes banques françaises.
04:25Et vous faisiez un voyage d'agrément, c'est ça ?
04:28Il y avait un vide très profond dans ma vie.
04:30J'étais dans une quête de sens à donner à ma vie.
04:32D'accord.
04:33Et la seule certitude que j'avais, c'était cet amour du voyage.
04:36Ce virus qui avait été pris déjà bien des années plus tôt.
04:39Et j'avais décidé de prendre un peu de temps pour moi
04:42et pour accomplir ce voyage autour du monde.
04:45Et c'est comme ça que j'arrive en Iran assez rapidement, en fait.
04:49Parce que j'étais déjà allé en Iran quelques années plus tôt
04:52et j'avais été envoûté par ce pays,
04:54j'avais été envoûté par ce peuple,
04:56par le raffinement, la poésie, absolument partout.
05:00Et j'arrive en Iran début septembre 2022.
05:04Et donc juste avant le décès de Massa Amini, Jina.
05:08Qui, rappelons-le, a été battu à mort
05:10parce qu'on avait eu une mèche de cheveux
05:13qui dépassait de son voile.
05:14Absolument.
05:15Et alors, rappelons bien que ce sont des faits
05:18qui sont extrêmement communs en Iran.
05:20Il se trouve qu'elle en est décédée
05:22et comme bien d'autres avant elle aussi.
05:25Mais cette répression, cette oppression permanente,
05:28ce sont des choses que vivent les Iraniens au quotidien
05:31et encore plus aujourd'hui.
05:34Et donc, j'étais à Téhéran à ce moment-là.
05:38On était après le début des manifestations
05:42et on restait bien à l'écart de ces manifestations.
05:45Parce que j'avais rencontré d'autres voyageurs à ce moment-là.
05:47On restait bien à l'écart pour être sûr
05:49de ne pas se mettre en danger.
05:53Même si, à ce moment-là, rien ne laissait présager.
05:55On ne parlait pas encore d'otages.
05:56Ce mot n'existait pas encore.
05:58C'est très important de le rappeler.
06:00Et tout indiquait que si on respectait bien
06:02les consignes de sécurité données par le ministère des Affaires étrangères français.
06:09Ah oui, d'accord.
06:10Faites attention, restez entre vous
06:12et voilà.
06:13Qui disait bien sur son site web
06:16qu'il y a une forme d'instabilité politique.
06:18Ne vous approchez pas des manifestations,
06:22des rassemblements politiques.
06:23Et c'est bien évidemment ce qu'on a évité.
06:25Et pourtant, vous les avez évités,
06:27mais il y a eu des signaux d'alerte aussi.
06:31Mais les signaux d'alerte,
06:32ils sont faciles à interpréter après, finalement.
06:36C'est ça.
06:37Non mais racontez, racontez, c'est important.
06:40Il y avait eu notamment un moment où on était dans cette auberge.
06:46Alors on n'est pas encore à Teheran,
06:47on était dans la ville de Rashid.
06:49Et il y a des hommes qui se disent d'une police.
06:54Je ne le sais pas encore à l'époque,
06:55mais des polices, il y en a beaucoup en Iran.
06:57Et ce sont des gens qui viennent demander
07:00si on n'a pas emmené un bidon à l'extérieur.
07:05Un bidon, quoi ?
07:05Peut-être...
07:07On ne sait pas vraiment.
07:08Est-ce que ce seraient des produits inflammables
07:09pour les manifestations ?
07:10Sauf qu'en fait, on fait toujours en sorte
07:12d'être rentrés avant les manifestations.
07:14Et qu'il y a toutes les caméras de surveillance
07:16qui peuvent démontrer que non.
07:18Et d'ailleurs, en l'occurrence,
07:19dans mon procès ensuite,
07:21dans mon dossier judiciaire,
07:23figurera bien le rapport de cette police de Rashid
07:25qui dit qu'on a bien respecté les conditions.
07:31Et il y avait déjà des Français qui avaient été arrêtés,
07:34mais à ce moment-là, il y avait toujours ce doute.
07:36Est-ce que ce sont des gens qui ont fait une chose,
07:38qui sont sortis des clous,
07:40qui ont pris des risques inconsidérés ?
07:43Mais à ce moment-là, on ne savait pas
07:46qu'il y avait des arrestations
07:48qui étaient absolument arbitraires,
07:49comme tous les autres qui avaient été arrêtés avant moi,
07:51sous des prétextes fallacieux.
07:52Alors vous, racontez-nous dans quelles circonstances,
07:54effectivement, vous avez été arrêtés ?
07:57Oui, alors nous, on était trois, enfin quatre,
08:02une Iranienne, une Italienne, Alessia,
08:05et un Polonais, Tomash.
08:06Et nous étions à Téhéran ce dernier jour,
08:09tous ensemble,
08:10pour fêter l'anniversaire d'Alessia,
08:12ses 30 ans.
08:14Et donc on avait une journée
08:17qui était pleine d'activités.
08:20Et notamment ce soir-là,
08:20nous avions prévu d'aller à un escape game
08:22en fin de soirée,
08:23ce qui est quand même assez paradoxal et drôle,
08:27quand on y réfléchit.
08:30Et en arrivant devant la porte de cet escape game,
08:34il y a des hommes en noir
08:36qui nous attendaient là, en fait.
08:39Donc c'était prévu.
08:41Ils nous attendaient là
08:42et ils nous mettent la main dessus
08:45sans déclarer qui ils sont,
08:48sans aucun brassard de police,
08:50sans rien.
08:50Et donc là, le réflexe, la pensée,
08:52c'est un kidnapping, en fait.
08:54Oui.
08:54Et vous dites effectivement,
08:55au moment d'enlèvement,
08:57vous avez vraiment été traité
09:00comme de vrais criminels.
09:02Et ils vous disent là,
09:03nous sommes de la police,
09:05nous avons un mandat d'arrêt contre vous.
09:07Au début, vous pensez vraiment
09:09que c'est un piège, un leurre,
09:10qu'ils se trompent de personne, c'est ça ?
09:13Alors, un piège, un leurre, non.
09:15Parce que, et plutôt c'est une erreur,
09:17effectivement, c'est ce que vous dites,
09:18c'est qu'ils se trompent de personne.
09:19Parce que, enfin, nous n'avons rien fait,
09:21nous n'avons rien à nous reprocher.
09:22Et il paraît à ce moment-là
09:25complètement inenvisageable
09:26qu'un pays, certes la République islamique,
09:29mais qui entretient quand même
09:29des relations diplomatiques avec l'Europe,
09:32puisse commettre ce qui va ressembler
09:34à faire une bavure diplomatique
09:37et une crise diplomatique, en fait.
09:40Vous êtes tous des étrangers,
09:42français, polonais, italien, etc.
09:44Exactement.
09:45Et donc, nous n'avons rien fait,
09:46il n'y a aucune raison d'être arrêtés.
09:48Qu'est-ce qui se passe ?
09:48Ils vous prennent, ils vous arrêtent,
09:50et alors ?
09:50Ils nous arrêtent, et ils nous disent
09:52on va juste vous emmener
09:54dans un commissariat,
09:55vous allez passer,
09:57on va juste vous poser quelques questions.
09:58On ne peut pas vous dire
09:59de quoi il s'agit pour l'instant.
10:01Ils parlent en anglais ?
10:02Pardon, ils parlent en anglais ?
10:03Alors, les hommes qui nous avaient arrêtés,
10:05c'était vraiment des rottweilers
10:07qui ne parlaient pas un mot d'anglais,
10:08mais en revanche,
10:09il y a à un moment,
10:11surgit cet homme
10:12que j'ai appelé le commissaire.
10:14Et d'ailleurs,
10:14je n'ai presque aucun souvenir
10:15de cet homme-là,
10:16et c'est très caractéristique
10:17de ces services de renseignement iraniens
10:19que vous ne voyez jamais,
10:20qui sont toujours masqués
10:21d'un masque sanitaire,
10:23et avec toujours ce regard fuyant,
10:24c'est très particulier,
10:26et c'est très anxiogène.
10:27Et donc, on nous dit,
10:28on va vous emmener à un commissariat,
10:29on va vous poser quelques questions,
10:30et puis, si on est satisfait,
10:32bien sûr, vous pourrez rentrer à l'auberge.
10:34Demain, même ce soir,
10:35il n'y aura pas de problème.
10:36Et au final, en fait,
10:38c'est à la prison des Vines,
10:40et non dans un commissariat de police,
10:41qu'ils vont vous emmener.
10:43Dans quel état d'esprit êtes-vous
10:44quand vous, effectivement,
10:45vous êtes face
10:46à l'entrée de cette porte de prison
10:48dans laquelle est inscrit,
10:49en gros, prison des Vines ?
10:51Que savez-vous de ce lieu de torture à l'époque ?
10:55J'en avais déjà entendu parler,
10:58malheureusement,
10:58et c'est pour ça que ça provoque
10:59une telle terreur
11:00quand je vois ce nom.
11:02C'est au-delà d'un commissariat,
11:03ce n'est pas n'importe quelle prison.
11:05C'est la pire prison d'Iran,
11:07une des pires prisons du monde,
11:09prison politique,
11:12dans laquelle il y a beaucoup de torture,
11:15qui est réputée également pour ces viols
11:17sur les femmes,
11:18même sur les hommes.
11:20Il faut rappeler,
11:20il faut rappeler juste un mot,
11:22comme vous le savez,
11:22et ça a été dit par l'Aïa Delà,
11:24Ramenei,
11:25qu'il faut violer une femme
11:26si on veut,
11:28on doit l'exécuter après
11:29pour qu'elle n'entre pas au paradis.
11:30Comme ça, on est sûr,
11:32en tout cas,
11:32c'est les paroles de...
11:34On est sûr, comme ça,
11:36qu'elle n'entrera pas au paradis
11:37si elle est violée.
11:38Enfin, ça va juste là.
11:39Alors vous,
11:39dès votre arrivée à la prison,
11:41on vous bombe les yeux,
11:43vous subissez d'emblée
11:45un interrogatoire.
11:46Comment se déroule
11:47cet interrogatoire ?
11:49Qu'est-ce qu'il vous demande précisément ?
11:52Justement,
11:52à ce moment-là,
11:53les questions commencent à tourner
11:54autour des manifestations
11:56et de
11:57pourquoi on s'y est rendu ?
11:59Et ça paraît encore plus différent.
12:01vous étiez dans une manifestation.
12:04C'est ça.
12:04C'est pourquoi vous êtes allé aux manifestations ?
12:06Pourquoi vous êtes en Iran ?
12:07Pourquoi vous avez renouvelé un visa ?
12:08Pourquoi ?
12:09C'est la paranoïa qui se développe.
12:10Et c'est là que je me rends compte
12:12que cet interlocuteur
12:13qui semblait rationnel jusqu'ici
12:16est complètement fou.
12:17Oui, à chaque fois,
12:18en fait,
12:18on vous forçait aux aveux.
12:20Mais tout est fait,
12:22tout dans cette prison
12:23et en tout cas,
12:23surtout dans ces six premiers mois,
12:25c'est le quartier de haute sécurité
12:27des services de renseignement.
12:28Donc,
12:28c'est vraiment un lieu de torture
12:30et de pression extrême.
12:32Et tout est fait pour
12:33vous amener à avouer
12:34ce qu'on a décidé de vous faire avouer.
12:36Pas du tout ce que vous avez fait,
12:37mais ce qu'on a décidé de vous faire avouer.
12:39Et vous dites qu'au final,
12:40ils finiront par vous convaincre
12:42de votre culpabilité,
12:44vous l'avez dit tout à l'heure,
12:45une forme de paranoïa
12:47dont je ne m'échappe
12:48que dans de rares éclats de lucidité
12:51avant d'être à nouveau happé,
12:52écrivez-vous.
12:53Vous n'êtes pas...
12:53C'est terrible, terrible.
12:54Vous n'êtes pas du tout...
12:55Attends, avant de dire
12:56c'est terrible.
12:57Vous n'êtes pas du tout allé
12:58à cette...
13:00Il n'y a pas eu de commission,
13:01vous êtes allé directement à Évin ?
13:03Je suis allé directement à Évin.
13:05C'est-à-dire que quand ils vous ont attrapé
13:07devant le escape game,
13:09vous dites,
13:09ils vous ont dit à ce moment-là,
13:11on va aller quelques heures,
13:13là vous avez été interrogé,
13:14vous allez rentrer à l'auberge.
13:16Est-ce qu'ils vous ont amené
13:17directement à la prison d'Évin ?
13:19Oui.
13:19C'est ça, directement.
13:20Oui.
13:21Et alors, le soir même,
13:22il se passe justement,
13:23je vous demande Céline,
13:24il se passe quoi ?
13:25Alors, enfin,
13:26ce que vous décrivez,
13:27ça arrive plus tard,
13:29parce que ça prend du temps,
13:31c'est au fil des interrogatoires,
13:32en fait,
13:33où on arrive en se disant
13:35mais je suis complètement innocent,
13:37et au bout d'un moment,
13:39même s'il y a ce sentiment d'innocence,
13:41il y a cette paranoïa qui est
13:43mais en fait,
13:43tout dans mon histoire
13:44conspire à raconter
13:45que je suis un espion.
13:46Parce qu'on sait
13:47que ces gens-là
13:48cherchent des espions,
13:48en tout cas,
13:49c'est ça que j'apprends aussi
13:50parmi les co-détenus que j'ai,
13:52et je finis par me dire
13:54mais attends,
13:54le fait que tu te sois passé
13:55par telle ville
13:56et telle ville
13:56et telle ville
13:57indique que tu as suivi
13:58les rassemblements
13:59et que tu as renouvelé ton visa
14:01et que tu fais ça
14:02et que tu as un message
14:03qui laisse
14:04d'un Iranien dans ton téléphone
14:06qui laisse croire que
14:07et on devient complètement fou.
14:08Oui, fou d'autant plus
14:09que vous avez été incarcéré
14:12pendant près des ans
14:12dans deux bâtiments différents
14:14de cette prison
14:14et notamment dans le pire,
14:16cette fameuse section 209.
14:19Mais comment il justifiait
14:20ce transfert ?
14:21Parce que là,
14:21vous avez été traité,
14:22vous le dites textuellement,
14:23comme un chien,
14:24un animal.
14:25pourquoi ce transfert ?
14:27Votre dossier était vide ?
14:29Oui, mais
14:30tous les dossiers des Iraniens
14:32sont vides.
14:33Des prisonniers politiques,
14:35ce sont tous des innocents
14:36tout autant que moi.
14:38Moi, j'ai fait partie
14:39de cette vague d'arrestations
14:41qui arrive de temps en temps
14:44d'Européens.
14:47C'est difficile.
14:49Enfin, je ne vais pas rentrer
14:49dans ce sujet
14:50parce que c'est assez complexe
14:51de pourquoi ils arrêtent
14:52des Européens aussi
14:53et pourquoi il y a
14:54ces prises d'otages.
14:55Mais pour tous les Iraniens,
14:58tous les prisonniers politiques
14:59qui sont aujourd'hui en prison,
15:02en rappelant bien,
15:02en plus,
15:03qu'il y en a des dizaines
15:03de milliers qui ont été arrêtés
15:04pendant les manifestations
15:05de janvier.
15:06Quand ils n'ont pas été massacrés,
15:08ils ont été arrêtés.
15:08Exactement.
15:09Et donc,
15:10il y a trois jeunes hommes
15:11qui ont été exécutés hier.
15:13Je peux vous garantir
15:14que c'est des gens
15:15qui ont un dossier
15:15tout aussi vite que le mien.
15:17Donc, il n'y a pas de justification.
15:18Tout ça n'est qu'un vernis juridique
15:20qui n'a aucun sens
15:21et qui est juste là
15:22pour donner ce simulacre
15:24d'une justice indépendante,
15:26d'une république démocratique opérante
15:29pour masquer une tyrannie.
15:31Oui, une tyrannie,
15:32effectivement,
15:32et cette tyrannie,
15:33pour vous déstabiliser,
15:36en quelque sorte,
15:36on vous transfère
15:37en permanence
15:38d'une cellule à une autre
15:41pour vous plonger
15:42dans un véritable enfer.
15:44Parlons des conditions
15:45des tensions.
15:46Racontez-nous
15:47ce que vous avez vécu
15:48et comment ils vous ont traité.
15:49Oui,
15:50alors,
15:51les conditions typiques
15:52de ce bâtiment,
15:53c'est une cellule
15:54d'une dizaine de mètres carrés
15:56sans fenêtre,
15:59avec des lumières
16:00allumées 24 heures sur 24
16:02qui vous fouillent
16:03le corps en permanence.
16:05Il n'y a rien
16:07dans cette cellule.
16:08Vous dormez
16:08à même seul.
16:09Vous êtes seul dans la cellule
16:10ou vous êtes à plusieurs ?
16:11Souvent,
16:12vous commencez par l'isolement.
16:13Moi,
16:14j'ai eu la chance
16:15parce qu'il y avait
16:15des dizaines de milliers
16:17de personnes
16:17qui ont été arrêtées
16:17dans ces manifestations.
16:18Moi,
16:19je ne suis même pas
16:19dans ces cellules.
16:20Au début,
16:21je suis dans un corridor,
16:22un corridor de 50 mètres
16:23de long sur 3 de large
16:24et on est 100 dedans.
16:26Dans le corridor,
16:27vous couchez dans le corridor
16:28entassé avec d'autres.
16:29Exactement.
16:30On est 100 personnes
16:32entassées là-dedans
16:33et ça va être vraiment
16:34la spécificité de moi,
16:35mon histoire
16:36et en quoi ce livre
16:38est aussi un témoignage
16:39historique absolument unique.
16:40C'est que j'ai vu défiler
16:42tout le mouvement
16:43Femmes, Vie, Liberté.
16:44Parce que tous les Iraniens,
16:46eux,
16:47entraient,
16:48restaient quelques jours,
16:49quelques semaines
16:49et ressortaient.
16:50Et moi,
16:51je suis le seul à rester là-dedans
16:53et je vais voir
16:53tout le mouvement défiler
16:55et voir même jusqu'à
16:57l'opinion du peuple changer
16:58à ce moment
16:59où on passe de
17:00on fait des manifestations
17:01pour des réformes
17:02à
17:02il faut qu'on fasse
17:03la révolution.
17:04C'est ça.
17:05Vous avez vu le mouvement
17:06intérieur.
17:07Exactement.
17:07L'évolution du mode de pensée.
17:09Mais donc,
17:11ces conditions
17:13atroces,
17:14il y a beaucoup de choses.
17:16On pourrait en parler
17:16pendant des heures
17:17et des heures et des heures
17:17parce qu'il y a beaucoup
17:18de formes de torture.
17:19Mais par rapport à ce que...
17:20Au quotidien,
17:21comment ça se passe ?
17:21A ce propos,
17:22je vais citer un passage
17:23du livre
17:24qui dépeint
17:25ce que vous avez vécu.
17:27Nous sommes réduits
17:28à l'état animal
17:29dormant et bouffant
17:30à même le sol,
17:32déféquents sous l'œil
17:33de nos geôliers,
17:34des bêtes auxquelles
17:35on accorde le privilège
17:36d'une promenade
17:37une fois par semaine,
17:37on nous aboie des ordres
17:39et on nous bat
17:40pour nous soumettre,
17:41on nous force
17:41à devenir des âmes serviles,
17:43à tendre la gueule
17:44pour un sucre
17:45en échange
17:46d'une trahison,
17:47écrivez-vous.
17:49C'est toute l'œuvre
17:51de la République islamique,
17:52c'est la déshumanisation.
17:54C'est précisément ça
17:55qui se passe.
17:55Tout doit conspirer
17:56à ça.
17:59Et même,
17:59en fait,
18:01il y a une des choses
18:02qui m'avait beaucoup marqué,
18:04c'est qu'il y a
18:05des hurlements constants
18:06dans cet endroit.
18:07Il y a toujours
18:07des hurlements
18:08d'hommes
18:09qu'on électrotue,
18:11qu'on bat
18:12contre...
18:12En permanence,
18:13on l'entend
18:13du matin au soir.
18:14Exactement.
18:15De femmes
18:16qu'on bat
18:16pour les soumettre
18:17et les violer.
18:19Et ces cris
18:20sont eux-mêmes
18:21une torture,
18:21c'est-à-dire qu'au-delà,
18:23en fait,
18:23les conditions
18:24qu'on décrit,
18:25c'est toujours
18:25un petit peu spectaculaire,
18:26mais la pire des tortures,
18:28elle est dans l'esprit.
18:29Elle est psychologique,
18:30oui.
18:30Elle est psychologique
18:31et elle prend
18:32énormément de forme,
18:33et notamment
18:33de toute cette pression
18:35et qui arrive
18:35à une déshumanisation,
18:36c'est-à-dire qu'il y a même
18:37un moment,
18:37après des mois et des mois
18:38de cris en permanence,
18:42qui est terrible,
18:43c'est que vous dites
18:43que les femmes
18:44étaient traitées
18:45encore plus férocement
18:47que les hommes
18:48dans cette prison d'Evine
18:49où elles étaient
18:50une trentaine
18:50à l'époque
18:50où vous étiez
18:52enfermée.
18:52Oui, alors notamment
18:53dans la prison publique,
18:56là où il y a un peu
18:57un mode de révolte
18:58et d'expression
18:58qui est un petit peu
18:59plus possible,
19:00mais les femmes,
19:02et c'est ce que me rapportaient
19:03beaucoup d'hommes aussi,
19:04un peu avec de la honte
19:06parfois,
19:06c'est que les femmes
19:07étaient beaucoup plus courageuses,
19:09beaucoup plus virulentes
19:10encore que les hommes
19:11et leurs bâtiments,
19:13leurs quartiers
19:13étaient toujours,
19:15enfin très souvent,
19:16le théâtre de révolte
19:18et il y avait notamment
19:19une fois où les responsables
19:21de l'administration pénitentiaire
19:22étaient venus
19:23leur rendre visite,
19:24ils ont été cueillis
19:25avec des jets de sandales.
19:26C'est ça,
19:26le bâtiment des femmes,
19:27des prisonnières politiques
19:28qui montrent une force
19:30extraordinaire.
19:31Oui, en tout cas,
19:32vous, effectivement,
19:33ces conditions de détention,
19:34vous le racontez dans votre livre,
19:36vous ont plongé
19:36dans une détresse profonde,
19:39il vous est arrivé
19:40d'avoir des pensées dangereuses,
19:42je voulais mourir,
19:43écrivez-vous,
19:45qu'est-ce qui fait
19:46que vous n'avez pas sombré ?
19:50C'est justement
19:52cette révolution intérieure
19:55qui passe par beaucoup de choses
19:57très différentes,
19:59mais l'une d'entre elles,
20:00c'est la philosophie.
20:03Et c'est parce que
20:04les stoïciens,
20:06ce que nous disent les stoïciens,
20:07c'est que ce qui nous fait souffrir,
20:08ce ne sont pas seulement
20:09les événements eux-mêmes,
20:11mais l'interprétation
20:12que nous en donnons.
20:13Et j'ai cet éclair de lucidité
20:15à un moment dans ma détention
20:16où je me rends compte
20:17que ce qui se passe
20:18autour de moi est neutre
20:19et que c'est moi
20:20qui impose un jugement
20:22de prise d'otage,
20:23de séquestration,
20:24de privation et de violence.
20:25Et tant que je vois ça,
20:27cette souffrance,
20:28elle est vaine
20:28et je la rejette
20:29et je suis dans la colère.
20:31Mais à partir du moment
20:32où je prends conscience de ça,
20:33je prends conscience
20:34que je peux changer
20:36la manière,
20:36le jugement
20:37que j'appose
20:37sur ce qui se passe.
20:39Votre manière,
20:40à vous,
20:40c'est ça ?
20:41que je suis libre
20:42de choisir l'interprétation
20:43que je donne aux choses,
20:45à ma situation.
20:46Et que si j'y parviens,
20:47si je parviens à avoir
20:48autre chose
20:48qu'une séquestration,
20:49alors je cesserai
20:50de subir ma situation.
20:52Je cesserai d'être une victime
20:53pour la porter,
20:54pour l'assumer.
20:54Mais Louis Arnaud,
20:55comment vous arrivez ?
20:56Attendez,
20:56parce que vous n'avez pas eu le temps
20:57de...
20:59Hélas,
20:59on est à la radio
21:00et on pourrait vous écouter
21:02pendant des heures.
21:02Mais comment vous arrivez ?
21:04Parce que le quotidien,
21:05il est très dur,
21:05vous le décrivez dans votre livre.
21:07Alors,
21:08il est très dur,
21:09mais le fait que...
21:09D'abord,
21:10mais vraiment,
21:11donnons des détails.
21:13Vous avez à manger suffisamment ?
21:15Comment ça se passe ?
21:15Comment se passe le quotidien ?
21:17Vous avez à manger ?
21:19On vous laisse dormir ?
21:20Ou quoi ?
21:21Ou pas ?
21:21Parce qu'on n'a pas parlé de ça.
21:22Comment ça se passe ?
21:24Quotidiennement ?
21:24Vous vous êtes laissé
21:25à pourrir dans une cellule
21:26dont vous ne sortez jamais.
21:28Jamais ?
21:29Même pas pour faire un tour ?
21:30Une fois par semaine,
21:3230 minutes.
21:33Une fois par semaine,
21:3430 minutes.
21:35Et le reste du temps,
21:36le reste du temps,
21:37vous êtes mis face à votre esprit.
21:40Sans livre,
21:41sans rien,
21:42sans rien de tout.
21:42Sans télévision,
21:43sans rien,
21:43sans contact avec quelqu'un.
21:44la nourriture ?
21:46La nourriture,
21:47c'est quoi ?
21:48C'est un autre moyen de torture,
21:51dans le sens où
21:51on vous donne juste assez
21:52pour maintenir ce sentiment
21:54d'inconfort permanent
21:56et qui est là
21:56pour perpétuer
21:59cette tension extrême permanente.
22:01C'est vraiment un endroit
22:01où un jour dure un an.
22:05Et où,
22:06c'est même pas,
22:08dans beaucoup de cas comme le mien,
22:10c'est même pas l'interrogateur,
22:12c'est même pas le garde
22:13qui vous torture,
22:13c'est l'esprit qui se torture lui-même.
22:16Dans bien des cas comme le mien,
22:18l'épreuve de l'enfermement,
22:19c'est pas le corps qu'on contraint,
22:21c'est l'esprit qui est assiégé.
22:23Et c'est nous
22:25qui donnons du pouvoir
22:26à notre bourreau,
22:27en lui reconnaissant du pouvoir.
22:28Oui, sauf que c'est difficile.
22:29On vous laisse dormir,
22:31le sommeil.
22:32On vous laisse dormir,
22:33on vous laisse dormir.
22:34Mais il ne se passe rien
22:36dans cette cellule ?
22:37Absolument rien ?
22:38Les hurlements dehors,
22:40c'est ça,
22:41et pas d'interrogatoire,
22:43pas de pour vous ?
22:44Alors, pour moi,
22:45et c'est là où ma situation
22:46est un peu spécifique,
22:47parce que je passe six mois
22:48dans cet endroit-là,
22:49et je vais être assez...
22:50Toujours le corridor,
22:50vous parlez du corridor.
22:51Que ce soit le corridor
22:53ou la section de son oeuvre
22:56dans laquelle je suis transféré ensuite,
22:57c'est pour moi,
22:58il ne se passe rien,
22:59il n'y a plus d'interrogatoire,
23:00il n'y a pas de jus,
23:00il ne se passe rien.
23:01Et c'est même, du coup,
23:02c'est encore une autre forme de torture,
23:03parce que là,
23:04c'est on m'a oublié.
23:06Oui,
23:07on va continuer d'en parler
23:08dans un instant sur Sud Radio,
23:09On va surtout parler
23:11de ces prisonniers politiques
23:13que vous avez rencontrés
23:14et qui vous ont sauvés,
23:16sauvés,
23:17sortis des ténèbres.
23:18Des témoignages vraiment exceptionnels
23:21dans votre livre.
23:21Vous nous direz
23:22qui étaient ces prisonniers politiques.
23:24A tout de suite sur Sud Radio.
23:27Sud Radio.
23:28Le premier site d'articles français
23:30et patriotes présente...
23:33La culture dans tous ses états.
23:35André Bercoff,
23:37Céline Alonso.
23:38De retour sur Sud Radio
23:39avec Louis Arnault
23:40qui a été otage
23:41de la République islamique d'Iran
23:42pendant 623 jours.
23:45Alors, Louis Arnault,
23:46après votre arrestation,
23:47vous avez dû attendre
23:48trois mois.
23:49Trois mois disloqués
23:50dans les ténèbres,
23:52écrivez-vous dans votre livre
23:53avant de rencontrer
23:53l'ambassadeur de France
23:55en Iran.
23:57Vous avez aussi dû vous battre
24:00pour qu'on vous autorise
24:01à téléphoner à votre famille
24:02après votre arrestation
24:04et aussi vous avez dû vous battre
24:05pour avoir un avocat.
24:07Avez-vous eu le sentiment
24:08parfois d'être abandonné
24:09par la France ?
24:12Forcément.
24:13C'est une peur
24:16qui est permanente
24:17parce que quand on n'a pas
24:18d'informations,
24:18quand on ne sait pas
24:19ce qui se passe,
24:21mais je me suis rendu compte
24:22aussi à un moment
24:23que c'est l'espoir
24:26que la France
24:27vienne me sauver
24:28qui est aussi
24:29quelque chose
24:30qui me dévore.
24:31Parce que du coup,
24:32je me rends compte
24:32qu'à chaque fois
24:33que l'espoir naît,
24:34il vient se briser
24:35sur une nouvelle
24:37qui semble dire
24:39que la France
24:40n'est pas du tout
24:40en train de venir
24:41aider les otages français
24:43en Iran.
24:44Et c'est là
24:45que je vais comprendre
24:46que l'espoir
24:47n'est pas un allié,
24:49mais que l'espoir
24:49est un poison.
24:50Et que justement,
24:51je vais devoir m'en libérer
24:53si je veux être libre,
24:54si je veux cesser
24:55d'avoir peur,
24:55comme Sénèque dit,
24:56cesse d'espérer
24:57et tu cesseras d'avoir peur.
24:58Et je vais justement
25:01couper cette glande
25:02empoisonnée presque
25:03de l'espoir
25:05pour survivre
25:06à un moment
25:06dans ma détention aussi.
25:07Au bout de combien de temps
25:08on vous a autorisé
25:09à appeler votre maman,
25:11à appeler votre famille ?
25:14Dans ces six premiers mois,
25:15j'ai eu trois appels.
25:17Le premier était au bout
25:18de deux semaines.
25:19Deux semaines
25:20pendant lesquelles
25:21mes parents ne savaient pas
25:22si j'étais mort au vif,
25:24où est-ce que j'étais.
25:26Et par chance,
25:28enfin par chance,
25:29grâce aux Iraniens,
25:31les Iraniens,
25:32quelques Iraniens
25:33que j'avais rencontrés
25:34au tout début
25:34de ma détention,
25:35qui avaient, eux,
25:36été libérés,
25:37se sont chargés, eux,
25:38de prendre des risques
25:40immenses
25:41pour leur envoyer un email,
25:42pour leur dire
25:43que j'étais encore vivant
25:44et que j'allais bien.
25:45Donc on parle de gens
25:46qui, en faisant ça,
25:48s'exposaient à
25:49dix ans d'espionnage.
25:51Et donc ça,
25:51c'est vraiment...
25:53Et ce qui est terrible,
25:54c'est les conditions d'appel.
25:55La première fois
25:56que vous avez appelé
25:57votre maman,
25:57vous dites,
25:58vous aviez trois minutes
25:59interdiction de parler
26:00de votre arrestation,
26:01ni de vos accusations,
26:02ni de vos conditions.
26:03L'appel se fera
26:05en haut-parleur
26:06et sera immédiatement
26:07coupé
26:08si vous entraignez
26:09les règles,
26:10dites-vous.
26:10On vous dit du moins.
26:11C'est ça.
26:13Parce que cet appel,
26:15il n'est pas là
26:17parce qu'on se soucie
26:18de vous.
26:19C'est encore
26:20un autre moyen
26:21de torture.
26:22sur soi
26:23et plus encore
26:23sur les proches.
26:25Sur les proches.
26:26Pour attiser
26:27la douleur justement
26:28et qu'il fasse pression
26:29sur un gouvernement.
26:31Et c'est...
26:33J'ai d'ailleurs
26:34mis très longtemps
26:35à comprendre
26:35ce qui s'était passé
26:36à ce moment-là.
26:37Pourquoi j'avais eu
26:37ces appels-là
26:38une fois au bout
26:39de deux semaines,
26:40deux semaines plus tard encore
26:41et ensuite,
26:41il s'était passé trois mois
26:42sans qu'il se passe
26:43quoi que ce soit.
26:44Mais c'était encore
26:45un moyen.
26:46C'était juste
26:47pour mettre de la pression
26:48pour attiser
26:49la souffrance encore
26:50et c'est vraiment...
26:51C'est à l'image
26:52de ce que fait ce régime
26:53à son peuple.
26:53C'est une abjection,
26:55un cynisme permanent.
26:56Et oui.
26:57Et ce qui est incroyable,
26:57ce que vous racontez
26:58dans votre livre,
26:59c'est que la première fois
27:00que vous avez rencontré
27:00l'ambassadeur
27:02de France à Téhéran,
27:03il ne connaissait
27:04absolument rien
27:06de votre dossier,
27:07rien sur vos accusations,
27:09rien sur vos conditions
27:11des tensions.
27:12C'est complètement...
27:14Parce que c'est un autre
27:15moyen de pression.
27:16C'est aucune information
27:19donnée à l'ambassade.
27:21Et donc,
27:22quand on apprend ça,
27:23on se dit,
27:23en fait,
27:23on est très très loin
27:24de sortir.
27:25En fait,
27:25c'est parce qu'il semblerait
27:26qu'il n'y ait aucun travail,
27:29aucun...
27:29On n'est pas sur une négociation,
27:30on est sur un bras de fer.
27:32Oui, un bras de fer.
27:33Et vous le dites,
27:33le processus juridique
27:35était une véritable mascarade.
27:38Comment s'est-il déroulé ?
27:41J'ai eu toute la palette
27:44d'un processus juridique
27:47qui semble normal,
27:48parce que notamment
27:48quand ils ont arrêté
27:49tous ces Européens,
27:50dont moi,
27:51ils ont bien avancé
27:52que la justice iranienne indépendante
27:55prendrait des décisions
27:56par rapport aux crimes.
27:57Justice iranienne indépendante.
27:59Exactement.
28:00C'est bien dit.
28:01Alors que c'est vraiment
28:02un féodé au régime
28:03et que le juge qui m'a jugé,
28:06le juge Salavati,
28:07qui est le pire juge du pays,
28:10surnommé le juge pendeur
28:11ou le juge sanglant
28:12qui détient le record
28:13d'exécution en Iran.
28:16Cet homme est le mal incarné,
28:20c'est le diable.
28:21Et n'est là que pour...
28:24C'est une marionnette,
28:25en réalité,
28:25ce n'est qu'un visage
28:26qui accepte.
28:27Et c'est ça qui est fou
28:30et que j'essaye de comprendre
28:31aussi dans le livre,
28:32c'est comment on en arrive
28:33à ce point-là.
28:33Et c'est cette banalisation du mal.
28:36Anna Arendt.
28:37Exactement.
28:38Exactement.
28:39C'est Arendt.
28:40Et comment,
28:41chez cet homme,
28:42tout particulièrement,
28:43il n'y a même pas...
28:44Le mal n'est même pas...
28:46Enfin, le diable,
28:47ce n'est pas des cornes,
28:48ce n'est pas une queue fourchue.
28:49C'est justement dans cette banalité...
28:53Un petit bureaucrate.
28:54Voilà, mais il n'y a plus
28:55aucune émotion.
28:57Il n'y a plus rien qui passe.
28:58Cet homme évite
28:59la froideur.
29:00Il n'y a même pas besoin
29:00de théâtraliser la violence.
29:02Je voudrais lui dire nous,
29:04parce qu'on n'est pas revenus là-dessus...
29:06Sur les prisonniers politiques,
29:07effectivement, oui.
29:08Qui était-il ?
29:09Mais attends,
29:10vous avez vu passer,
29:11vous racontez,
29:12que vous avez vu passer
29:13pendant deux ans,
29:13justement,
29:14les Iraniens rentrés,
29:15sortés.
29:16Racontez-nous cette évolution.
29:17Qui c'était ces gens
29:18et comment ils sont passés
29:20de la révolte
29:21à la révolution,
29:22il faut bien le dire.
29:23Alors, il y a beaucoup
29:24de questions dans votre question,
29:25mais oui,
29:28les prisonniers politiques iraniens,
29:29au départ,
29:30ceux que j'ai rencontrés,
29:31c'était tous les gens
29:32du mouvement Femmes,
29:33Vie, Liberté,
29:34et donc des gens
29:34de toutes les couches,
29:37de toutes les classes sociales,
29:39que ce soit les maçons,
29:40les étudiants,
29:41les poètes,
29:43les cuisiniers.
29:44Tous les ouvriers,
29:45maçons, étudiants,
29:46bourgeois, etc.
29:47Exactement.
29:48Toutes les classes sociales.
29:51Et ensuite,
29:51dans la deuxième partie
29:52de ma détention,
29:53là, je vais être avec
29:54les prisonniers politiques
29:55de long terme.
29:57Parce que la particularité
29:59de la prison des Vines,
30:00c'est que c'est le symbole
30:01de la répression,
30:02mais c'est aussi
30:03le bastion de la résistance.
30:05C'est là que s'organise
30:07l'opposition iranienne.
30:09Et donc,
30:09je vais y côtoyer
30:10les plus grandes figures
30:11de l'opposition,
30:12comme Nargaz Mohamadi
30:13qui a reçu le prix Nobel
30:14de la paix
30:14quand j'étais en prison.
30:16Qui était la prison des Vines
30:17elle-même.
30:17Exactement.
30:18Et je me souviens
30:18des cris de joie.
30:20Il y a toute l'élite intellectuelle
30:20à vos côtés.
30:21Toute l'élite intellectuelle
30:22avec les philosophes,
30:24les politologues,
30:24les sociologues,
30:25qui vont eux-mêmes
30:26devenir mes maîtres
30:28pour comprendre
30:30en fait
30:30de ce poste d'observation
30:32du pouvoir
30:34de la République islamique,
30:35des gardiens de la Révolution
30:36et de l'opposition
30:37qui évine
30:37et que je détaille aussi
30:39dans ce livre
30:39et c'est en ça
30:40que ce témoignage
30:41est absolument unique aussi.
30:43Mais aussi,
30:44ce sont des gens
30:44qui vont être
30:46les maîtres
30:47de cette...
30:48enfin, mes maîtres
30:48de cette quête
30:51initiatique
30:51vers la liberté intérieure.
30:53Vous le dites,
30:53certains vous ont vraiment sauvés
30:55précisément,
30:56qu'avez-vous appris
30:57à leur côté ?
30:59C'est la liberté
31:00et c'est ce que c'est
31:02cette liberté intérieure.
31:06Il y a un moment
31:07dans ma détention
31:07où je rencontre
31:09cet homme.
31:10C'était un opposant
31:12de longue date
31:12qui avait déjà fait
31:13la Révolution,
31:14qui avait été à l'époque
31:16emprisonné
31:16pendant plusieurs années,
31:18torturé,
31:18tous ses amis
31:19avaient été assassinés.
31:20Et depuis,
31:21je vais toujours
31:22sous la menace
31:22de l'exécution.
31:24Et pourtant...
31:25Et il était retourné
31:25en prison,
31:26vous l'avez rencontré
31:26Il était encore en prison
31:27pour ses manifestations
31:28et il était allé
31:29des dizaines de fois
31:30en prison.
31:32Et pourtant,
31:32cet homme était
31:33toujours souriant.
31:34Même face aux menaces
31:35de mort,
31:35d'exécution,
31:36il était toujours souriant.
31:38Et alors que,
31:39à ce moment-là,
31:39il y a un déclic,
31:40pour moi,
31:40il y a une révélation
31:41parce que,
31:41jusque-là,
31:42moi,
31:42j'obéissais en baissant
31:43les yeux.
31:44Je suppliais pour un appel
31:45à ma famille.
31:46Mais à ce moment-là,
31:47je comprends que,
31:49même emprisonné,
31:50même enchaîné
31:51dans la pire prison du monde,
31:53il existe toujours
31:54une possibilité
31:55pour l'être humain
31:55de refuser
31:56la servitude,
31:57de refuser
31:58cette condition
31:59de victime
31:59qu'on veut nous assigner.
32:03Et c'est ça,
32:04cette liberté intérieure
32:05et que je souhaite aussi
32:06transmettre
32:08plus largement
32:09et ce livre
32:09à vocation
32:10d'inspirer chacun.
32:11Parce qu'en réalité,
32:12nous sommes tous
32:14victimes de situations
32:15de victimes bourreaux
32:17tous les jours.
32:18Mais c'est au moins
32:18comprendre...
32:19Mais pas à ce point
32:19et pas à cette dimension.
32:20Mais c'est la même logique
32:22dans des cercles familiaux,
32:23dans des cercles professionnels.
32:24C'est la même logique.
32:25Et c'est comprendre.
32:27C'est quand Epictète dit
32:28« Tu peux me traiter en esclave. »
32:31Epictète était un esclave.
32:32« Tu peux me traiter en esclave,
32:33mais je ne serai jamais un esclave. »
32:35C'est comprendre
32:36que l'autre
32:37n'a pas de pouvoir,
32:38n'a d'autre pouvoir sur nous
32:39que celui que nous lui donnons.
32:42Surtout qu'il peut avoir
32:43un pouvoir de vie
32:43ou de mort quand même.
32:44Mais c'est aussi...
32:46C'est ce que me disait
32:47ce détenu
32:48et qui était très important.
32:49Et qui me disait
32:50« Mais la République islamique,
32:52elle peut nous arrêter,
32:54elle peut nous menacer,
32:54elle peut nous torturer,
32:55elle peut nous assassiner.
32:57Mais elle ne pourra
32:58jamais nous asservir. »
33:00Et c'est ça
33:00qui me bouleverse tant
33:02dans ces hommes
33:03et ces femmes
33:03qui sont descendus dans la rue,
33:05qui se sont fait massacrer
33:06en janvier,
33:06de ces gens
33:07qui dansent
33:08au funérail
33:08de leurs enfants,
33:09dans ces images
33:10absolument versantes
33:11qu'on a vues.
33:11Ça, c'est pas juste
33:13une demande de liberté,
33:15c'est une revendication
33:16de cette liberté intérieure.
33:17C'est l'appétit de vie.
33:18C'est la vie doit triompher.
33:19C'est la liberté intérieure.
33:21Ce sont des gens
33:21qui ont refusé la servitude.
33:23Ce sont des gens
33:23qui ont refusé
33:23de donner du pouvoir
33:24à leurs bourreaux.
33:25Et oui.
33:25Vous racontez dans votre livre
33:26un fait hallucinant
33:28juste avant
33:28de votre libération.
33:30On vous a offert
33:31des présents
33:32au nom de la République
33:33islamique d'Iran
33:33et on vous a invité
33:35à signer une lettre
33:36dans laquelle
33:36vous deviez
33:37vous engager
33:38à ne pas poursuivre
33:40en justice
33:40la République islamique d'Iran.
33:42Vous l'avez signé,
33:43j'ai lu dans votre livre,
33:44effectivement.
33:45Oui, parce que
33:46je n'allais pas compromettre
33:47ma libération
33:47sur un papier
33:48qui de toute façon
33:49ne voulait rien dire.
33:51À la rigueur
33:51qu'on me demande
33:52de signer ce papier,
33:53j'en avais déjà tellement vu.
33:54C'est plus
33:58le cynisme
33:59de cet homme
34:01des services
34:01de l'enseignement
34:02qui m'a torturé,
34:03qui torture son pays
34:04et qui m'offre
34:05des cadeaux.
34:07Et à la fois,
34:08qui m'offre du safran
34:11et à l'image
34:12de ce que mon amie italienne
34:13a vécu aussi
34:14quand c'est le ministre
34:16des Affaires étrangères
34:17lui-même
34:17qui était venu la voir
34:19et ce que je raconte
34:20dans le livre aussi
34:20et qui lui a dit
34:22j'espère que vous avez
34:23aimé votre jour en Iran
34:24et j'espère qu'on vous reverra
34:26après l'avoir envoyé
34:27en prison.
34:28Et l'autre partie
34:29du cynisme
34:29parce que nous devons
34:31effectivement
34:31l'autre partie du cynisme
34:33est terrifiant
34:33c'est quand on a dit
34:34je ne sais pas
34:35si vous le
34:36qu'on a dit
34:36qu'on demandait aux familles
34:38de payer
34:39les balles
34:40qui avaient tué
34:41leurs enfants.
34:41Vous imaginez ça ?
34:43Ils disent
34:43oui oui
34:44voilà
34:44c'est les balles
34:45qui ont tué
34:45vos enfants
34:46il faut les payer.
34:47Et ça
34:47c'est ce qui s'est retrouvé
34:48en janvier
34:50on a demandé
34:51des prix exorbitants
34:52des dizaines
34:52de milliers d'euros
34:53à ces gens
34:54pour qu'ils récupèrent
34:55le corps de leur enfant
34:56et s'ils ne le faisaient pas
34:58ils pouvaient refuser
35:00et récupérer le corps
35:01mais
35:02il fallait dire
35:03que cette personne-là
35:04était une personne du régime
35:05qui avait été tuée
35:06par les manifestants.
35:07Vous voyez le niveau
35:09de cynisme
35:09auquel on arrive ?
35:10Louis Arnaud
35:11avant de se quitter
35:11effectivement
35:13un mot
35:14votre tour en France
35:15vous l'avez mille fois
35:17fantasmé
35:17pendant votre enfermement
35:19écrivez-vous
35:19pourtant
35:20vous le craignez
35:21plus que tout
35:22écrivez-vous
35:23ce qui devait être
35:24le plus beau jour
35:25de ma vie
35:25et le plus atroce
35:27en deux mots
35:28pourquoi ?
35:29Expliquez-nous.
35:30Parce qu'au cours
35:32de cette épreuve
35:33je ne suis devenu
35:35quelqu'un d'autre
35:36je ne suis plus
35:37le français
35:37qui était parti en voyage
35:38je suis devenu
35:40iranien
35:41je suis devenu
35:42l'un d'entre eux
35:42iraniens combattants
35:43pour la liberté
35:45et
35:46j'ai une reconnaissance
35:47immense envers la France
35:48qui m'a sorti de là
35:49mais pour moi
35:50c'est une forme de trahison
35:51et d'abandon de mes frères
35:52de eux qui m'ont sauvé
35:53eux qui m'ont recueilli
35:55qui m'ont porté
35:56jusqu'à s'oublier
35:57qui ont tout fait pour moi
35:58et mon coeur est en Iran
36:01mon coeur est auprès
36:01de ces gens là
36:02et c'est extrêmement difficile
36:04de ne pas être
36:05à leur côté aujourd'hui
36:06et c'est la raison
36:07pour laquelle il est si important
36:08pour moi aujourd'hui
36:09de porter leur voix
36:10Et vous l'avez porté très bien
36:11merci beaucoup Louis Arnaud
36:12Merci Louis Arnaud
36:14La Révolution Intérieure
36:15chers auditeurs de Sud Radio
36:17lisez ce livre bouleversant
36:19qui est paru
36:19aux éditions Équateur
36:22L'annonce du ciné-concert
36:24en hommage à Brigitte Bardot
36:25qui aura lieu
36:26au Palais des Congrès de Paris
36:27le 2 avril à 20h
36:29et pour en parler
36:30avec André Bercoff
36:31nous avons le plaisir
36:31de recevoir
36:34Norbert Saada
36:35sur Sud Radio
36:36bonjour à vous Norbert
36:37Bonjour ma chère
36:38madame Céline
36:39Alors vous coproduisez
36:40ce spectacle
36:41avec Thierry Chabraud
36:43comment allez-vous
36:44honorer
36:45la mémoire de bébé
36:46cette légende ?
36:47Moi j'étais ami avec elle
36:49on a décidé
36:50de ce spectacle ensemble
36:51elle m'avait demandé
36:53quand elle m'a signé
36:53mon accord en 2024
36:55que ça ne se fasse pas en 2024
36:56parce qu'elle ne voulait pas
36:56qu'on parte ses 90 ans
36:59et je devais le faire en 2025
37:00et on a trop attendu
37:02parce qu'elle devait
37:03faire un bandeau elle
37:04sur le spectacle
37:05qu'on n'a pas pu faire
37:06parce qu'on a tellement attendu
37:08que finalement elle est décédée
37:09et là on fait un spectacle
37:10je crois qu'il va être étonnant
37:12parce que
37:12pendant deux heures
37:13c'est la vie de Brigitte
37:14racontée par elle-même
37:15avec sa propre voix
37:17on a trouvé des extraits
37:18de plein de voix
37:19qu'on a remis
37:19on a fait
37:19elle raconte tout ça
37:20à votre avis
37:21elle-même
37:22elle-même
37:23sa propre voix
37:24on va l'écouter chanter
37:25avec sa propre voix
37:26avec un orchestre symphonique
37:27en direct
37:28et on va voir
37:29ses extraits de films importants
37:30et puis dans le troisième volet
37:31son combat pour les animaux
37:33voilà
37:34et beaucoup d'artistes
37:36vont passer sur scène
37:38pendant ce concert
37:39on a Jim Manson qui vient
37:40et on a le Nogara
37:43et je ne sais pas
37:44s'il y aura finalement
37:46d'autres artistes
37:47parce que Chico
37:48pour le moment
37:49il a eu une otite
37:50il est sorti de l'hôpital
37:50il m'a dit
37:51j'ai eu un problème d'otite
37:53j'espère qu'il va être
37:54d'ici là
37:55voilà
37:56ce que je voudrais
37:57juste Céline
37:58c'est de dire quand même
38:00pour les gens
38:00vraiment
38:02que
38:03Bardot
38:03c'est autre chose
38:05Bardot c'est une autre dimension
38:06Bardot ça a été
38:07le 20ème siècle
38:08enfin la fin
38:09c'est l'icône du siècle
38:11moi j'appelle ça comme ça
38:11c'est l'icône du siècle
38:12même pas les américains
38:13ont fait ça
38:14elle s'habillait en Vichy
38:16le monde entier
38:16s'habillait en Vichy
38:17elle faisait une crédoline
38:18tout le monde était une crédoline
38:19et moi j'explique aux gens
38:21on ne fait pas un ciné-concert
38:22comme Delon
38:23pour sa carrière au cinéma
38:24on fait un carrière
38:24sur sa vie
38:25sa vie est incroyable
38:26écoutez moi
38:27elle est venue me voir
38:27je me rappelais toute ma vie
38:28en décembre
38:3072
38:32oui
38:3212
38:33quand elle m'a dit
38:34non ben
38:34il faut que je te parle
38:36bon elle arrive
38:37et elle me dit
38:38c'est quoi ton problème
38:40elle m'a dit
38:40je vais arrêter le cinéma
38:41j'ai dit mais t'il n'y a même pas 40 ans
38:42tu vas arrêter quoi le cinéma
38:43t'as 32 ans
38:45elle était en pleine gloire
38:46il faut le rappeler
38:46gloire internationale totale
38:48en plus tout le monde
38:48tourne derrière
38:48pour des publicités
38:49pour des films
38:50pour des trucs
38:50tu sais quand j'allais en Amérique
38:53par exemple
38:54en Angleterre
38:54au Brésil
38:55je m'en rappelais de ma vie
38:57ils habitaient où ?
38:58en France
38:58De Gaulle et Bardot
39:00ils ne connaissaient pas autre chose
39:01et elle me dit
39:02j'abandonne
39:03et pourquoi ?
39:05tu lui as demandé
39:05je lui dis pourquoi tu arrêtes ?
39:06je lui dis j'aime pas ce métier
39:07je vais arrêter
39:08et elle me dit
39:09je suis de voir
39:09parce que Vadim
39:11propose un dernier film
39:13je lui dis tu l'as lu ?
39:14elle m'a dit oui
39:14je lui dis comment c'est ?
39:15elle me dit c'est nul
39:15je lui dis pourquoi tu le fais ?
39:17alors elle m'a dit
39:17mais c'est Vadim
39:18je ne peux pas lui dire non
39:19c'était dans juin 77
39:22et elle a arrêté
39:24et elle a arrêté
39:25je pensais qu'elle reviendrait
39:26moi personnellement
39:27aujourd'hui André Bercoff
39:28effectivement
39:29certains veulent vraiment
39:30faire taire le silence définitif
39:33sur Brigitte Bardot
39:34qu'avez-vous à leur dire ?
39:35alors moi
39:36d'abord je vais leur dire
39:37vraiment la moindre des choses
39:38je dis à tout le monde
39:39allez voir ce concert
39:41au Palais des Congrès
39:42donc je rappelle
39:43le 2 avril à 20h
39:45pourquoi ?
39:46pas seulement au-delà de ça
39:47moi je vais dire
39:48il y a eu un petit scandale
39:49quand même aux Oscars
39:50les Oscars
39:52non non non
39:53aux Oscars
39:54aux Oscars aussi ?
39:54oui oui
39:55aux Oscars aussi
39:56ils n'ont pas
39:56aux Oscars américains
39:57qui ont eu lieu là
39:58ils n'ont pas parlé de Bardot
39:59alors que la moindre des choses
40:01était de faire un hommage
40:02et d'ailleurs en Amérique
40:03il y a eu
40:05pour le Bavard
40:05ils ont dit
40:06mais c'est pas possible
40:07quel scandale
40:07de ne pas parler de Bardot
40:09qui était Bardot
40:10et au César
40:11il y a eu même
40:12des petites huées au César
40:14ça veut dire que
40:15ces gens-là
40:16c'est ça qui est extraordinaire
40:17moi je ne sais même pas
40:19que je ne comprends pas
40:19je le comprends très bien
40:20ces esprits grincheux
40:22minables
40:22qui mettent le narratif
40:24idéologique
40:25avant l'art
40:26avant quelqu'un
40:27quelles que soient
40:28les opinions
40:28qu'a pu avoir Bardot
40:30etc
40:30elle a été droite
40:31dans ses bottes
40:32elle a été dans la cohérence
40:33c'est son problème
40:34elle a toujours dit
40:35ce qu'elle pensait
40:35mais heureusement
40:36mais heureusement
40:37c'est ça
40:38c'est une truc que
40:39tout le monde aujourd'hui
40:39voilà
40:40vous pouvez être d'accord
40:41ou pas d'accord
40:42et ça a été quand même
40:43une des plus grandes interprètes
40:44et une des plus grandes actrices
40:46du cinéma mondial
40:48donc au lieu de dire
40:49c'est formidable
40:50même si je ne suis pas d'accord
40:51avec elle
40:52ah non non
40:53etc
40:53ces petits esprits
40:55rabougris
40:56je veux dire
40:57qui ne sont
40:58je dirais
40:58quelque part
40:59que des poils
41:00de talons
41:01face à Bardot
41:02et bien écoutez
41:03rendez hommage
41:04à Brigitte Bardot
41:05qui a été
41:06à la France
41:07comme disait quelqu'un
41:08qui rapportait plus
41:09à la France
41:10que la Régie Renaud
41:11on l'a dit
41:12je l'ai lu moi
41:13sur le journal
41:14elle avait rapporté
41:15pas en deux ans
41:15plus de devises
41:16que la Régie Renaud
41:17voilà
41:17et donc si vous voulez
41:18la moindre des choses
41:20est de lui rendre hommage
41:21et c'est bien
41:21que vous faites ça
41:23Norbert
41:24et oui je rappelle
41:25André Bercoff
41:26que Bardot
41:27symphonique
41:28ce sera le jeudi
41:292 avril
41:30à 20h
41:30au Palais des Congrès
41:32de Paris
41:32alors chers auditeurs
41:34précipitez-vous
41:35il faut réserver vos places
41:37effectivement
41:37vous allez tout simplement
41:38sur le site
41:39du Palais des Congrès
41:40Paris
41:40Norbert
41:41Saada
41:41pour réserver
41:42le site
41:43du Palais des Congrès
41:44c'est comme d'habitude
41:45ça fonctionne bien
41:48ils sont rodés
41:49depuis le temps
41:50ça va
41:50et bien on y sera
41:52tous avec André Bercoff
41:53André y sera
41:54alors si éventuellement
41:55vous voulez aussi rencontrer
41:56André Bercoff
41:57et bien le jeudi d'avril
41:59il sera avec Norbert Saada
42:01au Bardot symphonique
42:03rencontrer Brigitte Bardot
42:04c'est beaucoup plus intéressant
42:05encore
42:05oui malheureusement
42:06et puis là
42:07tout de suite
42:08vous retrouvez
42:09Brigitte Laaille
42:09sur Sud Radio
42:10avec TerreDeFrance.fr
42:12le premier site d'articles
42:14français et patriotes
42:15Sud Radio
42:18parlons vrai
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