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  • il y a 10 minutes
C’est une nouvelle génération d'OGM que l'Union européenne veut introduire dans l'agriculture. Après les organismes génétiquement modifiés (OGM), les champs européens seront-ils bientôt envahis de plantes provenant de nouvelles techniques génomiques (NGT) ?

Retrouvez la « Terre au carré » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre

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00:00...à 15h.
00:18Aujourd'hui, NGT, c'est les nouveaux OGM qui suscitent le débat, racontés par...
00:23Isabelle Goldranger, agronome, généticienne Aline Rae.
00:27Et Vincent Luquez, journaliste à reporter.
00:31France Inter, la terre au carré, Mathieu Vidard.
00:39Des tomates plus résistantes au puceron du blé qui tient mieux face à la sécheresse,
00:44ce ne sont pas des promesses lointaines, ce sont les nouvelles techniques génomiques, les NGT.
00:48Elles sont au cœur d'un accord de l'Union européenne.
00:51Après des années de débats, députés européens et Etats membres se sont en effet entendus
00:55dans la nuit du 3 au 4 décembre dernier pour assouplir les règles.
00:59Elle encadrant ces plantes au génome modifié.
01:02Des plantes qui ne sont donc pas des OGM classiques, ici pas de gènes empruntés à une autre espèce,
01:07en restent au sein d'une même famille végétale.
01:10Concrètement, une tomate vulnérable au puceron pourrait recevoir un gène issu d'une autre variété de tomates plus résistantes.
01:16Cet accord distingue deux catégories.
01:18Les NGT1, dont le génome a subi au maximum 20 modifications, et les NGT2 au-delà de ce seuil.
01:24Les premières seront traitées comme des variétés conventionnelles.
01:27Les secondes seront soumises aux mêmes contraintes que les OGM traditionnelles.
01:31Ce sujet divise profondément.
01:33D'un côté, ceux qui voient un outil indispensable face au changement climatique.
01:37Pour une agriculture qui devra produire avec moins d'eau, moins de pesticides et sur des surfaces plus réduites.
01:42Les partisans des NGT invoquent aussi la compétitivité.
01:45Les Etats-Unis et la Chine les ont déjà autorisés.
01:48De l'autre, des organisations environnementales et des agences sanitaires qui appellent à la prudence.
01:53L'ANSES, l'agence sanitaire française, souligne que ces techniques peuvent modifier les fonctions biologiques des plantes
01:59et potentiellement induire des risques pour la santé et l'environnement.
02:03Alors, NGT, avancée nécessaire aux précautions sacrifiées, c'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:15Un maïs capable de résister à d'intenses sécheresses, un blé appauvri en gluten
02:20ou encore des tomates transformées en remèdes contre l'hypertension.
02:25Voici un échantillon des infinies possibilités offertes par une innovation qui fait fantasmer les agriculteurs.
02:32TV5Monde en juillet 2023, Isabelle Golringer et Vincent Luquez.
02:35Bonjour à tous les deux.
02:36Bonjour Mathieu.
02:37Bonjour.
02:37Merci d'être avec nous. Est-ce que ces nouveaux OGM font fantasmer tous les agriculteurs,
02:43comme on vient de l'entendre dans ce petit son, Isabelle Golringer ?
02:47Alors, je ne sais pas, parce que les agriculteurs, en fait, ils ne savent pas forcément de quoi il s
02:53'agit.
02:54Et puis, ils ont des problèmes qui ne peuvent pas uniquement être résolus par la génétique,
03:01qui sont des problèmes économiques, des problèmes face aux aléas climatiques, etc.
03:08Vincent Luquez, il y a un manque d'informations chez les agriculteurs à ce sujet, selon vous ?
03:12Il y a un manque d'informations dans la population générale, surtout, on va en parler,
03:14sur la manière dont ces NGT sont en train d'arriver de manière massive en Europe et qui inquiètent beaucoup.
03:21On va en parler, ça peut inquiéter beaucoup des agriculteurs sur le problème de la brevetabilité de ces plantes,
03:24de la manière dont ils vont pouvoir peut-être être coupés de la capacité d'utiliser les semences.
03:28Et ça inquiète en particulier énormément les agriculteurs biologiques,
03:32parce qu'on va aussi sans doute le développer.
03:34Il y a des gros risques que les contaminations soient massives et soient très, très compliquées à contrer
03:39vis-à-vis des gens qui cultivent en agriculture biologique,
03:42sans normalement le droit d'avoir d'OGM ou de NGT dans ces cultures.
03:45Isabelle Golringer, NGT, qu'est-ce qui se cache derrière ce sigle exactement ?
03:51Les NGT, c'est pour les New Genomic Techniques.
03:54Ce sont un ensemble de techniques qui permettent de modifier le génome.
03:58On fabrique bien des OGM, mais simplement, ce qu'on appelle les NGT,
04:03ce sont ces techniques qui permettent de modifier le génome qui sont apparues après 2001,
04:08donc la date de la loi qui régit actuellement le régime des OGM.
04:13Donc c'est de façon très ciblée, c'est ça ? On va modifier le génome d'une plante ?
04:18Alors oui, les spécificités, c'est que ces techniques, elles permettent de cibler des zones du génome,
04:24et donc elles sont assez larges, elles peuvent permettre de modifier,
04:30donc on appelle ça éditer, mais en fait c'est changer un petit peu les séquences,
04:34elles peuvent permettre d'insérer ou de retirer des fragments de génome.
04:39Mais simplement, on va parler de NGT, quand les fragments qui sont insérés font partie du pool génétique du sélectionneur.
04:51C'est-à-dire, comme vous l'avez dit tout à l'heure, pas de gènes d'espèces non apparentées
04:56qui n'ont rien à voir.
04:57Donc ça, c'est la différence fondamentale entre les OGM traditionnels et ces NGT ?
05:03Exactement.
05:03Donc une petite ambiguïté sur le fait de les appeler nouveaux OGM, Vincent Luquez ?
05:08Oui, c'est très important parce que ça fait partie évidemment de la rhétorique qu'il utilisait pour introduire ces
05:13nouveaux OGM.
05:14On sait que les grands semenciers auraient adoré pouvoir répandre des OGM en Europe,
05:18parce qu'ils sont extrêmement massivement répandus en Amérique, du Nord et du Sud notamment.
05:22C'est un modèle économique très bien huilé qui rapporte énormément d'argent.
05:25Et l'Europe ayant résisté à la vague des OGM, là on voit bien comment, par une espèce d'astuce
05:32rhétorique, en changeant l'acronyme,
05:34on espère, comme un cheval de Troyes, introduire, comme l'a très bien dit Isabelle, le Goldringer,
05:37des plantes qui sont modifiées génétiquement, donc qui peuvent être appelées OGM.
05:43Tout le débat, si je peux préciser, peut-être le débat qui est très intéressant,
05:47c'est qu'on a beaucoup affirmé que ces plantes étaient moins dangereuses et plus précises que les OGM classiques,
05:53parce que dans la presse, on aime beaucoup les images et on parle souvent de ciseaux génétiques,
05:57pour parler d'un afro-acronyme que vos auditeurs connaissent peut-être, qui est CRISPR-Cas9,
06:03qui est une des techniques, la technique star en fait, qui a un peu révolutionné la manière de modifier le
06:08génome
06:09et qui consiste à utiliser une petite molécule, donc une enzyme qu'on appelle Cas9,
06:15et qui sert un peu de ciseaux qui va venir couper les brins d'ADN d'un organisme.
06:20Et associé à une sorte de tête chercheuse qui sait lire le génome,
06:23on peut dire à cette enzyme, va couper telle partie du génome, va couper tel petit mot, tel petit code
06:28génétique,
06:29ce qui permet d'être beaucoup plus précis que les OGM classiques.
06:32Les OGM classiques, en fait, on va insérer un génète ranger dans une plante sans jamais savoir où il va
06:36s'insérer.
06:37C'est extrêmement bourrin, en fait, à la base, comme méthode.
06:42Là, les producteurs de semences se tarquent d'être extrêmement précis,
06:46mais on peut peut-être le développer, il y a plusieurs points qui montrent qu'ils ne sont pas si
06:49précis que ça.
06:49On va en parler, évidemment.
06:51Donc, on utilise bien ces ciseaux moléculaires, Isabelle Godringer, avec cette nouvelle génération d'OGM.
06:55Alors, c'est ça qui fait la différence aussi avec les anciens ?
06:57Oui, alors il y a ces techniques-là, et puis il y en a d'autres,
06:59mais enfin, c'est celles-là, principalement, dont il s'agit actuellement.
07:02Ce qu'il faut dire déjà, c'est que ces techniques,
07:04elles sont quand même très intéressantes pour produire des connaissances
07:09sur la biologie des organismes,
07:12et comprendre comment on va, depuis les séquences génétiques,
07:17jusqu'aux caractères qui sont exprimés par des organismes et des plantes.
07:21Donc ça, c'est la chercheuse qui parle, finalement.
07:23Voilà. En science, ce ne sont pas des techniques que j'utilise,
07:26mais c'est des techniques qui sont très utiles
07:28et qui peuvent faire avancer les connaissances.
07:30Donc, la plupart des gens qui questionnent les nouveaux OGM
07:37ne questionnent pas la technique elle-même,
07:39qui est une technique...
07:40Déjà ultra répandue, j'ai fait ses preuves largement.
07:43Voilà, qui produit de la connaissance,
07:44qui permet de valider fonctionnellement des gènes identifiés.
07:50Mais ce qu'ils questionnent, c'est le fait de répandre,
07:53de disséminer dans la société,
07:55des plantes issues de ces techniques,
07:57sans aucune transparence, étiquetage, évaluation, etc.
08:02On va y revenir, évidemment,
08:04parce que c'est le cœur aussi de la polémique en ce moment,
08:06et de la controverse autour de ces nouveaux OGM.
08:09Est-ce que vous pourriez, justement, Isabelle Goldringer,
08:12nous donner un exemple concret,
08:13pour qu'on comprenne bien comment ça fonctionne en pratique ?
08:15Si on prend, par exemple, un blé français
08:18qui serait touché par une maladie,
08:19comment on peut agir grâce à ces outils-là de génomique ?
08:23Alors, vous me demandez ça,
08:25mais moi, ce n'est pas comme ça que je travaille.
08:27Mais ce qu'il faut imaginer, c'est que...
08:29Vous savez, il faut vulgariser pour nous.
08:31Voilà, derrière, il y a un très long travail.
08:33On nous dit, on dit souvent,
08:35les NGT, c'est facile, c'est rapide et ce n'est pas cher.
08:39Donc, ça, ce n'est pas vrai.
08:41Parce qu'en fait, pour pouvoir identifier,
08:44développer une plante qui va résister à une certaine maladie,
08:46il faut avoir identifié des séquences génétiques,
08:50des gènes qui déterminent cette résistance-là.
08:52Donc, il y a tout un travail en amont
08:53de séquençage du génome,
08:56du fait de pouvoir relier,
08:58d'identifier des gènes
09:00qui jouent sur la résistance de la plante à la maladie.
09:04Et donc, il y a tout ce travail-là qui est à faire
09:06et ensuite à trouver des variations
09:09dans la séquence qui vont permettre la résistance.
09:12Donc, sur un blé malade, par ailleurs,
09:13on va chercher dans une autre espèce de blé
09:15qui présente le gène capable de résister à cette même maladie ?
09:18Eh bien, il faut observer plein, plein de plantes
09:22pour pouvoir comparer des plantes sensibles
09:25et des plantes résistantes
09:26et puis identifier ce qui va déterminer la différence
09:32entre les résistants et les sensibles.
09:34Et l'intérêt, si la plante est vraiment dans la même espèce,
09:37en fait, classiquement,
09:38on sait très bien sélectionner pour ça.
09:40On croise les plantes
09:41et puis on sélectionne celles qui présentent
09:44la résistance face à la maladie.
09:46C'est un caractère qui est facile à mesurer,
09:48qu'on peut faire assez facilement.
09:50Cet outil, il va être plutôt proposé, je pense,
09:54quand on va chercher la résistance
09:56dans une espèce apparentée, mais plus lointaine
09:59où ça va peut-être être plus compliqué de l'introduire.
10:02Mais il faut penser qu'avant,
10:04il faut de toute façon avoir compris
10:05et identifié
10:08quelle séquence va pouvoir procurer de la résistance.
10:11Et ce que je voudrais dire aussi,
10:12c'est que ça va être des caractères
10:13assez simples, finalement.
10:15Parce que pour comprendre comment ça marche,
10:18il faut qu'il n'y ait pas plein de gènes
10:21impliqués dans ce caractère-là.
10:23Donc on va aller sur des mécanismes de résistance
10:26qui sont souvent assez simples,
10:28monogéniques ou de quelques gènes.
10:30Et ça, on le sait,
10:31ce sont des résistances qui ne sont pas durables
10:33dans la majorité des cas,
10:35qui vont être très rapidement contournées
10:36quand on va les déployer à grande échelle.
10:38Mais Vincent Luquet,
10:39on fera toujours appel à la même plante,
10:41en tous les cas, c'est ça ?
10:43C'est l'idée, en tout cas, il me semble,
10:44c'est de pouvoir dire,
10:45si on a un blé du Népal
10:47qui est plus résistant au climat
10:49tel qu'il va arriver en France
10:51avec le changement climatique,
10:52on va pouvoir intégrer des éléments,
10:54des caractères de la variété
10:56qui nous intéresse dans une plante
10:57pour qu'elle soit plus résistante.
11:00Un autre bémol peut-être
11:01pour modérer un peu l'enthousiasme
11:03qu'il y a eu autour de cette capacité
11:04un petit peu magique
11:06à modifier à volonté le génome.
11:08D'une part, ce que disait Isabelle Goldringer
11:10sur le fait que certaines caractéristiques
11:11sont liées à plusieurs gènes extrêmement complexes
11:13et qu'on ne peut pas les modifier à volonté.
11:15Comme ça, c'est d'abord une première limite.
11:17Et une seconde limite importante à noter,
11:19c'est que le changement climatique,
11:21qui est la menace,
11:22l'éléphant dans la pièce
11:23quand on parle d'adaptation,
11:24c'est une irrégularité du climat croissante.
11:30Et donc apporter un gène
11:31qui va rendre la plante plus résistante
11:32à la sécheresse
11:33sera totalement inopérante.
11:34Les années où il fera extrêmement humide,
11:36on sait de quoi on parle cet hiver,
11:37on a bien vu à quel point...
11:38Avec les variabilités en tout cas.
11:39C'est très très variable.
11:40Et donc adapter à travers des caractères
11:42qui rendent la plante encore plus spécialiste
11:43n'est pas forcément une bonne idée aujourd'hui.
11:45Sur les promesses et l'intérêt de ces NGT,
11:49voici des arguments
11:50avancés par deux personnes
11:51que nous allons entendre.
11:52Olivier Paul, c'est le président
11:53de l'Union française des semenciers
11:55et Céline Imard, députée européenne.
11:58Et c'était en décembre dernier.
11:59Aujourd'hui, il y a plus d'une trentaine de pays
12:01qui ont déjà avancé.
12:02Aujourd'hui, l'Europe est plutôt à la traîne.
12:04Et si on veut préserver
12:05notre sécurité alimentaire,
12:06si on veut répondre
12:08aux enjeux de l'agriculture,
12:09il faut qu'on mette
12:10tous les moyens à notre disposition
12:12pour aider la recherche.
12:13C'est un progrès sur le plan économique.
12:15Ça va permettre aux agriculteurs
12:16d'être plus compétitifs.
12:18Deux, c'est un progrès
12:19sur le plan environnemental.
12:20Ça va permettre aux agriculteurs
12:22d'être plus durables
12:22dans la production
12:23parce qu'ils vont utiliser
12:25moins d'un trent.
12:26Et puis trois,
12:27ça permet d'avoir des agriculteurs
12:29dont la profession est plus vivable.
12:32Voilà, document sur ICI
12:33en décembre dernier.
12:35Un des arguments forts,
12:36Vincent Luquez,
12:37c'est justement
12:38le changement climatique aujourd'hui
12:39pour justifier l'utilisation de CNGT.
12:41Oui, du coup,
12:41j'ai un peu anticipé l'argument,
12:42mais c'est ce que je disais,
12:43c'est que l'argument
12:44est totalement fallacieux.
12:45En l'occurrence,
12:46il y a plusieurs arguments avancés
12:47qui sont intéressants.
12:47L'argument économique est réel,
12:49c'est-à-dire que dans un domaine
12:51qui est libéralisé en permanence,
12:52le marché de l'agriculture,
12:53c'est un argument économique
12:54concurrentiel de faire ces plantes
12:56pour favoriser un certain modèle
12:57à croix économique.
12:58En revanche,
12:58l'argument écologique,
12:59il est complètement fallacieux.
13:00Si on prend un peu de recul
13:01avec le cas des OGM classiques,
13:03où on a des dizaines d'années
13:04de recul,
13:05on avait les mêmes promesses
13:06avec les OGM.
13:07On nous disait que ça allait permettre
13:08de faire des plantes
13:08extrêmement vertueuses,
13:10qui résistaient à plein de maladies
13:11et qui étaient plus économiques.
13:13Or, dans tous les pays
13:14Amérique du Sud,
13:14notamment,
13:15où les OGM ont été développés,
13:16on voit une explosion
13:17de l'usage d'herbicides.
13:18Parce que ces plantes
13:19sont faites pour ça.
13:20Elles sont faites pour accompagner
13:21un modèle qui vend des pesticides.
13:23Donc, on voit bien
13:23que l'argument est un peu simpliste
13:25en la matière.
13:25Isabelle Goldringer ?
13:26Oui, et pas que des herbicides.
13:28En fait,
13:29comme derrière le développement,
13:31le déploiement de ces plantes-là,
13:32il y a des gros efforts financiers
13:35et de recherche qui sont faits,
13:37le but,
13:38c'est de la déployer à grande échelle.
13:40Et du coup, effectivement,
13:41non seulement on voit
13:42l'augmentation des herbicides
13:43en réponse aux plantes
13:44qui sont rendues tolérantes
13:45à ces herbicides,
13:47mais on voit également
13:47l'utilisation d'insecticides
13:49par contournement,
13:51arriver de nouveaux insectes
13:53qui peuvent attaquer
13:54les plantes bétées.
13:55Puisque,
13:55ce qu'il faut le dire aussi,
13:57c'est que des promesses,
14:00on en entend pour ces nouveaux OGM,
14:02mais celles des anciens OGM,
14:04première génération,
14:05n'ont pas été tenues clairement.
14:07Elles devaient nourrir la planète,
14:09permettre d'avoir
14:11une agriculture durable, etc.
14:12En fait,
14:13on a essentiellement
14:14ces deux types de plantes,
14:15les plantes tolérantes
14:16aux herbicides
14:17et les plantes
14:19qui émettent une toxine
14:20vis-à-vis des insectes.
14:23Et donc,
14:23ça n'a pas changé,
14:25ça n'a pas nourri
14:26plus la planète
14:27parce que ce ne sont pas
14:28des problèmes
14:30uniquement de rendement
14:31ou de pratiques agricoles,
14:33c'est des problèmes économiques,
14:34etc.,
14:34beaucoup plus larges.
14:35Et comme le disait Vincent Lucas,
14:37ça a surtout servi
14:37à vendre beaucoup
14:38de produits phytosanitaires.
14:39On va y revenir dans un instant
14:41sur les critiques
14:41et les inquiétudes
14:42autour de ces NGT.
14:44et puis bien sûr,
14:44vous nous rejoignez
14:45avec vos messages,
14:46vos questions,
14:47vos témoignages également
14:48sur la page de La Terre au Carré
14:50et pour vous entendre
14:51directement à l'application
14:52Radio France.
14:53On se retrouve après
14:54Sam Sauvage
14:54et le langage de l'amour.
14:56Ça va nous faire du bire.
15:55L'amour est un langage
15:56Il y a du rire
15:57Tout en évidence
15:58et sans faire mourir
16:00Tous ces petits riens
16:01qui nous font sourire
16:02Si on le sait bien
16:03pourquoi ça veut dire
16:04L'amour est un langage
16:09imparfait
16:12Dont les gens n'entendent
16:13que ce qui leur plaît
16:15Il faudrait pouvoir se traduire
16:17Mais ce serait pire
16:24Cela reste entre nous
16:26Mais je ne sais pas si vous
16:29C'est toujours aussi compliqué
16:32De vous parler sans s'égarer
16:34Dans des silences
16:35qui font trop de bruit
16:37Qui nous éloignent
16:38Et qui refroidissent
16:39Nos corps et qui nous trahissent
16:42Sans qu'on puisse se dire
16:43Que des lèvres posées sur nos
16:45Je vois séparer les égaux
16:47Suffisent à se faire
16:48Du bien sans se dire en mots
16:49Des mots d'amour qu'on arrache
16:50Sans même qu'on s'y attache
16:52Des mots qui me disent rien
16:53Des mots dont on se passerait bien
16:54Plus il y a de silence
16:55Et plus moi je vis
16:56Tout en imprudence et sans rien prédire
16:59Quand je sors le corps de ma bien jolie
17:01J'entends les accords d'un cœur à chérir
17:04L'amour est un langage parfait
17:11Je n'ai jamais su bien danser
17:14Et je crois que je peux l'écrire
17:17Si tu veux dire
17:24Le langage de l'amour
17:26Sam Sauvage
17:37Avec les nouvelles techniques génomiques
17:39On reste à l'intérieur de la même espèce
17:42Et on accélère ce que la sélection naturelle fait
17:46Depuis des millénaires
17:47Mais fait lentement
17:48Et le problème du changement climatique
17:51C'est que c'est une course de vitesse
17:52Dans laquelle on est engagé
17:54Donc on a besoin d'utiliser des technologies
17:56Qui ne sont absolument pas dangereuses
17:58Pour le faire
17:59Les ciseaux moléculaires
17:59Ça existe depuis des années
18:00Il n'y a pas de risque lié à cette technologie
18:03Qui encore une fois
18:04Ne fait qu'accélérer
18:05Ce que la nature ferait naturellement
18:07Absolument pas dangereux
18:09Nous dit le député européen
18:10Pascal Canfin
18:11En décembre dernier
18:12Sur France Info
18:12Isabelle Golringer
18:13Vous qui êtes ingénieure agronome généticienne
18:15Vincent Luquet journaliste à Reporters
18:18Vous avez consacré plusieurs articles
18:19Sur cette question des NGT
18:21Sur votre média reporter.net
18:23Donc on s'intéresse à ces nouvelles techniques génomiques
18:26Absolument pas dangereux
18:28Isabelle Golringer
18:29On va revenir sur les inquiétudes dans un instant
18:32Parce qu'il y a aussi de la science à ce sujet
18:34L'agence sanitaire française par exemple
18:36A évalué aussi les risques potentiels
18:38De ces nouvelles techniques
18:39Vincent d'abord j'aimerais
18:40Que vous puissiez nous rappeler
18:42Le cadre réglementaire actuellement en Europe
18:44On en est où d'un point de vue législatif ?
18:46Est-ce que c'est déjà une réalité les NGT ou pas ?
18:48Ça va l'être très bientôt
18:50C'est en cours de régulation
18:52Alors pour reprendre l'historique très brièvement
18:54Une décision qui avait fait date
18:55C'était en 2018
18:56La Cour de justice européenne
18:58Avait établi que les NGT étaient des Vraies NGT
19:01Et devaient être considérés comme tels
19:02Donc interdits en Europe
19:03Depuis la commission à qui ça n'a pas du tout plu
19:05C'est lancé dans un processus législatif
19:08Pour légiférer et autoriser les NGT
19:10Ça a commencé en 2023
19:13Et il y a eu un vote important
19:14Avec une décision conjointe du Parlement européen
19:19Du Conseil et de la Commission européenne
19:21Qui a réglementé les NGT
19:24En les séparant en deux catégories
19:25NGT 1, NGT 2
19:26On va revenir dessus
19:27Et le processus est vraiment en cours
19:29Et doit aboutir au printemps
19:30Donc tout prochainement
19:31Pour autoriser
19:31Et on va pouvoir avoir l'arrivée sur le marché
19:34Dès ce printemps potentiellement
19:35De ces nouveaux OGM
19:36Donc cap sur le mois de mai en fait
19:38Il va y avoir un vote au Parlement
19:39Voilà c'est ça
19:40Au mois de mai
19:40C'est pas encore fait
19:42A priori ce sera en l'heure sur le mois de mai
19:42Alors le Conseil doit encore approuver
19:44Normalement le 21 avril ou mi-avril
19:46Ce texte
19:47Et en mai ou en juin
19:49Normalement le Parlement valide définitivement ce texte
19:51Si les choses suivent encore
19:52Isabelle Golringer
19:53Il y a deux catégories
19:54Donc NGT 1, NGT 2
19:55Qu'est-ce que ça change de les catégoriser
19:57En particulier d'ailleurs pour les consommateurs aussi ?
20:01Alors en fait
20:01Ce qu'il faut savoir
20:02C'est que c'est complètement artificiel
20:04Cette séparation
20:06Le Lancès comme vous l'avez dit
20:08A dit qu'il n'y avait pas de justification scientifique
20:11Qui fondait cette séparation
20:14Cette identification des NGT 1
20:16Ça sépare quoi exactement ?
20:17Donc les NGT 1
20:18Ce sont les plantes qui seront dérégulées
20:21On va dire
20:22Qui seront autorisées à être mises sur le marché
20:25Sans être évaluées
20:26Sans être tracées ni étiquetées
20:29Et qui par ailleurs
20:31Pourront malgré tout être brevetées
20:34Enfin faire l'objet de brevets
20:35Mais c'est basé sur quoi en fait ?
20:37Alors sur quoi c'est basé ?
20:39Ça n'a pas de fondement scientifique
20:42C'est 20 zones dans le génome
20:45Qui peuvent être modifiées
20:49Donc soit éditées
20:52Soit modifiées
20:53Sur une longueur d'une vingtaine de paires de base
20:56Soit qui peuvent être délétées
21:00Donc on les retire
21:01Soit qui peuvent connaître une insertion
21:04Donc ça peut toucher
21:0620 endroits différents dans le génome
21:08Donc NGT 1 c'est moins de 20 modifications du génome
21:11En fait c'est ça sur le
21:13Et NGT 2 c'est donc au-delà de 20 modifications du génome
21:16C'est tout le reste
21:16Et ça c'est pas très scientifique comme catégorisation
21:19C'est ce que vous nous dites ?
21:20Ben non
21:21Ça repose sur rien de...
21:22Il n'y a rien du tout
21:23En fait même une modification ciblée
21:26En fait le fait de pouvoir modifier un endroit précisément
21:30C'est pas parce qu'on est précis
21:31Que c'est quelque chose qui est complètement sécurisé
21:34En fait les mutations qui opèrent dans la nature
21:38Elles opèrent à la fois aléatoirement
21:41Mais il y a quand même des...
21:44Elles ne sont pas distribuées de façon uniforme tout au long du génome
21:47Il y a des articles qui ont montré
21:49Qu'il y avait des zones qui étaient beaucoup plus protégées et conservées
21:53Qui pouvaient pas subir ces mutations-là
21:56Et ces zones-là elles font aussi l'objet
21:59Dans les espèces multipliées dans la nature
22:02De sélections purifiantes
22:05Parce que en fait ce sont des zones très importantes
22:07Pour le fonctionnement de l'espèce
22:09Avec ces techniques-là
22:10Rien n'empêchera d'aller modifier
22:13Des zones qui ne sont pas censées l'être
22:17Et donc qui peuvent avoir des répercussions
22:20Vincent Lucas
22:21Donc ce qu'on entend c'est que dans la première catégorie
22:23Il n'y a donc pas d'autorisation nécessaire
22:26Pour la mise sur le marché
22:28Pas d'étiquetage
22:29Ce qui ne sera pas le cas pour la catégorie 2
22:31Qui elle va rentrer dans les mêmes règles que les OGM classiques
22:34C'est ça ?
22:34C'est ça exactement
22:35Les NGT2 seront des OGM
22:36Donc catégorisés comme aujourd'hui
22:37Les NGT1 seront considérés comme non-OGM
22:40Et aucun état de l'Union Européenne ne pourra s'opposer à leur vente
22:43C'est très important
22:44On ne pourra rien faire pour s'opposer à leur vente
22:45Donc concrètement demain dans le supermarché
22:47Vous aurez des produits
22:49Des poissons, des tomates, des pommes
22:51Vous ne pourrez pas savoir
22:52S'ils ont ou pas été modifiés génétiquement
22:54Par des technologies NGT1
22:55Ça c'est une illustration des lois omnibus
22:57On en avait parlé dans cette émission
22:59Sur la déréglementation
23:00C'est ça
23:01Donc pas d'étiquetage
23:02Donc le consommateur ne sera pas au courant
23:03Pas d'étiquetage
23:04Sachant que dans l'argumentaire officiel
23:08Sur cette limite de 20 modifications
23:10Un des arguments est de dire que naturellement
23:12Les plantes peuvent opérer ces 20 modifications spontanément
23:15Ce qui est comme l'a dit Isabelle Goldringer
23:18Un peu fallacieux
23:20Par ailleurs il y a un argument beaucoup plus logique
23:21Qui n'est pas explicité
23:23C'est qu'il se trouve que plus de 90%
23:25Des NGT qui sont travaillés
23:27Concernent moins de 20 modifications
23:28Donc en gros la commission veut déréguler
23:31La quasi-totalité de ce qui est en train de se faire
23:3290%
23:33Voilà
23:3490%
23:35Sachant qu'il y a quand même un garde-fou
23:37Qui est intéressant à noter
23:38Qui est mis
23:38C'est que les NGT1 ne pourront pas concerner
23:40Les plantes faites pour être résistantes aux herbicides
23:42Ou pour produire elles-mêmes les herbicides
23:44C'est-à-dire
23:45Une des grosses critiques qui est faite aux EOGM classiques
23:47Il y a quand même ce garde-fou
23:49Normalement elles devront rester en NGT2
23:51Ces accords
23:51Ils étaient réclamés par qui en fait au départ ?
23:54Qu'est-ce qu'on sait des intérêts
23:55Qui étaient en jeu dans les négociations en fait ?
23:58Alors il y a quatre noms à retenir
23:59C'est très important
24:00L'agro-industrie mondiale est dominée par quatre géants
24:03Sur les semences
24:04C'est Bayard Monsanto
24:05Qu'on connaît bien
24:06BASF
24:07ChemChina
24:08ChemChina
24:08Une entreprise chinoise
24:10Pardon pour mon accent déplorable
24:11Syngenta
24:12Syngenta
24:12Qui a été rachetée par ChemChina
24:14Et la quatrième
24:15Je l'avais
24:16C'est Corteva
24:17Et ces quatre groupes à E4 représentent 60% du marché des semences mondiales
24:22C'est-à-dire qu'il y a une concentration assez sidérante et assez inquiétante du marché de la semence
24:27dans le monde
24:28Et ces acteurs évidemment ont tout intérêt à ce que l'Europe soit un marché ouvert pour elles
24:31Ce qu'il faut noter c'est que ce ne sont pas des entreprises semencières classiques, traditionnelles
24:37Ce sont des entreprises issues de la pharmacie ou de l'agrochimie qui ont racheté des semenciers
24:45Et donc leur fonctionnement, leur modèle économique c'est vraiment de vendre des produits
24:53Et aussi de faire des bénéfices sur les brevets
24:57Alors que, contrairement à cela, tout un tissu des entreprises semencières européennes et françaises en particulier
25:04Sont des entreprises, qu'elles soient familiales ou à plus grande échelle
25:10Vraiment qui font un travail principalement sur les semences
25:14Donc il y a des intérêts qui sont un peu divergents, on voit, entre ces deux types d'acteurs
25:18Et c'est aussi pour ça qu'on peut voir que le fait que l'Europe ait bloqué, enfin pas
25:26complètement
25:26Mais en tout cas ait été très exigeante sur les OGM première génération
25:31Mais ça n'a pas pénalisé du tout tout le secteur semencier, qu'il soit français ou européen
25:36En fait, puisqu'on a pu au contraire continuer à avancer, à améliorer le fond génétique des variétés
25:42On s'est prémunis justement de ces voix d'impasse que sont les Roundup Ready et OGM première génération
25:51Vincent Lucas, en tant que journaliste, vous qui suivez ces questions de près
25:55Est-ce que vous diriez que le débat autour des NGT ressemble beaucoup à celui qu'on a connu il
25:59y a quelques années avec les OGM classiques
26:00Dont on a beaucoup parlé à l'époque, ce qui n'est pas vraiment le cas quand même aujourd'hui
26:03avec les NGT
26:04Ou est-ce que c'est un débat fondamentalement nouveau ?
26:07Il y a quelque chose de très différent et très inquiétant avec ces NGT
26:11C'est justement la question de ces brevets, de la brevetabilité
26:14Jusqu'à présent, en Europe, on avait un mode de fonctionnement qui était celui des certificats d'obtention végétale
26:22Un terme technique, les COV
26:23Qui faisait en sorte que les semenciers qui possédaient les semences
26:27Ne pouvaient pas empêcher d'autres semenciers d'utiliser leur matériel génétique
26:30Pour continuer à innover, à créer de nouvelles semences, à créer des variétés résistantes à telle ou telle condition
26:36Avec les brevets, et ça c'est un des gros éléments importants dans les textes en cours de négociation
26:39C'est que les NGT vont être brevetables
26:42C'est-à-dire que toute apparition d'un caractère dans une plante, même s'il existait déjà dans la
26:46nature par ailleurs
26:47Pourra être brevetée par une des entreprises
26:49Donc privatisée
26:51On privatise la nature
26:52On privatise et n'importe quel paysan ou agriculteur qui voudra utiliser ses plantes devra payer des royalties à l
26:57'entreprise
26:58Ce qui est très inquiétant, c'est que ça ne prend pas en compte la question des risques de contamination
27:02Et il y a beaucoup de cas, notamment aux Etats-Unis où ça se produit déjà
27:05Où des agriculteurs qui sont contaminés par des OGM se retrouvent en situation de devoir payer des royalties à Monsanto
27:11Alors qu'ils n'avaient pas acheté à la base ces semences-là
27:13Il y a beaucoup de procès, c'est presque dans le business model de Monsanto
27:16Il y a beaucoup de procès qui sont faits aux paysans
27:18Et qui rapportent beaucoup d'argent
27:19Pour les forcer à payer des royalties
27:21Isabelle Goldringer, c'est donc une réalité déjà
27:23C'est un GT aux Etats-Unis et en Chine
27:26Pour revenir précisément sur ce rapport de l'ANSES
27:28Qui s'était auto-saisi du sujet en 2023
27:32Les conclusions de ce rapport, c'est qu'on ne peut pas écarter
27:35Que ces nouvelles techniques génomiques puissent induire des risques pour la santé et l'environnement
27:40Donc à ce titre, il serait intéressant d'être un minimum précautionneux ?
27:46Ben oui, en fait, on ne maîtrise pas tout
27:48Ce n'est pas parce qu'on cible un endroit dans le génome
27:50Qu'on maîtrise tout
27:52En fait, ce qui se passe, c'est que
27:54Déjà, cette machinerie, il faut l'introduire dans le noyau
27:58Donc, ce qu'il faut savoir, c'est qu'encore dans de nombreux cas
28:01On l'introduit par transgénèse
28:04Donc avec le canon à particules
28:05Avec les anciennes techniques
28:07OGM
28:07Enfin, voilà, OGM transgénique
28:10Bon, ça ne va peut-être pas être toujours le cas
28:11Puisqu'il travaille activement pour que ça fonctionne avec une expression transitoire
28:17Et puis ensuite, même si c'est ciblé
28:19Il y a un certain nombre d'effets hors cible
28:21Qui vont être induits, qui ne sont pas contrôlés
28:24Même dans la cible, il peut y avoir des effets non intentionnels
28:29Et puis, même cette modification-là
28:32En fait, il faut vraiment très très bien connaître la biologie
28:36Pour pouvoir être sûr de tout ce que ça va induire de façon indirecte
28:42Parce qu'en fait, les gènes ne sont pas des légos
28:45Qu'on peut ajouter comme ça
28:47En fait, il y a beaucoup d'interactions entre tous les gènes
28:50Il y a des mécanismes de régulation
28:52Quand on surexprime un gène
28:53Eh bien, il va peut-être induire de la sous-expression d'autre chose
28:57Il y a ce gène, il va peut-être agir sur un caractère
29:01Donc c'est l'effet recherché
29:03Mais avoir des tas d'effets non intentionnels sur d'autres caractères
29:07Des effets indirects que l'on ne peut pas prévoir
29:10Et donc, effectivement, peut-être dans la majorité des cas
29:13Ils ne présenteront pas de risque
29:15Mais si on ne les évalue pas
29:16Eh bien, on n'a aucun moyen de savoir
29:18Et ensuite, si on ne les trace pas et on ne les étiquette pas
29:21Eh bien, on n'aura aucun moyen de relier un problème
29:26A la source de ce problème
29:28Et surtout, de retirer à la fois tous les produits
29:31Et toutes les plantes qui auront eu ce gène
29:36Des champs, des filières, etc
29:37Et ce que vous nous disiez, Vincent Lucas
29:39C'est que 90% donc de ces NGT ne seront précisément pas évalués
29:43Puisqu'ils passeront sous les radars
29:45Ils seront en fait envoyés NGT, c'est ça
29:46Allez, on se retrouve dans un instant
29:48On va évoquer quand même les alternatives
29:49Parce qu'il y en a aussi
29:51Ça fait partie de la question
29:52Et puis, on répondra à vos messages
29:54Vous nous rejoignez sur franceinter.fr
29:57Autour donc de ces nouvelles techniques génomiques
30:00Lady, Lady, voici Olivia Dean
31:38C'est parti !
32:21Et la voix d'Olivia Dean à l'instant
32:26La terre au carré
32:29Mathieu Vidard sur France Inter
32:31Nous ne sommes pas contre la recherche
32:33Pour des semences qui seraient améliorées
32:36Pour la sécheresse, etc
32:37Mais il faut que ces semences soient paysannes
32:39Qu'on puisse les reproduire sur nos fermes
32:41Et si on laisse la mainmise des semences
32:43Aux multinationales
32:44Clairement, les paysans seront dépossédés
32:47De ce savoir-faire-là, seront dépossédés
32:49De cette autonomie-là
32:50La voix de Thomas Gibert en décembre dernier
32:53Il est maraîcher et porte-parole
32:54De la Confédération Paysanne
32:56On parle donc des NGT, ces nouvelles techniques génomiques
32:59Avec Isabelle Goldringer d'Inrae
33:01Et Vincent Luquez du Média Reporteur
33:04Vincent Luquez, vous parliez tout à l'heure
33:06De l'enjeu aussi pour les paysans bio
33:07On l'entend dans la voix de Thomas Gibert
33:10Il y a une inquiétude réelle pour ces personnes ?
33:12Il y a une inquiétude forte
33:13On l'a entendu pour la question de l'autonomie
33:15Et de la capacité à posséder les semences
33:17Mais l'autre crainte très forte
33:18C'est sur la contamination des cultures en bio
33:21Parce que là encore, côté NGT1
33:23C'est totalement invisible
33:24On ne saura pas où ces semences sont ou ne sont pas
33:26Mais côté NGT2, si elles sont aussi autorisées
33:28Le texte de la Commission européenne
33:30Ne prévoit aucune mesure de protection
33:32Pour les agriculteurs
33:34Qui auront eux la charge de protéger leurs culteurs
33:35Donc c'est un coût extrêmement important
33:37Et la filière bio est très inquiète
33:39De sa capacité à pouvoir protéger ou pas ses cultures
33:41Il y a un chiffre qui est assez parlant
33:43Du pollen de soja, transgénique ou NGT
33:47Peut voyager sur 10 km
33:48Et contaminer une instance extrêmement importante comme ça
33:51Et au-delà du risque de contamination
33:53Il y a une perte de confiance du consommateur
33:55Et beaucoup de risques pour la qualité du label bio
33:57Mais comment ces agriculteurs pourraient se protéger justement ?
34:00Le seul exemple connu en Europe
34:03C'est le Portugal où les OGM sont déjà en partie cultivés
34:05Et la solution qu'a mis en place le Portugal
34:07C'est de séparer drastiquement les régions
34:09Où on cultive du bio
34:10Et les régions où on cultive des OGM
34:11Et donc à part installer des grandes zones de séparation
34:14C'est très compliqué de pouvoir empêcher la contamination
34:17Isabelle Golringer sur la dissémination justement dans les espaces naturels
34:21Ça c'est une des inquiétudes dont parlait l'ANSES aussi dans son rapport
34:24Vous partagez aussi cette inquiétude-là ?
34:26Tout à fait
34:27En fait une fois qu'un gène est parti en se croisant avec des espèces sauvages apparentées
34:34Donc c'est beaucoup le cas pour le colza, la betterave
34:36Il y a beaucoup d'espèces en France qui ont des apparentées sauvages aux alentours
34:41Et bien ensuite on ne va jamais pouvoir le retirer
34:46Et donc ces caractères-là ils peuvent disparaître
34:49Mais ils peuvent aussi se maintenir
34:50Donc surtout s'ils donnent des avantages à ces plantes-là
34:53Ça peut conduire à des plantes qui peuvent devenir envahissantes
34:58Ou bien difficiles à gérer
34:59Ou au contraire dégrader et être une menace sur la biodiversité
35:03Les apiculteurs sont inquiets également
35:06Que l'on introduise, que l'on modifie des caractères liés aux fleurs
35:09Qui ensuite puissent partir dans des espèces sauvages
35:15Et puis impacter les ressources pour les pollinisateurs
35:19Vincent Lucas, beaucoup d'associations se sont mobilisées contre les NGT
35:23Est-ce qu'il y a une vraie mobilisation de la société civile sur ce sujet ?
35:26Ou encore pas assez d'informations précisément ?
35:29On ne perçoit pas de mobilisation, on ne perçoit pas de grosse opposition
35:32Notamment parce que justement le sujet est un peu sous les radars, un peu invisibilisé
35:36Parce que d'une part c'est très technique
35:37La technicité elle est aussi là pour empêcher la démocratisation et la prise en main du sujet
35:41Et c'est grâce à des émissions comme La Terre au Carré
35:43Ou le travail qu'on fait sur Reporters qu'on tente d'informer les gens
35:45Mais il y a un gros manque d'informations
35:47Et la phase de législation est quasiment terminée
35:50Ça doit être bouclée en mai, en mai-juin
35:52Les gens se sont assez peu mobilisés malheureusement
35:54Qu'est-ce qu'on peut faire à ce stade Isabelle Gonranger ?
35:56Alors il est quand même encore temps de se mobiliser, de s'intéresser à la question
36:01Je pense que c'est important
36:03Il y a un certain nombre d'associations
36:05Il y a à la fois des associations de consommateurs
36:09Donc Que Choisir, Consomme Acteur, Bioconsomme Acteur
36:14Il y a des associations environnementales
36:16Il y a Polynis
36:16Il y a des associations d'agriculteurs
36:20Il y a bien sûr la Confédération Paysanne, Via Campesina
36:23Il y a le réseau Semence Paysanne
36:24Quel point on peut avoir sur les votes de la Commission Européenne en l'occurrence ?
36:27On peut écrire aux députés
36:29Donc il y a en l'occurrence Cocopelli qui a fait une lettre
36:32Que l'on peut signer
36:34Qui l'adresse aux députés européens
36:36Puisqu'en fait ça doit quand même être voté par les députés
36:38Et comme ça n'a peut-être pas été bien clairement dit tout à l'heure
36:42En fait le Parlement, ce qu'il avait voté l'année dernière en 2025
36:46C'était une interdiction du brevetage de ces séquences-là
36:53Si elles existaient déjà dans la nature
36:56Donc de gènes natifs
36:58Et c'était également l'étiquetage de ces plantes et des produits qui en sont issus
37:03Et donc là c'est contraire à ce qu'avait exprimé le Parlement
37:08Donc on peut encore aussi informer et puis sensibiliser les députés
37:13Donc à travers cette mobilisation-là
37:17Vous travaillez sur les alternatives justement à Inrae
37:20Alors on va pas avoir le temps de développer énormément
37:22Malheureusement parce qu'on a beaucoup de questions des auditeurs et auditrices
37:24Vous pouvez nous en dire un petit mot Isabelle Gaudringer en 10 secondes ?
37:28Enfin non, c'est pas possible en 10 secondes
37:29Mais c'est l'agroécologie
37:31En fait le modèle proposé là il est hyper réductionniste
37:34Il vise à tout résoudre en modifiant quelques gènes
37:37L'agroécologie c'est une approche systémique
37:39Où la génétique a sa place au milieu de l'agronomie, de l'écologie, des sciences sociales
37:44Donc un exemple ce sont par exemple les mélanges de variétés
37:47En céréales ça fonctionne très bien
37:49Ça ralentit les épidémies
37:51C'est plus rustique, plus résilient face aux aléas climatiques
37:55Justement au moment où l'agriculteur sème
37:57Il sait pas quel climat il va y avoir
37:59Donc s'il met un ensemble de plantes différentes dans son champ
38:02Et bien il y a toutes les chances qu'il y en ait quelques-unes
38:04Qui correspondent à la séquence climatique
38:07Il y a les mélanges d'espèces, céréales, légumineuses
38:10Donc de la diversité finalement
38:12Voilà, mais qui sont très complémentaires
38:14En fait la génétique cherche à introduire des gènes
38:18A tout mettre dans un seul génotype
38:20Et l'agroécologie elle cherche à diversifier
38:24Pour produire beaucoup plus d'effets
38:27Allez on passe aux questions
38:33Un témoignage, on va commencer par Romain
38:35Qui est agriculteur bio en Normandie
38:36Il nous écoute depuis son tracteur en train de biner ses blés
38:39On le salue
38:40Il est en train de désherber une variété nommée génie
38:44Issue d'une sélection en agriculture biologique par INRAE
38:47Qui répond par sa sélection aux conditions agronomiques
38:49De l'agriculture biologique
38:50Les firmes mettant en place les NGT
38:53Nous diront aux mains
38:53Pour objectif de répondre à leurs besoins
38:55Finalement aller toujours plus vite
38:57Être compétitif et rentable
38:58Tout ça en enfermant un peu plus les agriculteurs
39:01Dans un modèle économique sans liberté
39:03Le métier de paysan dit-il
39:04C'est aussi pouvoir semer sa récolte
39:07Avec les NGT
39:08L'agriculteur sera un engraisseur de végétal
39:11Vincent Luquez
39:12Oui ça résume très bien la crainte
39:14Exprimée par beaucoup de gens dans la filière de l'eau
39:16C'est-à-dire qu'en plus on peut souligner
39:17Que l'agriculteur et le paysan qui connaît son terrain
39:19Peut adapter ses plantes et ses semences
39:21A des conditions extrêmement spécifiques localement
39:24La solution qui consiste à arriver par le haut
39:26Avec des semences à l'échelle mondiale
39:27Et à tout uniformiser
39:28C'est l'inverse de la résilience face aux aléas climatiques
39:31Et la solution s'est diversifiée
39:33Isabelle Golringer
39:34Vous souhaitez dire un petit mot également ?
39:36Oui bien sûr
39:36Tout à l'heure dans la panique
39:38J'ai oublié de parler de tout ce qu'était
39:41Le développement, la sélection de populations
39:43De semences qui sont faites par les agriculteurs
39:46Les semences paysannes
39:47Les semences jardinières
39:50Qui sont reproductibles
39:51Et sélectionnées à la ferme
39:53Pour être adaptées finement à un contexte
39:55Et pour être plus résilientes
39:57Face à des aléas climatiques
39:59On va écouter le message vocal de Stéphane
40:01Bonjour Stéphane
40:02De Saint-Laurent-du-Marronnier en Guyane
40:04Souvent on met en avant
40:05Des capacités de production augmentées
40:08Mais il ne faut pas oublier
40:09Que la production agricole
40:10Sert à nourrir des gens
40:11Donc si c'est augmenter
40:13La productivité de la terre ou du travail
40:15Mais en diminuant la qualité organoleptique
40:18Des aliments
40:19Alors on ne va faire que de continuer
40:21Une sélection variétale
40:23Qui n'a fait qu'appauvrir nos éléments
40:25Voilà, message de Stéphane
40:27Isabelle Golringer
40:28Vous souhaitez compléter
40:29Sur ce qu'il vient de dire ?
40:31Est-ce que vous l'avez écouté au moins ?
40:32Oui, oui
40:33Vous n'avez rien à dire de particulier ?
40:36Oui, je pense que les objectifs
40:38Clairement en fait
40:39C'est de résoudre par la génétique
40:41Des problèmes hyper complexes
40:43Et souvent on a des solutions
40:45Beaucoup plus simples
40:46Qui peuvent être mises en bas
40:47Comme vous l'avez dit tout à l'heure
40:48Par le bas
40:49Par les acteurs de terrain
40:51Et qui vont répondre
40:53Développer
40:53Permettre de développer
40:54Des produits nourriciers
40:56Pour les habitants
40:58Les habitantes
41:00Vincent Luquez
41:00Ce qui peut être important
41:01De rappeler aussi en deux mots
41:02C'est qu'on sait nourrir le monde
41:04Aujourd'hui sans ces technologies
41:05L'argument consistant à dire
41:06Qu'on a besoin de ces technologies
41:07Pour nourrir le monde
41:08Est faux
41:08On a plein de solutions
41:10Dont vous parliez
41:10Via l'agroécologie et autres
41:11On sait qu'on pourrait nourrir le monde
41:13Par ces techniques
41:14À condition de changer
41:15Un petit peu l'organisation
41:16Un peu rigide en ce moment
41:17Et ce n'est pas du tout
41:19Une obligation
41:20Alors il y a beaucoup de messages
41:21Justement sur la façon
41:22Dont les consommateurs
41:23Seront avertis
41:24Donc on va encore
41:25Revenir sur ce point
41:26Est-ce que c'est important
41:27Camille, éleveuse
41:28Paysanne bio
41:28Nous dit
41:28Est-ce que ces NGT 1 et 2
41:29Seront autorisés
41:30Dans le cahier des charges
41:31Bio européen
41:32Ou est-ce que ça va passer
41:33Sous les radars aussi
41:34On ne saura pas
41:34S'il y en a dans les animants
41:36Qu'on achète
41:36Alors le cahier des charges bio
41:38Ne doit pas
41:40Normalement
41:40Ne peut pas conduire de NGT
41:42En revanche
41:43Ce qu'a dit la commission
41:43C'est qu'à défaut
41:44De permettre au bio
41:46D'être protégé
41:47On n'est pas censé
41:48Perder le label bio
41:49S'il y a contamination
41:51Mais ce sera
41:52Ce reviendra au bio
41:53La charge de pouvoir
41:53Se protéger tout seul
41:54Il n'y a pas forcément
41:57Accord des acteurs
41:58De la bio là-dessus
41:59Parce que justement
41:59Je pense que tous les acteurs
42:01De la bio
42:02Le CINA bio
42:02Justement j'ai oublié
42:03De dire tout à l'heure
42:04Qu'ils sont très engagés
42:05Pour s'opposer
42:06A cette réglementation là
42:08Ils souhaitent pouvoir
42:10S'assurer
42:10Avoir les outils
42:11Pour pouvoir détecter
42:13Et s'assurer
42:14Que les plantes
42:15Et les produits
42:16De l'agriculture biologique
42:17Ne sont pas contaminés
42:19Par ces séquences là
42:21Ça pose un double problème
42:22Donc celui de
42:23De leur présence
42:26De la présence d'OGM
42:27Et celui de la présence
42:28De brevets
42:28Et donc s'il est légitime
42:31Que tout le monde
42:31Puisse avoir accès
42:32A des outils
42:33Pour les repérer
42:34Les identifier
42:35Et pouvoir
42:36S'en prémunir
42:37Vincent
42:38Vanessa
42:38Pardon nous dit
42:39Je me demandais
42:39Si en tant que consommateur
42:40Nous serions avertis
42:41Sur les étiquettes
42:42Par la mention
42:43NGT
42:43Vous nous redites
42:44Ce que vous précisiez
42:45Tout à l'heure
42:46S'il vous plaît
42:46NGT1
42:46C'est totalement invisible
42:47On n'aura aucune précision
42:48Et c'est 90%
42:49De ces NGT
42:50A priori
42:51Alors à une époque
42:52Qui était développée
42:53Ce qui sera développé demain
42:54Evidemment on ne peut pas savoir
42:55Mais c'est la grande majorité
42:56A priori des NGT
42:57Merci beaucoup
42:58En tout cas d'être venu
42:59Nous éclairer sur ce sujet
43:00Je renvoie sur reporter.net
43:02Votre média
43:03Vincent Luquez
43:03Vous avez déjà publié
43:04Beaucoup d'articles
43:05Sur la question
43:06Je renvoie également
43:07Sur InfoGM
43:08Si vous souhaitez
43:09En savoir plus
43:10Sur ces questions
43:11Il y a également
43:12Beaucoup de littérature
43:13Sur le sujet
43:13Merci à tous les deux
43:15Et merci beaucoup
43:15A Lucie Sarfati
43:17Qui a préparé ce dossier
43:18David Diboublac
43:19A la technique
43:19Et Jérôme Boulet
43:20Qui réalisait cette émission
43:21On se quitte
43:22Avec le fil de l'histoire
43:22Stéphanie Duncan
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