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En partenariat avec France 2, qui diffuse à partir du 13 novembre prochain la série fiction « Sambre », réalisée par Jean-Xavier de Lestrade, Crime story vous raconte cette affaire dans un podcast en quatre épisodes.
Aujourd’hui, retrouvez les deux premiers épisodes consacrés au violeur de la Sambre avec la journaliste Clawdia Prolongeau, et le chef du service police-justice du Parisien Damien Delseny.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Barbara Gouy, Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA

#crime #lasambre #enquete

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Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, le violeur de la Sambre, épisode 2 sur 4.
00:09En l'espace de 14 ans, entre 1988 et 2002, plus d'une vingtaine de femmes témoignent des agressions sexuelles
00:16et des viols qu'elles ont subis de la part d'un inconnu,
00:19le long de la départementale 959 sur les bords de la Sambre.
00:23Les similitudes dans ces nombreux témoignages orientent les enquêteurs vers la piste d'un violeur en série.
00:28Mais l'affaire n'est pas rendue publique jusqu'à la fin de l'été 2002.
00:34Le dimanche 1er septembre 2002, Annick Matiguelo, la maire communiste de Louvroil, une petite ville de 7000 habitants, organise une
00:43conférence de presse à la mairie.
00:45Elle se présente entourée de trois femmes. Toutes ont été agressées sexuellement par un homme au petit matin.
00:52La maire est décidée à dire publiquement ce qui se produit dans sa ville.
00:57Sept mois plus tôt, le dimanche 8 février 2002, elle reçoit un coup de téléphone affolé du concierge du gymnase
01:04municipal.
01:06Quelque chose de grave est arrivé à Michel, la femme de ménage.
01:10Lorsqu'elle arrive sur place, l'édile trouve son employé prostré, à moitié nu.
01:15Alors qu'elle travaillait dans le gymnase, un homme lui a sauté dessus et l'a entraîné dans un recoin,
01:20où il l'a agressée sexuellement.
01:22C'est seulement à l'arrivée d'une collègue qu'il l'a lâchée et a pris la fuite.
01:28Annick Matiguelo conduit Michel à l'hôpital et l'encourage à porter plainte.
01:32En l'accompagnant dans les démarches, elle apprend que deux autres femmes ont déjà porté plainte dans sa commune,
01:37pour des faits similaires survenus dans les trois semaines qui ont précédé l'agression de Michel.
01:43Elles ont décrit ce même homme qui attaque à l'aube, part derrière et menace avec un couteau au pinel.
01:49La mère tombe des nues.
01:51Elle est en contact avec ses administrés et les services de la ville.
01:54Et pourtant, elle n'en a jamais entendu parler.
01:58C'est d'autant plus étonnant qu'il y a des réunions régulières sur les questions de sécurité,
02:02avec la police, le procureur, le sous-préfet et d'autres élus de la région.
02:08Annick Matiguelo apprend alors, en discutant avec ses homologues,
02:12qu'il y a eu d'autres agressions ou viols sur d'autres communes du territoire.
02:16Qu'à un moment donné, on a même parlé de la présence potentielle d'un violeur en série dans la
02:21région.
02:21Mais que l'affaire n'a jamais été ébrutée, en dehors des cercles de l'enquête.
02:26Elle apprend aussi que certains maires ont même incité les victimes à ne rien dire.
02:31Ça la met hors d'elle.
02:33Annick Matiguelo s'insurge, en parle, fait remonter ses informations jusqu'au sous-préfet,
02:38qui lui répond ses mots « Il n'y a pas mort d'homme ».
02:42Entre le mois de février et le mois de septembre 2002,
02:45Annick Matiguelo tente de convaincre les victimes de prendre la parole publiquement.
02:50Elle est convaincue que ces femmes ont toutes croisé la route du même homme.
02:55Et c'est pour elle le seul moyen d'avoir une chance de l'arrêter
02:58et de prévenir les autres femmes du danger.
03:00Elles finissent par accepter de témoigner en gardant l'anonymat.
03:05Il est grand, 1m70 environ, 40-42 ans, une corpulence très forte,
03:13revêtue d'une veste de toile bleue, toute boutonnée, et un turban blanc autour de la tête.
03:19D'après ces femmes agressées dans le gymnase, l'homme connaissait bien les lieux.
03:24Aujourd'hui, les victimes sont choquées et n'osent plus sortir de chez elles.
03:28Le maire de Louvrois l'a mis en place une cellule de crise.
03:31Elle veut accélérer les choses.
03:32J'ai décidé de rompre la loi du silence parce que dans ce cas-là, il y a deux solutions
03:37où on se tait et on est complice, où on parle et on met le bras de combat
03:42avec les médias, avec la police, avec le judiciaire.
03:46Et c'est ce que j'essaie de faire aujourd'hui.
03:49Damien Delsenis, le dimanche 1er septembre 2002 donc,
03:54la presse découvre cette affaire de viol en série dans la Sambre.
03:57Oui, Annick Matiguelo rend publique cette série de 4 viols et surtout apprend aux journalistes
04:03qui sont présents qu'il y a dans les archives de la police, de la justice, de la gendarmerie,
04:09une affaire de violeur en série plus ancienne.
04:12Ce violeur, il aurait sévi dans les années 90.
04:14Il a même un surnom, on l'appelle le violeur de la Sambre.
04:17Et il n'a jamais été ni identifié, ni évidemment arrêté.
04:21C'est la première fois que le grand public va entendre parler de ce violeur de la Sambre.
04:25Alors les médias régionaux, locaux, évidemment couvrent cette information, réagissent.
04:30Et puis comme elle prend de l'ampleur, elle est relayée au niveau de la presse nationale,
04:35tellement relayée que le journal télévisé de 20h de France 2, présenté par David Pujadas,
04:41va faire un sujet et va désigner la commune de Louvroile comme un village en proie à la psychose.
04:47Alors on l'évoquait, très souvent les tueurs ou les violeurs échappent à la police pendant de nombreuses années.
04:52C'est peut-être le cas à Louvroile, près de Maubeuge, un village en proie à la psychose.
04:57Trois tentatives de viol en un mois.
04:59Le mode opératoire est quasiment le même qu'il y a cinq ans,
05:02lorsqu'une vingtaine de viols avaient déjà été constatés.
05:05La mairie a décidé de prendre les choses en main.
05:07Sur place, Nicolas Châteauneuf, Thierry Breton.
05:09On l'entend dans la bouche du présentateur.
05:12Les enquêteurs savent qu'il y a déjà eu plus de 20 agressions sur le même secteur,
05:17commises avec le même procédé.
05:19Pourquoi est-ce que l'arrestation de ce violeur en série n'est pas une priorité ?
05:23Il faut peut-être se souvenir de cette réponse du sous-préfet à la maire de Louvroile
05:27quand il lui dit « il n'y a pas mort d'homme ».
05:29Évidemment, ça peut choquer aujourd'hui.
05:31À l'époque, ce violeur, cet agresseur sexuel, effectivement, il laisse ses victimes en vie.
05:36Donc ça représente tout de suite un caractère moins urgent,
05:39peut-être moins important, même si c'est extrêmement difficile à justifier et même à comprendre.
05:43Mais en tout cas, c'est une des premières explications pour que finalement,
05:47cette enquête, elle se soit un petit peu embourbée, enlisée.
05:50Il y a aussi le fait que dès le départ, les victimes, elles ont été pour certaines extrêmement mal reçues
05:55dans les brigades de gendarmerie ou dans les commissariats,
05:58qu'elles n'ont pas été bien écoutées, que leurs dépositions n'ont pas été bien prises.
06:02À l'époque aussi, on est encore au tout début des années 2000,
06:05tout ce qui est relatif à la criminalité sexuelle, aux agressions sexuelles, au viol,
06:10non seulement c'est assez mal défini finalement dans le code pénal,
06:13il y a eu des réformes depuis, par exemple l'attentat à la pudeur
06:16qui voulait un peu tout dire et rien dire, il a été abandonné aujourd'hui.
06:19On parlait aussi d'atteinte sexuelle plutôt que de parler d'agression sexuelle.
06:23Donc même le vocabulaire juridique n'était pas du tout adapté à ce type de criminalité.
06:28Donc ça incitait quelque part à minimiser, ou en tout cas à considérer
06:33qu'un certain nombre des faits qui étaient dans ce dossier
06:36étaient entre gros guillemets pas très graves dans la mesure où encore une fois
06:40il n'y avait pas de meurtre, il ne s'était pas suivi de meurtre.
06:42Donc il y a eu clairement un problème de perception de la gravité des faits
06:45et surtout de leur ampleur dans le nombre de victimes.
06:48Ce que ça pouvait impliquer géographiquement quand on voit qu'effectivement
06:51cet élu découvre que dans sa propre commune il y a eu plusieurs victimes
06:54et qu'on ne lui a rien dit et que finalement dans un secteur très proche
06:57il y a plein de victimes et qu'on ne lui dit rien, c'est effectivement assez révoltant.
07:00C'est un peu une époque où finalement c'est une criminalité
07:04qui est plutôt tenue sous silence.
07:05Après il y a une autre explication qui est elle un peu plus technique.
07:08Les premiers viols sont commis à la fin des années 80.
07:11On est encore très loin du niveau actuel de l'informatique.
07:13Donc les procédures elles sont papiers, rien n'est numérisé.
07:17Évidemment on n'échange rien sur les ordinateurs.
07:19Donc ces plaintes elles sont empilées dans des dossiers, dans des tiroirs.
07:23Une à la gendarmerie, une autre dans un commissariat.
07:26Tout ça est éparpillé.
07:27Il n'y a pas de centralisation informatique de ces procédures.
07:31Donc comme il n'y a pas de centralisation informatique, finalement personne n'en parle à personne.
07:34Les brigades de gendarmerie ne collaborent pas entre elles, pas plus qu'elles ne collaborent avec les commissariats.
07:39Enfin voilà, il y a une espèce d'éparpillement généralisé de ces procédures.
07:42Chacun va travailler de son côté sans jamais finalement poser sur la table
07:47et réaliser l'ampleur du phénomène et surtout son extrême gravité.
07:51Après la conférence de presse dont on a parlé un peu plus tôt, quelles sont les réactions ?
07:56Alors c'est assez étonnant parce qu'en réalité les acteurs locaux de la sécurité,
08:01que sont le commissaire de police, le procureur, les élus, les gendarmes,
08:05ils ne sont pas très contents en fait.
08:07Ils ne prennent pas très bien cette prise de parole de la mère d'une commune et de victimes
08:11parce que eux ce qu'ils voient c'est le côté ordre public
08:14parce qu'ils ont peur que tout ça crée un sentiment de psychose dans cette commune
08:18mais évidemment dans toute la région et sur tous les bords de la Sambre.
08:21Donc eux ils sont pour vivons heureux et vivons cachés.
08:23C'est un petit peu ça le message.
08:25Et en plus ils vont lui dire qu'au-delà de cet aspect ordre public,
08:28le fait de parler ouvertement de ce violeur en série, de ses enquêtes,
08:32ça peut entraver les investigations.
08:35Ils ont un discours qui n'est pas du tout d'ouverture
08:38et de dire on va parler de cette histoire, on va vous expliquer, on va vous raconter tout ça.
08:42Alors qu'elle, elle estime que son devoir c'est avant tout de protéger ses administrés
08:46et surtout les femmes puisque ce sont elles qui sont la seule cible de ce violeur.
08:51Mais pourquoi est-ce que les policiers et les gendarmes auraient préféré
08:54que l'enquête ne fasse pas autant de bruit ?
08:56Les enquêteurs, quels qu'ils soient, quelle que soit l'affaire,
08:58ils n'aiment pas qu'en toute façon on fait de la publicité
09:00quand les enquêtes sont en cours, que les personnes ne sont pas identifiées,
09:02les sujets ne sont pas identifiés.
09:03Ils ne sont jamais très fans d'une médiatisation d'affaires.
09:06Là en plus l'argument supplémentaire qu'ils vont donner c'est de dire
09:09mais en gros ce n'est pas la peine d'affoler tout le monde
09:11parce qu'on n'est même pas sûr en nous-mêmes que ces viols
09:14ils soient le fait d'une seule et même personne.
09:16Mais ce qui en réalité sur le fond ne change rien,
09:18il y a autant de victimes quand même à l'arrivée.
09:20À la limite qu'il y ait un, deux ou trois violeurs
09:22ce n'est pas tellement de problèmes.
09:23Le problème c'est qu'il y a déjà des dizaines de femmes
09:25qui ont été agressées, violées
09:27et qu'on n'est pas capable de trouver ce violeur.
09:34Le jeudi 5 décembre 2002, Blanche, 17 ans,
09:38se présente à la gendarmerie d'Aven-sur-Elpe avec sa mère.
09:41Il est environ 8 heures.
09:43Elle raconte que le matin même,
09:45alors qu'elle se rend, comme tous les jours,
09:47à l'école agricole d'Aven-sur-Elpe,
09:49elle entend quelqu'un courir derrière elle dans la rue.
09:52Elle croit d'abord que c'est un jogger.
09:54Mais quand l'homme arrive à sa hauteur,
09:56il se jette sur elle et passe ses deux bras autour de son cou.
10:00Blanche se met à crier.
10:02L'homme lui intime de se taire et menace de la tuer.
10:05Puis il lui dit,
10:07« On va au fond de la pâture
10:08et si tu fais ce que je te dis, je ne te tuerai pas. »
10:12Pendant qu'il la pousse pour avancer,
10:13la jeune femme lui demande s'il va la tuer.
10:16Il lui répète que si elle fait ce qu'il lui demande
10:18et qu'elle n'en parle à personne,
10:20elle aura la vie sauve.
10:22Puis l'homme demande qu'elle lui donne son écharpe
10:24et lui bande les yeux avec.
10:26Après quoi, il la déshabille pour lui caresser la poitrine.
10:30Puis il impose à Blanche de lui pratiquer une fellation.
10:33Après ce viol, Blanche se rend à son lycée
10:36et se confie immédiatement aux enseignants
10:39qui la prennent en charge.
10:41Entendue à nouveau le lendemain des faits,
10:43elle indique que l'agresseur avait la voix cassée
10:45et elle croit même avoir identifié quelqu'un qu'elle connaît.
10:49Un homme est donc entendu et rapidement mis hors de cause.
10:52Le violeur de la Sambre court toujours.
10:55La brigade criminelle, chargée de mener l'enquête,
10:58demande alors son aide à la police judiciaire de Lille,
11:00qui accepte.
11:02L'hiver et l'automne, puisque c'est la période de l'année
11:04pendant laquelle le violeur de la Sambre attaque,
11:07elle envoie des agents effectuer des surveillances
11:09autour des usines de la région.
11:11Les enquêteurs pensent que compte tenu de l'odeur décrite
11:14par les femmes agressées,
11:15l'homme qu'ils cherchent pourrait travailler
11:17dans une de ces entreprises.
11:19Ils suivent donc la piste d'un homme de corpulence
11:21et de taille moyenne,
11:23propriétaire d'une Renault 21
11:25et qui travaille dans une usine.
11:27Un homme comme il y en a beaucoup.
11:35Damien, que change l'entrée en scène
11:38de la police judiciaire de Lille ?
11:40Ça veut dire qu'on commence à accorder
11:41de l'importance à l'affaire.
11:42Quand on charge une police judiciaire
11:44qui est spécialisée dans les crimes complexes,
11:46dans le banditisme, etc.,
11:48ça veut dire que là, on a compris
11:49que le fait de travailler par petits groupes,
11:52des gendarmes d'un côté,
11:53des commissariats de l'autre,
11:54sans se parler, c'est plus possible.
11:56Donc c'est déjà une perception différente de l'affaire
11:58et on va se dire qu'on va se donner
12:00un peu plus les moyens d'enquêter.
12:02La police judiciaire, c'est des policiers
12:03qui sont un peu plus aguerris
12:05sur ce type de criminalité,
12:06qui sont plus habitués
12:08et qui ont une pratique un peu différente.
12:10Donc c'est surtout en termes de symboles
12:11et en termes d'importance
12:13qu'on finit enfin par donner à ce dossier.
12:16Finalement, l'enquête peine quand même à avancer.
12:19Oui, pourtant, la PJ va créer une sorte de cellule
12:22un peu spécialisée sur ce dossier-là.
12:24Il y a quatre fonctionnaires de police
12:25qui travaillent à plein temps,
12:27qui sont dirigés par un certain Franck Martens,
12:29qui lui va décider de tout reprendre
12:31depuis le début,
12:32mais c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail
12:34parce qu'évidemment, il faut reprendre
12:35toutes les procédures,
12:36toutes les plaintes,
12:37essayer de comprendre.
12:38Donc il va recontacter d'abord toutes les victimes
12:41et puis il va aussi se rapprocher
12:44du pays voisin, de la Belgique,
12:45puisqu'il y a des agressions,
12:47il y a des viols
12:48qui sont aussi commis
12:50de l'autre côté de la frontière
12:51qui est toute proche
12:51et avec surtout le même mode opératoire.
12:54Et qu'est-ce que ça donne ?
12:55Alors, il n'y a pas de résultat probant
12:57malgré le travail qui est fait
12:58par cette cellule de la PJ,
13:00mais on voit qu'en tout cas,
13:01ils n'abandonnent pas le dossier,
13:02qu'ils le font vivre,
13:03qu'ils essaient un petit peu de l'éplucher.
13:05On sait aussi qu'en même temps,
13:07la science et la police technique
13:08et scientifique avancent,
13:10font des progrès.
13:11Donc on va essayer d'aller retrouver
13:13à partir des prélèvements indénes
13:14qu'on a de nouvelles choses.
13:16Ils vont faire, entre autres,
13:17une recherche sur la parentalité
13:19de l'ADN qui a été découvert
13:21sur les scènes de crime.
13:22Alors, la parentalité en deux mots,
13:23c'est que vous avez une trace ADN
13:25que vous n'arrivez pas à identifier,
13:27vous n'arrivez pas à mettre un nom
13:28sur cette trace ADN.
13:29Et donc, vous la rentrez dans le fichier
13:30et vous essayez de voir
13:31si dans le fichier national des ADN,
13:34il y a d'autres ADN
13:35qui ont des points communs
13:37avec celui-là.
13:38Alors, vous savez, un ADN,
13:39c'est comme un code barre
13:40quand vous achetez quelque chose
13:41au supermarché,
13:41il y a un code barre,
13:42l'ADN, c'est pareil.
13:43Et si on voit dans le fichier
13:44qu'il y a un code barre
13:45alors qu'il n'est pas exactement le même
13:47mais qui ressemble
13:47et surtout sur certains segments
13:49de ce code barre,
13:50on peut se dire,
13:51bah tiens, cette personne
13:51qui, elle, est déjà dans le fichier,
13:53elle a peut-être un lien de parenté.
13:55Ça peut être un frère,
13:56un cousin, le père.
13:57Et donc, on fait des rapprochements
13:59entre cet ADN
13:59qu'on n'arrive pas à identifier
14:00et d'autres qui, par contre,
14:02eux, ont un nom,
14:02sont dans le fichier
14:03et qui ressemblent un peu.
14:05C'est ça, la technique
14:06de la parentalité.
14:07Mais le problème,
14:08c'est que ça donne
14:12des tas de secteurs
14:12qui peuvent être communs
14:13même avec des gens
14:13qui ne sont pas forcément
14:14de votre famille.
14:15Donc, ça fait sortir
14:16des centaines de noms du fichier.
14:18À chaque fois,
14:18il faut vérifier un par un.
14:20Donc, c'est très fastidieux.
14:21Et surtout, là,
14:22ça ne va pas donner du tout
14:23de résultat.
14:24Mais les policiers se disent,
14:25bon, on a quand même
14:26cette trace ADN
14:27qu'on retrouve la même
14:28sur plusieurs scènes de crime.
14:29Donc, c'est un élément
14:30qu'on va garder
14:31qui, un jour,
14:32sera sans doute
14:32un atout décisif
14:34pour comprendre
14:34ce qui s'est passé
14:35et pour identifier.
14:36Simplement,
14:37il y a un tout petit peu urgence
14:39parce que d'abord,
14:39ça fait quand même
14:40quelques années
14:40qu'on perd du temps
14:41dans cette histoire
14:41et qu'on n'a pas mis
14:42les moyens qu'il fallait.
14:43Et puis surtout,
14:44ça n'empêche pas
14:44le violeur de recommencer.
14:46La cellule Cold Case
14:47qui avait été ouverte
14:48en 2008
14:50ferme finalement
14:50en 2010.
14:51Oui, alors,
14:53probablement faute de moyens
14:54et parce qu'il y a
14:54d'autres priorités
14:55à ce moment-là
14:56à la police judiciaire
14:57de Lille
14:58et puis surtout
14:58parce qu'on ne trouve pas.
14:59Ça fait deux ans
14:59qu'on a mis des moyens
15:00sur un dossier.
15:01Ça ne donne rien.
15:02Donc, dans ces cas-là,
15:03on a tendance
15:04à déployer les moyens
15:05ailleurs.
15:06Mais Franck Martin,
15:07ce qui était un petit peu
15:08la mémoire de ce dossier,
15:09en tout cas celui
15:09qui s'y était
15:10le plus intéressé,
15:11il va quand même décider
15:12de garder
15:13un certain nombre
15:14de pièces,
15:15même s'il est muté,
15:16il quitte la PJ de Lille,
15:17mais il veut continuer
15:18à garder un œil
15:20sur ce dossier
15:20et quelque part
15:21à travailler encore dessus.
15:22Et il fait bien
15:24parce que c'est encore
15:25des années plus tard
15:26que ce travail,
15:27cette mémoire,
15:28elle va enfin
15:29porter ses fruits.
15:35Vous venez d'écouter
15:36Crime Story,
15:37le violeur de la Sambre,
15:38deuxième épisode sur quatre.
15:40Cet épisode a été créé
15:42en partenariat
15:43avec France 2
15:43qui diffuse
15:44à partir du lundi 13 novembre
15:46Sambre,
15:47une série inspirée
15:48de l'affaire dite
15:49du violeur de la Sambre
15:50et réalisée
15:51par Jean-Xavier de Lestrade.
15:53Comme d'habitude,
15:54Crime Story
15:55était raconté aujourd'hui
15:56avec Damien Delsenis.
15:57Il a été produit
15:58par Thibaut Lambert,
15:59Barbara Agouy
16:00et Raphaël Puyot
16:01réalisé par Julien Moukoukiol
16:03Rédaction en chef
16:04Jules Lavi
16:07Vous pouvez nous retrouver
16:08chaque samedi
16:09sur le site
16:10leparisien.fr
16:12ainsi que sur
16:12toutes les plateformes
16:13d'écoute.
16:14Si vous aimez
16:15Crime Story,
16:16vous pouvez nous le dire
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