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La première grande marche pour le climat le 16 mars a réuni plus de 350.000 personnes en France. Le 19 avril, l’une des plus grosses actions de désobéissance civile a eu lieu à la Défense (92). Plus de 2.000 activistes pacifiques ont empêché l’accès à quatre tours du quartier des Affaires. EDF, Total, la Société générale mais aussi des locaux du ministère de la Transition écologique et solidaire se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs heures. Partout dans le monde les actions de ce type se multiplient en faveur du climat. La non-violence peut-elle être la solution pour faire entendre l’urgence climatique ? Reportage avec ceux qui militent et y croient. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Jeanne Boezec - Réalisation et mixage : Benoît Laur et Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Des centaines de milliers d'élèves et d'étudiants ont observé aujourd'hui une grève scolaire pour le climat dans
00:171600 villes de 120 pays.
00:19Deuxième journée de mobilisation de ce type après celle du 15 mars.
00:23Ces manifestations sont ponctuées par des actes de désobéissance civile, sit-in, chaînes humaines, rassemblements pacifiques visant des lieux symboliques.
00:32Par exemple, aujourd'hui à Paris, des militants ont décroché le portrait du président Macron de la mairie du 19e
00:37arrondissement.
00:38Plusieurs collectifs proposent même des formations pour s'initier à ces actions coup de poing.
00:44Le reportage de Claudia Prolongeau commence à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
00:54Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.
00:59Depuis 30 ans dans le monde, il y a un dérèglement climatique.
01:03Je prends la décision de quitter le gouvernement.
01:06Make our planet great again.
01:14Si vous pouvez retirer les bijoux, les montres, les téléphones portables, tous ces trucs-là, on ne va rien faire
01:22de vraiment très dangereux.
01:23Mais bon, ça vous évitera au pire de, soit de les abîmer, au pire de vous blesser, de vous égratigner
01:30ou des trucs comme ça.
01:31Là, on est dans une grande salle qui est toute blanche.
01:35Donc il y a 16 personnes qui sont venues ce mercredi soir à cette formation à la désobéissance civile.
01:40C'est une formation qui dure 3h30 et pendant laquelle on montre des diapositives dans un premier temps en expliquant
01:46toute la stratégie de ces actions non-violentes.
01:50Et ensuite, il y a des exercices pratiques, ce qu'ils sont en train de faire en ce moment,
01:54qui sont des exercices pendant lesquels on apprend à résister pacifiquement aux forces de l'ordre.
02:00Alors dans un premier temps, on va voir la technique du poids mort.
02:07On va faire un premier truc.
02:09Vous allez essayer de m'embarquer et je vais assister.
02:12Je vais me tenir. Allez-y.
02:13On t'emmène pacifiquement.
02:15Emmenez-moi, emmenez-moi.
02:16Vous allez m'emmener, voilà, vous voulez, au campissariat.
02:19Merci.
02:23Ce soir, Clément fait partie des formateurs.
02:26Moi, ça a fait environ un an et demi que je suis militant.
02:28Et pourquoi tout d'un coup, c'est vous ?
02:30Non, non, moi, j'ai été politisé depuis longtemps.
02:33Et en fait, c'est très angoissant de se sentir dépassé par des choses graves qui nous arrivent.
02:40Et se mobiliser, ça permet de ne pas se sentir dépossédé de ces moyens d'action.
02:48Ça permet de prendre part, d'essayer de faire quelque chose, de faire bouger les choses et de ne pas
02:52être complètement dépassé.
02:55Et maintenant, on va faire la même chose.
02:57Vous allez essayer de m'emmener, mais je ne vais pas me laisser faire.
03:01Et vous n'avez pas le droit de me traîner.
03:03Vous devez me soulever.
03:04Je ne sais pas si les CRS, c'est comme ça.
03:07Non, les CRS, ils n'ont pas le droit de...
03:09Ils sont très nombreux, non ?
03:10Un, deux, trois.
03:12C'était comment ?
03:13Dur.
03:14Plus dur.
03:14Donc c'est ça, en fait, le but du jeu, c'est de ne pas coopérer de manière passive.
03:19Et donc, c'est de gagner un maximum de temps.
03:21Donc si vous résistez, si vous tenez, en fait, c'est assez facile de vous enlever.
03:24Surtout que les flics sont entraînés à ça, quoi.
03:26Enfin, ils sont plus forts que vous.
03:28Et donc, à l'inverse, quand on fait le poids mort, en fait, ça prend beaucoup plus de temps.
03:33C'est beaucoup plus galère.
03:34Comme tu disais, ils ont leurs équipements sur eux.
03:38Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, évalue les risques liés au réchauffement climatique.
03:45En octobre 2018, il préconisait de limiter celui-ci à 2 degrés.
03:49Au-delà, les impacts seraient dramatiques sur notre nutrition, notre santé et pourraient même devenir irréversibles.
03:55Alors oui, le rapport du GIEC, effectivement, dit qu'on peut maintenir en dessous de 2 degrés
03:59à condition de réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre dans deux ans.
04:03Ce qui est assez simple dans l'idée, c'est maintenir les énergies fossiles dans le sol.
04:10C'est-à-dire ne plus extraire de carbone et changer tout notre modèle de production d'énergie,
04:16tout notre modèle de production tout court, réorganiser nos modes de vie pour endiguer le dérèglement climatique
04:25et pour garantir à nous qui sommes là, vivant maintenant et aux générations futures,
04:30à des conditions d'existence comparables à celles qu'ont pu connaître nos parents.
04:34Si on prend au mot le rapport du GIEC, ça consiste à démanteler énormément de choses,
04:41à vraiment remettre en question, comme je le disais, notre système de production d'énergie
04:46et nos systèmes de production tout court.
04:48Par exemple, il faut arrêter dès à présent de produire des bouteilles en plastique.
04:52Voilà, c'est ce genre de choses.
04:53Et les exemples sont nombreux.
04:55Tout ce qui est nuisible à l'environnement et dont on peut se passer,
04:59d'une part sans risquer notre niveau de vie, sans diminuer,
05:03on peut se passer de bouteilles en plastique, ce n'est pas grave, il y a de l'eau courante
05:05partout.
05:06Voilà, toutes ces choses-là, il faut les faire d'urgence, tout de suite.
05:10D'où l'idée d'intervenir.
05:13Alors, deux choses.
05:15On va passer à la suite.
05:16Et petit point technique, n'oubliez pas qu'il y a un chapeau ici.
05:18La formation, c'est le prix libre.
05:20Mettez ce que vous voulez.
05:27Si je suis venue, c'est parce que je ne connaissais pas bien, en fait.
05:30Je suis activiste, médiactiviste.
05:33Je prends des photos avec mon smartphone personnel
05:35et ensuite, je les envoie aux personnes qui vont les diffuser sur les réseaux sociaux.
05:39Le cours des choses, c'est le désastre.
05:43Le cours des choses, c'est la crise écologique.
05:45Donc, nous, on ronde le cours des choses.
05:47Nous, on choisit la stratégie non violente.
05:49On choisit de s'interposer avec nos corps, avec des moyens logistiques, avec tous les moyens dont on dispose.
05:57Parce que, tout simplement, les autres systèmes, les autres voies ne fonctionnent pas.
06:02Et pourquoi le fait que ces actions sont non violentes est très important ?
06:06Parce que l'action non violente permet d'impliquer un maximum de monde,
06:10permet de diversifier les modes d'action
06:14et permet de pérenniser les tactiques et les actions dans le temps.
06:18C'est-à-dire qu'on peut multiplier les actions.
06:21On peut en faire de plus en plus, à l'inverse des actions violentes,
06:28qui excluent toutes celles et ceux qui ne sont pas prêts à prendre ces risques.
06:31Ils ne peuvent pas le faire physiquement pour tout un tas de raisons.
06:36Et, en fait, quand on a...
06:39Il y a des militants en Amérique qui ont fait des actions de sabotage sur des pipelines.
06:47C'est tout à fait légitime, je pense.
06:49Sauf que ces gens-là sont en prison pour 20 ans.
06:53Donc, c'est purement un choix stratégique.
06:55C'est de dire, nous, on pense que, par l'action non violente,
06:57par la mobilisation de masse,
06:59on peut inverser le rapport de force
07:01et maintenir ce rapport de force dans le temps.
07:04Ce qui n'est pas possible, forcément, avec des actions violentes.
07:07Et celle-là a des chances de fonctionner mieux ?
07:09D'après nous, oui.
07:11Elle porte déjà ses fruits.
07:12Alors, on peut débattre longtemps de est-ce qu'elle se suffit à elle-même ?
07:15Sans doute pas.
07:16On peut considérer tout un tas d'actions légitimes dans ce cadre-là,
07:20comme, par exemple, notre affaire à tous,
07:21qui porte l'affaire en justice,
07:24comme d'autres formes d'actions plus violentes.
07:26Donc, on n'a pas d'autorité intellectuelle ou morale sur la mobilisation.
07:31La collapsologie, c'est l'étude de l'effondrement qui va arriver.
07:38L'effondrement, donc, l'extinction du vivant
07:40qui va entraîner l'arrêt de toutes les activités économiques, etc., sur Terre.
07:48Et quelles solutions existent pour demain ?
07:50Comment on construit demain ?
07:53Et donc, c'est un mouvement qui est en train de prendre de l'ampleur
07:56et des gens se penchent beaucoup sur ce sujet,
07:59avec la création d'éco-lieux, éco-hameaux, habitat partagé, etc.
08:04Et je m'intéresse vraiment à ces thématiques-là.
08:07Comment vous en êtes venue à vous intéresser à ça ?
08:10J'ai fait des études dans le tourisme durable et le développement durable me tient à cœur et c'est
08:16notre futur, c'est demain.
08:18J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice à ma façon pour ne pas dire plus tard que je
08:24n'ai rien fait et j'aurais pu faire des choses tant qu'il était encore temps.
08:28Moi, je pense qu'on commence à méditer parce qu'on a l'espoir que les choses s'améliorent, sinon
08:32on est juste désespérés et on ne fait pas grand-chose.
08:36Le retard politique, le retard dans les actions politiques aujourd'hui ne reflète pas du tout la volonté des gens.
08:43Là, ce qu'il faut, c'est combler le gap entre la compréhension peut-être un peu vague de la
08:50majeure partie des gens de l'urgence climatique
08:54et leur faire comprendre rapidement ce qu'il faut faire rapidement, ce que ça implique dans les changements de vie,
08:57tout ça, tout ça,
08:58pour que les gens se politisent et comprennent rapidement et faire basculer le cadre politique, les décisions le plus vite
09:05possible.
09:05C'est-à-dire de dire, nous, on n'attend pas des décideurs qui changent d'avis.
09:09Ce n'est pas ça notre propos. On veut les obliger à faire les choses qu'il faut faire, qui
09:14s'imposent.
09:16Et en fait, on aura une société écologique un jour ou l'autre, quoi qu'il arrive.
09:20La seule question, c'est de savoir dans quelles conditions.
09:22Et nous, on milite pour que ça arrive dans les conditions les plus justes, les plus démocratiques, les plus sereines
09:29possibles pour tout le monde.
09:31Donc oui, si on est là, on est plein d'espoir. On essaye de faire des choses le plus positivement
09:36possible.
09:38Après, il y a aussi des raisons tout à fait raisonnables de penser qu'on n'y arrivera pas.
09:42Bon, c'est comme ça, quoi. Nous, on fait le pari d'essayer.
09:46Il faisait quoi de pas bien avec les jambes ?
09:47Il avait les jambes un peu tendues. Il faut les relâcher complètement.
09:52Là, en fait, vous, vous notez les noms des personnes pour les recontacter derrière ?
09:55Oui, c'est ça. C'est pour pouvoir ensuite mobiliser les gens plus facilement lors d'une action ou quoi.
10:07C'est l'un des symboles de ces espèces qui disparaissent.
10:11L'éléphant d'Afrique, toujours plus rare, est de plus en plus menacé par la déforestation et le braconnage.
10:17Les grandes banques, les grandes sociétés générales, se financent massivement les énergies fossiles.
10:22On est en train de vivre une sixième extinction des espèces.
10:26Et le rythme de destruction et de disparition, lui, est inégalé, absolument inégalé, dans l'histoire de la planète et
10:32de l'humanité.
10:33Est-ce que vous comprenez, depuis des mois, on a signé des pétitions à quelques millions de personnes.
10:38Les plus grosses pétitions en France, jamais signées.
10:40On n'a aucune réponse, ni du gouvernement, ni des grandes entreprises.
10:47Pendant la formation, on m'a plusieurs fois parlé de la base.
10:50Alors j'ai voulu y aller, là je suis devant, c'est au 31 Rubichat, dans le 10e arrondissement de
10:55Paris.
10:56Ça s'appelle base pour base d'action sociale et écologique.
10:59Sur un mur entièrement décoré, il y a écrit « Ensemble, nous sommes une force immense ».
11:04Et devant, il y a un panneau sur lequel on peut lire « Salut toi, la base est ouverte, entre
11:09» et donc je vais entrer.
11:14Ça ressemble plus à une cafétéria d'université qu'à autre chose, il y a écrit « Le bar du
11:19siècle ».
11:20Et donc on me dit de m'adresser à Marielle qui vient de passer.
11:24Moi je fais partie des permanentes de la base, je fais partie de l'équipe qui gère le lieu au
11:30quotidien.
11:31Et pour moi, plus sur la partie à la fois la gestion du bar, la gestion des bénévoles,
11:35et aussi tout ce qui va être réservation des salles de réunion.
11:38Donc la base, c'est la base d'action sociale et écologique, c'est une sorte de QG de la
11:43mobilisation,
11:44à la fois climat et justice sociale, et en fait qui a été fondée par 10 associations,
11:51dont Alternatiba et NVCOP21, Notre Affaire à tous, Partagez c'est sympa, et beaucoup d'autres,
11:57pour en fait, avec plusieurs objectifs, à la fois que ce soit une porte d'entrée
12:00pour des citoyens qui souhaitent s'engager dans ces mobilisations-là.
12:04Et en plus de ça, c'est un lieu qui permet en fait aussi aux organisations,
12:09à la fois celles qui travaillent dans les étages et aussi qui sont présentes ici,
12:12de se rencontrer, de se réunir et de se connaître en fait aussi, même personnellement en fait,
12:19ce qui n'avait pas forcément l'occasion avant où les gens se connaissaient rapidement,
12:22mais voilà, ça permet d'avancer là-dessus.
12:24Ce lieu est ouvert depuis le 1er mars, et voilà, il est ouvert pour 13 mois.
12:27En fait, c'est un bail précaire de 13 mois, et donc on est ouvert après toute la journée
12:32en fait, pour accueillir le maximum de gens.
12:35Vous avez quel âge ?
12:3770, bientôt.
12:38Et vous vous appelez comment ?
12:40Didier.
12:41C'est la première fois que vous venez ?
12:43Non, la deuxième fois.
12:44Maintenant, je suis à la retraite, alors je fais pas mal d'activités dans le monde alternatif,
12:51comme on dit, ça fait plus de 40 ans que je suis, que je baigne dedans,
12:56alors je voulais voir un peu les petits jeunes, comment ils se débrouillent.
12:59Là, on voit encore qu'il y a beaucoup de jeunes.
13:01Ça vous étonne, vous ?
13:03Non, ça m'étonne pas, parce qu'aujourd'hui, il y a les jeunes d'un côté, les moins jeunes
13:10d'un autre,
13:11les plus vieux d'un côté, personne ne se mélange.
13:14Donc ça m'étonne pas.
13:15Et vous, vous avez noté une différence dans la manière dont les gens s'engagent depuis 40 ans,
13:20puisque vous êtes militant depuis 40 ans ?
13:22C'est un peu compliqué, mais disons, à mon avis, maintenant, c'est beaucoup plus superficiel.
13:30Les jeunes, bon, ils font ça.
13:33Ils viennent là, surtout, boire un coup, boire le café, discuter entre copains, etc.
13:37Moi, j'étais au Larzac, je suis l'ancien combattant.
13:40On faisait 100 bornes, à peu près, pour y aller.
13:47C'était compliqué, il y avait la police, il y avait l'armée, il y avait plein de choses, plein
13:53d'obstacles.
13:54Maintenant, tout est facile.
13:57Vous avez des enfants et des petits-enfants ?
13:59Une fille.
14:01Et qu'est-ce qu'elle en pense, elle, de tout ça ?
14:04Elle milite dans l'association qui s'appelle « Si, je sais pas, pour les baleines ».
14:10Et justement, pour moi, c'est ça, la vraie, la continuité.
14:14Ça fait 40 ans qu'ils font ça, ils prennent des risques, ils attaquent les braconniers, etc.
14:20Ils font respecter la légalité.
14:22Ça, pour moi, c'est intéressant.
14:24Moi, je fais pas parce que je suis pas bien âgé.
14:29Mais pour moi, c'est ça qu'il faudrait faire.
14:39Alors, la base, c'est un endroit coloré, avec des poutres, avec des guirlandes.
14:45Il y a énormément d'affiches qui sont sur les murs.
14:48On peut lire « Aux arbres citoyens », « Marche ou grève », « Changeons le système », « Pas
14:53le climat ».
14:54Au fond de la salle, il y a un bar qui est fait de palettes de bois.
14:59On y sert des bières locales et artisanales.
15:03Il y a aussi de l'apéritif végétarien.
15:05Et donc, il y a des bénévoles qui sont derrière le bar.
15:09Vous, vous êtes bénévole ici ?
15:11Ouais, c'est ça.
15:11Je suis bénévole ici, je sers au bar.
15:14Je donne de mon temps pour la bonne cause.
15:16Ça fait longtemps ?
15:16Je suis là depuis l'ouverture, en fait.
15:18Et comment est-ce que vous avez connu cet endroit ?
15:20Des amis d'amis.
15:21J'ai aidé pour les travaux.
15:22J'ai vu qu'il y avait une bonne énergie, que j'avais envie de traîner ici.
15:25Et je me suis dit que c'était l'endroit où il fallait être pour s'activer un peu sur
15:27le climat.
15:29Et c'est la première fois que vous vous activez un peu sur le climat ?
15:31Ouais, concrètement, ouais.
15:33Mais je me pose plein de questions sur la forme que doit prendre mon activité sur le climat.
15:38Du coup, c'est en pleine réflexion.
15:40Et la moindre des choses que je peux faire pendant que je réfléchis, c'est de participer ici.
15:43Je suis en train de me poser la question, de me demander
15:45est-ce que c'est vraiment la bonne solution de rester pacifique et de rester tout tranquille, tout calme,
15:51de faire des blocages, des sit-ins, des choses comme ça ?
15:54Quand on voit qu'on n'a eu absolument aucune victoire, concrètement,
15:57depuis le début du mouvement climat, et je dois remonter peut-être à 10 ans quand je dis ça,
16:02avant que je m'y intéresse même, il y a très très peu, voire pas du tout de victoire.
16:06Et est-ce qu'on est en train d'employer la bonne stratégie ?
16:08C'est toute la question que je me pose, au vu des victoires qu'on a récoltées.
16:12Vous pensez qu'il faudrait être un peu plus rentre-dedans ?
16:15Ouais, un peu plus rentre-dedans, un peu plus énergique, alors pas violent en soi,
16:19mais peut-être un petit peu plus ferme, allier la résistance, l'action non-violente
16:25à l'action un petit peu plus violente et un peu plus énergique, on va dire.
16:30Ça me paraît avoir plus de sens que simplement aller bloquer des sociétés générales pendant 12 heures,
16:34et au final les salariés, ils reviendront le lundi.
16:38La convergence des luttes, c'est quand même quelque chose qu'on fantasme depuis très longtemps.
16:42Est-ce qu'on y est arrivé ?
16:43Mais il faut tout faire pour ça, c'est absolument le but primordial à mon sens.
16:47Si vous regardez les gens autour de nous, on est tous blancs,
16:50et on a tous la même tranche d'âge, on doit tous venir probablement plus ou moins des mêmes milieux,
16:55et on n'arrive pas encore à ouvrir le mouvement climat à d'autres catégories de la population.
17:00Et c'est impératif, parce que c'est les gens les plus pauvres qui vont être touchés des premiers,
17:04et c'est là le problème.
17:18Claudia, ces actions de désobéissance civile, on a l'impression qu'elles sont encore marginales.
17:22Oui, alors en fait, ça concerne de plus en plus de monde.
17:24Le 19 avril, il y a eu la plus grosse action qui a été menée en France.
17:28Il y avait 2000 activistes à la Défense pour ce qu'ils ont appelé bloquons la République des pollueurs.
17:33Ils ont donc empêché l'accès aux entreprises totales EDF et la Société Générale,
17:38et plus tard dans la journée au ministère de la Transition écologique et solidaire.
17:41Pendant ces actions, des banderoles ont été déployées, il y a eu quelques trottoirs tagués,
17:45et les portraits d'Emmanuel Macron décrochés ces derniers mois, on en parlait au début, qui ont été brandis.
17:50C'est d'ailleurs une autre action de désobéissance civile.
17:53Et 9 d'entre eux seront jugés à Paris le 11 septembre.
17:56Oui, et pourtant ça ne les arrête pas, puisque divers collectifs continuent à inciter au décrochage de 125 portraits d
18:03'Emmanuel Macron d'ici le G7 en août.
18:05125 comme le nombre de jours seulement qui ont été nécessaires à la France pour dépasser son empreinte écologique.
18:14Merci Claudia Prolongeau, Code Source et le podcast d'actualité du Parisien,
18:19production Jeanne Boézek, montage et mixage, Benoît Laure, Julien Moncouquiole.
18:25N'oubliez pas de vous abonner gratuitement sur votre application de podcast préférée ou sur Spotify et Deezer.
18:30Vous pouvez nous suivre sur Twitter ou nous écrire codesource at leparisien.fr
18:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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