- il y a 7 mois
GRAND DÉBAT / Climat : la nouvelle alerte des scientifiques
« Le récap » par Bruno Donnet
Des chercheurs et anciens membres du GIEC, ont publié une étude alarmante : l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, fixé lors de l'Accord de Paris en 2015, « n'est désormais plus atteignable ». Selon leurs travaux, la planète se réchauffe à un rythme inédit de 0,27 °C par décennie. Sans réaction forte des États, le seuil des +3 °C pourrait être atteint d'ici 2100. Ces derniers mois, la Chine a dépassé les 40 °C, les Émirats arabes unis ont frôlé les 52 °C, et le Pakistan a été balayé par des vents meurtriers après une canicule extrême. Inondations en Australie, en France, en Algérie, en Inde, en Chine ou encore au Ghana ; incendies ravageurs au Canada : les signaux d'alerte se multiplient. Pourtant, en France, les décisions politiques semblent ignorer cette réalité. Le 19 juin 2025, l'Assemblée nationale - presque vide sur les bancs de gauche - a adopté un moratoire sur l'éolien et le solaire, grâce aux voix de la droite et de l'extrême droite. Quelques jours plus tôt, les députés votaient la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). L'écologie est-elle devenue impopulaire ?
Invités :
- David Cormand, député européen « Les écologistes »,
- Jean Jouzel, paléoclimatologue,
- Emeline Notari-Andjerakian, responsable du programme financement de la transition écologique au Réseau Action Climat,
- En visioconférence : Jérôme Nury, député « Droite Républicaine » de l'Orne.
GRAND ENTRETIEN / Jul : « La Belle et la Bête », un conte et une polémique
Jul, dessinateur connu pour « Silex and the City » et « Lucky Luke », a travaillé sur une version modernisée du conte « La Belle et la Bête » pour l'opération « Un livre pour les vacances » du ministère de l'Éducation nationale. Jul a illustré le texte original de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont (1756), en reprenant des éléments contemporains et familiers des élèves, comme les réseaux sociaux et certaines références à la culture maghrébine. Jugée inadaptée à des enfants de CM2, l'édition a été décommandée à la veille de l'impression (800 000 exemplaires), provoquant la stupéfaction de Jul, qui dénonce une censure politique. Le ministère, par la voix de Caroline Pascal, invoque un manque d'adaptation pédagogique pour justifier la décision. Jul critique un rejet déguisé de la diversité représentée dans son oeuvre, tandis que la ministre Elisabeth Borne nie toute censure, affirmant qu'il s'agit d'un choix pédagogique. Comment Jul a-t-il imaginé sa version du personnage de « La Belle » ?
Grand invité : Jul, dessinateur et auteur de « La Belle et la Bête » (éditions Réunion des Musées Nationaux)
LA SÉANCE DE RATTRAPAGE / François Bayrou sur un fil ?
Invités :
- Jean-Baptiste Daoulas, journaliste politique à « Libération »,
- David Revault d'Allonnes, rédacteur en chef de la revue « l'Hémicycle »,
- Stéphanie Dépierre, journaliste LCP.
« Le récap » par Bruno Donnet
Des chercheurs et anciens membres du GIEC, ont publié une étude alarmante : l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, fixé lors de l'Accord de Paris en 2015, « n'est désormais plus atteignable ». Selon leurs travaux, la planète se réchauffe à un rythme inédit de 0,27 °C par décennie. Sans réaction forte des États, le seuil des +3 °C pourrait être atteint d'ici 2100. Ces derniers mois, la Chine a dépassé les 40 °C, les Émirats arabes unis ont frôlé les 52 °C, et le Pakistan a été balayé par des vents meurtriers après une canicule extrême. Inondations en Australie, en France, en Algérie, en Inde, en Chine ou encore au Ghana ; incendies ravageurs au Canada : les signaux d'alerte se multiplient. Pourtant, en France, les décisions politiques semblent ignorer cette réalité. Le 19 juin 2025, l'Assemblée nationale - presque vide sur les bancs de gauche - a adopté un moratoire sur l'éolien et le solaire, grâce aux voix de la droite et de l'extrême droite. Quelques jours plus tôt, les députés votaient la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). L'écologie est-elle devenue impopulaire ?
Invités :
- David Cormand, député européen « Les écologistes »,
- Jean Jouzel, paléoclimatologue,
- Emeline Notari-Andjerakian, responsable du programme financement de la transition écologique au Réseau Action Climat,
- En visioconférence : Jérôme Nury, député « Droite Républicaine » de l'Orne.
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- David Revault d'Allonnes, rédacteur en chef de la revue « l'Hémicycle »,
- Stéphanie Dépierre, journaliste LCP.
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NewsTranscription
00:00:00...
00:00:00Bonsoir et bienvenue dans Savourgarde.
00:00:08Bonsoir, Jules.
00:00:09Bonsoir.
00:00:09Vous êtes notre grand témoin ce soir à l'occasion de la sortie en librairie
00:00:12de ce compte illustré de la belle et la bête qui a tant fait parler de lui.
00:00:16Il devait être distribué à 800 000 exemplaires à des élèves de CM2.
00:00:19Opération annulée à la dernière minute.
00:00:21Alors on essaiera de comprendre pourquoi exactement.
00:00:23Et puis on parlera du livre lui-même, bien entendu.
00:00:26Mais avant cela, on reviendra sur ce triste anniversaire.
00:00:29En 10 ans après la COP21 de Paris,
00:00:31l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré est officiellement hors d'atteinte.
00:00:36Ce sont d'anciens membres du GIEC qui l'annoncent.
00:00:39Alors les solutions, on les connaît, mais on ne les applique pas.
00:00:41Comment sortir de cette impasse ?
00:00:43On en débattra avec nos invités, notamment le climatologue Jean Jouzel.
00:00:47Enfin, la censure, le retour de la menace n'est pas le titre d'un film,
00:00:51mais le thème de notre séance de rattrapage à suivre à la fin de l'émission.
00:00:55Voilà pour le sommaire.
00:00:56Jules, est-ce que vous êtes prêt ?
00:00:58Prêt.
00:00:58Eh bien, on y va. Suivez-moi.
00:00:59Allons-y.
00:00:59Si on parle du réchauffement climatique aujourd'hui,
00:01:13ce n'est pas parce que la France est à nouveau en vigilance canicule.
00:01:16C'est presque devenu une habitude.
00:01:18Non, c'est parce que les plus grands experts scientifiques
00:01:20viennent d'acter un point de non-retour.
00:01:22On ne limitera pas le réchauffement de la planète à 1,5 degré comme on l'espérait.
00:01:27C'est trop tard.
00:01:27On a épuisé notre budget carbone beaucoup plus vite qu'on ne le pensait.
00:01:31Alors, que faire ?
00:01:32Comment réagir ?
00:01:33Alors que l'écologie recule de Donald Trump aux Etats-Unis,
00:01:36aux ZFE en France,
00:01:37on en débat avec un des plus grands spécialistes du sujet,
00:01:41Jean Jouzel.
00:01:42Bonsoir.
00:01:43Bonsoir.
00:01:43Et merci d'être avec nous ce soir.
00:01:45Vous êtes paléoclimatologue.
00:01:47Vous avez longtemps travaillé pour le GIEC,
00:01:49le groupe intergouvernemental d'experts sur le climat.
00:01:51Vous êtes médaille d'or du CNRS.
00:01:52Vous avez obtenu l'équivalent du Nobel sur les sciences de la Terre
00:01:56et vous êtes l'auteur de travaux reconnus dans le monde entier sur cette question.
00:01:59À vos côtés, Emeline Notari-Angérakian.
00:02:02Bonsoir.
00:02:03Bonsoir.
00:02:03Vous êtes responsable du programme financement de la transition écologique
00:02:06au sein du réseau Action Climat.
00:02:09Et David Cormand, bonsoir.
00:02:10Bonsoir.
00:02:11Vous êtes député européen et ancien patron des écologistes en France.
00:02:15Enfin, nous serons aussi en liaison vidéo avec le député de la droite républicaine,
00:02:19Jérôme Nury, dans un instant.
00:02:21Mais d'abord, le récap de Bruno Donnet.
00:02:34Bonsoir, Bruno.
00:02:35Bonsoir, Clément.
00:02:35Bonsoir à tous.
00:02:36Et dans votre récap ce soir, des souvenirs de la COP21
00:02:40et une étude qui donne chaud.
00:02:41Oui, souvenez-vous Clément, c'était il y a 10 ans.
00:02:44En pleine conférence sur le climat à Paris,
00:02:47Laurent Fabius évoquait l'enjeu principal de l'accord qu'il appelait de ses voeux.
00:02:51Il confirme notre objectif central, vital même, de contenir l'augmentation de la température moyenne bien en deçà de 2 degrés
00:03:03et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 degrés.
00:03:10L'objectif était clair, limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.
00:03:16Et devinez quoi ?
00:03:17Les 195 pays qui participaient à ce moment historique avaient réussi à se mettre tous d'accord.
00:03:24Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n'entends pas d'objection.
00:03:30L'accord de Paris pour le climat est accepté.
00:03:33Paf, l'émotion était vive, les applaudissements nourris.
00:03:38Seulement voilà, hier, 10 ans après ce bel instant de communion,
00:03:42des chercheurs français de renom ainsi que d'anciens membres du GIEC l'ont affirmé formellement.
00:03:48Les 1,5 degré, ce ne sera pas possible.
00:03:52On est dans un monde 1,36 degré plus chaud du fait des activités humaines
00:03:56et on va très vite atteindre ce niveau de réchauffement d'un degré et demi dans les années qui viennent.
00:04:02Alors quel est l'état des lieux précis, Bruno ?
00:04:05Alors précisément, Clément, d'après l'étude qu'a publiée hier la revue Earth System Science Data,
00:04:11les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble de la planète ont atteint en 2023
00:04:16le chiffre record de 55 milliards de tonnes.
00:04:20Alors à titre de comparaison, c'était 38 milliards de tonnes en 2019
00:04:24et seulement 12 milliards de tonnes en 1990.
00:04:27Autre indicateur inquiétant, les océans se sont élevés de près de 4 mm par an depuis 2006,
00:04:35ce qui fait plus de 7 cm en moins de 20 ans.
00:04:38C'est deux fois plus que le rythme qui avait été observé depuis 1901.
00:04:42Quant à l'augmentation des températures, elle est désormais de 0,27 degré tous les 10 ans.
00:04:48Alors on a un peu de mal à interpréter ces chiffres.
00:04:50Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça représente concrètement ?
00:04:54Alors concrètement Clément, et pour mieux comprendre, je vous ai préparé ici un petit tableau
00:04:58avec ce qui change selon que l'augmentation de la température est de 1,5 degré ou bien de 2 degrés.
00:05:04Regardez, 0,5 degré de réchauffement en plus, ça veut dire 10 cm de plus de montée du niveau des mers
00:05:10et 10 millions de personnes de plus exposées à la submersion.
00:05:14Mais enfin, un tout dernier chiffre, en 2024, le réchauffement s'est élevé à 1,52 degré par rapport à l'ère pré-industrielle.
00:05:24On a donc dépassé pour la toute première fois, Clément, le fameux seuil des 1,5 degré.
00:05:28Merci beaucoup Bruno Donnet.
00:05:31Jean-Jouzel, je commence par vous.
00:05:33Vous avez fait partie du GIEC, je le disais.
00:05:35Ces rapports, ils sont toujours scrutés de près.
00:05:36Le problème, c'est qu'ils ne sont publiés que tous les 6 ou 7 ans, je crois.
00:05:41C'est utile d'avoir ce nouvel outil de suivi presque en temps réel.
00:05:45Permettez-moi, Clément, d'abord de rendre hommage au GIEC quand même.
00:05:48Parce que ce que nous vivons aujourd'hui, c'est vraiment ce que les rapports du GIEC ont anticipé depuis 50 ans.
00:05:54Moi, j'ai participé à 4 rapports du GIEC, d'autres personnes y participent maintenant, mais c'est un premier point.
00:06:00Effectivement, un des problèmes des rapports du GIEC, c'est qu'ils sont publiés tous les 5 à 6 ans.
00:06:06Donc, il y a des espaces.
00:06:07Alors, entre-temps, il y a des rapports, disons, plus ciblés.
00:06:10Par exemple, il y aura très rapidement un rapport sur réchauffement climatique et les villes.
00:06:15Mais je crois que c'est une très belle initiative que de regarder chaque année, de faire un bilan chaque année, de faire un point.
00:06:21Et c'est ce qu'a entrepris depuis 3 ans, dont des collègues comme Valérie Masson-Delmotte en France,
00:06:28Roland Ribes, des anciens du GIEC, généralement, qui se regroupent.
00:06:32Ils sont, je crois, 60 ou 70 et qui font un état des lieux chaque année.
00:06:36Je crois que c'est très bienvenu.
00:06:37C'est depuis 3 ans, depuis le dernier rapport du GIEC.
00:06:39C'est très utile et effectivement, les résultats qui ont été présentés ici rapidement, il faut froidir dans le dos quand même.
00:06:48C'était ma question suivante.
00:06:50Comment vous accueillez cette annonce-là ?
00:06:52Est-ce que vous-même, vous y aviez cru il y a 10 ans, quand Laurent Fabius avait cru taper comme ça sur un degré 5 ?
00:06:58Très important, oui, on affiche dans la Convention climat, cet objectif vient d'un stade de 2 degrés, si possible 1,5 degrés.
00:07:09Et en fait, le rapport 1,5, quand on a regardé, on voit que ce serait beaucoup plus facile aux jeunes d'aujourd'hui s'adapter à 1,5 degrés plutôt qu'à 2 degrés.
00:07:22Vraiment, un dixième de degré, ça compte, c'est ça le message.
00:07:25Donc, mais le point qui est important dans l'accord de Paris, c'est qu'il est aussi écrit dans l'accord de Paris que les engagements pris ne sont pas à la hauteur des objectifs.
00:07:34Dès au départ de l'accord de Paris, nous savions, et c'est aussi très clairement écrit dans le cinquième rapport du GIEC,
00:07:41que nous irions vers un réchauffement de l'ordre de 3 degrés à l'échelle planétaire, 4 degrés en France, voire plus.
00:07:46Il faut voir qu'actuellement, c'est pas loin de 2 degrés en France.
00:07:49Donc non, malheureusement, ce n'est pas une surprise, je le redis, ce que nous vivons aujourd'hui, c'est ce que nous anticipons en termes,
00:07:54vous avez parlé de l'accélération de l'élévation du niveau de la mer, deux fois plus rapide que dans les années 90, je dirais,
00:08:01eh bien tout ça, c'était prévu. Les événements climatiques extrêmes, c'est ce dont on parle depuis le troisième rapport du GIEC de façon récurrente.
00:08:08Donc ne soyons pas surpris, et ce qui est annoncé ici, c'était, je dirais là, le décès de l'objectif 1.5,
00:08:17c'est déjà annoncé depuis assez longtemps également, la difficulté, donc on voit bien, un chiffre peut-être,
00:08:23il ne nous reste plus que trois ans d'émission au rythme actuel pour ne pas dépasser 1.5.
00:08:29Donc on voit bien que c'est impossible. Donc voilà, pour les 2 degrés, ça ferait plutôt...
00:08:33Mais ça ne vous déprime pas de voir cela ?
00:08:36Si, ce qui me déprime, c'est surtout la réaction, on en parlera, mes collègues en parleront aussi ce soir,
00:08:42la réaction aussi bien au niveau planétaire.
00:08:44Bon, voilà, on va, disons, il y a vraiment, y compris d'ailleurs la remise en cause complète de la science,
00:08:50et ça, c'est encore, ça va beaucoup plus loin que simplement la science du climat.
00:08:54Il y a quand même aussi, au niveau européen, eh bien, effectivement, on n'est pas à la hauteur au niveau européen.
00:08:59Le Green Deal n'est pas à la hauteur. Bon, David Cormont va me dire, voilà, je suis le député européen.
00:09:04Je crois que le Green Deal était ambitieux au départ, il l'est beaucoup moins.
00:09:08Et au niveau français, nous en parlerons peut-être, c'est reculade, ce reculade.
00:09:12On va en parler, effectivement.
00:09:12Et il n'y a pas pire climato-scepticisme que de reculer sur les...
00:09:16Ne nous dites pas que, nous, on croit au réchauffement climatique, mais on va surtout ne rien faire.
00:09:20C'est du climato-scepticisme que de ne rien faire.
00:09:23On va en parler dans un instant de la situation en France.
00:09:25David Cormont, donc vous êtes eurodéputé, traité de ces enjeux au niveau européen.
00:09:31Comment vous accueillez ces chiffres ?
00:09:33Ben, il y a deux choses.
00:09:35Il y a à la fois l'effroi, la colère, quand même, parce que, dans ce domaine-là,
00:09:41on n'avance pas dans le brouillard.
00:09:43Il y a d'autres domaines en politique où on peut penser que c'est ceci ou cela qu'il faut faire.
00:09:47Voilà, ça se discute.
00:09:49Sur le diagnostic, on peut être plus ou moins, voilà, sur, je ne sais pas quoi, l'insécurité,
00:09:53les questions sociales.
00:09:54Les uns et les autres peuvent avoir des appréciations différentes.
00:09:56Là, quand même, ce qui est sidérant, c'est qu'on a, si j'ose dire, une prise de température
00:10:02qui est, enfin, on ne peut pas plus, factuelle.
00:10:05Et face à des choses que l'on sait, on a une classe politique majoritairement qui ne veut pas le croire
00:10:11ou qui fait semblant de ne pas le croire pour maintenir un modèle dominant
00:10:15dont on sait qu'il nous met dans le mur, mais pas tout de suite.
00:10:18Donc, moi, c'est ça qui me met en colère.
00:10:21Mais je ne veux pas rester sur la colère et le côté négatif.
00:10:24Je vais essayer de dire, il y a de bonnes nouvelles.
00:10:26La bonne nouvelle, d'abord, c'est qu'on a ce diagnostic.
00:10:28C'est qu'en fait, on a tous les éléments à portée de main.
00:10:31Et encore une fois, ce n'est pas vrai dans tous les sujets.
00:10:33Là, on les a.
00:10:34Mais plus important, on sait quoi faire.
00:10:37On sait quoi faire.
00:10:37On n'est pas devant une situation devant laquelle on serait...
00:10:40Ce n'est pas une météorite, vous savez, le film...
00:10:42Ce n'est pas une météorite qui arrive et on ne peut rien y faire.
00:10:44C'est quelque chose...
00:10:45On a les solutions, elles existent.
00:10:47Et là, c'est là qu'il y a une responsabilité politique
00:10:50dans le sens le plus noble du terme.
00:10:51C'est quoi, la politique ?
00:10:53C'est faire en sorte de garder le contrôle
00:10:55sur ce dont dépend notre subsistance.
00:10:57C'est ça, la définition de la politique.
00:10:59Et donc, notre job, c'est de garder le contrôle
00:11:00sur ce dont dépend notre subsistance.
00:11:03Or là, on est en train, par nos décisions,
00:11:06de créer une situation où on perd le contrôle
00:11:08sur ce dont dépend notre subsistance.
00:11:10Et donc, il faut redonner du pouvoir à la politique
00:11:12ce que ne font pas...
00:11:14Jean-Josèle a parlé du Pacte vert.
00:11:16On était contents en 2019, la mandature précédente.
00:11:19C'est un Green Deal, un Pacte vert européen
00:11:21qui devait justement mettre en accord
00:11:23les politiques européennes, y compris économiques,
00:11:27avec les objectifs de 2015, des accords de Paris.
00:11:31D'abord, Jean-Josèle a raison,
00:11:33l'ambition était déjà insuffisante.
00:11:36Mais songer qu'avant même
00:11:37que ce que nous avions voté soit mis en œuvre,
00:11:39c'est déjà en train d'être détruit.
00:11:42Autre élément, ce Pacte vert n'avait pas prévu,
00:11:44mais je pense que madame va en parler,
00:11:45le financement de cette transition.
00:11:47Parce que c'est là aussi...
00:11:48Alors, justement, c'est la question.
00:11:49Ce n'est pas une des réglementations,
00:11:50c'est aussi comment on finance.
00:11:51Eh bien, c'était ma question,
00:11:52Emeline Notari, Angé Rackian.
00:11:54L'un des freins à cette transition écologique,
00:11:55c'est son coût, le coût des investissements
00:11:57pour changer nos modes de transport,
00:11:59nos modes de production,
00:12:01nos moyens aussi de nous chauffer.
00:12:03C'est votre domaine.
00:12:04Est-ce qu'on a une idée aujourd'hui de la somme
00:12:06qu'il faudrait investir, en théorie,
00:12:08pour atteindre notre objectif de neutralité carbone
00:12:11et de la somme qu'on y consacre réellement ?
00:12:13Alors oui, bien sûr,
00:12:14on a à la fois des chiffres à l'échelle mondiale.
00:12:16Donc, les chiffres à l'échelle mondiale,
00:12:17en termes d'argent purement public,
00:12:19c'est aux alentours de 900 milliards d'euros par an
00:12:21jusqu'à 2030,
00:12:22pour pouvoir atteindre donc nos objectifs.
00:12:25Et on a aussi des rapports à l'échelle française.
00:12:28Puisque je rappelle quand même
00:12:29qu'on a eu la chance d'avoir des économistes
00:12:31tels que Pisaniféry,
00:12:33tels que Selma Mafouz,
00:12:34qui ont sorti un rapport très récemment,
00:12:36il y a deux ans,
00:12:37au moment de la planification écologique,
00:12:38pour parler justement des perspectives
00:12:40de financement de la transition.
00:12:43C'est un rapport qui avait été commandité
00:12:44par le gouvernement,
00:12:45donc par le gouvernement à l'époque d'Elisabeth Borne.
00:12:49C'est prévoyé donc qu'il fallait à peu près
00:12:5267 milliards d'euros en plus par an,
00:12:56public et privé,
00:12:57pour pouvoir financer nos objectifs.
00:12:59Donc la moitié à peu près du privé,
00:13:01dont à peu près entre 10 et 13 milliards d'euros,
00:13:03de purs budgétaires,
00:13:05donc ce qui nous permettrait en soi
00:13:06de suivre assez facilement
00:13:07l'évolution des investissements qui sont faits,
00:13:10puisque si on regarde par rapport
00:13:12aux différents budgets,
00:13:14on voit qu'il y a encore une fois
00:13:15des baisses sur les investissements
00:13:18nécessaires à la transition écologique.
00:13:19Donc nous sommes sur des baisses de baisses
00:13:20quand on devrait être sur de la hausse de la hausse.
00:13:23Donc nos financements ne suivent pas.
00:13:25Nos financements ne suivent pas
00:13:26parce qu'on décide qu'il est plus intéressant
00:13:28de boucler un budget
00:13:29pour passer sous la barre des 3%
00:13:31d'un point de vue purement et simplement budgétaire,
00:13:34plutôt que de se préparer à l'avenir.
00:13:35Et c'est là que je rejoins ce que disait monsieur,
00:13:38c'est-à-dire que le rôle des politiques,
00:13:41c'est bel et bien d'appréhender l'avenir,
00:13:43c'est bel et bien de protéger les citoyens.
00:13:45Et non seulement on ne protège pas les citoyens,
00:13:46mais on ne protège pas non plus nos finances publiques,
00:13:49puisque le coût de l'inaction climatique,
00:13:51si on s'oriente vers un réchauffement de 3 degrés,
00:13:55c'est 18% du PIB mondial
00:13:58en termes de coût d'inaction.
00:14:00David Cormand, il y a les financements publics,
00:14:02il y a aussi les financements privés,
00:14:03ils sont indispensables,
00:14:04mais pour ça, il faut que la transition écologique soit rentable.
00:14:07Une entreprise privée ne va pas investir comme ça
00:14:09si ce n'est pas rentable.
00:14:09Est-ce qu'on n'a pas négligé ça
00:14:11quand on voit ce qui se passe au niveau européen,
00:14:12par exemple sur l'acier,
00:14:14la décarbonation de l'acier ?
00:14:16Je ne suis pas d'accord avec cet argument,
00:14:17j'ai essayé d'expliquer pourquoi.
00:14:19C'est ce que madame vient de dire.
00:14:21En fait, quand on dit qu'il faut que ça soit rentable
00:14:23pour le secteur privé,
00:14:25sa rentabilité, elle a une conséquence pour nous tous.
00:14:28C'est les conséquences du réchauffement climatique.
00:14:31Donc ce qu'on appelle rentable
00:14:32dans le modèle économique dominant,
00:14:34c'est quelque chose qui est en train de détruire
00:14:36toute capacité pour l'humanité
00:14:38à pouvoir continuer d'habiter la Terre.
00:14:41De quelle rentabilité on parle ?
00:14:42Déjà, la première chose à faire,
00:14:44c'est de dire combien ça coûte
00:14:46vraiment.
00:14:47Je suis à la commission agriculture,
00:14:49dans le domaine agricole,
00:14:50on fait les mêmes calculs,
00:14:51les impacts sur la santé, etc.
00:14:52Donc en fait, on a une première chose à dire.
00:14:54D'abord, c'est comment on oriente
00:14:56le financement public dans la bonne direction.
00:14:58C'est essentiel.
00:15:00Mais ensuite, il y a à dire au secteur privé
00:15:01qu'est-ce que vous avez le droit de faire ou non.
00:15:05Et pour moi, c'est très simple.
00:15:06C'est des activités économiques
00:15:08qui ont pour impact le fait de condamner
00:15:10la capacité de nos enfants à vivre,
00:15:13ça doit être interdit.
00:15:14C'est à ça que ça sert la force publique.
00:15:15Et donc, en fait, il n'y a pas à se mettre
00:15:19à plat ventre pour dire à un secteur économique
00:15:22qui veut continuer à gagner une rente.
00:15:24Parce que c'est ça à quoi on a affaire.
00:15:26On a un secteur économique dominant
00:15:27qui vit d'une rente,
00:15:28notamment de la maîtrise de l'énergie fossile,
00:15:31pour faire des affaires.
00:15:33En fait, moi, je suis pour un secteur économique
00:15:35qui innove, y compris dans le domaine
00:15:37de l'économie de marché,
00:15:38mais régulé par l'intérêt général.
00:15:40C'est quoi la régulation ?
00:15:41Elle est très simple.
00:15:42C'est l'intérêt social
00:15:43et l'intérêt environnemental de l'humanité.
00:15:47Et donc, vous pourriez avoir une activité économique
00:15:49qui répond à ces critères
00:15:51et qui ne soit pas laissée, comme ça,
00:15:53à Volo, à faire absolument ce qu'elle veut,
00:15:55en faisant payer à la collectivité,
00:15:57à nous tous, par notre santé,
00:15:59par notre incapacité à vivre,
00:16:01par des dépenses publiques,
00:16:02les conséquences de leurs profits.
00:16:03– Alors, je ne veux pas noircir le tableau
00:16:05encore plus qu'il n'est,
00:16:07mais vous expliquez, Jean Jouzel,
00:16:09que même si on atteignait
00:16:10la neutralité carbone demain,
00:16:12les effets du réchauffement climatique,
00:16:13ils ne s'arrêteront pas du jour au lendemain.
00:16:15– Oui, en parlant pas.
00:16:16Pour la température, ça se calmerait rapidement,
00:16:19mais pour l'élévation du niveau de la mer,
00:16:20ça se poursuivrait, par exemple.
00:16:21Et d'autres conséquences également,
00:16:23les événements extrêmes seraient toujours là.
00:16:26– Et sur...
00:16:26On a vu cette étude publiée il y a quelques jours
00:16:29sur l'effondrement de ce qu'on appelle l'AMOC,
00:16:31ce courant d'eau profonde.
00:16:33Vous pouvez nous expliquer en quelques mots
00:16:34ce qui est en jeu derrière tout ça ?
00:16:36– Ce qui est en jeu,
00:16:37c'est en gros le Gulf Stream
00:16:39qui nous amène des eaux chaudes
00:16:41sur ma Bretagne natale en particulier.
00:16:44Et disons, si ce Gulf Stream se modifie,
00:16:46alors il ne s'arrêtera pas,
00:16:48on peut imaginer qu'il aille plonger
00:16:50plus loin dans le sud,
00:16:52eh bien ça changerait le climat de nos régions
00:16:54et effectivement,
00:16:55ce pourrait même avoir un ralentissement
00:16:56du réchauffement dans nos régions,
00:16:57mais pas du tout à l'échelle globale.
00:16:59Que le Gulf Stream fonctionne ou pas,
00:17:01si on est à plus de 3 degrés à l'échelle planétaire,
00:17:02on restera à plus de 3 degrés à l'échelle planétaire.
00:17:04Ce qu'on n'aura pas pris en Europe de l'Ouest,
00:17:07eh bien c'est les côtes africaines
00:17:08qui le prendront.
00:17:09Il ne faut pas du tout penser
00:17:11que ce serait...
00:17:12Alors c'est une possibilité,
00:17:14mais qui est plutôt assez lointaine,
00:17:16semble-t-il quand même.
00:17:17Donc je pense qu'il ne faut pas agiter...
00:17:19Enfin, on peut en parler évidemment,
00:17:21mais il ne faut pas agiter le poisson rouge,
00:17:24enfin le chiffon rouge,
00:17:25vraiment il faut, je crois,
00:17:28regarder d'abord un monde,
00:17:31comment on va...
00:17:32Il y a la nécessité d'adapter,
00:17:34il y a la nécessité de lutter
00:17:34contre le réchauffement climatique,
00:17:36c'est très clair.
00:17:38Voilà, les financements
00:17:39sont quelque chose de très important
00:17:42et il faut...
00:17:44Je crois qu'on n'est pas du tout à la hauteur
00:17:46par rapport à, disons,
00:17:48à ce qu'il faudrait faire, effectivement.
00:17:50Mais comment vous expliquez que,
00:17:52comme le disait David Cormand,
00:17:53on a toutes les données,
00:17:54on comprend, on sait ce qu'il faut faire
00:17:56et on n'arrive pas ni à convaincre
00:17:58l'opinion publique majoritairement
00:18:00ni à mettre en oeuvre
00:18:01les moyens financiers nécessaires ?
00:18:03D'abord, je ne suis pas sûr
00:18:04de ne pas convaincre l'opinion publique majoritairement.
00:18:07Ça, c'est une autre chose,
00:18:07on pourra y revenir.
00:18:09Aujourd'hui, les écologistes
00:18:10ne sont pas au pouvoir.
00:18:10Je vais m'appuyer très rapidement
00:18:12sur deux aspects.
00:18:14On sait ce qu'il faut faire.
00:18:16La planification écologique l'a écrit.
00:18:19Disons, c'est...
00:18:20Voilà, la planification...
00:18:20On a un objectif en 2030, moins 55%.
00:18:24Il est décliné par secteur d'activité.
00:18:27Donc, voilà, le bâtiment,
00:18:29le transport, l'agriculture.
00:18:31C'est très bien construit.
00:18:33Donc, on sait exactement...
00:18:34Il y a des mesures proposées.
00:18:35Voilà, on sait très bien ce qu'il faut faire.
00:18:37Donc, et il y a aussi eu
00:18:39des propositions des citoyens.
00:18:40Moi, j'ai participé
00:18:41à la Convention citoyenne
00:18:42sur le climat
00:18:43et c'est clair
00:18:44qu'elles étaient très riches.
00:18:45Le regret que j'ai,
00:18:47c'est qu'elles n'étaient appliquées
00:18:48qu'à hauteur de 20%.
00:18:49J'ai la conviction
00:18:50que si ces mesures
00:18:52avaient été appliquées
00:18:53plus largement,
00:18:54eh bien, nous serions
00:18:55sur une meilleure trajectoire.
00:18:56Ce qui se passe actuellement,
00:18:57c'est qu'entre 2020...
00:18:59Il faudrait diminuer
00:18:59nos émissions
00:19:00de 5% par an en France.
00:19:01Alors, c'est clair.
00:19:02Et on a diminué
00:19:03de moins de 2%
00:19:04entre 2024 et 2023.
00:19:06On va voir ces chiffres, justement.
00:19:07On va se pencher
00:19:08sur la situation
00:19:09de la France
00:19:09plus en détail.
00:19:10L'objectif de la France,
00:19:11c'est celui de l'Europe.
00:19:12Réduire de 55%
00:19:14ses émissions de CO2
00:19:15d'ici à 2030
00:19:16pour aller vers
00:19:17une neutralité carbone
00:19:18en 2050.
00:19:19Il y a deux organismes
00:19:21qui ont publié
00:19:22cette semaine des chiffres
00:19:22alors un peu différents.
00:19:23On arrive à deux résultats différents.
00:19:24Il y a le CITEPA
00:19:25qui annonce une baisse
00:19:27de 1,8%
00:19:28des émissions françaises
00:19:29en 2024.
00:19:30Et l'INSEE,
00:19:31une baisse de 0,9%.
00:19:33Je ne sais pas,
00:19:34Emeline Notary,
00:19:35peut-être que vous pouvez
00:19:35nous expliquer déjà
00:19:36pourquoi on n'arrive pas
00:19:37aux mêmes résultats
00:19:38et surtout de combien
00:19:41il faudrait baisser
00:19:41nos émissions
00:19:42pour être en ligne
00:19:43avec nos objectifs.
00:19:45À chaque fois,
00:19:45sur les perspectives
00:19:46de baisse des émissions,
00:19:47ça dépend beaucoup
00:19:48de la méthodologie
00:19:49qu'on applique.
00:19:50La problématique,
00:19:51elle n'est pas en soi
00:19:52au dixième
00:19:52de baisse
00:19:55d'émissions carbone.
00:19:57Elle est surtout
00:19:58de manière générale,
00:20:00on voit qu'avant
00:20:00de commencer à chipoter
00:20:01sur le dixième
00:20:02ou le 0,5%
00:20:06est-ce qu'on est déjà
00:20:07sur une perspective
00:20:08et une trajectoire
00:20:09qui est la bonne ?
00:20:11Et là,
00:20:11je rejoins exactement
00:20:12ce que disait M. Jouzel,
00:20:12c'est-à-dire qu'on sait
00:20:13ce qu'il faut faire
00:20:14parce qu'encore une fois,
00:20:16on a des données,
00:20:17à la fois,
00:20:17vous parliez du CITEPA,
00:20:18vous parlez de l'INSEE,
00:20:20mais on a aussi
00:20:20tout simplement
00:20:21les travaux
00:20:22de la planification écologique
00:20:23qui sont des travaux
00:20:24extrêmement sérieux
00:20:25qui ont été mis en place
00:20:26par le gouvernement
00:20:27pour justement répondre
00:20:28aux objectifs climatiques
00:20:29qu'on ne met pas en place.
00:20:31Et donc peut-être
00:20:31déjà s'inscrire
00:20:32dans cette trajectoire-là
00:20:34nous permettrait
00:20:35d'arrêter
00:20:36de chipoter
00:20:36sur des chiffres
00:20:37et surtout
00:20:38de mettre en place
00:20:39des politiques publiques
00:20:40qui nous permettent
00:20:41de faire face
00:20:42à cette crise
00:20:42parce qu'aujourd'hui,
00:20:43nous ne sommes pas
00:20:43du tout là-dedans.
00:20:44Je rappelle qu'il y a quand même
00:20:45eu nombre de reculs
00:20:46ces dernières semaines
00:20:47dans un cadre où pourtant,
00:20:48vous avez dans la même semaine
00:20:49un rapport qui sort,
00:20:51dont je laisse
00:20:51l'analyse scientifique,
00:20:53bien entendu,
00:20:54à M. Jouzel,
00:20:54mais qui est quand même
00:20:56extrêmement alarmant.
00:20:57David Corbin,
00:20:58sur la baisse
00:20:59des émissions de CO2
00:21:00en France,
00:21:01elle est là.
00:21:02Il y a quand même
00:21:02une action
00:21:03qui a été engagée,
00:21:04mais elle n'est pas suffisante.
00:21:05Vous voyez le verre
00:21:06à moitié vide,
00:21:07le verre à moitié plein ?
00:21:08Ça vient d'être dit.
00:21:09Quand vous êtes
00:21:10de mémoire
00:21:10entre 0,9 et 1,8
00:21:12et qu'il faudrait 5%
00:21:13tous les ans,
00:21:15pardon d'être un peu brusque,
00:21:16mais on s'en tape un peu
00:21:17du 1%, etc.
00:21:18Surtout qu'en plus,
00:21:20je n'ai pas vu
00:21:20les études dans le détail,
00:21:21mais ça peut être lié aussi
00:21:22à ce que c'est
00:21:23les émissions
00:21:24sur le territoire.
00:21:26Ici, par ailleurs,
00:21:26on n'importe
00:21:27ce qu'on délocalise ailleurs
00:21:29du CO2 de l'extérieur.
00:21:30Si vous voulez,
00:21:32votre truc est à somme nulle.
00:21:33Mais au-delà de ça,
00:21:34je pense qu'il faut
00:21:35faire attention
00:21:36à une illusion
00:21:36et un langage de vérité.
00:21:40Faites penser
00:21:40qu'on va pouvoir
00:21:41atteindre ces objectifs
00:21:42à modèle de vie
00:21:44constant,
00:21:45à imaginaire
00:21:46de société constant.
00:21:47Je pense vraiment
00:21:48que c'est un mensonge.
00:21:49Toute la logique
00:21:50du rapport
00:21:51à la consommation,
00:21:52à la surconsommation,
00:21:53ce qu'on nous survend
00:21:54sur les plateformes en ligne
00:21:55ou je ne sais pas quoi,
00:21:57Amazon,
00:21:57pour ne pas les citer,
00:21:58cette espèce
00:21:59d'injonction
00:22:00à produire,
00:22:01produire toujours plus,
00:22:02de l'émancipation
00:22:03par des possessions
00:22:04matérielles
00:22:05toujours plus importantes,
00:22:06ce modèle d'imaginaire
00:22:07de société-là,
00:22:09quelle que soit
00:22:09la manière
00:22:09dont vous produirez
00:22:10les choses,
00:22:11elles ne peuvent pas
00:22:12déboucher
00:22:13sur une planète habitable.
00:22:14Et donc là,
00:22:15c'est là que le politique,
00:22:16au sens du terme,
00:22:17encore une fois,
00:22:17a une responsabilité
00:22:18et peut-être
00:22:19qu'on n'arrive pas
00:22:19suffisamment à le faire.
00:22:21C'est comment
00:22:21on donne envie
00:22:22à cette espèce
00:22:24de futur
00:22:24qui est présenté,
00:22:26y compris par les forces
00:22:27dominantes comme dystopique,
00:22:29comment on arrive
00:22:29va l'expliquer
00:22:30comme un projet utopique.
00:22:32Pas utopique
00:22:33au sens irréalisable,
00:22:35au sens utopique,
00:22:36un avenir positif.
00:22:37Et ça,
00:22:38il y a vraiment,
00:22:38il y a une bataille
00:22:39de l'imaginaire
00:22:40et des idées.
00:22:41Moi,
00:22:41je rêve d'un monde
00:22:42où on ne subit pas
00:22:43le travail qu'on fait,
00:22:44on partage le temps
00:22:45de travail entre nous,
00:22:46quitte à globalement
00:22:47travailler moins
00:22:48pour produire mieux.
00:22:49Regardez,
00:22:49je reprends l'exemple
00:22:50de l'agriculture,
00:22:51c'est tout à fait possible
00:22:52de nourrir la planète
00:22:53avec une agriculture
00:22:54paysanne,
00:22:55de proximité,
00:22:56qui ne pollue pas les salles,
00:22:57qui utilise moins de CO2.
00:22:59C'est possible de se déplacer
00:23:00et de travailler
00:23:01sans être obligé
00:23:02d'être dépendant.
00:23:02En fait,
00:23:03c'est possible.
00:23:03On va voir effectivement
00:23:04qu'on est loin
00:23:05d'avoir atteint
00:23:05cet imaginaire-là en France,
00:23:07notamment,
00:23:07on va le voir dans un instant.
00:23:08Mais peut-être,
00:23:08Jules,
00:23:08votre regard à vous
00:23:09sur ce débat
00:23:10qu'on a depuis le début.
00:23:11L'écologie,
00:23:11elle est présente
00:23:12dans vos BD ?
00:23:13Elle est très présente.
00:23:14D'ailleurs,
00:23:14mon premier livre,
00:23:15en 2004,
00:23:16avant même que je fasse
00:23:16des albums de BD,
00:23:17s'appelait
00:23:17Debout l'étérien.
00:23:18C'était pour les enfants,
00:23:19une espèce de prise
00:23:20de conscience
00:23:21des enjeux
00:23:22de biodiversité,
00:23:23de climat,
00:23:23etc.
00:23:24Évidemment,
00:23:25on a l'impression
00:23:25de prêcher dans le désert,
00:23:26mais peut-être pas tellement
00:23:27parce que,
00:23:27comme vous le disiez,
00:23:28je pense que tout le monde
00:23:29a conscience de ça
00:23:30et tout le monde
00:23:30fait une petite remarque.
00:23:31Il y a des blagues là-dessus.
00:23:32Bon,
00:23:32moi,
00:23:33je poursure le fait
00:23:34des petits gestes du quotidien,
00:23:35des choses qui paraissent
00:23:36dérisoires,
00:23:36etc.
00:23:37Mais en fait,
00:23:37moi,
00:23:37la vraie question
00:23:38que je me pose,
00:23:38et je ne sais pas
00:23:39s'il y a des études
00:23:40réellement de ça,
00:23:41c'est les gens qui,
00:23:42aujourd'hui,
00:23:43en France,
00:23:43en Europe,
00:23:44dans des pays développés
00:23:45avec un grand niveau
00:23:45d'éducation,
00:23:46sont élus
00:23:47et votent contre
00:23:48les mesures,
00:23:49font couler
00:23:50les projets de loi.
00:23:52Alors là,
00:23:52vous anticipez
00:23:53sur le débat
00:23:54qu'on va ouvrir
00:23:54à l'instant.
00:23:55Alors,
00:23:55je vais mettre
00:23:56une question parapluie
00:23:57avant d'ouvrir
00:23:58ce débat,
00:23:58pour le coup.
00:23:59Qu'est-ce qui les pousse
00:24:01à agir comme ça ?
00:24:02Parce que certains
00:24:03sont totalement débiles,
00:24:04mais la majorité,
00:24:05ils ne sont quand même
00:24:05pas si idées.
00:24:06Je vous laisse
00:24:06libre de vos propos.
00:24:07J'ai deux hypothèses.
00:24:09D'un côté,
00:24:10c'est Dieu,
00:24:11et de l'autre côté,
00:24:11c'est la psychanalyse.
00:24:13Dieu,
00:24:13c'est-à-dire que les gens
00:24:14pensent qu'en fin de compte,
00:24:15il va y avoir
00:24:15une espèce de deus ex machina
00:24:17qui,
00:24:18dans la catastrophe
00:24:19dont ils ont conscience
00:24:20et dont ils s'exonèrent
00:24:21complètement,
00:24:21va tout d'un coup,
00:24:22comme dans les films
00:24:23hollywoodiens,
00:24:23régler le problème,
00:24:25qu'il y a une téléologie,
00:24:26que tout ça a une cause
00:24:27et une raison
00:24:27et que tout le monde
00:24:28sera sauvé à la fin.
00:24:29Beaucoup de gens
00:24:30ont cette mentalité religieuse
00:24:32qui ne dit pas son nom,
00:24:33même s'ils ne sont pas
00:24:34forcément pratiquants.
00:24:35Et l'autre truc,
00:24:35c'est juste la pulsion de mort.
00:24:37C'est-à-dire qu'en fin de compte...
00:24:38Là, c'est la dimension
00:24:39psychanalytique.
00:24:39Oui, et ça,
00:24:40c'est la dimension psychanalytique,
00:24:41c'est-à-dire, au fond,
00:24:42quand on a une espèce
00:24:44d'impasse psychique,
00:24:46il y a cette espèce
00:24:47d'envie d'autodestruction.
00:24:49C'est une particularité.
00:24:50Il n'y a pas que les humains
00:24:51dans le règne animal
00:24:52qui ont ça,
00:24:53mais quand même,
00:24:53ils en sont un petit peu
00:24:54les champions.
00:24:55Et cette pulsion de mort
00:24:56qui les meut,
00:24:56qui, du coup,
00:24:57les fait céder
00:24:58aux groupements d'intérêts,
00:24:59qui poussent
00:25:00leurs intérêts particuliers
00:25:01et aux différents lobbies
00:25:02ou tout simplement
00:25:03juste à leur volonté
00:25:04de s'aveugler,
00:25:05c'est de la pulsion de mort.
00:25:06Donc, en fin de compte,
00:25:07entre Dieu et la psychanalyse,
00:25:08on est bloqués, là.
00:25:09C'est passionnant.
00:25:12Qui étudie ça ?
00:25:13Il y a des gens
00:25:14qui étudient ça ?
00:25:14Je suis d'accord avec Jules,
00:25:16moi, mais vraiment,
00:25:17je ne comprends pas
00:25:18l'attitude de la politique.
00:25:20Disons, tout est là.
00:25:23Les projections
00:25:24des scientifiques,
00:25:25on doit leur accorder
00:25:26de la crédibilité.
00:25:27On va dans le mur,
00:25:28vraiment, collectivement,
00:25:29et vraiment,
00:25:30ça me semble
00:25:31complètement incroyable.
00:25:32Et que les gens sympas
00:25:33que ce soit
00:25:33qui habitent au Puy-du-Fou,
00:25:34à Hénin-Beaumont
00:25:35et qui subissent
00:25:36exactement les mêmes choses
00:25:36comme tout le monde,
00:25:37en fait, sur la Terre,
00:25:38c'est des gens sympas,
00:25:39c'est des gens
00:25:40qui ont des vies
00:25:41avec des centres d'intérêt,
00:25:43avec des familles,
00:25:44avec des choses comme ça.
00:25:44Donc, normalement,
00:25:45ils devraient avoir
00:25:45le réflexe de tout un chacun
00:25:46juste des espèces
00:25:48de pulsions élémentaires
00:25:49humaines positives
00:25:50sont aussi parcourues
00:25:51par ces espèces
00:25:52de forces d'autodestruction.
00:25:53Et peut-être qu'effectivement,
00:25:54on est entraînés
00:25:55dans ce suicide collectif, en fait.
00:25:56On va parler
00:25:57de ce climat ambiant
00:25:57au-delà du climat
00:25:58de la planète
00:25:58et de ce climat politique
00:26:00en France.
00:26:01Aujourd'hui,
00:26:01l'écologie n'a plus la cote
00:26:03à l'Assemblée,
00:26:04au point que plusieurs mesures
00:26:05emblématiques
00:26:06ont été supprimées
00:26:06par les députés
00:26:07ces dernières semaines,
00:26:08ces derniers mois.
00:26:09Et c'est ce à quoi
00:26:10on a encore assisté hier
00:26:12dans l'hémicycle.
00:26:12On fait le point
00:26:13avec Clément Perrouot.
00:26:21Après les zones
00:26:22à faible émission,
00:26:23les ZFE,
00:26:25après le zéro artificialisation nette,
00:26:28le ZAN,
00:26:29les députés se sont attaqués hier
00:26:31aux éoliennes
00:26:32et aux panneaux solaires.
00:26:34Grâce notamment
00:26:35aux voix du Rassemblement national,
00:26:37un amendement
00:26:37d'un député
00:26:38de la droite républicaine
00:26:39a été adopté
00:26:40à une courte majorité
00:26:42et il instaure
00:26:43un moratoire
00:26:44sur le développement
00:26:45de nouvelles installations
00:26:46photovoltaïques
00:26:47et éoliennes.
00:26:49L'examen
00:26:50de la proposition de loi
00:26:51sur l'énergie
00:26:52vire au jeu
00:26:53de massacre
00:26:54pour l'écologie.
00:26:55On vient
00:26:56dans l'indifférence générale
00:26:58de voter un moratoire
00:26:59sur les énergies renouvelables.
00:27:06Et ce qu'il y a
00:27:08de fabuleux,
00:27:09c'est qu'en plus,
00:27:10vous en tirez fierté.
00:27:12C'est incroyable.
00:27:14Regardez vos enfants
00:27:16en face,
00:27:17regardez-les
00:27:18et dites-leur
00:27:19ce que vous êtes
00:27:19en train de faire
00:27:20parce que vraiment
00:27:21ce que vous faites
00:27:22au fond,
00:27:23c'est de mettre
00:27:23leur vie en danger,
00:27:25c'est de mettre
00:27:25notre vie en danger.
00:27:27Au-delà du vote
00:27:28de cet amendement,
00:27:30le groupe RN
00:27:30a profité de ces débats
00:27:31pour se lâcher
00:27:32contre l'écologie
00:27:33dite punitive.
00:27:34qui sont...
00:27:35Surtout,
00:27:36surtout,
00:27:37vous,
00:27:38les méchants pauvres,
00:27:39n'utilisez pas
00:27:40la petite mamie,
00:27:41le diesel.
00:27:42Tu tues la planète
00:27:43en allant chercher
00:27:44ta baguette de pain
00:27:44avec ton diesel.
00:27:45Mais par contre,
00:27:46les grandes stars d'Hollywood,
00:27:47les DiCaprio,
00:27:48les machins libidules
00:27:49qui prennent des yachts
00:27:51pour aller l'été,
00:27:52vous donner raison,
00:27:53madame Voinet,
00:27:54vous donner raison
00:27:54d'aller à l'Aenos
00:27:55et faire des collectifs ensemble
00:27:56pour expliquer que
00:27:57Ah non,
00:27:58on ne peut pas vivre
00:27:59à la campagne
00:27:59avec un diesel,
00:28:00mais on peut partir
00:28:01en vacances à Saint-Trope
00:28:02avec un yacht.
00:28:03Ça, c'est possible
00:28:04si c'est validé
00:28:05par les verts
00:28:06du monde entier,
00:28:07les écolos du monde entier.
00:28:08Ces débats se sont déroulés
00:28:09dans un hémicycle
00:28:11largement déserté,
00:28:13notamment à gauche
00:28:13et au sein du bloc présidentiel.
00:28:16Peut-être parce que
00:28:17les députés n'y ont pas vu
00:28:18d'enjeux majeurs.
00:28:19Le gouvernement a déjà indiqué
00:28:21qu'il publiera
00:28:22la programmation pluriannuelle
00:28:24de l'énergie
00:28:24par décret
00:28:25avant la fin de l'été
00:28:27et donc probablement
00:28:28avant la fin
00:28:29des débats parlementaires.
00:28:31Et nous sommes en liaison vidéo
00:28:33avec Jérôme Nury,
00:28:34député de l'Orne,
00:28:35membre de la droite républicaine.
00:28:37Bonsoir
00:28:37et merci d'être avec nous.
00:28:39C'est vous qui avez porté
00:28:41cet amendement
00:28:41qui a enflammé
00:28:42l'hémicycle
00:28:43hier après-midi.
00:28:46Vous avez donc
00:28:47établi,
00:28:49imposé
00:28:49un arrêt total
00:28:50aux installations d'éoliennes
00:28:53de panneaux solaires,
00:28:54c'est-à-dire en fait
00:28:54les seuls moyens
00:28:55de produire de l'électricité
00:28:56et décarboner
00:28:57dans les 5 ou 10 ans
00:28:58qui viennent
00:28:58puisque les centrales nucléaires
00:28:59ne sont pas pour tout de suite.
00:29:01Pourquoi ce choix ?
00:29:04D'abord,
00:29:04ce choix,
00:29:05on l'a fait
00:29:06parce que
00:29:06nous,
00:29:07on croit
00:29:09au fait
00:29:09qu'il faut absolument
00:29:10décarboner notre énergie,
00:29:13qu'il faut sortir
00:29:15progressivement
00:29:16des énergies fossiles
00:29:17et qu'il y a plusieurs solutions
00:29:19pour cela.
00:29:19Et il y a une solution
00:29:21que la France maîtrise
00:29:22depuis longtemps,
00:29:23c'est l'énergie nucléaire
00:29:24et aujourd'hui,
00:29:26on sait très bien
00:29:27que nos centrales
00:29:28peuvent fournir plus
00:29:30et produire plus
00:29:31les centrales
00:29:31que nous avons d'ores et déjà.
00:29:33Nous avons également voté
00:29:34en début de semaine
00:29:35dans cette loi
00:29:35de programmation
00:29:36de l'énergie
00:29:37une augmentation
00:29:38de la puissance
00:29:41installée
00:29:41du nucléaire
00:29:43qui va nous permettre
00:29:43de pouvoir envisager
00:29:44de manière assez sereine
00:29:45les prochaines années
00:29:46et nous pensons
00:29:47et c'est pour ça
00:29:48qu'on a fait adopter
00:29:49cet amendement
00:29:50qu'il faut maintenant
00:29:51regarder de manière
00:29:52très précise
00:29:52comment est-ce qu'on peut
00:29:54organiser
00:29:56les énergies renouvelables
00:29:58intermittentes
00:29:59parce que ça pose
00:30:00un certain nombre
00:30:01de problèmes
00:30:01et qu'il faut faire
00:30:03une étude
00:30:03pour pouvoir ensuite
00:30:05voir comment est-ce qu'on peut
00:30:06éventuellement relancer
00:30:07ces programmes.
00:30:08Mais l'étude,
00:30:09le ministre vous a répondu
00:30:10qu'elle était en cours,
00:30:11que ses conclusions
00:30:12allaient être connues
00:30:13d'ici quelques mois à peine.
00:30:14Donc pourquoi tout stopper
00:30:15comme cela ?
00:30:16Ça donne l'impression
00:30:16effectivement que vous êtes
00:30:17presque climato-sceptique
00:30:19ce qui n'est pas le cas
00:30:20de votre parti.
00:30:23Non, pas du tout.
00:30:24En fait, je vous l'ai dit,
00:30:25on veut tous aller
00:30:26vers des énergies
00:30:28bicarbonées.
00:30:29Nous pensons que
00:30:30la colonne vertébrale
00:30:31de notre énergie
00:30:32doit être
00:30:33et doit rester
00:30:34le nucléaire
00:30:35et qu'il faut maintenant
00:30:36regarder où on en est
00:30:37un peu avec les renouvelables.
00:30:38Vous savez,
00:30:40on a déjà 24 gigawatts
00:30:42aujourd'hui
00:30:43d'intermittents
00:30:44en termes
00:30:45de puissance installée.
00:30:47Il y en a 14
00:30:48en plus
00:30:49qui ont été déjà
00:30:50autorisées.
00:30:51On arrive à 38
00:30:51et c'était le maximum
00:30:53qu'avait fixé
00:30:54d'ailleurs le président Macron
00:30:55dans son fameux
00:30:57discours de Belfort.
00:30:58Donc on voit bien
00:30:59qu'on a un vrai sujet
00:31:00aujourd'hui d'acceptabilité
00:31:01de ces énergies intermittentes
00:31:03sur nos territoires.
00:31:04On a aussi un vrai sujet,
00:31:06je pense,
00:31:07et sur lequel il faut
00:31:07se pencher très vite.
00:31:09C'est la tension
00:31:09de notre réseau
00:31:10quand il y a du vent,
00:31:12quand il y a du soleil
00:31:13qui peut entraîner
00:31:14un blackout.
00:31:15Et puis on sait aussi
00:31:16que derrière,
00:31:16il y a une question
00:31:17de coût et de prix
00:31:18pour la facture des Français
00:31:19parce que jusqu'à maintenant,
00:31:21ils constatent quand même
00:31:21année après année
00:31:22que l'électricité
00:31:23coûte de plus en plus cher.
00:31:25Jean-Jouzel,
00:31:25est-ce que vous avez
00:31:26envie d'interpeller ?
00:31:27Oui, monsieur le député,
00:31:29je crois que vous vous assoyez
00:31:30sur la conclusion
00:31:31du dernier rapport
00:31:33du réseau de transport
00:31:34d'électricité.
00:31:36La France n'arrivera pas
00:31:37à neutralité carbone
00:31:38à Ruzon 2050
00:31:39sans un développement
00:31:40significatif
00:31:41des énergies renouvelables.
00:31:42C'est la conclusion numéro 4.
00:31:43Je pense que vous n'avez
00:31:44pas lu ce rapport.
00:31:45Donc quand même,
00:31:46c'est du climato-scepticisme,
00:31:48c'est-à-dire qu'on est sûr
00:31:49avec ce que vous proposez,
00:31:51il n'y a pas que l'électricité,
00:31:52on parle d'énergie.
00:31:53Donc l'électricité,
00:31:54c'est que 20 ou 25 %
00:31:56de l'énergie.
00:31:57Il ne faut pas...
00:31:57Donc on est loin du compte.
00:31:59Donc je ne comprends pas
00:32:00comment vous avez pris
00:32:02cette mesure.
00:32:04Voilà, tout simplement...
00:32:05Jérôme Nuri.
00:32:06Cher monsieur,
00:32:06les rapports de RTE,
00:32:09il y en a beaucoup.
00:32:10Et d'ailleurs,
00:32:11je vais vous dire,
00:32:11il y en a un en cours,
00:32:13donc un nouveau rapport
00:32:14que vous n'avez pas lu
00:32:14ni vous ni moi
00:32:15et qui est en cours de rédaction.
00:32:18D'ailleurs,
00:32:18le ministre nous l'a annoncé hier.
00:32:20Nous, ce que nous voulons juste,
00:32:22c'est justement attendre
00:32:22la sortie de ce rapport
00:32:24pour voir réellement
00:32:25comment est-ce qu'on peut
00:32:27arriver à avoir
00:32:28un développement
00:32:29harmonieux sur le territoire
00:32:31qui tienne compte
00:32:31des populations,
00:32:32notamment dans les territoires ruraux,
00:32:34et pour qu'on puisse
00:32:34atteindre cette neutralité carbone,
00:32:36comme on l'a dit,
00:32:36en 2050.
00:32:37Merci beaucoup, Jérôme Nuri,
00:32:41d'avoir participé à ce débat,
00:32:42d'avoir été en direct avec nous
00:32:44dans Savourgarde.
00:32:46David Cormand,
00:32:47une réaction par rapport
00:32:48à ce qui s'est passé hier
00:32:49à l'Assemblée,
00:32:50ce climat ambiant
00:32:52contre l'écologie,
00:32:54ses retours en arrière.
00:32:57L'échange auquel on vient d'insister,
00:32:59il est éclairant
00:32:59parce qu'en fait,
00:33:01je ne sais plus comment faire
00:33:01parce qu'on n'est plus
00:33:03dans une discussion.
00:33:04Pour pouvoir faire de la politique,
00:33:06il faut à peu près être d'accord
00:33:09sur ce qui est vrai,
00:33:11genre que la Terre est ronde,
00:33:13que des choses factuelles,
00:33:15que l'eau s'amouille,
00:33:16parce que sinon,
00:33:17vous ne pouvez pas discuter.
00:33:18Vous vivez dans des réalités
00:33:19qui sont alternatives.
00:33:21Or là, on rentre dans un moment
00:33:22qui est pour moi vertigineux
00:33:24et qui n'a pas toujours été comme ça,
00:33:26en tout cas ces dernières décennies,
00:33:27où en fait,
00:33:28on ne vit plus sur le même monde.
00:33:30Enfin là,
00:33:31ce qu'on vient de nous dire,
00:33:33je ne vais pas reprendre les trucs
00:33:34parce qu'en plus,
00:33:35M. le député n'est plus là,
00:33:36donc voilà,
00:33:36mais en fait,
00:33:37ça ne correspond pas
00:33:38à ce qui est vrai.
00:33:39Donc comment...
00:33:39Mais il y a une réalité
00:33:40qui est aussi celle
00:33:41qu'a exprimée Jean-Philippe Tanguy
00:33:43dans l'hémicycle.
00:33:44La réalité,
00:33:44c'est que pour beaucoup de gens,
00:33:45les mesures qui sont prises aujourd'hui
00:33:47au nom de l'écologie,
00:33:49elles sont...
00:33:50Non, non.
00:33:51J'ai essayé de...
00:33:51Laissez-moi juste terminer.
00:33:54Les premières victimes
00:33:55de ces mesures-là,
00:33:57ce sont
00:33:57les classes moyennes
00:33:58et les plus pauvres
00:33:59et qui ont du mal
00:33:59à les accepter.
00:34:00Est-ce que la dimension
00:34:02de l'acceptabilité sociale
00:34:04de l'écologie,
00:34:05elle a été suffisamment
00:34:05prise en compte
00:34:06par les pouvoirs publics ?
00:34:09En une phrase,
00:34:11bien sûr que tout changement significatif
00:34:13invite à une acceptabilité,
00:34:15mais j'attire notre attention
00:34:16sur une chose,
00:34:18c'est qu'aujourd'hui,
00:34:19est-ce que les gens vivent
00:34:20dans un niveau de vie
00:34:21qui s'améliore ?
00:34:21Est-ce que les choses vont bien ?
00:34:23Aujourd'hui,
00:34:23c'est l'économie qui est punitive.
00:34:24Alors,
00:34:25j'aimerais juste entendre,
00:34:26on arrive à la fin du débat,
00:34:26Emeline Notari,
00:34:27vous voulez intervenir là-dessus ?
00:34:28Juste pour rebondir
00:34:29sur ce que disait
00:34:30le député Tanguy
00:34:31au sein de l'hémicycle,
00:34:33c'est effectivement quelque chose,
00:34:35le fait que ce sont
00:34:36les ménages les plus précaires
00:34:36qui aujourd'hui portent
00:34:37une partie du poids
00:34:38de la transition écologique,
00:34:39très bien,
00:34:40nous sommes tous d'accord,
00:34:40je pense,
00:34:41autour de ce plateau
00:34:41pour dire que c'est une réalité
00:34:43et à laquelle surtout
00:34:44il faut contrer.
00:34:46ce qui me fait grandement sourire
00:34:48quand j'entends M. Tanguy
00:34:49prendre la parole,
00:34:50c'est que par contre,
00:34:51le même groupe
00:34:52du Rassemblement National
00:34:53a voté lors du PLF
00:34:55la fin des aides
00:34:56sur le leasing social,
00:34:59la baisse des aides
00:35:01sur ma prime rénov',
00:35:02donc on n'en a pas parlé,
00:35:03mais hier a été aussi voté
00:35:04un recul encore
00:35:05sur l'obligation de rénovation
00:35:08pour les passoires thermiques,
00:35:10ce qui est logique,
00:35:11puisque quelque part,
00:35:11ils ont voté ça
00:35:12parce qu'effectivement,
00:35:13ils ont voté la baisse
00:35:14des subventions
00:35:15qui étaient allouées
00:35:15pour aider ces ménages précaires.
00:35:17C'est aussi une baisse
00:35:18du plan vélo,
00:35:19c'est une baisse
00:35:20des aides
00:35:21aux véhicules électriques
00:35:22à chaque fois votées
00:35:23par les mêmes groupes
00:35:24qui nous expliquent
00:35:24après dans l'hémicycle
00:35:25que nous sommes
00:35:26dans une cadre
00:35:27d'écologie punitive
00:35:28puisqu'on met en place
00:35:29des politiques publiques
00:35:30avec des mesures
00:35:31d'accompagnement
00:35:32qu'ils démantèlent
00:35:33pour pouvoir avancer
00:35:34sur la transition écologique.
00:35:36Sachant que ce sont
00:35:37encore une fois
00:35:37les ménages les plus précaires
00:35:38qui sont les premiers visés
00:35:40parce que je rappelle
00:35:40quand même qu'à Paris,
00:35:41lorsqu'on revient
00:35:43sur les aides des feux,
00:35:44à Paris,
00:35:45on a cinq fois plus de chances
00:35:46de mourir
00:35:47de la pollution de l'air
00:35:47quand on n'est plus précaire.
00:35:49Merci beaucoup.
00:35:49Juste le mot de la fin
00:35:50pour vous, Jean Jouzel.
00:35:51Une raison d'espérer.
00:35:52Oui, une raison d'espérer.
00:35:53Bon, c'est peut-être un peu...
00:35:55Bon, par exemple,
00:35:57les émissions de la Chine
00:35:58en 2024
00:36:00ont été moins élevées
00:36:01qu'en 2023,
00:36:03l'hiver.
00:36:04Donc, si la Chine
00:36:05atteignait son pic
00:36:06assez rapidement,
00:36:08ce serait une bonne nouvelle.
00:36:09Mais bon,
00:36:09c'est une bonne nouvelle
00:36:10dans un océan de mauvaises nouvelles,
00:36:12soyons clairs.
00:36:13Merci beaucoup
00:36:13à tous les trois
00:36:14d'être venus débattre
00:36:15sur le plateau de LCP.
00:36:16Jules, vous restez avec nous
00:36:17parce qu'on va parler de vous
00:36:18à présent,
00:36:19de vous et surtout...
00:36:20Je suis durable et renouvelable.
00:36:22On regardera alors.
00:36:24On parle plus de votre livre
00:36:26que de vous en réalité,
00:36:27ce compte illustré
00:36:28de la belle et la bête
00:36:29qui a tant fait parler de lui
00:36:30et qui est enfin sorti
00:36:32en librairie.
00:36:33Le rappel des faits,
00:36:34tout d'abord,
00:36:35avec Clément Perrault.
00:36:36Si on vous invite,
00:36:41Jules, le dessinateur,
00:36:42pas le rappeur,
00:36:43c'est pour parler
00:36:44de votre livre
00:36:45polémique,
00:36:46La Belle et la Bête
00:36:47revisité.
00:36:49Si le texte
00:36:50est celui d'origine,
00:36:51signé Jeanne-Marie
00:36:51le prince de Beaumont
00:36:52en 1756,
00:36:54votre illustration,
00:36:55elle,
00:36:56est très actuelle.
00:36:58Belle et sa famille
00:36:58apparaissent dans un style
00:37:00très méditerranéen.
00:37:02Les princes deviennent
00:37:03adeptes des réseaux sociaux.
00:37:04Le père,
00:37:06marchand de profession,
00:37:08se fait livrer ses marchandises
00:37:09par un bateau
00:37:09en provenance d'Algérie
00:37:11avant de se faire pincer
00:37:13par la douane
00:37:13pour contrefaçon.
00:37:16Tout cela relève,
00:37:16bien sûr,
00:37:17d'un second degré grinçant
00:37:18qui donne à ce compte
00:37:19très sérieux
00:37:20une touche humoristique.
00:37:23Mais ces pages,
00:37:23Jules,
00:37:24n'ont pas fait rire
00:37:25l'éducation nationale
00:37:26et sa ministre
00:37:26Elisabeth Borne.
00:37:28Car votre livre
00:37:28était au départ
00:37:29une commande du ministère.
00:37:31Il devait être imprimé
00:37:32à 800 000 exemplaires
00:37:34et distribué comme lecture
00:37:35pour les vacances
00:37:36aux élèves sortant
00:37:37du CM2.
00:37:38Mais fin mars,
00:37:39la commande a été annulée.
00:37:41Explication de la ministre.
00:37:43Ce livre a vocation
00:37:44à être lu par des élèves
00:37:45de 10 ans
00:37:46en vacances
00:37:46sans accompagnement pédagogique.
00:37:48Cela nous oblige
00:37:49à être vigilants.
00:37:50Quand Jules raconte
00:37:51à travers ses dessins
00:37:52l'histoire d'un père algérien
00:37:54alcoolique
00:37:54qui fait du trafic
00:37:55de contrefaçon
00:37:56et qui est arrêté
00:37:57par la police,
00:37:58je pense que cela
00:37:59peut créer des incompréhensions,
00:38:00choquer,
00:38:01voire blesser
00:38:02une partie
00:38:02de nos concitoyens.
00:38:03Vous avez, Jules,
00:38:05réagi très vivement
00:38:06à l'annulation
00:38:06de cette commande.
00:38:08Vous l'avez qualifiée
00:38:09de plus grosse censure
00:38:10numériquement
00:38:11de l'histoire
00:38:11de l'édition française
00:38:13et l'avez comparée
00:38:14à l'interdiction
00:38:14aux Etats-Unis
00:38:15du journal Dan Franck
00:38:17dans certaines écoles.
00:38:18« Texte de Jeanne-Marie
00:38:19le prince de Beaumont »
00:38:20Trois mois plus tard,
00:38:21vous prenez votre revanche
00:38:22avec pour accompagner
00:38:24la sortie en librairie.
00:38:25Cette vidéo
00:38:26où une flopée
00:38:27de personnalités
00:38:28lise des extraits
00:38:29du livre.
00:38:29« Belle ne puit
00:38:30s'empêcher
00:38:31de frémir »
00:38:32On y retrouve
00:38:33des politiques
00:38:34comme François Hollande
00:38:35« Avec assez
00:38:36de bon sens
00:38:37mais jamais
00:38:37avec ce qu'on appelle
00:38:39l'esprit »
00:38:39« Édouard Philippe »
00:38:40« Elle entendit
00:38:41le bruit
00:38:41que faisait la bête »
00:38:42« François Ruffin »
00:38:43« L'ancienne ministre
00:38:45de l'éducation
00:38:45Nicole Belloubet »
00:38:47ou encore la haute commissaire
00:38:48à l'enfance
00:38:49Sarah El Haïry.
00:38:50Nul doute qu'Elisabeth Borne
00:38:52appréciera cette attention.
00:38:55Jules,
00:38:55votre livre
00:38:56il est accompagné
00:38:57d'un bandeau rouge
00:38:57sur lequel on peut lire
00:38:58enfin avec un point
00:39:00d'exclamation.
00:39:00Ça a été compliqué
00:39:01pour vous
00:39:01de le faire publier
00:39:02après cette annulation
00:39:04du ministère
00:39:05de l'éducation nationale ?
00:39:05On l'attendait beaucoup.
00:39:06Moi, ce que je voulais
00:39:06sur le bandeau rouge
00:39:07c'était déjà
00:39:07900 000 exemplaires
00:39:08non vendus.
00:39:10Mais bon,
00:39:10c'était un peu compliqué
00:39:11à faire.
00:39:12Et effectivement,
00:39:13on est content quand même
00:39:14que ce livre
00:39:14puisse voir le jour.
00:39:15Pas tellement parce que
00:39:17il va être lu
00:39:18par 20 000 personnes.
00:39:19C'est son premier tirage ?
00:39:21Parce que c'est un tirage
00:39:22divisé par 400.
00:39:23Il devait y avoir
00:39:23quasi 900 000 exemplaires tirés.
00:39:26Donc c'est un fiasco
00:39:27vraiment regrettable.
00:39:29Mais seulement
00:39:30pour que les gens
00:39:32puissent se faire
00:39:33vraiment un vrai jugement
00:39:34sur ce livre.
00:39:35On a dit n'importe quoi
00:39:36il y a trois mois
00:39:37quand ce scandale a éclaté,
00:39:38quand le livre a été censuré.
00:39:40Chacun y est allé
00:39:41de son petit commentaire
00:39:42d'un livre
00:39:43que personne n'avait vu.
00:39:45Visiblement,
00:39:45le ministère de l'Éducation nationale
00:39:47n'avait pas vraiment lu non plus
00:39:48parce qu'il a été produit
00:39:49toutes sortes d'arguments
00:39:49complètement délirants
00:39:50sur le livre.
00:39:51Là, tout le monde
00:39:52va pouvoir l'ouvrir,
00:39:53le lire,
00:39:54non seulement voir,
00:39:55se faire son opinion
00:39:56sur de quoi relève ce livre
00:39:58et surtout de voir
00:39:59que beaucoup de choses
00:40:00qui ont été racontées
00:40:01étaient relèves
00:40:01du pur délire.
00:40:02On va en parler des arguments.
00:40:04Avant d'évoquer
00:40:05ceux d'Elisabeth Borne,
00:40:06il y a eu le numéro
00:40:07du ministère,
00:40:09la directrice générale
00:40:09de l'enseignement scolaire,
00:40:11Caroline Pascal,
00:40:11qui vous a notifié
00:40:12que ça ne verrait pas le jour
00:40:14finalement,
00:40:15tout ça dans un courrier.
00:40:17Ce qu'elle vous reproche,
00:40:18c'est ce dessin,
00:40:19on va le voir,
00:40:20un père de famille,
00:40:21visiblement ivre,
00:40:22une bouteille à la main,
00:40:24qui chante
00:40:24Connemara,
00:40:26la chanson de Michel Sardou,
00:40:27et dans son courrier,
00:40:28elle précise
00:40:28que ces illustrations
00:40:30conviendraient à des élèves
00:40:31plus âgées en fin de collège
00:40:32ou en début de lycée,
00:40:33car ça aborde des thématiques
00:40:35comme l'alcool,
00:40:36les réseaux sociaux
00:40:36ou encore des réalités
00:40:37sociales complexes.
00:40:39Ce sont des prétextes
00:40:40fallacieux, pourquoi ?
00:40:41Alors, pour commencer,
00:40:43ce livre a été suivi
00:40:45par l'éditeur
00:40:46et puis par le ministère
00:40:47de l'Éducation nationale
00:40:48pendant des mois,
00:40:49avec quatre ministres
00:40:49consécutifs,
00:40:50et c'est peut-être ça
00:40:51le fin mot de l'affaire.
00:40:52Il y a eu beaucoup
00:40:53d'instabilité ministérielle,
00:40:54chacun reprenant le truc.
00:40:57Attal,
00:40:57puis Nicole Belloubet,
00:40:59puis Anne Junté,
00:41:00puis Elisabeth Borne
00:41:00qui venait de débarquer
00:41:01au moment où tout ça
00:41:02s'est passé,
00:41:03et effectivement,
00:41:04tout le monde a suivi
00:41:05le bouquin
00:41:05en trouvant ça formidable.
00:41:06On est venu me chercher
00:41:08pour faire exactement
00:41:09ce qu'il y a dans le livre
00:41:10aujourd'hui.
00:41:10Tout le monde trouvait ça chouette,
00:41:12cette approche,
00:41:12cette espèce de petite malice
00:41:14qui pouvait y avoir,
00:41:14cette espièglerie,
00:41:15jusqu'à la dernière seconde,
00:41:17jusqu'à une préface
00:41:18signée par Elisabeth Borne
00:41:19qui en disait
00:41:20le plus grand bien
00:41:21de chacun de ses dessins.
00:41:23Et ensuite,
00:41:23à partir du moment
00:41:24où on a décidé
00:41:24de manière impromptue,
00:41:25unilatérale,
00:41:27d'annuler cette opération,
00:41:28du jour au lendemain,
00:41:29la veille de l'impression,
00:41:30il a fallu inventer
00:41:31des arguments bidons
00:41:33pour se justifier.
00:41:34Mais jusqu'alors,
00:41:35personne ne trouvait
00:41:36à redire à tout ça,
00:41:37d'autant que le texte
00:41:38qui a été choisi
00:41:39par le ministère,
00:41:40c'est précisément
00:41:40ce qui est illustré.
00:41:41Il y a cette histoire
00:41:42d'alcool.
00:41:43On y revient,
00:41:43vous avez montré
00:41:44l'image.
00:41:44C'est présent dans le texte
00:41:44d'origine,
00:41:45donc on explique
00:41:45le texte d'origine,
00:41:46il y a de 1756.
00:41:48C'est le texte du XVIIIe siècle
00:41:49dont on n'a pas changé
00:41:50une virgule,
00:41:51et dans ce texte,
00:41:52il raconte
00:41:52que le père,
00:41:53ayant bu quelques coups
00:41:54de vin,
00:41:55se trouva plus hardi
00:41:56et allait visiter
00:41:57les grands appartements.
00:41:58Donc en fait,
00:41:59on me demande
00:42:00d'illustrer le fait
00:42:00qu'un père boit du vin,
00:42:02donc je dessine
00:42:02un père qui boit du vin.
00:42:04On me demande
00:42:04d'illustrer un père
00:42:06qui se fait arrêter
00:42:06parce qu'il a des problèmes
00:42:08avec ses marchandises,
00:42:09donc je dessine ça
00:42:10stricto sensu,
00:42:11avec juste des costumes
00:42:12qui ressemblent
00:42:13un peu à aujourd'hui.
00:42:14Et ça, en fait,
00:42:15ça montre que
00:42:16c'est une espèce de panique
00:42:17dans le rétro-pédalage
00:42:18lamentable du ministère,
00:42:20qu'il a fallu
00:42:21mais des espèces
00:42:21de petits scotches.
00:42:22Je sentais si bien
00:42:22qu'il y a même eu
00:42:23ensuite des choses
00:42:23absolument imaginaires
00:42:26qui ont été racontées
00:42:26sur le livre.
00:42:27Il y a les arguments
00:42:28de la numéro 2 du ministère
00:42:29et puis il y a ceux
00:42:30d'Elisabeth Borne
00:42:30qui ne sont pas exactement
00:42:31les mêmes.
00:42:32On les a entendues
00:42:33dans le sujet.
00:42:33Alors, elle salue
00:42:34votre talent,
00:42:34votre ironie,
00:42:35votre second degré
00:42:35et puis elle ajoute
00:42:36quand Jules raconte
00:42:37à travers ses dessins
00:42:37l'histoire d'un père
00:42:39algérien alcoolique
00:42:40qui fait du trafic
00:42:41de contrefaçon
00:42:41et qui est arrêté
00:42:42par la police,
00:42:43je pense que ça peut
00:42:44créer des incompréhensions,
00:42:45choquées, blessées
00:42:46une partie de nos concitoyens.
00:42:49Vous comprenez
00:42:49le problème
00:42:50qui est soulevé là
00:42:51et qui est différent
00:42:51de celui notifié
00:42:53dans le courrier ?
00:42:54En fait,
00:42:54c'est la deuxième phase
00:42:55de communication
00:42:55du ministère
00:42:56à partir du moment
00:42:57où ils ont remarqué
00:42:58qu'ils commençaient
00:42:59à complètement faire
00:43:00naufrage médiatiquement
00:43:01et ils sont mis
00:43:02parce que les gens
00:43:03n'avaient pas le livre
00:43:04à raconter
00:43:04en fait de la pure diffamation
00:43:06sur le livre
00:43:07comme vous savez
00:43:07aux Etats-Unis
00:43:08non seulement on censure
00:43:09les livres un peu
00:43:10de la même façon d'ailleurs
00:43:11c'est-à-dire
00:43:11qu'on ne va pas les brûler
00:43:12ou interdire
00:43:13leur publication
00:43:13mais on va interdire
00:43:14aux écoles
00:43:14de les distribuer
00:43:16aux élèves.
00:43:17Mais vous connaissez
00:43:17les sensibilités
00:43:19aujourd'hui
00:43:19dans la société
00:43:20sur toutes ces questions ?
00:43:21Oui, mais ces questions
00:43:22justement sont
00:43:23non seulement irresponsables
00:43:25mais en plus
00:43:26hyper dangereux
00:43:27qu'une ministre
00:43:28face caméra
00:43:29parle de quelque chose
00:43:30qui est de l'ordre
00:43:31de la post-vérité.
00:43:32Il n'y a pas
00:43:33d'Algériens
00:43:34dans ce livre.
00:43:3520 000 personnes
00:43:36vont pouvoir peut-être
00:43:37ouvrir ce livre
00:43:37et constater qu'il n'y a pas
00:43:38d'Algériens dans ce livre.
00:43:39Oui, mais je l'ai lu
00:43:39le livre
00:43:40mais moi en lisant
00:43:42le livre
00:43:42j'ai eu l'impression
00:43:44que vous présentiez
00:43:45une famille algérienne
00:43:46ou d'origine algérienne.
00:43:48On voit le bateau
00:43:49aux couleurs
00:43:49du drapeau algérien
00:43:50étoile belgée.
00:43:51On voit cette pâte à tartiner
00:43:52algérienne.
00:43:53Alors c'est intéressant.
00:43:54Quand vous mangez des sushis
00:43:55vous vous transformez
00:43:56en japonais ?
00:43:57Non, mais regardez
00:43:59ce bateau
00:43:59il a les couleurs
00:44:00du drapeau algérien
00:44:01sur sa coque.
00:44:02Quand vous vous faites
00:44:03livrer une paella
00:44:03vous devenez espagnol.
00:44:04c'est un père
00:44:06qui reçoit
00:44:07une marchandise
00:44:07dans un port
00:44:08avec un bateau
00:44:09qui s'y avait marqué
00:44:10au SS Singapour
00:44:11vous pensez
00:44:11qu'il serait devenu
00:44:12chinois automatiquement.
00:44:13En fait
00:44:13c'est des espèces
00:44:14de glissement sémantique.
00:44:16Je vais vous expliquer
00:44:16comment ça s'est passé
00:44:17et vous le répétez
00:44:17parce qu'Elisabeth Borne
00:44:19incroyablement drapée
00:44:20dans sa fonction ministérielle
00:44:21l'a dit
00:44:21de l'ordre de la diffamation
00:44:23face caméra
00:44:24et du coup
00:44:24on a intégré cette idée.
00:44:26Cette idée
00:44:26est non seulement mensongère
00:44:27mais en plus dangereuse
00:44:28parce que par la suite
00:44:29j'ai reçu sur les réseaux sociaux
00:44:30toutes sortes de menaces
00:44:32de gens qui me hurlaient
00:44:33en disant
00:44:33comment vous parlez
00:44:34des Algériens
00:44:34alors il n'y a pas
00:44:34d'Algériens dans ce livre
00:44:35il n'y en a pas
00:44:36ouvrez ce livre
00:44:37mais vous ne disiez pas
00:44:38vous-même
00:44:39que vous aviez voulu
00:44:39sortir des princesses blondes
00:44:41pour montrer ?
00:44:42les personnages sont bruns
00:44:44la princesse ressemble
00:44:46à ma mère
00:44:46quand elle était petite
00:44:47et l'oncle
00:44:47est le parfait portrait
00:44:49de mon
00:44:49le père est le parfait portrait
00:44:50de mon propre oncle.
00:44:52Ce sont des gens
00:44:52qui ressemblent
00:44:53à la France d'aujourd'hui
00:44:54la France que je regarde
00:44:55quand j'ouvre la fenêtre
00:44:56est précisément la France
00:44:58qui était visée
00:44:59dans cette opération
00:44:59où justement
00:45:00ce patrimoine du 18e siècle
00:45:02magnifique a vocation
00:45:03à irriguer
00:45:04la France métissée
00:45:05la France métissée
00:45:06métissée de toutes
00:45:07les manières qu'il soit
00:45:08et puis surtout
00:45:09la France des enfants
00:45:10qui ont tout à fait
00:45:10ce sens de l'ironie
00:45:11et du second degré
00:45:12c'était comme si
00:45:13Elisabeth Borne
00:45:14signait une préface
00:45:16et ne signait pas
00:45:17une préface
00:45:18trouver ce livre formidable
00:45:19et elle le trouvait
00:45:20problématique
00:45:21le tout simultanément
00:45:22faire coexister
00:45:24deux réalités
00:45:24on voit la famille
00:45:25présentée
00:45:26donc trois frères
00:45:27trois sœurs
00:45:27le père
00:45:29vous parlez du sens
00:45:31de l'ironie des enfants
00:45:32mais est-ce que les parents
00:45:32ont tous ce sens
00:45:34de l'ironie
00:45:34c'est-à-dire que
00:45:35voilà
00:45:35un enfant rentre
00:45:36à la maison
00:45:37avec cette BD
00:45:38les parents la lisent
00:45:40ils peuvent
00:45:41percevoir
00:45:42une famille peut-être
00:45:43d'origine d'Afrique du Nord
00:45:44et ils voient
00:45:45la bouteille d'alcool
00:45:47et ils voient aussi
00:45:48j'y viens
00:45:49parce que voilà
00:45:49c'est aussi un sujet
00:45:50qui a été évoqué
00:45:52un cochon
00:45:52placé à table
00:45:53je vous arrête tout de suite
00:45:55parce que là
00:45:55vous me ferez sortir
00:45:56de mes gonds
00:45:57vous n'honorez pas
00:45:59LCP
00:46:00cette histoire
00:46:01de cochon
00:46:01stop
00:46:02je vous raconte
00:46:02stop
00:46:03Elisabeth Borne
00:46:04a refusé
00:46:05de répondre
00:46:06à tout appel
00:46:07tout courrier
00:46:08toute communication
00:46:09avec nous
00:46:10pendant toute cette période
00:46:11et toujours pas d'ailleurs
00:46:12je n'ai jamais eu
00:46:13Elisabeth Borne
00:46:13au téléphone
00:46:14ou par mail
00:46:14de ma vie entière
00:46:15vous voyez où on en est
00:46:16alors
00:46:17elle est allée
00:46:18pour s'exprimer
00:46:19pour la première fois
00:46:19dans cette histoire
00:46:20sur le plateau
00:46:21d'un confrère
00:46:21CNews
00:46:22dont on connaît
00:46:23à peu près
00:46:23les obédiences politiques
00:46:24dans une émission
00:46:25présentée par Christine Kelly
00:46:26dont on connaît
00:46:27à peu près
00:46:27les obédiences politiques
00:46:28Christine Kelly
00:46:29est partie dans un délire
00:46:31complètement facho
00:46:32sur le fait
00:46:33qu'on faisait manger
00:46:34du cochon
00:46:35à des algériens
00:46:36mais alors là
00:46:36non mais attendez
00:46:37c'est du délire paranoïaque
00:46:38c'est du délire sous extasie
00:46:40c'est à dire que
00:46:40cette chose là
00:46:41dite
00:46:42je ne vous parle pas
00:46:43de vos intentions
00:46:44je vous parle de la façon
00:46:45dont vos dessins
00:46:46peuvent être perçus
00:46:47par certaines personnes
00:46:48alors regardez
00:46:49ok stop
00:46:50analyse d'image
00:46:50parce que là
00:46:51vraiment c'est pas possible
00:46:51je pensais qu'on avait
00:46:53quand même dépassé
00:46:53le truc du simple fait
00:46:54de pouvoir voir ce livre
00:46:55non mais c'est délirant
00:46:58bon alors
00:46:59donc c'est un festin
00:47:00dans un château
00:47:02de contes de fées
00:47:02où il y a
00:47:03tout sur la table
00:47:04donc des raisins
00:47:05des ananas
00:47:06des crabes
00:47:07et un cochon
00:47:07avec une pomme dans la bouche
00:47:08comme dans les banquets
00:47:09d'Astérix
00:47:09et comme dans les tableaux
00:47:11de Vermeer
00:47:12comme dans les livres
00:47:12de Tommy Ungerer
00:47:13à cette table
00:47:14il y a une bête
00:47:15monstrueuse
00:47:16qui boit son verre de vin
00:47:16en faisant la conversation
00:47:17à une princesse
00:47:19ok alors
00:47:19et donc c'est quoi le problème ?
00:47:22moi je vous dis
00:47:22le décalage entre vos intentions
00:47:24et la façon dont
00:47:25le dessin peut être perçu
00:47:26par une partie de la société
00:47:26mais ça veut dire
00:47:27vous voulez qu'on parle
00:47:28des ananas
00:47:28c'est du chlordécone aux Antilles
00:47:29c'est du délire en fait
00:47:30prenez chaque élément
00:47:32de cette table
00:47:32et commencez
00:47:33il y a un poisson
00:47:34vous pensez que ça parle
00:47:35du réchauffement climatique
00:47:36et de la salinisation
00:47:37des océans
00:47:38donc il n'y avait pas du tout
00:47:38d'intention
00:47:39de parano-facho
00:47:40qui a été développé
00:47:41sur CNews
00:47:42et non non stop
00:47:44est investi
00:47:45par une ministre
00:47:46qui n'avait visiblement
00:47:47pas lu le livre
00:47:47ni avant
00:47:48ni après
00:47:49et donc c'est encore
00:47:50plus problématique
00:47:51donc ce délire là
00:47:53il nous reste peu de temps
00:47:54pour parler du livre
00:47:55en soi
00:47:55et pas de la polémique
00:47:56c'est indigne journalistiquement
00:47:56d'en parler
00:47:57parce que c'est
00:47:58ensuite le livre
00:47:59on l'aime ou on l'aime pas
00:48:00moi je l'aime
00:48:01moi j'ai ri
00:48:02j'ai trouvé ça
00:48:02léger
00:48:03et terriblement contemporain
00:48:05c'est dangereux
00:48:05parce que probablement
00:48:06les gens qui ont piloté
00:48:07un peu ce
00:48:08on va un mot du livre
00:48:09parce qu'on arrive
00:48:10au terme de l'interview
00:48:11les gens qui ont piloté
00:48:11cette interdiction
00:48:12ont un agenda
00:48:13qui n'est pas le nôtre
00:48:14qui n'est pas celui
00:48:15de la république
00:48:15et c'est d'ailleurs
00:48:15vous avez vu le petit film
00:48:17que vous avez passé tout à l'heure
00:48:18si des gens de François Ruffin
00:48:19à Edouard Philippe
00:48:21ont décidé de se mobiliser
00:48:22pour dire que c'était pas possible
00:48:23de censurer ce genre de bouquin
00:48:25c'est qu'il y a une petite
00:48:26une petite raison politique
00:48:27et peut-être une petite vertu
00:48:28à s'insurger de ça
00:48:30un mot quand même
00:48:30de la façon dont vous avez illustré
00:48:32ce livre
00:48:32avec toute votre hydronie
00:48:33tout votre talent
00:48:34vous vous attendiez
00:48:36à avoir un texte
00:48:38aussi moderne quelque part
00:48:39parce qu'on voit
00:48:40à quel point vous arrivez
00:48:40à rebondir sur tout
00:48:41ce qui fait notre société
00:48:42d'aujourd'hui
00:48:43les réseaux sociaux
00:48:43notamment
00:48:44vous attendiez à cela ?
00:48:47On m'a demandé
00:48:48de faire ça
00:48:48on était dans les 10 ans
00:48:52de l'attentat
00:48:53de Charlie Hebdo
00:48:54et on s'est dit
00:48:54ça va être drôle
00:48:55de proposer
00:48:56à un dessinateur
00:48:57un peu ironique
00:48:57de moderniser
00:48:58certains aspects graphiques
00:48:59d'un conte originel
00:49:00le fait que ça nous parle
00:49:02encore aujourd'hui
00:49:03et qu'on n'ait pas
00:49:03à changer le texte
00:49:04ça montre qu'effectivement
00:49:05le 18ème c'est encore présent
00:49:07pour nous
00:49:07c'est encore ce patrimoine
00:49:09ce trésor
00:49:09qui nous constitue
00:49:11nous tous
00:49:12quelle que soit la tête
00:49:13qu'on se paye
00:49:13ou le genre de pâte à tartiner
00:49:15qu'on mange
00:49:15c'est cette vertu
00:49:18qu'il a ce texte
00:49:18et ce mélange
00:49:19l'obsession
00:49:20pour l'apparence
00:49:22ça permet de faire entrer
00:49:23dans des thématiques
00:49:24d'aujourd'hui
00:49:24les soeurs
00:49:25qui sont bêtes
00:49:25qui sont stupides
00:49:26et qui se regardent
00:49:28dans le miroir
00:49:29toute la journée
00:49:29et qui cherchent un français
00:49:30leur mari
00:49:30qui se prennent en selfie
00:49:31en permanence
00:49:32ou qui insultent
00:49:33des gens
00:49:34sur les réseaux sociaux
00:49:34ça correspond au texte
00:49:36lui-même de l'époque
00:49:36c'est bord bord sur le texte
00:49:38il n'y a absolument pas
00:49:39d'extrapolation
00:49:40donc en fait
00:49:41j'ai bien vu aussi
00:49:42que plein de gens
00:49:42s'exprimaient en disant
00:49:43mais pourquoi est-ce qu'on
00:49:43ne donne pas les vrais classiques
00:49:44à quoi ça sert
00:49:46de moderniser les choses
00:49:46on ne modernise rien du tout
00:49:47on illustre un texte original
00:49:49du 18ème siècle
00:49:50combien de personnes
00:49:51ont récemment lu cette semaine
00:49:52un texte original
00:49:53du 18ème siècle
00:49:53je ne sais pas s'il y en a beaucoup
00:49:54parmi les gens
00:49:55qui sont en train
00:49:55de regarder cette émission
00:49:56et là il y aurait eu
00:49:57quasiment un million d'enfants
00:49:58en CM2
00:49:59qui auraient eu ça chez eux
00:50:00ça aurait été beau
00:50:01il leur reste la possibilité
00:50:02d'aller en librairie
00:50:03car votre livre
00:50:04il est présent en librairie
00:50:05depuis quelques jours
00:50:06illustration donc du conte
00:50:08de la belle et la bête
00:50:09publié par la collection
00:50:10Grand Palais
00:50:10de la Réunion
00:50:11des Musées Nationaux
00:50:12voilà et personne
00:50:13n'y mange de cochon
00:50:13vous restez avec nous
00:50:15c'est l'heure
00:50:15de la séance de rattrapage
00:50:16et une séance de rattrapage
00:50:29avec ce soir
00:50:29Stéphanie Despierre
00:50:30journaliste parlementaire
00:50:31à LCP
00:50:32Jean-Baptiste Daoulas
00:50:33il est là
00:50:33bonsoir
00:50:34journaliste politique
00:50:36à Libération
00:50:37et David Revaudallon
00:50:37bonsoir
00:50:38rédacteur en chef
00:50:39de la revue
00:50:40L'Hémicycle
00:50:40David j'en profite
00:50:41pour montrer
00:50:41le dernier numéro
00:50:42de votre revue
00:50:43c'est Spécial Vacances
00:50:44c'est ça ?
00:50:44Absolument
00:50:45on l'a joué un petit peu
00:50:46cahier de vacances
00:50:47avec un grand sondage
00:50:48qu'est-ce que tu votes
00:50:49pour les vacances
00:50:49on a demandé aux français
00:50:50avec quelle politique
00:50:51ils préfèrent répartir
00:50:52et les résultats
00:50:53sont assez amusants
00:50:54et surprenants
00:50:55La lecture pour cet été
00:50:57on commence cette séance
00:50:58avec ça
00:50:59Accepterez-vous
00:51:00que nous en parlions
00:51:01durant la session extraordinaire
00:51:03et nous sommes prêts
00:51:03d'ailleurs à la prolonger
00:51:04pour avoir le débat
00:51:05que les français attendent
00:51:07si vous ne le faisiez pas
00:51:08monsieur le premier ministre
00:51:08vous vous exposeriez
00:51:10vous vous en doutez
00:51:10à la censure
00:51:11Alors Stéphanie
00:51:12de quoi nous parle
00:51:13Boris Vallaud là ?
00:51:15Eh bien on parle
00:51:15de la réforme des retraites
00:51:16puisque je vous rappelle
00:51:18qu'en janvier
00:51:19en échange
00:51:20d'une non-censure
00:51:21du Parti Socialiste
00:51:22François Bayrou
00:51:23avait déclenché
00:51:25ce conclave des retraites
00:51:26qui devait se terminer
00:51:27cette semaine
00:51:28qui finalement
00:51:28est un peu prolongé
00:51:29il s'était engagé
00:51:31à
00:51:32s'il y avait un accord
00:51:34entre les partenaires sociaux
00:51:35à le transcrire
00:51:36à l'Assemblée Nationale
00:51:37le Parti Socialiste
00:51:39voulait avoir
00:51:40c'est ce qu'on a entendu
00:51:41des garanties
00:51:41pour être sûr
00:51:42que même s'il n'y avait
00:51:43pas d'accord
00:51:44il y aurait un nouveau débat
00:51:45sur les retraites
00:51:46à l'Assemblée Nationale
00:51:47François Bayrou a répondu
00:51:49il y aura un débat
00:51:51que s'il y a un accord
00:51:52et là il y a une bataille
00:51:53d'exégèse
00:51:54puisque le PS
00:51:54a ressorti une lettre
00:51:56du 16 janvier 2025
00:51:57où François Bayrou
00:51:58c'était selon
00:51:59les socialistes
00:52:00engagé à ce qu'il y ait
00:52:01un débat au Parlement
00:52:03quoi qu'il arrive
00:52:04en tout état de cause
00:52:04c'est la phrase écrite
00:52:05noir sur blanc
00:52:06effectivement par François Bayrou
00:52:07tout à fait
00:52:08il est écrit
00:52:08le Parlement aura
00:52:10en tout état de cause
00:52:11le dernier mot
00:52:11donc les socialistes
00:52:13brandissent ce
00:52:13en tout état de cause
00:52:14et disent que
00:52:15s'il n'y a pas
00:52:16quoi qu'il arrive
00:52:17un débat au Parlement
00:52:18sur les retraites
00:52:19et bien ils censureront
00:52:20alors Jean-Baptiste Daoula
00:52:21ça veut dire quoi
00:52:21on s'achemine vers
00:52:22une censure du gouvernement
00:52:24par la gauche
00:52:25y compris le PS
00:52:26déjà pour qu'il y ait
00:52:27une censure votée
00:52:28il faudrait que le RN la vote
00:52:28mais ça on en parlera
00:52:29un petit peu plus tard
00:52:30ce qui est sûr
00:52:31c'est que pour le PS
00:52:32il y a un enjeu
00:52:32quand même à garder la face
00:52:34puisque si ce gouvernement
00:52:36est encore là aujourd'hui
00:52:37c'est uniquement
00:52:38comme Stéphanie le disait
00:52:39parce que le PS
00:52:40en janvier
00:52:40a accepté
00:52:41de ne pas le censurer
00:52:42et ce qu'il veut profondément
00:52:44à nouveau
00:52:45une crise politique
00:52:45c'est pas sûr en tout cas
00:52:47mais ce qui est sûr
00:52:47c'est qu'il y a une forme
00:52:48de fenêtre de tir
00:52:49pour le PS
00:52:50pendant quelques semaines
00:52:51durant lesquelles
00:52:51ils peuvent se permettre
00:52:53de censurer le gouvernement
00:52:54sans que ça ait
00:52:55de conséquences politiques
00:52:56trop lourdes
00:52:56puisqu'on sait
00:52:57qu'Emmanuel Macron
00:52:58il ne va pas dissoudre
00:52:59en juillet
00:53:00l'Assemblée nationale
00:53:01ce serait faire des législatives
00:53:03en août
00:53:04ça n'a absolument aucun sens
00:53:05donc en réalité
00:53:06il ne va rien se passer
00:53:07avant septembre
00:53:08donc il y a cette fenêtre
00:53:09de tir
00:53:09durant laquelle
00:53:10les socialistes
00:53:10peuvent censurer
00:53:12montrer qu'ils sont
00:53:13dans l'opposition
00:53:13et en réalité
00:53:14la seule deadline
00:53:15entre guillemets
00:53:16le seul point de blocage
00:53:17c'est le budget de 2026
00:53:18donc s'il faisait tomber
00:53:19le gouvernement
00:53:20en septembre
00:53:21ça laisse encore
00:53:21deux ou trois mois
00:53:22pour négocier
00:53:23avec un successeur
00:53:23de François Bayrou
00:53:24arracher de nouvelles concessions
00:53:27et peut-être
00:53:28accepter à nouveau
00:53:29en échange de cela
00:53:30de laisser passer
00:53:31le budget 2026
00:53:32David Rodevaux-Dallon
00:53:33une censure avant l'été
00:53:35vous y croyez ?
00:53:36c'est possible
00:53:36je suis tout à fait d'accord
00:53:37avec Jean-Baptiste
00:53:38puisque ce serait une motion
00:53:39de censure à blanc
00:53:40qui ne serait pas votée
00:53:40par l'ERN
00:53:41en tout cas ce qu'on constate
00:53:42c'est que l'ambiance
00:53:43a vraiment changé
00:53:44très rapidement
00:53:44au groupe socialiste
00:53:45il y a deux semaines encore
00:53:47on disait que
00:53:49la position de l'aile droite
00:53:50celle de François Hollande
00:53:51c'est-à-dire en gros
00:53:51celle de la responsabilité
00:53:52attendons la fin
00:53:53du conclave
00:53:55si d'aventure
00:53:56la CFDT
00:53:57les partenaires sociaux
00:53:58arrivent à se mettre d'accord
00:53:59on ne va pas faire tomber
00:54:00le gouvernement
00:54:01puis après
00:54:02on se rapproche
00:54:03des municipales
00:54:03en réalité là
00:54:04je ne sais pas
00:54:05si c'est le congrès
00:54:06je ne sais pas
00:54:06si c'est le fait
00:54:07que la tension
00:54:07soit remontée
00:54:08entre certains socialistes
00:54:09et la France insoumise
00:54:11mais la nervosité
00:54:13la grogne
00:54:13y a remonté
00:54:13un socialiste
00:54:14me disait
00:54:14il y a deux jours
00:54:15un député important
00:54:16me disait
00:54:16on s'est fait rouler
00:54:17dans la farine
00:54:18ça va commencer
00:54:19à se voir
00:54:20et Mélenchon
00:54:21évidemment
00:54:21va en profiter
00:54:22pour dire
00:54:23que non seulement
00:54:23nous avons trahi
00:54:24la cause de la gauche
00:54:25mais en plus
00:54:26vous n'avez même pas eu
00:54:26les miettes
00:54:27que Bayrou
00:54:28vous avait promises
00:54:28donc effectivement
00:54:29cette hypothèse
00:54:30elle monte en puissance
00:54:31j'ajoute juste
00:54:32très rapidement
00:54:33qu'il y a les retraites
00:54:34mais il y a aussi
00:54:35la question
00:54:35du budget en cours
00:54:37avec visiblement
00:54:38des socialistes
00:54:38qui ne sont pas contents
00:54:39de l'exécution
00:54:40du budget 2025
00:54:41donc ça promet évidemment
00:54:42là je rejoins
00:54:43ce que disait Jean-Baptiste
00:54:44sur le budget 2026
00:54:45Sur la question du RN
00:54:46Jordan Bardella a dit
00:54:47il n'y aura pas de censure
00:54:48du RN
00:54:49sur la question des retraites
00:54:50et en même temps
00:54:50on a l'impression
00:54:51qu'au sein du groupe
00:54:52tout le monde
00:54:52n'est pas forcément
00:54:53sur cette ligne
00:54:53que certains hésitent
00:54:55quand même
00:54:55à aller vers la censure
00:54:57est-ce que vous avez vous
00:54:57des échos de députés
00:54:59là-dessus
00:54:59Stéphanie peut-être
00:55:00Oui il y a des débats
00:55:01c'est vrai
00:55:02mais clairement
00:55:03en tout cas
00:55:04les chefs du parti
00:55:05Jordan Bardella
00:55:06Sébastien Chenou
00:55:08ont réaffirmé
00:55:08cette semaine
00:55:09que les retraites
00:55:10c'était pas l'enjeu
00:55:11et que le vrai enjeu
00:55:12c'était le budget
00:55:12après il ne faut pas
00:55:13exclure complètement
00:55:15parce qu'on sait
00:55:16que parfois
00:55:17le RN est volatile
00:55:18parfois décide
00:55:19il suffit que François Bayrou
00:55:20ait une maladresse
00:55:21un mauvais mot
00:55:22et que le RN
00:55:23prenne la mouche
00:55:24et décide finalement
00:55:24de s'associer
00:55:25à la motion
00:55:25de censure de la gauche
00:55:26mais c'est vrai
00:55:27que pour l'instant
00:55:28au Rassemblement National
00:55:29même si dans la base
00:55:30des députés
00:55:30il y en a qui poussent
00:55:31en disant
00:55:32il faut censurer maintenant
00:55:33l'idée est plutôt
00:55:34de ne pas censurer maintenant
00:55:35mais plutôt au moment du budget
00:55:36et c'est comme pour les socialistes
00:55:38en fait
00:55:38c'est aussi à ce moment-là
00:55:39qu'ils auront
00:55:40un peu plus de pouvoir
00:55:42de peser
00:55:43sur le débat politique
00:55:44et sur le visage du budget
00:55:46sur la question du RN
00:55:47oui il y a une forme
00:55:47de réaffirmation
00:55:48du pouvoir
00:55:49du Rassemblement National
00:55:50aussi
00:55:50parce qu'ils ont été
00:55:51un peu effacés
00:55:51pendant six mois
00:55:52où on entendait finalement
00:55:53que le gouvernement Bayrou
00:55:54ne tenait que grâce au PS
00:55:55que le PS avait droit
00:55:56de vie ou de mort
00:55:57sur le gouvernement
00:55:59bon ben là
00:55:59qu'est-ce qu'on voit
00:56:00le PS agite
00:56:01une menace de censure
00:56:02en fait on voit
00:56:03que si le RN
00:56:04n'est pas d'accord
00:56:04le gouvernement
00:56:05restera
00:56:06ce qui est sûr aussi
00:56:07c'est qu'il y a quand même
00:56:08une façon de vendre
00:56:09la censure
00:56:10à l'opinion publique
00:56:11c'est quand même plus facile
00:56:12de vendre
00:56:12le fait de faire tomber
00:56:13le gouvernement
00:56:13quand on dit
00:56:14que c'est pour
00:56:14le déremboursement
00:56:15des médicaments
00:56:16que c'est pour
00:56:16faire augmenter
00:56:18les pensions de retraite
00:56:18et ne pas les geler
00:56:20dans des efforts d'économie
00:56:20c'est quand même
00:56:21beaucoup plus facile
00:56:22surtout quand on est
00:56:22dans une recherche
00:56:23d'une clientèle électorale
00:56:24des retraités
00:56:25qui manque énormément
00:56:26au Rassemblement National
00:56:27donc il faut
00:56:28de ce point de vue là
00:56:29pour le RN
00:56:30bien choisir le moment
00:56:30alors dans la série
00:56:32on a du mal
00:56:32à comprendre la logique
00:56:34de l'Assemblée
00:56:34en ce moment
00:56:35on a assisté
00:56:36à un nouvel épisode
00:56:37cette semaine
00:56:38c'est devenu un fourre-tout
00:56:40un projet disloqué
00:56:41vidé de sa cohérence
00:56:42par les conséquences
00:56:43d'alliances contraires
00:56:44notre vote contre
00:56:45de ce texte
00:56:45n'est ni un reniement
00:56:46ni un refus
00:56:46de la simplification
00:56:47alors de quel psychodrame
00:56:49est-ce qu'on parle là Stéphanie ?
00:56:51celui sur le projet de loi
00:56:52sur la simplification
00:56:53de la vie économique
00:56:54Marie Lebec
00:56:54que vous avez entendu
00:56:55est donc une députée
00:56:56du groupe
00:56:56Ensemble pour la République
00:56:57c'est elle qui portait
00:56:58la voix de ce groupe là
00:56:59c'est un projet de loi
00:57:00qui avait été déposé
00:57:02sous le gouvernement
00:57:03de Gabriel Attal
00:57:03qui je vous le rappelle
00:57:04est désormais président
00:57:05du groupe EPR
00:57:06ici à l'Assemblée
00:57:07et finalement
00:57:08lundi
00:57:09ils ont décidé
00:57:10de voter contre
00:57:12leur propre texte
00:57:13parce qu'ils estimaient
00:57:15que le texte
00:57:15avait été dénaturé
00:57:16qu'il y avait eu
00:57:17trop de modifications
00:57:18notamment la suppression
00:57:19des ZFE
00:57:20que ce n'est pas du tout
00:57:21ce que souhaitaient
00:57:21les macronistes
00:57:22donc ils ont décidé
00:57:23complètement de voter contre
00:57:25alors que c'est un texte
00:57:25qui avait été porté par eux
00:57:26qui a eu un parcours
00:57:27c'est vrai un peu chaotique
00:57:29il a été passé au Sénat
00:57:30ensuite il a fait les frais
00:57:31de la dissolution
00:57:32de la censure
00:57:33il a été découpé par morceaux
00:57:34enfin discuté par morceaux
00:57:36deux jours par ci
00:57:36deux jours par là
00:57:37à l'Assemblée nationale
00:57:38donc c'est vrai que c'est un texte
00:57:39qui n'était plus très lisible
00:57:40et les macronistes
00:57:42après de longs débats
00:57:43ont finalement fait
00:57:44ce choix-là
00:57:44qui peut paraître
00:57:45assez incongru
00:57:45et le résultat ?
00:57:47et bien c'est que le texte
00:57:48est passé quand même
00:57:49et c'est là qu'il y a eu
00:57:50un petit problème de stratégie
00:57:51puisque c'était déjà
00:57:52politiquement
00:57:53une décision un peu lourde
00:57:55de dire
00:57:55on vote contre ce texte-là
00:57:56sauf que tout le groupe
00:57:58Ensemble pour la République
00:57:58n'a pas suivi la consigne
00:57:59il y en a qui ont voté pour
00:58:00et il y en a qui se sont abstenus
00:58:02David Revodalone
00:58:03quelle leçon il faut tirer
00:58:04du fonctionnement
00:58:04de l'Assemblée aujourd'hui
00:58:05quand on voit
00:58:05ce qui s'est passé là
00:58:06Si vous me permettez
00:58:07cette formule
00:58:07on savait déjà
00:58:08que depuis la dissolution
00:58:09ça tournait un peu en rond
00:58:11là ça tourne carrément
00:58:12plus rond du tout
00:58:13c'est le monde
00:58:14le nouveau monde
00:58:14comme nous vendait
00:58:15Emmanuel Macron
00:58:16celui de 2017
00:58:17à l'envers
00:58:17puisque ça vient d'être
00:58:18parfaitement résumé
00:58:19on a un groupe macroniste
00:58:22qui est divisé
00:58:22et vote contre un texte
00:58:24qui est à l'origine
00:58:24déposé par un gouvernement
00:58:25macroniste
00:58:26avec une alliance
00:58:27entre les contraires
00:58:28RN en l'occurrence
00:58:29et pas mal de LFI
00:58:30et de voix de la gauche
00:58:31donc tout ça
00:58:32au détriment du président Macron
00:58:34qui l'a fait savoir
00:58:35il y a quelques jours
00:58:35en mettant en scène
00:58:37qu'il était furieux
00:58:38sur le fait
00:58:38qu'on reculait sur l'écologie
00:58:40on sait déjà
00:58:40que son bilan
00:58:41est assez contesté
00:58:42sur ce point
00:58:42donc il y a des raisons
00:58:44d'être mécontents
00:58:44mais ça montre bien
00:58:45que finalement
00:58:45ce gouvernement
00:58:46il n'avance pas
00:58:47vous savez
00:58:47il y a quelques mois
00:58:48Edouard Philippe
00:58:49disait dans une interview
00:58:50c'est le statu quo
00:58:51jusqu'en 2027
00:58:51ça montre que c'est tout à fait
00:58:53le coup
00:58:53En 20 secondes
00:58:53Jean-Baptiste
00:58:53Oui en fait
00:58:54d'un point de vue
00:58:54de technique parlementaire
00:58:56il faut qu'il y ait
00:58:57un gouvernement
00:58:57qui tienne un peu le manche
00:58:58c'est-à-dire que
00:58:59quand vous mettez
00:58:59un texte au début
00:59:00qui ressemble à quelque chose
00:59:02il ne faut pas
00:59:02qu'il ressemble à Frankenstein
00:59:03à la fin
00:59:03or ce qui se passe
00:59:04c'est que amendement
00:59:04par amendement
00:59:05les principales mesures
00:59:06se font battre
00:59:08au gré d'accords de circonstance
00:59:09entre le centre
00:59:10l'ERN
00:59:10la gauche
00:59:11et à la fin
00:59:12ça ne semble plus rien
00:59:12Jules ça vous inspire quoi
00:59:14tous ces débats qu'on a là ?
00:59:15Non mais j'ai l'impression
00:59:16qu'effectivement
00:59:16l'Assemblée est arrivée
00:59:17à peu près au même état
00:59:18de déliquescence
00:59:19que certains ministères
00:59:20auxquels moi j'ai eu à faire face
00:59:21parce que bon voilà
00:59:22ce clash entre l'administration
00:59:24et le cabinet
00:59:25et la ministre
00:59:25à l'éducation nationale
00:59:26a son équivalent
00:59:28en miroir à l'Assemblée
00:59:29et voilà
00:59:30c'est un petit peu déprimant
00:59:31Ça vous inspirera peut-être
00:59:31pour des BD politiques ?
00:59:33C'est très comique
00:59:33mais c'est plus déprimant encore
00:59:34non ?
00:59:35Je ne sais pas
00:59:36à vous de voir
00:59:36Bon merci beaucoup Jules
00:59:39merci à tous les trois
00:59:40c'est la fin de cette émission
00:59:41merci chers téléspectateurs
00:59:43pour votre fidélité
00:59:43et bon week-end à tous
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