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  • il y a 9 heures
Cela fait deux années consécutives qu’il arrive en tête de notre classement des meilleurs lycées de France. S’il ne destine pas forcément à des classes préparatoires, le lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois affiche 88% de réussite au bac contre les 80% attendus par l’Education nationale en fonction des profils des élèves. Pour parvenir à ce résultat, l’établissement mène depuis plusieurs années une politique d’accompagnement très dense : une salle de travail où se relaient des assistants pédagogiques, des locaux ouverts à tous neuf heures par jour et un encouragement permanent aux élèves pour qu’ils se dépassent... Reportage. Invitée : Christelle Brigaudeau, journaliste au service société. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production et réalisation : Jeanne Boezec - Mixage : Alexandre Ferreira et Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12A l'approche du bac 2019, on vous propose de visiter le meilleur lycée de France.
00:17Meilleur selon le classement annuel du Parisien, c'est-à-dire celui qui fait le plus progresser les élèves.
00:23Il se trouve en Seine-Saint-Denis.
00:25Pour la deuxième année consécutive, l'établissement Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois est en tête.
00:311500 lycéens, 40% de boursiers et un taux de réussite au bac proche des 90%.
00:38Claudia Prolongeau est allée voir comment l'équipe éducative arrive à ce résultat.
00:47Bonjour tout le monde.
00:51Allez vite, dépêchez-vous, courez s'il vous plaît.
00:55On ferme dans deux minutes.
00:58Allez, allez, on court, voilà, c'est bien.
01:01On s'entraîne pour le sport ce soir.
01:04Bonjour.
01:05Allez vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite, vite.
01:08Quand ça sonne, on ferme la deuxième porte, mais pas la première,
01:11parce que je ne veux pas qu'ils partent et que le retard se traduise en absence.
01:14Parce que le remède serait pire que le mal.
01:16Allez mademoiselle, dépêchons-nous.
01:18Vite, vite, vite, vite, vite, ça sonne la deuxième sonnerie.
01:21Allez, c'était la dernière.
01:22C'est bon Loïc ?
01:27Je m'appelle Nicole Oseret, je suis au lycée Nobel, proviseur depuis l'année dernière.
01:34C'est ma deuxième année dans ce lycée.
01:36Je m'y plais beaucoup.
01:38Et précédemment, ma première fonction, c'était éducatrice au ministère de la Justice,
01:45à l'application des peines, où je m'occupais de la réinsertion des adultes condamnés.
01:49Les personnes que je rencontrais en milieu carcéral étaient des personnes qui, sans faire de misérabilisme,
01:57appartenaient aux catégories socio-professionnelles défavorisées,
02:01avaient un parcours émaillé d'échecs, je dirais, parfois depuis l'enfance, depuis l'école.
02:08Donc, ils avaient tous un peu de qualifications professionnelles et un niveau scolaire assez faible.
02:15Mais, quand vous vous occupez de la réinsertion d'adultes condamnés,
02:18vous vous rendez compte que c'est très difficile de se réinsérer.
02:22Et, donc, je me suis dit que c'était bien de travailler en amont auprès de jeunes
02:27avant que tout cela ne se produise et d'essayer, à mon petit niveau, d'aider des jeunes à se
02:36réaliser positivement.
02:39Et vous avez le sentiment de réussir, donc, à faire ça ?
02:42Je pense que, voilà, on est dans un établissement où chacun a conscience de l'enjeu éducatif, on se sent
02:51utile.
02:53Bon, on sait que pour ces jeunes-là, leur chance, c'est l'école.
02:58Souvent, eh bien, ils n'ont pas de réseau.
03:00Trouver un stage en entreprise quand vous avez 15 ans, c'est difficile.
03:04Quand vous êtes issu de milieux ouvriers, de milieux relativement modestes, comme beaucoup,
03:11eh bien, vous n'avez pas ces contacts qui vous permettent d'accéder à des stages intéressants.
03:17Ça, c'est vrai que leur chance, c'est l'école, à ce niveau-là, bien sûr.
03:24Bonjour, madame !
03:26Au premier étage, une dizaine d'élèves s'entraînent pour le concours d'éloquence de fin d'année.
03:31Ils doivent reformuler une phrase de Victor Hugo.
03:34S'il existe une réalité qui dépasse le rêve, c'est ceci, vivre.
03:39Victor Hugo, les misérables.
03:41La vie peut être vécue comme un rêve.
03:44La réalité n'est pas forcément un cauchemar.
03:47Tous les rêves peuvent être réalisés.
03:49La mort pour le rêve, l'éveillement pour la réalité.
03:52Le rêve est éphémère.
03:53On peut l'arrêter et la transformer quand bon nous semble, alors que la vie est quant à elle éternelle.
03:57Si vous pensez que ce que vous vivez est vrai, que votre vie est misérable, c'est le cas.
04:02Que vous baignez dans des maux pour vous sentir meilleur suffira.
04:05Que ces deux mots vous réchaufferont.
04:08Vous avez raison, mais n'oubliez pas, vous serez toujours entre ces filets.
04:11Mais à qui, la vie.
04:12Essayez de chercher la perfection, passer devant de belles choses pour un rêve.
04:16Vaut-il peut-être mieux une vie simple et réellement parfaite ?
04:20Vous êtes dans quelle classe, là, tous, à peu près ?
04:24Je suis 14 dans la seconde.
04:25Oui.
04:27La seconde aussi.
04:28Qu'est-ce que vous avez trouvé dans ce lycée, qui n'y avait peut-être pas au collège ?
04:33La salle de travail.
04:35C'est une salle où on peut faire nos devoirs.
04:38Il y a des assistants pédagogiques qui peuvent nous aider.
04:41Elle est ouverte tous les jours, de 8h à 19h.
04:44Le samedi, je crois qu'elle est ouverte jusqu'à midi.
04:46Et il y en a qui reviennent le samedi, là, spécialement pour ça ?
04:49Ça nous arrive, en fait, comme on commence à 10h, à la 8h et en groupe, on se fait avec
04:55notre place.
04:55Qu'est-ce qui fait qu'en finissant les cours, au lieu de rentrer chez vous,
04:58vous avez envie de rester dans la salle de travail pour faire vos devoirs ?
05:02Tout d'abord, envie de réussir.
05:04Après, il y a les profs qui sont là aussi avec nous.
05:05Donc, si on a des difficultés, il y a les profs qui sont là.
05:08Après, moi, pour ma part, je suis en deuxième année de BTS.
05:11Là, par exemple, c'était les vacances scolaires de deux semaines.
05:13Et durant les vacances scolaires, j'ai eu rendez-vous avec un professeur à moi au McDo
05:17pour avancer sur un projet à moi que je dois passer à la fin de l'année.
05:20On peut contacter notre prof à n'importe quelle heure, entre guillemets,
05:24si on a un petit problème, si on a quelque chose qu'on n'a pas réussi à faire.
05:28Donc, le prof, il est toujours joignable.
05:29Alors que dans mon ancien lycée, il n'y avait pas tout ça.
05:32Oui, parce qu'en fait, dans ce lycée, j'ai l'impression qu'on met l'élève au cœur de
05:36tout.
05:37C'est-à-dire qu'on veut lui donner de la motivation de réussir.
05:41Et en fait, dans ce lycée, on fait tout pour lui donner la motivation.
05:44Avec le seul travail, CDI, les profs sont là, les ateliers en plus.
05:49On nous incite à nous cultiver.
05:52Vous imaginez faire des études avant ?
05:56C'est une belle question.
05:59Ouais, non.
06:00En venant à Nobel, c'est là où vraiment j'ai eu l'analyac de réussir et l'envie de
06:05réussir.
06:05Et c'est à partir de là que j'ai envie de continuer des études.
06:07Dans ma famille, on n'en a pas fait.
06:09Après, on ne m'en a jamais parlé auparavant.
06:11Alors qu'ici, on m'a dit que, Mohamed, il ne faut pas t'arrêter au bac.
06:14Le bac, au jour d'aujourd'hui, c'est rien en fait.
06:18Minimum, bac plus deux.
06:20Et là, moi, je suis en bac plus deux et je vais essayer de pousser à bout.
06:23Parce qu'en master, si j'arrive, ce serait parfait.
06:27En fait, le lycée, il nous a permis de nous ouvrir sur des portes très différentes,
06:32de voir des choses qu'on n'aurait pas pu voir.
06:34Et ils nous apprennent à nous dépasser.
06:37Je suis très, très timide et je n'aurais jamais pu parler devant tout le monde
06:40si on ne m'avait pas aidé autant, mes profs, etc.
06:44Ils n'essayent pas de nous limiter à quelque chose.
06:47Et je pense que, personnellement, là, à l'oral blanc de français, j'ai eu 16.
06:50Je pense que je n'aurais jamais eu 16.
06:52Je n'aurais jamais pu parler devant ma prof de français si je n'avais pas été entraînée.
06:56Comment vous vous êtes entraînée ?
06:57En fait, notre prof de français, avant même qu'on ait les aureaux blancs de français,
07:02elle nous a pris en cours.
07:03Elle nous a fait des exercices, etc. d'oral.
07:05Il y a des ateliers éloquence avec mon prof d'histoire, M. Guédon,
07:09et ma prof de français de l'année dernière, Mme Lépi.
07:12Et ils nous apprennent à parler parce qu'ils savent qu'il y en a beaucoup qui sont timides
07:15et qui ont beaucoup de difficultés.
07:16Ils nous font fort des ateliers où on est forcé de parler devant plusieurs personnes.
07:20Et en fait, c'est ce qu'ils nous apprennent maintenant.
07:22Ils nous apprennent à avoir une maturité puisqu'on a des contacts avec les profs.
07:25On peut leur parler facilement, simplement.
07:28Ils nous écoutent et ils font attention.
07:37Pendant la récréation, je me rends à la cafétéria, un espace coloré dans le hall d'entrée, dédié aux élèves,
07:42et qu'ils ont eux-mêmes demandé puis obtenu il y a quelques années.
07:46C'est là que je rencontre Assa, 18 ans, en terminale ES.
07:49Elle vit à Clichy depuis toujours.
07:51En arrivant au lycée, elle ne savait pas ce que serait son parcours scolaire.
07:55Je suis admissible à Sciences Po Paris et si je passe le deuxième oral, j'irai là-bas.
08:02Sinon, pour parcours sub, j'ai plutôt mis des licences en sciences politiques, en histoire et en maths et informatique.
08:11Et avant de venir dans ce lycée, vous aviez déjà pour ambition de faire des études ou pas du tout
08:15?
08:16Je ne savais pas du tout. Je me suis tournée vers la seconde générale parce que c'est celle qui
08:20ouvrait le plus de portes
08:21et c'est celle qui m'enfermait le moins du coup.
08:23Et voilà, c'est vraiment pour ça.
08:25Et Sciences Po, vous connaissiez avant ?
08:27Non, c'est grâce à ma professeure principale que j'ai connu Sciences Po.
08:30C'est elle qui dirige l'atelier Sciences Po et elle en a parlé à toute la classe et j
08:34'ai été vraiment intéressée.
08:36Et vous apprenez quoi du coup dans ces ateliers ?
08:38On parle d'actualité.
08:41Pendant tout le début de l'année, on a plus parlé d'actualité.
08:44Là, on est en train de se préparer plus pour l'oral d'admission.
08:46Du coup, on doit parler de nous, des associations dans lesquelles on est, de ce qu'on a fait au
08:51lycée.
08:52Franchement, les professeurs ont beaucoup changé la vision que j'avais de certaines matières, comme les maths, l'économie.
08:58Je ne pensais pas du tout un jour aimer les maths, je ne pensais pas aimer l'économie.
09:02Mais même la science politique aussi.
09:04Là, aujourd'hui, je me retrouve à suivre l'actualité et des choses comme ça.
09:07Je ne pensais pas que je devais aller faire ça un jour.
09:09J'ai l'impression que, vu qu'on ne quitte pas Clichy, on n'a pas le recul, forcément.
09:14Et j'ai l'impression qu'on est un peu dans notre cocon et qu'on ne voit pas trop
09:17ce qui se passe ailleurs.
09:18Pour moi, je n'ai pas trouvé ça difficile.
09:21Je n'ai pas forcément vu d'obstacles qui m'ont lié à mon origine.
09:43En salle de réunion, je retrouve M. Guédon, prof d'histoire, Mme Lenoir, qui enseigne l'espagnol,
09:47et Mme Lépi, en charge des cours de français.
09:50Dans ce lycée, ils ont découvert les conseils de classe auxquels tous les élèves assistent.
09:55La première fois, c'est assez intimidant, puisqu'on voit tous les élèves qui sont dans le fond de la
09:59salle pendant le conseil,
10:00et on sait toujours comment est-ce que ça va se passer.
10:02Et finalement, je trouve que ça simplifie réellement les rapports,
10:05puisque parfois, quand il n'y a que les délégués qui assistent au conseil,
10:08ils ont tendance à simplifier à outrance ce qui est dit,
10:11et des choses sont parfois mal interprétées, mal transmises.
10:15Donc là, vraiment, le fait qu'ils soient tous là permet d'envoyer un message direct à l'élève,
10:19qu'ils se sentent mieux concernés par leur scolarité.
10:22Cette année, on a une classe en commun, et les élèves n'ont pas assisté au conseil de classe,
10:27parce que plusieurs téléphones ont sonné, le professeur adjoint leur a demandé de sortir.
10:32Et dès le lendemain, tout avait été déformé, amplifié,
10:36même souvent les encouragements qu'on pouvait dire à certains élèves,
10:39s'étaient transformés en défauts, en critiques qu'on pouvait leur faire ou en reproches.
10:45Et l'ambiance de la classe a été complètement métamorphosée,
10:48vraiment dans les semaines qui ont suivi.
10:50C'est déjà une classe où il y a eu pas mal de problèmes,
10:54parce que tout n'est pas rose, quand même.
10:56Il faut aussi dire qu'on a des élèves difficiles,
10:59on a des relations conflictuelles avec certains enseignants et certaines classes.
11:04Le fait que ces élèves n'aient pas assisté au conseil de classe
11:07a créé encore plus de dissensions et d'incompréhensions.
11:11Et il a fallu vraiment expliquer, redire à maintes reprises les choses pour apaiser le climat.
11:22Monsieur Fatala, c'est Brahim.
11:24Et vous êtes professeur de ?
11:26D'économie-gestion.
11:27Moi, je suis ancien élève du lycée Alfred Nobel.
11:29Il y a peut-être 20 ans de ça,
11:31lorsque j'ai eu mes enseignants du lycée Alfred Nobel,
11:34qui sont pour certains toujours présents,
11:37je sais que le suivi qu'ils avaient avec moi,
11:39l'attention donnée,
11:41le confort de travail aussi,
11:43parce que c'est vrai qu'à la maison,
11:44on n'avait pas forcément le confort pour travailler.
11:46Le suivi, vraiment.
11:48Moi, c'est ce qui me touchait.
11:49De venir même le jour des résultats du bac,
11:51l'enseignant venait dans un lycée qui n'était pas à côté.
11:54Et l'équipe enseignante était là,
11:56et ça nous a fait vraiment plaisir.
11:57Alors, quelle note tu as eu en anglais, etc.
11:59Donc, ça, c'est quelque chose que je n'ai pas retrouvé ailleurs.
12:03Ce suivi, vraiment, jusqu'au bout de nos élèves,
12:06même après, jusqu'à maintenant,
12:08il y a des enseignants qui me demandent ce que je fais,
12:10qu'est-ce que je deviens, etc.
12:12Et ils sont très contents de savoir que j'ai suivi la même voie qu'eux,
12:14à savoir l'enseignement.
12:21Avant de partir, j'ai voulu retourner voir la proviseure,
12:23pour qu'elle nous parle de sa scolarité à elle.
12:25Quand on travaille avec des jeunes,
12:27je pense qu'il ne faut pas oublier qu'on a été élève,
12:30qu'on a été ado,
12:31qu'aussi, on s'est parfois ennuyé dans certains cours,
12:35que parfois, on a eu un sentiment d'échec,
12:39ou, bon, ça dépend.
12:41Moi, en ce qui me concerne,
12:42c'est vrai que j'ai eu un parcours scolaire
12:44qui a très mal commencé,
12:46où j'ai subi une sélection scolaire
12:48qui était quand même violente,
12:49et moi, qui étais plutôt introvertie,
12:52et donc, ça a été difficile.
12:55Et j'ai eu la chance d'avoir une enseignante,
12:58Madame Coulomb,
12:59qui a alerté mes parents,
13:01et qui leur a dit,
13:02écoutez, je pense qu'elle est capable,
13:04il faut la remettre dans le circuit ordinaire.
13:06Et mes parents,
13:08qui n'avaient pas fait d'études,
13:09lui ont dit, mais oh là là,
13:10mais vous vous rendez compte,
13:11elle va encore redoubler.
13:12Et là, elle a dit, non,
13:13ce n'est pas un redoublement,
13:14c'est lui donner vraiment une chance.
13:15Est-ce que ça vous embête
13:16qu'elle fasse une année de plus ?
13:18Et mes parents ont dit,
13:20mais non, pas du tout, évidemment.
13:21Donc, ils ont fait confiance à l'enseignante.
13:23Bon, il a fallu que je passe
13:24les concours de la fonction publique
13:26et le concours du ministère de la Justice
13:28pour me dire, ah tiens,
13:29là, finalement, c'est grâce à moi
13:32que je l'ai eu.
13:33Donc, c'est pour ça que moi,
13:35j'ai toujours dit
13:35qu'il ne faut jamais fermer les portes trop tôt.
13:40On va les laisser commencer.
13:42En fait, le but du jeu,
13:44c'est la première équipe
13:44qui arrive à dire quatre fois
13:46la phrase correctement.
14:07Claudia Prolongeau,
14:07qu'est-ce qui vous a le plus surpris
14:09en faisant ce reportage ?
14:10Ce qui m'a le plus étonnée,
14:12c'est d'apprendre que les élèves participaient,
14:15tous les élèves participaient
14:17au conseil de classe
14:18et que donc, ça se faisait devant eux.
14:21Ça permet, comme le racontent
14:22les enseignants dans le reportage,
14:24de supprimer tous les on-dit
14:27qu'il peut y avoir après un conseil de classe.
14:29Et donc, ça assainit vachement
14:31les relations entre les enseignants
14:33et les élèves.
14:33Et j'ai trouvé que c'était,
14:34enfin, ça m'a paru être, effectivement,
14:36une très bonne idée.
14:37Et l'autre chose qui m'a beaucoup surprise,
14:39c'est de constater que, en fait,
14:41les élèves viennent très tôt au lycée,
14:44même quand ils n'ont pas cours.
14:45Il y en a qui viennent à 8h le samedi matin,
14:48juste avant leur cours
14:49qui commence à 10h.
14:50Il y en a qui partent le soir
14:51à la fermeture du lycée,
14:53c'est-à-dire à 19h,
14:53alors qu'ils ont fini les cours plus tôt.
14:55Et en fait, ce qui se passe,
14:56c'est qu'ils ont compris
14:57que ce qu'ils faisaient,
14:58ils le font pour eux.
14:59Et donc, en fait,
15:00ils sont extrêmement responsabilisés.
15:02On voulait aussi avoir l'expertise
15:04de la spécialiste éducation du Parisien,
15:06Christelle Brigodeau.
15:07Christelle, expliquez-nous
15:08comment est élaboré le classement
15:10des meilleurs lycées de France
15:12qu'on publie dans le Parisien ?
15:14Alors, c'est un classement
15:15qu'on fait nous-mêmes, aux Parisiens,
15:16à partir des données
15:17du ministère de l'Éducation nationale.
15:19Tous les ans,
15:20l'Éducation nationale donne
15:21à tous les journaux
15:22toute une série d'indicateurs.
15:24Et à partir de ces indicateurs,
15:25on fabrique notre classement
15:27qui est assez particulier
15:28parce qu'il se base sur une chose
15:30qui est la valeur ajoutée
15:32des établissements,
15:32c'est-à-dire leur capacité
15:33à faire progresser les élèves
15:35plus que ce qu'on aurait pu attendre
15:37au regard de leur origine sociale
15:39ou leur profil scolaire.
15:41Concrètement,
15:42comment est-ce qu'on arrive
15:43à savoir ça ?
15:44Alors, on arrive à savoir ça
15:45en faisant la différence
15:47entre le taux de réussite
15:49au bac des élèves
15:50et le taux attendu,
15:51c'est-à-dire le taux
15:53que ces lycées devraient avoir
15:54si le lycée n'avait eu
15:56aucune influence sur les élèves.
15:58En fait, ce taux attendu,
15:59il est calculé en fonction,
16:01par exemple,
16:02du pourcentage de garçons et filles
16:04dans l'établissement
16:05parce qu'on sait
16:05que statistiquement,
16:06garçons et filles
16:07ne réussissent pas de la même manière,
16:08selon les filières
16:09qui sont présentées,
16:10s'il y a plus de séries
16:11technologiques ou scientifiques
16:12et selon l'origine des élèves,
16:14l'origine sociale.
16:15Est-ce qu'il y a
16:16beaucoup d'enfants boursiers ?
16:17Est-ce qu'il y a
16:17beaucoup d'enfants
16:18de milieux défavorisés ?
16:20Voilà, donc,
16:21tout ça passe
16:22à la moulinette
16:23des statisticiens
16:23d'éducation nationale.
16:25On aboutit à un taux attendu
16:27et nous,
16:27on fait la différence
16:28entre le taux de réussite
16:31obtenu par le lycée
16:32et le taux attendu.
16:33Et plus ce score est élevé,
16:34plus le lycée monte
16:35dans notre classement.
16:37Quelles sont les bonnes pratiques
16:38de tous les établissements
16:39qu'on retrouve en tête
16:40de ce classement
16:41comme le lycée Nobel,
16:42le Clichy-sous-Bois ?
16:43Alors,
16:44il y a des bonnes pratiques.
16:45Après,
16:45il y a une chose
16:46qu'on me dit chaque année
16:47quand on fait ce classement,
16:49c'est que s'il y avait
16:50une recette miracle,
16:51elle serait appliquée partout
16:52et on n'aurait plus de sujet
16:53sur comment on fait réussir
16:55les élèves.
16:56En fait,
16:56il y a une alchimie
16:57un petit peu particulière
16:58qui se met en place
16:59dans les lycées
16:59qui réussissent bien,
17:00par exemple,
17:01Alfred Nobel.
17:02Souvent,
17:03quand même,
17:03ce qu'on voit,
17:04c'est une équipe
17:04super soudée
17:05avec un chef d'établissement
17:07ou une chef d'établissement
17:08très volontaire
17:09qui porte un projet
17:11et où tout le monde adhère.
17:12Ça,
17:12c'est vraiment quelque chose
17:13d'assez fondamental.
17:15On voit aussi quand même
17:16pas mal de bienveillance
17:17vis-à-vis des élèves
17:18et une volonté
17:19d'une équipe d'adultes
17:21de porter les jeunes.
17:24Ça,
17:25c'est assez important.
17:25Après,
17:26il y a des choses
17:27qui peuvent se mettre en place
17:28ici ou là,
17:29souvent du tutorat,
17:30des cours après les cours,
17:31un lycée ouvert
17:33effectivement
17:33pendant de nombreuses heures
17:35dans la journée,
17:35un lieu de vie finalement
17:37pour les élèves
17:38où ils se sentent bien
17:39et puis
17:40des choses très pratiques
17:41mais voilà,
17:42des révisions pour le bac
17:43de manière assez intensive
17:44juste avant,
17:45des devoirs sur table
17:45toutes les semaines,
17:46enfin voilà,
17:47des choses
17:47du bachotage finalement
17:49qui fait qu'on fait réussir
17:50les élèves.
17:51Mais il y a quand même
17:52tout un contexte
17:52de bienveillance
17:53et une équipe investie.
17:57Ça a l'air d'être la clé.
18:06Merci à Christelle Brigodeau,
18:08reportage signé
18:10Claudia Prolongeau.
18:11Code source
18:12et le podcast
18:12d'actualité du Parisien,
18:14production et réalisation
18:16Jeanne Boézek,
18:17mixage
18:18Alexandre Ferreira
18:19et Julien Moncou-Kiol.
18:20Vous pouvez nous retrouver
18:22et vous abonner gratuitement
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