Passer au playerPasser au contenu principal
Après deux semaines d’audience, Nicolas Zepeda-Contreras est reconnu coupable de l’assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise, Narumi. Il dément toujours toute implication dans sa disparition et fait appel.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Thibault Lambert et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.

#narumi #proces #zepeda

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12En 2016, dans la nuit du 4 au 5 décembre, une étudiante japonaise âgée de 21 ans,
00:18Narumi Kurosaki, disparaît d'une résidence universitaire à Besançon.
00:23Elle ne sera jamais retrouvée et cette nuit-là, à 3h20,
00:26des dizaines d'étudiants ont entendu des cris de détresse.
00:30Accusé de l'avoir assassiné puis d'avoir dissimulé son corps,
00:33son ancien petit ami chilien Nicolas Zepeda, âgé aujourd'hui de 31 ans.
00:38L'homme a été jugé par la cour d'assises du Doubs à Besançon du 29 mars au 12 avril.
00:45CodeSource vous raconte ce procès avec Nicolas Jacquard,
00:48journaliste au service police-justice du Parisien.
00:51Il a suivi toute l'audience.
01:00Nicolas Jacquard, on avait consacré avec vous un épisode de CodeSource à cette affaire en 2019,
01:05Narumi, le crime impuni.
01:07Et on avait conclu ce podcast en évoquant la douleur de la mère de Narumi.
01:12Cette dame, elle est là, à l'ouverture du procès de l'assassin présumé de sa fille,
01:16à Besançon, le mardi 29 mars.
01:18À quoi est-ce qu'elle ressemble ?
01:20C'est une petite dame avec les cheveux noirs qui encadre son visage,
01:23un visage qui est dissimulé derrière un masque chirurgical,
01:26quelqu'un qui est recroquevillé, qui est prostré sur elle-même,
01:29sur le banc des parties civiles, le regard le plus souvent baissé.
01:32Et puis, la plupart du temps, elle enlace sa deuxième fille dans ses bras.
01:37Et on sent que les deux se tiennent comme ça,
01:39dans cette tempête qu'elles vont vivre face à la cour d'assises,
01:42et puis surtout face à Nicolas Zepeda,
01:43en fait, qu'elles observent de temps en temps du coin de l'œil.
01:45Elle tient une petite pochette.
01:47Oui, depuis le départ, la maman de Narumi,
01:49elle a cette pochette de couleur jaune,
01:50avec des motifs un petit peu d'estampes japonaises dessus.
01:53Cette pochette qu'elle tient, mais vraiment très fermement dans ses bras,
01:56elle est presque accrochée à cette pochette qui ne la quitte pas.
02:05Narumi avait 21 ans quand elle a disparu brutalement.
02:09Sa famille, ses amis, ses anciens professeurs
02:11la décrivent comme une jeune fille solaire.
02:14C'était vraiment une jeune fille brillante, épanouie.
02:18C'est quelqu'un qui excellait dans tout ce qu'elle touchait.
02:21On parle du scolaire, on parle aussi de l'extrascolaire.
02:24Elle jouait du piano, elle faisait de la danse,
02:26avec des moyens assez limités.
02:28D'ailleurs, sa maman l'a dit à un moment,
02:30elle a arrêté la danse au Japon
02:31parce qu'elle n'avait plus les moyens de se le payer.
02:33Elle cumulait les petits boulots étudiants.
02:34Elle avait deux boulots en même temps,
02:36en plus de son travail d'étudiante.
02:38Donc vraiment, c'est quelqu'un qui performait dans tous les domaines.
02:41Elle avait obtenu une bourse justement pour aller étudier en France.
02:44Toute l'audience va être aussi suivie par les parents de Nicolas Zepeda.
02:47Est-ce que vous pouvez nous les décrire ?
02:49La cinquantaine, son papa, les cheveux très noirs,
02:52sa maman beaucoup plus discrète.
02:54Une famille chilienne aisée.
02:56Des gens qui avaient acheté à leur fils un appartement
02:58dans le quartier chic de Santiago du Chili.
03:00Donc quand même, au Chili, une classe plutôt élevée.
03:02Et l'avocate qu'ils ont choisie pour leur fils n'est pas n'importe qui ?
03:04C'est tout sauf n'importe qui.
03:06Maître Jacqueline Laffont,
03:07c'est quelqu'un qui a défendu beaucoup de politique.
03:10Elle a longtemps été spécialisée,
03:11notamment dans les dossiers politico-financiers.
03:13Ce qu'on appelle la délinquance en col blanc.
03:15Elle a été l'avocate de Nicolas Sarkozy.
03:17Elle est l'avocate de Nicolas Hulot,
03:19de Patrick Poivre d'Arvore.
03:21Donc voilà, quelqu'un qui est vraiment estimé sur la place de Paris.
03:24Et ses parents ont tout fait pour que leur fils Nicolas reste au Chili
03:27et ne soit pas jugé en France ?
03:28Le Chili n'extrade pas ses ressortissants.
03:31Donc à partir du moment où il était au Chili,
03:33il avait la quasi-certitude de ne pas être envoyé à l'étranger
03:37dans les pays qu'il réclamait, en l'occurrence la France.
03:39Le procureur de la République de Besançon,
03:41Étienne Manteau, qui est un magistrat de grand talent,
03:43qui a repris ce dossier quasiment depuis le départ.
03:46On a eu de cesse de lutter pour l'extradition de Nicolas Zepeda.
03:49Il est allé au Chili en 2019.
03:52Et contre toute attente,
03:53il a réussi à convaincre ses homologues locaux
03:55de lui livrer Zepeda.
03:57Le mardi 29 mars, au palais de justice de Besançon,
04:00il est comment Nicolas Zepeda quand il arrive dans le box des accusés ?
04:03Alors il a vraiment ce profil de gendre idéal presque, j'allais dire.
04:08Il a une petite chemise bleue, une cravate.
04:10Il est très attentif à ce que dit le président.
04:13Il répète beaucoup « Monsieur le Président », « la cour ».
04:16On sent que c'est quelqu'un qui donne vraiment une image de respect, tout simplement.
04:19La langue maternelle de Nicolas Zepeda est l'espagnol.
04:22La mère de Narumi ne parle que le japonais.
04:24Pendant tout le procès, des interprètes vont se succéder.
04:27Oui, on a six interprètes,
04:29trois en espagnol, trois en japonais,
04:31qui sont là pour traduire presque en simultané
04:34l'intégralité des débats auprès de ceux qui ne comprennent pas le français.
04:38Le premier jour de l'audience est consacré au rappel des faits Nicolas Jacquard.
04:43Narumi a rencontré Nicolas Zepeda fin 2014
04:46à l'université japonaise de Tsukuba.
04:48Ensuite, ils vont rompre plusieurs fois
04:50et Narumi va mettre un terme à cette relation.
04:52En septembre 2016, Nicolas Zepeda ne l'accepte pas.
04:57Du Chili, il lui envoie une vidéo menaçante le 7 septembre.
05:01C'est une vidéo qui a été diffusée au cours des audiences,
05:04devant la cour d'assises,
05:04et dans laquelle Nicolas Zepeda menace Narumi.
05:08Il explique qu'elle a fait des mauvaises choses,
05:10il dit qu'elle doit en payer le prix.
05:12C'est une vidéo particulièrement glaçante,
05:14dont on sent qu'elle a pesé lourd dans les débats.
05:15Fin novembre 2016, le 28 novembre, il fait un long voyage en France.
05:19Un vol Santiago-Madrid, puis Madrid-Genève.
05:22Il arrive en train à Dijon, où il loue une voiture,
05:25et roule jusqu'à Besançon, où étudie alors Narumi.
05:29Nicolas Zepeda raconte que le dimanche 4 décembre,
05:32l'étudiante japonaise le voit par hasard,
05:34alors qu'il est dans sa voiture sur le parking de la cité universitaire.
05:37Que se passe-t-il ensuite selon lui ?
05:39Alors selon lui, elle l'aurait aperçue,
05:41elle se serait approchée de lui.
05:43Et à partir de là, il dit que les retrouvailles se passent plutôt bien.
05:47Donc à ce moment-là, ils sont officiellement séparés,
05:49mais c'est un couple qui a été très fusionnel.
05:52On dit que Nicolas, c'est vraiment le premier grand amour de Narumi.
05:56Et lui explique qu'à ce moment-là,
05:57ils décident tous les deux d'un commun accord
05:59d'aller dîner au restaurant,
06:00dans une ville touristique qui s'appelle Ornan,
06:03qui a une trentaine de kilomètres de Besançon.
06:05D'ailleurs, les témoins attesteront
06:08qu'ils ont mangé au restaurant ce soir-là
06:10et diront que le repas s'est plutôt bien passé.
06:11D'après la version de Nicolas Zepeda,
06:13la nuit du 4 au 5 décembre,
06:15ils ont fait l'amour et ils ont regardé des films.
06:18Quelques jours plus tard,
06:19le jeune homme va rentrer au Chili,
06:20mais la voiture de location qu'il a rendue le 7 décembre à Dijon
06:24est dans un état surprenant.
06:26Oui, la personne qui va reprendre après lui
06:29le Renault Scénic de location qu'il avait
06:30dira qu'il était particulièrement sale.
06:33Cette personne-là dira,
06:34on avait l'impression que c'était une voiture de campagne
06:36qui avait servi comme un 4x4
06:38qui était presque allé dans les bois.
06:40Et l'une des roues est voilée.
06:42Le traceur GPS du Renault Scénic
06:44révèle qu'il a énormément roulé.
06:46Le Scénic a fait très exactement
06:49776 kilomètres,
06:50essentiellement entre Dijon, Besançon
06:51et la ville de Dole dans le Jura.
06:53Sur deux jours, notamment,
06:55on parle du 1er décembre et du 6 décembre,
06:58c'est-à-dire avant que Nicolas Zepeda
07:00rencontre Narumi.
07:01Et puis après, une fois qu'elle a disparu,
07:03et la voiture, à ce moment-là,
07:04on sait qu'elle est équipée
07:05d'un système de carte SIM qui permet presque,
07:07en temps réel, de savoir dans quel secteur
07:09elle se trouve, comme un téléphone portable exactement.
07:11Et on voit que le téléphone portable de Nicolas Zepeda
07:13et la voiture correspondent,
07:15sont toujours au même endroit,
07:16et que cette voiture a beaucoup navigué
07:18en lisière de la forêt de Chaux,
07:20qui est la deuxième plus grande forêt de France,
07:22là où on pense qu'il s'est débarrassé
07:23du corps de Narumi.
07:26Effectivement, plus personne ne verra Narumi
07:28après cette nuit du 4 au 5 décembre.
07:30Des messages partent de ses réseaux,
07:33comme Messenger, de Facebook
07:34ou de son compte Gmail,
07:35mais ils sont sans doute écrits
07:37par Nicolas Zepeda lui-même.
07:38Oui, c'est vraiment ce dont sont persuadés
07:40les enquêteurs, c'est qu'en fait,
07:42artificiellement, après avoir ôté la vie à Narumi,
07:44il a continué à la faire vivre
07:46sur ses réseaux sociaux,
07:47et surtout dans les messages
07:48qui étaient envoyés à ses proches,
07:51lesquels s'inquiétaient de son absence.
07:52Et on sait que Nicolas Zepeda
07:54avait déjà, au préalable, auparavant,
07:56piraté le compte Facebook de Narumi.
07:57C'est quelqu'un qui se débrouille
07:58très bien en informatique.
08:00Donc les enquêteurs sont certains
08:01qu'il est l'auteur des messages
08:03envoyés aux proches de Narumi.
08:04Nicolas Jacquard, au début de ce procès,
08:05il est aussi rappelé les achats suspects
08:07qu'il a fait les jours précédents
08:09de la disparition de Narumi.
08:10Ce sont des achats qu'il a effectués
08:12au centre commercial de la Toison d'Or,
08:14à Dijon, au magasin Carrefour,
08:16et dans ces achats,
08:17il y a d'abord 5 litres de liquide inflammable,
08:20du liquide pour poils à pétrole
08:22de marque Winflam.
08:23C'est comme ça qu'on nous le décrit.
08:24Il y a un spray Javel 4 en 1.
08:27On se demande pourquoi
08:28il a acheté ce spray aussi.
08:29Lui dira que c'était pour nettoyer
08:30un des sièges de la voiture
08:31qu'il avait taché,
08:32mais on ne nettoie pas des sièges
08:33avec de l'eau de Javel.
08:35Et puis, également,
08:36une boîte d'allumettes.
08:37Et là, encore,
08:37il a une explication un petit peu farfelue
08:39en disant qu'il l'avait trouvé jolie
08:40et que tout simplement,
08:41il voulait la ramener
08:41en souvenir au Chili.
08:43Pendant l'enquête,
08:43Nicolas Zepeda avait affirmé
08:44ne pas être entré
08:45dans la cité universitaire de Narumi
08:47avant qu'elle l'y invite.
08:49Et pourtant,
08:49il a été vu et reconnu
08:51au moins par deux témoins.
08:52Deux étudiantes
08:53qui diront qu'elles l'ont croisé,
08:55qu'il avait un comportement anormal.
08:57L'une d'elles dit
08:57qu'elle l'a vu
08:58dans la cuisine commune du bâtiment,
09:00qu'il était recroquevillé sur lui-même,
09:01qu'il pleurait.
09:02L'autre disait
09:03que quand il l'a vu,
09:04il s'est donné une contenance
09:06en faisant semblant
09:06de chercher quelque chose
09:07dans le bâtiment.
09:08Et toutes les deux sont formelles.
09:09Elles le reconnaissent
09:10et encore à l'audience
09:11en disant
09:11« Oui, c'est parfaitement lui,
09:13c'était Nicolas Zepeda
09:14qui était là ce jour-là. »
09:15D'après l'accusation,
09:16que s'est-il passé
09:16cette nuit
09:17du 4 au 5 décembre 2016 ?
09:19Ce qu'on sait avec certitude,
09:20c'est qu'en rentrant
09:21du restaurant d'Ornans,
09:22Nicolas Zepeda et Narumi
09:24vont tous les deux
09:25dans la chambre de Narumi.
09:26Ça, on le voit
09:27sur les images
09:27de vidéosurveillance.
09:29Et à partir de là,
09:30on ne sait pas exactement
09:32ce qui s'est passé.
09:33L'accusation, elle,
09:34soutient que Nicolas Zepeda
09:36aurait étranglé Narumi.
09:37En tout cas,
09:38il n'y a aucune trace de sang
09:39qui sera relevée
09:40dans la chambre de l'étudiante.
09:42À partir de ce jour-là,
09:43on ne la reverra plus jamais.
09:45Sachant que Nicolas Zepeda
09:46n'est pas filmé
09:47en sortant du bâtiment
09:48puisqu'il a pris
09:49la sortie de secours
09:50qui n'est pas équipée
09:50de caméras.
09:51Et donc, le corps a disparu
09:52ainsi qu'une valise
09:54de Narumi.
09:55Mais de l'argent,
09:56par exemple,
09:57reste sur place
09:58dans la chambre
09:58plus de 500 euros,
09:59c'est ça ?
09:59C'est ce qui contredit
10:00l'hypothèse
10:01d'une disparition volontaire
10:03puisque son sac à main
10:04reste dans sa chambre.
10:05Son manteau,
10:05elle en a un seul.
10:06On est en plein hiver,
10:07il fait très froid,
10:08reste dans sa chambre.
10:09Il y a également
10:10565 euros en liquide
10:11qui sont toujours
10:12dans sa chambre.
10:12Par contre,
10:13il n'y a plus sa valise.
10:14On nous la décrit
10:14comme une grosse valise rouge
10:16d'à peu près 85 cm de haut
10:17sur 50 cm de large.
10:19Cette valise
10:19dans laquelle elle a amené
10:20toutes ses affaires
10:21pour venir étudier en France.
10:22Et cette valise,
10:23on ne la reverra jamais non plus.
10:32Au premier jour de son procès,
10:34Nicolas Zepeda réaffirme son innocence.
10:36Il se dit étranger
10:37à ce qu'il appelle toujours
10:38la disparition de Naroumi.
10:41Comment est-ce qu'il explique
10:42son voyage en France ?
10:42D'après lui,
10:43pourquoi est-ce qu'il est venu à Besançon ?
10:45Il avait expliqué
10:46qu'il était venu se renseigner
10:48pour peut-être lui-même
10:50poursuivre des études en France
10:51et peut-être ainsi aussi
10:52rejoindre Naroumi.
10:54Et puis finalement,
10:55à force d'être pressurisé,
10:57Nicolas Zepeda a fini par reconnaître
10:59que oui, quand même,
11:00s'il était venu,
11:00c'était dans l'espoir de l'avoir
11:01et il l'a vu.
11:02Au deuxième jour du procès,
11:03un enquêteur livre à la barre
11:05de nouveaux éléments.
11:06Oui, il s'appelle David Born.
11:08Il est l'un de ceux
11:08qui a le plus investigué
11:10dans le cadre de la disparition
11:11de Naroumi.
11:12Il est enquêteur à la PJ de Besançon
11:14et il explique qu'il a
11:15de nouvelles révélations à faire.
11:18Ces révélations concernent
11:19la vidéosurveillance
11:20qui jusque-là
11:21n'avait été expertisée
11:22qu'à partir du 4 décembre.
11:24Et lui, il raconte à la cour
11:25qu'en fait,
11:26en préparant son témoignage,
11:28il a eu l'idée
11:30d'aller regarder
11:31les vidéosurveillances,
11:32mais cette fois à partir
11:32du 1er décembre,
11:33c'est-à-dire à partir du moment
11:34où Nicolas Zepeda
11:35est déjà arrivé en France.
11:37Et qu'est-ce qu'on voit ?
11:37On voit à de très nombreuses reprises,
11:39la nuit,
11:40une silhouette qui rôde
11:41autour du bâtiment
11:42de Naroumi,
11:43qui manifestement fait
11:44des repérages.
11:45et tout le monde a tendance
11:46à penser que cette silhouette,
11:48ce rôdeur,
11:48c'est Nicolas Zepeda.
11:49Nicolas Jacquard,
11:50la nuit où Naroumi a disparu,
11:52beaucoup d'étudiants
11:53qui dormaient
11:54dans la résidence universitaire
11:55ont entendu des cris glaçants,
11:57des cris de détresse.
11:58Et ces étudiants
11:59viennent témoigner
12:00au cinquième jour du procès,
12:02le lundi 4 avril.
12:03Oui, ces cris sont des dizaines
12:05à les avoir entendus.
12:07Il y en a 11
12:07qui témoignent officiellement
12:09dans le cadre de l'enquête
12:11sur la mort de Naroumi
12:11et tous sont formels.
12:13Ce sont absolument
12:14des cris d'horreur,
12:15des cris de terreur.
12:16On sait très exactement
12:17à quelle heure ils retentissent
12:19puisque à ce moment-là,
12:20beaucoup d'étudiants
12:21vont s'envoyer entre eux
12:21des SMS en disant
12:22« Est-ce que tu as entendu ? »
12:23On dirait quelqu'un
12:24qui se fait assassiner.
12:26Et ces cris retentissent
12:27à 3h20 du matin.
12:29Et l'accusation pense
12:30qu'il s'agit en fait
12:31des cris de détresse
12:32de Naroumi.
12:33On a même un témoin
12:34qui parle d'un râle funeste
12:36de quelqu'un
12:36qui est en train de mourir.
12:37Nicolas Zepeda reconnaît
12:39avoir passé cette nuit-là
12:40sur place dans la chambre
12:41de Naroumi,
12:42la chambre 106.
12:44Est-ce qu'il dit
12:44avoir entendu ces cris
12:45que tout le monde a entendu ?
12:46Il nous dit,
12:47ces cris,
12:47« Moi, je ne les ai pas entendus.
12:50Je dormais à poings fermés,
12:51je n'ai rien entendu du tout. »
12:52Alors, il faut dire aussi
12:53à sa décharge
12:54que le plus proche voisin
12:55de Naroumi,
12:56qui est son meilleur ami,
12:56qui est aussi un étudiant japonais
12:57qui vit dans la chambre d'à côté,
12:58n'a lui aussi rien entendu.
13:00Mais il a confié
13:00qu'il avait le sommeil lourd.
13:02Et puis, une autre fois,
13:03Nicolas Zepeda,
13:04pour expliquer ses cris,
13:05dira « Ah, peut-être
13:06que certains ont entendu ses cris,
13:08peut-être qu'ils venaient
13:08de Naroumi,
13:09mais dans ce cas-là,
13:10c'était parce que nous avions
13:10des relations sexuelles
13:11et que c'était des cris de plaisir. »
13:13Mais tout le monde
13:13a décrit ses cris
13:14comme des cris de terreur.
13:15Le mardi 5 avril,
13:16Nicolas Zepeda
13:17est soumis
13:18à un interrogatoire
13:19de plusieurs heures.
13:20Le président de la cour d'assises
13:21cherche à lui faire avouer
13:23l'assassinat de Naroumi.
13:24Nicolas Jacquard,
13:25comment il se comporte ?
13:27On sent qu'il est vraiment
13:28très droit dans ses bottes,
13:30si je puis dire.
13:30Il ne varie pas
13:32d'un iota sur ses déclarations.
13:33Il est vraiment
13:34sur la défensive.
13:35Il maintient
13:36qu'il n'a pas tué Naroumi
13:37en dépit de tout
13:38ce qui va lui être opposé.
13:39Comment l'avocate
13:40de Nicolas Zepeda,
13:41maître Jacqueline Laffont,
13:42le défend jusqu'ici ?
13:43Sur la première semaine d'audience,
13:46elle va contre-interroger
13:47à chaque fois
13:47les témoins
13:48qui vont s'exprimer.
13:49Et on sent
13:50que se dessine
13:50pour la défense
13:51peut-être l'hypothèse
13:52qu'il a pu arriver
13:54autre chose
13:54à Naroumi,
13:55qu'elle ait pu par exemple
13:56disparaître volontairement,
13:57que d'autres personnes
13:57n'aient pu s'en prendre à elle.
13:59En tout cas,
13:59que la défense esquisse
14:01d'autres hypothèses
14:02que l'hypothèse Zepeda.
14:05Nicolas Jacquard,
14:06le mercredi 6 avril,
14:07la mère de Naroumi
14:08s'approche
14:09de la barre
14:10de la cour d'assises.
14:11Elle va rester seule
14:11au milieu du prétoire
14:12pendant près de 4 heures.
14:14Elle tient toujours
14:14sa petite pochette jaune
14:16dont elle ne se sépare jamais.
14:18Quels sont d'abord
14:19ses tout premiers mots ?
14:20Alors,
14:21ses premiers mots
14:21vont à l'adresse du tribunal,
14:24à l'adresse des policiers,
14:25des enquêteurs.
14:26Elle remercie
14:27tous ceux
14:27qui ont contribué
14:28à rechercher Naroumi,
14:31qui ont contribué
14:31à faire que Nicolas Zepeda
14:33soit présent dans le box.
14:34Et plus étonnant,
14:35elle s'excuse.
14:36Elle s'excuse presque
14:49tout pour elle.
14:50Par exemple,
14:51la maman de Naroumi
14:52raconte qu'elle a elle-même
14:53perdu sa propre mère
14:55très jeune
14:55quand elle avait 21 ans
14:56et que quand Naroumi est née,
14:58elle y a vu une forme
14:59de réincarnation
15:00de sa propre maman
15:01dans sa fille.
15:04Taiko raconte
15:05à un moment
15:05les derniers messages
15:06qu'elle a échangés
15:07avec Naroumi
15:08le 4 décembre.
15:09Oui,
15:09Naroumi lui explique
15:10que les chemins
15:11autour de la résidence
15:12sont gelés
15:12et sa maman lui demande
15:14si elle a des gants,
15:15si elle est suffisamment
15:16équipée avec ce froid
15:18et Naroumi lui répond oui.
15:20Cette femme
15:20a eu vraiment
15:21beaucoup de mal
15:22à surmonter
15:22la disparition de sa fille.
15:23C'est quelqu'un
15:24qui a basculé
15:25dans une forme
15:26d'horreur absolue.
15:27Elle raconte
15:28que plusieurs fois
15:29elle a essayé
15:29de mettre fin à ses jours.
15:31Elle explique
15:31qu'elle se tapait
15:32la tête contre les murs
15:33jusqu'à en être méconnaissable,
15:35qu'elle a même essayé
15:36de sauter d'une voiture
15:37en marche
15:37et qu'il n'y a pas
15:39une minute qui passe
15:40sans qu'elle n'ait l'envie
15:42de rejoindre sa fille
15:43qui a disparu.
15:44Au bout de deux heures
15:45de témoignage,
15:46elle commence à ouvrir
15:47cette petite pochette
15:48qu'elle tenait toujours
15:49dans ses mains.
15:50Oui, cette pochette,
15:51elle l'avait vraiment
15:52contre elle,
15:53près d'elle.
15:55Et puis,
15:55après avoir raconté
15:56qui était Naroumi,
15:58elle va expliquer
15:59à la cour d'assises,
16:00au juré,
16:00au public,
16:01qu'elle ne s'est jamais
16:03séparée de cette pochette
16:04plus d'une minute
16:05depuis la disparition
16:06de Naroumi.
16:07Elle va ouvrir
16:08cette pochette
16:08et en sortir
16:09une grande photo
16:10de Naroumi
16:11qu'elle montre
16:12d'abord à la cour,
16:13à tout le monde,
16:14qu'elle va poser
16:15devant elle
16:15pour que tout le monde
16:17puisse être avec Naroumi.
16:18Elle explique
16:19à partir de ce moment-là
16:20que pour la deuxième partie
16:22de son témoignage,
16:23Naroumi sera avec elle,
16:24sera avec la cour d'assises.
16:26Et dans la deuxième partie
16:27de son témoignage,
16:28Taeko Kurosaki
16:29nous en apprend plus
16:30sur Nicolas Zepeda
16:31qui était le premier
16:32petit ami sérieux
16:33de Naroumi.
16:34La maman elle-même
16:36avait accueilli
16:37à bras ouverts
16:37ce petit ami chilien
16:39qui était venu étudier
16:40au Japon.
16:41Elle s'est rendue compte
16:42qu'il prenait ses aises,
16:43peut-être même
16:43un peu trop ses aises.
16:44Elle cite un exemple.
16:46Alors Nicolas Zepeda,
16:47un jour,
16:47qu'il vient dîner
16:48chez elle,
16:49lui demande
16:50pour rester dormir.
16:51Elle lui explique
16:51que ça ne va pas être possible.
16:53Et plutôt que de s'en aller,
16:54Nicolas Zepeda
16:55n'aura de cesse
16:56que de la convaincre
16:57qu'il doit rester dormir
16:58chez elle
16:58et qu'il veut
16:59rester dormir chez elle.
17:00Elle s'en sert aussi
17:01pour dire,
17:01voyez,
17:02Nicolas Zepeda,
17:02quand il n'obtient pas
17:03ce qu'il veut,
17:04il va négocier
17:05jusqu'à temps de l'obtenir.
17:07Et justement,
17:07elle décrit aussi
17:08des moments de mesquinerie
17:09de la part de Nicolas Zepeda
17:10suite à des contrariétés.
17:12Parfois,
17:12quand il se sent rabaissé
17:14et c'est souvent le cas,
17:15il va vouloir se venger.
17:16En tout cas,
17:17c'est ce que dit
17:17la maman de Narumi,
17:18par exemple.
17:18Il va subtiliser
17:19le vélo de Narumi
17:20ou une autre fois,
17:21il va repartir avec ce vélo
17:22en lui laissant
17:23son propre vélo
17:24qui a les pneus crevés.
17:24Donc voilà,
17:25des petites choses
17:26très malsaines en fait.
17:26Si on se résume,
17:27qu'est-ce qu'elle dit
17:28sur Nicolas Zepeda
17:29qui est dans le box
17:29de sa cuisine ?
17:30Elle explique que c'est
17:32un démon qu'il faut enfermer
17:33pour protéger
17:34toutes les femmes du monde.
17:35Elle s'est aussi adressée
17:36à ses parents
17:37en leur expliquant
17:38que voilà,
17:38le rôle des parents,
17:39c'est aussi de montrer
17:41à leur enfant
17:41les erreurs
17:42qu'il a pu commettre
17:43et en ce sens,
17:43on sentait qu'elle leur demandait
17:45d'aider Nicolas
17:46à accoucher en fait
17:47de ses aveux
17:48en quelque sorte.
17:49Quelle est la réaction
17:50des parents
17:51de Nicolas Zepeda ?
17:52À ce moment-là,
17:53on voit que le père
17:54de Nicolas Zepeda
17:55va mettre la main
17:56sur l'épaule de sa femme.
17:58C'est à peu près
17:58la seule manifestation
17:59en fait de réaction
18:00à ce discours-là
18:01et on sent que eux-mêmes
18:03en tant que parents,
18:04ils ont compris aussi
18:05que la douleur
18:06de cette mère
18:07était quelque chose
18:08d'accablant
18:09à l'encontre de leur fils
18:10et qu'elle allait peser lourd.
18:11Quand la mère de Narumi
18:12revient s'asseoir,
18:13comment réagit le public
18:14présent dans la salle ?
18:15Alors, fait rare,
18:16le public s'est mis
18:17à applaudir.
18:18Des applaudissements
18:19presque timides au départ,
18:21ils n'ont pas duré
18:22extrêmement longtemps
18:22mais vraiment,
18:23on a senti
18:24dans ces applaudissements
18:25toute la spontanéité
18:27du soutien du public
18:28à cette mère endeuillée.
18:33Le jeudi 7 avril,
18:35l'avocate de la famille
18:36de Narumi,
18:37maître Galet,
18:37fait projeter dans la salle
18:39des photos
18:40de l'étudiante japonaise.
18:41Elle va sortir ses photos,
18:42on voit défiler sur l'écran
18:44des photos de Narumi bébé,
18:45des photos de Narumi enfant,
18:47des photos de Narumi adolescente
18:49et à chaque fois,
18:50elle va aller sur ce terrain
18:52de l'émotion
18:52et dire à Nicolas Zepeda,
18:54regardez-les ces photos,
18:55qu'est-ce qu'elles vous font
18:56ressentir ?
18:57Et là,
18:58il ne craque pas,
18:58il va pleurer,
18:59on sent qu'il se débat
19:01avec ses propres démons,
19:03il dit qu'il rêve
19:04de Narumi,
19:05qu'il la voit la nuit
19:06et l'avocate va insister
19:08en lui disant,
19:08mais voilà,
19:08vous devez,
19:10vous devez permettre
19:11à cette famille
19:12de faire son deuil.
19:13Mais il va maintenir
19:14qu'il n'est pas coupable
19:15et qu'il n'est pas
19:15l'assassin de Narumi.
19:17Et c'est donc une nouvelle journée
19:18où il est interrogé
19:19longuement sur le fond,
19:20il est vraiment repoussé
19:22dans ses retranchements.
19:23Oui,
19:23parce qu'on a vraiment
19:24l'impression que c'est
19:24un rouleau compresseur
19:26qui s'abat sur lui
19:27pour tenter de le faire avouer.
19:28Ce qu'on lui demande,
19:29c'est ce qu'il est venu faire
19:31à Besançon,
19:32c'est pourquoi il a fait
19:33ses repérages,
19:34pourquoi il a rodé,
19:35comment il explique
19:36qu'il est le dernier
19:37à l'avoir vu vivante,
19:38aussi pourquoi il n'a jamais
19:40tenté après être venu
19:41à Besançon
19:42de la recontacter.
19:43Il nous explique
19:44que c'est l'un de ses
19:44plus grands amours
19:45et en fait,
19:46il ne prendra jamais
19:46de ses nouvelles.
19:47Et tout ça,
19:48ce sont des éléments
19:48dont tout le monde
19:49a lieu de penser
19:50qu'il fond de Zepeda
19:51l'assassin de Narumi
19:52et lui-même se refuse à l'être.
19:54Qu'est-ce qu'il répond
19:55quand on lui dit
19:55qu'il n'a pas pris
19:56de nouvelles de Narumi ?
19:57Alors,
19:57ses différentes versions
19:58sont changeantes,
19:59mais la dernière
19:59qu'il développe à l'audience,
20:01c'est de dire,
20:01voilà,
20:01on avait convenu
20:02que c'était Narumi
20:03qui allait me recontacter.
20:05Elle ne l'a jamais fait,
20:06donc moi-même,
20:06je ne l'ai jamais fait.
20:07Et l'un des avocats
20:08lui explique
20:09si elle ne vous a pas recontacté,
20:10c'est peut-être tout simplement
20:11parce que vous l'aviez tué.
20:12Comment il réagit ?
20:14On sent qu'il est déstabilisé,
20:15il se met à pleurer,
20:16il tremble.
20:17Et voilà,
20:18on a vraiment le sentiment
20:19qu'il a,
20:20il n'est plus à l'aise.
20:21Et son avocate,
20:22sa propre avocate,
20:23Jacqueline Laffont,
20:24l'interpelle à ce moment-là.
20:25Oui,
20:25et ça,
20:25c'est vraiment une grosse surprise
20:27pour tout le monde.
20:28Elle lui dit,
20:28« Voilà, moi aussi,
20:29j'ai une question à vous poser. »
20:32Elle lui refait
20:33le fil de cette soirée.
20:34Elle lui dit,
20:35« Là, maintenant,
20:37est-ce que vous avez envie
20:38de me dire quelque chose ou pas ? »
20:44Et là,
20:44on voit que Nicolas Zepeda
20:46est vraiment encore plus déstabilisé.
20:48Il lui répond,
20:49« J'ai perdu le fil. »
20:51Donc,
20:51il ne sait vraiment plus
20:52où il en est.
20:54Et puis,
20:54il se met à pleurer.
20:56Et là,
20:57il lui répond qu'en fait,
20:58on peut lui reprocher
20:58beaucoup de choses,
20:59qu'il n'est pas quelqu'un de parfait,
21:00mais qu'il n'a pas tué Narumi.
21:02Et il se met à hurler,
21:03« Je ne l'ai pas tué. »
21:04Et il va le répéter quatre fois.
21:07Et on sent que c'était
21:09la dernière chance
21:10pour que Nicolas Zepeda
21:11avoue
21:12et qu'il ne l'avouera pas.
21:17Le lundi 11,
21:18le procès touche à son terme.
21:19Nicolas Jacquard,
21:20résumez-nous le réquisitoire
21:21de l'avocat général,
21:23Étienne Manteau.
21:24Ce qu'il a fait,
21:24c'est presque un travail
21:25de pédagogie,
21:26de reprendre
21:27l'intégralité
21:28des éléments
21:29à charge
21:29contre Nicolas Zepeda.
21:31Et quand il a dressé
21:32cette liste
21:33en mettant tous ces éléments
21:34en bout à bout,
21:35c'est là qu'on s'est rendu compte
21:36que vraiment
21:37tout a câblé
21:38Nicolas Zepeda.
21:39Il s'est aussi attaché
21:40à montrer
21:41qu'il y avait eu
21:42préméditation.
21:43C'était un des éléments
21:44vraiment de débat
21:45et que presque rien
21:47ne le dédouanait.
21:48Il demande donc
21:49la réclusion criminelle
21:50à perpétuité
21:51contre Nicolas Zepeda.
21:52Que dit l'avocate
21:54de la famille
21:54de Narumi ?
21:55Elle appuie effectivement
21:56la démonstration
21:57de l'avocat général
21:58sur la préméditation
21:59et elle explique
22:00qu'effectivement
22:01Nicolas Zepeda
22:02est vraiment venu en France
22:03dans l'optique
22:04de potentiellement
22:05faire disparaître
22:06Narumi,
22:06une jeune fille
22:07sur laquelle
22:08il n'avait plus le contrôle
22:09et qu'on était vraiment
22:10dans une forme
22:11de machisme,
22:12de domination
22:13où Nicolas Zepeda,
22:14selon cette avocate,
22:15allait supprimer
22:16cette jeune fille
22:17épanouie
22:17qui voulait le quitter.
22:18Comme à chaque fois,
22:19l'avocate de l'accusé
22:21s'exprime à la fin.
22:22Que dit maître Jacqueline Laffont ?
22:24Elle va vraiment
22:25plaider sur un fil.
22:26Moi, j'ai le sentiment
22:27qu'au terme
22:28de deux semaines d'audience,
22:30elle a été
22:31de moins en moins
22:32convaincue
22:32de l'innocence
22:33de son client
22:34et qu'elle va plaider
22:35contre l'évidence.
22:37En résumé,
22:38elle explique
22:39que tout accable
22:39Nicolas Zepeda
22:40mais qu'il y a peut-être
22:41une part de possibilité
22:43qu'il soit innocent.
22:45Elle explique aussi
22:45que finalement,
22:47pour elle,
22:48la part d'humanité
22:49de son client,
22:50c'est presque
22:51cette incapacité
22:52à reconnaître
22:53qu'il a pu tuer
22:54Narumi
22:54et que quelque part,
22:56il n'arrive pas
22:56à s'avouer à lui-même
22:58qu'il est un assassin.
23:03Est-ce que l'accusé,
23:04Nicolas Zepeda,
23:05dit quelque chose
23:05à la toute fin
23:06de son procès
23:06le mardi 12 avril ?
23:08Alors oui,
23:09il va s'exprimer
23:10pour la première fois
23:11en français.
23:12Donc voilà,
23:13avec des phrases
23:13un petit peu bancales
23:14mais on le comprend aisément
23:15puisqu'il ne maîtrise pas
23:16parfaitement le français.
23:17Il va dire qu'il n'a pas voulu,
23:18ce sont ses mots,
23:19être au milieu de la douleur
23:21de la famille de Narumi,
23:23qu'il n'a pas voulu
23:23être au milieu de la douleur
23:25de sa propre famille
23:26et qu'il n'a pas voulu
23:27être au milieu
23:28de sa propre douleur.
23:29Et il va répéter
23:30« Je ne suis pas parfait,
23:32mais je ne suis pas un assassin,
23:33je ne suis pas l'assassin
23:34de Narumi. »
23:36Dans la matinée,
23:36les jurés de la cour d'assises
23:38du Doubs se retirent
23:39pour délibérer.
23:40Ça dure environ 4 heures.
23:41Peu après 14h30,
23:42le verdict est lu
23:43par le président
23:44de la cour d'assises.
23:46Nicolas Zepeda
23:46est condamné
23:47à 28 ans
23:48de réclusion criminelle.
23:50Il est reconnu coupable
23:51de l'assassinat
23:52de Narumi.
23:53Comment il réagit ?
23:54On pourrait dire
23:55qu'il n'a presque pas bougé.
23:56Et voilà,
23:57on ne sait pas comment
23:58il a pu ressentir
23:59cette déclaration de culpabilité.
24:00Que dit l'avocate
24:01de la mère de Narumi
24:02à la sortie du tribunal ?
24:03Elle explique
24:04que ses clientes,
24:05la mère et la sœur
24:06de Narumi,
24:07sont soulagées
24:08que d'une part,
24:09c'est un échec
24:10parce qu'elles ont
24:11l'intime conviction
24:12de ce qui s'est passé
24:13dans cette chambre 106
24:14de la résidence universitaire.
24:15Mais si elles venaient
24:15au procès,
24:16d'après leur avocate,
24:17c'était vraiment
24:17pour avoir des réponses
24:18sur ce que Nicolas Zepeda
24:19avait pu faire
24:20du corps de Narumi.
24:21Elles sont reparties
24:22sans ces réponses,
24:23mais quand même
24:24avec la satisfaction
24:25d'avoir pu s'exprimer
24:29le sentiment
24:30d'avoir été entendu
24:31par le tribunal,
24:32par la justice française
24:33et le sentiment
24:34que cette justice
24:35était passée.
24:43Le mercredi 13 avril,
24:45Nicolas Zepeda
24:46a fait appel
24:48de sa condamnation.
24:49Il y aura donc
24:50un second procès
24:52dans cette affaire.
24:53Merci Nicolas Jacquard.
24:54Cet épisode de Code Source
24:55a été produit
24:56par Sarah Amny,
24:57Thibault Lambert
24:58et Ambre Rosala.
24:59Réalisation,
25:00Julien Moncouquiol.
25:02Code Source
25:02est le podcast
25:03d'actualité du Parisien.
25:04Un nouvel épisode
25:05chaque soir de la semaine.
25:06Pour n'en rater aucun,
25:07n'oubliez pas
25:08de vous abonner
25:08sur votre appli audio préférée.
25:11Vous pouvez nous contacter
25:12sur Twitter
25:12ou nous écrire directement
25:15code source
25:16code source
25:16at le parisien.fr
25:17ou pour n'en rater aucun,
25:20ou pour n'en rater aucun,
25:21Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations