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A l'occasion de la sortie du nouvel album d’Angèle, “Nonante-cinq”, Code source vous propose une version enrichie et actualisée du portrait que nous lui avions consacré en 2019, avec Emmanuel Marolle, chef du service Culture du Parisien.

Dans ce podcast : La chanteuse belge Angèle a sorti son deuxième album le 2 décembre album intitulé « 95 » nous lui avions consacré un épisode de code source il y a deux ans en novembre 2019 suite à l'énorme succès de son premier album roll elle était venue dans les locaux du Parisien échanger avec un panel de lecteurs. Nous vous proposons aujourd'hui d'écouter ou de réécouter cet épisode de code source dont nous avons actualisé la fin pour évoquer son nouveau disque.
Intitulé 95 il est un peu musicalement dans la lignée du précédent, si ce n’est pas la révolution ce n’est pas une superproduction américaine elle a continué à travailler avec la même équipe notamment avec le réalisateur Tristan Salvati. Ce qui change c'est plutôt les textes…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : Instagram et chansons d’Angèle, extraits de la rencontre «Face aux lecteurs », Netflix.

#angèle #chanson #balancetonquoi

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La chanteuse belge Angèle a sorti son deuxième album le 2 décembre, album intitulé 95.
00:18Nous lui avions consacré un épisode de Codesource il y a deux ans, en novembre 2019.
00:24Suite à l'énorme succès de son premier album, Brawl,
00:27elle était venue dans les locaux du Parisien échanger avec un panel de lecteurs.
00:31Nous vous proposons aujourd'hui d'écouter ou de réécouter cet épisode de Codesource
00:36dont nous avons actualisé la fin pour évoquer son nouveau disque.
00:41Récit d'Emmanuel Maroll, chef du service culture du Parisien.
00:51Face au lecteur, une personnalité est interrogée par des lecteurs du Parisien.
00:54C'est un exercice auquel se prêtent des politiques, des grands patrons, des syndicalistes ou des artistes confirmés.
01:01Cette fois-ci, Angèle, donc, Emmanuel Marolle, à quel autre face au lecteur ça vous fait penser ?
01:06Ça me fait penser à un face au lecteur qu'on a fait il y a des années avec la
01:10rappeuse Diams.
01:11C'était il y a un peu plus de dix ans.
01:14Et c'est vrai qu'on était à peu près dans le cadre du même phénomène.
01:18Une rappeuse qui incarnait ce qui se passait autour d'elle à ce moment-là, un peu son époque.
01:22À ce moment-là, on avait proposé à Diams de faire un face au lecteur.
01:26Et on l'a aussi proposé à Angèle aujourd'hui parce que ça voulait dire quelque chose pour nous,
01:31à côté, comme vous le disiez, des faces au lecteur traditionnels qu'on a pu faire avec Johnny Hallyday, avec
01:36Michel Polnareff, Michel Sardou.
01:38Angèle arrive face au lecteur pour l'anecdote avec un peu plus d'une demi-heure de retard.
01:43Pourquoi elle est en retard ?
01:44Alors elle est un tout petit peu en retard, pas tant que ça au départ quand elle rentre dans nos
01:48locaux.
01:48Elle a une dizaine de minutes de retard parce que son temps est vraiment compté.
01:53Elle a un timing très très serré.
01:55Elle sort d'une grosse séance photo avec une marque de luxe.
01:59Elle doit s'arrêter deux heures chez nous.
02:03Et puis après, elle doit rejoindre sa grand-mère à Bruxelles en TGV.
02:06Mais sur le chemin de la gare du Nord, elle a un autre rendez-vous.
02:09Et sa vie est rythmée de cette façon-là depuis des semaines et des mois.
02:13Donc elle arrive un petit peu en retard.
02:14Et elle se pose parce qu'elle a justement besoin d'un temps un petit peu de calme
02:18entre le moment où elle arrive, où elle sort de cette séance photo,
02:22et le moment où elle va se concentrer pour parler au lecteur,
02:26qui est un exercice un petit peu particulier.
02:28Et elle est comment quand elle arrive face au lecteur ?
02:30Concentrée.
02:31Je me souviens que je lui ai dit « ça va, tout se passe bien ? »
02:34Et elle m'a dit « je ne sais pas quoi répondre à cette question ».
02:37Parce que justement, elle est dans un, encore une fois,
02:40dans une sorte de timing très très précis,
02:44où c'est quelqu'un qui est concentré, mais qui a peur de perdre sa concentration.
02:49Pour l'anecdote, quand elle est arrivée face au lecteur,
02:52il y a des écrans qui diffusent les chaînes d'infos dans la rédaction.
02:56Et elle s'est retrouvée face, assise et face à ces écrans.
02:59Elle nous a dit « oh là là, ce n'est pas possible d'éteindre les écrans là,
03:02parce que j'ai beaucoup de mal à me concentrer,
03:03et je sens que ça va tout de suite me déstabiliser et me déconcentrer ».
03:07Emmanuel Marolle, pour vous aider dans votre prise de notes,
03:09vous enregistrez l'entretien qui va durer plus d'une heure avec votre téléphone.
03:13Et c'est grâce à ça qu'on va entendre ce que dit la chanteuse.
03:16Mais pas d'image vidéo, Angèle voulait se sentir libre de parler sans avoir à surveiller son image.
03:21Et l'une des premières choses qu'elle confesse au lecteur,
03:24c'est qu'elle a le sentiment d'être dans un tunnel.
03:26Oui, alors c'est un mot assez péjoratif, un tunnel.
03:29Elle dit que c'est un beau tunnel, mais c'est un tunnel quand même.
03:32C'est-à-dire qu'on pourrait aussi prendre la métaphore du plongeon,
03:36c'est-à-dire qu'elle a sauté un peu dans le grand bain en commençant la musique
03:39et surtout en voyant que très vite il y avait du buzz autour d'elle.
03:43Et en fait, ça ne s'est jamais arrêté.
03:44Donc elle est un peu sous l'eau, alors sous un tunnel aussi.
03:47Et elle commence à voir, elle le dit même,
03:49elle dit « je commence à voir le bout du tunnel ».
03:51Alors souvent on dit ça quand on est déprimé ou quelque chose comme ça,
03:54ce qui n'est pas son cas.
03:55Mais ce qui veut quand même dire que le succès
03:58et le tourbillon qu'il y a autour d'elle est parfois compliqué à gérer.
04:02Vous allez nous raconter comment Angèle est devenue en deux ans
04:04la chanteuse numéro un de sa génération pour les francophones.
04:08Angèle est belge, elle est née le 3 décembre 1995 en Belgique
04:12dans une famille d'artistes.
04:13Sa mère est une ancienne mannequin, devenue humoriste.
04:16Elle fait du stand-up.
04:17Oui, elle s'appelle Laurence Bibaud.
04:19On pourrait la comparer un petit peu à une sorte de Valérie Lemercier,
04:22de Florence Foresti.
04:23Donc elle est assez populaire en Belgique.
04:26Elle a fait des one-woman shows.
04:28Elle participe à des mini-séries sur YouTube.
04:32Vous voyez, c'est dingue les accents.
04:33C'est marrant quand même.
04:34Parce qu'il y a quand même ça des accents qui rendent sympa,
04:38des accents qui rendent sexy,
04:39des accents qui rendent pas sexy.
04:42Un bourdon en Liégeois.
04:45C'est effectivement une enfant de la balle, Angèle.
04:47Sa mère est comédienne et son père s'appelle Marca et est lui-même chanteur.
04:52Et lui, il n'a pas eu la carrière dont il rêvait.
04:55Non, il a ce qu'on pourrait appeler un succès d'estime.
04:57Il est assez populaire en Belgique.
04:59Ici, on l'a connu dans les années 90 avec quelques albums
05:02et notamment une chanson qui s'appelait La Poupée Barbue.
05:06C'est un personnage un peu lunaire.
05:09Une chanson qui, à l'époque, pouvait incarner une certaine vague de nouvelles chansons françaises.
05:14Il y avait des gens comme Enzo Enzo qui arrivaient chez nous.
05:17Des gens comme Thomas Fersen.
05:18Il pouvait s'inscrire dans cette nouvelle scène-là.
05:21C'est resté quand même assez confidentiel
05:23et quelque part aujourd'hui un peu culte pour les amateurs de chansons.
05:26Mais il n'a jamais réussi à percer en France ?
05:28Non, il a eu un gros contrat à un moment chez Sony.
05:31C'était aussi une autre époque.
05:33C'était à l'époque où les maisons de disques avaient beaucoup d'argent.
05:35Ils pouvaient signer des très gros contrats
05:36et dire à des artistes qui commençaient un petit peu à percer
05:39« ça va être énorme, vous allez devenir une star ».
05:42Voilà, ça a été un peu le cas de Marca.
05:44Il est un peu redescendu assez vite.
05:46Mais Angèle raconte que ça lui arrivait de voyager en diète privée
05:50pour aller chanter à Monaco, pour des VIP, etc.
05:54Enfin, des choses un peu surréalistes
05:56qui ne correspondaient pas complètement à la chanson presque artisanale
05:59qui pouvait défendre lui.
06:00Avec son frère, le rappeur Roméo Elvis,
06:02Angèle grandit baignée par la musique
06:04et quand elle est petite, elle est fan d'Hélène Ségara.
06:06Oui, alors ça c'est assez rigolo.
06:08Elles se sont même chantées sur scène ensemble.
06:10Angèle l'a invitée il n'y a pas très longtemps à l'Olympia.
06:13Et voilà, à 5 ans, elle était complètement dingue d'Hélène Ségara.
06:16Elle a commencé à faire du solfège avec une prof de piano
06:19et plutôt que de faire du solfège qui était quand même assez réperbatif,
06:22elle a dit à sa prof de piano « moi je veux chanter du Hélène Ségara ».
06:25Donc la prof de piano qui ne connaissait pas spécialement Hélène Ségara
06:27a été obligée de commencer à maîtriser le répertoire
06:30et elle a été assez intelligente parce qu'elle a joué du Hélène Ségara pour l'accompagner
06:34et pour qu'Angèle commence à chanter.
06:36Puis petit à petit, elle l'a amenée vers le piano
06:38pour qu'Angèle commence vraiment à jouer du piano.
06:42Mais c'est vrai qu'elle nous disait pendant le panel
06:43que son rêve absolu, c'était que ses parents participent à l'émission « Stars à domicile ».
06:49Une émission où on prenait par surprise des fans d'artistes
06:53et les artistes en question débarquaient chez eux avec les caméras quasiment en direct.
06:57Alors évidemment, c'était un grand moment d'émotion, etc.
07:00Et Angèle rêvait que ses parents participent à ça
07:02pour voir Hélène Ségara débarquer chez elle.
07:09Angèle redouble quand elle a 8 ans et elle le vit très mal.
07:11Oui, c'est une forme d'échec qui peut paraître un peu énorme
07:15pour une gamine de 8 ans, mais elle dit elle-même
07:18qu'elle n'a plus voulu être prise de nouveau en défaut
07:20de mal travailler, de mal faire les choses.
07:24Et ça peut paraître assez anecdotique à l'époque,
07:26mais c'est assez parlant quand on voit comment elle fonctionne aujourd'hui.
07:30C'est-à-dire qu'elle dit elle-même qu'elle est rarement contente de ce qu'elle fait.
07:33Et pour en revenir à ses parents, justement,
07:35quand on lui demande ce que ses parents lui donnent comme conseil,
07:38ils lui disent toujours « Profite, tu vis un truc génial, etc. »
07:42Et ils lui disent souvent, quand elle sort d'une prestation,
07:44en disant « Oh, mais j'étais nulle, il y en a marre, ça c'était pas bien, ça c
07:48'était pas bien. »
07:49Je me souviens par exemple qu'au Festival Paris Paradis,
07:53quand on l'a invitée, elle a eu une grosse, grosse galère technique.
07:56L'album n'était pas sorti, elle n'était pas du tout au niveau de popularité
07:59qu'elle connaît aujourd'hui.
08:00Ça a été vraiment galère sur galère.
08:03Et à la sortie de scène, elle était effondrée.
08:05Et je lui ai dit « Mais t'inquiète pas, c'était vraiment super, regarde, les gens étaient super contents,
08:09etc. »
08:10Et franchement, elle était super désolée que ce soit passé comme ça.
08:14Elle dit « Ouais, je voulais que ça se passe bien, je voulais que ce soit bien, et c'est
08:17nul, etc. »
08:18Donc il a vraiment fallu qu'on se mette à plusieurs pour la rassurer.
08:20Et je pense que, quelque part, ça doit la renvoyer à ce premier échec, entre guillemets.
08:24Et ce sont ses parents, justement, qui vont lui conseiller de se lancer dans la musique.
08:27Oui, ça c'est assez rigolo, parce qu'elle dit elle-même qu'elle voulait faire des études.
08:31Elle voulait faire soit des études de psychologie, des études d'histoire, d'anthropologie.
08:34Et que, dans sa famille d'artistes, personne n'a fait d'études.
08:37Et quand elle a commencé à dire ça à ses parents, ses parents lui ont dit « Tu vas quand
08:40même pas faire des études, quoi.
08:42Tu vas faire de la musique, presque comme tout le monde, quoi.
08:44En gros, nous ne nous fais pas honte en faisant des études, c'était presque ça. »
08:48Donc du coup, elle a intégré une école de jazz.
08:50Alors une école assez sérieuse, pour le coup, mais une école pour faire de la musique.
08:54Quand elle a 18 ans, pendant deux ans, elle joue du clavier pour son père.
08:57Alors, elle accompagne son père en concert.
08:59Et c'est aussi une école du terrain, mais une école très, très formatrice.
09:03Parce qu'évidemment, accompagner un musicien sur scène, tous les soirs ou presque, ça apprend la technique.
09:09Puis ça apprend la vie de concert.
09:11Aussi, elle dit elle-même qu'elle a commencé à apprendre à voir comment fonctionnait un spectacle,
09:15comment fonctionnait une tournée.
09:17Le matin, quand on arrive, on dit bonjour aux techniciens, etc.
09:21Enfin, il y a des rituels comme ça en tournée qu'elle a intégrés très, très rapidement.
09:26À ce moment-là, quand elle a 19 ans, une copine l'inscrit sur Instagram.
09:30Elle est arrivée sur Instagram, qui est un élément clé de sa carrière, assez tard finalement, en 2014.
09:35Elle n'avait pas spécialement envie d'y être, parce qu'elle dit elle-même que, en gros,
09:39c'était une époque où on mettait des photos de chiens et des photos de ce qu'on mangeait.
09:43Donc ça ne faisait pas spécialement rêver.
09:45Enfin, elle, ça ne la faisait pas rêver.
09:46Et puis c'est une copine qui l'a inscrite en disant,
09:48comme ça, tu pourras suivre mes photos de vacances quand je serai à l'étranger, etc.
09:52Elle se dit, oui, pourquoi pas.
09:54Et puis elle a commencé quand même à regarder un peu ce qui se passait sur Instagram.
09:57Et elle s'est rendue compte qu'il y avait des gens qui postaient des petites vidéos.
10:01À l'époque, c'était des vidéos de 15 secondes, de reprises, de chansons, etc.
10:05Qui n'étaient pas toujours formidables.
10:07Et bien, elle, évidemment, immergée dans la musique, elle s'est dit,
10:09je peux peut-être commencer à faire ça aussi.
10:11Et elle a commencé au piano, en se filmant, à faire des reprises de Rihanna,
10:15des reprises de Katy Perry.
10:18Et ça a commencé un petit peu à tourner, à être partagé, à avoir des likes, comme on dit.
10:23Et c'est comme ça que son ancienne baby-sitter, Sylvie,
10:28l'a contactée sur Instagram en disant, j'aime bien ce que tu fais.
10:31Moi, je travaille dans une boîte de com' et j'organise des concerts à Bruxelles,
10:35de temps en temps, dans des bars, dans des cafés-concerts.
10:37On pourrait peut-être en faire quelques-uns avec toi.
10:39Et c'est comme ça que ça a commencé.
10:44Ces 15 secondes de vidéo étaient hyper utiles,
10:48parce qu'en fait, ça me permettait en 15 secondes de chanter des chansons que les gens connaissaient,
10:54que les gens puissent un peu entendre ma voix,
10:55mais en même temps, je pouvais faire des petites blagues.
10:56Donc, ça montrait qu'il y avait un côté un peu, on ne se prend pas la tête et tout.
10:59Et puis, je pouvais annoncer le concert.
11:04Et puis, il y a une chanson qui est un peu symbolique qu'elle poste.
11:08C'est une reprise de Dick Angarn, qui s'appelle Bruxelles,
11:11qui est une chanson évidemment sur la ville.
11:14Alors, Dick Angarn, c'est un chanteur un peu mythique pour la Belgique et les Pays-Bas.
11:18Il est plutôt néerlandais que belge, lui.
11:20Mais en tout cas, c'est une chanson vraiment mythique de la chanson française des années 70.
11:35Il a le côté presque artiste maudit d'Ikhan Garn, un peu comme son père, Marca.
11:40Et évidemment, quand elle poste cette reprise de Bruxelles,
11:42chanson encore une fois importante pour les Belges,
11:44là, il y a une résonance un peu particulière.
11:46Le 23 octobre 2017, Angèle poste sur YouTube le clip de sa première composition,
11:52La loi de Murphy. De quoi ça parle ?
11:53La loi de Murphy, c'est un peu les petites galères du quotidien.
11:55C'est en haut quand on se lève le matin et que ça part mal
11:58et que c'est un enchaînement de choses qui...
12:01C'est la tartine qui tombe du mauvais côté.
12:04C'est toutes les petites galères comme ça.
12:05On se dit, on ne va jamais y arriver.
12:07Puis là, c'est trop parti en couille, a d'abord eu la pluie.
12:10La loi de Murphy a décédé d'enterre et mon brushing.
12:12C'est une chanson assez légère et en même temps,
12:14qui donne tout de suite le ton en gel.
12:16C'est-à-dire que quand on ne fait pas trop gaffe à ce que ça raconte,
12:19on se dit, c'est une petite ritournelle de rien du tout.
12:22Mais en même temps, encore une fois, ça parle tout de suite aux gens
12:24et il y a un rapport de proximité qui s'installe.
12:34C'est une chanson très pop, très accessible.
12:37Et en même temps, qui, dans un premier temps,
12:40fait le buzz, mais plutôt dans des médias assez branchés.
12:43Des sites internet, les inoccupables, des choses comme ça.
12:46Et aussi parce qu'on présente en gel à ce moment-là
12:49comme la sœur du rappeur Roméo Elvis qui lui-même est en train d'émerger,
12:55qui est beaucoup moins connu qu'il l'est aujourd'hui.
12:57Mais voilà, Roméo Elvis et Angèle sont jeunes, sont encore très très branchés
13:01et représentent un petit peu toute la nouvelle scène belge qui est en train d'émerger.
13:05À ce moment-là, à l'automne 2017, elle fait les premières parties d'un autre rappeur, Damso.
13:09Oui, alors c'est un peu le mariage de la carpe et du lapin, si on peut dire.
13:13Angèle en première partie de Damso.
13:14Damso, c'est un rappeur belge, très sombre, assez torturé,
13:18qui a été un peu épinglé aussi pour des propos assez sexistes dans ses chansons.
13:23Mais voilà, c'est aussi quelqu'un qui a une plume et une écriture très très forte
13:27et qui peut parfois être dans des images assez violentes, mais qui a un vrai ton.
13:32Angèle a fait un duo avec Damso sur son album
13:34et naturellement, il lui propose de faire les premières parties,
13:37mais c'est assez casse-gueule puisqu'elle se retrouve au clavier toute seule
13:41devant des grandes salles, un public d'amateurs de rap assez costaud.
13:45Et ça, c'est super formateur.
13:46En gros, quand on arrive à passer ce cap-là,
13:49où on est devant un public qui ne vous attend pas du tout,
13:51qu'on arrive avec des petites chansons pop, etc.
13:53Après, quelque part, on peut presque tout faire.
13:55Côté cœur, elle maîtrise sa communication en postant des photos d'elle
13:58avec son compagnon, un danseur.
14:00C'est un danseur qui s'appelle Léo, qui a été un danseur de Christian de Queens.
14:04Et voilà, à ce moment-là, elle utilise beaucoup Instagram
14:08et elle l'utilise sans filtre.
14:10C'est-à-dire qu'elle partage évidemment ce qu'elle fait en musique,
14:13mais elle partage aussi sa vie quotidienne.
14:15Quelque part, comme une presque adolescente de son âge,
14:18elle n'est pas complètement adolescente, mais elle a 20 ans à l'époque.
14:21Et elle se dit, Instagram, c'est cool, je vais faire comme tous les gamins de ma génération
14:25et je vais montrer ce que je fais le matin, mon mec, etc.
14:29En plus, il est danseur, donc on les voit danser chez eux, faire les andouilles, etc.
14:33Et puis forcément, la popularité est dans, elle a commencé à faire beaucoup plus attention.
14:37Et puis la vie fait aussi que parfois les couples se séparent, ce qui a été le cas.
14:42Et donc, d'un seul coup, tout ça a disparu.
14:45Autant avant, je le voyais comme un truc où je calculais vraiment pour le coup rien du tout.
14:50Récemment, je me suis rendu compte que 2 millions, c'est beaucoup,
14:53parce qu'ils sont 2 millions sur Instagram.
14:55Voilà, donc je fais quand même attention à ce que je dis, à ce que je fais, à ce que
14:58je montre.
14:59Je ne me filme pas trop chez moi, parce que je n'ai pas envie qu'après les gens aillent
15:02faire des zooms
15:03sur le moindre recoin de chez moi, et que les gens, limite, trouvent mon adresse et tout ça.
15:08Et ça, c'est le truc qui me fait un peu peur, quoi.
15:09En mai 2018, elle donne son premier concert à Paris, au Trianon, et vous êtes sur place.
15:14Oui, j'assiste à ce premier concert pour justement essayer de saisir un peu ce qui se passe autour d
15:19'elle.
15:19Il y a 2-3 chansons sur Internet, notamment l'album de Murphy dont on a parlé tout à l
15:22'heure.
15:23Et puis, le Trianon est complet, il est complet depuis des semaines, ce qui n'est pas rien.
15:27C'est une salle d'un peu plus de 1000 places à Paris.
15:30Il y a plein d'artistes qui n'arrivent pas à remplir le Trianon, même avec plusieurs albums.
15:32Et elle, en 3 chansons, elle y arrive comme ça. C'est super simple.
15:36Et là, je suis assez impressionné, parce que je vois dans la salle, c'est-à-dire un public assez
15:40jeune,
15:41qui connaît les chansons, qui connaît des chansons même qui ne sont pas encore sorties,
15:44parce que c'est des chansons qu'elle a déjà chantées sur scène, notamment en première partie de Damso,
15:48que certains ont partagées sur YouTube, etc.
15:51Donc, je vois des jeunes gens chanter des chansons que moi, personnellement, je ne connais pas, ou presque.
16:01Et une jeune artiste sur scène qui s'en sort très bien, mais on sent quand même que c'est
16:07les prémices.
16:08C'est-à-dire qu'elle a un groupe avec elle, de mémoire, ses deux musiciens, ce n'est pas
16:13complètement ça.
16:14Elle a un peu une petite scénographie, mais qui n'est pas complètement taillée pour l'ampleur du phénomène qu
16:19'on sent monter.
16:24Et pour la petite histoire, je ne citerai pas qui m'a dit ça, mais il y a quelqu'un
16:27de sa maison de disque qui m'a dit
16:28« C'est très bien, mais là, il va falloir bosser, parce que ça ne va pas du tout, en
16:32fait, la scénographie et tout ça. »
16:34Ça ne peut pas continuer comme ça. La personne qui me disait ça sentait que ça allait sans doute aller
16:38très très vite pour elle.
16:45En octobre 2018, elle sort son premier album, Broll.
16:48« Broll » qui veut dire en patois belge « bazar, bordel, bric-à-brac ».
16:53Et c'est un titre qui symbolise bien ce qu'il y a dans cet album, c'est-à-dire
16:57un peu tout ce qu'Angèle a envie de dire
17:00et un peu tout ce qu'elle est à ce moment-là. Ce qu'elle est, ce qu'elle aime,
17:04ce qui se passe autour d'elle.
17:06Moi, je me suis tout de suite dit, en écoutant cet album, dans 10 ans, 20 ans, 30 ans,
17:11quand on voudra savoir ce que c'était que la fin des années 2010, il suffira d'écouter cet album
17:16-là.
17:16Alors, ça ne résume pas toute l'époque, quand même. Mais il y a plein, plein de choses.
17:20Il y a des choses sur les réseaux sociaux, la façon dont, justement, cette génération peut aborder les réseaux sociaux
17:27où on est forcément beaucoup plus beau, beaucoup plus drôle, beaucoup plus intelligent que dans la vraie vie
17:32et qu'on n'ose pas trop y aller, mais qu'on regarde quand même ce que les uns et
17:35les autres font en disant
17:36« Ah là là, j'aimerais tellement être copain ou copine avec elle. J'aimerais tellement avoir les mêmes potes
17:41ou les mêmes copines qu'elle ou que lui, etc. »
17:45Voilà, il y a des chansons là-dessus. Il y a une chanson qui s'appelle « Ta reine »
17:47où elle parle de l'amour entre filles ou en tout cas de l'attirance qu'une fille peut avoir
17:52pour une autre fille.
17:53Voilà, on est beaucoup dans une époque où on parle du genre, de toutes les causes LGBT, etc.
17:59Donc voilà, et puis il y a évidemment le fameux « Balance-t'on quoi » sur le sexisme et
18:04sur le féminisme.
18:05« Balance-t'on quoi » ça tombe pile au bon moment.
18:12On est en pleine vague MeToo, on est dans les suites de l'affaire Weinstein aux Etats-Unis
18:16et elle, elle arrive avec sa fraîcheur justement de ses 21, 22 ans
18:22et elle parle du sexisme et du féminisme à sa façon.
18:26« Balance-t'on quoi »
18:30« Même si tu parles mal des filles, je sais qu'au fond t'as compris »
18:34« Balance-t'on quoi, un jour peut-être ça changera »
18:38« Balance-t'on quoi »
18:40Elle a souvent été présentée justement comme une jeune fille assez jolie
18:47où on commençait par la décrire physiquement, où on la présentait comme la fille d'eux ou la sœur d
18:52'eux.
18:52Et que voilà, quelque part, il y a toujours un petit sous-entendu un peu sexiste
18:57parce qu'on se demande toujours si on le ferait pour un mec et qu'on le fait plus facilement
19:01pour une fille.
19:02Et cette chanson, elle a été un coup d'accélérateur pour elle et pour sa carrière
19:06parce que derrière le côté baby-pop, comme on pourrait dire,
19:10il y avait un côté un peu France-Galle, y compris physiquement, j'y reviens.
19:12Mais voilà, il y a forcément une forme de comparaison.
19:16La France-Galle des années 60, soudain, ce côté presque nouveau yéyé qu'il y aurait pu y avoir,
19:22là il y avait du fond parce que les yéyés, on leur a souvent reproché qu'ils ne racontaient pas
19:25grand-chose.
19:25Elle, elle raconte des choses.
19:27Et cette chanson-là, elle symbolisait ça avec cette façon de parler du sexisme
19:31de manière extrêmement moderne et extrêmement libre.
19:43Donc voilà, il y avait un franc-parler et puis aussi avec une musique légère.
19:47On se dit toujours que dans la musique, c'est plus facile de faire passer un message fort
19:51avec une musique très très légère, très très insouciante.
19:54Et donc c'est d'autant plus fort dans la chanson.
19:55Et c'est un gros carton ?
19:56Ah oui, c'est énorme.
19:57C'est un truc qui a complètement fait basculer en gel dans autre chose
20:01et qui a réconcilié tout le monde.
20:03C'est-à-dire que soudain, les ados ou les jeunes gens qui écoutaient Angèle,
20:07les parents se sont rendus compte, parce qu'ils ont entendu parler
20:10et puis parce qu'ils ont entendu la chanson aussi,
20:11que cette jeune femme avait des choses à dire
20:14et que justement c'était quelque chose d'intelligent pour leurs enfants.
20:19Et donc à partir de là, tous les publics se retrouvent autour d'Angèle.
20:23Les branchés, les gens qui écoutent de la musique populaire,
20:26les parents, les ados, voire même les enfants.
20:30Et les grands-parents.
20:31Et les grands-parents aussi.
20:32Enfin voilà, il y a quelque chose.
20:35C'est Angèle, elle est jeune, elle est sympa,
20:39ses chansons sont cool, elle est jolie.
20:40Et en plus, elle a des choses à dire.
20:42En moins de deux ans, sa vie a complètement changé
20:44et elle ne se fait pas tout à fait à cette énorme célébrité.
20:47Angèle, aujourd'hui, sur les réseaux sociaux,
20:50elle est abreuvée de messages chaque minute de sa vie.
20:54Elle a été obligée de créer un compte à part pour pouvoir communiquer avec ses amis,
20:59envoyer des photos, etc. parce que les fans traquaient ses amis pour avoir des infos sur elle, sur Instagram.
21:04Elle est obligée de penser à ce qu'elle va mettre comme bonnet, comme je ne sais quoi,
21:09pour ne pas trop se faire reconnaître, qu'on ne lui demande pas toutes les trois secondes un selfie,
21:13voire même qu'on lui vole une photo parce qu'il y aura un paparazzi qui traîne par là.
21:16C'est sûr qu'il y a des jours où je me sens un peu prisonnière parce que si je
21:19suis fatiguée
21:19et que je ne me sens pas de...
21:21Enfin, que j'ai envie de sortir en jogging de chez moi pour aller acheter du papier toilette,
21:25parce que oui, ça m'arrive,
21:28je sais que je dois quand même réfléchir à la manière dont je m'habille.
21:31Il y a toujours des gens qui sont là pour me dire
21:33« Oui, mais en même temps, tu l'as choisi, c'est le but du jeu. »
21:36Non, je n'ai pas choisi ça.
21:38Je veux faire des concerts, il y a un succès, ça arrive,
21:41et il se fait que le succès, ça va avec ça.
21:43Mais je ne m'étais pas du tout projetée aussi loin dans ma carrière
21:48et je n'aurais jamais cru en arriver là.
21:49C'est vraiment la plus grosse star en ce moment ?
21:51Oui, parce que c'est une jeune femme qui vend énormément de disques.
21:55La tournée qu'elle est en train de faire est colossale.
21:57On a rarement vu ça et on n'a jamais vu ça.
22:00Enfin, moi de mémoire, je n'ai jamais vu ça depuis Stromae, par exemple.
22:03Justement, est-ce qu'elle risque de faire un burn-out comme Stromae ?
22:0690% de sa vie est consacrée à la musique.
22:10Donc, il n'y a quasiment pas de place pour le reste
22:12et elle arrive parfois à saturation et elle le raconte.
22:16C'est à ce moment-là qu'elle peut se blesser ou perdre sa voix
22:21quand elle sent que là, elle arrive à la limite.
22:24Donc ça, c'est à elle de le gérer et c'est très compliqué.
22:27Pour en revenir à Stromae, Stromae, il a connu ça aussi.
22:31Mais c'était quelqu'un qui, pour l'avoir beaucoup rencontré à l'époque,
22:34c'était quelqu'un qui était extrêmement cool, extrêmement accessible
22:38et qui, à un moment, a été aussi complètement dépassé
22:41et pris dans un tourbillon où il y avait énormément, énormément de concerts,
22:46où il y avait des sollicitations, lui, dans le monde entier
22:49et que tout ça l'a complètement fait craquer.
22:51Et elle aussi, elle va avoir besoin un peu de souffler, de prendre du temps ?
22:55Oui, il va falloir qu'elle prenne le temps de souffler.
22:57Là, il y a la réédition qui sort, mais de toute façon, il va falloir qu'elle souffle
23:01parce qu'il faut qu'elle fasse une pause, sinon elle va effectivement péter les plombs.
23:04Pour éviter un burn-out, il n'y a que moi que je dois écouter.
23:08Et là, pour le coup, il faut se poser, il faut se dire, il faut s'arrêter au bon moment.
23:12Il faut arriver à aussi prendre la mesure de tout ce qui se passe.
23:15Je pense que si on ne prend pas de plaisir, au bout d'un moment,
23:18c'est là aussi que ça nous tombe dessus parce que quand il y a trop,
23:22ça a beau être génial, on ne prend plus plaisir, donc il faut essayer d'espacer.
23:25C'est un équilibre compliqué à trouver, mais pour l'instant, j'ai l'impression que je le trouve.
23:29On en parle dans deux ans ?
23:34Emmanuel Marolle, nous sommes maintenant deux ans plus tard.
23:37Alors, est-ce qu'Angèle a fait un burn-out finalement ?
23:40C'est elle qui a la réponse et quand on lui pose la question, elle ne répond pas vraiment en
23:43fait.
23:43Elle dit ni oui ni non, elle dit que c'était très compliqué.
23:46Ce qui veut tout dire et rien dire.
23:48C'est-à-dire que oui, on n'est quand même pas très loin du burn-out,
23:51même si médicalement, psychologiquement, peut-être qu'on ne peut pas appeler ça comme ça.
23:55Et qu'est-ce qu'elle a fait ces deux dernières années ?
23:57Est-ce qu'elle a pu se reposer ?
23:58Oui, elle s'est un peu reposée.
24:00Alors un peu comme, j'allais dire un peu comme tout le monde parce qu'elle s'est retrouvée confinée
24:03chez elle.
24:04Et elle avait dans l'idée de faire un documentaire pour Netflix qui allait retracer justement ce succès fulgurant.
24:12Et en se posant chez elle et en commençant à se raconter, elle s'est rendue compte justement qu'elle
24:18était dans un état d'esprit pas très loin du burn-out finalement.
24:21Et que ce qu'elle retenait, c'était plutôt l'aspect négatif des choses.
24:28Je pense que personne n'est prêt pour ça.
24:31Quand on se retrouve du jour au lendemain dans toutes les radios, dans toutes les télés,
24:35j'étais hyper heureuse.
24:38Et en même temps, je me demandais, mais qu'est-ce que je fous là ? Pourquoi moi ?
24:43J'ai donc développé cette fille-là, une version améliorée de moi-même.
24:47Un mélange de tous mes fantasmes.
24:49La petite sirène, une princesse, Hélène Cégara, Priscillia, Ariana Grande.
24:55Tout ce à quoi je rêvais de ressembler secrètement.
24:58Seulement voilà, la vraie Angèle, je l'ai perdue.
25:03Quand on voit ce documentaire maintenant qui est disponible depuis quelques jours sur Netflix,
25:07on se rend compte qu'elle n'est pas en grande forme pendant toute cette période-là.
25:11Qu'elle se pose beaucoup de questions, qu'elle peut pleurer, qu'elle peut s'interroger,
25:17qu'il y a plein de choses qui lui échappent.
25:20Sa bisexualité par exemple, qui est outée dans la presse People
25:24et même avant l'apparution d'un hebdomadaire People par Cyril Hanouna dans TPMP.
25:31Donc en fait, le mec m'a outée.
25:33Elle était la première personne à dire en direct que j'étais avec une femme
25:37alors que c'était quelque chose qui était super compliqué pour moi.
25:41à comprendre et à envisager, qui était hyper intime.
25:45Et il l'a fait alors que, je veux dire, ça aurait pu me poser des problèmes personnels dans ma
25:53famille.
25:54Elle voulait en parler à ses proches et tout ça, boum, ça, ça lui échappe.
25:57Il faut qu'elle gère une affaire d'agression sexuelle qui met en cause son frère rappeur Roméo Elvis.
26:03Et évidemment, elle se prend tout dans la tronche, genre,
26:06c'est pas la peine de chanter Balance ton quoi pour après être rattrapée par ça, par son propre frère.
26:12Enfin voilà, donc tout ça est très, très violent pour elle.
26:14Et finalement, leur ennemi de documentaire de Netflix parle beaucoup de ça.
26:18Alors oui, c'était dingue ce qu'elle a vécu, mais c'est dingue.
26:21Côté positif, mais aussi côté négatif.
26:23Et quelque part, c'est presque ça qui l'emporte.
26:24Isolée, chez elle, à Bruxelles, à cause du Covid.
26:27Angèle a dévoilé son deuxième album une semaine plus tôt que ce qui était prévu.
26:31Le jeudi 2 décembre à minuit, album intitulé 95.
26:35Il est comment ?
26:36Il est un peu musicalement dans la lignée du précédent.
26:39C'est-à-dire que c'est pas la révolution, c'est pas une super production américaine.
26:42Elle a continué à travailler avec la même équipe, notamment avec le réalisateur Tristan Salvati.
26:47Ce qui change, c'est plutôt les textes.
26:48C'est-à-dire que, Broll, on était vraiment dans une photographie de l'époque.
26:53Et là, avec 95, donc 1995, qui correspond à son année de naissance,
26:58on est vraiment, comme son nom l'indique, dans quelque chose d'assez introspectif,
27:02où elle parle d'elle, à l'exception d'une chanson sur les violences conjugales qui ne la concerne pas
27:05du tout.
27:06Elle raconte et elle décrit en musique tout le trouble et le tourbillon qu'elle a vécu.
27:11Et encore une fois, qui n'a pas toujours été facile à vivre.
27:15Moi, personnellement, je suis un chouïa déçu par ce disque,
27:18parce qu'il est vraiment dans la lignée du premier, un peu moins bien,
27:24à l'exception d'une chanson en duo avec le rappeur Damsou,
27:27avec qui elle avait déjà travaillé, qui s'appelle Démon,
27:29et là, qui est vraiment formidable, qui est quelque chose d'entêtant.
27:32Ou encore une fois, elle parle de ses démons.
27:34Elle dit « J'ai pas l'air de m'en faire, mais si vous saviez comment c'est dans
27:37ma tête, ça me fait vriller. »
27:38Voilà, c'est quelques mots comme ça qui résument l'état d'esprit de cet album,
27:43qui, je pense, devrait très bien marcher.
27:57Jusqu'ici, tout va bien, on pense à aller.
28:00Confiant de toi, de rien, avant de tomber.
28:03On verra bien demain, mais ça ne plus jamais.
28:09J'ai pas l'air de m'en faire, mais si vous saviez comment c'est dans ma tête, ça
28:13me fait brouiller.
28:15L'angoisse me fait la guerre et part en fumée.
28:19Jour après jour, je m'habitue.
28:22Amazer le nuit qui me tue.
28:24Et j'apprends à toutes les vertus.
28:30Oh, jour après jour, je m'habitue.
28:33Quand je m'attends trop, je suis déçue.
28:36Mais grâce à ça, moi, j'évolue.
28:42Comment faire pour tuer mes démons ?
28:45Merci à Emmanuel Marolle.
28:47Cet épisode de Code Source a été publié la première fois le 8 novembre 2019
28:52et le 7 décembre 2021 dans sa version mise à jour.
28:56Production Thibault Lambert et Marion Bottorel.
28:59Réalisation Julien Moncouquiol.
29:01Code Source, le podcast d'actualité du Parisien, est disponible sur toutes les plateformes.
29:06Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
29:09Pour n'en rater aucun, abonnez-vous.
29:10Vous pouvez nous suivre sur Twitter, nous laisser un commentaire sur votre application audio préférée
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29:44Comment faire pour tuer mes démons ?
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