- il y a 12 heures
- #geraldepalmas
- #chanteurfrancais
- #musique
Après avoir été une star de la chanson française dans les années 1990 et 2000, Gérald de Palmas a pris du recul sur sa carrière. Fin août, il revient avec un nouveau single, « Personne » après une longue période loin de la scène.
Pour Code source, Emmanuel Marolle, chef du service culture du Parisien et Eric Bureau, journaliste musique, reviennent sur le retour de Gérald de Palmas.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
#geraldepalmas #chanteurfrançais #musique
Pour Code source, Emmanuel Marolle, chef du service culture du Parisien et Eric Bureau, journaliste musique, reviennent sur le retour de Gérald de Palmas.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
#geraldepalmas #chanteurfrançais #musique
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Il était l'une des plus grandes stars de la chanson française dans les années 90 et 2000.
00:17Son album, Marcher dans le sable, sorti en 2000, s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires.
00:22Gérald de Palmas est beaucoup moins médiatique aujourd'hui,
00:25ses disques n'ont pas le même succès commercial,
00:27et en 2015, il est retourné vivre à La Réunion, son île natale.
00:31Le Parisien a pris de ses nouvelles et a parlé de lui le 28 août.
00:35A 55 ans, Gérald de Palmas vient de publier une nouvelle chanson
00:39et il va sortir un nouvel album en novembre, un album autoproduit.
00:44Portrait de Gérald de Palmas dans Codesources,
00:46avec deux journalistes du service culture du Parisien,
00:49Emmanuel Marolle, rédacteur en chef de ce service,
00:52et Eric Bureau, spécialiste musique.
01:05Vous avez tous les deux interviewé Gérald de Palmas à plusieurs reprises.
01:08Eric Bureau, vous avez été chez lui à La Réunion en 2016, on y reviendra dans ce podcast.
01:13Mais on a choisi de commencer cette histoire en 1985.
01:17Le jeune Gérald de Palmas, de son vrai nom Gérald Gardrinier, a 18 ans.
01:22Il est né à La Réunion d'un père breton, géomètre, venu sur l'île pour le travail,
01:26et d'une mère réunionnaise, professeur de français.
01:30Gérald, lui, n'a pas fait d'études et en 1985, il veut devenir chanteur.
01:34Un soir, Emmanuel Marolle, le jeune homme, fait la fête en boîte avec des amis,
01:38quand il aperçoit le chanteur Étienne Dao.
01:40Oui, la scène se passe dans une boîte qui s'appelle le Mistral, dans le sud de la France, à
01:44Aix.
01:45Gérald de Palmas vient de former un groupe avec deux autres musiciens,
01:49Edith Fambéna et Jean-Louis Pierrot, un groupe qui s'appelle les Max Valentin.
01:54Étienne Dao est dans le sud pour une énorme tournée qui s'appelle le Satori Tour,
01:57qui est sa première très grosse tournée avec ses premiers tubes.
02:00Et il voit Dao en fin de soirée dans cette boîte de nuit.
02:03Il faut dire que de Palmas s'est quand même un peu bourré.
02:06C'est le plus courageux galvanisé par l'alcool et l'ivresse pour aller brancher Dao en lui disant
02:12« Ben voilà, on a un groupe, on a des chansons, est-ce que je peux te filer un 45
02:16tours ? »
02:16En tout cas, quelque chose que tu peux écouter et voir si ça te plaît.
02:19Et il se trouve qu'Étienne Dao va les rappeler.
02:22Éric Bureau, Étienne Dao signe le groupe du jeune Gérald dans son label.
02:26Oui, Étienne Dao a créé un label qui s'appelle Satori Song en 1986
02:30pour ses albums, mais aussi pour signer des artistes qu'il aime.
02:34Et ça fait partie des premières signatures.
02:36Il va signer deux singles avec eux.
02:40Il y a un single d'ailleurs qui marche bien, « Les Maudits ».
02:50Ils passent souvent à la radio à l'époque.
02:52Et les mecs Valentin en le vend aux poupes.
02:54Mais ils ne s'entendent pas sur la couleur musicale qu'ils veulent.
02:57D'un côté, Edith Fambuena et Jean-Louis Pierrot, qui deviendront des collaborateurs de très longue date avec Dao.
03:04Et de l'autre côté, Gérald De Palmas.
03:06En 1988, il se lance comme chanteur solo avec comme nom de scène le nom de De Palmas, le nom
03:11de sa grand-mère maternelle.
03:13Qu'est-ce que l'on sait de ses débuts en solo ?
03:15Les débuts en solo sont un petit peu compliqués en fait.
03:17Après la séparation des Max Valentin, il devient musicien de studio.
03:22Il joue avec l'ancien chanteur de Starshooter, Kent.
03:25Il travaille aussi avec une chanteuse qui a un petit succès à l'époque, qui s'appelle Véronique Rivière.
03:30Mais il essaie de placer ses chansons à droite à gauche, de rentrer en contact avec des maisons de disques.
03:35Il participe à une sorte de télé-crochet de M6 qui récompense des jeunes talents.
03:39Mais tout ça n'aboutit pas vraiment jusqu'à, quelques années plus tard, une première signature pour un premier album.
03:47Il rencontre le succès dès ce premier album, sorti en 1994.
03:51Ça s'appelle La Dernière Année et il contient un tube.
03:54Oui, il contient un tube qui s'appelle Sur la Route, qui est devenu vraiment une chanson un petit peu
03:58mythique.
03:58Il suffit aujourd'hui de dire J'étais sur la route, il y a toujours quelqu'un qui va rajouter
04:02Toute la Sainte Journée.
04:11Cette chanson Sur la Route, c'est vraiment un tube, c'est-à-dire que ça passe en boucle à
04:15la radio.
04:15Puis lui, c'est vraiment la révélation de l'année et il est d'ailleurs récompensé à ce titre, aux
04:19victoires de la musique à l'époque.
04:21L'album suivant, en 1997, se vend beaucoup moins, Eric Bureau.
04:24Oui, il en vend 50 000.
04:26Alors c'est un album sur lequel sa maison de disques, à l'époque Chrysalis, mise beaucoup.
04:31Il est allé en Angleterre pour trouver des musiciens.
04:36D'ailleurs, c'est là où il a rencontré le futur clavieriste de Dépêche Mode qui est resté très longtemps
04:41avec lui.
04:42Il a beau miser beaucoup dessus, il n'y a pas de tube.
04:45Et sans tube, c'est difficile de vendre un album, même quand on a cartonné avec le précédent.
04:5150 000 disques, ce n'est pas énorme et donc c'est une grosse déception pour lui.
04:55Emmanuel Marolle, à ce moment-là, il a énormément de doutes.
04:57Ah oui, il rame complètement. C'est-à-dire qu'il essaie de rebondir, justement, après l'échec de ce
05:02deuxième album.
05:03Et il n'y arrive pas. Alors il y arrive à peu près musicalement, mais il n'y arrive pas
05:07au niveau des textes,
05:08puisque jusque-là, il signait Parole et Musique.
05:10Et là, c'est la page blanche.
05:12Et il se demande vraiment, pendant des mois et des mois, s'il va réussir à refaire des chansons et
05:18refaire un album.
05:19Un soir, alors qu'il est devant la télé avec sa femme, guitare à la main, il trouve une mélodie.
05:23Il est en train de gratter sa guitare devant la télé et il trouve une chanson où il chante à
05:31moitié en anglais, en yaourt, comme on dit.
05:33C'est-à-dire un anglais qui ne veut pas dire grand-chose.
05:34Et il appelle ça « Time for Lover ».
05:36Il fait tourner la mélodie et sa femme, qui entend ça dans le salon, lui dit « C'est vachement
05:42bien ça, il faudrait que tu creuses un peu ».
05:44Donc, il commence à travailler, mais encore une fois, le texte ne vient pas.
05:48Quelques temps plus tard, il participe à un événement caritatif pour les Restos du Coeur.
05:52Et ce jour-là, il croise Jean-Jacques Goldman.
05:55Oui, c'est une époque où Goldman est un petit peu plus médiatique qu'aujourd'hui.
05:59Il participe pleinement au Restos du Coeur.
06:02Et puis, il participe aussi à un festival qui s'appelle Solid Days, qui vient de démarrer à l'époque.
06:06Et il demande à De Palmas de le rejoindre sur scène pour faire une reprise d'un vieux bluesman qui
06:11s'appelle Muddy Waters.
06:12Et pendant les répétitions, De Palmas se lance un peu et ose dire à Goldman « Écoute, j'ai plein
06:18de musique, mais je n'ai pas de texte.
06:20Je suis un peu bloqué. Est-ce que je pourrais t'envoyer quelques titres pour que, éventuellement, t'écrives dessus
06:26? »
06:27Goldman retient quelques musiques.
06:29Et assez rapidement après, il le rappelle en lui disant « Tiens, je pense que j'ai un truc pour
06:33toi qui n'est pas mal. »
06:34Et il lui fait écouter, avec un texte en français, sa fameuse chanson « Time for Lover » qu'il
06:39avait commencé à gratter à la guitare devant la télévision.
06:42Et il se dit « Bon, je ne suis pas complètement convaincu. »
06:45Et Goldman lui dit « Si, si, vraiment, fais-moi confiance, ça va le faire. »
06:50Cette chanson va s'appeler « J'en rêve encore » et c'est un énorme carton.
07:00Ça change la vie de Palmas.
07:02C'est-à-dire qu'il est passé de mois, voire d'années, à galérer, à ramer, en se demandant
07:07s'il allait pouvoir continuer à faire de la musique.
07:10Et là, cette chanson, c'est un énorme tube, mais encore plus gros que le premier sur la route.
07:16Ça va porter son album de l'époque qui s'appelle « Marcher dans le sable ».
07:20Ça l'a complètement libéré en termes d'écriture, de texte.
07:24Et justement, il avait dit à Goldman « Mais tu n'en as pas d'autres ? »
07:25Et Goldman lui dit « Non, non, non, non, non. J'en ai pas d'autres. Maintenant, c'est à
07:28toi d'écrire. »
07:29Et ça a été vraiment une révélation pour lui et une libération.
07:33Et cet album a été un énorme, énorme succès.
07:36Et c'est le plus gros succès de De Palmas à ce jour, puisque « Marcher dans le sable »
07:39s'est vendu à près d'un million et demi d'exemplaires.
08:05Emmanuel Marolle, l'année suivante, en 2001, Gérald De Palmas reçoit une proposition.
08:10« Johnny cherche des textes ».
08:12Oui, alors ça, c'est un peu la tradition avec Johnny Hallyday.
08:14C'est-à-dire qu'il est un peu opportuniste et pragmatique.
08:18Il regarde un petit peu tout ce qui marche.
08:20Et en fonction de ce qui marche, il sollicite les auteurs, les compositeurs.
08:24Alors, il a fait ça dans le passé avec Michel Berger, avec Jean-Jacques Goldman, avec Pascal Obispo.
08:29Et là, c'est un peu l'année de Palmas, avec le succès de Jean Rêve encore et de «
08:32Marcher dans le sable ».
08:33Donc, forcément, De Palmas est sollicité.
08:36Alors, il est sollicité à travers Pascal Negre, qui est le patron d'Universal à l'époque,
08:41et qui lui dit « Johnny cherche des chansons ».
08:43Et on cherche des chansons pour Johnny, pour un nouvel album.
08:45Mais il lui dit « Mais on veut le successeur de « Allumer le feu »,
08:48qui était une chanson qui avait été écrite par Zazie et Obispo.
08:51Donc, quelque chose de très rock, de épique, pour faire une entrée fracassante dans une nouvelle tournée de stade.
08:56Et de Palmas, il dit « Je préviens, moi, c'est pas du tout mon truc.
08:59Moi, c'est plutôt les choses intimistes.
09:00Et ça m'intéresse plus d'écrire pour Johnny un truc un petit peu plus calme, un petit peu plus
09:05posé.
09:05Et ça va être la fameuse chanson « Marie ».
09:16La chanson « Marie » de Johnny sort en août 2001.
09:20Gérald de Palmas remonte sur scène, lui, en novembre, aux Éniths de Paris.
09:24Vous l'interviewez, à ce moment-là, Emmanuel Marolle, pour Le Parisien.
09:27Que dit-il de ce nouveau triomphe ?
09:29Là, il est dans une autre dimension de Palmas.
09:31C'est-à-dire qu'il a vécu le succès de son troisième album, « Marcher dans le sable »
09:36et du tube « J'en rêve encore ».
09:38Il a signé la chanson « Marie » pour Hallyday.
09:41Il a même écrit cinq titres de l'album « À la vie, à la mort » de Johnny Hallyday,
09:46qui est un double album, qui est un succès phénoménal.
09:49L'album se vend à plus d'un million et demi d'exemplaires.
09:52Il s'en vend 300 000 dès la première semaine, ce qui est un record absolu.
09:56Et de Palmas, il a le mojo, comme on dit.
09:58Il a le feu sacré et tout ce qu'il fait cartonne.
10:02Donc, forcément, il gagne beaucoup d'argent.
10:03Forcément, a priori, sa vie change.
10:05Mais il me raconte que sa vie ne change pas tellement, en fait.
10:08Parce qu'il reste avant tout un père de famille.
10:11Il est marié, il a des enfants.
10:13Par exemple, pour la petite histoire, le samedi matin, il ne fait jamais rien.
10:17Je me rappelle que son attaché de presse m'avait dit ça.
10:18Il m'avait dit « Non, mais le samedi, Gérald, tu ne peux pas le déranger.
10:22Il est au foot avec son fils. »
10:24Donc, il était vraiment tiraillé entre les deux.
10:26C'est-à-dire entre le fait d'être devenu une super star de la variété et de la chanson
10:31française
10:31et en même temps d'être un père de famille normal avec une vie normale.
10:35L'album suivant, « Un homme sans racines » se vend encore bien 600 000 disques écoulés.
10:40À cette période, Emmanuel Marolle, vous allez le voir sur scène un soir de mars 2005 à Tours.
10:45Et il fait une prestation décevante.
10:48Oui, il n'est pas dedans.
10:49Ce n'est pas les conditions idéales.
10:50C'est un dimanche en fin d'après-midi dans un parc des expositions de Tours
10:54qui est un endroit où on peut tout faire sauf des concerts globalement.
10:57Et on se voit, on discute un petit peu avant.
10:59Il me parle justement du succès en me disant « Je ne veux pas faire une tournée trop longue.
11:03La précédente était trop longue. Les 10-15 dernières dates, des 150 dates que j'ai faites, ça n'allait
11:09pas, etc. »
11:10Donc là, je veux me limiter.
11:11Et là, il se trouve que je tombe vraiment sur un mauvais jour.
11:14C'est-à-dire que le public est là, les chansons tournent.
11:17Mais on sent qu'il n'y a pas l'intensité que j'ai pu voir dans d'autres concerts.
11:20Et je me rappelle que je repars assez vite après et qu'il m'a passé un coup de fil
11:24dans le TGV.
11:25Et je décroche, je vois son numéro, je dis « Ça va Gérald ? »
11:28Il me dit « Pas du tout ! C'était nul ! Pourquoi t'es venu ce jour-là ?
11:32Il faut absolument que tu reviennes, etc. »
11:33Il était tout à fait conscient, lui, justement, mec normal, artiste normal, star normal,
11:39que là, c'était un très très mauvais concert.
11:41Au niveau personnel, en 2010, Gérald de Palmas se sépare de la mère de ses deux enfants,
11:45son fils Victor et sa fille Rose, après 16 ans de vie commune.
11:49Côté musique, en 2013, Gérald de Palmas sort un album entièrement en anglais,
11:54album plus rock, que vous jugez réussi dans Le Parisien, Éric Bureau.
11:57Mais, quelques mois plus tard, quand Gérald de Palmas monte sur scène pour défendre le disque,
12:02il n'est pas convaincu par ses propres textes.
12:05La musique est réussie, les paroles sonnent creux.
12:08Et d'ailleurs, c'est lui qui le reconnaîtra dans une interview qu'on fera plus tard.
12:11Sur scène, il a besoin, pour incarner les chansons, d'avoir des chansons avec des textes assez sombres,
12:20avec des aspérités.
12:21C'est des chansons en anglais, donc il n'a pas été les chercher très loin.
12:25Il dit même qu'il trouve qu'il n'a pas assez travaillé ses textes.
12:29Il parle même de coquilles vides sur scène.
12:31Et donc, il s'ennuie sur cette tournée.
12:38À cette période, Gérald de Palmas connaît une nouvelle traversée du désert qui va durer plusieurs années.
12:43Il y a eu le divorce.
12:45Sa fille était à Londres à l'époque.
12:46Son fils, lui, est entre Santiago du Chili et le Canada pour ses études.
12:50Lui, il quitte Paris à ce moment-là.
12:52Et donc, il va être entre la Normandie et ensuite la Réunion, où il va partir pour vivre à nouveau.
12:59Donc voilà, il a du mal à retourner à sa guitare.
13:02En mars 2016, Gérald de Palmas revient avec un album plus personnel.
13:07L'une de ses chansons, remarquée, évoque la violence qui ronge certains couples.
13:12Morceau intitulé « Il faut qu'on se batte ».
13:14Ce qui frappe tout de suite sur la pochette, c'est qu'il a les traits tirés.
13:19Il regarde vers le bas.
13:20Et cette chanson symbolise assez bien cet album, où justement, on voit que ce n'est pas si simple.
13:27Sa vie, ce qu'il a dans la tête.
13:29Ça parle de violence conjugale.
13:31Il a même sorti un clip où on voit un couple justement qui se déchire dans la rue.
13:35Il dit qu'il faut qu'on se venge à coups de batte, à l'arme blanche.
13:39Mais c'est aussi quelque chose qui commence à faire parler à l'époque, dans les faits de société.
13:45C'est les violences conjugales.
13:46Il faut qu'on se batte, il faut qu'on se venge, à grands coups de lattes, ou à l
13:55'arme blanche.
13:56C'est dans nos chaînes, ça nous démange.
14:01À cette période, Eric Bureau, au début du mois d'avril 2016, vous le rencontrez chez lui, sur l'île
14:07de la Réunion.
14:07Il vous reçoit dans sa maison.
14:09C'est à une époque où ses enfants sont partis à l'étranger.
14:12Donc, il décide de revenir en bord de mer, là-bas, et de faire construire une maison sur le lagon.
14:20Il n'y a pas énormément de choses.
14:21Ce n'est pas du tout comme plein de villas de stars où il y a des tableaux de maîtres
14:26partout.
14:26Il y a deux guitares, mais qui vraiment sont les deux prunelles de ses yeux, à part ses enfants, qui
14:32trônent là.
14:32Les murs sont blancs, et puis le seul signe extérieur de richesse, je dirais, c'est sa piscine qui donne
14:39sur la mer,
14:40et dans lequel, voilà, il se baigne tous les jours parce que c'est un grand sportif.
14:44Et l'album qu'on vient d'évoquer, la beauté du geste, ne sera pas un succès commercial.
14:48En 2019, Gérald de Palmas se lance dans l'enregistrement d'un nouveau disque.
14:53Au bout de deux, trois ans, il a la matière pour un nouvel album, et il retourne en Normandie,
14:59où il a son autre maison et un petit studio d'enregistrement.
15:02Il commence à enregistrer ces chansons-là, et en fait, au bout de deux semaines, il s'aperçoit que ça
15:08ne prend pas,
15:09que ce n'est pas à la hauteur, et en fait, il arrête carrément, et il me dit, il avorte
15:15cet album.
15:16Et donc, il repart à La Réunion, et là, il arrête définitivement, il pose ses guitares.
15:21À partir de là, Eric Bureau, Gérald de Palmas se consacre à La Réunion, donc, à plusieurs nouvelles passions,
15:26comme la chute libre, pendant des années.
15:28Oui, en fait, c'est son autre passion. Il rêve de voler depuis qu'il est gamin.
15:33Donc La Réunion, c'est extraordinaire pour ça. Il se met au parachutisme, il apprend le pilotage à la fois
15:40d'hélicoptère et d'avion,
15:42donc il passe les deux brevets. Il passe ses journées à faire ça, c'est-à-dire qu'il peut
15:46commencer le matin en faisant un saut en parachute,
15:49ensuite, il prend son avion, et puis le soir, avant d'aller dîner avec ses copains, il fait un tour,
15:56un baptême d'hélicoptère au-dessus du volcan.
15:58Il a un côté obsessionnel, aussi bien en musique, quand il est à la recherche d'une chanson,
16:03mais aussi, par exemple, quand il est venu au Parisien la dernière fois, c'est un obsédé des séries.
16:07Et les séries télé, il en regarde à longueur de journée, et des séries qui sont extrêmement pointues.
16:13Un jour, après la fin de l'épidémie de Covid, il retrouve l'envie de faire de la musique, de
16:18reprendre l'une de ses deux guitares fétiches.
16:20Eric Bureau, cette année 2023, au mois d'août, vous l'interviewez, cette fois au Parisien, c'est là qu
16:25'il vient dans nos locaux,
16:26et c'est là qu'il vous parle de la chute libre et des brevets de pilote qu'il a
16:29passés, et il vous fait une confidence, il n'a jamais aimé sa voix.
16:33C'est une grosse surprise, parce qu'en fait, sa voix, c'est quand même un des atouts de Gérald
16:39de Palmas, depuis le début,
16:40qui ressemble d'ailleurs aux gens qu'il adore, Ed Charles, Stevie Wonder, ces gens-là.
16:45Et sauf qu'en fait, il l'a cassé pour qu'elle ait cette intonation qu'il souhaitait.
16:50Pendant 30 ans, il a forcé sa voix.
16:53Le problème, c'est que c'est compliqué.
16:55C'est-à-dire que, deux fois de suite, on n'a pas la même voix sur scène, c'est
17:00le cas, en studio aussi.
17:02Et donc ça, ça a le stressé et ça a le fatigué énormément.
17:05Donc il vous raconte qu'il n'a jamais aimé sa voix, mais justement, il l'a travaillé pour la
17:09modifier.
17:10Alors oui, il avait essayé à une époque avec un coach vocal, mais ça n'a pas fonctionné.
17:15Et là, il découvre sur Internet une méthode qui s'appelle Inalare la voce,
17:21qui signifie aspirer la voix en italien.
17:24C'est généralement utilisé par les chanteurs lyriques.
17:27Il essaye ça à fond, une heure et demie chaque jour.
17:30Et puis, au bout de plusieurs mois, il trouve sa façon de chanter comme si on lui avait offert une
17:36nouvelle guitare, un nouveau clavier.
17:37Et donc, il a envie de l'essayer avec des nouvelles chansons.
17:41Gérald Depalmas a composé un nouvel album et il va sortir un nouveau titre le lundi 28 août.
17:46Il vous fait écouter ça en avant-première.
17:49Ça s'appelle Personne.
17:50C'est une chanson qui parle des gens qui considèrent justement les autres comme personnes.
17:54Les pervers narcissiques, les gens dans les entreprises.
17:58C'est quelqu'un qui justement a toujours écrit là-dessus, sur les travers de l'être humain, y compris
18:03ses propres travers à lui.
18:05Il a souvent écrit sur les ruptures, sur ses ruptures.
18:08Et sa voix, elle est beaucoup plus douce et étonnamment plus soul qu'avant.
18:26Et donc, il a composé tout un album qui doit sortir en novembre.
18:30Mais au moment où il vous parle, fin août, Gérald Depalmas ne sait pas encore si une maison de disques
18:35va le publier.
18:36Oui, il va sortir le 10 novembre finalement.
18:38Mais je ne sais toujours pas quelle maison de disques va distribuer son album.
18:42Ça fait des années qu'il produit lui-même ses albums.
18:46C'est-à-dire les finances.
18:48Il finance le renregistrement, il finance les musiciens qui viendront enregistrer avec lui.
18:52Parce que c'est sa manière de travailler.
18:54Et c'est sa manière d'avoir cette liberté de faire exactement ce qu'il veut, quand il veut.
18:59Emmanuel Marolle en est très loin de ses grands succès.
19:02Comme son troisième album, Marcher dans le sable, et ce qu'il a composé pour Johnny, mais il ne s
19:07'arrête pas.
19:07C'est un musicien qui est viscéralement attaché à ce qu'il fait.
19:12Il est passionné par la musique.
19:13Il continuera à en faire avec le luxe de la liberté.
19:16Parce qu'il a vendu beaucoup, beaucoup de disques à une époque.
19:19Qu'il continue à vivre de ça.
19:21Parce que c'est des chansons qui passent toujours beaucoup à la radio.
19:24Que ce soit ses chansons à lui ou les chansons qu'il a pu faire pour Johnny Hallyday.
19:27Aujourd'hui, il fait ça par pur plaisir finalement.
19:30Et qu'il y ait du succès ou pas, peu importe.
19:32Il sera toujours viscéralement musicien et musicien libre.
19:51Merci à Eric Bureau et Emmanuel Marole.
19:54Cet épisode de Codesource a été produit par Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Barbara Gouy.
19:59Réalisation, Julien Moncouquiol.
20:01Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
20:04Pour nous retrouver facilement, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
20:09Vous pouvez nous écrire pour nous faire des retours.
20:11Codesource at leparisien.fr
20:13Et puis si vous aimez Codesource, n'hésitez pas à aller écouter le second podcast du Parisien.
20:18Crime Story, une nouvelle affaire criminelle chaque samedi.
Commentaires