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Les ventes de voitures, et notamment de voitures électriques, sont en baisse depuis le début d’année, alors que les véhicules neufs thermiques seront interdits à la vente en Europe à partir de 2035.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Camille Ruiz et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon. - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 24

#voitureelectrique #automobile #vehicule

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Les constructeurs automobiles français sont inquiets au sujet du marché de la voiture électrique.
00:15Les pays de l'Union Européenne ont décidé d'interdire à partir de 2035 la vente en Europe de voitures
00:22neuves à essence ou gasoil.
00:24Problème, les ventes de véhicules électriques ont reculé sur le continent depuis début 2024.
00:30En France, les aides à l'achat de voitures électriques vont être réduites en 2025 et dans le même temps,
00:35les taxes sur l'électricité vont augmenter.
00:38Tout cela intervient à un moment où les constructeurs chinois qui produisent à moindre coût montent en puissance sur ce
00:44marché.
00:45Codesources fait le point sur ce sujet avec Mathieu Pelloli, journaliste au service économie du Parisien en charge de l
00:51'industrie automobile.
00:52Il vient de couvrir le mondial de l'automobile de Paris.
01:01Mathieu Pelloli, on avait fait avec vous un épisode de code source sur les voitures électriques.
01:05C'était en février 2023.
01:07Le titre de l'épisode, Voiture électrique, comment la révolution s'est mise en marche.
01:12Et on rappelait notamment l'échéance de 2035 qui a été fixée aux constructeurs de voitures en Europe.
01:17Quelle est cette échéance ?
01:18À partir du 1er janvier 2035, l'Union Européenne a décidé que plus aucune voiture à essence, mais aussi diesel
01:26et également hybride, ne pourrait sortir des usines de production du Vieux Continent.
01:31Donc à partir de cette date-là, le parc roulant existant pourra toujours supporter des véhicules essence ou diesel.
01:37Par contre, plus de véhicules neufs à essence, donc autrement dit thermique ou diesel.
01:42Pour qu'on comprenne bien cette échéance 2035 sur ce qui est annoncé, sur ce qui est prévu, c'est
01:46vraiment coercitif presque ?
01:48Ah oui, absolument. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de dérogation possible.
01:51Et d'ailleurs, les constructeurs se mettent en ce moment en ordre de marche.
01:54Donc ils sont en ce moment en train de faire des investissements qui sont absolument gigantesques.
01:57On parle à l'échelle du continent de dizaines de milliards d'euros.
02:00Et absolument personne ne compte à partir de cette date-là continuer à produire des véhicules thermiques.
02:05Ça serait absurde et c'est absolument pas imaginable.
02:08Vous venez de couvrir le salon de l'automobile de Paris du lundi 14 au dimanche 19 octobre.
02:14L'existence même de ce salon n'est plus une évidence aujourd'hui. Pourquoi ?
02:18Au début du salon, on pouvait se poser la question de savoir si le salon de Paris perdurerait.
02:22Parce qu'il faut savoir que c'est un salon qui se tient tous les deux ans en alternance avec
02:26le salon de Munich en Allemagne.
02:28Donc les deux pays très forts de l'automobile.
02:30Il y a deux ans, le salon était vraiment très très en difficulté.
02:34C'était le premier salon post-Covid.
02:36Et ce salon de Paris qu'on appelle un mondial n'était pas un mondial.
02:38Il y avait seulement quelques marques, notamment françaises.
02:40Renault avait joué le jeu très fort.
02:41Mais donc deux ans plus tard, la question s'était posée de savoir est-ce qu'il va perdurer et
02:45quelle forme il prendra.
02:46La bonne nouvelle pour le secteur et pour tous les passionnés de l'automobile, je dirais que ce salon de
02:51l'auto 2024 a été un bon salon, un très bon salon en termes de visiteurs.
02:54Et surtout a été un vrai mondial.
02:56Il y a des constructeurs de tous les pays qui ont répondu présents.
02:59Je prends par exemple les américains, Tesla est revenu après plusieurs années d'absence, mais aussi Ford.
03:04Il y a également Cadillac chez General Motors qui a joué le jeu.
03:07Et ainsi de suite avec les marques chinoises par exemple.
03:11Donc voilà, les seuls qui ne sont pas venus finalement c'est les japonais de Toyota.
03:15Alors ce n'est pas anecdotique parce que c'est le premier constructeur mondial.
03:17L'argument ça a été de dire on a déjà été top sponsor des JO, on ne peut pas être
03:21sur tous les terrains à la fois.
03:22Donc Toyota absent et côté allemand Mercedes absent.
03:25Grosso modo c'est à peu près tout.
03:26Pour le reste tous les grands constructeurs ont été présents au salon de Paris.
03:32A l'ouverture de ce salon le lundi 14 octobre, beaucoup d'exposants, beaucoup de constructeurs ne cachent pas leur
03:37inquiétude concernant le secteur des voitures électriques.
03:40En résumé, quel est l'état d'esprit général ?
03:43On est aujourd'hui dans un secteur qui fait sa révolution.
03:45On est en train de basculer du thermique à l'électrique.
03:48Donc c'est à la fois un Eldorado, mais cette révolution se fait avec des à-coups, avec des paliers.
03:53Et en ce moment on est sur un palier.
03:55Il y a eu ce qu'on a appelé les early adopters, c'est-à-dire que c'est les
03:58premiers à adopter, ceux qui valident, ceux qui ont envie de se lancer.
04:02Et à côté de ça, il y a le gros des automobilistes qui aujourd'hui est encore en véhicule thermique,
04:07très très majoritairement.
04:09Et qui est un petit peu réticent parce qu'il y a des obstacles qui avant ne figuraient pas sur
04:14la liste des choses qu'on pouvait reprocher aux véhicules électriques.
04:16Par exemple, le fait que l'électricité va augmenter, que le coût des réparations va peut-être être coûteux, etc.
04:23Donc il va falloir aller chercher maintenant ces automobilistes-là.
04:26En France, en 2024, les ventes de voitures électriques sont en recul, moins 6% dans un contexte de baisse
04:32globale des ventes de voitures,
04:33quelles qu'elles soient, il faut le dire.
04:35En tout cas, le marché de l'électrique n'est pas euphorique.
04:38Ça, c'est le réservoir à moitié vide.
04:40C'est-à-dire qu'on est sur un palier et on a tendance à diminuer.
04:43Le réservoir à moitié plein, et dans le secteur certain, le pointe du doigt,
04:48c'est-à-dire qu'on est aussi sur un niveau qui est élevé maintenant.
04:51On est à peu près à 17% de parts de marché de véhicules 100% électriques en 2024, dans
04:56les immatriculations, dans le neuf.
04:58Donc c'est-à-dire qu'on est à peu près à une voiture sur cinq, si on extrapole un
05:02peu et qu'on dit qu'on est à 20%.
05:03Donc c'est un chiffre qui est loin d'être négligeable.
05:05Par contre, effectivement, depuis le début de l'année 2024, on voit sur les derniers mois de l'année
05:10qu'à chaque fois, le chiffre a tendance à diminuer un petit peu.
05:13C'est-à-dire que moins de gens achètent du véhicule électrique sur les derniers mois de l'année,
05:17qu'il s'agisse de septembre, octobre.
05:19Puis on verra comment les choses se passent en novembre et en décembre.
05:22Dans le même temps, les constructeurs automobiles chinois montent en puissance sur ce marché de l'électrique.
05:27Ils ont un vrai savoir-faire aujourd'hui ?
05:29Voilà, ils ont un vrai savoir-faire et même une excellence.
05:32Pourquoi ? Parce que pendant très longtemps, il y avait ce qu'on a appelé un verrou technologique,
05:36le moteur thermique.
05:37C'était l'excellence européenne et les constructeurs chinois, qui ont essayé de le copier,
05:40s'y sont cassés les dents.
05:42Ils s'y sont tellement cassés les dents qu'ils se sont dit, on va laisser ça de côté
05:45et nous, on va partir d'une feuille blanche et on va fabriquer le véhicule électrique.
05:49Les Chinois ont développé une excellence sur l'élément clé du véhicule électrique,
05:52qui est la batterie.
05:53Le moteur devient beaucoup plus anecdotique dans le cadre d'une voiture électrique.
05:57Et aussi sur ce qu'on appelle la plateforme.
05:59La plateforme, c'est la structure qui accueille la batterie, qui accueille le moteur
06:02et qui permet toute la mobilité du véhicule.
06:05Voilà, fort de ces deux atouts décisifs, la batterie et la plateforme,
06:09les Chinois fabriquent aujourd'hui des véhicules pas chers et excellents
06:12et qui vont séduire de plus en plus les consommateurs européens.
06:15C'est assez peu connu, mais par exemple, Tesla, l'entreprise du milliardaire américain Elon Musk,
06:20a consulté les Chinois pour ses voitures.
06:23Absolument, Tesla est passé par exemple par ce qui est aujourd'hui en Chine,
06:26le numéro 1 de la batterie qui s'appelle CATL.
06:29Donc, les Américains eux-mêmes, sur le haut de gamme,
06:31sont allés chercher l'excellence chinoise en matière de batterie.
06:34Concrètement, les constructeurs chinois commencent à grignoter des parts de marché en France ?
06:39Oui, on est au tout début de ce phénomène,
06:42qu'on a annoncé longtemps et qui a tardé à se mettre en pratique.
06:45Mais aujourd'hui, ça y est, c'est enclenché.
06:47La marque chinoise la plus connue, c'est un nom qui ne va pas sonner chinois,
06:51c'est MG, Maurice Garage.
06:53C'est une marque britannique qui a été rachetée par les Chinois
06:56et qui propose des véhicules fabriqués en Chine
06:59qui aujourd'hui séduisent les consommateurs européens et les consommateurs français.
07:03C'est la marque chinoise qu'on voit le plus dans les rues.
07:06Mais il faut savoir qu'il y a beaucoup d'autres marques qui vont arriver,
07:09qui sont en train de s'installer dans les concessions.
07:11Je pense que les deux qu'on peut retenir, les principales qu'il faut citer,
07:14c'est BYD et l'autre marque, c'est Leap Motors,
07:17qui est la 15e marque du groupe Stellantis
07:20qui possède aussi Peugeot et Citroën.
07:23Et Leap Motors, là, va être distribuée dans les concessions Stellantis en France
07:27et devrait séduire des consommateurs français.
07:31Les constructeurs chinois représentent pour l'instant 6% du marché de l'électrique en France.
07:36Face à cette montée en puissance qu'on observe dans toute l'Europe,
07:39l'Union augmente ses taxes pour essayer de freiner les constructeurs chinois.
07:43Pourquoi d'abord ?
07:44Parce que l'Union européenne et plusieurs pays au sein de l'Union européenne
07:48estimaient, la France depuis longtemps, que les règles du jeu étaient truquées,
07:52que les règles de la concurrence saine et loyale ne s'appliquaient pas
07:57et qu'en Chine, les entreprises chinoises bénéficiaient d'aides publiques massives et déguisées.
08:03Et donc, c'est-à-dire que les petits concurrents européens étaient perdants.
08:07C'est un motif qu'a justifié d'appliquer aux produits chinois qui arrivent en Europe une surtaxe.
08:12Et donc, ça va faire une surtaxe de combien, de quel ordre ?
08:15Une surtaxe qui pourra aller jusqu'à 35% de droits supplémentaires.
08:20Donc, si on fait l'addition, ça fait 10 plus 35, on sera à 45% de taxe sur une
08:25voiture chinoise qui arrive en Europe.
08:26Problème, ces augmentations de taxes touchent des voitures considérées comme françaises,
08:31comme celle de la marque low cost de Renault, Dacia. Expliquez-nous ça.
08:35Dacia, donc l'appépite du groupe Renault, qui aujourd'hui séduit un très grand nombre de consommateurs,
08:40effectivement, fabrique aussi une partie de ces véhicules hors d'Europe,
08:44parce que les usines Dacia sont situées en Roumanie et au Maroc,
08:48mais il y a aussi un partenariat avec un partenaire chinois qui produit justement cette petite Dacia Spring,
08:54qui est une 100% électrique, qui commençait à trouver son public et à séduire justement des consommateurs.
08:59Mais cette voiture, produite en Chine, sera pénalisée par les surtaxes qui s'appliquent,
09:04ça y est, c'est décidé sur les importations de véhicules chinois.
09:08Mathieu Pelloli, au passage, ce sujet est à l'origine d'une vraie guerre commerciale entre l'Europe et la
09:12Chine.
09:13Oui, qui a commencé, et c'est vraiment le mot.
09:15Il s'agit d'une guerre commerciale, puisque dorénavant, l'Union Européenne applique des droits de douane supplémentaires
09:23à un certain nombre de produits chinois, on l'a dit, et la Chine, dans le même temps, ne se
09:27laisse pas faire,
09:27puisqu'elle fait planer à ce stade des mesures de rétorsion, avec des taxes, elle aussi, à son tour,
09:33sur des produits emblématiques pays par pays, donc en France, les champagnes, les cognacs,
09:38mais aussi du côté de l'Espagne, tous les produits qui sont issus du porc, comme le jambon, etc.
09:47Mathieu Pelloli, en France, l'actualité éco de cet automne 2024,
09:51est dominée par les économies que l'État français doit faire pour réduire son déficit,
09:55et dans le cadre du budget 2025, qui est présenté le jeudi 10 octobre,
10:00il y a des mesures d'économie qui concernent les voitures électriques.
10:04Oui, l'État essaye de réduire les coûts sur l'argent qu'il sort de ses caisses
10:07pour aider les consommateurs à faire l'acquisition d'une voiture,
10:10donc là on va parler par exemple du bonus écologique,
10:11aujourd'hui le bonus écologique c'est un coup de pouce de 4000 euros
10:14pour faire l'acquisition d'une voiture électrique,
10:16on parle aussi par exemple du leasing social,
10:18le leasing social c'est ce dispositif qui a permis cette année à 50 000 ménages modestes
10:23d'avoir une voiture électrique pendant trois ans avec un loyer autour de 100 euros par mois,
10:27voilà toutes ces mesures qui ont participé à la bonne santé aujourd'hui,
10:30et aux bonnes ventes d'électriques,
10:33ont une épée de Damoclès au-dessus du moteur en quelque sorte,
10:36puisque l'État va réduire l'enveloppe globale.
10:38Celle-ci va passer de 1,5 milliard en 2024,
10:41à 1 milliard a priori dans le budget 2025.
10:44Mathieu Pelloli, les constructeurs français,
10:46Renault et Peugeot Citroën,
10:48qui font partie du groupe Stellantis,
10:50se préparent aussi à payer de fortes amendes en 2025.
10:54Pourquoi d'abord ?
10:55Parce qu'au-delà de tout ce qu'on a évoqué
10:57et du fait qu'il y a cet horizon de 2035 qui est la grande date,
11:00il y a aussi avant des étapes intermédiaires,
11:03il y a une réglementation européenne
11:05qui impose régulièrement des baisses des émissions globales de CO2
11:10chez les constructeurs.
11:11Et au 1er janvier prochain,
11:13il y a justement une de ces étapes intermédiaires
11:16qui entrent en vigueur et les constructeurs,
11:18comme ils n'ont pas vendu assez de véhicules électriques,
11:22risquent de lourdes amendes.
11:23De quel type de montant on parle ?
11:25De quel ordre de grandeur ?
11:26Le chiffre global, lui, qui est donné par Luca DeMeo,
11:29le patron de Renault Group,
11:30qui a par ailleurs une casquette de président
11:32de l'Association des constructeurs européens,
11:34c'est 15 milliards d'euros.
11:35Donc c'est colossal,
11:36même pour un constructeur qui a des moyens financiers importants.
11:39Renault, Stellantis, quand on parle d'amende en milliards d'euros,
11:41c'est quand même un risque qui est réel.
11:43Donc concrètement, les ventes de voitures électriques
11:45sont plutôt à la baisse actuellement,
11:47en tout cas en France,
11:48et ça, les constructeurs risquent de le payer cher ?
11:51De le payer deux fois, en quelque sorte,
11:53parce que c'est du bénéfice qu'ils ne font pas.
11:55Et en plus, ça pollue leur bilan global d'émissions de CO2
11:58et ça fait peser pour eux le risque d'une sanction
12:02et des amendes dont on vient de parler.
12:03Ça, j'imagine que dans le secteur,
12:05les patrons comme Luca DeMeo sont remontés
12:07contre ce qui se passe actuellement ?
12:09Oui, en fait, ils voudraient assouplir cette réglementation
12:11qu'ils estiment aujourd'hui pénalisante pour le secteur,
12:14arguant que le secteur a déjà fait d'énormes efforts
12:17dans cette révolution à marche forcée.
12:20Alors, ce que leur oppose, leur contradicteur,
12:22entre guillemets, c'est de dire,
12:23attention, il y a eu le Dieselgate,
12:24vous nous avez déjà beaucoup menti,
12:26donc maintenant, vous vous mettez en ordre de marche
12:28et vous faites ce qu'on vous dit.
12:30Mathieu Pelloli, en raison de tout ce qu'on vient de dire,
12:33en Allemagne, Volkswagen se prépare à fermer des usines.
12:36L'un des symboles de l'industrie allemande
12:37en pleine crise, confronté à une baisse des ventes
12:40et surtout en Chine,
12:41Volkswagen se prépare à un plan d'économie
12:43de très grande ampleur.
12:45Voilà, c'était un véritable tremblement de terre.
12:48L'Allemagne, c'est le pays de l'automobile.
12:51C'est Audi, c'est Porsche, c'est Mercedes,
12:54c'est Volkswagen, etc.
12:55Et donc là-bas, dans ce bastion de l'automobile
12:58sur le vieux continent,
12:59pour la première fois, le groupe Volkswagen
13:01a évoqué des fermetures d'usines
13:04en Allemagne eux-mêmes,
13:05à sortie de licenciements secs.
13:08Est-ce qu'en France aussi, il y a des menaces
13:09sur l'emploi aujourd'hui dans l'industrie automobile ?
13:11Il y a de très très lourdes inquiétudes, on va dire.
13:14On n'est pas dans la situation de l'Allemagne,
13:16parce que justement, les crédits de soutien,
13:19pour l'instant, sont toujours là.
13:20Et même si des coupes budgétaires sont à l'horizon,
13:23elles ne sont pas aussi drastiques
13:24que celles qui ont eu lieu en Allemagne.
13:25Mais oui, oui, il y a des inquiétudes.
13:27La plateforme automobile,
13:29c'est le lobby des constructeurs,
13:30est extrêmement inquiète sur l'emploi
13:32pour la filière dans l'Hexagone.
13:38Mais Mathieu Pelloli, en préparant ce podcast,
13:40vous m'avez aussi dit qu'au salon de l'automobile,
13:42les constructeurs ont tenu à se montrer optimistes.
13:46Quelles sont les raisons d'être optimistes pour eux
13:47en ce qui concerne les voitures électriques ?
13:49C'est toute l'ambiguïté de la situation actuelle.
13:52C'est qu'on est dans une révolution
13:53qui crée beaucoup de turbulences.
13:55Et donc, il y a des inquiétudes,
13:56il y a du danger,
13:57mais il y a aussi des choses absolument fabuleuses
13:59qui se passent.
13:59Il y a une effervescence hors normes.
14:01Et déambuler dans les allées du salon de l'auto en 2024,
14:04c'était aussi l'occasion de voir beaucoup de nouveaux modèles,
14:07des nouveaux designs,
14:08des véhicules à batterie
14:09qui se construisent différemment, etc.
14:11Donc, quand on passait sur le stand de Rodo
14:13et qu'on pouvait voir la nouvelle R5 électrique
14:15remise au goût du jour,
14:16la nouvelle 4L remise au goût du jour,
14:18qu'on allait en face chez Dacia
14:20et qu'on voyait le Bigster,
14:21qu'on allait voir chez Tesla le Cybertrek,
14:22effectivement, il y avait aussi un côté
14:24où on en prend plein les yeux
14:25et où on sent que ce secteur,
14:27si cette fois, on enlève les inquiétudes
14:28que peuvent avoir les gens qui y travaillent,
14:30mais qu'on se met dans la peau des purs visiteurs,
14:32mais oui, c'est extraordinairement excitant
14:34de déambuler dans les allées du salon en 2024.
14:37L'une des voitures stars de ce salon,
14:39c'était la R5 électrique dont vous venez de parler.
14:41Elle est arrivée sur le marché au mois de septembre.
14:44Est-ce qu'elle se vend bien déjà ?
14:45Alors ça, c'est la grande question que j'ai posée à Renault
14:47et le chiffre est confidentiel
14:49parce que c'était stratégique.
14:51Manifestement, les ventes semblent être au rendez-vous
14:53quand on parle avec les concessionnaires,
14:54quand on parle avec le microcosme,
14:56on sent que quelque chose se passe.
14:57Mais oui, la marque Renault refuse de donner un chiffre
15:00et ne communique pas parce que c'est trop sensible,
15:02parce que cette voiture, elle est là pour relancer Renault.
15:05C'est tout l'objectif.
15:05Et elle est là pour faire exactement
15:07ce qu'on a évoqué tout au long de ce podcast,
15:09c'est-à-dire évangéliser, diffuser
15:11la voiture électrique en France
15:12auprès des catégories, cette fois populaires.
15:14Refaire finalement ce qu'avait fait la première R5
15:16et parler à tout le monde.
15:18C'est une voiture un peu compacte
15:19avec un côté un peu boule.
15:21La nouveauté de l'électrique,
15:22c'est ce design qui a été retravaillé.
15:24Donc on a des feux, des phares à LED.
15:27Et là où Renault se démarque,
15:28c'est aussi dans le choix des teintes.
15:29Vous faites un tour sur des stands
15:30beaucoup plus plan-plan,
15:31vous voyez qu'on reste sur des noirs,
15:33des gris, des gammes un peu traditionnelles.
15:34Là vraiment, Renault aussi a fait le choix
15:36de l'originalité.
15:37Il y a un jaune qui est extrêmement pétant,
15:39il y a un vert pomme qui est extrêmement acidulé.
15:42Et quand on écoute les gens qui regardent,
15:44ça fonctionne.
15:46Ces voitures, la R5 électrique,
15:47la 4L électrique,
15:49est-ce qu'elles font envie
15:50quand vous les voyez comme ça au salon ?
15:51On le voit, le stand Renault ne désemplit pas.
15:54Il y a des jeunes, il y a des cadras,
15:55il y a des quinquas, il y a des retraités.
15:57Tout le monde y va, ça fait parler.
15:58Le pari de Renault sur le design,
16:00sur le bruit qu'il voulait faire autour de tout ça,
16:02c'est réussi, c'est à marche.
16:04Ces voitures-là font parler,
16:05font parler d'électrique, etc.
16:06Après, est-ce que ça se concrétise en vente ?
16:08Ça, c'est la question à laquelle on aura la réponse
16:10dans les semaines et les mois qui viennent.
16:12Le pari de,
16:13on fait un modèle qui fait du bruit,
16:14qui fait parler de la voiture électrique
16:16et qui, possiblement, donne envie d'aller vers l'électrique,
16:18quand on est au salon
16:19et qu'on voit les gens agglutiner sur le stand Renault,
16:22oui, on comprend que ça marche.
16:24Mathieu Pelloli,
16:25on parlait au début de cet épisode de Code Source
16:27de l'objectif fixé par l'Union Européenne pour 2035,
16:30aucune voiture neuve à moteur thermique,
16:32donc essence ou diesel.
16:33Est-ce que cet objectif
16:34vous paraît encore atteignable aujourd'hui ?
16:36Alors, il y a ce qu'on appelle
16:38une clause de revoyure, normalement.
16:39En 2027, on doit faire le point
16:42pour dire, alors,
16:43est-ce que c'est tenable, pas tenable, etc.
16:45Mais, pour parler régulièrement
16:46avec les constructeurs,
16:48eux disent,
16:49le virage est pris,
16:50on ne pouvait pas faire autrement
16:51que le prendre à fond,
16:52les investissements sont trop lourds,
16:54on est un peu dans la peau de,
16:55vous savez, quand on prend l'avion,
16:56il y a un moment à partir duquel
16:57on est obligé de décoller.
16:58On est allé trop loin sur la piste de décollage
17:01et on ne peut plus freiner.
17:02Mais, c'est un peu la même chose aujourd'hui.
17:03Les constructeurs sont allés
17:04trop loin sur l'électrique,
17:06il n'y a presque plus
17:06de marche arrière possible
17:07et donc, cette clause de revoyure
17:09a très, très peu de chances d'aboutir.
17:12Manifestement, 2035
17:12est un horizon qui sera tenu.
17:22Merci Mathieu Pelloli.
17:23Cet épisode de Code Source
17:24a été produit par Camille Ruiz,
17:26Clara Garnier-Amourou
17:27et Thibault Lambert.
17:29Réalisation, Pierre Chaffanjon.
17:30Code Source est le podcast quotidien
17:32d'actualité du Parisien,
17:34un nouvel épisode chaque soir
17:35du lundi au vendredi.
17:37Abonnez-vous sur votre application audio
17:38pour ne rater aucun épisode.
17:40Et puis, n'oubliez pas
17:41le second podcast du Parisien,
17:43Crime Story, chaque samedi,
17:44une affaire criminelle
17:45racontée par Claudia Prolongeau
17:47avec Damien Delseny,
17:48le chef du service
17:49Police Justice du Parisien.
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