Une enquête a révélé la mort suspecte dans la Sarthe d’un couple de retraités octogénaires, Alain et Monique. Toutes leurs économies ont été dilapidées par le fils d’Alain et sa compagne, les suspects présumés de ce double assassinat. Pour Code source, Vincent Gautronneau, journaliste au service police-justice du Parisien, revient sur ce double assassinat présumé. Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis, Pénélope Gualchierotti et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.
En savoir plus: https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-dun-couple-doctogenaires-dans-la-sarthe-le-double-crime-etait-presque-parfait-26-12-2024-CQLN52URUFGMJFLF6KB5GDB3MY.php?at_medium=sl&at_campaign=345
#crime #sarthe #famille
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis, Pénélope Gualchierotti et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 26 décembre dernier, le Parisien a révélé une affaire criminelle qui est toujours en cours d'instruction dans la
00:17Sarthe,
00:18le crime presque parfait commis sur un couple d'octogénaires.
00:22Les faits remontent à l'hiver 2022-2023, Alain et Monique meurent à trois semaines d'intervalle
00:27alors qu'ils vivaient depuis quelques mois chez le fils d'Alain, Alexandre, et la compagne de ce dernier.
00:33Les médecins concluent d'abord à deux morts naturelles, mais des éléments troublants ont finalement mis au jour un double
00:40homicide
00:40dont sont aujourd'hui suspectés Alexandre et Stéphanie qui étaient censés s'occuper d'eux,
00:46une affaire qui, à quelques minutes près, aurait pu totalement échapper à la justice.
00:51Code Source vous raconte cette affaire avec Vincent Gautronneau, journaliste au service police-justice du Parisien.
01:05Vincent Gautronneau, le lundi 15 janvier 2024, Monique Calip, 84 ans, est retrouvée morte dans son lit à Chahegne, une
01:13petite commune de la Sarthe.
01:14Oui, la mort de cet octogénaire est constatée par ses proches qui préviennent alors immédiatement un médecin.
01:22Médecin qui va constater le décès de cette femme qui souffre visiblement d'un hématome
01:29qui serait, selon ses proches, consécutif à une chute qu'elle aurait subie quelques heures plus tôt.
01:35À ce moment-là, ça fait moins d'un an que Monique s'est installée dans la Sarthe.
01:39Avant ça, elle vivait dans un appartement à Paris avec son compagnon Alain Pacouray et tous les deux, avant ça,
01:45ont eu des enfants d'unions différentes.
01:47C'est un couple recomposé de deux octogénaires qui s'étaient installés ensemble, qui vivaient dans un petit appartement parisien.
01:55C'était des retraités qui avaient une vie sans histoire.
01:58Au début de l'été 2023, le fils d'Alain, Alexandre, propose au couple de venir habiter chez lui, donc
02:04à Chahegne,
02:05dans la maison qu'il partage avec sa compagne Stéphanie et le fils de cette dernière qui a 18 ans.
02:10Ce qu'ils expliquent à ce moment-là, c'est que l'appartement des deux octogénaires serait infesté de punaises
02:16de lit.
02:17Et puis surtout, ces deux personnes ont 84 ans, la vie parisienne étant ce qu'elle est,
02:22ils seront mieux à la campagne, à profiter de leurs derniers jours.
02:25Présentez-nous Alexandre et Stéphanie.
02:27Alexandre et Stéphanie, ils sont en couple depuis plusieurs années.
02:31Ils vivent avec un des fils de Stéphanie, qui est âgé de 18 ans.
02:35Alexandre vivote, il tente d'être entrepreneur, mais ne connaît pas beaucoup de réussite,
02:40manque souvent d'argent pour lancer ses projets.
02:42Stéphanie, elle, est aide-soignante.
02:46Elle a été un temps suspendue de ses fonctions au moment du Covid pour avoir refusé de se vacciner.
02:52Finalement, au cours de l'année 2023, Stéphanie était parvenue à retrouver du travail.
03:00Quelques mois seulement après leur installation, le jeudi 28 décembre 2023,
03:05Alain Pacouray, le père d'Alexandre, meurt.
03:08Racontez-nous les circonstances de sa mort.
03:10Alain est retrouvé mort dans son lit par son petit-fils et sa belle-fille.
03:16Alain est décédé de mort naturelle, établissent les médecins.
03:21Il y a juste une petite surprise qui étonne un médecin, mais ça ne va pas plus loin que ça.
03:25C'est que son visage est retenu par une bande, un genre de pansement, comme s'il avait pu subir
03:32un traumatisme.
03:33Dans les jours qui suivent, il est incinéré et Alexandre et Stéphanie racontent que la veuve d'Alain, Monique,
03:39vit très mal l'absence de son compagnon après ça.
03:42Ce qu'ils expliquent en effet, c'est qu'après la mort d'Alain, Monique, qui est décrite comme une
03:47mamie coquette,
03:48propre sur elle, qui fait attention à comment elle s'habille le matin,
03:52se laisse complètement aller, commence à uriner un petit peu partout dans la maison,
03:58semble ne plus avoir vraiment envie de vivre et se laisse aller.
04:02Et le 15 janvier 2024, moins de trois semaines après la disparition d'Alain,
04:07Alexandre et Stéphanie trouvent Monique morte dans son lit.
04:11Ils appellent un médecin qui examine la vieille dame.
04:14Quelles sont les conclusions du médecin ?
04:15Alors les conclusions du médecin, elles sont très simples, c'est que Monique est décédée d'une mort naturelle.
04:20Stéphanie explique au médecin que Monique a fait une mauvaise chute quelques heures plus tôt,
04:26selon elle, en glissant dans une flaque d'urine.
04:29Et elle serait décédée quelques heures plus tard, entre guillemets, paisiblement dans son lit.
04:35Vincent Gautreneau, Monique, avait elle aussi demandé à être incinérée comme Alain après sa mort.
04:40Stéphanie et Alexandre ont en effet découvert, après la mort de Monique, une lettre,
04:45une lettre manuscrite où la retraitée explique vouloir être incinérée pour rejoindre Alain.
04:53Elle souhaitait que sa dernière volonté soit d'être réunie avec son amour Alain par l'incinération.
05:03À la mi-janvier, les proches de Monique se retrouvent dans un funérarium de la Sarthe pour l'incinération.
05:09Alexandre et Stéphanie sont présents, mais il y a aussi les enfants de Monique.
05:12Et ils ont des doutes sur les circonstances de la mort de leur mère.
05:16Ils demandent d'abord à voir son corps.
05:18Effectivement, c'est des enfants qui viennent de perdre leur mère.
05:21Ils arrivent au crématorium pour la cérémonie.
05:24Et ils ont envie de se recueillir quelques instants devant la dépouille de Monique.
05:29Ils sont alors très surpris par la réponse d'un employé des pompes funèbres
05:32qui leur explique qu'ils pensent que ce n'est pas forcément une très bonne idée d'aller voir la
05:37dépouille de leur mère.
05:38Dans le sens où, explique-t-il, son corps est abîmé, pour parler crûment.
05:44Et cet employé des pompes funèbres dit aux trois enfants,
05:46moi je ne vous conseille pas d'aller voir le corps, ce n'est pas une dernière bonne image à
05:50avoir de votre mère.
05:52Et ensuite, les enfants de Monique mettent la main sur la lettre dans laquelle leur mère aurait exprimé son souhait
05:58d'être incinérée.
05:59Et cette lettre éveille leur curiosité.
06:02Monique, elle n'avait jamais dit à ses propres enfants son souhait d'être incinérée.
06:05Donc, ils acceptent ce choix et ils l'acceptent d'autant plus qu'on leur présente une lettre
06:10où elle fait part de ses dernières volontés.
06:13Sauf qu'il y a très vite un détail dans cette lettre qui les heurte, les trois enfants de Monique,
06:18c'est que la retraitée, elle a fait une faute d'orthographe.
06:21Ce qui peut arriver, mais sauf qu'elle n'a pas fait une faute d'orthographe à n'importe quoi.
06:24Elle a fait une erreur à son nom de famille.
06:27Forcément, ça leur paraît très étonnant que leur mère, qui certes était âgée,
06:32mais avait encore à leur connaissance toute sa tête, ait pu se tromper sur l'orthographe de son propre nom.
06:37Qu'est-ce qu'ils font quand ils découvrent ça ?
06:38Très rapidement, ils se disent qu'il faut empêcher l'incinération de notre mère.
06:43Ils vont donc contacter une avocate parisienne, en urgence, en disant
06:47« Écoutez, on est au crématorium, il y a des choses qui nous paraissent très suspectes.
06:53Vite, il faut agir. »
06:55Cette avocate va alors contacter le parquet du Mans,
06:58qui va immédiatement faire stopper toutes les démarches d'incinération et ouvrir une enquête.
07:03Une autopsie est pratiquée sur Monique dès le lendemain.
07:06À quoi est-ce qu'elle conclut ?
07:07Cette autopsie, elle confirme les suspicions des enfants de Monique.
07:12Le médecin légiste qui examine le corps, il arrive à des conclusions très différentes
07:16de celles du médecin généraliste qui avait constaté son décès.
07:20Lui, il constate effectivement la présence de nombreux hématomes sur le corps de Monique
07:24et il en arrive à la conclusion qu'elle est très certainement morte par un étranglement.
07:30Il s'appuie notamment sur des traces de doigts qui sont encore présentes sur le cou de l'octogénaire.
07:40Une enquête est donc ouverte.
07:41Les gendarmes épluchent les comptes bancaires de Monique et d'Alain
07:44et ils découvrent que leurs économies ont complètement disparu.
07:47Après l'autopsie, les gendarmes ont la conviction d'avoir affaire à un crime.
07:51Comme dans de nombreuses affaires, ils vont se pencher sur les comptes en banque
07:55et ils vont constater qu'effectivement les économies du couple ont été dilapidées.
08:00C'est les économies d'une vie, on parle de près de 60 000 euros
08:03et que ces économies ont systématiquement été versées sur le compte en banque de Stéphanie
08:09ou d'Alexandre, le fils de Alain.
08:11Et est-ce qu'ils ont fait quelque chose de cet argent après ?
08:14Alors, les gendarmes constatent qu'effectivement il y a plus de 30 000 euros,
08:18notamment un virement en une seule fois,
08:21qui a servi au couple Alexandre et Stéphanie
08:24à s'acheter une voiture électrique flambant neuve,
08:27ce qui ne colle pas tout à fait avec leur train de vie à ce moment-là,
08:32dans le sens où Alexandre et Stéphanie étaient à ce moment-là
08:34dans une situation financière très très compliquée
08:37et n'avaient objectivement pas les moyens de s'acheter une voiture électrique neuve.
08:41Les gendarmes perquisitionnent la maison d'Alexandre et Stéphanie à Chahegnes.
08:46Qu'est-ce qu'ils y trouvent ?
08:47Alors, ils vont découvrir des objets, notamment de l'argenterie,
08:50dont ils ont la conviction qu'ils appartenaient à Alain et Monique
08:54et ils provenaient de leur appartement parisien.
08:57Donc, c'est encore une fois des éléments qui leur mettent la puce à l'oreille
09:00parce que l'appartement parisien n'a pas été vendu,
09:02il est toujours la propriété du couple.
09:05Et donc, forcément, ils se demandent
09:06pourquoi ils auraient ramené toute leur argenterie ?
09:09Ils sont âgés, ils n'ont pas foncièrement besoin de ça.
09:11Ils n'ont pas forcément besoin non plus de leur tableau qui était exposé chez eux.
09:15Pourquoi les ramener dans la Sarthe après leur emménagement ?
09:18Et c'est un élément qui paraît à ce moment-là très suspect aux gendarmes.
09:21Et ils mettent la main sur un document écrit de la main de Stéphanie
09:24qui est assez étrange.
09:26Effectivement, ils découvrent une lettre manuscrite
09:28où la mort de Monique est retracée.
09:32Il est écrit que Monique a fait une chute
09:34en glissant dans son urine
09:36et qu'elle a ensuite eu du mal à respirer
09:39et qu'elle est décédée quelques heures plus tard.
09:42Ça ressemble presque à un scénario
09:44qu'il aurait fallu que tout le monde apprenne
09:46pour le répéter si on posait des questions.
09:51Au début du mois de février, soit 15 jours après la mort de Monique,
09:55Alexandre et Stéphanie sont placés en garde à vue
09:57et Stéphanie est interrogée sur des violences commises sur Alain et Monique,
10:02violences que les deux retraités auraient racontées à des voisins.
10:05Les gendarmes vont évidemment travailler l'entourage du couple
10:09et ils vont notamment faire une découverte assez troublante,
10:12en tout cas très décalée par rapport aux récits
10:15livrés jusqu'ici par Alexandre et Stéphanie.
10:17Ils vont apprendre que quelques mois avant la mort de Monique,
10:21Alain avait fugué du domicile du couple dans la Sarthe avec Monique.
10:26Ils avaient été retrouvés par des gens
10:29et ils avaient expliqué à ce moment-là
10:30subir des violences et ne pas vouloir retourner dans la Sarthe.
10:35Stéphanie, elle est questionnée sur ces éléments
10:37mais elle dément toute violence passée sur Alain et Monique.
10:41Le fils de Stéphanie est également placé en garde à vue.
10:44Qu'est-ce qu'il dit pendant son audition ?
10:45Ce jeune homme de 18 ans, il va faire des révélations assez troublantes,
10:49notamment sur le quotidien des deux retraités
10:53au sein du domicile de Stéphanie et Alexandre.
10:56Il va par exemple expliquer que tous les soirs,
10:58il avait pour mission de fermer la porte de la chambre des deux retraités à clé
11:03pour ne pas qu'ils puissent s'échapper durant la nuit.
11:06Il explique aussi que les chaussons de Alain et Monique
11:10leur étaient retirés le soir, pareil, pour ne pas qu'ils puissent s'échapper durant la nuit.
11:16Comment réagit Stéphanie lorsque les enquêteurs la confrontent au propos de son propre fils ?
11:21Alors au départ, Stéphanie, durant sa garde à vue, elle est assez dure.
11:26Elle nie tout en bloc.
11:28Elle explique que les gendarmes ont une idée préconçue en tête
11:32mais qu'elle n'a jamais fait de mal à Alain et Monique.
11:35Au contraire, elle aurait rêvé que Monique soit sa grand-mère.
11:38Elle était très proche d'elle, explique-t-elle.
11:41Et peu à peu, sa défense se fissure.
11:43Et effectivement, quand on va lui opposer les déclarations de son fils,
11:48elle va nier mais de manière moins virulente.
11:51Elle va expliquer que son fils a sûrement mal compris
11:54pourquoi il devait prendre la clé le soir, des choses comme ça.
11:58Elle commence un petit peu à éluder les questions
12:01plus qu'il n'y ait en bloc ce qu'on lui reproche.
12:04Quand les gendarmes présentent à Stéphanie les résultats de l'autopsie
12:08pratiquée sur le corps de Monique, Stéphanie craque.
12:11À ce moment-là, Stéphanie est en garde à vue depuis plus de 30 heures
12:14et les gendarmes lui disent
12:16« Écoutez madame, ce n'est pas possible, Monique est morte d'un étranglement
12:20et d'un coup dans le thorax. »
12:22Et effectivement, à ce moment-là, Stéphanie s'effondre en larmes
12:26et finit par reconnaître avoir d'abord frappé Monique au thorax.
12:31Puis ensuite, la phrase qu'elle utilise est
12:34« Mes mains étaient sur son cou, je ne sais pas trop comment, mais oui, je l'ai fait. »
12:40Ce 14 janvier, quand elle frappe mortellement Monique,
12:43qu'est-ce qu'il se passe ensuite ?
12:44Après ce crime qui vient d'être commis, selon les déclarations de Stéphanie,
12:48sous les yeux d'Alexandre,
12:50l'aide-soignante entreprend de maquiller Monique.
12:53Les gendarmes y voient forcément une volonté de dissimuler des preuves,
12:57de masquer les coups apparents du corps de Monique.
13:01Elle explique simplement que c'était pour rendre Monique plus belle.
13:05Il y a des choses, malgré tout, qui sont assez troublantes.
13:08Par exemple, elle va utiliser des poches de glace
13:10qu'elle va apposer sur les bleus de Monique pour en faire disparaître certains.
13:15Là, à ce moment-là, on comprend que ce n'est pas vraiment pour la rendre plus belle,
13:18mais peut-être pour dissimuler des preuves.
13:20Et qu'est-ce qu'elle fait après avoir essayé de dissimuler les coups portés sur Monique ?
13:24Désormais, il faut se débarrasser du corps, effacer les preuves jusqu'au bout.
13:29La première option, il dit qu'elle a lancé ça avant de se ressaisir,
13:34c'est d'aller, selon ses propres termes, balancer Monique dans un étang.
13:38Finalement, elle décide de rédiger cette lettre,
13:42laissant entendre que Monique veut se faire incinérer.
13:47Là encore, les gendarmes, pour eux, il n'y a pas de doute,
13:50c'est une volonté de dissimuler des preuves.
13:53Stéphanie explique que si elle a fait ça,
13:55c'est parce que c'était en réalité les dernières volontés de Monique,
13:57mais qu'elle n'avait pas eu le temps de rédiger cette lettre plus tôt.
14:03Vincent Gautreneau, cette enquête, elle pousse les gendarmes naturellement
14:06à s'intéresser aussi à la mort d'Alain,
14:08trois semaines plus tôt, à la fin du mois de décembre 2023.
14:11Oui, parce qu'en fait, au cours de leur enquête,
14:13ils constatent une similitude troublante,
14:14c'est qu'Alain est mort trois semaines plus tôt,
14:16et lui aussi a été incinéré,
14:18lui aussi après la découverte d'une lettre à son domicile,
14:21par son fils Alexandre et Stéphanie.
14:24Forcément, il y a des rapprochements qui se font dans la tête des gendarmes,
14:29notamment parce qu'ils ont un gros doute sur cette lettre,
14:32soi-disant écrite par Alain,
14:34et faisant état de ses dernières volontés.
14:36Les gendarmes interrogent donc Stéphanie
14:38sur les circonstances de la mort d'Alain.
14:40Qu'est-ce qu'elle peut en dire ?
14:42Stéphanie dit qu'Alain est mort dans son lit,
14:45paisiblement, lui aussi,
14:46comme elle l'a dit au sujet de Monique au départ de sa garde à vue.
14:49Malgré tout, les gendarmes vont mettre quelques éléments dans la balance.
14:52Ils vont expliquer à Stéphanie que plusieurs témoignages,
14:56notamment d'employés du crématorium,
14:58laissent penser que le corps d'Alain,
14:59lui aussi, était marqué par des hématomes.
15:03Pour eux, il y a quelque chose qui cloche.
15:06Et là encore, acculée, elle finit par passer aux aveux.
15:09Elle explique effectivement que oui,
15:11elle est aussi à l'origine de la mort d'Alain Pacouray.
15:14Elle lui a donné, dans les minutes qui ont précédé sa mort,
15:18un violent coup de poing dans le thorax, au niveau du cœur,
15:21comme elle l'a fait d'ailleurs pour Monique aussi.
15:24Les gendarmes lui demandent alors
15:25« Mais vous saviez qu'en tapant un homme de plus de 80 ans à ce niveau-là,
15:29c'était dangereux ? »
15:30Et elle reconnaît que oui,
15:31elle a tapé au niveau du cœur pour le tuer.
15:34Est-ce qu'elle explique pendant son audition pourquoi elle a fait ça ?
15:36Il dit qu'il passait son temps à pleurer.
15:39Alain souffrait énormément,
15:40qu'il était gravement malade et qu'il n'aimait plus vivre.
15:44Et donc, elle explique presque qu'elle a tué Alain
15:47pour le soulager de ses souffrances.
15:49C'est un argumentaire qu'elle utilisera aussi au sujet de Monique,
15:53même si au sujet de Monique,
15:54elle explique que les 15 jours qui ont suivi la mort d'Alain,
15:58le changement de comportement de Monique l'ont beaucoup atteint,
16:01que c'est elle qui était usée,
16:03il n'en pouvait plus avec son mari.
16:05Et c'est aussi pour cette raison qu'ils ont décidé de tuer Monique.
16:12Vincent Gautreneau, en garde à vue,
16:14Stéphanie n'a pas l'air de prendre totalement la mesure de la gravité de ses actes.
16:18Non, il y a quelque chose qui est assez flagrant à la fin de sa garde à vue,
16:22c'est que le gendarme qui l'interroge lui dit
16:24« Mais vous vous rendez compte de ce que vous venez de faire ?
16:27Vous avez dépouillé deux retraités de votre entourage familial par ailleurs,
16:32c'est pas n'importe quel retraité, avant de les tuer. »
16:35Stéphanie dit d'abord « Vous dites que cet argent qu'on a volé,
16:39c'était à mon seul usage, vous êtes sûr de ça ? »
16:42Le gendarme précise « Oui, à votre usage et à ceux de vos proches. »
16:45Et là, elle a une réponse qui paraît très déconnectée,
16:49en tout cas par rapport à la gravité des faits qu'elle vient d'avouer quelques heures plus tôt,
16:53c'est de dire « Oui, mais je vais faire une reconnaissance de dette, ça j'y tiens vraiment. »
16:59En février 2024, Stéphanie, son fils et Alexandre
17:03sont donc tous les trois mis en examen pour assassinat et incarcéré.
17:07Mais entre-temps, Stéphanie est revenue sur ses aveux.
17:10« Oui, en fait, à l'issue de sa garde à vue, elle est présentée à un juge d'instruction
17:14qui décide de sa mise en examen.
17:16Et à ce moment-là, Stéphanie, et c'est toujours sa position aujourd'hui,
17:21elle reste présumée innocente et maintient son innocence aujourd'hui,
17:24dit que les gendarmes lui ont mis la pression
17:26et qu'elle a tout inventé pour leur faire plaisir,
17:29car elle était sous pression,
17:32mais qu'elle n'a absolument rien à voir dans la mort de Alain et Monique.
17:36Ça n'empêchera pas le juge d'instruction de la mettre en examen,
17:40tout comme son fils et son compagnon Alexandre.
17:43Les trois ont été placés en détention provisoire.
17:46Vincent Gautreneau, à la lecture de votre papier,
17:48on se rend compte qu'il s'en est fallu de peu dans cette affaire
17:50pour mettre au jour le meurtre de deux retraités.
17:54Comment va se passer la suite de l'enquête ?
17:56Le gendarme le dit plusieurs fois à Stéphanie,
17:59on est passé tout près du crime parfait,
18:02car à quelques heures près, le corps de Monique aurait été incinéré.
18:05On en serait arrivé à la conclusion que oui, effectivement,
18:0860 000 euros avaient disparu du compte de deux retraités,
18:11mais personne n'aurait pu démontrer que cet argent avait été volé,
18:17la justice devra l'établir,
18:18mais en tout cas avait été volé par Alexandre et sa compagne,
18:21ni que les retraités avaient été tués.
18:25La suite de cette enquête, désormais,
18:27c'est très certainement de nouveaux interrogatoires
18:29pour Stéphanie et son mari.
18:32Le fils de Stéphanie, lui, reste mis en examen.
18:35Son avocat a demandé la levée de sa mise en examen,
18:38estimant qu'il n'avait rien à faire en prison
18:41et qu'il n'était pas complice des agissements de sa mère.
18:54Merci à Vincent Gautronneau.
18:56Cet épisode de Codesources a été produit par
18:58Raphaël Pueyo, Clara Grousis et Pénélope Gualkirotti.
19:02Réalisation, Pierre Chaffanjon.
19:04Codesources, c'est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
19:07N'hésitez pas à laisser un commentaire
19:09ou des petites étoiles sur votre application audio préférée.
19:12Et puis, on vous invite également à écouter notre podcast
19:15entièrement consacré aux faits divers,
19:17Crime Story, chaque samedi,
19:19une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
19:22avec Damien Delsenis,
19:23le chef du service police-justice du Parisien.
19:26C'est parti, c'est parti, c'est parti.
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