- il y a 11 minutes
Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, candidat à l'élection présidentielle et Robert Ménard, maire DVD de Béziers, étaient les invités de Sonia Mabrouk ce 1er novembre sur BFMTV.
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00:00Bonsoir M. le maire.
00:01Bonsoir Mme Mabrouk.
00:02Merci d'être avec nous.
00:03Bonsoir M. le maire.
00:04Vous vous connaissez ?
00:05Oui, on se connaît.
00:06Mais c'est la première fois, je crois, que vous échangez sur un plateau.
00:09C'est la première fois qu'on débat publiquement, mais on se connaît.
00:11Mais on s'était dit qu'on le ferait avec plaisir.
00:13On devait le faire.
00:14Je vous remercie tous les deux.
00:15Merci de nous donner cette occasion.
00:16C'est moi qui vous remercie, M. Boimran.
00:19Et je précise que c'est à l'occasion aussi la sortie d'un livre vraiment très intéressant.
00:23Parce que depuis tout à l'heure, vous en parlez en réalité.
00:25C'est soit le chemin de l'espoir, et je pense qu'il existe encore dans le pays, soit celui
00:29du mépris.
00:29Vous avez beaucoup insisté sur cela, aux auditions plomb.
00:32Et à chaque fois, Karim Boimran, dans son livre, part de son expérience personnelle,
00:35de ce qu'il a vécu lui-même, d'ailleurs, en tant qu'homme, en tant que fils, en tant
00:40que probablement…
00:41Maire aussi.
00:42Effectivement, maire à Maillé-R.E.
00:44Et il projette cela sur un projet.
00:46Et je trouve que vous, les élus, les maires, êtes encore le dernier maillon, peut-être l'ultime recours.
00:51Donc, on vous écoute.
00:53Monsieur le maire, contexte social explosif, contexte politique délétère.
00:57Est-ce qu'on peut encore se parler sur un plateau de télévision ?
00:59On peut se parler.
01:00Monsieur le maire a évoqué, dans son propos liminaire, la notion de mépris.
01:05On a beaucoup d' divergences politiques.
01:07Mais il y a un point convergent, c'est la lutte contre le mépris.
01:10Effectivement, vous avez toujours été méprisé.
01:12Méprisé parce que vous n'étiez pas dans une case.
01:14Méprisé parce que vous étiez en autoproduction.
01:16Méprisé parce que vous étiez soi-disant inclassable.
01:20Et le problème qu'on subit une bonne partie des responsables politiques, économiques, culturels, dans notre pays, c'est le
01:29mépris.
01:30Le mépris de classe, le mépris des idées, le mépris de notre capacité à transformer les choses.
01:35Et on est devenu un pays méprisant.
01:37Et nous mourrons à cause de ce mépris.
01:40Et le mépris, c'est quoi ?
01:41C'est notre incapacité à se remettre en question.
01:42On a 4 000 milliards de dettes.
01:45On est incapable d'assurer notre état de providence pour les 20 prochaines années.
01:49On est incapable de bien appréhender le virage de l'intelligence artificielle pour pouvoir financer justement notre état de providence
01:56pour un état protecteur.
01:57Que ce soit sur les questions de santé, sur les questions en direction des collectivités territoriales, sur les questions de
02:03sécurité, sur les questions d'éducation.
02:05Et également sur les questions de sécurité.
02:07– Mais vous estimez qu'on a méprisé une partie de la population du peuple et une partie de la
02:12jeunesse qui est dans la rue ?
02:13C'est du mépris aujourd'hui par rapport à eux ?
02:15Même si vous estimez peut-être qu'une partie de leur revendication, que c'est très protéiforme.
02:19Mais est-ce qu'aujourd'hui, c'est le retour en boomerang du mépris ?
02:23– Mais vous savez, les scores que font un incroyable du Rassemblement national, c'est ça aussi.
02:29C'est le produit de ça.
02:31Quand on disait aux petites gens, vous votez pour des fachos, vous êtes des fachos,
02:36comment tu veux bien le prendre ?
02:38Enfin, c'est un truc insupportable.
02:41On peut ne pas être d'accord et ne pas s'envoyer des insultes à la figure et des qualificatifs
02:47qui te discréditent.
02:48Moi, je l'ai vécu, je ne le supporte pas.
02:50Mais il y a tout un tas de gens, chez moi, dans le Sud, on est loin de chez vous,
02:55mais dans le Sud, il y a beaucoup de maires qui sont très à droite,
02:58même s'ils ne sont pas au Rassemblement national,
03:00qui se sont fait traiter de tous les noms d'oiseaux, c'était une chose.
03:02Mais leur électorat se faisait traiter comme ça.
03:05Ce n'est pas parce que tu penses que la sécurité, il faut mettre des gens en prison,
03:10que tu es un fachos méprisable.
03:13Et ça, je pense que c'est un truc dont on ne mesure pas à quel point ça a fait
03:18des dégâts.
03:19Ensuite, moi, je pense que l'intérêt des maires, c'est qu'on peut, à un moment donné,
03:24vous savez l'intérêt de discuter avec les maires, moi, ça m'est arrivé,
03:26y compris avec des maires avec qui j'avais encore plus de désaccord.
03:28Je ne crois pas qu'on n'en ait tant que ça sur un certain nombre de sujets, il faudrait
03:31le regarder.
03:34Moi, je voyais qu'on mettait la même réalité derrière le même mot.
03:38Vous voyez ce que je veux dire ?
03:39Quand on parle d'une cantine scolaire, on sait ce que c'est vous et moi,
03:42et on sait que tu ne changes pas les cantines comme ça toutes les cinq minutes,
03:45que ça coûte un million ou un million et demi pour la mettre en état,
03:48et que tu ne fais pas ce que tu veux.
03:49Que la gratuité d'un certain nombre de choses, c'est bien quelqu'un qui va la payer.
03:53Ce que je pense, c'est que les maires, c'est le terreau, peut-être, du renouveau de ce pays.
03:57Je pense que si on était assez intelligent, si on était assez intelligent pour se dire
04:02« Vous êtes socialiste, je ne le suis pas. »
04:05Mais sur un certain nombre de choses, sur 15, 10 points, on peut se mettre d'accord,
04:10et on se mettrait vite d'accord sur les 10 points.
04:13On ne va pas tout promettre, mais on va au moins dire,
04:16on va se battre pour ces 10 choses.
04:18Après, le reste, c'est plus compliqué et tout ça.
04:20Mais je pense qu'on pourrait avancer.
04:21Le problème, c'est qu'il faut...
04:23Alors vous, c'est facile avec moi, pour moi, parce que comme vous êtes socialiste,
04:27mais enfin un peu, vous disiez, inclassable, inclassable chez les socialistes aussi.
04:31Je le dis comme un compliment.
04:33J'espère que vous l'avez pris comme ça.
04:34Vous n'êtes pas dans la ligne, vous n'êtes pas un type d'appareil qui va me répondre toujours
04:38les mêmes choses.
04:38Si on arrivait à sortir d'un langage formaté,
04:42si on arrivait à écouter, à s'écouter, juste à écouter,
04:45à se dire « Tiens, peut-être qu'il a raison sur ce point. »
04:48Moi, tout à l'heure, il y avait une question qui m'a été posée sur le départ de M.
04:53Macron.
04:54Je suis pour qu'il parte maintenant.
04:55Mais j'entends, vous avez compris, je peux comprendre un certain nombre d'arguments autres
04:59et je ne vais pas me tuer avec quelqu'un parce qu'il ne pense pas la même chose que
05:03moi.
05:04Je pense qu'on devrait être...
05:05Putain, si on n'était pas trop cons, on devrait un certain nombre de maires se dire...
05:10J'en ai parlé avec Jean-Louis Borloo et tout ça.
05:12Je dis, on pourrait, parce qu'il a été maire aussi,
05:15on pourrait se retrouver ensemble.
05:18On pourrait discuter ensemble et avancer ensemble.
05:21Mais voilà, là, il faut faire abstraction des appareils politiques.
05:25Moi, c'est facile pour moi, je suis dans aucun parti.
05:27C'est facile, Karim Bouamran, aujourd'hui ?
05:29Pour vous aussi, vous leur avez fait tellement de choses à votre parti,
05:32un peu plus, un peu moins.
05:33Non, ce qui doit prévaloir, ce qui doit primer,
05:36c'est l'intérêt du pays et l'intérêt des Françaises et des Français.
05:39Et aujourd'hui, et je pense notamment à nos jeunes,
05:42plus les semaines passent, plus les mois passent,
05:44plus l'avenir s'assombrit.
05:47Il s'assombrit, vous l'avez évoqué tout à l'heure,
05:50il y a aussi le sujet de la santé mentale.
05:51On voit bien qu'il y a un gamin sur quatre
05:54qui a été pris de pulsions suicidaires,
05:59un sur sept qui a mis à exécution ces pulsions.
06:03On a une grande partie de nos lycéens et de nos étudiants
06:07qui sont en train d'étudier pour un métier qui n'existera plus,
06:10avec l'intelligence artificielle.
06:12On a une crise du logement, on a un taux de pauvreté chez nos jeunes
06:16qui est trois fois plus que celui des retraités.
06:19Donc, il faut se tourner vers notre jeunesse
06:21et donner un espoir et une espérance plus radieuse.
06:23Et monsieur le maire, moi je suis d'accord avec tout ce que vous voulez dire.
06:26Juste par rapport au mépris, le sujet qu'il y a,
06:31c'est par rapport à ceux qui trouvent comme valeur refuge le Rassemblement National.
06:36La gauche, mon camp, a toujours traité avec mépris
06:40ceux qui se prenaient en pleine figure,
06:43le déclassement, le ghetto territorial,
06:47l'absence de services publics, les déserts médicaux,
06:50l'absence de protection, l'absence de sécurité.
06:55Pendant longtemps, le régalien a été laissé pour la droite et la droite extrême,
07:00ce qui a fait que pendant longtemps,
07:03à part le côté moralisateur en direction d'une partie de la population qui souffrait
07:08et qui se disait « je vais trouver comme valeur refuge le populisme »,
07:12on a été incapables, incapables d'apporter des solutions concrètes.
07:18Vous par exemple, les points de divergence qu'on a sur la préférence nationale,
07:25sur la communautarisation, une lecture de la société,
07:29ce sont des différences, on va dire, idéologiques, philosophiques.
07:33Mais quand vous regardez le résultat que vous faites dans les quartiers populaires,
07:38ça doit interroger une partie de la gauche.
07:40Vous faites 60...
07:41C'est intéressant.
07:42Non mais attendez, c'est intéressant parce que...
07:44Combien fait-il ?
07:44Il fait 70% dans les quartiers populaires, comme moi.
07:47Comme moi.
07:48Donc ça veut dire qu'il y a des Arabes et des Noirs
07:50qui, malgré sa position de M. Ménard sur le sujet de la préférence nationale,
07:57se disent « dans ma quotidienneté, le logement, le logement,
08:02l'emploi, la sécurité, vous savez quoi ?
08:05J'ai l'impression que ma vie s'améliore. »
08:08Parce que c'est en français.
08:08Ça veut dire que ça, ça doit interroger.
08:09Non, ça veut dire que ça doit...
08:10C'est par la citoyenneté.
08:11Ça signifie que ça doit interroger nous, sociodémocrates,
08:15en se disant « si on lâche le terrain,
08:18si on lâche la possibilité à être proche du peuple,
08:23et maintenant c'est qu'elle a, on décroche. »
08:24Parce que cette gauche-là, moi j'ai été il y a très longtemps.
08:26Je sais, je sais.
08:27J'ai été marouise pendant longtemps.
08:29Mais cette gauche-là, elle a trahi le peuple.
08:32Elle l'a oubliée.
08:34Elle a préféré d'autres combats.
08:36Elle a préféré d'autres combats.
08:38Les prolos, ça ne l'intéressait plus.
08:40Le mépris dont vous parlez, vous savez ce que...
08:42Il y a une autre forme de mépris.
08:43Le mépris qui consiste...
08:45Mais on va être d'accord là-dessus.
08:46Vous savez, qui consiste à faire des promesses
08:48dont on sait pertinemment qu'on ne les tiendra pas.
08:51Aujourd'hui, moi j'en veux à Marine Le Pen,
08:54je ne parle même pas de M. Mélenchon,
08:56et à la gauche social-démocrate, de faire des promesses
08:59dont ils savent qu'ils ne les tiendront pas.
09:01On moque les gens.
09:03Les jeunes, moi ce que je leur...
09:04L'excuse que je leur trouve,
09:07et Dieu sait qu'il y a certains,
09:08je ne leur trouve pas d'excuse.
09:09L'excuse, c'est qu'ils ont cru
09:11aux espèces d'enfantillage
09:15qu'on leur a raconté.
09:16Quand on leur dit, encore une fois,
09:19il n'y a pas de sélection dans la vie,
09:21vous allez tous faire les études que vous voulez.
09:23Mais ça n'existe pas,
09:25et ça n'existera pas plus que...
09:26Attendez, je vous l'ai tous dit,
09:27pas plus si c'est Marine Le Pen
09:29que si c'est M. Mélenchon.
09:30Ça n'existera jamais,
09:32parce que ça n'existe pas.
09:33Il y a des gens, vous mesurez,
09:35je ne sais pas combien,
09:36moi je mesure 1m67,
09:37toute ma vie,
09:38j'ai regretté de ne pas être plus grand.
09:40Et pas plus grand,
09:41je le regrettais.
09:42Oui, mais je vous le dis,
09:43mais malheur, des fois,
09:44ils tiennent à des bêtises comme ça.
09:45Et c'est comme ça.
09:47Pardon, madame,
09:48il y a des filles qui sont jolies,
09:50il y a des filles qui sont...
09:52Non, non, non, non.
09:52C'est plus important.
09:53Non, ce n'est pas plus important.
09:54Je sais.
09:55C'est essentiel,
09:56faire croire à notre jeunesse
09:58que tout le monde sera traité...
09:59On a tous des différences.
10:00Psychologie, physique, intellectuelle.
10:02Mais ce qui m'a intéressée
10:02dans ce qui vient de se dire...
10:04Non, et leur faire croire
10:05que ça n'existe pas,
10:06pour reprendre le titre de votre livre,
10:08c'est les mépriser.
10:09Comment vous expliquez
10:10que Robert Ménard,
10:11comme le dit Karim Bouhamran,
10:12alors qu'il a certaines positions
10:14sur certains sujets
10:15qu'on pourrait penser
10:16que vous ne soyez pas appréciés,
10:19pour le dire rapidement,
10:20par des Français
10:21de la deuxième
10:21ou troisième génération
10:23d'immigrés,
10:23vous le soyez ?
10:24Parce que je ne leur raconte
10:25pas des craques, madame.
10:26D'accord.
10:26Parce que les soucis,
10:28vous croyez qu'ils ont envie...
10:30Ils sont dans les quartiers
10:31les plus difficiles
10:32où tu as le plus de problèmes
10:34d'insécurité.
10:35Quand j'arme la police
10:38et quand je la développe
10:39et je mets des caméras
10:40de vidéosurveillance,
10:41mais ils applaudissent.
10:42Enfin, personne.
10:42Tout à l'heure,
10:43je vous parlais,
10:44je me suis...
10:45Et j'ai perdu un procédé
10:46à ce niveau-là.
10:47J'ai mis un...
10:48Comment ça s'appelle ?
10:49Un couvre-feu
10:50pour les mineurs
10:50de moins de 13 ans
10:51qui ne soient pas
10:53tout seuls dans la rue.
10:54Mais attendez,
10:55vous croyez que la maman
10:56qui naît dans le même pays
10:58que moi
10:58ou venant du même pays
10:59que moi,
11:00en l'occurrence l'Algérie,
11:01elle trouve...
11:02Elle aime moins ses enfants
11:03et elle n'est pas soucieuse
11:04de ses enfants comme les autres
11:05et qu'elle n'applaudit pas
11:06au maire
11:07qui prend une décision comme ça ?
11:08Toutes les mesures autoritaires
11:10que je prends,
11:10toutes les mesures autoritaires
11:12que je prends,
11:12ils sont plébiscités
11:15issus de l'immigration.
11:16C'est pour ça,
11:17pour ça,
11:18c'est pour ça
11:19que vous avez compris,
11:20je déteste
11:21qu'on parle de l'immigration.
11:23Il y a des immigrés
11:24qui ont des histoires différentes
11:25et qui sont des gens différents.
11:27Moi, je considère
11:30que l'autorité
11:31doit être apportée
11:33par de l'espoir
11:34et de l'espérance
11:35et très concrètement,
11:37c'est emploi,
11:37formation, logement.
11:39Et justement,
11:40on va continuer
11:42à citer Mao
11:43parce que c'est de ça
11:44dont il s'était agi
11:45avant que j'arrive.
11:46L'objectif,
11:47ce n'est pas de donner
11:47un poisson tous les jours
11:48mais de leur apprendre
11:48à pêcher.
11:49Et moi,
11:50ce que je reprends,
11:50c'est justement
11:51le mépris,
11:51c'est infantiliser
11:52toute une génération,
11:53notamment la jeunesse
11:55qui vienne des quartiers populaires
11:56qui soient urbains
11:58ou ruraux.
11:59Notamment,
12:01mettre en avant,
12:02mettre tous les moyens
12:03pour promouvoir
12:04l'entrepreneuriat.
12:05Vous entendez
12:06la France Insoumise
12:07parler d'entrepreneuriat ?
12:09Mais c'est en malheur,
12:09c'est leur fond de commerce,
12:11le malheur des gens.
12:13Et derrière le Rassemblement national
12:16considère que quand
12:17nous ne sommes pas français,
12:19nous n'avons pas
12:19la possibilité
12:21d'apporter
12:22une valeur ajoutée
12:23dans notre pays,
12:24notre beau pays,
12:25notre belle république
12:25qui est la France.
12:26Là,
12:26vous êtes caricatural.
12:28Vous ne pouvez pas dire ça
12:29parce que ce n'est pas vrai.
12:30Et ils le disent.
12:32Non,
12:32non,
12:33non.
12:33C'est malheureusement
12:34leur lecture.
12:35Non,
12:35monsieur le maire,
12:36monsieur le maire,
12:37on ne va pas être
12:37bisounours ici.
12:38Un,
12:39dans une partie
12:41de l'immigration
12:41comme une partie
12:42de la population française
12:44dessous,
12:44je ne sais pas comment
12:45il faut dire,
12:45il y a des connards,
12:46des gens dangereux
12:47et on ne va pas
12:48être gentil avec eux.
12:49Donc,
12:50et quand ils sont...
12:51Et qu'ils soient français
12:52ou immigrés.
12:53Mais quand ils sont...
12:54C'est le fameux
12:54du ralex à de l'ex.
12:55Il n'y a aucun problème là-dessus.
12:56Et quand...
12:57Attends,
12:57oh,
12:58quand tu vas dans une prison,
12:59tu remarques
13:00que la population étrangère
13:02et la population ici
13:03de l'immigration,
13:04elle est largement majoritaire
13:06à part de ne pas avoir
13:06foutu les pieds
13:07dans une prison.
13:08Enfin,
13:09vous êtes rentré
13:09dans une prison ?
13:10Non.
13:11Mais je vous propose...
13:12Vous venez à Béziers avec moi,
13:13je vous amène,
13:14j'amène M. le maire
13:15et vous verrez d'où...
13:16Attends,
13:17quand je dis ça,
13:18je dis ça,
13:19mais il n'y a pas
13:20une personne issue
13:21d'immigration
13:22qui ne sait pas
13:22que ça ne veut pas dire
13:23que je condamne
13:24l'immigration
13:25dans sa totalité.
13:26Aujourd'hui,
13:27les gens les plus opposés
13:29au non-contrôle
13:30de l'immigration,
13:31c'est les immigrés
13:32eux-mêmes
13:33qui ont eu tant de mal
13:35à se faire leur place
13:36parce que c'est plus compliqué
13:37que pour moi
13:37de se faire la place
13:39dans la société française.
13:41C'est tellement compliqué
13:42quand tu arrives
13:43d'un pays
13:44qui n'a pas
13:44la même culture,
13:45les mêmes habitudes,
13:46la même langue.
13:47C'est difficile.
13:48C'est eux qui savent bien
13:49qu'une immigration contrôlée,
13:50ils seront les premiers
13:51à en faire les frais
13:52parce que les gens
13:53qui arrivent,
13:54est-ce qu'ils vont vivre
13:55dans mon immeuble
13:56ou dans leur immeuble
13:57d'après vous ?
13:57Moi, je l'interroge
13:58en fonction du climat politique
14:00qui est le nôtre en ce moment,
14:01si de tels propos
14:02peuvent encore être tenus.
14:03Je ne vous dis pas
14:04que vous ne devez pas
14:04les tenir,
14:04je pose action.
14:06Est-ce qu'ils peuvent
14:07être encore tenus aujourd'hui
14:08puisque suite à l'attentat
14:10raciste de Trappes,
14:12certains,
14:13beaucoup,
14:13ont dit à gauche,
14:14je ne sais pas
14:15si c'est votre avis
14:15M. Boimran,
14:17il faut mettre
14:18un cordon sanitaire
14:20par rapport
14:20à certaines personnalités politiques
14:22mais aussi
14:22par rapport
14:22à certains maux.
14:24Est-ce que vous estimez
14:25qu'aujourd'hui
14:25que les maux
14:26peuvent être des armes
14:27utilisées par certains esprits
14:29donc faibles
14:30au sens où
14:31ils vont les ingurgiter
14:32tout de suite
14:33et les opposer ?
14:35Le problème,
14:36il n'est pas en fonction
14:36de l'origine
14:37d'où vous venez,
14:38le problème,
14:38il est avant tout social.
14:39Donc, avec plaisir
14:40pour visiter les prisons,
14:41c'est surtout
14:42ce qui est prégnant,
14:43c'est leur origine sociale
14:45pas leur origine
14:45ethnico-religieuse.
14:47Et en France,
14:48la loi dit que
14:50les statistiques ethniques
14:51sont interdites
14:52et qu'on regarde...
14:52Mais c'est une corde,
14:53monsieur le maire.
14:54Attendez,
14:54attendez,
14:55attendez,
14:55monsieur le maire.
14:56Donc,
14:57laisse-moi finir mon propos.
14:58Donc,
14:58ils sont probablement
14:59issus de l'immigration
15:00comme on est tous,
15:02on a tous
15:03un grand-parent
15:03sur quatre
15:04issus de l'immigration
15:05mais c'est surtout
15:06une population
15:06issue du milieu pauvre.
15:08Concernant votre question,
15:09madame Mabrouk,
15:10le fameux cordon
15:13sanitaire républicain
15:14contre le Rassemblement National.
15:15Alors, je dis
15:16oui,
15:17chiche.
15:18À partir du moment
15:19où
15:19tout le monde,
15:21je dis bien
15:21tout le monde,
15:23cotise,
15:24Édouard Philippe
15:25doit se positionner
15:26clairement
15:27en disant
15:28quelle que soit
15:29la configuration,
15:30j'appellerai à voter
15:31contre le Rassemblement National.
15:32Jean-Luc Mélenchon
15:35doit se positionner
15:36de façon extrêmement claire.
15:38Pas plus tard qu'hier,
15:39vous avez une des militantes
15:41qui s'exprimait
15:43dans une de vos émissions
15:45en expliquant
15:46que si jamais
15:46il y avait
15:47un candidat social-démocrate
15:49contre
15:50Jean-Luc Mélenchon,
15:51contre
15:51Marine Le Pen,
15:53elle n'appellerait pas
15:54à faire barrage
15:55contre Marine Le Pen.
15:56Donc, nous,
15:56on veut bien cotiser
15:58en expliquant
15:59« Attention,
16:00le RN,
16:01il faut faire un bloc
16:02sanitaire ».
16:03Et M. Rabel
16:03l'a évoqué
16:04dans son discours
16:05en faisant référence
16:06à Jacques Chirac
16:07lorsqu'il avait appelé
16:09justement au cordon républicain
16:10contre le Rassemblement National.
16:12Très bien,
16:13mais j'appelle
16:14tous les candidats
16:15à se positionner
16:16de façon extrêmement claire
16:17dans toutes les configurations.
16:18Et auquel cas,
16:19on discute.
16:19Mais M. le maire,
16:20comment vous pouvez dire ça ?
16:21Comme je viens de le faire.
16:22– Attendez,
16:23comment ?
16:24Parce que le Rassemblement National,
16:26il est moins républicain
16:27que la France Insoumise.
16:28M. le maire,
16:29on est sérieux,
16:30deux minutes ?
16:31On oublie les casquettes politiques,
16:33on conduit la rhétorique et tout.
16:36Sérieusement,
16:36vous pensez qu'aujourd'hui,
16:38le Rassemblement National,
16:40ils sont moins respectueux
16:41des institutions,
16:42de la République,
16:43du droit de vote,
16:44de la démocratie
16:45que la France Insoumise ?
16:48Vous me le dites là.
16:49Dites-moi
16:50que la France Insoumise,
16:51ils sont plus respectueux
16:52des règles de notre pays
16:53que la Rassemblement National ?
16:55– Vous avez entendu
16:55mes prises de position
16:56sur la France Insoumise
16:57à plusieurs reprises ?
16:58– Mais attendez,
16:59mais donc,
17:00c'est pour ça
17:01que je suis sidéré.
17:04– Aujourd'hui,
17:04la question,
17:05pardonnez-moi
17:06si je vous ai sidéré,
17:07mais ce n'était pas l'objet
17:09du débat.
17:10L'objet du débat,
17:11c'est est-ce qu'aujourd'hui,
17:13en rebondissant sur
17:14l'islamophobie,
17:16l'antisémitisme,
17:17le fait que nous avons
17:19un président
17:20d'un parti
17:22qui s'appelle
17:23M. Bardella,
17:24qui a été
17:25non pas condamné,
17:26pas encore,
17:27j'espère qu'il le sera un jour,
17:28qui a porté
17:32des idées antisémites.
17:33Et la question,
17:34la question,
17:35la question,
17:36– Et les propos antisémites ?
17:37– Je les ai toujours condamnés,
17:38le premier.
17:39– Alors moi,
17:39je vais vous poser une question.
17:40Claire,
17:41si demain,
17:42si demain,
17:43vous avez à choisir
17:44entre Marine Le Pen
17:45et M. Mélenchon,
17:46parce que ce n'est pas
17:47une hypothèse absurde,
17:48au deuxième tour,
17:49vous votez pour qui ?
17:49– Mais c'est exactement
17:50la question à laquelle
17:51je viens de répondre.
17:51– Vous votez pour qui ?
17:52– Vous votez pour qui ?
17:55– Est-ce que vous me permettez,
17:56pardonnez-moi,
17:57– Mais la question est
17:58d'être prosaïquement,
18:02prosaïquement,
18:03prosaïquement,
18:04grossier,
18:04et je m'en excuse.
18:05C'est une question à la con,
18:07et je vais vous dire pourquoi.
18:08Parce que c'est exactement
18:10le piège dans lequel
18:11Mélenchon veut nous emmener.
18:13Parce que la première assurance-vie
18:15de Marine Le Pen,
18:18c'est Mélenchon.
18:19Donc, moi je me bats,
18:22je me bats,
18:22je me bats,
18:23pour pas qu'on soit
18:24dans une configuration
18:26Mélenchon,
18:27Mélenchon Le Pen.
18:28Je me suis battu,
18:30je me suis battu,
18:32et je continue à me battre
18:33dans mon camp
18:34pour qu'il y ait
18:35une ligne claire
18:36contre la France insoumise
18:37qui a toujours
18:38une vision insurrectionnelle,
18:40chaotique.
18:40La question à laquelle
18:45on doit répondre,
18:46c'est la suivante.
18:47Est-ce qu'aujourd'hui,
18:49en France,
18:50compte tenu
18:50de la dangerosité
18:52que représente
18:53le Rassemblement National
18:54sur le plan idéologique,
18:55sur le plan philosophique,
18:57compte tenu
18:57de ces positions
18:59islamophobes,
19:00racistes et antisémites,
19:01on est prêt
19:02à faire un bloc
19:03contre eux,
19:04ce parti-là ?
19:04Je dis, je dis,
19:06je dis, je dis.
19:07Vous dites,
19:07vous répondez pas
19:08aux questions
19:09qu'on vous pose.
19:09Mais M. Vénère,
19:10laissez-moi juste
19:11finir mon coup.
19:11Non, M. Vénère,
19:14vous noyez le poisson.
19:15Je vous demande
19:16un truc très simple.
19:17Aujourd'hui,
19:18est-ce que vous voteriez
19:19au deuxième tour
19:19pour Jean-Luc Mélenchon ?
19:21Moi, je vous dis,
19:22malgré tout...
19:24Qu'est-ce que ferait
19:24Jean-Luc Mélenchon
19:25si jamais il y a Glucksmann
19:26ou moi face à Marine Le Pen ?
19:28Mais vous êtes...
19:28Attendez, c'est pas possible.
19:29Répondez à ma question.
19:30Qu'est-ce qu'il ferait ?
19:31Mais j'en sais,
19:31je m'en contrefouille.
19:32Eh bien, moi,
19:32je ne m'en contrefiche pas à moi.
19:33Parce que, justement...
19:35Attendez.
19:35Là où est la question ?
19:36Parce que vous n'osez pas,
19:38vis-à-vis de vos copains de gauche,
19:40de répondre à une question
19:41qui est aussi simple que ça.
19:43Moi, je vous le dis,
19:44malgré toutes les critiques
19:45que je porte sur Marine Le Pen,
19:46et de dimanche en dimanche,
19:48je le dis,
19:48si j'avais à choisir
19:50entre Marine Le Pen
19:50et Jean-Luc Mélenchon,
19:51je voterais Marine Le Pen
19:53aujourd'hui.
19:54Je vous demande,
19:55je vous demande,
19:56de me dire,
19:57puisque vous êtes
19:57social-démocrate et tout,
19:59si demain,
19:59vous aviez à faire
20:00le même choix que moi,
20:02après tout ce que vous avez dit,
20:03je comprends.
20:04Moi aussi,
20:04je suis pour,
20:05comme vous,
20:06qu'il y ait une autre alternative
20:07que cette alternative-là.
20:08Peut-être que M. Boimbrain
20:09irait à la pêche
20:10ou qu'il voterait blanc.
20:11Alors, vous le dites.
20:12Non, mais vous savez quoi ?
20:14Je n'irai jamais à la pêche
20:15le jour d'un vote.
20:16Et vous savez quoi ?
20:18Je mettrai tout en œuvre
20:19pour que ce duel
20:20n'arrive pas.
20:21Et je vous le dis,
20:22et je vous le répète,
20:22c'est une question à la con.
20:24Quand on fait de la politique,
20:25on ne raisonne pas.
20:26Si, c'est moi qui vous l'appre,
20:27c'est pas grave.
20:28Non, mais on ne raisonne pas comme ça.
20:33C'est ce qui me différencie
20:34d'un homme politique.
20:35C'est que je réponds
20:37clairement aux questions
20:38qu'on me pose.
20:38Et la réponse,
20:39c'est qu'aujourd'hui,
20:39aujourd'hui,
20:40j'étais le premier,
20:41un des premiers à gauche
20:42à dire,
20:43je mets dos à dos
20:44LFI et le RN.
20:46Et là, on arrive
20:47avec cette spectacularisation
20:48de la vie politique.
20:50On tombe encore
20:51dans le piège
20:51en nous disant,
20:52alors, Mélenchon,
20:53Le Pen,
20:54comme si déjà
20:56Mélenchon était déjà
20:56au second tour.
20:57M. Boimbrain.
20:58Non, mais c'est important ça.
20:59C'est important.
21:00Lorsqu'on parle d'espoir.
21:01Vous savez que même
21:02votre non-réponse
21:03va vous être reprochée
21:04par la gauche.
21:05Parce que votre non-réponse
21:06est une réponse.
21:07Si vous ne choisissez pas
21:08entre M. Mélenchon
21:09et Mme Le Pen
21:10spontanément...
21:11Mais parce que c'est
21:11des questions pièges.
21:12Vous imaginez-vous bien
21:13que ça fait depuis des semaines
21:14que tout le monde
21:15me pose ces questions-là.
21:16Et aujourd'hui,
21:16pourquoi on fait campagne ?
21:17C'est une possibilité
21:18dans les sondages.
21:18Mais bien sûr,
21:19mais toute une possibilité.
21:20Mais moi, ce que je dis,
21:21et c'est là où il y a
21:22un autre angle,
21:22Mme Mabrouk,
21:23que peu de personnes évoquent,
21:25c'est si on part du principe
21:26que le danger pour notre pays,
21:28c'est que les fachos
21:30prennent le pouvoir.
21:31Mais pas les fachos.
21:33Que les fachos prennent le pouvoir.
21:34Que les fachos prennent le pouvoir.
21:36Dans ce cas-là,
21:37dans ce cas-là,
21:38je demande...
21:38Dieu sait que je la défends pas.
21:39Et c'est vrai que c'est le faché.
21:41Je demande solennellement...
21:48Elle marche ou pas ?
21:53A dire très clairement...
21:54Mais elle n'est pas républicaine.
21:55Très clairement.
21:55Monsieur le maire.
21:56Très clairement.
21:57Très clairement.
21:58Nous nous positionnerons
21:59de façon claire
22:01contre Marine Le Pen.
22:02On a commencé...
22:03J'ai pas entendu Edouard Philippe.
22:04J'ai pas entendu Jean-Luc Mélenchon.
22:05Non mais vous les entendrez pas.
22:06Mais oui, c'est ça aussi.
22:07Dans le sens,
22:08ils répondent pas.
22:08Mais vous non plus.
22:09Ils répondent pas.
22:09Ils ne répondent pas.
22:10Donc ils jouent...
22:11On a commencé cette émission
22:12en disant
22:13qu'il ne faut pas maîtriser
22:14les électeurs.
22:15Mais est-ce que là,
22:16vous ne méprisiez pas
22:16les électeurs
22:17et de Marine Le Pen
22:23La meilleure façon
22:23de les mépriser,
22:24c'était de leur faire
22:25des leçons de morale
22:26et de penser
22:26à leur continuité.
22:27C'est-à-dire...
22:28Vous les étiez de fachos.
22:29Non, je parlais
22:30de l'organisation politique.
22:31Jamais je me parlais
22:32de l'électeur.
22:32Marine Le Pen, fachos...
22:33Au contraire,
22:34les électeurs
22:34ne sont pas du tout fachos.
22:35Attendez, est-ce que moi,
22:37je dis...
22:38Bardella, avec ces prises
22:40de positions antisémites,
22:41c'est pas des...
22:41Attendez, d'abord,
22:41ça reste à prouver.
22:42Pardon.
22:44Juste, la démocratie.
22:45Très bien.
22:46Les différentes condamnations
22:48de certains militants RN
22:51avec les prises de positions
22:52de panacès.
22:53Je me suis...
22:54Ça reste à prouver.
22:54Je me suis gêné...
22:55Attendez, je me suis gêné
22:56pour le dire.
22:57Mais je ne vous veux pas
22:58en procès d'intention.
22:59Je suis en train de rebondir
23:00sur le fait que...
23:01Je dis juste
23:03que le mépris
23:03dont vous parliez tout à l'heure,
23:05qu'il ne faut pas utiliser,
23:06je suis d'accord avec vous.
23:07Très bien.
23:07Quand vous dites
23:08du Rassemblement National,
23:09du parti,
23:10ce sont des fachos,
23:12tous leurs électeurs...
23:13Je ne parle pas des électeurs,
23:14M. Ménard,
23:14vous êtes d'accord.
23:15Mais M. le maire,
23:16j'ai bien compris.
23:16Je vous connais,
23:17je ne pense pas à un instant
23:18où vous dites ça.
23:19Je vous dis que
23:19quand vous avez cette phrase-là,
23:22vous...
23:22C'est vécu comme du mépris
23:24pour tous les électeurs.
23:25Qui est ici ?
23:26Moi, électeur...
23:28C'est vrai,
23:28on ne te traite pas de fachos,
23:30mais tu votes pour des fachos.
23:31Vous vous rendez compte ?
23:33Vous vous rendez compte
23:34de ce que ça veut dire ?
23:34C'est terrible.
23:35En plus, c'est à l'encontre
23:36de ce que vous êtes.
23:37Parce que moi,
23:38j'aime bien débattre avec vous
23:39parce que vous êtes un des seuls
23:40à gauche un peu
23:41qui sort du moule,
23:42je ne sais pas comment dire.
23:43Prenez-le bien,
23:44vous avez compris,
23:46ça veut dire que vous ne répétez pas
23:48comme des éléments de langage
23:49tout ce qui arrive de votre parti.
23:51Ils le sauraient,
23:51sinon vous ne les auriez pas fait chier
23:53comme vous l'aurez fait
23:53depuis un certain nombre d'automne.
23:55C'est deux fois que vous le répétez,
23:55on a compris.
23:56Enfin, il les a emmerdés tout le temps.
23:59Non, mais le but,
24:00c'est pas d'embêter qui que ce soit.
24:01Je rigole.
24:02Non, non, mais le but,
24:03c'est...
24:03Lorsqu'on parle aux électeurs
24:05qui souffrent,
24:06lorsqu'on parle aux électeurs
24:07qui se disent
24:08qu'ils se disent
24:09aujourd'hui,
24:09je vis avec 800 euros par mois.
24:12Aujourd'hui,
24:13je suis en incapacité à me loger.
24:14Aujourd'hui,
24:15je suis en incapacité à me soigner.
24:17Ils sont 35%,
24:1838% à voter aujourd'hui
24:20pour le Rassemblement National.
24:22Et vous ne pouvez pas dire
24:23à ces gens-là
24:24que vous allez voter
24:25pour une facho.
24:26D'abord,
24:26parce que moi,
24:27je connais Marine Le Pen,
24:28personnellement,
24:29et que vraiment,
24:30vous ne pouvez pas dire
24:31un instant d'elle,
24:33je parle d'elle
24:33et c'est elle qui est candidate,
24:35ni qu'elle est raciste,
24:37ni qu'elle est antisémite,
24:38ni qu'elle est homophobe,
24:39ce n'est pas vrai.
24:41Vous avez oublié ce homophobe ?
24:42– Mais elle n'est pas islamophobe.
24:44Vous ne pouvez pas le dire.
24:45Dites-le d'un certain nombre.
24:45– Je vous pose une question,
24:46s'il vous plaît,
24:47messieurs,
24:47messieurs les maires.
24:48Parce qu'on a dit
24:49les maires,
24:50c'est le dernier recours.
24:51Je disais contexte social explosif.
24:52Climat politique délétère.
24:55C'est à six mois
24:56d'une présidentielle
24:57qui va probablement
24:59changer le destin,
25:00vraiment.
25:01Parfois,
25:01certains disent
25:01le visage de la France.
25:03Vous au pouvoir.
25:04S'il y avait un maire,
25:05un élu de terrain,
25:07par quoi vous commenceriez
25:09justement
25:09pour un antidote au mépris ?
25:11– Une première mesure.
25:13S'il y avait une première mesure.
25:14– Une première mesure,
25:14déjà,
25:15Madame Mabrouk,
25:15c'est de faire
25:16ce qu'on est en train de faire.
25:18Parler avec des personnes
25:18qui sont directement en prise
25:19avec la réalité
25:21et ancrées avec le réel.
25:22Il y a 36 000 maires.
25:24Je sais que vous allez recevoir
25:26mon ami maire de Marseille,
25:28mais la vie,
25:29ce n'est pas Paris,
25:30Lyon,
25:30Marseille,
25:31Bordeaux,
25:31Strasbourg
25:31ou les grosses villes.
25:32On a des maires
25:33de petites communes
25:34qui,
25:35aujourd'hui,
25:35je pense à Daniel Barbe,
25:37un maire
25:39d'une petite commune
25:40en Géronde
25:40qui est encore
25:41en train de gérer
25:42les conséquences
25:43des incendies
25:44et de la canicule
25:45parce qu'on les a vite oubliés
25:46et souvenez-vous,
25:47je vous l'avais dit,
25:48ici dans ce plateau,
25:49dans deux mois,
25:50on va les oublier.
25:51On a des problèmes
25:52de marge de manœuvre budgétaire
25:53parce que concrètement,
25:54concrètement à l'État,
25:55Madame Mabrouk,
25:56nous,
25:57maires,
25:57on est obligés
25:58de voter un budget
25:59à l'équilibre.
26:00– J'entends,
26:00vous arrivez au pouvoir,
26:01l'un ou l'autre.
26:02Première décision.
26:04– Moi, la première décision,
26:05c'est une décision,
26:06je l'ai dit,
26:07je le redis,
26:07pardonnez-moi,
26:08M. Ménard,
26:09protection de l'enfance.
26:10Ça, c'est 170 000 enfants
26:13victimes de violences sexuelles
26:14chaque année,
26:15trois enfants par classe,
26:16il faut arrêter ce déni.
26:18– On souscrit tellement, oui.
26:19– Il faut arrêter ce déni.
26:20– Moi, je pense que
26:21la priorité absolue,
26:23c'est l'école.
26:25L'école, c'est là.
26:27Et attention,
26:29pas construire une école
26:31qui ferait 90%
26:32de reçus au bac,
26:33je ne pense pas que c'est comme ça
26:34qu'on mesurerait sa progression,
26:37mais une école
26:37qui réapprenne
26:38aux petits à écrire.
26:41Attendez,
26:42à écrire.
26:43Aujourd'hui,
26:44aujourd'hui,
26:45il y a 40 ans,
26:47je vous le dis
26:47parce que c'est un truc
26:48qui m'a effrayé,
26:49il y a 40 ans,
26:50une dictée,
26:51sur une dictée de 10 lignes,
26:53sans difficulté,
26:54pas important.
26:55– Eh oui, je sais bien.
26:56– Sur une dictée,
26:56il y avait 30% de gosses
26:59qui faisaient plus de 15 fautes.
27:0115 fautes sur 10 lignes.
27:02Aujourd'hui,
27:03vous savez combien il y en a ?
27:0590%.
27:05Alors,
27:06si on ne donne pas
27:07à nos gosses
27:08les moyens
27:09de s'exprimer,
27:10de compter,
27:11compter,
27:12d'écrire,
27:13de lire,
27:13ça,
27:14si on arrête
27:15de leur faire croire
27:16avec le,
27:18comment ça s'appelle,
27:19le collège unique,
27:20qu'ils sont tous pareils
27:21alors que ce n'est pas vrai,
27:23si on prend en compte
27:24leurs différences,
27:24si on arrête
27:25de leur donner
27:26des diplômes,
27:27comme si le diplôme
27:28valait quelque chose
27:29et qu'on les respecte,
27:30comme si on simplifiait
27:32les choses,
27:32si on faisait ça,
27:33si on arrêtait
27:34de leur mentir,
27:35je pense que
27:36c'est la première chose
27:37parce que si on n'a pas
27:38ces gosses-là,
27:39si on a encore des gosses,
27:40moi j'ai vu un gosse
27:41de 13 ans
27:41dans ma commune,
27:42le 17,
27:43non,
27:44c'était avant même,
27:45le 17,
27:46jeter un cocktail,
27:48jeter un cocktail
27:48monotov
27:49sur la police,
27:51comment à 13 ans,
27:52à 13 ans,
27:53monsieur le maire ?
27:53Non mais je suis d'accord
27:55avec le rapport
27:55avec l'autorité,
27:57oui mais alors
27:58on arrête
27:58de critiquer l'autorité ?
27:59Démocratiser
28:00l'excellence éducative
28:01pour donner
28:02l'excellence éducative
28:04parce qu'au bout d'un moment
28:04quand vous allez
28:05dans certains lycées
28:05à Paris,
28:06excusez-moi,
28:07quand vous avez
28:07un capital social,
28:08les problèmes
28:09que vous décrivez,
28:10ils sont tranquilles
28:11en termes d'emploi,
28:12de formation,
28:13de grandes écoles
28:13et surtout
28:14de reproduction des élites
28:15et la meilleure façon
28:18de lutter
28:19pour l'égalité,
28:20c'est le mérite
28:21monsieur le maire,
28:22le mérite,
28:23tu travailles bien,
28:24tu es récompensé
28:25monsieur le maire,
28:27vous travaillez pas vous ?
28:29Donc je travaille
28:29et voilà.
28:30Ensuite,
28:31le logement,
28:33400 000 logements
28:33par an
28:34qui manquent,
28:3580% des sourds
28:36des inégalités,
28:37c'est un manque de logement,
28:38on ne peut pas
28:38aujourd'hui
28:39donner des perspectives
28:40pour nos jeunes,
28:41pour nos lycéens
28:42qui manifestent,
28:43pour nos étudiants
28:44qui doivent se réadapter
28:46au regard des enjeux
28:47technologiques,
28:48des capacités,
28:49des assurances,
28:50pardon,
28:51à pouvoir être logés
28:52dignement.
28:53Écoles, éducation,
28:54protection.
28:54Et c'est là où la notion
28:55de l'application
28:56de la loi SRU
28:57pour tous les maires,
28:58solidarité,
28:59rénovation urbaine,
29:00durcir,
29:01durcir,
29:02durcir l'arsenal juridique
29:04lorsque les maires,
29:06notamment les maires
29:06Rassemblement National,
29:08si les maires
29:08Rassemblement National
29:09appliquaient les 25%
29:10de logements sociaux,
29:11il y en aurait déjà 40 000.
29:12Sur 500 000 logements,
29:13le social qui manque.
29:14Paradoxalement,
29:15je suis d'accord avec lui.
29:16Je suis d'accord avec vous,
29:17Karim.
29:18Moi,
29:19il y a un certain nombre
29:20de maires de droite,
29:21y compris de candidats
29:22de droite
29:23qui sont contre
29:24la loi
29:25qui nous oblige,
29:26pour parler en clair,
29:27qui nous oblige
29:28à construire 25,
29:29voire 25%
29:30de logements sociaux.
29:32Attendez,
29:32c'est pas...
29:32Moi, je suis pour les rendre
29:33inéligibles.
29:33Attendez, attendez,
29:34et leur enlever le permis
29:35d'être maire.
29:35Laissez-moi finir.
29:35Là, on va arriver à la fin.
29:36Pardonnez-moi.
29:36On peut faire de la politique
29:38politicienne.
29:38Ah non, mais ça, c'est vrai.
29:40Moi, je connais plein de mairies
29:42qui ont de l'argent.
29:43Oui, ils payent l'amende.
29:45Et qui préfèrent
29:45payer l'amende.
29:47Rendez-les inéligibles
29:48et enlevez-le leur permis
29:49d'ouvrir, messieurs.
29:49Parce que la politique
29:50politicienne,
29:51c'est quand vous dites
29:51les maires du Rassemblement
29:53national,
29:53t'as pas besoin
29:54d'être au Rassemblement
29:54national pour te comporter
29:56comme un maire
29:56qui préfère payer une amende
29:58que pour construire
29:58l'ensemble social.
29:59Robert Ménard.
29:59Les gens connaissent
30:00de gauche.
30:01Karim Bois-Mrad.
30:02Mais ça fait 40 000
30:03pour les...
30:03Vraiment merci
30:04pour ce débat.
30:05Merci à vous.
30:05Donc, l'espoir ou le mépris
30:08sorti le 5 novembre.
30:09Oui, sorti du livre
30:10et sorti par l'eau
30:11on choisit l'espoir.
30:12Et surtout,
30:12ça reprend exactement
30:13une bonne partie
30:14des problématiques.
30:15Et on aura l'occasion
30:16d'en débattre,
30:17M. le maire.
30:18Merci.