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L’animateur et producteur Thierry Ardisson est mort d’un cancer ce lundi 14 juillet à l’âge de 76 ans. Il fut pendant plus de trois décennies l’une des stars du petit écran avec des émissions cultes comme « Paris dernière » ou « Tout le monde en parle ». Pour Code source, Benoît Daragon, journaliste au service culture du Parisien et spécialiste médias, revient sur la carrière contrastée de « l’homme en noir ». Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Raphaël Pueyo et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network -

Archives : INA, Canal+, C8.

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00:00: Thierry Ardisson : Hommage à l'Homme en Noir
02:58: Parcours et débuts : De la publicité à la télévision provocatrice
08:54: "Tout le Monde en Parle" et controverses
18:36: L'Héritage télévisuel de Thierry Ardisson

#thierryardisson #television #animateur

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il a été pendant trois décennies l'un des rois de la télé.
00:15L'animateur et producteur Thierry Ardisson est mort à Paris le 14 juillet,
00:19des suites d'un cancer, il avait 76 ans.
00:22Présentateur notamment de Tout le monde en parle,
00:25Salut les terriens, Lunettes noires pour Nuit blanche dans les années 80
00:28ou encore Paris dernière, connu pour ses questions chocs et son goût de la provocation.
00:34Thierry Ardisson était ouvertement mégalo, il était clivant,
00:38une partie du public l'adorait, l'autre le détestait.
00:41Retour sur la vie de l'homme en noir avec Benoît D'Aragon,
00:45journaliste au service culture du Parisien, spécialiste média.
00:48Il l'avait interviewé, Thierry Ardisson, au printemps.
00:58Benoît D'Aragon, Thierry Ardisson, pour vous c'était aussi une source,
01:02vous vous appeliez de temps en temps.
01:03Oui, déjà il était au courant de tout parce qu'il fréquentait beaucoup le milieu de la télévision,
01:08donc il passait sa vie dans les chaînes de télé, avec d'autres animateurs, avec des journalistes.
01:12Donc c'est vrai qu'il était au courant de tout et que parfois pour avoir une vérification,
01:15on l'appelait et il disait oui, j'en ai entendu parler, ça ne m'étonnerait pas.
01:18Et puis surtout, Thierry Ardisson, c'était le roi de la punchline.
01:21Il avait des petites phrases, toutes prêtes des formules claquantes,
01:24qu'il répétait souvent de plateau en plateau,
01:26qu'il aimait bien travailler, peaufiner pour qu'elles soient parfaites.
01:29Et c'est vrai que souvent quand on faisait un papier, qu'on avait besoin d'un avis sur quelqu
01:32'un,
01:32on l'appelait, l'avis de Thierry Ardisson c'est pas rien,
01:35c'est quelqu'un de très important dans le milieu de la télévision.
01:37Donc quand il n'était pas content d'une émission, qu'il trouvait ça nulle,
01:39il était très content de le faire savoir.
01:41Et donc oui, ça pouvait muscler un papier, un avis de Thierry Ardisson,
01:44ça pouvait vous faire une très bonne chute ou une très bonne attaque de papier.
01:47En 2019, le mercredi 29 mai, vous êtes dans un studio à la plaine Saint-Denis, près de Paris,
01:53et vous assistez à l'enregistrement de sa dernière émission de « Salut les terriens » sur C8.
01:59Décrivez-nous ce qu'il se passe à la toute fin de l'enregistrement.
02:02Oui, je m'en souviens, comme si c'était hier, en fait l'émission s'arrête,
02:06Canal Plus a décidé de ne pas renouveler l'émission, qui est trop chère à leurs yeux,
02:10et Thierry Ardisson est en larmes.
02:11C'est moment, il sera inoubliable pour moi.
02:14Quoi qu'il arrive, je ne vous oublierai jamais.
02:17Merci à tous.
02:20On a l'impression que le monde s'écroule, il n'a pas de plan B,
02:24il comprend que ses grandes années à la télévision vont s'arrêter,
02:27qu'il n'aura plus d'exposition hebdomadaire, comme il avait depuis quasiment 20 ans.
02:31Et puis je pense que Thierry Ardisson prend conscience que la télévision, elle a changé,
02:35et qu'il est devenu un peu anachronique,
02:37c'est-à-dire toute la liberté qu'il avait de pouvoir poser des questions totalement stupéfiantes à ses invités,
02:43c'est un peu fini alors des réseaux sociaux.
02:44C'est moins actuel, la télé est devenue plus sage, un peu plus propre,
02:49et malheureusement il est devenu un peu trop libre pour la télé aujourd'hui.
02:58Six ans plus tard, quand il a 76 ans, vous le voyez à nouveau au mois de mai,
03:02pour la sortie de son dernier livre, ça s'appelle L'homme en noir.
03:06Il portait tout le temps du noir pour paraître plus mince.
03:09Dans ce livre, Benoît Thierry Ardisson parle beaucoup de la mort.
03:12Oui, il imagine dès le début, dès la première page du livre,
03:15qu'il se fait tirer dessus en arrivant sur le plateau de Tout le monde en parle,
03:18et qu'avant de décéder, vont défiler sur son plateau tous les gens qu'on comptait dans sa vie,
03:23pour le meilleur, comme ses enfants, sa femme, ses parents,
03:26mais aussi pour le pire, puisqu'il y a certains de ses ennemis,
03:30notamment Cyril Hanouna, avec qui il a beaucoup croisé le fer ces derniers mois,
03:34et puis beaucoup de célébrités, Serge Gainsbourg, Johnny Hallyday,
03:37tous ces gens qu'il a rencontrés, ou non, vont défiler sur son plateau.
03:41C'est un livre évidemment assez crépusculaire, testamentaire,
03:44parce qu'à l'époque, on ne sait pas qu'il est malade, il n'en parle pas,
03:48mais on comprend qu'il pense beaucoup à la fin.
03:50Il nous raconte qu'il a tout prévu pour ses obsèques,
03:53que le moindre détail sera réglé.
03:55Dans une autre interview, il va même dire qu'il a choisi les chansons
03:57qui passeront à sa messe d'enterrement.
03:59Donc voilà, on sent que ça le travaille,
04:01et quand on lui pose la question, on lui dit,
04:03mais enfin, pourquoi vous pensez autant à la mort ?
04:04Il dit juste que c'est l'âge, qu'il a 76 ans.
04:07Il a une gravité qui n'est pas coutumière,
04:10parce que c'était plutôt quelqu'un d'assez joyeux.
04:12Et il avait préparé une vidéo d'une quinzaine de minutes
04:14qui a été publiée sur Internet après sa mort.
04:17Oui, 15 minutes d'extraits de ses différentes émissions,
04:20de 40 ans de télévision.
04:22Mais ce qui est assez fou, c'est qu'en fait,
04:23il avait quasiment tout préparé pour l'annonce de son décès.
04:26On avait reçu, nous, journalistes, une sorte de dossier de presse.
04:30Il y avait une liste de personnes qu'on pouvait contacter
04:33avec leur numéro de téléphone, donc ces personnes validées
04:36par Thierry Ardisson pour le raconter.
04:37Il y avait son acolyte Laurent Bafi, son DJ préféré Philippe Corti.
04:41Il y avait aussi Léa Salamé, qui était même surprise
04:43d'être dans cette liste, parce qu'elle n'était pas du tout
04:44une amie intime de Thierry Ardisson,
04:47mais je pense qu'elle était plutôt branchée.
04:49Elle parle bien, elle a le sens de la formule,
04:51donc Thierry Ardisson doit apprécier son style.
04:53Il y avait aussi le journaliste François-Olivier Gisbert,
04:55qui est un compagnon de route de Thierry Ardisson.
04:57Et il y avait aussi des photos à Thierry Ardisson.
05:00Il était très, très tatillant sur le choix des photos.
05:03Et puis il y avait aussi ces extraits qui étaient plutôt
05:05pour les médias audiovisuels, les télévisions, les JT.
05:08Il disait que tout autre extrait est interdit.
05:09Donc les télévisions devaient absolument choisir
05:11dans ces extraits-là.
05:12Bon, j'ai regardé les journaux télévisés le soir de son décès
05:15et les grandes chaînes avaient pris d'autres extraits,
05:18avaient pris la liberté d'en choisir d'autres.
05:20D'un mot, il était monarchiste.
05:21Oui, il était monarchiste.
05:23Il disait souvent à quoi ça sert d'avoir coupé la tête de Louis XVI
05:26si c'est pour avoir Nicolas Sarkozy ou François Hollande.
05:28Il pensait que finalement, le régime à l'anglaise,
05:31c'est-à-dire avec un monarque et puis un premier ministre
05:33qui est élu par les citoyens,
05:34c'était peut-être le meilleur système politique qui soit.
05:37Après, je pense quand même qu'il y avait une part de provocation
05:41à tenir ce discours,
05:43qui est évidemment très minoritaire dans l'opinion.
05:44Et je pense que ça l'amusait d'être contre la vie dominante.
05:48Dans cet épisode de Codesources,
05:50on va résumer son parcours, sa vie.
05:52On ne sera pas exhaustif, évidemment.
05:54Thierry Ardisson était marié depuis 2014
05:56à la journaliste télé Audrey Crespo-Marra.
05:59Ils étaient ensemble depuis 2009.
06:01Il était le père de trois enfants nés d'une précédente union.
06:04Thierry Ardisson est né le 6 janvier 1949
06:07à Bourganeuf, dans la Creuse.
06:10Il donnait lui-même les dates et les lieux de naissance
06:12de ses invités dans Tout le monde en parle.
06:14Il pensait que ça en disait souvent beaucoup sur un parcours.
06:17Mais dans son cas, Benoît d'Aragon, ça ne veut pas dire grand-chose
06:20parce que sa famille a souvent déménagé.
06:22Oui, son père était ingénieur dans le bâtiment.
06:24Donc, il déménageait de chantier en chantier.
06:26Après, ils étaient originaires de Nice.
06:28Ses parents, Thierry Ardisson, se sentaient quand même niçois,
06:31même s'il était avant tout parisien.
06:33Il a vécu toute sa vie dans la capitale.
06:36C'est une enfance un peu difficile,
06:38de milieu assez populaire.
06:39Il disait souvent qu'il était fait pour naître dans une famille riche,
06:42ce qui n'a pas été le cas.
06:43Et donc, très vite, il est monté à Paris pour trouver du travail,
06:46avoir la vie dont il rêvait,
06:47c'est-à-dire fréquenter des vedettes, sortir
06:50et que l'argent ne soit plus un problème.
06:52Il n'a pas fait d'études, mais quand il a 17 ans,
06:54il travaille comme DJ dans les Alpes-Maritimes,
06:57dans une boîte de nuit de Jouan Lépin.
06:58Dans les années 70,
07:00quand il a une petite vingtaine d'années,
07:02il commence à faire carrière à Paris.
07:04Dans la publicité, il travaille dans plusieurs agences
07:07avant de monter ensuite la sienne en 1978.
07:11Et il revendique plusieurs slogans
07:13qui ont marqué la pub télé des années 80.
07:16Oui, la pub dans les années 70-80,
07:18c'est vraiment un espace de créativité énorme.
07:21Il y a beaucoup d'argent,
07:22donc c'est un milieu où il suffit juste de trouver
07:24des très bons slogans.
07:25Et là-dessus, il est très fort, tiré à Ardisson.
07:27On lui doit la paire, il n'y en a pas deux.
07:29Ces petites pubs au Vomaltine,
07:31qui duraient dix secondes et qui étaient diffusées trois fois de suite.
07:33Voilà, tout ça, c'est lui.
07:34Et il est devenu, à cette époque,
07:36absolument incontournable dans le milieu de la publicité.
07:41En 1980, il collabore au magazine papier musical Rock'n'Folk
07:45avec un concept d'interview,
07:47descente de police.
07:48C'est quoi ?
07:49Et donnez-nous un exemple d'interview marquante.
07:51Descente de police, c'est tout simplement une interview
07:53comme si la personnalité était en garde à vue
07:56et que Thierry Ardisson était flic.
07:57Il a un manteau de cuir
07:59et il pose des questions qui sont quand même assez tranchantes.
08:03Et puis, il met la pression sur son invité
08:05en lui faisant comprendre qu'il n'a pas le choix
08:07que de répondre à ces questions.
08:09Fus-t-elle indiscrètes ?
08:10Et il y a un coup d'éclat.
08:11La première fois, on entend vraiment parler de Thierry Ardisson.
08:14Il reçoit Yannick Noah.
08:15Et Yannick Noah estime avoir été piégé
08:18et que Thierry Ardisson l'a poussé à dire
08:19ce qui était censé être une blague
08:21mais qui a été retranscrit comme étant un fait.
08:23C'est que Yannick Noah dit qu'il fumait parfois
08:25un petit pétard avant certains matchs
08:27et que beaucoup de joueurs de tennis prenaient des amphétamines.
08:29Ça provoque une polémique nationale,
08:31voire même internationale.
08:32Et Thierry Ardisson a réussi son coup.
08:34C'est son premier buzz et c'est loin d'être le dernier.
08:36Ce concept des centres de police
08:38est ensuite décliné à la télé sur TF1
08:41en 1985.
08:42Et ça ne va durer que quelques numéros
08:44parce que l'ancêtre de l'Arcom
08:46dit tout de suite que cette émission n'est pas diffusable,
08:48qu'elle est extrêmement choquante.
08:50Et donc là encore, Thierry Ardisson a reçu son coup
08:51dès sa première émission.
08:52Il fait beaucoup parler de lui.
08:53Entre 1988 et 1990,
08:57Thierry Ardisson anime sur Antenne 2
08:59Lunettes noires pour Nuit Blanche,
09:01une émission branchée,
09:02enregistrée dans une boîte de nuit parisienne,
09:04le palace au départ.
09:06Le ton est décalé.
09:07Mesdames, Messieurs, bonsoir.
09:09Voici Lunettes, opus 24,
09:11noires pour Nuit Blanche,
09:12concerto en hit majeur,
09:14pour platiner sans pleurs.
09:16Auto-interview, blind test et question con,
09:19tous les grands classiques de l'émission
09:20qui connaît parfaitement la musique.
09:22Le décor ne se prête pas forcément
09:24à des interviews très poussées.
09:27Et pourtant, avec toute son érudition,
09:30il va discuter avec les uns les autres,
09:32leur faire dire des choses,
09:33parce que le contexte d'être en boîte de nuit,
09:35ça pousse à des conversations différentes.
09:37Et à cette époque-là,
09:38les rois de la télé, c'est lui,
09:39c'est Michel Luricaire.
09:40Et sur les plateaux de Thierry Ardisson,
09:42les mêmes invités,
09:43parce que c'est les mêmes,
09:44ils font le tour des émissions,
09:45disent des choses qu'ils n'ont jamais racontées
09:47nulle part ailleurs.
09:47En 1989, dans le cadre de cette émission,
09:50Thierry Ardisson a l'idée d'une interview
09:52de Serge Gainsbourg par le chanteur lui-même.
09:55Oui, c'est Gainsbourg par Gainsbard.
09:57C'est-à-dire qu'il arrive à faire
09:59avec des petits effets spéciaux de l'époque,
10:01poser les questions à Serge Gainsbourg
10:03par son double maléfique.
10:04Il est posé une colle.
10:06Et comme tu n'es pas con,
10:08tu m'as sûrement envoyé une veille.
10:11Qui a coulé le Titanic ?
10:15Iceberg, encore un juif.
10:17Et c'est la force de Thierry Ardisson,
10:18c'est qu'on peut trouver ça parfois futile,
10:20on peut trouver que la forme est un peu clinquante,
10:22mais en fait, il arrive à faire dire à ses invités
10:24des choses qu'ils ne disent pas ailleurs
10:26et qu'ils disent beaucoup,
10:27même si c'est des choses un peu insignifiantes,
10:29ça dit énormément de la personnalité des gens.
10:31Et c'est vrai que sur son plateau,
10:32ses invités révèlent leur personnalité.
10:34Au début des années 1990,
10:36Thierry Ardisson connaît un creux dans sa carrière
10:39et en 1994, il publie un roman sur Pondichéry en Inde.
10:44Problème, de nombreuses pages ne sont pas de lui.
10:47Oui, il va être obligé de se défendre
10:49en disant qu'il s'est inspiré d'autres ouvrages sur le même thème.
10:53Bon, mais il ne va pas beaucoup convaincre
10:54et le livre va être rapidement retiré des ventes.
10:57En 1995, Thierry Ardisson se fait remarquer
11:00avec une petite émission sur la chaîne Paris 1ère,
11:03une émission nocturne,
11:04ça s'appelle Paris Dernière.
11:06Oui, et ça ressemble à rien de ce qu'on avait déjà vu à la télé.
11:09C'est très nouveau.
11:10En fait, c'est filmé en caméra subjective,
11:12comme on dit, c'est-à-dire qu'en fait,
11:13elle est accrochée sur Thierry Ardisson
11:15qui n'apparaît jamais à l'écran
11:16et il se balade dans une petite voiture dans Paris de nuit.
11:19En général, il commençait par une rencontre
11:21avec un acteur qui sortait de scène
11:23ou qui sortait d'un concert,
11:25parfois dans sa loge ou au restaurant.
11:27Et puis, ça finissait toujours dans un endroit libertin
11:29pour parler de sexe, d'amour.
11:32Et c'est des sujets qu'on n'abordait pas à la télévision.
11:34C'est une petite émission
11:35qui a l'air d'être faite de rien du tout,
11:37qui a l'air totalement improvisée.
11:38En vrai, tout est parfaitement anticipé et travaillé.
11:42Et c'est une émission qui est devenue assez culte.
11:43C'est peut-être d'ailleurs l'émission la plus dingue
11:46qui est présentée Thierry Ardisson.
11:47C'est complet !
11:49Ah !
11:52Déshabille-toi immédiatement !
11:54Déshabille-toi immédiatement !
11:57Allez !
11:58Voilà !
11:59Vas-y, vas-y !
12:00Vas-y, mon choc !
12:01Oh, j'ai pas mis le speed !
12:03En 1998, il retrouve une chaîne RTN,
12:06France 2, ça s'appelle
12:07Tout le monde en parle !
12:09Allô ?
12:09Allô ?
12:09Oui, c'est moi.
12:10Ah, ça va ?
12:11Ça va ?
12:11Ouais, cool.
12:11Bon, t'as vu ce qui se passe là ?
12:13Tout le monde en parle.
12:13Ah non, de quoi tu me parles ?
12:14Toi, tu rigoles quoi ?
12:15La radio, la télé, les journaux,
12:17tout le monde en parle.
12:17Ah oui !
12:19A quoi ça ressemble ?
12:20Eh bien, ça ressemble à une arène de cirque,
12:23mais de cirque romain,
12:24parce qu'il y a des colonnes blanches tout autour,
12:26et c'est sans doute la meilleure émission de Thierry Ardisson,
12:29la populaire, celle qui a le plus marqué les esprits.
12:32Il va recevoir chaque samedi soir,
12:34en deuxième partie de soirée,
12:36les plus grandes stars de la planète,
12:38je dis bien de la planète,
12:38parce que Brad Pitt, Bruce Willis, Ray Charles,
12:40ils sont tous venus sur son plateau.
12:42A l'époque, les acteurs américains,
12:44ils n'hésitent pas à venir dans des émissions françaises,
12:46maintenant, ils le font plus trop,
12:47ils communiquent sur les réseaux sociaux.
12:49Et c'est fou, parce qu'il invente dans son émission
12:52plein de petits gimmicks qui reviennent,
12:53le fameux Magneto Serge,
12:55quand il envoie Magneto.
12:56Magneto Serge.
12:57Magneto Serge.
12:58Magneto Serge.
13:00Magneto Serge.
13:00Il a un petit clavier devant lui,
13:02où il envoie des petites virgules sonores,
13:04comme ça, qui ponctuent ses interviews,
13:06des petits génériques.
13:07Et puis, il monte les coulisses,
13:08on voit une assistante qui remplit les verres,
13:10on voit parfois les caméramans.
13:13Ils rappellent à tout moment aux téléspectateurs
13:15que c'est une émission de télévision.
13:16L'émission est enregistrée quelques jours
13:18avant sa diffusion du samedi,
13:20c'est le jeudi.
13:21Décrivez-nous les coulisses de l'émission,
13:23ce qu'on ne voit pas.
13:23En fait, c'est comme un talk show à l'américaine.
13:25C'est-à-dire que ça a l'air naturel.
13:27Et pourtant, tout est préparé à la virgule,
13:29prêt à tirer à l'audition.
13:30Il a des fiches, la moindre virgule est notée,
13:32il ne sort pas de sa fiche.
13:33Il a anticipé les réponses de ses invités.
13:36Parfois, certains invités,
13:37ils leur donnent même les questions
13:38pour qu'ils puissent préparer
13:39des réponses un peu rigolotes.
13:42Et puis, c'est très long.
13:43Ça dure longtemps.
13:44Donc, en coulisses, on attend dans sa loge.
13:46Et pour détendre tout le monde,
13:48ils servent du champagne aux invités.
13:49C'est pour ça que parfois,
13:50certains arrivaient un peu guirés,
13:53voire totalement éméchés,
13:54mais ce qui leur permettait de dire des choses
13:56qu'ils n'ont pas l'habitude de dire,
13:58de se lâcher un peu.
13:59Et de toute façon,
13:59il n'y a pas de problème avec tirer à l'audition
14:01parce que tout était monté.
14:03Tirer à l'audition n'a jamais fait de direct.
14:05Il coupait ce qui était gênant.
14:06pour ne garder que le meilleur
14:08et donner le sentiment de fluidité
14:09alors que, comme toutes les émissions de télévision,
14:11il y a beaucoup de temps mort.
14:12Et quand les réponses étaient trop longues,
14:14il coupait les réponses de ses invités.
14:16Aux côtés de tirer à l'audition,
14:17il y a son ami, Baffi,
14:18qui a un rôle de sniper, de franc-tireur.
14:21Oui, c'est un rôle qui n'existait pas
14:22à la télévision avant tirer à l'audition.
14:26Il a eu un coup de foudre pour cet homme
14:27qu'il a découvert à la radio.
14:29Il a cherché pendant plusieurs saisons
14:30ce qu'il pouvait vraiment lui faire.
14:32Puis finalement, il l'a assis à côté de lui
14:33en lui demandant de débiter des vannes.
14:35Qu'est-ce que Massimo a réussi dans sa vie ?
14:37Une mayonnaise en 72.
14:39Déjà, j'ai...
14:39On a tous envie de baiser, Chantal.
14:42On va faire l'interview d'abord.
14:45Là, c'est le travail d'abord.
14:47Après, on va se détendre, boire des verres.
14:48Oui, bien sûr.
14:50On va faire une after, bien sûr.
14:52Toi, t'as tué personne au mot ?
14:53Non, j'ai jamais eu de sang
14:54qui a coulé sur mes mains.
14:55Jamais.
14:55C'est bien élégant pour ça.
14:56Ouais.
14:58Toujours penser, non mais,
14:59ça n'a l'air de rien.
15:01On a interviewé Laurent Baffi
15:02juste après le décès de tirer à l'audition
15:04et il disait, il m'a fait passer
15:05pour le mec le plus drôle de France
15:06alors qu'en fait,
15:07il y avait la moitié de mes vannes
15:08qui tombaient à l'eau
15:09sauf qu'il les coupait au montage
15:10pour ne garder que le meilleur
15:11et c'est pour ça que j'avais l'air très bon.
15:13Et effectivement,
15:15sans Laurent Baffi,
15:16l'émission n'aurait pas été
15:16tout à fait la même chose
15:17parce qu'il apportait
15:18ce petit grain de folie,
15:19cette spontanéité
15:20à côté d'un ardisson
15:21qu'avait absolument tout scripté,
15:22tout préparé.
15:26En novembre 1999,
15:28l'écrivaine Christine Angot
15:29est invitée à parler de son livre
15:31intitulé L'inceste.
15:33L'interview se passe mal,
15:34elle est mise très mal à l'aise
15:36alors qu'elle vient de parler de l'inceste
15:37qu'elle a subi de la part de son père.
15:39Oui, alors c'est vrai que c'est un témoignage
15:41extrêmement fort,
15:42c'est un livre qui a été un choc
15:43quand il est sorti
15:44et elle va sur ce plateau.
15:45C'est les limites de l'infotainment
15:47inventées par Ardisson,
15:49c'est quand on veut discuter
15:50de sujets très lourds
15:50et très sérieux.
15:52Le cadre n'est pas facile,
15:53elle se retrouve confrontée
15:54à des gens qui l'écoutent
15:55et qui effectivement
15:56semblent un peu gênés,
15:57ricannent.
15:58La séquence est un peu malaisante
15:59quand on la revoit.
16:00Page 206, là quand même,
16:02c'est violent.
16:03Allez-y.
16:06Son père l'a forcé à manger
16:07des clémentines sur son sexe.
16:10C'est l'inceste.
16:12Il l'a sodomisé.
16:13Seulement après,
16:14il allait à la pharmacie
16:16acheter de la vaseline.
16:17Je voudrais savoir
16:17ce qui fait rire
16:19Clémentine s'est la rayée.
16:20Non, non, j'ai ri.
16:22C'est parce qu'elle s'appelle
16:24Clémentine.
16:24C'est parce que les gens rient
16:25et parce que je pensais
16:26qu'ils pensaient à moi
16:27parce que je m'appelle Clémentine.
16:28Ah, d'accord.
16:29Oui, mais voyez, mais...
16:30Son père l'a forcé
16:31à manger des clémentines
16:32sur son sexe.
16:33Non, non, ma femme.
16:33C'est pour ça que vous êtes marrée.
16:35Non, non, je me suis marrée
16:35parce que j'ai entendu
16:36des gens rigoler
16:37parce que je me suis dit,
16:37tiens...
16:39Elle aurait mis mon arrêt
16:40mais on n'en parlerait déjà plus.
16:41Mais oui, voilà.
16:41Voilà, d'accord, on continue.
16:42Voilà, donc c'est vrai que...
16:44Christine Angot l'a très mal vécu
16:46et on le comprend
16:47après les revenus
16:48l'année suivante sur le plateau.
16:50Cette séquence,
16:51elle est ressortie il n'y a pas longtemps
16:52quand Thierry Ardisson
16:53a reçu la Légion d'honneur.
16:55Et c'est vrai que parfois,
16:56certaines séquences
16:57des émissions de Thierry Ardisson
16:58ont mal vieilli.
17:00Ils demandaient toujours
17:01à la remettre dans le contexte
17:02des années 80,
17:03des années 90.
17:05À l'époque,
17:05il n'y a pas les réseaux sociaux.
17:07Et puis, c'est la loi
17:08de l'infotainment.
17:08C'est un genre
17:09qui a un peu disparu aujourd'hui
17:10dans les talk shows,
17:11que ce soit quotidien
17:11ou c'est à vous.
17:12C'est plus facile
17:13de parler très sérieusement
17:14parce qu'il y a beau avoir
17:15des humoristes,
17:15chacun a son moment
17:16et ça ne s'entremêle pas.
17:18Alors qu'Ardisson,
17:18justement,
17:19ce qu'il voulait,
17:19c'était tout entremêler
17:21dans son émission.
17:21En mars 2002,
17:22Thierry Ardisson donne la parole
17:24pendant 28 minutes
17:25à un complotiste,
17:26un certain Thierry Messant,
17:27qui prétend que les attentats
17:29du 11 septembre 2001
17:30aux Etats-Unis
17:31sont en résumé
17:32le fruit d'un complot
17:33des autorités américaines
17:34pour augmenter
17:35les budgets de l'armée.
17:36Vous dites qu'il s'agirait
17:38d'une macabre mise en scène
17:39à un complot intérieur
17:41organisé par le lobby militaire
17:43pour augmenter
17:44le budget de l'armement.
17:45Thierry Messant affirme aussi
17:46qu'aucun avion
17:47ne s'est écrasé
17:48sur le Pentagone.
17:48Il y a une impossibilité
17:50matérielle
17:51pour que la version officielle
17:53fonctionne.
17:53Si vous deviez attaquer
17:55le Pentagone en avion,
17:56vous tomberiez en piquet
17:57sur le Pentagone,
17:58c'est un bâtiment plat.
17:59Donc venir faire
18:00une manœuvre extrêmement complexe
18:02pour toucher un bâtiment bas
18:03sur la façade
18:04et du mauvais côté,
18:05c'est quand même
18:06une curieuse idée.
18:07Thierry Ardisson
18:08ne le contredit pas.
18:09Oui, c'est un des plus gros ratés
18:11de la carrière de Thierry Ardisson.
18:13C'est vrai qu'il aime le buzz,
18:14il aime les coups d'éclat,
18:14il aime les gens
18:15qui disent des choses
18:16que les autres ne disent pas.
18:18C'est vraiment assez consternant
18:20parce que surtout,
18:21à aucun moment,
18:21il le contredit,
18:22à aucun moment,
18:23il lui dit
18:23mais vous dites n'importe quoi,
18:25il y a des preuves.
18:25Enfin, l'effet sur lequel
18:27reposait ce livre
18:28était assez fragile
18:28et jamais Thierry Ardisson
18:30ne le contredit.
18:31C'est vrai que parfois,
18:32Thierry Ardisson
18:33s'aventurait
18:36au-delà de ce dérapage,
18:38ce qui a fait le succès
18:39de Thierry Ardisson
18:40avec Tout le monde en parle,
18:41c'est ces questions choc
18:43et ces interviews thématisées.
18:45Il y a des questionnaires,
18:46des sortes de questionnaires de Proust
18:47mais très revisités à l'époque.
18:49Donc il y a le fameux
18:50questionnaire alerte rose,
18:51c'est évidemment celui
18:52dont on se souvient
18:52où il pose des questions
18:54coquines à ses invités
18:55avec le fameux
18:56est-ce que Sucé s'est trompé
18:57qu'il a osé poser
18:58à Michel Rocard,
18:59ancien Premier ministre
19:00de la France.
19:02Et Sucé s'est trompé ?
19:03Eh, pardon ?
19:04Sucé s'est trompé ?
19:05Non plus.
19:06Non plus.
19:08Et en fait,
19:08ces questionnaires,
19:09ils permettent de parler d'amour
19:11avec des hommes politiques,
19:12de les envoyer sur un terrain
19:13sur lequel ils n'ont pas
19:14l'habitude d'aller.
19:15Et ce qui est fou,
19:15c'est que dans les années 90-2000,
19:17quand tout le monde en parle
19:18le samedi,
19:19il n'y a pas encore
19:19les réseaux sociaux,
19:20ça n'existe pas.
19:21Et la seule façon
19:23de savoir ce qui se passe
19:25chez Ardisson,
19:25c'est de le regarder
19:26et le lundi,
19:27à la machine à café,
19:28à la fac,
19:28parce que moi j'étais à la fac,
19:29tout le monde ne parlait
19:30que de ça,
19:31de ce qui s'était passé
19:32le samedi soir chez Ardisson.
19:33Et si tu ne l'avais pas regardé,
19:34tu passais pour un couillon.
19:37À partir de 2003,
19:38Thierry Ardisson présente
19:39sur Paris 1ère,
19:4193,
19:42Faubourg Saint-Honoré,
19:43un dîner filmé
19:44qui se passe chez lui,
19:46dans son appartement.
19:47Il invite des personnalités
19:48de différents horizons.
19:50Il fera ça pendant
19:50près de 4 ans.
19:52Quatrième !
19:59Je t'accueille personnellement.
20:01Mais hors antenne,
20:03Benoît D'Aragon,
20:03l'animateur n'aime pas du tout recevoir.
20:06Il n'est pas mondain.
20:07Oui, il dit tout le temps
20:08qu'il ne reçoit jamais chez lui,
20:09qu'il n'aime pas les odeurs de friture.
20:11Et il va transformer son appart
20:12en studio de télévision.
20:14Vous imaginez,
20:14c'est très lourd,
20:15il y a des barres au plafond
20:16pour accrocher des projecteurs.
20:17Comme c'est une émission
20:18toutes les semaines,
20:19il ne démonte rien.
20:20Donc il vit dans cet appartement
20:22studio de télévision.
20:23Il faut vraiment être passionné
20:24pour le faire.
20:24Mais c'est vrai que lui,
20:25il dit,
20:25je ne vais pas faire un dîner
20:26dans un studio de télévision.
20:28Ce qu'il va d'ailleurs reprocher
20:29plus tard à l'émission C7 à vous.
20:30Il dit,
20:31si on fait un dîner chez moi,
20:32on le fait chez moi
20:32ou on ne le fait pas.
20:34Et c'est une émission
20:34dont il était très fier.
20:36Il a reçu tout Paris à dîner.
20:37Alors, ce n'était pas
20:38hyper bien filmé
20:39parce qu'évidemment,
20:40c'est beaucoup plus petit
20:41qu'un studio de télévision.
20:42Mais en tout cas,
20:42c'est une émission
20:43dont Thierry Ardisson
20:44était particulièrement fier
20:45parce que c'était un bon concept
20:46qui se résume en une phrase.
20:48Et c'était très agréable
20:49à regarder.
20:50Donc, c'était une émission
20:50qu'il aimait beaucoup.
20:52À partir de 2008,
20:53l'animateur présente
20:54Salut les Thériens
20:55sur Canal+.
20:55L'émission va changer de nom
20:57pour Les Thériens du samedi
20:59et passer sur C8.
21:00Mais au total,
21:01elle va durer
21:01une douzaine d'années.
21:03Une émission qui reprend
21:04les codes de Tout le monde en parle.
21:05Oui, ça ressemble beaucoup
21:07à Tout le monde en parle.
21:09Il y a toujours Laurent Baffi
21:10qui fait des vannes.
21:10Enfin, c'est vraiment
21:11la version de Tout le monde en parle
21:13plus condensée
21:13parce que ça dure
21:14un peu moins longtemps.
21:15Mais oui, clairement,
21:16en fait, quand Thierry Ardisson
21:17se fait écarter de France 2,
21:18il rebondit tout de suite
21:19sur Canal+,
21:19avec une émission similaire.
21:21C'est vrai que là,
21:21on se dit que ce n'est pas
21:22très créatif
21:23parce qu'il refait
21:25ce qu'il fait depuis
21:26dix ans déjà.
21:27Après, il a continué
21:28à recevoir tout Paris.
21:29Aller chez Thierry Ardisson,
21:30c'est un passage quasiment obligé
21:31pour tout artiste en promo.
21:33Salut les Thériens !
21:34Salut les Thériens !
21:35Bienvenue dans votre coque
21:36du samedi soir.
21:38Bonsoir.
21:40Benoît D'Aragon,
21:41on en revient au début
21:42de cet épisode de Code Source,
21:43le mardi 6 mai.
21:44Vous le rencontrez
21:45pour le Parisien
21:46à l'occasion de la sortie
21:47de son livre
21:48L'Homme en Noir,
21:49lui qui rêvait d'ailleurs
21:51d'être écrivain
21:51quand il était jeune.
21:52Ce livre,
21:53est-ce qu'il est bien écrit ?
21:54Je ne suis pas sûre
21:55qu'il aura le prix Goncourt
21:56cette année avec ce livre,
21:58mais c'est quand même
21:59un livre intéressant
22:00parce qu'il est très crépusculaire.
22:01On se rend compte
22:02dès la couverture
22:03où il est de dos,
22:04il marche dans un couloir sonde
22:05vers une porte
22:06d'où jaillit
22:07une lumière blanche.
22:08En fait, tout au long du livre,
22:09on sent qu'il essaie
22:11de se réconcilier
22:12avec des gens
22:13qu'on comptait dans sa vie.
22:14Il dit à ses enfants
22:15qu'il regrette
22:15de ne pas avoir passé
22:17assez de temps avec eux,
22:17qu'il a sacrifié sa vie
22:18pour la télévision.
22:20Il ne dit pas
22:21qu'il est malade,
22:23il ne l'écrit pas vraiment,
22:25mais c'est vrai qu'on sent
22:26qu'il réfléchit beaucoup
22:27à la mort
22:27et qu'il fait le bilan,
22:28le bilan d'une existence
22:30bien remplie.
22:31Léa, ce matin,
22:32vous recevez
22:33l'homme en noir.
22:34Bonjour Thierry Ardisson.
22:36Quelques jours
22:36avant votre rencontre
22:37avec lui,
22:38le 1er mai,
22:39Thierry Ardisson
22:40était invité de France Inter
22:41pour parler de ce livre
22:42dans la matinale
22:43de Nicolas Demorand
22:44et Léa Salamé.
22:45Et à un moment,
22:46il est interrogé
22:47par la journaliste
22:48sur son enfance.
22:49Oui, en fait,
22:50il vient d'un milieu populaire
22:51pas assez édiqué
22:52à ses yeux
22:53et en fait,
22:53il va reconnaître
22:54que finalement,
22:55ce que lui ont transmis
22:55ses parents,
22:56le goût pour la musique,
22:58les paris matchs
22:59qui feuilletaient
22:59toutes les semaines
23:00chez lui,
23:00c'est des choses
23:01qui ont été structurantes
23:03dans sa vie
23:03et il se rend compte
23:04à 76 ans
23:04qu'en fait,
23:05son éducation
23:06a été très importante
23:07dans ce qu'il est aujourd'hui
23:08et donc,
23:08il y a une forme
23:09de mea culpa,
23:10de pardon à ses parents.
23:11Mon père m'a
23:14beaucoup apporté
23:16sur le plan cinématographique,
23:17sur le plan...
23:19Voilà,
23:19il m'a donné...
23:20C'est lui qui m'a fait
23:20écouter Europe 1,
23:21qui m'a fait lire Paris Match,
23:22qui m'a amené voir des films,
23:24donc tout ça,
23:25évidemment,
23:25c'est vrai.
23:26Et à un moment de l'interview,
23:27il craque,
23:28malgré ses efforts,
23:29il pleure.
23:30Vous avez eu les larmes aux yeux ?
23:31Oui,
23:32mais c'est à cause de Demorand,
23:33ça.
23:33Oui,
23:33parce que quand on lit son livre,
23:36on comprend que sa maman
23:37a eu des troubles psychologiques
23:39très importants
23:40et face à lui,
23:41dans le studio,
23:42il y a Nicolas Demorand
23:42qui vient juste de faire un livre
23:44où il révèle sa bipolarité
23:46et donc,
23:46il se met à pleurer
23:47en voyant Nicolas Demorand
23:48en disant
23:49son livre m'a explosé
23:50et donc,
23:51c'est un moment de radio
23:52très fort
23:53où on sent
23:54ces deux hommes
23:55qui se regardent,
23:55qui ne se connaissaient pas,
23:56je crois que c'était
23:57une des premières fois
23:57qu'ils se voyaient
23:58de leur vie
23:58et qui craquent
24:00l'un et l'autre
24:01en se voyant
24:01et en voyant,
24:03chacun voit la fragilité
24:04de l'autre,
24:04c'est un moment très fort.
24:06J'ai lu son livre,
24:07je suis rentré
24:08dans ce studio,
24:09j'étais,
24:09voilà,
24:10et puis quand j'ai vu Nicolas,
24:13c'est pas grave.
24:14Parce qu'il vous a touché
24:15son livre ?
24:15Son livre ?
24:16Il m'a explosé.
24:17Ouais.
24:18Vous venez de lui dire ça
24:19pendant le disque
24:20qu'on a mis spécialement
24:21pour vous,
24:22mais là,
24:22on va parler de votre livre
24:23et là,
24:24du coup,
24:24comme j'ai deux mecs
24:25qui chialent devant moi,
24:26donc c'est un peu...
24:37Merci Benoît D'Aragon.
24:39Cet épisode de Code Source
24:40a été produit par
24:41Pénélope Gualquier-Roti,
24:43Raphaël Pueyo
24:43et Thibaut Lambert.
24:45Réalisation,
24:46Julien Moncouquiol.
24:47Code Source
24:48est le podcast quotidien
24:49d'actualité du Parisien.
24:50N'hésitez pas
24:51à vous abonner
24:52sur votre plateforme
24:53d'écoute préférée,
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24:55et à partager.
24:56On vous invite
24:57aussi à écouter
24:58Crime Story,
24:58notre podcast hebdomadaire
25:00consacré aux affaires criminelles.
25:02Crime Story
25:02présenté par Claudia Prolongeau
25:04avec Damien Delsenis,
25:06le chef du service
25:06police-justice du Parisien.
25:09Sous-titrage Société Radio-Canada
25:11Sous-titrage Société Radio-Canada
25:12Sous-titrage Société Radio-Canada
25:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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