- il y a 13 heures
DB - 18-03-2026
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00:00:11Vous les avez connus ?
00:00:13Personnellement, non. Si, dès ce temps, mais beaucoup plus tard.
00:00:18Et comment avez-vous reconstitué ?
00:00:21On en a tellement parlé. Ce sont des choses qui finissent par se savoir.
00:00:26Par recoupement ?
00:00:30Aussi, bien sûr. Et puis, il y a les dossiers.
00:00:33Tout ce qu'ils ont conservé.
00:00:36C'était une passion chez eux.
00:00:38Je veux dire, les Allemands, la compilation.
00:00:42Le classement de toutes les pièces, même les plus insignifiantes.
00:00:47Étiquetées, numérotées.
00:00:49Tous les noms enregistrés comme si...
00:00:52Comme pour compromettre les hommes.
00:00:54Oui, c'est cela, oui.
00:00:56Comme s'ils espéraient que jamais plus le monde ne serait semblable à ce qu'il avait été avant eux.
00:01:03Exactement.
00:01:05Et les hommes aussi.
00:01:10Monsieur Dan, veuillez nous laisser ça, je vous prie.
00:01:15Tenez, regardez.
00:01:19Celui-là, c'est Meryl.
00:01:24Pierre Meryl.
00:01:34Destin.
00:01:36Oui, Jean-Marie Destin.
00:01:41Toujours lui.
00:01:47Son côté, m'as-tu vu.
00:01:54Oui, coutumier du fait.
00:01:57Meryl ne doutait pas de l'influence qu'il pouvait avoir sur lui.
00:02:01Et en un sens, il avait raison.
00:02:05Et voilà.
00:02:07Klaus Zix.
00:02:09Et sans Klaus Zix...
00:02:13Les choses eussent été différentes.
00:02:16Tenez.
00:02:18Regardez.
00:02:24Meryl était à la tête de plusieurs raisons.
00:02:27Pas exactement à la tête.
00:02:29Il a encore donné les activités.
00:02:31En fait, il aurait dû rester à Londres.
00:02:33Mais il n'aimait pas qu'on prenne de risque à sa place.
00:02:37Destin.
00:02:38Destin, bien sûr.
00:02:42Marginal.
00:02:43Et peut-être justement souffrait-il de n'être pas autre chose.
00:02:47Meryl aurait dû y penser.
00:02:48Il était normal avec son caractère que Destin...
00:02:51Oui.
00:02:53Et voilà.
00:02:54Arrestation.
00:02:56Klaus Zix.
00:03:00Parti nazi en 36.
00:03:06Seulement en 36.
00:03:08Oui, en 36.
00:03:12Occupation de la Tchécoslovaquie.
00:03:15Campagne de Pologne.
00:03:18Il y est resté jusqu'en juin 41.
00:03:21Et transféré de son corps d'origine dans les unités spéciales.
00:03:36La Russie.
00:03:3818 mois.
00:03:39Blessé devant Rostov.
00:03:42C'est à ce moment-là qu'il a été muté dans l'abvers.
00:03:46Par piston, je crois.
00:03:54Grosse Paris.
00:04:01Grosse Paris.
00:04:04Enfin, les miennes.
00:04:10Collusion.
00:04:14Enfrivolité.
00:04:20Le point obscur de cette histoire, c'est de savoir comment Klaus Zix s'est entré en rapport avec Jean
00:04:27-Marie Destin.
00:04:28Certains ont aussi affirmé que c'était Destin lui-même qui était allé proposer ses services à Klaus Zix.
00:04:33La vérité est tout autre, à mon avis.
00:04:37J'imagine qu'ils ont dû tout de suite se reconnaître.
00:04:41Récultatif.
00:04:42Récultatif.
00:04:44Deux natures foncièrement perverses.
00:04:50Toujours est-il qu'un jour Destin a présenté Klaus Zix à des membres de son réseau
00:04:55comme un colonel anti-nazi désireux de servir les alliés et de passer en Angleterre.
00:05:01Sérieusement, ils voulaient passer en Angleterre ?
00:05:04Là encore, je ne suis sûr de rien.
00:05:06Le but de Klaus Zix était de s'introduire dans l'infrastructure des réseaux assez profondément
00:05:11pour les détruire de l'intérieur.
00:05:14Je suis certain que Destin l'a tout de suite deviné.
00:05:23Je vous ai dit que Destin était ingénieur.
00:05:28Ingénieur chimiste.
00:05:33Ingénieur chimiste, vous avez dit ?
00:05:36Oh, je n'en tire pas de conclusion hâtive.
00:05:39Mais j'imagine que son métier est de prédisposer à cela.
00:05:45Tenter des expériences.
00:05:47C'est peut-être là que commence l'histoire.
00:05:51Dans cette garde de Châtillon-sur-Seine.
00:05:56Un soir de février 1944.
00:06:11Peu après la tombée de la nuit.
00:06:18C'est parti.
00:07:13Sous-titrage Société Radio-Canada.
00:07:14C'est parti.
00:07:16C'est parti.
00:07:16Faut de la rue.
00:07:16Faut de la rue.
00:07:20Faut de la rue.
00:07:22Du yens.
00:07:26Qu'est-ce que c'est ?
00:08:05Qu'est-ce que c'est ?
00:08:23Avez-vous pu joindre Destan ?
00:08:28Très bien.
00:08:30C'est-il que je dois rencontrer Myriel ?
00:08:35J'espère que vous l'avez suffisamment inquiété.
00:08:40Ensemble, il est déjà parti.
00:08:44Comment vous croyez ?
00:08:46Vous l'avez perdu ?
00:08:50Perdue ?
00:08:52S'il n'est pas dans le train de vingt heures, vous entendrez parler de moi à l'aubec.
00:08:56Behören Sie nicht dass ich spreche !
00:09:01Vos convictions ne m'intéressent pas.
00:09:05Bien sûr, c'est mes filles.
00:09:08S'il est aussi intelligent que je crois, il ne viendra pas.
00:09:12Moi, j'attends Myriel, son train de l'arrivée.
00:09:17Mais, que voulez-vous ?
00:09:19Je ferai durer le plus longtemps possible.
00:09:22Jusqu'à l'arrivée de Destan, s'il arrive.
00:09:27Voilà !
00:09:28Mais non, je ne m'appellerai plus.
00:09:29Je suis venu !
00:09:30Je suis venu !
00:09:36Je suis venu !
00:09:39Je suis venu !
00:09:42C'est la guerre, monsieur ?
00:09:45Oui.
00:09:47Mais...
00:09:48bientôt !
00:09:51Oui !
00:09:53Ah !
00:09:54C'est qui ?
00:09:56Mais qui est là ?
00:10:03Je suis venu !
00:10:04Je suis venu !
00:10:05C'est pas mal !
00:10:05C'est pas mal !
00:10:07C'est rien !
00:10:08Oh non !
00:10:08C'est pas mal !
00:10:08C'est pas mal !
00:10:08Allons de l'assure !
00:10:09C'est pas mal !
00:10:11C'est pas mal !
00:10:11...
00:10:15...
00:10:16...
00:10:18...
00:10:29C'est bon, c'est bon.
00:10:51Que personne n'occupe cette table.
00:10:54Vous me la réservez.
00:10:58Maitre-t-il.
00:11:40Vous vous remplacerez à tour de rôle.
00:11:42Et à l'intérieur, deux sur le quai, un ici, près de la porte.
00:11:59Pourquoi portez-vous tous les chapeaux ?
00:12:03Tous le même chapeau.
00:12:09Et ne restez pas plantés là.
00:12:17Monsieur le chef des gares.
00:12:30Le train 10, monsieur.
00:12:32Qu'il ?
00:12:33Quel quai ?
00:12:34Celui-ci.
00:12:36Il est annoncé.
00:12:39Et celui de 3 ?
00:12:4120h35, quai 2.
00:12:44L'autre quai.
00:12:48Herkomme !
00:12:53Ballsseig absperre !
00:12:55C'est pas un homme !
00:13:36Merci.
00:14:04Merci.
00:14:33Merci.
00:14:59Sur la maesté, Jair.
00:15:02Que faites-vous ici ?
00:15:03Je vous attends, naturellement.
00:15:07Naturellement ?
00:15:08Nous n'avions pas rendez-vous ?
00:15:10Non, mais il fallait que je vous voie.
00:15:18Comment saviez-vous que j'arrivais par ce train ?
00:15:21C'est Destan qui vous a prévenu ?
00:15:22Non, je n'ai pas pu le joindre.
00:15:26Il n'est pas à Saint-Florentin actuellement.
00:15:30Pourquoi ?
00:15:31Vous me posez la question ?
00:15:33Oui.
00:15:35Alors qui, si ce n'est pas lui qui vous a dit que j'arrivais par ce train ?
00:15:38Votre sœur.
00:15:42Monsieur, c'est tout cas, vous seriez en danger.
00:15:44Ce n'est pas une boîte postale.
00:15:47Vous êtes en danger ?
00:15:48Pas mal.
00:15:51Vous.
00:15:53Ah oui.
00:15:55Et...
00:15:56Vous êtes une famille, hein ?
00:15:57Oui.
00:15:58Pourquoi ?
00:16:01Écoutez...
00:16:01Il y a quelque chose, amour.
00:16:04Il faut que je vous explique.
00:16:05C'est assez long.
00:16:07Bon, alors attendez une seconde, j'ai quelqu'un à voir.
00:16:10Je suis bien content que votre train n'ait pas eu de retard.
00:16:26Une dernière sur la ligne de salon, j'ai passé trois heures en race campagne.
00:16:31Une alerte.
00:16:33Une alerte.
00:16:38Il n'est pas là ?
00:16:41Qui ?
00:16:42L'homme que vous deviez voir.
00:16:45Je n'ai pas dit que c'était un homme.
00:16:49Est-ce que c'était un homme qui ont un homme qui n'ait pas eu de retard ?
00:16:49Excusez-moi.
00:16:58C'est parti.
00:17:21Et si vous voulez attendre un moment...
00:17:25On s'assoit ?
00:17:39Bon, alors, cette histoire...
00:17:42Écoutez, ça m'embête...
00:17:46Qu'est-ce qui vous embête ?
00:17:47Que ça vienne de moi, que ce soit moi qui vous l'apprenne...
00:17:52Ben, elle existe, j'ai...
00:17:53On a tout de même l'habitude des mauvaises nouvelles...
00:17:57Vous avez été trahi...
00:17:59Et de quelle façon ?
00:18:03Trahi ?
00:18:06Comment ?
00:18:07Par qui ?
00:18:09Voyons, Myriel, vous le savez très bien...
00:18:12Je crois même que...
00:18:14Vous l'avez toujours su...
00:18:29Bienvenue.
00:18:31Alors, vous y venez, cette...
00:18:34Non, restons-vous ici.
00:18:36Venez.
00:18:37D'où voulez-vous ?
00:19:03On est égal.
00:19:05Là.
00:19:13Ici.
00:19:18Comme vous voudrez.
00:19:31Qu'est-ce que vous prenez ?
00:19:34Qu'est-ce que vous prenez ?
00:19:35Vous avez...
00:19:35Quelque chose de chaud...
00:19:38Monsieur...
00:19:39Un tiguel.
00:19:40Et pour Monsieur, ce sera...
00:19:42Un café.
00:19:44Un tiguel, un café.
00:19:58Le tiguel, c'est pour qui ?
00:20:04Un café.
00:20:07Un café.
00:20:08Hé, Auba !
00:20:10Sucre.
00:20:29Alors, qui ?
00:20:34Teston, bien sûr.
00:20:47Je me suis représenté sans fin le moment où je vous apprendrai la vérité.
00:20:53Et votre visage ne prend aucune des expressions que j'avais imaginées.
00:21:11Vous ne me posez pas de questions ?
00:21:16Alors, permettez-moi de me présenter.
00:21:19Klaus Six, capitaine de la P1.
00:21:23Quel nom, niveau ?
00:21:27Klaus Six.
00:21:30Attendez.
00:21:32Attendez.
00:21:39C'est bien, je vous écoute.
00:21:41On me dit que Deston est un traître.
00:21:44Oui.
00:21:46Et je ne suis pas le colonel Steiger.
00:21:48Cet officier anti-nazi vous a présenté Deston.
00:21:51Attendez.
00:21:53Et si c'est vrai, pourquoi, mon Dieu, me le diriez-vous ?
00:21:55Parce que mon amitié pour vous n'est pas faimte.
00:21:59Quoi que vous en pensiez.
00:22:07Très bien.
00:22:09Attends, je suppose que vous êtes là pour m'arrêter ?
00:22:13Je vous assure que non.
00:22:18Et alors ?
00:22:19Quoi ?
00:22:23Deston, on va peut-être venir.
00:22:37Ah bon ?
00:22:39Vous le lui avez demandé ?
00:22:43Quelqu'un essaie de le joindre.
00:22:45Je lui ai fait dire que nous étions ici tous les deux.
00:22:49C'est vrai qu'il laisse pousser sa barbe ?
00:22:53On demande de quelle tête il peut avoir maintenant.
00:22:59Vous ne fumez toujours pas ?
00:23:01Non.
00:23:06Alors ce serait vous qui l'auriez contraint à arranger notre première rencontre ?
00:23:12Bien sûr.
00:23:15Votre fouse identité d'idée est de qui ?
00:23:19Lui.
00:23:20Moi.
00:23:22Quelle importance.
00:23:29Vous me faites penser à ces maris trompés qui veulent savoir si ça s'est passé dans leur lit ou
00:23:34à l'hôtel.
00:23:35Quelle importance, vraiment !
00:23:37Vous ne pouvez pas dire plus clairement ce que vous avez à dire ? Ne criez pas !
00:23:45Tiens, vous êtes drôle. Comment voulez-vous que je réagisse ?
00:23:48Exactement de cette façon. Ça je l'avais prévu.
00:23:59Alors, c'est tout ?
00:24:00Deux cas, mamie.
00:24:04Si vous n'avez pas envie d'en savoir davantage.
00:24:08Il est utile que je poursuive.
00:24:11Alors je peux partir.
00:24:14Oui.
00:24:21Mais qu'est-ce que tu as pris de t'enfuir ?
00:24:24Comment est-il ? Tu ne m'as pas encore montré sa photo.
00:24:27Bon, j'ai mieux pas.
00:24:29Pourquoi ?
00:24:29Il est qui moche ?
00:24:30Tu sais, en photo, on ne peut pas juger.
00:24:34Il a l'air, comment dire ?
00:24:37Bras.
00:24:39Bras.
00:24:44Vous ne partez pas ?
00:24:49Non.
00:24:52Avouez que malgré votre colère, subsiste une certaine complicité entre vous et moi.
00:24:58Non, ce n'est pas ça.
00:25:01Simplement, j'écoutais ce que disaient ces deux femmes.
00:25:04Oui, vous avez envie de savoir et en même temps vous avez peur de savoir.
00:25:09Vous aviez tellement confiance en Destin.
00:25:13Évidemment.
00:25:15Il est pépiniériste.
00:25:17C'est quoi ça ?
00:25:19Les graines.
00:25:22Je ne vous crois pas.
00:25:23Qu'est-ce que vous ne croyez pas ?
00:25:25Que je m'appelle Klaus X et que je fais partie de la paire ?
00:25:28Si ça, je peux le croire.
00:25:30Mais pour Jean-Marie, c'est autre chose.
00:25:37Bon.
00:25:39Destin travaille pour nous.
00:25:42Nous lui avons ouvert un compte en Suisse et il nous a vendu le réseau de Saint-Jean de Bonneval.
00:25:49Je veux même vous prouver qu'il ne pouvait en être autrement.
00:25:56Laissez-moi vous dire, nous nous sommes rencontrés.
00:25:59Oui.
00:26:01Où ?
00:26:02Au Cyclope.
00:26:05Vous savez que Jean-Marie, lorsqu'il était à Paris, fréquentait le Cyclope ?
00:26:10Pourquoi pas ?
00:26:13Tel que je vous connais, vous devez réprouver ce genre de distraction.
00:26:17Un patron de bordel peut être aussi un très bon agent d'enseignement.
00:26:20Vous ne devriez pas me dire ça.
00:26:22Aucun danger.
00:26:24Cyclope est fermé depuis six mois.
00:26:26Le patron est mort.
00:26:28Dommage.
00:26:30Jean-Marie et moi, nous avions les mêmes préférences.
00:26:36Une blonde, un peu...
00:26:38Il savait que vous étiez allemand ?
00:26:41Je ne m'en cachais pas.
00:26:44Une nuit, nous sommes rentrés ensemble.
00:26:48Une patrouille nous a arrêtés.
00:26:50J'étais en civil, j'ai présenté mes papiers.
00:26:53Dès ce temps,
00:26:55j'avais un laissé-passer.
00:26:56Nous en avons tous.
00:26:58Justement.
00:26:59Je m'en suis aperçu.
00:27:01Tu comprends ?
00:27:03À cause du petit, moi je n'y arrivais plus.
00:27:09Bien.
00:27:11Et alors ?
00:27:14Alors...
00:27:15Un autre soir,
00:27:17comme ça dans la conversation,
00:27:19et j'étais sincère,
00:27:21je lui ai dit que j'aimerais passer en Angleterre.
00:27:26Comme ça.
00:27:28Oui, on pouvait croire que je plaisantais,
00:27:30mais je voudrais que j'étais sincère.
00:27:43Et qu'a-t-il répondu ?
00:27:46Il a ri.
00:27:48Il a beaucoup ri.
00:27:51Alors, il ne vous croyait pas ?
00:27:54Honnêtement, je ne sais pas.
00:27:56Mais vous, vous avez cru que j'étais cet officier anti-nazi,
00:28:00prêt à trahir.
00:28:02Au fait, vous n'avez jamais eu le moindre doute.
00:28:05Puisque Jean-Marie répondait de vous.
00:28:08J'ai remarqué.
00:28:09Il lui a fallu un certain temps pour se convaincre.
00:28:12Que j'étais totalement sincère.
00:28:15Enfin que...
00:28:16J'avais des arguments.
00:28:17Non.
00:28:18N'en doute pas, vous êtes toujours très persuasif.
00:28:21Je crois.
00:28:23En effet.
00:28:27Mais...
00:28:36J'étais aidé par les circonstances.
00:28:39Le front en français en Russie et les alliés en Sicile.
00:28:43Destin pouvait croire que je voulais ménager l'avenir,
00:28:45que j'avais des ambitions politiques.
00:28:47Un officier allemand à l'ombre.
00:28:50On dit compte.
00:28:51J'aurais occupé une place exceptionnelle.
00:28:54Ils ont interné S.
00:28:56Vous voulez dire qu'on m'aurait pris par un fou ?
00:29:06Je me demande...
00:29:08Oui.
00:29:10Non, rien.
00:29:15Vous connaissez ces deux hommes ?
00:29:19Quels hommes ?
00:29:21Un comptoir, pas de la caisse.
00:29:25Ah, non.
00:29:27Pourquoi ?
00:29:32Vous ne me croyez pas à propos de l'Angleterre.
00:29:36Il est aussi difficile qu'à l'instant d'affirmer que vous mentez ou que vous êtes sincère.
00:29:42D'ailleurs, quelle importance ?
00:29:44Que je vous crois ou non.
00:29:46Si.
00:29:47Justement.
00:29:49J'ai plus ou moins de votre confiance.
00:29:52Excusez-moi.
00:29:56Je me demande de votre Sylvan.
00:30:02Je me demande de votre maison.
00:30:06Je vous remercie.
00:30:16Je me demande de votre côté.
00:30:19Je vous remercie.
00:30:33Désier, ma confiance ?
00:30:36Si vous voulez partir,
00:30:39personne ne vous retiendra.
00:30:46Vous hésitez ?
00:30:51Vous foutez, Pierre.
00:30:54Rien n'est encore dit.
00:30:57De toute manière, il est dans votre intérêt
00:30:59de connaître la suite de cette histoire.
00:31:01Vous ne pouvez pas se mettre dans cet état pareil
00:31:03avant de le connaître.
00:31:07Tout ça, c'est de ma faute.
00:31:10J'ai tout gâché.
00:31:12Ce n'est pas à cause de ça que je pleure.
00:31:20Ça, Philippe, tu ne le rencontreras jamais, elle ne paraît.
00:31:23Elle ne le pleure pas.
00:31:35Il m'a fallu beaucoup de temps pour le convaincre.
00:31:40Et finalement, c'est lui qui a suggéré
00:31:41que je me présente sous le nom de Steiger,
00:31:45officier de la Wehrmacht.
00:31:47C'est lui qui vous a donné le grade de colonel.
00:31:50Il vous trouvait que j'en avais l'armure.
00:31:55D'ailleurs, si je m'étais inscrit au parti tout de suite,
00:31:57je le serais probablement aujourd'hui.
00:31:59Par exemple, Kifa.
00:32:00Nous sommes de la même génération.
00:32:02Il est déjà colonel.
00:32:08Dans ton train !
00:32:25Dans le fond,
00:32:27ça n'aurait pas changé grand chose
00:32:28que vous fussiez appelé Ziggs ou Steiger.
00:32:33Ou vous fussiez capitaine ou colonel.
00:32:38Ben, je ne sais pas.
00:32:41C'est peut-être accessoire, en effet.
00:32:43Autrefois, j'attachais beaucoup d'importance
00:32:45à ces questions de promotion.
00:32:46Mais plus maintenant.
00:32:50J'aurais préféré...
00:32:55Quoi ?
00:32:56Rien.
00:32:58Ça n'a pas d'importance.
00:33:02Je n'ai plus vu Jean-Marie
00:33:03pendant quelques semaines,
00:33:04cinq ou six, je ne sais pas.
00:33:08Quelle époque ?
00:33:09La fin de l'année dernière,
00:33:13novembre ou décembre.
00:33:15Ah oui ?
00:33:17Il était occupé, je suppose.
00:33:20Très.
00:33:21Très.
00:33:23Et puis, nous nous sommes rencontrés
00:33:25de nouveau dans une boîte
00:33:26qui est de la Tournelle.
00:33:29Un clan des...
00:33:31Oui, on y suis allé une ou deux fois.
00:33:34Ils sont des châteaux brillants.
00:33:36Très bien.
00:33:43Non ?
00:33:45Continuez.
00:33:46Comme agent de renseignement,
00:33:47je vous apprécie beaucoup.
00:33:48Pas comme gastronome.
00:33:51Ce soir-là, il avait oublié
00:33:52son house fence.
00:33:54Nous avons parlé de choses et d'autres.
00:33:56D'un peintre, tenez une...
00:33:59J'ai oublié son nom.
00:34:01Chérico.
00:34:03C'est peut-être ça.
00:34:05Jean-Marie est beaucoup, Chérico.
00:34:09Il y en a un.
00:34:11Il dit qu'on a toujours l'impression
00:34:12que quelqu'un va passer
00:34:14à travers le tableau.
00:34:18Ou que quelqu'un vient d'y passer.
00:34:20Ah.
00:34:22Il a dit ça.
00:34:26Et nous sommes rentrés à pied
00:34:27par les quais.
00:34:30Et à un moment,
00:34:30Jean-Marie m'a demandé
00:34:31« Vous voulez toujours passer
00:34:33en Angleterre ? »
00:34:35Je lui ai répondu
00:34:36« Plus que jamais. »
00:34:38Alors, lui, avec son air,
00:34:41vous savez,
00:34:43ça pourrait peut-être
00:34:45s'arranger.
00:34:49C'est ça.
00:34:50On n'a jamais douté
00:34:50que je le trompe.
00:34:52On suis sûr.
00:34:56Oui ou non,
00:34:57avez-vous l'intention
00:34:57de déserter ?
00:34:59Oui et non.
00:35:01Dans des circonstances favorables.
00:35:03Oui.
00:35:04Et ne disiez-vous pas que...
00:35:07Qu'est-ce que je disais ?
00:35:10Je ne vais rien.
00:35:14Alors, Destan a prévu
00:35:16ou aurait pu prévoir
00:35:17que vous renonceriez
00:35:18à ce projet.
00:35:20Je n'avais même plus
00:35:21à comprendre qui
00:35:22a trahi qui.
00:35:24Je voulais simplement dire
00:35:26qu'il y avait
00:35:27de la part de Destan
00:35:28beaucoup de complaisance.
00:35:31C'est curieux.
00:35:33Je viens de comprendre.
00:35:35Vous comprenez quoi ?
00:35:37Qu'est-ce que vous avez compris ?
00:35:39Que vous êtes malade.
00:35:47On va.
00:36:0348 heures après,
00:36:05il m'a téléphoné
00:36:07et nous avons pris rendez-vous.
00:36:10J'étais venu seul,
00:36:11sans escorte
00:36:12et sans armes,
00:36:13bien entendu.
00:36:14Et lui,
00:36:15il était accompagné.
00:36:18Comme vous, aujourd'hui.
00:36:20Oui.
00:36:23Il n'est d'ailleurs pas sûr
00:36:24que vous soyez
00:36:24en position d'infériorité
00:36:27malgré
00:36:29malgré
00:36:29les apparences.
00:36:33Ils étaient
00:36:35trois.
00:36:38Destan,
00:36:39Lipman
00:36:39et un autre.
00:36:41Il vous a présenté
00:36:42sous quel nom ?
00:36:46Steyger.
00:36:48Quelle a été
00:36:48la réaction des autres ?
00:36:52Mauvaise.
00:36:54Franchement,
00:36:55mauvaise.
00:36:57Vous ne cacherez pas
00:36:58que j'ai même eu
00:37:00très peur.
00:37:02C'était très
00:37:03étangent.
00:37:06Mais sans
00:37:07Jean-Marie...
00:37:13Finalement,
00:37:14nous sommes restés
00:37:14seuls.
00:37:16Lui et moi.
00:37:18Il a regardé
00:37:19les autres parties.
00:37:20Elle était adossée
00:37:21à la cheminée
00:37:21de la pièce
00:37:22où nous nous trouvions.
00:37:23La main dans
00:37:24les poches
00:37:24de son manteau,
00:37:25il avait l'air
00:37:26de trouver
00:37:27sa comique.
00:37:28Quoi, ça ?
00:37:30La phrase
00:37:31que Lipman
00:37:32avait lancée
00:37:33avant de sortir.
00:37:34Une ère théâtrale.
00:37:37Jean-Marie,
00:37:38ce type
00:37:39nous trahira
00:37:41et tu nous trahiras
00:37:42avec lui.
00:37:43Ne s'était pas trompé.
00:37:53Ce
00:37:54Lipman
00:37:55était juif.
00:38:00Que zède drôle.
00:38:02Steyger.
00:38:04Ah, pardon.
00:38:05Ziggs.
00:38:08Vous connaissez
00:38:09l'histoire
00:38:10du jeune homme
00:38:11vertueux
00:38:12et du jeune homme
00:38:13vicieux ?
00:38:15Non.
00:38:17Il y avait
00:38:18un jeune homme
00:38:19vertueux
00:38:20et il y avait
00:38:21un jeune homme
00:38:22plein de vices.
00:38:24L'un priait,
00:38:27l'autre
00:38:28faisait la noce.
00:38:30s'il est
00:38:31semblable,
00:38:32un jour,
00:38:32ils eurent
00:38:33des mots.
00:38:34Un duel
00:38:35fut décidé.
00:38:39Pour le jeune homme
00:38:41vertueux,
00:38:42la veillée d'armes
00:38:43fut une veillée
00:38:44de prière.
00:38:45Pour le jeune homme
00:38:46vicieux,
00:38:47elle fut
00:38:47crapuleusement
00:38:48torgiaque.
00:38:51Le lendemain,
00:38:52les balles
00:38:53sifflaient
00:38:54et le jeune homme
00:38:55vertueux
00:38:55fut sauvé
00:38:56par le missel
00:38:57qu'il portait
00:38:58sur son cœur.
00:39:00Mais sa balle
00:39:01ricocha
00:39:02sur le jeu
00:39:02de cartes
00:39:03du jeune homme
00:39:03vicieux.
00:39:05Mais parce que
00:39:07je continue
00:39:07à penser
00:39:08que pour venger
00:39:09la France,
00:39:10l'Angleterre
00:39:11comme Carthage
00:39:12doit être détruite.
00:39:32Il y a quelque chose
00:39:33à comprendre?
00:39:37Non.
00:39:38Je ne sais même pas
00:39:39pourquoi je vous raconte
00:39:40cette histoire.
00:39:41Je me moque
00:39:42de votre histoire
00:39:43et de votre morale.
00:39:45moi,
00:39:46je vous ai trompé,
00:39:47d'accord?
00:39:48Je faisais mon métier.
00:39:50Mais
00:39:52Destin,
00:39:52lui,
00:39:53vous a trahis.
00:39:55N'oubliez pas ça.
00:39:59Il a décidé
00:40:00d'envoyer
00:40:00un message
00:40:01à Londres
00:40:03pour les informer
00:40:04de la décision
00:40:05qu'il avait prise
00:40:06à mon égard.
00:40:11J'étais...
00:40:12comment dire...
00:40:14vous voulez dire
00:40:15que vous aviez
00:40:16entamé une action
00:40:18dont vous ne pouviez
00:40:19pas vraiment
00:40:20prévoir les prolongements?
00:40:23Que tout ça
00:40:23s'est accompli
00:40:24avec votre accord,
00:40:26mais presque
00:40:27votre insu?
00:40:28vous n'étiez que
00:40:30l'instrument
00:40:31d'une espèce
00:40:32de fatalité.
00:40:34Oui.
00:40:36C'est précisément
00:40:38cela, oui.
00:40:39Une espèce
00:40:40de fatalité.
00:40:43Pourquoi
00:40:43sauriez-vous?
00:40:46Nous avons été
00:40:47très naïfs
00:40:48dans cette affaire.
00:40:51Moi
00:40:52et
00:40:53Jean-Marie
00:40:54plus encore.
00:40:55Vous devriez
00:40:56être le dernier
00:40:57à le défendre.
00:41:05Tiens,
00:41:06ici,
00:41:06nous serons
00:41:07très bien.
00:41:09Très bien.
00:41:22Qu'est-ce qu'il y a à faire
00:41:23cette tête-là?
00:41:24Vous n'avez pas vu
00:41:26comme le portier
00:41:26de l'entame
00:41:27nous va regarder?
00:41:28Je sais,
00:41:29si t'as l'habitude.
00:41:31Parce que vous y avez
00:41:32amené l'autre femme?
00:41:35Occasion.
00:41:40C'est moi
00:41:41qui ai arrêté
00:41:42l'instant.
00:41:44Il vous l'avait dit?
00:41:46Ça?
00:41:48Je n'avais pas
00:41:49l'intention
00:41:49de l'arrêter.
00:41:50Pas dans l'immédiat.
00:41:52Bien sûr.
00:41:53Mais
00:41:55Kiefer
00:41:56est intervenu.
00:41:58Kiefer?
00:42:00Oui.
00:42:02Je vous en ai déjà parlé,
00:42:03ce colonel SS
00:42:04qui couvre mon secteur.
00:42:06le mois prochain.
00:42:08C'est peut-être avant.
00:42:09Vous me préviendrez
00:42:10quand même.
00:42:12Mais bien sûr.
00:42:17On ne connaissait pas
00:42:18qui veut.
00:42:20Comment le décrire?
00:42:25Impassible.
00:42:26Comme son propre
00:42:28masque mortuaire.
00:42:31Un maître d'épouvante.
00:42:33Compassé.
00:42:36Pâle est tiré
00:42:37à quatre épingles.
00:42:40Conformément
00:42:40à l'image
00:42:41qu'il se fait
00:42:41d'un colonel SS.
00:42:45Le vin idéologique
00:42:46de l'empire
00:42:47universel germanique.
00:42:51Personne n'ose soutenir
00:42:52son regard.
00:42:55Alors que de son côté,
00:42:57il ne vous va
00:42:57probablement pas.
00:43:01N'entend que
00:43:02sa propre voix.
00:43:03Ce sont malheureusement
00:43:04ses équipes
00:43:05qui ont capté
00:43:05le message de Londres
00:43:07où il fut question
00:43:08du fameux colonel
00:43:09Steiger.
00:43:12Il me souvient
00:43:13du moment
00:43:14où il m'a
00:43:15tendu
00:43:16le message.
00:43:20Comme ça.
00:43:23À moi.
00:43:25Vous comprenez?
00:43:32Bien sûr.
00:43:34Je comprends.
00:43:36Oui.
00:43:38Mais vous ne connaissez
00:43:40pas qui va.
00:43:43Si elle était
00:43:44à votre place,
00:43:45je saurais
00:43:45à moins
00:43:45comment tenir.
00:43:48Et si vous restiez
00:43:49encore un peu?
00:43:51Oui.
00:43:52Jusqu'à demain?
00:43:53Un peu pas.
00:43:55J'ai des trucs
00:43:56à faire.
00:43:57Tu voudrais
00:43:58que je reste?
00:44:00Mais vous ne m'avez
00:44:01pas encore dit
00:44:01ce que vous faisiez?
00:44:02Je suis dans
00:44:03les jus de fruits.
00:44:06Pendant
00:44:07un centième
00:44:07de seconde,
00:44:09je me suis
00:44:10perdu.
00:44:12Et puis Kiefer
00:44:13a repris.
00:44:16Ce travail
00:44:17relève
00:44:17de votre compétence,
00:44:19Klaus.
00:44:23Imaginez.
00:44:26C'était
00:44:26à moi
00:44:26qu'il confiait
00:44:27la mission
00:44:28d'identifier
00:44:29le colonel
00:44:30Steiger.
00:44:33À moi.
00:44:37Pendant
00:44:38un centième
00:44:38de seconde,
00:44:39je me suis
00:44:40vu.
00:44:40Et ensuite,
00:44:41vous avez
00:44:42arrêté
00:44:42Jean-Marie.
00:44:44Il était
00:44:45indispensable
00:44:45que je vous le mette
00:44:46à l'abri
00:44:47des hommes
00:44:47de Kiefer.
00:44:49Vous devriez
00:44:50m'en être
00:44:50reconnaissant.
00:44:54Je crois
00:44:54que nous sommes
00:44:55bien en deçà
00:44:55des sentiments
00:44:57et que la reconnaissance
00:45:00même la haine.
00:45:03Quelle façon
00:45:04avez-vous
00:45:05mis Jean-Marie
00:45:06à l'abri
00:45:07de Kiefer?
00:45:09s'il vous plaît ?
00:45:10Ah, vous croyez
00:45:10que c'était
00:45:10amusant ?
00:45:12La prochaine fois,
00:45:13j'aimerais mieux
00:45:13pas descendre
00:45:14dans cet hôtel.
00:45:19Continuez,
00:45:20Klaus.
00:45:24Vous m'avez
00:45:25appelé
00:45:27Klaus ?
00:45:28Non, Dieu.
00:45:29C'est votre nom
00:45:29après tout.
00:45:32Je m'endrais
00:45:33bien d'autres choses.
00:45:52Je m'endrais
00:45:59garçons.
00:46:00Ils m'ont
00:46:01voulu améliorer.
00:46:02Voilà,
00:46:03ça vient.
00:46:08Alors,
00:46:09vous alors,
00:46:10est-ce que
00:46:10vous êtes autoritaire ?
00:46:11Il faut
00:46:11être dans mon métier.
00:46:17En l'arrêtant,
00:46:18bien sûr.
00:46:19Je n'avais
00:46:20pas le choix.
00:46:22Je vois
00:46:24le bloc
00:46:24de maison
00:46:25cerné
00:46:25à l'aube
00:46:27et le bruit
00:46:27des bottes
00:46:28dans l'escalier.
00:46:29Vous voyez mal.
00:46:32J'ai donné
00:46:33rendez-vous
00:46:33à Jean-Marie
00:46:34au parc Monceau.
00:46:36Il y avait
00:46:36des enfants
00:46:39qui jouaient
00:46:42à...
00:46:43Comment
00:46:44dites-vous ?
00:46:45Le chat perché.
00:46:49Je faisais beau.
00:46:50Nous avons
00:46:51marché
00:46:51dans les allées.
00:46:53Et finalement,
00:46:54je lui ai suggéré
00:46:55de me suivre
00:46:55sans perdre
00:46:56l'histoire.
00:46:57j'admire
00:46:58votre pouvoir
00:46:59de conviction.
00:47:00Il y avait
00:47:00quelques hommes
00:47:01à moi
00:47:01dans le parc.
00:47:12Pourquoi
00:47:12étiez-vous là ?
00:47:13Pour le plaisir ?
00:47:15En effet,
00:47:16j'aurais pu
00:47:16me dispenser
00:47:17de participer
00:47:18à cette
00:47:19arrestation.
00:47:20Vous vouliez voir
00:47:21la tête
00:47:21que ferait
00:47:21d'estampes,
00:47:22c'est ça,
00:47:22non ?
00:47:24C'est possible,
00:47:24oui.
00:47:26Je suis assez curieux
00:47:27des réactions
00:47:27des hommes
00:47:28dans certaines
00:47:30circonstances.
00:47:31En l'occurrence,
00:47:33je n'avais pas
00:47:34l'impression
00:47:35que Jean-Marie
00:47:35était tellement surpris
00:47:37qu'il s'attendait
00:47:38à quelque chose.
00:47:39et pourtant,
00:47:41il était venu
00:47:42se prêter
00:47:43à une expérience
00:47:45dont il savait
00:47:46par avance
00:47:46qu'elle serait
00:47:47glissante.
00:47:48Par réaction,
00:47:49contre quoi ?
00:47:53Contre vous,
00:47:53peut-être,
00:47:55pour échapper
00:47:56à votre emprise.
00:47:58Ce genre d'individu
00:47:59se libère
00:48:01d'une tutelle
00:48:01que pour se soumettre
00:48:02à une autre.
00:48:04Par une curiosité
00:48:06encore,
00:48:07une curiosité
00:48:08un peu morbide.
00:48:11Vous-même,
00:48:12pourquoi avez-vous
00:48:12accepté
00:48:13ce dialogue ?
00:48:15Qu'est-ce que
00:48:15je peux faire d'autre ?
00:48:17Partir ?
00:48:18Je vous l'ai proposé
00:48:41trop tard.
00:48:42Je vous le fais répondre.
00:48:43Ah ben ça, alors !
00:48:44Moi, j'ai faim !
00:48:45Mais maintenant,
00:48:46il faut y aller !
00:48:46Ah ben c'est bien
00:48:47la première fois !
00:48:50Vape-leur,
00:48:50vape-leur,
00:48:50c'est-à-dire que ça !
00:48:51Mais non,
00:48:52je vous l'avais promis
00:48:53d'entre vous dire !
00:48:54Ah ben ça, alors !
00:48:58Le train pour Saint-Jean-Baudin.
00:49:00Crois-leur...
00:49:00Mon corps !
00:49:08Lance un tembaudin
00:49:10ici !
00:49:20Il est en train de faire
00:49:40Merci.
00:50:14Comment ?
00:50:16J'ai l'impression que vous aussi vous aviez depuis longtemps déjà comme une prémonition que vous êtes choqués.
00:50:27Mais pas vraiment surpris.
00:50:31La trahison c'est...
00:50:33Comme la pyromanie, on est traître comme on est incendiaire, possédé par les fantasmes du feu.
00:50:43Comme vous l'êtes vous-même, alors je ne sais quel besoin pathologique de détruire.
00:50:51La telle que je vous vois maintenant, me dévoilant vos machinations, vous êtes déjà ailleurs.
00:50:59D'embusqués, là où on ne vous attend pas.
00:51:02On est prêt à commettre une autre saloperie.
00:51:06C'est ça.
00:51:08La perversité, je crois.
00:51:12C'est ce que je voulais vous dire tout à l'heure.
00:51:21Je ne me défendrai pas.
00:51:24Évidemment.
00:51:25C'est tellement plus commode.
00:51:26Vous vous comportez comme une femme adultère.
00:51:29Et vous ?
00:51:34Vous me faites penser à ces maris trompés qui savent depuis toujours.
00:51:39Ils prennent l'air étonnés quand on leur apprend la vérité.
00:51:48Pourquoi souriez-vous ?
00:51:50On dirait que vous vivez la même situation pour la deuxième fois.
00:51:58À ma connaissance, aucun ami ne m'a jamais trahi.
00:52:00Oui.
00:52:01Oui.
00:52:03Mais...
00:52:07Une femme...
00:52:17Qui vous a raconté ça ?
00:52:20Personne.
00:52:21Je vous assure.
00:52:24Je sais que vous êtes divorcée, vous me l'avez dit.
00:52:28Alors, par simple déduction.
00:52:34Oui, c'est bien ça.
00:52:37Vous vivez deux fois la même situation.
00:52:42Vous n'avez pas seulement pensé à Destin, mais à quelqu'un d'autre.
00:52:50Et maintenant, vous vous demandez...
00:52:54Si vous auriez dû revenir...
00:52:57S'il n'eût pas mieux valu...
00:53:02Restez dans l'ignorance.
00:53:05Je suppose que vous avez autant besoin de me raconter ces histoires...
00:53:09Que moi d'apprendre la vérité.
00:53:13Que lui avez-vous fait pour m'amener à trahir ?
00:53:20La mise en condition habituelle.
00:53:23Ni trop ni trop peu, je sais ce qu'il fallait.
00:53:27J'aurais besoin de me faire un allié, n'oubliez pas.
00:53:31Et comme je ne pouvais traîner le colonel Steiger devant Kiefer...
00:53:36Il me fallait...
00:53:37Quelque chose ou quelqu'un...
00:53:40A lui mettre sous la dent.
00:53:43Pour lui faire prendre patience.
00:53:47J'ai d'abord pensé au réseau de Saint Jean de Bonneval.
00:53:54Et puis à vous, bien sûr.
00:54:00Le plus difficile a été de l'amener à me parler de vous.
00:54:05Combien de temps avant qu'il ne se décide ?
00:54:09Un certain temps.
00:54:12Tous les mardis dans la prison où il était détenu...
00:54:15Un tribunal venait siégé.
00:54:18Les magistrats portaient des cagoules pour ne pas être reconnus.
00:54:22Et tous ceux qui comparaissaient devant eux...
00:54:24étaient condamnés à mort et exécutés.
00:54:27Séance tenante.
00:54:28Je pense que c'était pour le mettre...
00:54:31Comment dire...
00:54:32En condition.
00:54:33On pose tout ça.
00:54:37Oh là là !
00:54:39Je suis le soleil.
00:54:40Je suis...
00:54:50De l'eau minérale.
00:54:52Oh, man d'amour !
00:54:58Pierre, je vous sens déjà enclin à pardonner.
00:55:02Simplement, je...
00:55:04J'essaie d'imaginer Jean-Marie en face de vous.
00:55:07J'essaie de me mettre à sa place.
00:55:09Pourquoi pas à la mienne ?
00:55:12Pourquoi...
00:55:14Jamais à la mienne ?
00:55:17Parce que je ne pourrais pas.
00:55:24Que pensez-vous de cette jeune femme qui est assise là-bas ?
00:55:31C'est pas pour vous, mais...
00:55:33Moi, je n'aime jamais les femmes que je devrais aimer.
00:55:39Ceci dit, je la trouve belle.
00:55:43Moi aussi.
00:55:48À la fin des trois semaines...
00:55:51Destin a demandé de lui-même à me parler.
00:55:55Il nous a livré le réseau de Saint-Jean de Bonneval.
00:56:01Vous avez l'air de tellement souffrir que j'ai envie de crier pour vous.
00:56:12Si vous n'étiez pas venu...
00:56:15Si je ne vous avais pas vu aujourd'hui, je...
00:56:18Je me serais couché.
00:56:20J'aurais dormi toute la journée.
00:56:25Nous n'en avons plus pour...
00:56:28Très longtemps.
00:56:30Vous vous demandez sans doute ce qui se passera après.
00:56:36Sortant de la guerre tout à l'heure, je pense que...
00:56:38Je n'aurais pas été suivi par vos hommes.
00:56:41Je ne l'étais pas.
00:56:44Mais uniquement parce que vous étiez certain que je reviendrai.
00:56:47Moi, dans votre cas, j'aurais été tenté.
00:56:51Je ne serais pas revenu.
00:56:56Alors, Destin vous a livré le réseau de Saint-Jean de Bonneval.
00:57:02Entre autres...
00:57:03Mais, puisque nous avons identifié le mouchard et qu'il a été exécuté.
00:57:06Oui, par Destin.
00:57:09Le soi-disant mouchard soupçonnait Destin.
00:57:12C'est pour cela que Jean-Marie lui a collé sur le dos le démantèlement du réseau de Saint-Jean
00:57:16de Bonneval et qu'il l'a tué.
00:57:19J'ai parfois l'impression que vous ne m'écoutez pas.
00:57:22Au contraire.
00:57:24J'écoute attentivement, mais...
00:57:26Je ne comprends pas toujours.
00:57:28Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?
00:57:30Vous n'allez rire.
00:57:32Par moments, je ne comprends rien.
00:57:35Plutôt, j'ai l'impression que...
00:57:37Ça ne me concerne pas.
00:57:41Disons que pour l'instant, je vois les choses...
00:57:44Comme on voit un homme assis.
00:57:49Quand un homme est assis, on ne le voit pas vraiment.
00:57:53Il faut qu'il se lève et marche pour qu'on le découvre tout à fait.
00:57:59C'est ainsi que la situation, je me trouve, se présente.
00:58:03Assise.
00:58:11Après le réseau de Saint-Jean de Bonneval, Jean-Marie était suffisamment compromis pour que nous lui fassions confiance.
00:58:18Et son évasion ?
00:58:21Nous l'avons mis au point dans mon bureau.
00:58:24Je l'ai fait venir, je l'ai aussi devant une table bien servie.
00:58:28Fragras, fromage, du Saint-Georges.
00:58:32Après tout, nous avions été amis autrefois.
00:58:36Je tenais à lui rendre goût à la vie, à neutraliser son agressivité.
00:58:41Mais tout cela n'était sans doute pas nécessaire.
00:58:45Jean-Marie n'avait jamais renoncé à vivre.
00:58:48Il n'aurait jamais sacrifié sa vie pour sauver qui ou quoi que ce fût.
00:58:57Même pas vous.
00:59:00Mais au fait, vous l'avez vu tout de suite après son évasion.
00:59:05Il m'a raconté cela aussi.
00:59:07Je peux même vous rapporter vos propres paroles.
00:59:10C'est inutile.
00:59:11Vous lui avez dit, Jean-Marie, tu aurais pu te faire tuer.
00:59:16Et il vous a répondu, je crois que...
00:59:21Ils auraient fini par me faire parler.
00:59:25C'était plus une tentative de suicide qu'une évasion.
00:59:31Oui.
00:59:33C'est cela même.
00:59:36Je l'admire parfois.
00:59:38Mais encore une fois, vous ne m'écoutez pas.
00:59:41Mais salaud.
00:59:44Ce n'est pas possible, je n'ai pas pu me tromper à ce point.
00:59:47Vous n'avez pas idée à quel point vous avez pu vous tromper.
00:59:52Moi aussi.
00:59:55Ce qui fait d'ailleurs tout l'intérêt du personnage.
01:00:00Notez bien, je ne juge pas ceux qui trahissent
01:00:05quand leur existence est en jeu.
01:00:08Je comprends très bien
01:00:11que la mort, quand c'était proposé,
01:00:14devienne tout à coup un but inaccessible.
01:00:17Une impuissance insurmontable
01:00:21à mourir.
01:00:24Même Jésus
01:00:26est une défaillance sur la croix.
01:00:30Mais il n'était plus temps pour lui de changer d'avis.
01:00:35Vous l'avez payé.
01:00:38Largement.
01:00:40Tenez la somme la plus importante
01:00:42qui a été versée le 24 septembre.
01:00:44Cette date ne vous rappelle rien.
01:00:47Il semble que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, à cette époque.
01:00:50Il ne vous semble pas.
01:00:52Vous en êtes sûr ?
01:00:53Nous nous sommes rencontrés le 25 septembre.
01:00:57Vous voulez dire ?
01:00:58Seulement ceci.
01:01:00Le 24,
01:01:02Jean-Marie avait touché une importante somme d'argent.
01:01:06Et vous l'avez vu le soir même.
01:01:09À part sur scène,
01:01:12il vous a convaincu que vous aviez intérêt
01:01:14à me rencontrer sur à quoi vous étiez hostile.
01:01:17Pour des raisons de sécurité évidentes.
01:01:22Nous nous sommes rencontrés le lendemain.
01:01:26Pour la première fois.
01:01:28Vous l'avez inspiré confiance d'emblée.
01:01:30Vous trouvez une bonne tête d'allemand.
01:01:33L'Henri Guide de Montagne.
01:01:36Quand je pense que je vous ai donné l'adresse de ma sœur
01:01:38pour vous y réfugier.
01:01:39Et une lettre de recommandation
01:01:40pour vous dédouaner auprès des autorités alliées.
01:01:43Est-ce que j'ai pu être con ?
01:01:48La seule chose à retenir,
01:01:51c'est que Destan vous a trahi.
01:01:54Il trahi pour votre compte ?
01:01:58Pas seulement.
01:02:00Il nous trahit aussi.
01:02:08Ah oui.
01:02:12Je commence à comprendre.
01:02:15Quoi ?
01:02:17La raison de ses confidences.
01:02:20Ah non.
01:02:22Non, je vous devais cette politesse.
01:02:25Je voulais que vous sachiez.
01:02:29D'ailleurs, avouez qu'un doute vous a effleuré
01:02:32lors de son évasion.
01:02:35Je pensais que j'étais peut-être négligent.
01:02:38Vous n'aviez pas cerné le quartier.
01:02:41Vous voyez ?
01:02:43Mais ces questions, vous vous les êtes posées.
01:02:47Et vous n'avez pas trouvé de réponse.
01:02:49Parce qu'il n'y avait qu'une.
01:02:51Et qu'elle vous faisait peur.
01:02:55C'est pas la première fois que vous vous dérobez à une évidence
01:02:59qui saute aux yeux.
01:03:01Votre femme.
01:03:02C'était une erreur de jeunesse sans importance.
01:03:05C'est plus d'importance que vous avez tenté de vous suicider.
01:03:10J'ai peur des choses qui meurent.
01:03:15Si vous voulez, quand une chose meurt,
01:03:18j'aurais facilement envie de mourir avec...
01:03:21Avec la guerre aussi.
01:03:27Avec la guerre aussi.
01:03:30Je me faisais peur.
01:03:33C'était le début d'une aventure.
01:03:37Mais j'ai peur maintenant qu'elle s'achève.
01:03:40Qu'autre chose commence.
01:03:41À quoi je ne suis pas préparé.
01:03:46Tout ce que j'ai aimé, que va-t-il rester ?
01:03:49La vie.
01:03:51Son rythme.
01:03:54Nos espoirs.
01:03:55Tout aura changé.
01:03:58Ça aurait tout changé.
01:04:01Même si vous avez tous disparu.
01:04:05Nous...
01:04:05Nous ne serons plus jamais les mêmes.
01:04:08Vous avez connu votre femme en 34, à Saint-Malo.
01:04:12Elle s'habillait chez Schiaparelli.
01:04:15Vous habitez alors 26, rue de Maryse.
01:04:19Votre cabinet d'architecte marchait bien.
01:04:24Vous savez peut-être aussi qui était l'autre.
01:04:26Moi, je n'en ai jamais su.
01:04:27Un diamanteur de la rue Saint-Honoré.
01:04:30Elle a quitté depuis.
01:04:32Elle est maintenant aux Etats-Unis.
01:04:36À Boston.
01:04:39Mariée ?
01:04:41Oui.
01:04:43Elle a un fils de 7 ans.
01:04:46Déjà.
01:04:48Avec qui était-elle mariée ?
01:04:50Un Américain.
01:04:52Ingénieur.
01:04:54Il vous arrive encore de penser à cette histoire ?
01:04:58Beaucoup plus à l'histoire qu'à la femme elle-même.
01:05:03C'est tout de même assez inattendu que ce soit justement vous qui m'appreniez cela, après si longtemps.
01:05:10Je n'en sais pas davantage.
01:05:13Je suis navré.
01:05:14Je ne demandais rien.
01:05:16En somme, une trahison banale.
01:05:21Il n'avait pas vraiment le choix.
01:05:25Il vous était sûrement très attaché, je ne prétends pas le contraire.
01:05:29Mais en même temps, il méprisait un peu votre éthique bourgeoise.
01:05:38Moi aussi, d'ailleurs.
01:05:41Qu'est-ce que vous ne méprisez pas ?
01:05:42Peu de choses, en vérité.
01:05:45Mais vous, vous abusez sur vous-même.
01:05:49Il y a une différence fondamentale entre ce que vous êtes et la voix que vous avez choisie.
01:05:55La clandestinité.
01:05:58Un pas fait pour l'ombre et le mensonge.
01:06:02Pour le combat.
01:06:04Grand jour.
01:06:05Et cela d'Estan l'avait senti.
01:06:10Finalement, on peut se demander s'il vous trahissait parce qu'il vous aimait.
01:06:14Ou s'il vous aimait parce qu'il vous trahissait.
01:06:19Est-ce qu'il a trempé aussi dans l'affaire du réseau thunois ?
01:06:22Bien entendu.
01:06:24Il voulait dire que tous ces hommes étaient des traîtres.
01:06:26Pas du tout.
01:06:28C'était un authentique réseau de résistants.
01:06:31Créé par vous et d'Estan avait de la responsabilité.
01:06:36Et vous leur fournissiez de faux renseignements.
01:06:38Il y avait des vrais faux et des faux vrais.
01:06:41Il y avait aussi des vrais vrais, mais jamais de faux faux.
01:06:44Ça aurait été trop maladroit.
01:06:45En contrepartie, vous receviez de Londres des informations de première main.
01:06:50Si cela peut vous consoler.
01:06:52Certaines étaient totalement fausses.
01:06:56Et c'est d'Estan qui orchestrait tout cela.
01:07:01Oui.
01:07:03Très habilement.
01:07:06J'ai toujours admiré son aisance, sa...
01:07:11C'est très brillant, c'est vrai.
01:07:13Oui.
01:07:15Trop.
01:07:18Vous vous souvenez les fratraniers qui appartenaient au faux réseau ?
01:07:22Non, mais je pense que ça n'a pas d'importance.
01:07:24Vous allez me dire qu'ils ont été trompés.
01:07:26Eux aussi.
01:07:26Ce sont eux qui ont mis le feu au coulant.
01:07:29C'est une histoire idiote.
01:07:31Interpellés par le fait de gendarmes, ils ont pris peur, ils ont tiré.
01:07:36Et Kif, bien entendu, est entré dans une rage froide.
01:07:42C'est d'Estan qui les a vendus ?
01:07:46Négocier.
01:07:49C'est là où j'aurais dû avoir...
01:07:53Comment dites-vous ?
01:07:55Le puce à l'oreille.
01:07:57Oui.
01:07:58C'est une expression que je n'ai jamais bien comprise, oui.
01:08:03Le puce à l'oreille.
01:08:07Et c'est d'Estan qui nous a livré les fratraniers contre deux parachutages.
01:08:11Un pour lui et pour le réseau IS, et un...
01:08:16Vous savez, nous avions l'habitude de couper la poire en deux, pour faire plus vrai.
01:08:27Et l'autre pour nous.
01:08:30Le soupçonner bien un peu de ne pas respecter notre marché, mais dans notre métier.
01:08:35Pour composer de temps en temps.
01:08:41Je pense, où est-ce que vous parlez métier ?
01:08:45Avant la guerre, que faisiez-vous ?
01:08:48J'étais sous-directeur d'une usine de chaussures à Linden.
01:08:56Pourquoi ?
01:08:57Oui, pour savoir.
01:09:00Et après la guerre, si vous survivez, que ferez-vous ?
01:09:10J'ai l'idée d'ouvrir un petit restaurant, au bord du lac de Constance.
01:09:17C'est très joli par là.
01:09:20J'espère que...
01:09:21vous viendrez y rendre visite.
01:09:24Nous évoquerons des souvenirs communs.
01:09:27En effet, c'est le seul sujet de conversation que nous pouvons avoir ensemble.
01:09:33En effet, on parlerait peut-être de moi, mais sans moi.
01:09:42Mais si, justement, j'ai confiance en vous.
01:09:48dans votre instinct de conservation.
01:09:53Destin nous a livré les frais trainiers.
01:09:55Et Kifa a fait en sorte qu'ils ne se posent pas trop longtemps de questions
01:09:59sur les circonstances de leur capture.
01:10:03Ils ont été fusillés dans les 12 heures qui ont suivi leur arrestation.
01:10:11Je dois prendre cela comme un avertissement, je suppose.
01:10:15C'est qu'il va apprendre que je vous tiens.
01:10:18Il voudra vous interroger lui-même.
01:10:22Pierre.
01:10:25Ne comptez pas sur une mort trop rapide.
01:10:35Nous aurons tout tenté, n'est-ce pas ?
01:10:39L'appel à la vengeance.
01:10:42L'intelligence.
01:10:43L'intelligence.
01:10:44La peur.
01:10:47Et si je crois par moment, la sincérité.
01:10:53Oui.
01:10:56Et maintenant, j'ai terminé.
01:10:58Vous n'avez plus rien à me dire ?
01:11:00Plus rien.
01:11:00Alors, qu'est-ce que nous attendons ?
01:11:02Destin.
01:11:05Il n'est pas servi à grand-chose.
01:11:07Non.
01:11:08Et s'il vient ?
01:11:09Je l'arrête.
01:11:11Et je vous rends votre liberté.
01:11:13Pourquoi vous vous contentez de Destin alors que vous pouvez nous avoir un à l'autre ?
01:11:17Combien de fois faut-il vous répéter que je ne tiens pas à vous arrêter ?
01:11:21À moins d'y être contraint.
01:11:23Mais cela dépend de vous.
01:11:25Et pourquoi m'épargner ?
01:11:26Vous seriez récompensé pour ma capture.
01:11:29Bar Kiffer, je ne sais qui.
01:11:31Je m'étais fait un ami.
01:11:34Car je pense à vous.
01:11:36Comme à un ami.
01:11:38Vous seriez peut-être véritablement ma rédemption.
01:11:42Je ne crois pas un mot de ce que vous dites.
01:11:45Vous avez tort.
01:11:46En tout cas, ne comptez pas sur moi pour vous livrer Jean-Marie.
01:11:49Décidément, je me suis trompé sur votre compte.
01:11:52Votre indulgence me soulève le cœur.
01:11:54Ma foi, vous y prenez plaisir.
01:11:56Exactement.
01:11:57De ce temps que vous avez trahi, c'est lui que vous voulez.
01:11:59Mais moi, je vous pose un cas de conscience.
01:12:02La seule chose que je puisse faire contre vous, c'est de vous obliger à m'arrêter.
01:12:06Plus ça vous emmerde, plus ça me réjouit.
01:12:09Vous êtes fou.
01:12:12Vous entendez ?
01:12:14Vous entendez ?
01:12:29Vous entendez ?
01:12:33Vous entendez ?
01:12:44J'ai l'amène.
01:13:09J'ai l'amène.
01:13:36J'ai l'amène.
01:14:12J'ai l'amène.
01:14:15J'ai l'amène.
01:14:17J'ai l'amène.
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01:14:48J'ai l'amène.
01:15:23J'ai l'amène.
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01:19:38J'ai l'amène.
01:20:10Jean-Marie.
01:20:12J'ai l'amène.
01:20:42Jean-Marie.
01:21:13Pierre.
01:22:02J'ai l'amène.
01:22:11J'ai l'amène.
01:22:34Jean-Marie.
01:23:01Jean-Marie.
01:23:04J'ai l'amène.
01:23:14J'ai l'amène.
01:23:26J'ai l'amène.
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