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Dans un échange sincère, l’artiste est revenue sur son enfance, les moments décisifs de sa carrière et les défis rencontrés en tant que femme dans l’industrie musicale. Entre confidences personnelles et regard sur la nouvelle génération d’artistes africains, elle partage également des conseils inspirants pour les jeunes femmes qui rêvent de se lancer dans la musique.

Un entretien riche, à la veille de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, où Pierrette Adams adresse aussi un message fort aux femmes africaines.

🎤 Une rencontre inspirante avec une voix qui continue de marquer les générations.

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Transcription
00:00Si j'avais 20 ans aujourd'hui, je pense que ça serait plus difficile et c'est très
00:04dur pour les femmes de faire de la musique. Il y a beaucoup de non-dits, il y a des
00:09choses
00:10qu'on ne dit pas. Si tu dépendes de quelqu'un en tant que femme, t'es mort dans le
00:15film.
00:21Bonjour, bonsoir, selon votre position comme on dit, moi c'est Pierrette Adams, je suis sur Actu
00:29Lomé. Alors Pierrette Adams, c'est une artiste chanteuse, je suis mère de deux garçons,
00:44je chante depuis une trentaine d'années, tout le monde connaît mon histoire.
00:56Non, la musique n'était pas une évidence du tout. C'est vrai que j'écoutais beaucoup de chansons,
01:04j'aimais beaucoup la musique, c'est vrai, mais dire que j'allais chanter un jour, non, même pas en
01:09rêve.
01:10Je suis venu à la musique comme tout le monde sait par rapport au petit Mohamed et puis voilà,
01:17la petite venant en m'enchant, j'ai continué et c'est pas plus mal, c'est avec grand plaisir
01:28que je suis toujours dedans.
01:35On va dire mon premier concert live, c'était à Pointe-Noire au Congo, au stade, un stade archi plein
01:46et c'était mon premier album et je n'avais que six chansons.
01:516 chansons et disons au bout de 30 minutes, le concert était fini, quoi.
01:59Mais les gens étaient là et heureusement que j'avais des musiciens très professionnels qui s'y connaissaient.
02:06Donc on a rallongé les chansons et puis fait chanter quelques personnes du public et ça, ça m'a vraiment
02:19marqué.
02:20Et là, je me suis dit, il faut que je fasse d'autres chansons, d'autres albums pour pouvoir avoir
02:28quand même de quoi faire un vrai concert.
02:31Et là, Maestro, père, son âme qui vient de nous quitter, me dit, Pierre, tu vois, je t'ai dit
02:36que tu vas, tu vas pas lâcher parce que ça, la musique, c'est une drogue quand on a commencé.
02:40Parce que après le premier album, je lui disais, Maestro, c'est fini, moi, je fais plus, c'est bon,
02:46c'est trop dur.
02:47Et il m'a dit, il me disait, non, tu vas voir, tu peux pas, tu peux pas laisser, tu
02:51verras.
02:51Mais il avait raison.
02:58Je suis un élément libre, libre de mes mouvements.
03:03Dans la musique, j'ai pas de producteur à qui je dois, ou maison de disque à qui je dois
03:08ceci, je dois faire ci, je dois pas faire ça.
03:12En tant que mère, mes enfants sont nés dans la musique.
03:16Enfin, dans la musique.
03:18Ils étaient déjà nés quand j'ai commencé la musique.
03:22Donc, ils étaient tout petits, ils m'ont toujours vu dans la musique.
03:25Et puis, on porte au test de l'air aussi.
03:27Et mon mari, pareil.
03:33Mais c'est beau quand même à l'égard.
03:36Ça, il n'y a rien à dire.
03:38Parce qu'il m'a fait des chansons qui ne bougent pas, qu'on peut écouter dans le temps.
03:45Et il me l'avait dit aussi.
03:47Quand je lui ai proposé, par exemple, des styles, machin, il dit non, ça c'est...
03:53Tu peux faire une ou deux chansons comme ça pour faire plaisir.
03:56Mais si tu veux durer dans le temps, il faut faire des choses qui durent dans le temps.
04:01C'est-à-dire que dans 20 ans, dans 30 ans, même après ta mort, les gens écouteront ta musique.
04:05Après, on aime ou on n'aime pas.
04:12Je suis allé avec plaisir, comme je disais.
04:16C'est de bonne guerre.
04:17Je suis une femme.
04:18On croit de plus naturel d'aller célébrer la femme.
04:21On nous a donné un jour qui est le 8 mars pour célébrer les droits de la femme.
04:30On aurait pu nous donner tous les jours.
04:34Mais bon, c'est déjà un début.
04:36Ce n'est pas plus mal.
04:42Ce qui me rend le plus fier, je vais dire, c'est l'éducation que j'ai reçue.
04:48Je pense que ça s'est reflété dans ma carrière.
04:52Parce que c'est bien, c'est bien de bien faire son travail.
04:56Mais il faut quand même avoir une certaine éducation derrière.
05:00Et ce qui accompagne toute personne.
05:04Moi, j'ai l'habitude de dire à mes enfants, je ne vous demande pas des grands postes, des grands
05:09diplômes.
05:10Je vous demande juste d'être correcte, d'être honnête et d'être juste.
05:20Dans la musique, on va dire qu'en ce qui concerne les femmes, en tout cas surtout, il y a
05:27beaucoup de non-dits et des choses qu'on ne dit pas, qu'on ne doit pas dire.
05:32Mais en gros, tout le monde sait que c'est très dur pour les femmes de faire de la musique.
05:45Aujourd'hui, surtout pour les femmes qui veulent se lancer dans la musique, on ne va pas les décourager.
05:55Mais j'ai l'habitude de dire que je suis très, très, très mal placé pour donner un conseil.
06:00Parce que moi, j'ai eu une chance.
06:02J'ai eu une chance énorme.
06:03Je suis arrivé dans la musique un peu comme le chevet dans la soupe.
06:07Je dirais simplement qu'il faut commencer par le commencement pour donner un conseil.
06:11Il faut commencer par le commencement, chanter dans une chorale, à l'église ou à l'école ou en tant
06:18que choriste dans un orchestre.
06:23Je pense que c'est le minimum pour vraiment un jour pouvoir faire une carrière et dépendre de personne.
06:33Si tu dépend de quelqu'un en tant que femme, tu es mort dans le film.
06:44La nouvelle génération d'artistes africains, je pense qu'ils n'ont rien à envier aux autres artistes, je vais
06:54dire, occidentaux.
06:55Ils font le taf, c'est leur époque, ils font la musique de leur époque.
07:03Et voilà.
07:04Donc, quand on écoute une musique ivoirienne, une musique nigériane, une musique mandingue et tout.
07:13Écoutez, on n'a pas à rougir des musiques qui viennent d'ailleurs.
07:18Moi, je suis plutôt fier de ce que les jeunes font.
07:27Et nous, quand on était jeunes, quand on écoutait nos parents, on envoyait nos parents écouter des musiques anciennes et
07:35tout.
07:35On trouvait que, mais comment vous faites pour écouter ça ? C'est nul et machin et tout ça.
07:43Et moi, aujourd'hui, je reprends, par exemple, j'ai repris une chanson de Franco.
07:48Franco que mes parents écoutaient, qui m'énervait.
07:51Donc, c'est pour vous dire que la chanson, ça va dans le temps.
08:02Si j'avais 20 ans aujourd'hui, je pense que ça serait plus difficile.
08:07Ça serait plus difficile. Pourquoi ?
08:09Parce que, dans la musique aujourd'hui, il faut être, comme le disent les jeunes, il faut être dans le
08:16game.
08:17Il faut être dans le game, il faut être dans le système.
08:26Bientôt, oui, sûrement, parce que j'ai fortement envie de rendre hommage à Bokana Maïga.
08:33Donc, je vais voir si je fais une chanson toute seule pour lui rendre hommage, malgré que je l'ai
08:39fait de son vivant déjà.
08:41Ou encore, de voir avec tous les artistes de Maestro.
08:56Actu le met.
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