- il y a 6 mois
Didier Varrod reçoit 2L, rappeuse, autrice et compositrice révélée au grand public par sa participation à l'émission Nouvelle Ecole sur Netflix.
Originaire du vingtième arrondissement et d'une famille passionnée par la musique, 2L a toujours baigné dans un environnement aussi bien mélomane que politisé. Engagée politiquement à gauche, elle n'hésite pas à mettre en lumière dans ses textes certaines causes et luttes qui lui tiennent à coeur.
Attachée à sa liberté artistique et politique, 2L essaye de casser les codes et les clichés qui ont pu peser sur elle, notamment concernant sa féminité dans l'univers du rap. Elle souhaite également renouer avec la tradition d'engagement du rap français à l'image de son nouvel album, « Aria », qui mêle témoignages, intimité et prises de position.
Embarquez Quai n°8. A bord du train, le paysage défile mais les mots, eux, prennent leur temps. Un journaliste, un invité et un trajet pour faire émerger ce qui ne se dit pas ailleurs. Dans un compartiment singulier, une conversation s'installe, explorant ce qui tisse un itinéraire, éclaire une pensée, porte un engagement. Chaque collection emprunte sa propre voie : Didier Varrod s'entretient avec des artistes pour qui la musique est aussi un acte citoyen. Yves Thréard fait revivre à des figures politiques le jour où leur vie a été bouleversée par un événement à résonnance nationale ou internationale. Laure Adler donne la parole aux féministes. Daphné Roulier interroge des personnalités du cinéma, reflet de notre société... Un format inédit, comme une invitation à penser autrement.
Originaire du vingtième arrondissement et d'une famille passionnée par la musique, 2L a toujours baigné dans un environnement aussi bien mélomane que politisé. Engagée politiquement à gauche, elle n'hésite pas à mettre en lumière dans ses textes certaines causes et luttes qui lui tiennent à coeur.
Attachée à sa liberté artistique et politique, 2L essaye de casser les codes et les clichés qui ont pu peser sur elle, notamment concernant sa féminité dans l'univers du rap. Elle souhaite également renouer avec la tradition d'engagement du rap français à l'image de son nouvel album, « Aria », qui mêle témoignages, intimité et prises de position.
Embarquez Quai n°8. A bord du train, le paysage défile mais les mots, eux, prennent leur temps. Un journaliste, un invité et un trajet pour faire émerger ce qui ne se dit pas ailleurs. Dans un compartiment singulier, une conversation s'installe, explorant ce qui tisse un itinéraire, éclaire une pensée, porte un engagement. Chaque collection emprunte sa propre voie : Didier Varrod s'entretient avec des artistes pour qui la musique est aussi un acte citoyen. Yves Thréard fait revivre à des figures politiques le jour où leur vie a été bouleversée par un événement à résonnance nationale ou internationale. Laure Adler donne la parole aux féministes. Daphné Roulier interroge des personnalités du cinéma, reflet de notre société... Un format inédit, comme une invitation à penser autrement.
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00:02J'ai jamais voulu être à la hauteur, je restais tout en bas avec mes douleurs, j'avais juste du
00:10mal avec le bonheur, j'ai plus les mots j'attends un souffleur, j'ai jamais voulu être à la
00:18hauteur.
00:22Bonjour Dezel, bienvenue dans mon compartiment à Marseille-Saint-Charles que vous connaissez bien puisque vous en revenez, vous êtes
00:30rappeuse, autrice, compositrice, musicienne, beaucoup de cartes en main et le grand public vous connaît un peu mieux puisque vous
00:38avez été cette magnifique finaliste dans le programme dédié au rap,
00:43qui est une sorte de télé-crochet modernisé que propose la plateforme Netflix et vous avez sorti récemment un deuxième
00:52EP qui s'intitule Aria et qui vous fait un peu plus connaître du grand public.
00:58Vous avez grandi dans le 20e arrondissement, c'est votre arrondissement, c'était quoi votre enfance et votre adolescence Lola
01:05?
01:05Puisque Lola c'est votre prénom et les deux ailes de Lola qui vous ont permis de prendre vos ailes
01:11justement.
01:12C'est ça. Et ben mon enfance et mon adolescence, c'était un mélange entre une enfance et une adolescence
01:18classique dans le 20e tranquille et déjà la musique que j'ai commencé à 7 ans,
01:26donc le violon et tout ce qui va avec au conservatoire, la chorale, le solfège, le machin. Donc un peu
01:31toujours cette double vie déjà entre l'école et la musique.
01:35Ouais, mon adolescence pareil, j'ai fait mon lycée aussi dans le 20e, je suis restée vraiment dans le 20e
01:38pendant toute ma scolarité jusqu'à l'université.
01:41Ouais, vraiment, je pense quelqu'un d'assez classique, quoi, qui aime le rap, qui aime la musique, qui aime
01:46voir ses potes, enfin tout ce qu'il y a de plus banal, je pense.
01:50Pas une ado déjantée, c'est un des titres de votre paix.
01:54Ouais, carrément. Je pense qu'on a tous nos moments déjantés dans l'adolescence, en vrai, chacun son degré. Ouais,
02:01je pense que malgré tout, j'étais quand même une élève assez carrée, bonne élève,
02:05mais ce qui ne m'empêchait pas d'avoir mes idées et mes notions de justice et de tout ça,
02:13en fait. Et ça, par contre, je l'ai un peu toujours exprimé, ouais.
02:15Alors, on va mieux décrypter vos convictions, évidemment, mais d'abord, votre milieu familial, vos parents, votre père était batteur,
02:23donc c'est un musicien aussi.
02:25De manière autodidacte, ouais.
02:26Oui, mais quand même. Et votre maman a été dans le cœur de Radio France pendant 30 ans, c'est
02:31ça ?
02:32Oui, c'est ça. Elle était choriste, donc c'est un cœur professionnel à Radio France. Et ouais, elle a
02:39travaillé là-dedans pendant plus de 30 ans, même.
02:41Donc, c'est une famille musicienne, quand même.
02:43C'est une famille qui aime beaucoup la musique. Donc, ouais, mon père, il a été batteur en autodidacte plus
02:48jeune, mais lui, il n'a pas du tout fait de musique dans sa carrière professionnelle.
02:52Après, ouais, on a tous un peu ce truc d'amour de la musique, je pense, tout simplement, mais comme
02:56plein de familles et plein de gens.
02:59Et donc, je pense que ça m'a aidée, ouais, forcément, en tout cas, pas arrêter la musique, d'avoir
03:05forcément un appui général, même si ça n'a jamais été un truc où ma mère m'a forcée à
03:10faire de la musique, quoi.
03:11Mais c'était un truc où, moi, ça me plaisait et je continuais. Et je pense que ça m'a
03:14donné vers les âges où on peut commencer à arrêter vers 13-14 ans.
03:17Les enfants commencent un peu à arrêter de faire de la musique, surtout au conservatoire, où c'est quand même
03:20assez scolaire, quoi, comme ambiance.
03:23Ouais, je pense que ça m'a aidée à continuer, ouais, carrément.
03:25Et surtout, le violon, qu'est-ce qui vous a attiré dans cet instrument, qui est quand même un instrument
03:30complexe, difficile, un peu revêche, même ceux qui le pratiquent le disent ?
03:35Qu'est-ce qui vous a attiré ?
03:36C'est peut-être ce côté-là, en vrai, le côté un peu défi, que c'est un peu un
03:39instrument difficile.
03:40Ce n'est pas un instrument très accessible, à la différence des instruments comme, je ne sais pas, la guitare
03:45ou le piano, ou déjà, les touches sont là, en fait, tout simplement.
03:47Donc, comme les instruments, c'est des instruments où il faut trouver le son, il faut travailler le son pour
03:51en avoir un joli.
03:53Donc, ça, ouais, je pense que c'est ça qui me plaisait.
03:55Après, tu as le son aigu, qui est, moi, je trouve très joli, et tu as un très beau son
03:59dans le violon quand c'est bien joué.
04:02Et, ouais, je pense que c'est ça qui m'a plu et qui m'a déterminée à continuer, voilà,
04:07pendant, quoi, 14, 15 ans.
04:09Et aujourd'hui, j'en fais plus autant que je fais du rap, par exemple, mais ça reste un instrument,
04:15tu vois, qui m'a accompagnée tellement longtemps que je ne l'oublie pas, quoi.
04:18Et il est dans certaines instrumentales, il est sur scène avec moi.
04:21Oui, qui vous a apporté aussi cette forme de singularité dans le programme Nouvelle École de la plateforme Netflix, parce
04:29que quand vous êtes arrivé à votre apparition avec le violon, dans ce monde-là, ça a scotché, y compris
04:36le jury, le public et le jury.
04:39Carrément, parce que je pense aussi, il y a déjà un enjeu dans la performance de rap, quoi, c'est
04:44quand même déjà un truc qui prend de l'énergie, qu'il faut le réaliser sans faire de fautes et
04:49tout.
04:49Donc, en plus, c'est la finale, donc il y a quand même un stress, etc. Je pense que, du
04:52coup, me voir sortir le violon à la fin, ça a épaté les gens, parce qu'on se dit, mais,
04:58en fait, tout le reste d'avant, c'était moins stressant.
05:01Parce qu'en fait, à la fin, elle faisait du violon, donc, pendant qu'elle rappait son truc, elle était
05:05en train de se concentrer sur, après, en fait, il faut que je lâche un solo.
05:07Donc, voilà, je pense que c'était ça qui a plu aux gens, le fait que je rajoute encore une
05:12dernière couche après tout ce que je viens de faire, ok, et en plus, je fais du violon à la
05:15fin.
05:15Alors, autre singularité, vous avez suivi un cursus universitaire de mathématiques.
05:21Oui.
05:21Vous avez un master en maths ?
05:23J'ai une licence.
05:24Licence ?
05:24J'ai une licence, j'ai arrêté au master, je me suis stoppée.
05:27Qu'est-ce qui vous a attiré dans les mathématiques ?
05:30Moi, j'étais, du coup, j'étais une élève qui n'avait pas trop de difficultés dans les matières scolaires,
05:39quoi.
05:39En fait, j'avais juste un amour d'apprendre et de savoir des choses et tout.
05:43Et en fait, à la fin du lycée, j'étais un peu dans ce choix où je ne savais pas
05:46trop quoi faire parce que, un peu, le choix des princes, des privilégiés, un peu, j'avais un peu tout
05:53qui me plaisait.
05:54Et j'ai choisi de faire des maths parce que j'ai suivi un cursus scientifique et, du coup, c
05:58'était un peu logique pour moi de garder les idées fraîches mathématiquement et de continuer direct, quoi, et de me
06:03dire si je veux faire autre chose plus tard, que ce soit de la philosophie ou de la sociologie ou
06:07de l'espagnol, je peux le faire plus tard.
06:09Oui.
06:10Alors que les mathématiques, c'est un peu mieux quand on continue d'affiler, quoi.
06:14Et est-ce que vous avez saisi la relation intime entre les mathématiques et la musique ?
06:20Pythagore, VIe siècle avant Jésus-Christ, déjà dit ça, dit que la musique et les mathématiques, c'est vraiment deux
06:27formes de pensée très, très, très proches.
06:29Et puis après, il y a Bartók, plus récemment, qui a construit une partie de sa création en mêlant, justement,
06:38les mathématiques et la musique.
06:39Alors est-ce que vous, vous avez senti et saisi ce lien ?
06:43Alors, je pense qu'il y a un lien clair entre la musique et les maths, qui est un lien
06:47technique, un lien un peu scientifique, si on veut analyser les ondes, si on veut analyser les gammes, etc.
06:53Parce que ça a été fait par des humains, donc il y a un peu des logiques derrière tout ça.
06:57Malgré tout, je pense que c'est important de garder l'aspect spontané, créatif, et aussi de rendre à César
07:04ce qui est à César, dans le sens où il y a des générations et des centaines de musiciens dans
07:08le monde
07:08qui ont fait de la musique sans les maths, ou qui ont fait de la musique sans savoir que c
07:11'était des maths, ou qui ont fait de la musique sans avoir une formation, par exemple, comme le solfège,
07:16qui a un lien très étroit pour le coup avec les mathématiques, parce que c'est le rythme, c'est,
07:20ok, il y a des croches, on divise par deux, le temps, etc.
07:22Ça c'est très mathématique, mais la musique en elle-même, la création, etc., là il n'y a rien
07:28de mathématique dans le sens où des fois ça ne s'explique pas,
07:31des fois ça se sent, et les mathématiques, on a des intuitions, mais ça ne relève pas du sensible, je
07:38trouve.
07:38Et ça vous sert un peu, vous, aujourd'hui, dans la pratique des logiciels, quand vous êtes avec un beatmaker
07:44et qu'il faut faire des sons ?
07:47Je pense que, moi, avoir une culture scientifique, moi ça m'aide à ne pas me sentir complètement perdue quand
07:52on me parle de certains concepts, ouais, dans l'ingénierie du son,
07:58après moi je ne suis pas en ingénie du son du tout, je suis vraiment musicienne et je suis rappeuse
08:01surtout, mais je pense que ça m'a aidée sur tout le solfège,
08:05d'avoir un truc de rythme, voilà, je n'ai jamais été pas en rythme, je sais ce que c
08:10'est une gamme, je sais qu'on chante dans une gamme ou qu'on ne chante pas dans une gamme,
08:14donc voilà, il y a ce genre de truc qui m'a aidée. Après, non, ouais, moi je, franchement, dans
08:18ma pratique musicale, j'essaye d'être spontanée et pas de calculer, justement.
08:23Et libre, et vous l'êtes ô combien ? Si on reste un peu sur votre enfance et votre adolescence,
08:30votre milieu, votre arrondissement dans lequel vous avez vécu et grandi,
08:34vous êtes très attachée au 20ème arrondissement encore aujourd'hui, il y a aussi, vous l'avez dit je crois,
08:40un engagement sur trois générations chez vous,
08:43c'est-à-dire que vous êtes vraiment d'une famille qui a eu des convictions politiques, qui les a
08:48formulées et qui les a déployées même.
08:51Ouais, carrément, je pense que, en tout cas, quand on me demande d'où vient mon engagement politique, je ne
08:55peux pas ne pas parler de ma famille,
08:56parce que c'est vraiment là d'où ça vient en premier, je pense, parce que, bah, juste on en
09:01parle chez moi, on discute des choses,
09:03on ne fait pas comme si c'était un sujet tabou et comme si c'était un truc qui ne
09:07devait pas exister, qui ne nous concernait pas, en fait.
09:10La politique, plus que la politique des politiciens, nous concerne et nous intéresse aussi philosophiquement, quoi, qu'est-ce que
09:16c'est l'humanité,
09:18comment on veut que l'humanité avance, est-ce que l'humanité avance, même, toutes ces idées-là, en fait,
09:23c'est des trucs qui sont hyper passionnants,
09:25et, en tout cas, qui passionnent beaucoup de gens dans ma famille, je pense, et ça vient de là, ouais,
09:29carrément.
09:29Ça se manifestait comment ? Alors, justement, dans des manifs ou dans des débats très fournis le dimanche ?
09:36Ouais, non, dans des débats, beaucoup, ouais, on discute beaucoup de, que ce soit d'actualité ou, comme je disais,
09:41de concept,
09:42et après, oui, bah oui, je suis allée en manifestation avec ma famille, c'est des rendez-vous familiaux.
09:47C'est vrai ?
09:48Ouais, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
09:49Et puis, ouais, on discute, il y a eu aussi des luttes, quoi, dans le XXe qui ont pu avoir
09:55lieu,
09:56dans lesquelles on a été participants à différents degrés, quoi, ouais, bien sûr.
10:02Alors, très étrangement, finalement, vous avez quand même fait le choix, vous étiez rappeuse avant Nouvelle École, sur Netflix,
10:10mais vous avez quand même décidé de vous jeter dans les bras du grand libéralisme capitaliste que représente cette plateforme,
10:17et même cette mécanique, hein, encore qu'il y a eu beaucoup de progrès dans la mécanique des télécrochers,
10:24et je pense que Nouvelle École en est un exemple.
10:27Vous avez hésité ou vous vous êtes plongée dans les bras de l'homme, les yeux fermés ?
10:32Ouais, bien sûr que j'ai hésité, parce que, bah, quand Nouvelle École est sortie, déjà, si on parle juste
10:39de Nouvelle École,
10:39quand Nouvelle École est sortie, la première saison, les deux premières saisons, c'était aussi un truc pour le rap
10:43français,
10:44de voir qu'est-ce qui allait être montré au grand public du rap.
10:47C'est un... Je pense qu'il y a plein de gens qui ont placé soit des espoirs, soit des
10:51doutes dans cette émission,
10:52en se disant, bah, en fait, il y a une occasion de montrer à un très, très, très grand public,
10:57plus que jamais,
10:57le rap, l'état, un peu, du rap, et quels sont les nouveaux artistes, etc.
11:02Et donc, il y a eu beaucoup, je pense, d'attentes qui ont été déçues ou accomplies, selon les avis,
11:07par Nouvelle École.
11:09Donc, ouais, il y a ça. Et après, il y a un truc, en tant que personne, de, bah, en
11:12fait, une fois que tu fais une émission comme ça,
11:14tu peux plus reculer, quoi. C'est là, ta carrière, entre guillemets, a une potentielle chance de se lancer.
11:19Donc, il faut bien calculer son coût, quand même.
11:22Faut pas... Non, mais voilà. Entre guillemets, si t'as pas de musique à sortir quand ça sort, bah, c
11:26'est un coût dans l'eau,
11:27c'est dommage d'avoir risqué de montrer ta tête comme ça partout, voilà.
11:31Et après, au niveau du philosophique, politique, je pense qu'on vit quand même dans un monde qui, globalement,
11:35qui nous force à faire tout un tas de compromis avec notre pensée tout le temps, surtout ma pensée, je
11:40pense.
11:41Et donc, en sachant qu'à Nouvelle École, j'ai aucune... Bien sûr, il y a du montage, mais il
11:47n'y a aucune demande de censure sur mes textes, par exemple.
11:50Donc, moi, je me suis dit, au final, de ces... Voilà, on m'avait proposé aussi dans la saison 3,
11:56ça, c'était pas fait, je l'avais pas... Voilà.
11:58Et dans la saison 4, du coup, on m'a reproposé, donc voilà, je l'ai fait.
12:02Et la façon dont ça s'est passé m'a confortée dans l'idée de...
12:08Si on est bien sûr de ce qu'on fait, qu'on réfléchit bien et qu'on est quand même
12:11calme,
12:12et qu'on garde, et qu'on se fait pas happer par, peut-être, l'envie de célébrité,
12:16et du coup, le stress que ça apporte quand on est devant une caméra,
12:19et voilà, tout un tas de projections qu'on se fait sur qui on va apparaître en tant qu'artiste
12:23à la caméra, etc.
12:24Ou qu'est-ce qu'ils vont vouloir transmettre de vous.
12:26Voilà, exactement. Et qu'on reste soi-même, et qu'on se laisse pas, voilà.
12:29Des fois, il y a aussi des questions qu'on nous pose dans cette émission,
12:32ou à laquelle il faut savoir dire, ça c'est pas moi, moi je peux pas répondre à ce genre
12:35de questions.
12:37Ça peut bien se passer. Après, c'est dur et on choisit pas,
12:39et moi j'ai eu une chance que le montage se passe bien aussi.
12:43Il y a des gens pour qui c'est pas le cas, donc...
12:44Moi, ce qui m'a beaucoup épatée, parce que j'ai suivi cette saison,
12:47et j'étais derrière vous, devant mon écran de télévision,
12:50c'était la façon dont vous avez amené votre univers dans cette émission.
12:56Et ça, il fallait quand même le faire.
12:58Alors, votre univers musical, puisque, effectivement, on parlait du violon tout à l'heure,
13:02votre flot qui est absolument incroyable,
13:05et puis aussi vos textes.
13:07Vos textes qui, déjà, transmettaient votre relation au monde, très engagés,
13:12avec même visuellement, sur la finale, une sorte de manif
13:17où on aurait pu assimiler vos camarades, qui étaient vos amis, à des black blocs.
13:23Donc, tout ça, c'est quand même très volontaire.
13:27Je pense que c'est important, surtout dans l'époque dans laquelle on vit,
13:31de montrer des images contraires à ce qu'on essaie de nous promouvoir
13:37et de nous promettre comme étant un monde souhaitable.
13:39Je pense que c'est important d'opposer à ça des images fortes,
13:42et donc un peu plus, voilà, un peu, pas hardcore, mais voilà, assez radicales d'un autre côté,
13:48pour permettre à des idées, entre les deux, de tout ça, d'exister aussi.
13:51En fait, montrer des black blocs sur scène, ça permet de montrer qu'en fait,
13:56les idées de gauche, parce que c'est ce à quoi on assimile les idées de gauche aujourd'hui,
14:00elles existent et elles sont aussi sensibles, elles sont aussi artistiques,
14:04elles sont aussi belles, elles sont aussi des moments de collectif,
14:07des moments de joie, des moments de retrouvailles.
14:09Et je pense que c'est très important d'essayer d'affirmer partout où on peut,
14:14dans les temps qui sont les nôtres, que ça existe encore et qu'il ne faut pas lâcher.
14:19Et ce qui, moi, m'a d'autant plus réjoui, c'est que vous parlez aussi de votre apparence,
14:24un des plus beaux morceaux du rap français de ces cinq dernières années,
14:27c'est « Filles sages », le dit, franchement, ce texte, il est puissant.
14:31Merci beaucoup.
14:33Vous dites, voilà, moi j'ai une apparence de « Filles sages »,
14:36et d'ailleurs, dans la vie, je suis assez timide, dites-vous,
14:40et en même temps, j'ai cette radicalité en moi,
14:43et ce contraste où vous en jouez, un peu, quelque part.
14:46Oui, clairement.
14:47Je me suis rendue compte qu'il y avait ce contraste, du coup, en commençant à rapper,
14:51parce que j'ai fait le style de rap que moi j'aimais,
14:53mais il se trouve que, je pense, au niveau des clichés,
14:55ce n'est pas un style de rap qui colle à mon image physique, quoi.
15:00Mais en vrai, si on se parle pendant une heure,
15:02on va très bien voir que ça colle complètement à qui je suis, donc voilà.
15:05Mais c'est vrai que, du coup, j'ai remarqué, notamment à Nouvelle École,
15:08quand j'arrive dans ce parking où ça a l'air hyper intimidant, etc.,
15:11moi, je suis en mode « C'est des super conditions pour rapper, ça, c'est génial ! »
15:15Ça ressemble à mon 20e.
15:17Ça ressemble à mon 20e.
15:18Il y a des meilleures enceintes que dans plein d'endroits où j'ai rapé, c'est génial.
15:21Donc, il y a un peu ce contraste entre qui je suis, la vie que j'ai pu mener,
15:25les idées que j'ai et ce à quoi je ressemble
15:27et les clichés qu'on a dans le monde sur les femmes.
15:30Et ouais, je pense qu'il faut en jouer, il faut venir casser ces codes-là
15:33et je trouve ça cool d'avoir l'occasion de le faire.
15:36Alors, je ne vais pas faire, malheureusement, l'économie de la question
15:40qu'on vous a posée depuis que vous êtes sortie de Nouvelle École.
15:43Et d'ailleurs, si vous n'étiez pas sortie de Nouvelle École
15:45et que vous aviez explosé, on vous aurait sorti cette question.
15:50« Être une femme dans le rap ».
15:52Alors, je ne vais pas vous la poser comme ça.
15:53Je vais essayer de progresser un peu
15:56et de me réapproprier votre pensée
15:58en disant que ça vous saoule un peu
16:00parce que de parler de l'invisibilisation des femmes,
16:03c'est de fait invisibiliser les femmes qui font du rap.
16:06Je trouve cette idée très intéressante.
16:08Est-ce que vous pouvez la développer ?
16:10En fait, je trouve que encercler les femmes autour de cette question,
16:16c'est-à-dire les considérer comme étant juste la représentation
16:19de la minorité des femmes rapants, entre guillemets,
16:23ça les empêche d'exister comme personnes, entre guillemets, normales
16:26au sein de ce paysage musical.
16:28C'est le fait de dire à une femme que c'est une femme
16:31et la ramener à son rôle de femme tout le temps, entre guillemets,
16:34ou souvent, et de dire, c'est absolument cette question
16:38sur laquelle on veut qu'elle s'exprime, c'est l'empêcher d'être une artiste,
16:42l'empêcher d'être une personne, l'empêcher d'être quelqu'un de multiple
16:46et de divers et de variés.
16:47Il y a plein de femmes qui n'ont pas d'opinion sur le fait d'être une femme.
16:50C'est paradoxal, mais comme il y a énormément, je pense,
16:53même plus d'hommes qui n'ont pas d'opinion sur le fait d'être un homme,
16:56alors qu'on pourrait penser qu'il devrait en avoir un
16:58parce qu'il nous cause quand même pas mal de problèmes dans la société.
17:02Donc, voilà, je pense que ça dit beaucoup, justement,
17:05on attend trois fois plus des femmes,
17:07donc en fait, elles doivent exister, ce qui est déjà une difficulté,
17:09là, on est tous d'accord,
17:10elles doivent exister artistiquement, ce qui est encore plus une difficulté,
17:13professionnellement,
17:14et en plus, elles doivent avoir une réflexion philosophique
17:17comparée à tout ce qu'elles vivent déjà.
17:18C'est quand même beaucoup leur en demandé, je trouve,
17:20et je trouve que c'est la preuve qu'on n'en demande peut-être pas assez aux autres.
17:24Oui, vous dites d'ailleurs qu'on ne pose jamais la question aux hommes.
17:27Dans le rap, on ne le demande jamais à l'homme.
17:28Alors, ça fait quoi d'être un homme ?
17:29À l'époque de MeToo, qu'est-ce que ça fait de parler de salope dans ses textes ?
17:33C'est une question super intéressante, ça ne veut pas dire que l'homme est sexiste,
17:36mais c'est hyper intéressant de dire
17:38qu'est-ce que ça fait de continuer d'être une incarnation de clichés virils
17:42dans un texte de rap à l'heure en 2026.
17:45Je trouve ça hyper intéressant de poser la question à des hommes,
17:47ce qui ne veut pas dire qu'ils répondraient à des trucs baises,
17:49il y aurait vraiment des trucs hyper intéressants à avoir,
17:51et je trouve qu'on ne va pas du tout dans ce côté-là.
17:54Il y a un peu Yousoufa qui, dans son dernier album,
17:56parle d'un homme en chantier ou en reconstruction.
18:00C'est vrai, hein ?
18:00Oui, c'est vrai.
18:01Mais du coup, dans les interviews, il y a beaucoup ce truc de faire parler les femmes
18:05pour qu'elles soient absolument tristes,
18:08qu'il y ait une invisibilisation des femmes dans le rap,
18:10comme si ça ne venait que du rap aussi.
18:11Je trouve que c'est un peu accuser le rap d'être...
18:13De la même manière, quand on me parle beaucoup du fait que le rap n'est plus engagé,
18:18en me demandant de me représenter comme la nouvelle figure d'engagement.
18:21Déjà, en vrai, il y a beaucoup de textes aujourd'hui qui sont hyper féministes,
18:26hyper engagés dans le rap, de plus en plus.
18:28En vrai, ça revient.
18:29En tout cas, peut-être qu'il y a eu un moment de creux, c'est possible.
18:31Je n'ai pas fait d'études.
18:33Mais en tout cas, j'ai l'impression que ça revient beaucoup,
18:35beaucoup dans les textes des jeunes rappeurs aujourd'hui.
18:38Et ouais, on n'en parle pas assez, pour le coup.
18:40Alors qu'on passe son temps à demander à des gens de se dire que le rap n'est plus
18:44engagé.
18:44C'est quand même super dommage.
18:46Et finalement, ça aboutit aussi, peut-être,
18:49je ne sais pas si vous allez être d'accord avec moi,
18:51une forme d'excès où tout d'un coup,
18:55on valorise la femme puissante versus Ayana Kamoura,
18:58ou la boss lady.
19:00Maintenant, on a la sensation que pour exister en tant que femme dans le game,
19:04il faut être une boss lady.
19:06Il y a un peu ça quand même aussi.
19:07Je pense que c'est la même chose du côté des hommes.
19:10En vrai, il y a ce côté dans le rap,
19:12il y a un des aspects du rap qui est ce côté un peu flex,
19:14un peu se mettre au-dessus des autres en disant
19:18« je suis le boss pour telle et telle et telle raison ».
19:21Et il y a un côté hyper agréable à faire ça en termes d'écriture.
19:24Parce que, notamment en tant que femme,
19:26tu peux trouver des super jolies images,
19:28des super façons, des super postures pour te mettre en valeur.
19:32Et donc ça, c'est trop beau en termes d'écriture.
19:34Il y a de quoi vraiment, il y a matière à réfléchir et à faire.
19:38Mais c'est une des composantes du rap,
19:40en tout cas le fait de se mettre en position de surplomb par rapport aux autres.
19:46Dans les postures féminines,
19:48c'est une des postures qui aident beaucoup les femmes
19:50à se sentir capables et aptes à faire quelque chose.
19:53Parce que le monde, il est dur.
19:56Le monde, il t'entraîne quand même à fermer ta bouche,
19:59à ne pas trop parler, à rester discrète,
20:01à rester une fille sage peut-être.
20:05Et je pense que c'est important de jouer.
20:07Moi, j'essaye en tout cas d'être dans une posture un tout petit peu différente
20:10qui est un peu un contraste entre les deux.
20:11De « Ouais, je suis une meuf grave stylée,
20:13mais en fait, j'ai été une fille timide,
20:16je peux être une fille timide parfois. »
20:18Et c'est important aussi d'avoir un côté sensible.
20:20C'est important aussi d'avoir un côté doux.
20:22Parce que sinon, je pense qu'on oublie les autres.
20:24On se considère que soi-même.
20:26Et ça, ça me dérange un peu.
20:27En tout cas, il ne faut pas que ça aille jusqu'à l'injonction
20:30pour toutes les femmes dans la musique
20:32de devenir des boss ladies.
20:34Il faut l'être naturellement.
20:35Oui, je pense qu'il faut laisser exister
20:39les personnes sous leurs multiples facettes.
20:42Et c'est ça qui est magnifique, en fait.
20:44Et je trouve que ce qu'on arrive un petit peu
20:46commence à atteindre un peu dans le paysage musical français.
20:50C'est de laisser de plus en plus exister
20:52plein de profils divers et variés.
20:56On les met encore un peu beaucoup en comparaison entre elles,
20:59je trouve, les femmes.
21:00Mais on commence à comprendre que, en fait,
21:02des fois, ça n'a pas de sens, premièrement.
21:04Et puis, de deux, ça ne les aide pas.
21:05Et puis, d'arrêter de porter cet enclume au-dessus de la tête
21:09à la recherche de la nouvelle diable.
21:11C'est insupportable.
21:12Oui, c'est complètement...
21:14En fait, les gens sont dans une intention qui n'est pas méchante.
21:17Quand tu dis ça, c'est très mignon.
21:18Ah oui, tu me fais trop penser à Diab.
21:20C'est aussi un compliment.
21:22Ce n'est pas non plus n'importe qui.
21:24Mais c'est vrai que ça entretient ce qu'on appelle
21:28le syndrome de la schtroumpfette.
21:29Le fait qu'il ne doit y avoir qu'une seule femme
21:32qui peut représenter les femmes qu'on aime bien.
21:35Et en fait, s'il y en a d'autres,
21:37c'est qu'elles doivent se battre dans un combat à mort
21:39pour qu'il n'y en ait plus qu'une.
21:41Et c'est quand même...
21:42Enfin, c'est une idée sexiste millénaire, quoi.
21:44C'est extrêmement dommage de ne pas laisser
21:49plusieurs personnes exister, tout simplement.
21:51Alors, votre EP s'intitule Arya.
21:53Il y a trois raisons, en fait.
21:55C'est très Arya Stark.
21:57Évidemment, Games of Thrones, votre ressemblance
22:00à cette héroïne, une héroïne qui, justement, s'en sort.
22:03Oui. Et puis, en plus, qui incarne, je trouve,
22:05aussi une féminité qui n'est pas banale.
22:07Voilà.
22:08Elle n'incarne pas un truc de...
22:10Elle a très peu de moments de séduction dans la série.
22:12Il n'y a pas du tout de...
22:13Voilà. Elle a un côté très...
22:14Voilà, elle est qui elle est.
22:16Arya, aussi, je ne savais pas.
22:19J'ai bien vu le lien avec la musique classique,
22:21mais c'est un terme qui signifie empêchement, c'est ça ?
22:23Oui, embarras.
22:24Embarras.
22:25Un problème, un tracas, un souci qu'on se fait, quoi.
22:28Qu'est-ce qu'il y avait derrière cette idée
22:30d'embarras, de souci, de tracas ?
22:32Eh bien, du coup, quand j'ai pensé
22:34à appeler mon EP Arya,
22:36j'ai regardé, donc, toutes les définitions
22:38et je suis tombée sur ce truc de tracas
22:40que je ne connaissais pas non plus,
22:41qui est, je crois, de l'ancien français
22:42ou un truc comme ça.
22:44Et, en fait, j'ai trouvé ça parfait
22:46par rapport au thème des sons
22:48qui étaient déjà faits dans l'EP,
22:49où, en fait, oui, dans cette EP,
22:52j'ai toujours mon truc un peu politique,
22:56fougueux, etc.
22:57Mais il y a quand même des moments de doute,
22:58des moments de fragilité,
23:00de remise en question aussi,
23:01beaucoup de remise en question.
23:02Même sur ma posture,
23:03il y a des sons où je parle de ma posture
23:05en tant que personne qui a une attente sur elle,
23:08une visibilité, etc.
23:10Et je remets en question ce truc-là de,
23:12mais en vrai, moi, je suis quelqu'un de très chill.
23:14Donc, est-ce que je suis vraiment une star ?
23:16Enfin, voilà, il y a tout ce truc
23:18que je remets en question, quoi,
23:19comme si c'était un petit caillou, quoi.
23:21Est-ce qu'aujourd'hui,
23:23vous vous sentez plus armée
23:26pour affronter tous les pièges de ce métier ?
23:31Ou vous êtes la même
23:32que lorsque vous avez sorti Fugue, par exemple ?
23:36Il s'est passé d'autres trucs dans ma vie,
23:37mais c'est sûr qu'une expérience
23:38comme Nouvelle École,
23:39ça te met dans un certain contexte
23:41qui est quand même un contexte
23:43de création musicale hyper intense,
23:45qui n'arrive pas dans le reste de la vie.
23:46Donc, ça te met quand même
23:47dans un truc de création rapide,
23:49efficace et directement montré à un public,
23:52ce qui est quand même assez rare.
23:53Ça te met aussi dans des conditions
23:55caméra, journaliste, rythme
23:56qui n'est pas le tien.
23:57Entre guillemets, il y a des horaires
23:58dans un plateau de tournage,
23:59tu ne décides pas.
24:00Et ça, c'est assez rare.
24:01En vrai, quand tu es sur un clip, par exemple,
24:04si moi, je dis que j'ai envie
24:05de 5 minutes de pause,
24:07globalement, on va avoir 5 minutes de pause
24:08parce que c'est mon clip
24:10et on est dans une équipe,
24:11on travaille tous ensemble
24:13pour un projet que je suis en train de faire.
24:14Et voilà, sur un plateau de tournage,
24:165 minutes de pause,
24:17voilà, entre guillemets, c'est un exemple,
24:18mais ça n'a pas forcément lieu.
24:20Et donc, ça te force à rentrer
24:21dans un contexte qui n'est pas le tien,
24:23à t'adapter.
24:24Et je pense que ça te déstresse
24:26sur plein d'aspects
24:27parce que tu es dans des conditions
24:28tellement stressantes
24:29et tellement pressée.
24:29Ah non, on va là.
24:31Que du coup, dans les autres conditions,
24:33tu as l'air beaucoup plus détendue
24:34parce que c'est largement plus
24:37centré autour de toi.
24:39Je pense qu'il y a ça.
24:40Après, moi, j'ai aussi fait
24:41beaucoup de scènes et tout.
24:42Donc, j'ai déjà un parcours
24:44lié au rap d'une autre manière
24:46qui me permet d'avoir aussi une assise,
24:48de me sentir en confiance,
24:49d'être dans ce que je suis en train de faire
24:50et de ne pas me dire
24:51que je suis une impostrice
24:53en train de...
24:54Voilà, j'ai fait une émission
24:55et maintenant...
24:55Vous êtes vraiment obsédée par ça.
24:57D'ailleurs, dans Victoire,
24:57vous dites que mes idées
24:59ne se vendent pas.
25:00C'est ça, en fait.
25:01C'est continuer à faire ce métier,
25:03à écrire,
25:04à répondre à ce biorhythme incroyable,
25:07mais toujours de façon incorruptible.
25:10C'est ça ?
25:11Oui, j'essaye.
25:12En tout cas, je pense que
25:13personne n'est infaillible,
25:15mais j'essaye, de toute façon,
25:16j'essaye de continuer à m'informer,
25:18à apprendre, à ouvrir mon esprit.
25:21Et de là, je pense,
25:22découlent naturellement dans mes textes
25:24les pensées que j'expose.
25:27Merci beaucoup, Dezel.
25:29Moi, j'ai envie de dire
25:30à toutes celles et tous ceux
25:32qui ne vous connaissent pas
25:33que vos textes,
25:35ça vaut largement des cours
25:37d'éducation civique
25:38que j'ai suivi quand j'étais gamin.
25:40Et il y a aussi, évidemment,
25:42au-delà de l'engagement,
25:43l'émotion et puis l'état psychologique
25:47d'une jeune femme d'aujourd'hui,
25:49parce que c'est très important, ça aussi.
25:50Carrément.
25:51Oui, j'essaye de parler
25:53de l'ensemble des doutes
25:55qu'on a, en fait, dans ce monde
25:56quand on est jeune,
25:57où on est complètement perdu
25:59entre les attentes
26:00qu'une société peut avoir sur soi
26:01et, en fait, l'état du monde
26:03qui ne t'invite pas du tout
26:04à prévoir sur 10 ans ta carrière
26:05ou je ne sais quoi.
26:06Donc, oui, toute cette ambivalence-là
26:08et les sentiments que ça crée, oui.
26:09Merci beaucoup.
26:10Merci beaucoup.
26:12Merci beaucoup.
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