00:00Municipal 2026
00:027h18, matinage spécial élection municipale Simon Colboch à Perpignan.
00:05Louis Alliot réélu dès le premier tour.
00:08Notre invité Simon lui a terminé à la troisième place hier soir.
00:11Bonjour Bruno Nougarède.
00:12Et bonjour.
00:12Candidat de la droite et du centre, 13,5% des voix hier.
00:16D'abord, comment qualifiez-vous la victoire de Louis Alliot ?
00:19Est-ce qu'on peut parler de triomphe ?
00:20Triomphe, je ne crois pas parce que si nous avons un taux d'abstention
00:24qui est extrêmement fort sur Perpignan,
00:25le triomphe serait d'arriver à convaincre un habitant sur deux de cette ville.
00:29Après, sur le fond, les résultats sont clairs, sont nets.
00:31Voilà, moi j'ai porté des convictions pendant cette campagne,
00:33j'ai porté des convictions pendant six ans en tant qu'opposant à Louis Alliot.
00:36Mes convictions restent les mêmes aujourd'hui,
00:38même si une majorité des électeurs d'hier ont semblé dire le contraire de ce que je pense.
00:4213,5%, on est d'accord pour dire que c'est un flop ?
00:45Un flop, oui, j'assume.
00:47C'est-à-dire que moi je m'étais présenté à cette élection
00:48comme chaque fois que j'essaie de faire quelque chose dans ma vie
00:51avec l'objectif de gagner, l'objectif de remporter la conviction.
00:54Je n'ai évidemment pas réussi.
00:55Après, je crois que le contexte était difficile.
00:57Je crois que la notoriété a beaucoup joué.
01:00C'est une élection de notoriété, l'élection municipale.
01:02Il y a des candidats qui ont beaucoup mouillé le maillot,
01:04mouillé la chemise pendant ces derniers mois, ces dernières années même.
01:07Michael Hidrac, le candidat insoumis, qui sera avec nous tout à l'heure à 7h30,
01:10en fait partie.
01:11Vous en faites partie aussi.
01:13Est-ce que ce n'est pas frustrant aussi de voir Louis Alliot réélu dès le premier tour
01:16alors qu'il a fait campagne à bas bruit finalement ?
01:19Non mais moi je n'ai pas de frustration vis-à-vis d'entre guillemets de la machine politique.
01:23Moi, mon seul vrai sujet, ça reste Perpignan.
01:25Ça fait 6 ans encore une fois qu'au conseil municipal,
01:27je porte un certain nombre de convictions, je porte un certain nombre de contradictions.
01:31Il me semble que cette ville de Perpignan n'est pas au niveau auquel elle devrait être
01:34et ce n'est pas parce que hier, la moitié des électeurs qui ont voté ont dit le contraire
01:37que je change de conviction.
01:38Est-ce qu'il vous a manqué alors dans cette campagne ?
01:40Je crois que le véritable sujet d'une élection municipale, c'est la notoriété.
01:44On le sait depuis le départ.
01:45Moi, je sais que je me suis affronté à quelqu'un qui fait de la politique depuis 35 ans,
01:49qui est connu dans la ville de par son engagement politique du passé,
01:53qui est maire sortant, donc qui normalement avait tous les leviers, toutes les manettes.
01:56Évidemment que cela a emporté une certaine conviction.
01:58Vous avez tenté de nous faire connaître notamment avec une proposition choc,
02:01ces mille caméras que vous vouliez pour la vidéosurveillance ou vidéoprotection,
02:05c'est selon.
02:06Ça n'a pas marché, ça n'a pas imprimé, cette idée n'a pas infusé visiblement.
02:09Non, je crois qu'il y a peu d'idées qu'on a infusées dans cette campagne.
02:11J'ai vu hier que le maire réélu nous disait
02:14« je remercie les Perpignanais qui ont choisi le programme que je vais mettre en œuvre ».
02:18Je n'ai pas vu l'once d'une proposition, donc je crois qu'aucune proposition n'a infusé.
02:22Cette campagne est restée à la fois dans des logiques nationales et dans des logiques de notoriété.
02:25Vous étiez soutenu par de nombreux partis,
02:27Les Républicains, Renaissance, Modem, Horizon, UDI.
02:30Ce n'est pas des poids, ce n'est pas des boulets que vous avez traîné, les partis politiques ?
02:35Est-ce que ce ne sont pas des étiquettes qui sont parfois des reboussoirs ?
02:37Vous savez, moi j'avais, encore une fois, je reste sur mes positions personnelles
02:41qui étaient de ne pas avoir de carte de parti, d'être un homme libre.
02:43Mais il me semblait important de montrer qu'on était capable de rassembler des gens qui pensaient différemment.
02:47Je crois qu'encore une fois, on ne construit pas une politique municipale
02:50avec tous les gens qui pensent comme vous.
02:51Donc de ce point de vue-là, ça a ajouté à ma crédibilité
02:53la capacité de faire travailler ensemble des gens qui ne le font jamais au niveau national.
02:57Après, ça restait une élection locale.
02:59Et d'ailleurs, on avait beaucoup évoqué un duel LF-IRN.
03:02On voit qu'à la fin, ce n'est pas parce que deux meetings ont été organisés à Perpignan
03:06que ce duel s'est matérialisé dans les urnes.
03:08Vous revoilà dans l'opposition municipale.
03:10Vous allez siéger ces prochaines années ?
03:11Ah ben oui, je n'ai pas l'intention d'abandonner.
03:13Je me suis battu pendant six ans, ça va continuer.
03:15Mais vous ne serez plus le seul.
03:17La gauche aussi fait son retour au conseil municipal de Perpignan.
03:20À quoi il faut s'attendre pour les six prochaines années ?
03:22Vous savez, je pense que pour un maire, avoir une opposition, c'est essentiel.
03:25Parce que c'est quand même un moyen d'aller sortir de ses certitudes et de ses conforts.
03:29Et vous êtes sorti seul ces six dernières années ?
03:31Pendant six ans, oui, très clairement.
03:32D'autant plus qu'une bonne partie des gens qui avaient été élus dans l'opposition avec moi
03:34n'ont jamais eu l'intention de s'affirmer dans l'opposition.
03:37Et d'ailleurs, on l'a vu, puisqu'ils ont tout fait pour essayer de rejoindre la majorité.
03:40Oui, de ce point de vue-là, que l'opposition devienne multiple et variée,
03:44je pense que c'est un plus pour les Perpignanaises et Perpignanais.
03:46Donc vous saluez le retour de la gauche, place de la loge ?
03:48Je pense que c'est important, oui, que tout le monde soit représenté à la loge.
03:50Vous êtes de droite, Bruno Nouguered, on l'a dit.
03:52Comme la plupart, d'ailleurs, des maires de Laglo de Perpignan.
03:55Il y a six ans, les maires de Laglo avaient fait barrage à Laglo
03:58pour empêcher Louis Alliot à prendre la présidence de la communauté urbaine.
04:01C'est le maire de Saint-Estèvres, Robert Villa, qui avait été élu.
04:04Robert Villa qui a été réélu hier à Saint-Estèvres.
04:07Vous qui connaissez bien Laglo, parce que vous y siégez,
04:09vous qui connaissez bien les maires de Laglo et votre famille politique,
04:13est-ce que cette année, est-ce que cette fois, ils vont laisser le champ libre à Louis Alliot ?
04:17Je crois que la question, ce n'est pas une question de barrage.
04:18La question, c'est une proposition qui avait été faite en début de mandat aux uns et aux autres,
04:21vis-à-vis d'un projet pour la communauté urbaine,
04:24qui avait été présenté, je vous rappelle qu'il y avait trois candidats à l'époque.
04:26Il y avait Alain Ferrand, le maire du Barcares, Louis Alliot et Robert Villa.
04:30Et c'est Robert Villa qui l'avait emporté.
04:31Nous verrons bien qui seront les postulants cette année et quelles propositions ils feront.
04:36Après, le maire de Perpignan est en position de force avec 30 élus,
04:38évidemment, à la communauté urbaine, mais il était déjà il y a six ans.
04:41Ça vous semble la logique qu'il prenne la présidence de Laglo ?
04:43Moi, j'ai toujours milité pour que le maire de Perpignan soit le président de la communauté urbaine.
04:47Mais j'ai aussi toujours milité pour que le maire de Perpignan soit un moteur de la communauté urbaine.
04:50On a vu pendant six ans, Louis Alliot ne pas s'investir du tout,
04:53alors qu'il était vice-président, membre de l'exécutif.
04:55On a eu trop souvent tendance à l'oublier.
04:57Donc, je ne suis pas sûr qu'il ait une envie folle de présider la communauté urbaine,
05:00parce que le travail est encore très très différent de ce qui se fait dans une commune.
05:03Et la communication ne peut suffire là-bas.
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