00:00 Et pour l'instant on est à Perpignan ce matin avec notre invité à la veille du conseil municipal
00:05 le premier conseil depuis la démission de Marie Bach, l'adjointe aux finances. Qu'est ce que ça va donner ? Qu'en pense l'opposition ?
00:12 Parole justement ce matin au chef de file de la droite au conseil municipal, Suzanne Chaudier.
00:17 Bonjour Bruno Nouguered.
00:19 Bonjour.
00:19 Alors désormais c'est le maire de Perpignan, Louis Alliot, qui s'occupera de la délégation des finances.
00:24 Il reprend les rênes après la démission de Marie Bach, lui qui s'occupait déjà de la sécurité en plus bien sûr de sa casquette de maire.
00:31 Ça fait pas beaucoup pour une seule personne ?
00:33 Je crois que surtout c'est très révélateur d'un état d'esprit, d'un fonctionnement.
00:37 Aujourd'hui il annonce dans la presse qu'il va donc reprendre cette délégation en direct tout en disant qu'un certain nombre de ses adjoints
00:44 présenteront les sujets au conseil municipal.
00:46 Donc en gros il est le chef, il a le pouvoir, mais il envoie ses adjoints
00:51 répondre aux questions et prendre les risques et essayer d'affronter l'opposition.
00:55 Ça veut dire qu'il n'a plus confiance en personne ?
00:57 C'est assez révélateur d'un système me semble-t-il et ça veut dire surtout que son équipe est sans doute minée par les divisions.
01:02 Je crois que Charles Ponce avait laissé entendre, lui qui avait été par le passé conseiller municipal
01:08 délégué aux finances, que c'est quelque chose qu'il pouvait faire et peut-être qu'on n'a pas voulu lui donner pour je ne sais quelle lutte
01:14 interne et je ne sais quelle opposition interne.
01:18 Alors Louis Alliot il dit que de toute façon c'est lui qui prenait les décisions finales
01:22 en tout cas en ce qui concerne les finances donc peut-être que finalement ça changera pas grand chose.
01:26 Son argument principal c'est de dire que Jean-Marc Pujol l'a fait mais je crois que tous les gens qui connaissent un peu Jean-Marc Pujol, son prédécesseur,
01:32 savent qu'il avait quand même un certain nombre de compétences dans le domaine des finances, que c'était même son métier, que c'était même son sujet de prédilection.
01:38 Et ce que je peux constater moi c'est que ça fait trois ans que je siège au conseil municipal de Perpignan, trois ans que je siège au conseil d'agglomération.
01:46 Je n'ai jamais entendu Louis Alliot dire un seul mot sur l'aspect financier ou répondre à une seule question technique sur l'aspect financier.
01:52 Et s'il n'est pas spécialiste il ne peut pas s'en charger selon vous ?
01:55 Disons qu'au bout d'un moment c'est quand même important d'avoir à côté du maire quelqu'un qui maîtrise au quotidien
02:00 avec les équipes, avec les services, ces aspects là qui sont très techniques et qui demandent un certain nombre de compétences techniques.
02:05 Et puis se pose derrière une autre question qui est une question aussi un peu démocratique.
02:08 La ville de Perpignan est une ville dans laquelle l'opposition ne préside pas la commission des finances.
02:14 La commission des finances qui est justement là pour traiter d'un certain nombre de sujets techniques autour des finances
02:18 était présidée par le passé par le rassemblement national à l'époque où Louis Alliot était dans l'opposition.
02:23 Et la première décision qu'il a prise en étant élu maire c'est de priver l'opposition
02:27 de ce droit de regard, de ce droit de contrôle.
02:30 Mais peut-être que quand on voit aujourd'hui l'état des finances on comprend pourquoi.
02:33 - Parce que ça se passe mal aujourd'hui les finances de Perpignan ?
02:36 - Aujourd'hui les finances de la ville se dégradent.
02:37 Toute personne qui a reçu sa fiche d'impôt sait que depuis 2020 les impôts ont fortement augmenté.
02:44 - C'est ça qui vous fait dire que les finances vont mal ?
02:47 - C'est-à-dire quand vous augmentez les impôts, quand vous augmentez les dépenses
02:49 et que concrètement il se passe pas grand chose d'autre et qu'il n'y a pas de projet qui naisse.
02:53 Vous savez dans une ville les impôts ils servent normalement à financer des grands projets,
02:56 ils servent à financer des investissements pour demain.
02:58 S'il n'y a pas de grand projet, et ça je mets au défi quiconque d'annoncer quel grand projet va sortir à Perpignan dans les prochaines années,
03:05 si vous n'avez qu'une hausse d'impôt qui est là pour financer des dépenses courantes,
03:09 c'est le contraire de ce qu'il faut faire dans une collectivité.
03:11 Il est 7h48 sur France Bleu Roussillon, notre invité Suzanne Chaudjailly,
03:21 Bruno Nouguéret, chef de file de la droite au conseil municipal de Perpignan.
03:25 - Revenons sur la démission de Marie Bach, l'adjointe aux finances justement la numéro 2 sur la liste de Louis Alliot.
03:31 Est-ce que ça vous a surpris le fait qu'elle démissionne ?
03:34 - C'est toujours étonnant de voir quelqu'un qui avait été choisi pour ses compétences,
03:38 qui avait été choisi en numéro 2 sur la liste, à qui on avait confié cette délégation importante des finances,
03:43 claquer la porte à mi-mandat.
03:45 Et le faire, souvent quand il y a des dissensions dans les conseils municipaux, des séparations,
03:49 elles se font sur des questions politiques, c'est-à-dire l'un rejoint notre parti politique.
03:53 Non, là on a une personnalité qui avait été choisie parce qu'elle était justement emblématique de l'ouverture que préconisait
03:58 et que voulait incarner Louis Alliot.
04:00 - Est-ce que les autres adjoints ne sont pas ouverts sur le reste de la société ?
04:03 - Disons que les autres adjoints qui incarnaient l'ouverture, c'est-à-dire qui venaient d'autres partis politiques ou d'autres milieux,
04:07 on s'aperçoit qu'ils ont quasiment tous aujourd'hui pris la carte du Rassemblement National.
04:10 Donc ça devient une ville entièrement gérée par l'ERN avec une liste qui devient de plus en plus "pure".
04:16 Et Marie Bach, elle incarnait cette ouverture, elle incarnait cette compétence technique,
04:20 de par son métier, de par son passé professionnel, et elle venait apporter ça.
04:25 Le fait qu'elle s'en aille à mi-mandat, c'est assez révélateur.
04:28 Et je pense que c'est en partie révélateur de ce qu'on vient de dire aussi sur les finances.
04:31 C'est quelqu'un qui pouvait ne pas être sans doute en accord avec tous les choix politiques qui étaient faits,
04:35 notamment d'augmentation des dépenses publiques.
04:38 - Donc c'est une question de désaccord essentiellement sur les décisions, sur les choix ?
04:41 - Je pense qu'il y a ça en partie, je ne suis pas dans sa tête, donc elle vous l'expliquera mieux que moi évidemment.
04:45 Mais je pense qu'il y a ça d'une part, et il y a sans doute aussi un certain nombre de dissensions qu'on voit dans cette équipe.
04:50 J'en suis le premier témoin régulièrement, et ça me sidère toujours un petit peu.
04:55 Non mais des élus de cette équipe peuvent venir me faire part des difficultés qu'ils peuvent avoir
04:59 avec l'un ou l'autre, avec le maire, avec la politique qui est menée par la commune.
05:02 - Quel genre de difficultés ?
05:04 - Aujourd'hui je pense qu'il y a des vraies difficultés relationnelles entre les uns et les autres,
05:07 et puis une absence de projet.
05:09 Vous savez ce qui fait tenir une équipe, c'est qu'elle va vers quelque chose.
05:12 Et aujourd'hui ce qui est très révélateur, c'est que Louis Alliot a été élu sur un slogan,
05:16 "une ville plus grande, plus quelque chose",
05:18 mais qu'un slogan ne suffit pas au quotidien à construire quelque chose.
05:22 Et on voit que les difficultés qu'il a, les relations qui sont toujours très politiques,
05:26 très compliquées avec les autres institutions, que ce soit la région, le conseil départemental,
05:30 la communauté urbaine, l'empêchent d'avancer.
05:32 Et lui-même est toujours dans une relation de force, dans une relation politique.
05:37 Or 99% des décisions d'un maire ne sont pas des décisions politiques,
05:42 ce sont des décisions de bon sens pour le quotidien des Perpignanais.
05:45 - En tout cas, au total ça fait quatre départs dans l'équipe qui avait été élue avec Louis Alliot.
05:50 On est donc aujourd'hui à mi-mandat.
05:52 J'imagine que vous commencez à travailler sur la suite, sur les prochaines échéances électorales.
05:57 Mais est-ce que ça vous paraît jouable de battre Louis Alliot aux prochaines élections,
06:01 au vu de sa cote de popularité ?
06:03 Puisque on l'a vu en juillet, un sondage CSA montrait que 67% des habitants étaient satisfaits de ce qu'il faisait.
06:10 - Moi je ne me pose pas tout à fait la question en ces termes-là.
06:12 En fait je suis chef d'entreprise avant d'être engagé en politique.
06:15 Et pour moi la question c'est de savoir, est-ce qu'on a...
06:18 On constate quand même que Perpignan, depuis un certain nombre d'années,
06:20 il y a un certain nombre d'erreurs qui ont été commises.
06:22 La ville de Perpignan n'est pas la ville de France qui a le plus grand rayonnement,
06:25 quoique son slogan veuille en dire.
06:28 Il me semble qu'aujourd'hui l'essentiel c'est de voir si on est capable de construire une véritable alternative,
06:32 un véritable projet totalement innovant pour cette ville,
06:35 avec des personnalités qui sont prêtes à s'engager dans le cadre politique,
06:39 alors que c'est quelque chose qui est de plus en plus difficile aujourd'hui,
06:42 avec les partis politiques, mais sans doute aussi au-delà des partis politiques,
06:45 pour construire un véritable projet.
06:47 - Donc là vous discutez avec qui ? Avec la gauche, le centre, hors des partis ?
06:51 Vous discutez avec qui ?
06:52 - Aujourd'hui, moi je discute avec tout le monde, parce que c'est déjà un principe dans ma vie,
06:55 dans mon fonctionnement, et j'estime que la vérité n'est pas détenue par l'un ou l'autre,
06:58 notamment en matière politique.
07:00 J'estime que chacun peut avoir une part importante.
07:02 Moi ce qui compte pour moi c'est de construire.
07:05 Si les Perpignanais sont contents de Louis Alliot en 2026,
07:08 ils voteront pour Louis Alliot, et je vais vous dire fondamentalement,
07:11 s'ils pensent que leur ville va bien et qu'on ne peut pas faire autrement,
07:14 qu'est-ce que vous voudrez ? Je m'en satisferais, ou je m'en contenterais pour le moins.
07:18 Mais il me semble qu'on pourra présenter, et que se présentera d'ici là,
07:21 une véritable alternative 100% perpignanaise.
07:23 J'insiste là-dessus parce que c'est quelque chose qui sera une vraie différence avec Louis Alliot.
07:27 - Vous voulez une liste large en tout cas ?
07:29 - Mais ce sera évidemment un rassemblement large de compétences.
07:32 Et on voit bien que le rassemblement qui a été construit sur un slogan,
07:35 sur un parti politique, finalement ne révolutionne pas la ville de Perpignan.
07:38 Et vous savez, le sondage disait qu'un certain nombre de personnes
07:41 étaient plutôt satisfaites, effectivement.
07:44 Mais ce sondage, quand on interroge les gens dans la rue,
07:46 on constate aussi que la plupart des gens s'en désintéressent totalement.
07:49 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la politique et la politique municipale
07:52 n'intéressent pas la population. - Ce sera vous la tête de liste ?
07:55 - Aujourd'hui, ce n'est pas du tout le sujet.
07:57 Déjà, pour être tête de liste, il faut avoir un projet, une équipe.
08:00 Donc celui qui rassemblera, celui qui aura un projet, celui qui aura une équipe,
08:03 sera tête de liste. - En attendant, le conseil municipal
08:06 a lieu demain à Perpignan. Merci beaucoup Bruno Nogueret
08:09 d'avoir été avec nous ce matin. Vous êtes le chef de file de la droite
08:12 au conseil municipal. Bonne journée. - Je vous remercie.
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