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Mardi 10 mars 2026, retrouvez Ryad Mezzour (Ministre de l’Industrie et du Commerce du Maroc) dans SMART INDUSTRIES, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:02Lors du salon du Bourget 2025, le Maroc était présent avec une délégation importante montrant sa progression sur l'écosystème
00:11aéronautique mondial.
00:13Plus récemment, Safran a annoncé deux investissements majeurs au Maroc.
00:17280 millions d'euros pour l'une des plus grandes usines de trains d'atterrissage au monde, à Noisseur, et
00:23350 millions d'euros pour son écosystème de moteurs d'avion.
00:28Voilà, quelle dynamique ces projets traduisent-ils pour l'industrie aéronautique marocaine ?
00:32Pour en parler, je suis très heureuse de recevoir Riyad Mezour, qui est ministre de l'Industrie et du Commerce
00:36du Maroc.
00:37Bonjour, monsieur le ministre.
00:38Bonjour, merci de me recevoir.
00:40Alors, j'en parlais en introduction, ces deux investissements importants.
00:46Concrètement, qu'est-ce que ça change pour l'industrie marocaine, ces deux investissements ?
00:49Absolument tout.
00:50C'est une reconnaissance d'une maturité du développement économique de notre pays, sous la conduite de notre souverain.
00:59Et aujourd'hui, c'est la certification du Maroc émergent.
01:04Nous avons travaillé pendant 25 ans, sous la conduite de Sa Majesté, en faisant des paris très très importants.
01:11Le pari de l'ouverture économique, en signant des accords de libre-échange qui nous permettent d'accéder à plus
01:15de 3 milliards de consommateurs dans le monde.
01:17Mais aussi, en mettant au risque certaines de nos industries par rapport à la concurrence que ces accords de libre
01:22-échange pouvaient créer.
01:24Les paris en termes d'investissement dans les infrastructures, avec des investissements très très importants dans les lignes à grande
01:31vitesse, dans les autoroutes, mais aussi dans les ports.
01:34Aujourd'hui, on a le port le plus important de la Méditerranée.
01:38Très peu de gens le savent.
01:39Mais le port de Tangemet, c'est 3 fois ou 4 fois le port de Marseille.
01:43Et c'est quelque chose de très très important.
01:45C'est le quatrième port le plus performant au monde.
01:49Donc des investissements très lourds pour renforcer l'attractivité pour nos investisseurs.
01:55Des investissements très lourds aussi dans les ressources humaines, avec aujourd'hui plus de 35 000 ingénieurs ou assimilés qui
02:05sont diplômés chaque année,
02:06avec une belle fierté dont la moitié sont des femmes, avec 180 000 diplômés universitaires par an, avec 330 000
02:14diplômés ou certifiés de la formation professionnelle par an.
02:18Donc des investissements très lourds.
02:19Un parcours d'émergence qui s'est construit avec beaucoup de sacrifices, beaucoup d'engagement, avec une stabilité, avec de
02:26la rigueur,
02:28avec des investisseurs qui nous ont fait confiance comme Safran.
02:32Et aujourd'hui, une certification de l'émergence dans notre pays. Voilà ce que ça change.
02:36Ces deux projets-là, concrètement, qu'est-ce qui va être réalisé sur le terrain marocain au niveau de la
02:41chaîne de valeur, au niveau des technologies ?
02:43Qu'est-ce qui va être réalisé ?
02:45Le projet final, aujourd'hui, on parle sur le moteur LIP 1A pour l'Airbus A320.
02:53La capacité actuelle qui est installée en France est de 1 000 moteurs par an.
02:58Il y avait besoin d'un ramp-up très très rapide dans un pays qui pouvait construire une usine rapidement,
03:02qui avait les talents, qui avait la compétitivité.
03:04Donc c'est pour ça que le Maroc a été choisi.
03:07Donc c'est 300 moteurs de plus.
03:08Donc c'est augmenter la capacité de 30% pour permettre de vendre plus d'Airbus,
03:13pour pouvoir permettre d'améliorer la compétitivité du moteur français.
03:17Et ça, on en est très très fiers.
03:19Et donc, on est là pour faire tout le moteur.
03:22Et ça, c'est quelque chose d'extrêmement important.
03:24Pour le deuxième, pour le train d'atterrissage, le complexe le plus important au monde,
03:28on va commencer, bien évidemment, on apprend en travaillant,
03:31on va commencer par des petites pièces, des pièces de plus en plus grandes,
03:34pour arriver au train d'atterrissage complet.
03:36Sachant que c'est la plus grande plateforme.
03:39Oui.
03:40Industrielle, pour faire des trains d'atterrissage au monde
03:42qu'on est en train de construire avec Safran.
03:43Comment est-ce que ce genre de projet peut avoir un impact fort
03:47sur la localité, sur le territoire d'implantation de l'usine ?
03:51Alors, au-delà du territoire d'implantation de l'usine,
03:53je vous l'ai dit, c'est une symbolique très très forte.
03:56Et aujourd'hui, un constructeur comme Safran,
04:00qui atteint ce niveau de complexité et qui certifie la qualité des talents,
04:05la qualité de la plateforme dans des produits aussi complexes
04:07que le réacteur d'avion et que le train d'atterrissage,
04:10crée un effet d'attractivité énorme.
04:12D'abord pour les fournisseurs de toutes ces pièces qui sont très très engagés
04:17pour venir au Maroc,
04:19mais aussi pour l'attractivité globale du pays.
04:22Aujourd'hui, le Maroc émergent est un Maroc qui est regardé
04:26de manière complètement différente par les investisseurs.
04:29On y voit des talents capables de fabriquer des moteurs.
04:31On y voit des talents capables de réussir une compétition sportive
04:36comme la Coupe d'Afrique des Nations à des niveaux et à des standards très très élevés.
04:42Donc on voit un pays émergent sous la conduite d'un souverain
04:44qui est en train de mener cette émergence depuis 25 ans
04:48pour nous faire atteindre ce niveau de développement.
04:50Vous avez commencé à donner plus de détails,
04:53mais pour qu'on ait quelques chiffres des ordres de grandeur,
04:56l'industrie aéronautique au Maroc.
05:01Qu'est-ce que ça représente comme nombre d'emplois ?
05:05Comment est-ce que vous voyez ?
05:06De manière directe, c'est entre 25 000 et 26 000 emplois,
05:10l'industrie aéronautique au Maroc.
05:11C'est un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros.
05:15Les projections à horizon 2030, c'est de doubler le nombre d'emplois
05:19et de tripler le chiffre d'affaires.
05:21Vous parliez de 25 ans de développement.
05:24Quelles seraient, s'il devait y avoir une ou deux politiques majeures
05:27qui ont permis ce développement, quelles seraient-elles ?
05:31Ce sont exactement les politiques que j'ai décrites tout à l'heure.
05:34L'ouverture économique, d'abord la stabilité, la stabilité financière.
05:38La stabilité politique, la stabilité financière.
05:43Le respect de la parole donnée quand on s'engage sur le long terme
05:46avec les investisseurs.
05:47Ça, France a fait 25 ans qu'ils sont au Maroc.
05:49Ils ont commencé de manière très basique.
05:51La formation des talents, les énergies renouvelables.
05:56Nous sommes l'un des pays les plus compétitifs en matière de production d'énergie renouvelable.
06:01Et tout cela, c'était un parcours qui a été construit pas à pas
06:05avec une vision globale par le souverain depuis 25 ans.
06:08Et aujourd'hui, avec une décertification continue de plus en plus évidente
06:13pour le monde entier, que ce soit à travers la Cannes,
06:15que ce soit à travers la Coupe du Monde,
06:17que ce soit à travers l'industrie, notamment l'industrie aéronautique,
06:21de l'émergence d'une nation aux portes de l'Europe, amie de l'Europe,
06:26et qui co-construit un avenir commun avec l'Europe.
06:30Safran connaissait déjà bien le Maroc, parce qu'il y a déjà des sites qui sont présents.
06:34Mais dans une interview, vous parliez de 150 entreprises aéronautiques implantées au Maroc.
06:38Comment est-ce que vous travaillez l'attractivité industrielle du Maroc ?
06:42Qu'est-ce qui fait l'attractivité ?
06:43D'abord la stabilité, ensuite les talents, beaucoup de talents.
06:48On travaille avec eux pour former les talents,
06:50qu'ils soient adaptés aux besoins de l'entreprise,
06:54qu'ils soient adaptés aux besoins du projet.
06:56Ensuite, le respect de la parole donnée.
07:00Quand il y a changement de gouvernement, il y a une continuité de la politique industrielle.
07:04Et ça, on le doit à notre souverain particulièrement.
07:07Et aussi, bien évidemment, le fait que nous allions chercher cette complexité,
07:13que nous co-investissions pour aller chercher cette complexité,
07:16et pour aller former de mieux en mieux nos talents,
07:19pour ramener de plus en plus de technologies,
07:22pour faire des propositions de plus en plus intéressantes.
07:25Dans les dernières discussions, Alexa Franck, la filiale qui s'occupait des trains d'atterrissage,
07:29ils nous ont dit qu'au bout d'un moment,
07:31la difficulté n'était pas de savoir qui avait la meilleure offre
07:37entre les pays qu'on choisissait,
07:38mais qui avait le meilleur avenir, la meilleure énergie.
07:41Donc, ce qu'on est en train d'offrir, c'est probablement une vision de la stabilité,
07:46une émergence qui est évidente,
07:48et aussi une énergie et une jeunesse pleine de compétences,
07:51avec un souverain qui sait où on doit aller,
07:55et qui mène la barque avec beaucoup de sagesse et beaucoup d'ambition.
07:59Vous avez cité ces mots, compétences,
08:02qui pour l'industrie en France, c'est vraiment le nerf de la guerre,
08:07parce que c'est une grande difficulté, parfois il y a de la tension à ce niveau-là.
08:11Vous, vous avez développé justement des formations
08:14pour permettre de réussir à gérer ces projets-là,
08:21ces industries qui se représentent sur le territoire.
08:23Pardon, pardonnez-moi de vous avoir interrompu.
08:26Non seulement on les développe en anticipant et en orientant notre jeunesse
08:30vers des métiers à très forte valeur ajoutée,
08:33mais aussi on les adapte.
08:35Ça veut dire que quand il y a un projet qui arrive,
08:37on se met d'accord avec le porteur du projet,
08:41le temps qu'il mette en place son usine ou qu'il la construise,
08:43on coforme ensemble ces futures compétences
08:49qui vont travailler dans ces usines
08:50et on garde le savoir-faire pour former de nouveaux talents,
08:53pour qu'on puisse acquérir cette technologie
08:56et qu'on puisse transférer ces savoir-faire et ces compétences à notre jeunesse
09:01et pouvoir lui permettre de leur offrir tout simplement un avenir meilleur
09:06dans une industrie qui est en plein boom
09:09et qui est à très haute valeur technologique.
09:12Pour ces deux projets en particulier,
09:13est-ce qu'il y a eu besoin de développer cette échelle,
09:17d'avoir un niveau supplémentaire de compétences ?
09:20Alors pour le premier, c'était une adaptation légère
09:23parce qu'on faisait de la maintenance pour l'ancien moteur,
09:28pour le CFM,
09:29donc on a dû apprendre à travailler avec le LIP
09:32qui rentre dans des cycles importants de maintenance aujourd'hui.
09:35Donc on a dû ramener un LIP dans les centres de formation
09:38pour que nos jeunes s'y habituent
09:41et s'acclimatent à ce type de moteur.
09:45Ça c'est pour la partie maintenance.
09:46Et puis après, quand on sait démonter un moteur
09:50et le remonter pour la maintenance en général,
09:53il y a certaines choses qu'on doit apprendre en plus
09:55pour pouvoir le construire.
09:56Donc il y a eu une adaptation assez légère,
10:00mais qu'on est en train de faire.
10:01Pour la partie train d'atterrissage,
10:03c'est un niveau au-dessus,
10:05parce que c'est de l'usinage de précision
10:07avec des broches hyper rapides,
10:11avec une maîtrise technologique un peu plus fine
10:13sur laquelle nous sommes en train de travailler
10:16pour avoir nos talents qui soient prêts au bon moment.
10:19Et puis pour pouvoir généraliser ça à d'autres talents,
10:21parce que c'est une compétence qui est très demandée à travers le monde.
10:24Oui, donc vous le disiez, ces projets qui relèvent d'une sous-traitance stratégique
10:28à forte valeur ajoutée.
10:30Quel est l'objectif du Maroc à l'horizon des prochaines années ?
10:34Est-ce que c'est vraiment de consolider ce pôle de sous-traitants à forte valeur ajoutée
10:40ou de devenir peut-être plus souverain ?
10:44J'imagine peut-être créer tout un avion à soi,
10:46surtout dans ce contexte actuel de guerre, etc.
10:51Comment est-ce que le Maroc veut évoluer en termes de l'aéronautique ?
10:55Les deux, mon général.
10:58On souhaite consolider notre coopération,
11:01on souhaite consolider notre plateforme
11:04avec tous nos partenaires qui nous font confiance
11:07et qui nous font de plus en plus confiance
11:09pour des technologies de plus en plus complexes.
11:12Et on souhaite bien évidemment avoir une certaine autonomie
11:15et pouvoir développer des produits de plus en plus complexes
11:20avec nos partenaires,
11:21et pourquoi pas des produits de plus en plus complexes
11:25avec des technologies marocaines dans un cadre souverain,
11:30mais pas dans un cadre de souveraineté agressive,
11:34ni ceux de souveraineté qui réagissent par rapport à d'autres.
11:38Non, c'est juste la volonté de maîtriser de plus en plus
11:41le processus avec nos partenaires,
11:43tout comme ils maîtrisent leur processus avec nous.
11:47C'est contribuer encore plus à de la souveraineté technologique
11:50avec nos amis et nos alliés et nos partenaires
11:53et renforcer notre souveraineté commune,
11:56parce qu'il s'agit de souveraineté commune.
11:58Tout seul, c'est très difficile de construire une souveraineté de nos jours,
12:03mais ensemble, entre pays avec les mêmes mindsets,
12:06entre pays avec les mêmes valeurs,
12:10entre pays qui partagent les mêmes ambitions.
12:13Et le Maroc émergent veut s'inscrire dans cette dynamique avec ses partenaires.
12:22Plus largement, le secteur industriel marocain à horizon 2030-2035,
12:28quelles évolutions, quels développements vous souhaitez ?
12:32On a une vision très précise par rapport à ça,
12:35en termes de nombre d'emplois, en termes de chiffre d'affaires,
12:39en termes d'export, en termes de paris technologiques.
12:43Parmi les grands paris technologiques,
12:45nous sommes en train d'installer une chaîne de valeur intégrée
12:51du développement de la batterie pour le véhicule électrique,
12:53mais de la batterie de stockage aussi,
12:55qui sera probablement la plus complète chaîne de valeur de la batterie hors d'Asie.
12:59Encore une fois, ça n'est pas de la concurrence,
13:01ça n'est pas pour créer une compétitivité extrême,
13:08pour concurrencer nos partenaires européens,
13:11c'est pour la mettre au service des pavillons industriels européens,
13:14pour avoir les matières critiques et les précurseurs,
13:17pour les gigafactories qui s'installent en Europe au niveau de la chimie,
13:21et avoir aussi nos propres gigafactories
13:23et notre propre industrie automobile,
13:25qui est le premier secteur exportateur du Maroc
13:28et qui est sous pavillon européen,
13:32et qui permet à ce pavillon européen
13:33de rayonner dans plus de 80 pays dans le monde
13:37grâce à la compétitivité marocaine.
13:39Donc voilà, on a pas mal de paris,
13:41on est en train de travailler dessus,
13:42on a de la souveraineté sanitaire aussi,
13:45on est en train de travailler sur nos capacités
13:47à renforcer notre industrie du médicament
13:51et des dispositifs médicaux,
13:53on répond aujourd'hui à 80% de nos besoins
13:55en termes de production nationale,
13:58mais on a une ambition pour répondre aux besoins de la production,
14:01aux besoins de nos amis sur le continent,
14:04mais aussi aux besoins de nos amis en Europe,
14:08pour ne plus se retrouver dans des situations
14:10comme on s'est retrouvés il y a quelques années,
14:14sur des tarmacs à essayer de s'arracher des masques
14:18ou des produits pour contrôler mal de tête.
14:21Donc voilà, on est en train de travailler ensemble,
14:23main dans la main avec nos partenaires,
14:25sous la conduite de notre souverain,
14:28un pays aux frontières de l'Europe,
14:31un pays qui émerge et un pays qui est dans la main
14:34et qui travaille main dans la main avec ses partenaires européens.
14:37Merci beaucoup Monsieur le Ministre,
14:39merci beaucoup Riyad Mezour,
14:41vous êtes donc ministre de l'Industrie et du Commerce du Maroc.
14:44Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
14:46C'était Smart Industries.
14:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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