00:00Procès qu'aura lieu quand d'ailleurs ?
00:01Nous n'avons pas de date.
00:02Et à votre avis ça va être en 2026 ?
00:04Je ne sais pas du tout, je ne tiens pas l'agenda de la Cour d'Assise.
00:07A priori, là c'était la dernière procédure ?
00:12Non, parce qu'il va falloir que la Cour de Cassation statue.
00:14Au moins pour un an, 18 mois avant l'audience.
00:17On va saisir la Cour de Cassation demain, donc il va falloir qu'elle statue sur cet arrêt.
00:23Et Florian M, que fait-il aujourd'hui ? Où est-il ? Comment va-t-il ?
00:27Mais où est-il ? Ça le regarde, comment va-t-il aussi ?
00:30Mais il travaille ?
00:32Il travaille, il travaille, il ne manque pas de boulot.
00:34Il est toujours policier, il travaille, il est désarmé.
00:38Et là, la Cour d'Appel ce matin a confirmé le contrôle judiciaire.
00:42Donc il a l'interdiction de sortir du territoire national, comme s'il allait partir au Guatemala.
00:47Et il a l'interdiction de port d'armes.
00:49Il fait quoi ?
00:49Et bien il fait des tâches administratives, vous savez la police c'est une administration.
00:53Il n'est plus en contact avec du public ?
00:55Non mais sa vie est bouleversée, parce que c'est un homme qui a fait combien de journées de prison
01:00?
01:00Il a fait 4 mois et demi de détention.
01:03Sa vie, elle est totalement bouleversée, elle est définitivement bouleversée, parce qu'on n'en ressort pas indemne.
01:08Évidemment.
01:09Le matin, vous mettez votre uniforme pour aller sauver des gens, et le soir, vous vous retrouvez en prison, et
01:14vous y passez 4 mois et demi.
01:15Et c'est un homme qui avait des états de service tout à fait remarquables ?
01:18Exemplaire.
01:20Très le gâchis.
01:21Exemplaire, qui avait été militaire, il avait été déployé en Afghanistan, il n'avait jamais tiré un coup de feu.
01:25Il avait décidé de ne pas tirer sur les gens.
01:28Et ce jour-là, il a été obligé.
01:30C'est la seule cartouche qu'il a tiré de sa vie de policier et de militaire.
01:34Il a toujours dit, je crois, je parle sous votre contrôle, que son tir était, je cite, légitime.
01:38Oui, légitime, parce que lui, il est dans une contrainte, il a un sang-froid total.
01:44Ce n'est pas un gamin, ce n'est pas un excité, ce n'est pas du tout un cow
01:48-boy.
01:48Il est dans un sang-froid total.
01:50Il est sur cette voiture, il sait que si la voiture part, il va y avoir un mort ou des
01:55blessés graves.
01:56Sûr.
01:56Et donc, il dit en conscience, moi, la seule possibilité que j'ai, c'est de le blesser.
02:00Je veux lui faire mal, pour qu'il n'appuie pas sur l'accélérateur.
02:03Certains hommes politiques demandent que soit reconnu pour le policier.
02:08La présomption de légitime défense.
02:09Si cette présomption de légitime défense existait, par exemple, dans ce cas précis,
02:16il ne serait pas poursuivi, Florian M ?
02:19Si, mais ce serait à l'accusation de prouver qu'il n'était pas en l'état de légitime défense.
02:24C'est une absurdité totale.
02:25La présomption de légitime défense, c'est une absurdité totale.
02:28On a l'expérience du 435-1, celui que nous essayons de faire juger, là,
02:33cet article de 2017, qui donne des nouvelles prérogatives aux policiers.
02:38En 2017, sous la pression du mouvement des policiers en colère,
02:42les syndicats de police ont voulu reprendre la main.
02:44Pour reprendre la main, ils ont vendu l'harmonisation des régimes juridiques
02:49d'usage des armes des gendarmes et des policiers.
02:52Le gouvernement est allé là-dedans et nous a promulgué ce magnifique article 435-1
02:57du Code de la sécurité intérieure, qui harmonise effectivement les deux régimes
03:00et qui donne de nouvelles prérogatives aux policiers,
03:03notamment l'autorisation de tirer sur des refus d'obtempérer.
03:06Qu'est-ce qui s'est passé en 2017 ?
03:08Eh bien, à chaque fois qu'il y avait un refus d'obtempérer, il y avait ouverture du feu.
03:11Et qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
03:12Il y a eu une multiplication considérable des poursuites de policiers.
03:16Et donc, beaucoup, beaucoup de policiers se sont trouvés en insécurité juridique
03:19du fait de ce nouvel article.
03:21Parce qu'il a été vendu comme ouvrant de nouveaux droits,
03:24alors qu'en fait...
03:25Je n'ai pas votre interprétation.
03:26Alors moi, j'ai cette interprétation...
03:27Je l'ai votée cette loi, je me souviens des débats que nous avions.
03:31Moi, je l'ai parce que...
03:32Il n'a jamais été dit, il n'est pas dit dans la loi,
03:34qu'en cas de refus d'obtempérer, le policier a le droit de faire usage de son arme.
03:37Ça n'est pas dit, ça n'est pas l'esprit du législateur.
03:40Il ne fait usage de son arme que lorsqu'il est en état de victime défense,
03:43ou la défense d'autrui.
03:44Non, c'est comme ça que ça a été vendu.
03:46Vous comprenez ?
03:46Georges, ça a été vendu comme ça, et nous avons le quatrième cas,
03:49qui est celui du refus d'obtempérer.
03:50C'est spécifiquement prévu, en cas de refus d'obtempérer,
03:54avec un risque d'atteinte grave pour les personnes.
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