00:05Et nous sommes avec Elisabeth Assayac, Georges Fenech, Elliot de Val-Gauthier, Le Bret, Olivier Guenek
00:10et je vous rappelle que Florian M, donc le policier, auteur du tir qui a tué Naël Merzouk en juin
00:152023 à Nanterre
00:17sera jugé pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
00:21Il y a eu requalification des faits aujourd'hui.
00:23J'imagine que vous avez eu votre client Florian M.
00:26Oui, tout à fait.
00:28Et que vous a-t-il dit ?
00:29Il m'a dit qu'il n'était pas surpris, qu'il était déçu, bien sûr, puisqu'on attend toujours
00:34le non-lieu.
00:36C'est terrible pour lui.
00:38Vous savez que la semaine dernière, dans une affaire exactement similaire qui s'est passée à Nice, un tir mortel
00:42aussi,
00:43l'agent de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a prononcé le non-lieu.
00:48Le juge d'instruction avait décidé de renvoyer ce policier devant une cour d'assises, enfin une cour criminelle pour
00:53le coup,
00:53et l'agent de l'instruction a prononcé le non-lieu en disant qu'il n'y avait pas lieu
00:56à poursuivre.
00:57Et nous avons beaucoup de dossiers comme ça, beaucoup, beaucoup de dossiers où le non-lieu est prononcé,
01:02parce que les policiers ont l'autorisation par la loi de tirer dans ces circonstances.
01:07Et dans ce dossier spécifique de M. Merzouk, la justice refuse de prononcer le non-lieu,
01:13et refuse de lâcher l'étreinte judiciaire qui s'est recevée sur ce monsieur.
01:17On peut rappeler l'effet, le tir intervient combien de temps après que la course-poursuite a commencé ?
01:24Pas très longtemps, 6 minutes, c'est 6 minutes de course-poursuite,
01:27mais c'est 6 minutes à 116 km heure au maximum, 116 km heure dans les rues de Nanterre,
01:32avec un piéton et un cycliste qui ont été frôlés, mais véritablement frôlés.
01:38Il y a une vidéo qui est glaçante, c'est celle de cette dame qui passe sur le passage piéton.
01:42On ne l'a pas vue celle-là, elle est à des dispositions de la justice.
01:45Elle est dans le dossier d'instruction.
01:47Elle s'avance et elle voit la voiture, elle fait demi-tour et elle repart.
01:53Et entre le moment où elle s'engage sur le passage péton et le moment où elle repart, il y
01:57a une seconde.
01:59Donc il y a 6 minutes de course-poursuite, la voiture est immobilisée ou elle s'arrête ?
02:03Elle est immobilisée, il y a un feu, il y a de la circulation,
02:08donc la voiture s'arrête derrière les véhicules arrêtés au feu rouge.
02:11Les policiers décident de la stopper et décident qu'il ne faut pas qu'elle reparte,
02:15parce que si elle repart, il va y avoir un mort.
02:17Forcément, forcément.
02:18A 50 mètres de là, il y a un passage piéton, il y a du monde dessus.
02:21Il est quelle heure ?
02:22Il est 8h30 du matin.
02:24Et au-delà du passage piéton, il y a la place Nelson Mandela,
02:28qui est la place principale de Nanterre,
02:30où il y a énormément de circulation de poussettes, de vélos, de jeunes qui vont à l'université.
02:35Il y a du monde partout.
02:37Et donc les policiers disent, si elle repart, elle fait un strike.
02:39Et c'est l'expression que me dira Florent M.
02:42Il me dit, je sais que si la voiture repart, elle fait un strike.
02:46Et là, je décide qu'elle ne repart pas.
02:48Donc il se met dessus, il se met sur la voiture, il braque le conducteur.
02:52Qu'est-ce que vous appelez sur la voiture ? Il monte sur le capot ?
02:53Il monte sur le capot.
02:54Il monte sur le capot.
02:55Il braque le conducteur avec son arme de service, il lui dit, coupe, coupe, coupe.
03:00Et ce jeune conducteur décide, alors qu'il a un policier monté sur le capot, il décide de repartir, de
03:06le pousser.
03:07Et là, le policier, il n'a que son arme de service.
03:10Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse ?
03:11Il ne va pas faire des incantations.
03:13Donc il est sur le capot lorsqu'il tire ? Non.
03:15Si, si, il est couché sur le capot.
03:18Il a un coude dessus.
03:19Il est sur le capot.
03:23C'est vrai que lorsque l'on raconte cette histoire, on est étonné que le policier soit poursuivi.
03:30Et on comprend le cheminement de l'action judiciaire.
03:36D'abord parce qu'il y avait une prise de parole tout de suite du président de la République,
03:38qui avait condamné Florian M avant même que des éléments nouveaux soient apportés.
03:44Et puis il y avait des émeutes.
03:45Et on a l'analyse qu'on peut faire, c'est qu'on a eu tellement peur que la France
03:51s'embrase,
03:52qu'il y a eu donc des décisions judiciaires qui ont été prises.
03:56Ce qui en dit long quand même sur la justice, c'est ce qui fait craindre le pire pour le
04:01futur.
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